Disclaimer : Je ne suis pas une femme, je ne suis pas riche ni n'ai jamais publié de livres. Suis-je J. K. Rowling? Même si l'avis de Schrödinger sur la question serait intéressant, la réponse est non. Cette fanfiction n'est pas non plus mon idée mais une traduction de 'Amalgum – Lockhart's Folly' (/11913447/) de tkepner. Merci à lui de me permettre de traduire ses textes!

T/N: Me revoilà pour un nouveau chapitre d'Amalgum! Je sais que je prends du temps récemment, mais il y a juste bien trop d'histoires que je veux lire moi-même ces jours-ci. Il y a plusieurs termes qui m'embêtent généralement que j'ai décidé traduire différemment à partir de maintenant. Vous verrez plus bas. Un retour sur ces traductions me serait utile, si vous pouvez prendre le temps en review.


Le Directeur Dumbledore était furieux. Cette fraude de paon dandyfié était parvenue, d'une façon ou une autre, à découvrir et à détruire le journal horcruxe! Tout s'était si merveilleusement bien déroulé jusque là, la petite sorcière avait succombé à sa malfaisance et le Basilic avait été libéré. Harry et ses amis étaient sur la bonne voie pour résoudre le mystère et la sauver avant qu'il ne soit trop tard. L'intervention du Directeur à la dernière minute pour sauver Harry aurait gardé le garçon sous son influence, profitant du terrain fertile préparé par les actes de négligence des Dursley. La jeune fille aurait eu une Dette de Vie envers le jeune sorcier, assurant qu'ils deviennent un couple, peu importe ce qu'ils voulaient. Les Weasley auraient accepté le garçon comme l'un des leurs et auraient renforcé son contrôle sur la destinée du garçon par procuration.

Et cet… cet IDIOT, avait tout ruiné! Les Weasley doutaient de lui maintenant, et cela demanderait beaucoup de travail de regagner leur confiance. Et Harry n'avait rien fait! Il n'y avait aucune connexion entre lui et les Weasley, à présent, mis à part une amitié mineure qui s'étiolait à cause de la jalousie du stupide garçon Weasley.

Heureusement, le sorcier soudainement devenu compétent n'avait pas remarqué qu'Harry était la source de la "souillure malfaisante" qu'il affirmait avoir détectée. Et l'immixtion publique de Lockhart auprès du garçon ne dérangeait que modérément le plan de génie du vieux sorcier. Le garçon voyait toujours le Directeur comme une figure grand-paternelle (1) et ne semblait pas faire confiance au professeur de DCFM.

(1) Le terme 'grandfatherly' est souvent utilisé en anglais pour parler de l'apparence de Dumbledore. Il s'agit d'un terme n'étant pas vraiment traduisible en français et qui me posait toujours problème quand je le rencontrais. "grand-paternel" est un mot créé de toute pièce mais qui marche si bien que j'ai décidé de l'adopter après l'avoir vu dans une traduction d'Harry-Sterek-1968 (allez voir ses traductions si ce n'est pas déjà le cas!)

En attendant, il lui fallait un plan pour séparer l'héritier Potter de la Sang-de-Bourbe Granger.


Comme Gilderoy l'avait prédit, Madame Pomfresh laissa Colin Crivey sortir de l'Infirmerie le Lundi. Malheureusement, tout ce qu'il put dire était qu'il avait entendu un bruit comme si quelque chose glissait sur le sol. Il avait levé son appareil photo pour capturer une image de ce nouvel évènement tout en se retournant, et puis plus rien, mis à part deux grand globes jaunes. Personne ne savait que le journal du "sorcier malfaisant" qu'avait eu Ginny avait aussi contrôlé le Basilic. Et les Weasley avaient prêté serment de le taire. Et ils étaient aussi furieux envers le Directeur, Lockhart avait été heureux de voir.

Gilderoy avait suggéré de façon fort peu subtile que Colin aille demander de l'aide à Mlle Granger. "Elle vous fera un emploi du temps pour rattraper vos camarades, et si vous lui demandez gentiment elle pourrait partager ses notes de l'année dernière pour chaque classe. Vous aurez comblé votre retard en un rien de temps. Il vous faudra peut-être étudier un peu durant les vacances, mais cela en vaudra la peine."

Il sourit à l'enfant et lui tendit un petit sac. "J'ai reçu l'autorisation pour un budget de mille livres pour acheter un nouvel appareil photo, aux frais de Poudlard, pour remplacer celui endommagé." Les yeux du garçon s'écarquillèrent de surprise. "Pour le meilleur appareil photo et les accessoires qui vont avec dans les limites de ce budget, bien sûr."

Le garçon contemplait encore le sac lorsque Gilderoy quitta l'Infirmerie. Le fait que c'était Gilderoy qui lui avait remis le sac et non le Directeur était quelque chose que le garçon ne remarquerait que plus tard. Les parents de Colin, eux, le remarqueraient immédiatement lorsqu'il leur raconterait ce qui était arrivé.


"Donc," dit Gilderoy triomphalement durant son cours de DCFM, "nous avons une nouvelle information à propos de notre mystérieux monstre! Il ne possède pas de pieds, ou M. Crivey aurait entendu des bruits de pas plutôt qu'un son de glissement. M. Malfoy, quelles conclusions tirez-vous de cela?"

"Il s'agit sans aucun doute d'un serpent."

"Oui," dit Gilderoy avec exubérance, "C'est un serpent! Cinq points, M. Malfoy." Gilderoy avait promis de rendre les deux cent points qu'il avait pris à Malfoy et il comptait bien tenir sa promesse – il était un sorcier de parole! Il les lui rendrait lentement en cours avec des questions faciles pour Drago, afin que personne ne questionne pourquoi il avait annulé la pénalité d'origine.

Il eût un large sourire, "Quoi d'autre avons-nous appris de l'expérience de M. Crivey, M. Malfoy?"

Le garçon réfléchit quelques instants. "Il a vu le serpent à travers son appareil photo."

"Oui," s'écria encore Gilderoy, "Son appareil photo était ce qui est plus communément connu comme étant un appareil photographique reflex mono-objectif, ce qui veut dire qu'il utilise un miroir pour refléter l'image au photographe avant de prendre la photo. Cinq points, M. Malfoy."

Il observa la classe. "Réfléchissez, les enfant, vous avez tous les indices qu'il vous faut, maintenant. Le monstre de Serpentard est une sorte de serpent. La dernière fois qu'il est apparu, il a tué un élève. Cette fois-ci, il a pétrifié un élève lorsque celui-ci l'a vu en reflet dans un miroir. Mais qu'en est-il du chat? Pourquoi le chat a-t-il été pétrifié et non tué?"

Il y eût un silence, et puis le visage d'Hermione s'éclaira. Elle avait compris. Elle chuchota à Harry. Il leva lentement la main.

"M. Potter?"

"Il y avait de l'eau partout au sol, venant des toilettes de Mimi Geignarde. Miss Teigne a aussi vu le reflet du serpent!"

"Formidable! Cinq points, Mlle Granger. Et cela signifie que le monstre doit être…? M. Malfoy?"

"Un Basilic!"

"Oui! Vous l'avez! Dix points, M. Malfoy."

"Félicitation, les enfant!" dit-il victorieusement. "Vous venez d'accomplir ce que le Directeur et les autres soi-disant adultes ont échoué à faire en cinquante ans avec les mêmes indices! Et vous l'avez accompli en réfléchissant de façon logique. La logique est rare. Par conséquent, c'est sur la logique que vous devriez vous reposer lorsque vous faites face à un problème."

Puis il ajouta d'un ton conspirateur, "Ne dites à personne que vous savez que le monstre est un Basilic avant le début des vacances. Certaines de mes autres classes ne l'ont pas encore compris. Hmm? D'accord?"

Ils hochèrent tous la tête.

"Excellent! Maintenant, ouvrez vos livres page…"


Gilderoy ouvrit sa porte à Ron. "Ah, excellent! Juste à l'heure. Entrez, mon garçon." Il fit un pas de côté pour lui permettre d'entrer. Le rouquin avança d'un pas incertain, fixant d'un air sombre la pile de photos et d'enveloppes sur le bureau.

"Avez-vous amené votre animal, comme je l'ai demandé?" Gilderoy haussa un sourcil interrogateur.

"Heu, oui, monsieur." Le garçon commença à fouiller une de ses poches et un instant plus tard lui présenta le rat somnolent. "Pourquoi…"

Le garçon n'alla pas plus loin puisque le sorcier lança un Stupefy sur le rat et lui, les rattrapant d'un mouvement de baguette. Il guida le garçon jusqu'à une chaise et le laissa affalé là. Le rat finit sur son bureau. Gilderoy libéra rapidement l'espace de travail et jeta le sort forçant un animagus à reprendre forme humaine. Il administra précautionneusement trois gouttes de Veritaserum à l'homme, et puis le réanima. Il passa les quatre heures suivantes à questionner minutieusement le rat sur tout ce dont il se souvenait sur l'identité des Mangemorts et autres partisans de Voldemort.

Puis il dissimula l'homme sous un Sortilège de Désillusion. Il sortit un rat qu'il avait précédemment acquis et ensorcelé pour ressembler à Croûtard. Il remit ce rat dans la poche du garçon. Un Ennervate suivit d'un Confundo ramena le garçon dans le monde conscient et avec l'impression qu'il avait passé les quatre dernières heures à écrire les adresses de lettres et sans souvenirs d'aucunes questions ou requêtes à propos de son rat de compagnie. Le rat se comporterait exactement comme Croûtard l'avait fait, dormant la majeure partie du jour et de la nuit. Il avait un sort sur lui l'empêchant de s'éloigner de l'endroit où le garçon le laissait.

Une fois que le garçon fut reparti pour son dortoir, Gilderoy retourna à son interrogatoire du sorcier à face de rat. D'ici à ce qu'il "découvre" le sorcier malveillant lors du second trimestre, Harry/Gilderoy aurait une très bonne compréhension de l'appui financier du Seigneur des Ténèbres, ses partisans et ses repaires.

Il ferait des descentes sur les repaires, récupèrerait tout ce qui pourrait être utile, avant de les réduire en cendres. Il causerait la faillite de ses appuis financiers. Les autres, hé bien, il trouverait bien une façon de leur faire perdre toute influence.


Tout comme cela s'était produit lors la vie précédente d'Harry, le Directeur approuva la requête de Gilderoy d'ouvrir un Club de Duel. Jeudi soir, le 17 Décembre, la majorité du corps étudiant sembla venir y jeter un coup d'œil, équipé de leurs baguettes et paraissant excité. A la demande de Lockhart, les Professeurs McGonagall, Flitwick, Rogue et Sinistra étaient également présents. Flitwick, ancien champion de duel, avait accepté d'agir en tant qu'arbitre pour les duels, et de coacher des élèves sur ce rôle.

Le Directeur avait transformé la Grande Salle. Les longues tables à manger avaient disparu et une estrade dorée était apparue le long d'un mur, illuminée par des milliers de bougies flottant au-dessus.

Gilderoy, souriant de toutes ses dents, s'avança sur l'estrade, resplendissant dans ses robes couleur prune sombre. Un Rogue à l'air renfrogné, vêtu de son noir habituel, le suivit.

Lockhart leva un bras pour avoir le silence et tonna, "Approchez, approchez! Est-ce que tout le monde me voit? Est-ce que tout le monde m'entend? Excellent!

"Alors, le Professeur Dumbledore m'a donné la permission de commencer ce petit club de duel, pour tous vous entraîner au cas où vous auriez besoin de vous défendre comme je l'ai moi-même fait à de multiples occasions – pour de plus amples détails, reportez-vous à mes ouvrages publiés.

"Laissez-moi vous présenter mon assistant, le Professeur Rogue," dit Lockhart, lui lançant un grand sourire. Rogue le contempla avec mépris. Gilderoy savait que se référer à lui comme étant son assistant irritait le Sorcier. "Il m'a dit s'y connaître un tout petit peu en duel lui-même et a très sportivement accepté de m'aider pour une courte démonstration avant que nous commencions. Cependant, je ne veux pas que vous vous inquiétiez – vous aurez toujours votre Maître des potions lorsque j'en aurai fini avec lui. N'ayez crainte!" Il fit une pose dramatique et écouta ceux les plus proches de l'estrade murmurer qu'ils ne regretteraient pas vraiment ce sorcier en particulier.

Lockhart se tourna pour faire face à Rogue, et tous deux s'inclinèrent. Enfin, du moins, ce fut le cas de Lockhart. Rogue se contenta d'un brusque mouvement irrité de la tête. Puis ils levèrent leurs baguettes telles des épées devant eux.

"Comme vous le voyez, nous tenons nos baguettes dans les positions de combat règlementaires. Remarquez comme nous nous tenons de profil par rapport à l'autre pour fournir la cible la plus petite à notre adversaire," expliqua Lockhart à la foule silencieuse. "A trois, nous lancerons nos premiers sorts. Aucun de nous ne cherchera à tuer l'autre, bien sûr."

Rogue dirigea un rictus vers Lockhart. Pour certaines raisons, il semblait offensé à l'idée que ce sorcier d'apparence précieux et indolent soit aussi compétent qu'il l'avait paru ce dernier mois.

"Un… deux… trois…"

Tous deux firent un mouvement de leurs baguettes au-dessus de leur tête et puis les pointèrent sur leur opposant. Rogue s'écria, "Expelliarmus!" Il y eût un éclat de lumière écarlate aveuglant. Lockhart se retint de ricaner lorsqu'il fit un pas de côté pour éviter le sort. Il leva une main de façon à interrompre le duel. Rogue paraissait encore plus furieux que précédemment.

"Observez comme je n'ai pas tenté de bloquer le sort! A la place, j'ai conservé ma force magique en le laissant passer à côté de moi de façon tout à fait inoffensive," expliqua-t-il. "De nombreux duels ne sont pas remportés par le sorcier avec le plus de puissance ni par celui connaissant le plus de sorts, mais par le sorcier qui utilise ses forces avec parcimonie et laisse son adversaire s'épuiser, avant de prendre avantage de la moindre erreur." Il eût un sourire provocateur pour le Professeur Rogue. "Encore une fois, Professeur Rogue."

Les élèves observèrent, stupéfaits, alors que les deux sorciers paraissaient danser tandis que leurs sorts filaient d'un côté à l'autre de la plateforme. Avant la rencontre, les deux avaient échangé une liste de sorts auxquels ils se restreindraient, rien qu'un élève de Quatrième Année ne sache pas. En conséquence, les élèves entendirent de nombreux sorts qu'ils connaissaient.

Gilderoy sortit vainqueur. Bien que le Professeur Rogue ait passé plusieurs années à affronter d'autres Mangemorts, au cours des dix dernières il n'avait fait qu'enseigner Potions – il était rouillé. Harry/Gilderoy, d'un autre côté, avait passé les cinq dernières années dans des affrontements à mort pratiquement quotidiens. Au bout des dix premières secondes, le Professeur Rogue savait que Gilderoy pouvait le vaincre dès qu'il le voulait, et qu'il prolongeait le combat pour fournir aux élèves une démonstration de son talent. Cela faisait enrager le Mangemort, qui aurait grandement aimé faire disparaître ce sourire décontracté exaspérant du visage de l'autre professeur, mais il savait qu'il ne pouvait pas se permettre de recourir aux sorts les plus mortels qu'il connaissait. Et s'il les utilisait, quels sorts mortels pouvait bien connaître le dandy? Rogue n'aurait jamais imaginé que l'abruti soit meilleur que lui en duel.

Ce fut un sort de Jambes-en-Coton qui entraîna sa chute. Un simple faux pas, puis le sort du Bloque-Jambes, le Bloclang, suivit par un simple Accio. Le professeur Rogue jeta un regard mauvais à Gilderoy.

"Vous voyez, il ne suffit que d'un simple instant de déconcentration pour perdre un duel." Il Finita les sorts sur Rogue.

"Voyons comment les sorcières s'en sortent en duel, voulez-vous? Professeur Sinistra et Professeur McGonagall? Que dites-vous d'une démonstration?" Il descendit de l'estrade.

Peu après quelques exhortations de la part des élèves, les deux sorcières se trouvèrent à chaque bout de la plateforme, jetant quelques regards noirs au dandy pour les avoir forcées dans cette situation. Gilderoy et Rogue observèrent les deux femmes échanger des volées de sorts, esquivant et bloquant quand il le fallait. Tout en applaudissant la victoire de Sinistra, Gilderoy dit d'une voix forte, "Ah, Professeur Rogue, je pense qu'il serait éducatif pour nous deux de défier ces deux jeunes femmes en un Duel Double."

Avant que l'autre ne puisse objecter, il monta les marches de l'estrade et dit, "Excellent spectacle, mesdemoiselles, excellent! Maintenant les enfants," il se tourna et s'adressa à son audience, posant dramatiquement. "Tous les duels ne se font pas sur une base de un contre un, et dans la vraie vie il est sage de se souvenir que d'autres peuvent se trouver dans les parages dont il vous faut tenir compte. Donc, mesdemoiselles," il se tourna vers les deux femmes, encore un peu essoufflées de l'exercice, "Que diriez-vous d'un rapide Duel Double, sorciers contre sorcières?"

Les deux le fixèrent tandis que Rogue le fusillait véritablement des yeux.

"Excellent, j'étais sûr que vous accepteriez." Il ne leur laissa aucune chance d'objecter, interprétant leur silence surpris pour un assentiment.

"Alors, voyons, les enfants. Comme vous le savez tous, le Professeur McGonagall est une experte en Métamorphose, et ce dernier duel l'handicapait de façon assez injuste en la restreignant à des sorts de Quatrième Année et en-dessous – elle ne pouvait pas vraiment utiliser ses talents. Alors, pour ce Duel Double, la seule restriction sera sur les Sorts Obscurs." (2)

(2) J'hésitais souvent sur la traduction du mot "Dark", je parlais notamment de "Magie Noire" pour "Dark Magic". Mais j'ai souvent lu une nuance entre "Dark" (à dessein de nuire, de blesser) et "Black" (à dessein véritablement malveillant, souvent en référence à des sorts et rituels nécessitant des sacrifices). Je me suis souvenu d'une série de livres que j'ai lue, L'épouvanteur, où un des termes utilisés est l'Obscur. Je verrai si ce terme fonctionne bien pour parler de la Magie et des Sorts.

Le Réfectoire vibra d'excitation alors que les élèves attendaient en joyeuse anticipation de voir un duel si inhabituel.

"Venez, venez, Professeur Rogue," dit Lockhart, faisant signe à l'autre homme de monter sur l'estrade. Tandis que le sorcier gravissait avec réticence les marches, le Professeur de DCFM dit, "Nous ferons cela simplement. La première équipe parvenant à incapaciter un membre de l'autre équipe, ou à le ou la priver de sa baguette, l'emportera." Il s'interrompit juste assez longtemps pour recevoir un hochement de tête des deux femmes. "Et pour rendre cela un peu plus amusant, l'équipe perdante devra offrir un dîner aux chandelles aux Trois Balais à l'autre équipe ce Vendredi," parvint à sortir Gilderoy avant qu'Harry ne puisse l'en empêcher. Les élèves éclatèrent en rires et applaudissements, rendant impossible aux trois autres de décliner sans paraître acariâtres.

Quelques instants plus tard, les quatre entamèrent le combat. Gilderoy lança rapidement les choses par un Avis qui fournit quelques munitions à McGonagall. Après ça, il essaya surtout de rester hors du chemin, utilisant bien plus son bouclier qu'il ne l'avait fait face à Rogue. Rogue n'était clairement pas habitué à travailler avec un partenaire, et donc essayait de se concentrer sur un adversaire, s'attendant à ce que Gilderoy face de même. Les dames s'étaient rapidement faites à l'idée de travailler en équipe, et Minerva travaillait principalement sur la défense tandis qu'Aurora se concentrait sur l'attaque. Gilderoy restait surtout sur la défensive et attaquait occasionnellement, ce n'était donc qu'une question de temps avant qu'Aurora ne touche Severus d'un de ses sorts, le mettant hors jeu.

Riant d'un air ravi, Gilderoy déclara, "Excellente démonstration, mesdemoiselles, excellent! Le Professeur Rogue et moi vous retrouverons donc dans le Hall d'Entrée à, disons, sept heures demain soir?"

Rougissant légèrement, les deux femmes acquiescèrent rapidement. Rogue semblait plus renfrogné que jamais. "Tss tss, Severus, nous venons juste de gagner un rendez-vous avec deux charmantes sorcières, vous devriez sourire," dit-il en lançant un Finite à l'autre. Les élèves les plus proches, entendant ce qui avait été dit, ricanèrent, causant le pli sur le front du Professeur de Potions de s'accentuer.

Avec l'assistance du Directeur, ils divisèrent rapidement les élèves en rangées se faisant face, avec des enchantements de protections derrière chaque rangée. Ils firent ensuite s'entraîner les élèves avec leurs boucliers en utilisant des sorts de Jambes-en-Coton. Gilderoy dit fermement, "Tout élève utilisant un sort autre que celui de Jambes-en-Coton passera une retenue avec M. Rusard!" Avec cette injonction, l'heure suivante passa à toute vitesse tandis que les professeurs aidaient les élèves à perfectionner leurs techniques. Après cela, Gilderoy annonça joyeusement que le club de duel se réunirait chaque Jeudi. Les élèves retournèrent en petits groupes à leurs dortoirs, fatigués et excités par ce qu'ils avaient appris.

Le soir suivant, Gilderoy dut presque traîner le Professeur Rogue hors de son bureau dans les cachots. "Je n'ai pas donné mon accord pour un rendez-vous, Professeur Lockhart! Cela est entièrement votre faute." Son expression, si cela était possible, était encore renfrognée que la veille. "Je ne vois aucun intérêt à ce dîner!"

"Allons, allons, Severus," dit Gilderoy avec un sourire rayonnant. "Il ne s'agit que d'une petite réunion autour d'un verre avec deux de nos collègues féminins ici à Poudlard. Juste une occasion de se laisser aller et de passer un bon moment sans avoir à se soucier des élèves, des notes ou des horaires. Qui sait ce qu'il pourrait arriver?"

Rogue s'arrêta net dans le couloir. "Avez-vous perdu la tête?" demanda-t-il, yeux plissés tout en regardant le professeur de DCFM.

"Pas du tout, pas du tout. Je cherche juste à m'amuser un peu et à me détendre, et un dîner avec deux charmantes sorcières devrait être l'occasion parfaite," répondit Gilderoy avec complaisance. Il fronça les sourcils et se tourna pour faire face à l'autre sorcier. "A moins que… vous ne préfériez la compagnie des sorciers?" Il observa avec un sourire d'autosatisfaction les yeux de Rogue s'écarquiller à l'insinuation. "Si vous ne préférez vraiment pas venir à la rencontres de ces demoiselles de ce soir, je serai bien sûr heureux de présenter vos excuses et de dire que vous étiez dans l'incapacité de nous accompagner dû un imprévu urgent requérant votre expertise en Potions. Je suis sûr qu'elles comprendront que la préparation d'une potion en urgence pour Ste Mangouste est prioritaire." Il fit un clin d'œil au sorcier de plus en plus furieux, "Je ne mentionnerai pas la véritable raison, bien sûr. Cela serait gauche de ma part."

La main de Rogue eût un spasme en direction de sa baguette. "Je ne préfère pas la compagnie des sorciers," gronda-t-il entre ses dents serrées.

"Excellent!" Il rayonna positivement de joie face à l'autre. "Je n'aurai pas aimé penser avoir fait une aussi grave erreur quant à vos inclinaisons. Je suis sûr que ces demoiselles seront des plus heureuses de nous voir." Il se tourna et descendit le couloir. Dieu, que ça faisait du bien de se payer la tête de ce snobinard. Il pouvait pratiquement voir la vapeur lui sortir par les oreilles.

Ils arrivèrent au Hall d'Entrée quelques minutes seulement avant les femmes. Le dîner dans la Grande Salle était généralement fini à sept heures au plus tard, mais il y avait un nombre inhabituel d'élèves traînant dans les parages. Gilderoy adorait avoir une audience, mais il était assez clair que cette audience, surtout les sorcières, étaient ici pour espionner leurs professeurs. Bien que cela lui importait peu, il ne pouvait pas laisser les choses en l'état – les dames pourraient ne pas apprécier l'aspect voyeuriste évident de leurs élèves.

"Ah, les enfants, comme il est bon de tous vous voir," il marqua une pause et accorda un sourire brillant aux étudiants rassemblés. Bon nombre de sorcières soupirèrent. "Mais vous ne devriez pas vous attarder dans le Hall d'Entrée… n'avez-vous pas des devoirs à faire? Je suis sûr d'en avoir donné un dans mon merveilleux cours de Défense Contre les Forces du Mal." Avec un "oooh…" de déception, le Hall se vida remarquablement vite. Quelques-unes des sorcières les plus malines retournèrent dans la Grande Salle et jetèrent des coups d'œil au coin des portes.

Gilderoy était sûr que les deux jeunes femmes comprenaient pourquoi elles passaient un large flux d'élèves, surtout des sorcières, quittant soudainement les environs de la Grande Salle.

Bien que les deux femmes ne soient pas sur leur trente-et-un, elles étaient habillées en robes non-scolaires ouvertes à l'avant et révélant des robes décontractées bien plus flatteuses. (3) Harry fut surpris de constater que les deux femmes avaient un décolleté assez plongeant et ne semblaient pas dérangées de le montrer.

(3) Petite nuance compliquée dans cette phrase. Le premier 'robes' correspond à son homonyme anglais 'robes', les tenues amples (et peu flatteuses) que les sorciers portent. Le deuxième 'robe' (que j'ai préféré précisé par 'robes décontractées') correspond à 'dress', les robes comme nous les connaissons aujourd'hui.

Gilderoy était, bien sûr, le mieux vêtu du quatuor tandis que Rogue l'était le moins. Pas qu'il ait porté des robes vieillottes ou usées, elles étaient élégantes, mais juste pas aussi élégantes. On aurait pu croire qu'il n'avait généralement pas besoin de quoi que ce soit d'autre que ces robes d'écoles, et qu'il avait donc un très petit choix dans son placard. Le fait que ses cheveux donnaient l'impression que quelqu'un avait renversé dessus un bac de graisse n'aidait pas non plus pour son apparence. Rogue avait refusé avec mépris tous les produits pour cheveux que Gilderoy lui avait recommandés plus tôt dans la journée pour aider à maîtriser les cheveux filiformes du Professeur de Potions.

Lockhart avait réservé deux tables pour couples, suffisamment proches l'une de l'autre pour qu'ils puissent discuter s'ils le souhaitaient, mais pas si proche que cela puisse empêcher une conversation privée si l'un des couples le voulait. Il dirigea Minerva vers l'une des tables, laissant Rogue s'asseoir avec Sinistra. Ils eurent de l'agneau absolument délicieux, accompagné de vin. Gilderoy découvrit que Minerva avait un jour était mariée. "Non, vraiment?" dit-il avec surprise.

"Vraiment," répondit-elle en souriant tristement. "Je travaillais au Ministère et étais devenu assez proche de mon supérieur, Elphinstone Urquart. C'était quelqu'un de brillant, et séduisant, aussi." Elle posa momentanément sa main sur celle de Gilderoy, les yeux brillants. Elle se redressa. "J'étais… mécontente de la façon dont le Ministère fonctionnait, et lorsqu'Albus m'a offert une position à Poudlard, je l'ai volontiers acceptée." Elle s'interrompit et prit une gorgée de son vin. "Elp venait souvent me voir, et durant l'une de ces visites, il m'a fait sa demande." Elle s'arrêta quelques instants, souriant, se souvenant. "J'ai dit non. J'étais toujours amoureuse de Dougal McGregor," dit-elle doucement. "J'avais rencontré Doug après avoir été diplômée, mais c'était un Moldu et je ne pouvait tout simplement pas me voir renoncer à la magie. Je pensais que ce serait la fin de ma vie amoureuse."

Elle secoua la tête. "Mais Elp était persévérant. En 1981, Doug est mort lors d'un accident." Elle baissa les yeux vers la table. "Cet été là, Elp m'a à nouveau demandé en mariage durant une promenade au soleil autour du lac, ici à Poudlard. Nous nous sommes mariés en 1982 et avons acheté une petite maison à Pré-au-Lard, que j'ai toujours, d'ailleurs. Je la loue." Elle resta silencieuse quelques minutes. "J'était très heureuse. Nous étions très heureux. Puis, trois ans plus tard, Elp est mort de la morsure d'une Tentacula Vénéneuse." Elle passa plusieurs minutes assise ainsi, se remémorant le passé. Gilderoy lui laissa le temps. Harry et Gilderoy avaient appris plus de leur Professeur de Métamorphoses durant les dix dernières minutes que les treize ans combinés tout entier qu'ils avaient passé à Poudlard.

Gilderoy étudiait la femme. Elle avait été singulièrement malchanceuse en amour. D'un autre côté, son expérience au cours des ans lui avait appris que les veuves étaient bien plus sensibles à ses attentions que ne l'étaient les sorcières plus âgées. Les jeunes s'attendaient à capturer son cœur et à vivre une vie d'aventure avec de nombreux gallions à dépenser. Les veuves étaient plus… terre à terre. Elles avaient la sécurité de leurs emplois ou de leurs biens. Elles ne cherchaient pas laisser le contrôle de leurs vies à un sorcier. Elles avaient bien plus de liberté si elles restaient… sans attaches.

Harry n'était plus vierge – vous ne pouvez pas traverser sept ans de guerre sans vous abandonnez à certains désirs fondamentaux. Savoir que l'un ou les deux pourraient bien mourir le jour suivant ajoutait une certaine urgence aux relations temporaires, alors que chacun essayait d'oublier les heures précédentes où ils étaient passés si près de la mort en célébrant la vie. Quelques fois, il n'avait même pas connu le nom de la sorcière, bien qu'elles aient toujours semblé connaître le sien.

Mais! McGonagall?

Heureusement, bien qu'Harry soit en charge de toute chose en rapport avec les conflits, Gilderoy avait bien plus d'expérience dans ses interactions avec les sorcières. Et après trois verres de vin, la résistance d'Harry aux manipulations de Gilderoy n'était plus aussi obstinée.

Minerva releva les yeux, "Enfin, Gilderoy, je dois dire que vous avez bien réussi dans votre vie, après avoir été diplômé."

Gilderoy eût un large sourire, utilisant un peu de la magie d'Harry pour faire légèrement bouger ses cheveux comme s'il y avait une brise. Il était fin prêt à se lancer dans une de ses descriptions prolixes, indubitablement ennuyeuse, de ses livres lorsqu'Harry décida de l'interrompre. Il n'allait pas laisser Gilderoy se ridiculiser devant son professeur préféré!

"S'il vous plaît, appelez-moi Gil, Minerva. Et, oui, je suis loin d'être le même abruti que j'étais il y a dix ans à Poudlard. J'ai changé. Bien que j'aime voir mon nom imprimé, il y a des choses plus importantes que ça."

Elle arqua un sourcil de surprise.

"Pour vous dire la vérité, je pense personnellement avoir accompli plus depuis que j'ai commencé à enseigner ici à Poudlard qu'avec quoi que ce soit d'autre ayant suivi mon diplôme." Son sourire s'adoucit. "Rien de ce que j'ai fait auparavant ne peut égaler l'expression de M. Londubat lorsqu'il a lancé ce magnifique Patronus dans la Grande Salle. Ni le sourire de Mlle Lovegood lorsqu'elle est avec ses amis à la table des Gryffondors." Il fit une pause de quelques instants, ses lèvres formant un sourire narquois. "Et l'expression de Mlle Granger lorsque Mlle Lovegood parle de Nargoles ou de Ronflaks Cornus est juste bien trop amusante."

Il remarqua que sa partenaire de dîner réprimait un sourire.

"Et les cours de Défense Contre les Forces du Mal! Je pense que vous verrez que les scores de fin d'année pour tous les élèves seront les plus hauts en quarante ans. Avez-vous remarqué qu'hier soir, tous les Première, Deuxième, Troisième et Quatrième Années peuvent lancer le Protego et le maintenir pendant au moins cinq secondes? Le Premier Septembre, seuls quelques élèves de Quatrième Année en étaient capables. L'un de mes objectifs de l'année est que tous les élèves de Quatrième Année et au-dessus soient capables de créer un Patronus. Peut-être pas corporel. , mais mieux que juste une fine brume.

"L'amour est la clé du Patronus, vous savez. Pas le bonheur. Une erreur-clé de l'enseignement qui existe depuis un millier d'années. Vous vous rendez compte?" Il secoua la tête.

"Les moldus ont un dicton, Minerva: 'Si tu donnes un poisson à un homme, il mangera un jour. Si tu lui apprends à pêcher, il mangera toute sa vie'. C'est ce que je fais dans mon cours. J'apprends à une génération entière comment survivre. Et dans l'éventualité d'un retour de Voldemort, ou de l'apparition d'un autre Seigneur des Ténèbres, nous n'aurons pas un ramassis de souris faibles et timides demandant à ce qu'un préadolescent de Sang-Mêlé les sauve.

"Pour l'amour de Merlin, chaque sorcier et sorcière sans exception possède une arme mortelle! Une douzaine de Mangemorts apparaissent sur le Chemin de Traverse avec une centaine de sorciers faisant leurs emplettes. Si tous les sorciers tiraient leurs baguettes et criaient Stupefy, les Mangemorts seraient tous capturés! A la place, ils crient, s'enfuient, et finissent morts. La moitié des gens dans mes livres auraient pu se sauver eux-mêmes s'ils avaient pris deux secondes pour réfléchir et utiliser leurs baguettes!"

Il s'appuya contre le dossier de sa chaise. "Désolé, je ne voulais pas paraître moralisateur."

Elle le fixait avec incrédulité. "Que t'est-il arrivé, Gil? Je me souviens de toi durant mes cours, et tu n'étais pas du tout comme ça." Elle secoua la tête. "Tu étais un élève terrible, à vrai dire. Si tu ne voyais pas une façon pour qu'un sort te fasse gagner de l'attention, tu ne l'étudiais pas." Ses yeux se plissèrent tandis qu'elle le fixait. "Le Gilderoy que j'ai connu n'aurait jamais été capable s'en sortir aussi bien dans ces deux duels. Ni aurait-il pu enseigner ses cours avec autant de compétences que tu n'en as. Tu es comme une personne complètement différente."

Il se tortilla, mal à l'aise. Elle touchait bien trop près de la vérité. Il jeta un coup d'œil à Sinistra et Rogue. Ils étaient concentrés sur leur nourriture, Rogue s'y attaquant maussadement comme si elle avait émis des doutes sur la fidélité de sa mère, et Sinistra mangeant gracieusement mais paraissant contrarié par le manque de conversation de son partenaire. Peut-être les écoutait-elle. Peut-être pas.

Doucement, afin que seule Minerva puisse entendre, il dit: "J'ai rencontré M. Potter cet été. Vous vous souvenez peut-être d'un article du Daily Prophet racontant comment je l'ai trouvé chez Fleury & Bott, avant de mystérieusement m'effondrer?"

Elle acquiesça, intriguée.

"Quelque chose s'est produit. Quelque chose m'a touché. Je n'ose pas en dire plus parce que les gens penseraient que j'ai perdu la raison." Il marqua un temps d'arrêt, pensif. Il n'avait pas envisagé de dire à qui que ce soit ce qu'il faisait. Il devrait être capable de tout faire lui-même, mais et s'il y avait un accident? Il soupira.

"Je ne suis pas un Devin. C'est une discipline bien trop trouble, avec des résultats impossible à analyser avec de réelles certitudes. Bien que quelques individus aient le talent de prédire le futur, ce qu'ils voient est généralement si vaseux qu'ils ne peuvent l'expliquer, et seulement après que les évènements se soient produits nous est-il possible de voir à quoi s'appliquaient leurs prédictions. Mais ce jour-là, à Fleury & Bott, j'ai vu des choses.

"J'ai encore du mal à accepter ce que j'en ai appris. Des temps terribles viendront si je n'agis pas. Cela m'a forcé à… reconsidérer mes objectifs. J'ai passé les dernières semaines de l'été à passer en revue mes… expériences." Il lui sourit avec un air de regret. "J'ai payé bien plus d'attention à vos cours que ce que vous, professeurs, ne l'estimiez. C'est juste que je ne voyais pas les applications pratiques de ce que je connaissais, alors je n'ai pas essayé de vous impressionner de mes talents."

Il leva les yeux vers le plafond un moment. "L'an dernier était juste un avant-goût, Minerva. Le Troll, les Licornes mortes, la possession de Quirrell," dit-il doucement.

"Le Directeur vous a-t-il dit à propos du journal?" Elle hocha la tête. "Que la cible était M. Potter?" Elle fronça les sourcils à cela. Peut-être n'avait-il pas fait le lien. "Que le monstre de la Chambre des Secrets, si laissé livré à lui-même, serait parti à sa recherche et l'aurait laissé au bord de la mort, tout comme Quirrell l'a fait l'an dernier? Est-ce que le Directeur vous a dit que la créature dans la Chambre est un Basilic? Qu'il utilise les canalisations dans les murs et les sols pour se déplacer dans l'école? Qu'il est toujours ?"

Il observa passer au fur et à mesure de l'intérêt à la surprise, et à l'horreur.

"Et si vous posez des questions au Directeur au sujet du Basilic, il vous dira que tout va bien. Que la créature est maintenant enfermée dans la Chambre, comme elle l'a été il y a cinquante ans. Que Poudlard est l'endroit le plus sûr au monde. Comment cela peut-il être vrai, cependant?

"Harry Potter a failli mourir quatre fois l'année dernière. Une école où les enchantements protecteurs ne parviennent pas à détecter la présence de Voldepute n'est pas un endroit que je qualifierai de sûr – le diriez-vous? Le diadème que j'ai retrouvé était une autre version de lui, une cachée au sein de Poudlard pendant plus de cinquante ans. Cachée au sein de Poudlard. Pendant cinquante ans.

"Cette année, encore un autre artéfact Obscur contenant une version de Voldepute a pu traverser les enchantements sans être détecté, transporté dans l'école dans les robes d'une élève. Seulement un élève a été pétrifié, contrairement à la dernière fois où quelqu'un avait affirmé avoir ouvert la Chambre lorsque le monstre a tué Mlle Warren. Mais je n'ai aucun doute que d'ici Juin, M. Potter se serait retrouvé dans une situation de vie ou de mort avec cette version de Tom Jedusor, Lord Voldemort, si je n'étais pas intervenu. Pouvez-vous toujours dire que l'école est l'endroit le plus sûr de Grande-Bretagne? Et qu'en est-il de l'an prochain? Quel horrible désastre nous attend en coulisses? Y aura-t-il une nuée de Détraqueurs entourant l'école? Ou peut-être qu'un Mangemort que tout le monde croit mort deviendra le Professeur de DCFM, déguisé en un Auror à la retraite?"

Elle frissonna à chaque mention du nom du Seigneur des Ténèbres.

"Et il y a encore un sorcier malveillant dissimulé au sein de Poudlard, au moment où je vous parle."

Elle lui adressa un regard stupéfait.

Il hocha la tête. "Oui, il y en a un. Et je ne parle pas du Professeur Rogue, non plus! Je le trouverai, attendez voir. Le nom de Gilderoy Lockhart ornera à nouveau la une des journaux! Et tout le monde demandera, 'Comment Poudlard peut être l'endroit le plus sûr de Grande-Bretagne si un sorcier malveillant, un avec la Marque Noire sur son bras, peut vivre là, année après année, sans être détecté? Comment cela peut-il être sûr pour nos enfants?'" Il secoua tristement la tête, et puis releva les yeux vers elle, rayonnant de fierté, "Mais, n'ayez crainte, car Gilderoy Lockhart, Ordre de Merlin, Troisième Classe, Membre Honoraire de la Ligue de Défense Contre les Forces du Mal, cinq fois lauréat du prix du Sourire le plus Charmeur de Sorcière Hebdo, et Professeur de Défense Contre les Forces du Mal adoré de Poudlard est là! Je ferai de Poudlard l'endroit le plus sûr de Grande-Bretagne!

"J'ai retrouvé le Diadème perdu de Serdaigle, j'ai découvert le journal de Tom Jedusor qui possédait une élève, je me suis procuré les mandragores pour soigner l'élève pétrifié six mois plus rapidement, je trouverai le vil sorcier qui se cache à Poudlard, et je m'occuperai du Basilic afin qu'il ne soit plus jamais une menace pour les élèves!"

Elle le fixa un long moment, avant de sourire. "Je pense que j'apprécie cette nouvelle version de Gilderoy." Lorsqu'ils finirent le dessert, et un autre verre de vin, les choses étaient devenues bien plus amicales entre eux.

Le retour en calèche vers l'école fut calme. Lockhart pouvait dire que Rogue avait gâché sa partie du rendez-vous, puisque Sinistra semblait mécontente. Il faudrait qu'il fasse quelque chose pour rattraper ça plus tard.

A sa surprise, Minerva, ou 'Min' comme elle lui avait demandé de l'appeler, l'invita dans ses appartements pour un dernier petit verre de Whisky Pur Feu. "Si tu racontes à qui que ce soit que je t'ai invité ce soir, je ferai en sorte que ton temps ici, au château, soit un enfer sur Terre," dit-elle doucement, finissant son verre quelques instants seulement après lui.

Gilderoy lui sourit joyeusement. "Min, de toutes les fois où tu m'as vu dans les journaux, as-tu jamais vu une histoire à propos de moi et d'une sorcière? Ou même une rumeur? Peut-être la mention de quelqu'un avec qui je suis sorti une fois ou deux, mais jamais rien de plus." Il se rapprocha d'elle sur le divan, "Il y une raison à cela. Je suis extrêmement discret." Il n'ajouta pas qu'il trouvait que le sortilège d'Oubliette fonctionnait assez bien le lendemain matin, laissant ses conquêtes dans l'idée qu'elles avaient passé une nuit fantastique mais qu'elles n'étaient juste pas vraiment sûres d'avec qui elles l'avaient passée. Pas qu'il aurait continué à faire ça ces jours-ci.

Elle le fixa de ses yeux à moitié fermés, "Je ne recherche rien qui dure plus qu'une nuit."

"Et moi non plus. Je n'ai jamais été monogame. Si tu veux, nous pouvons être… comment les moldus disent déjà? Ah oui… des amis intimes (4) pour aussi longtemps que tu le souhaites. Et j'aurai d'autres amies également, juste pour que tu le saches. Dans tous les cas, je suis sûr que la malédiction m'aura fait mettre à la porte d'ici Juin."

(4) Le terme anglais est "friends with benefits", littéralement "amis avec des bénéfices/avantages". Les traductions les plus directes que j'ai trouvé sont 'sex-friends' et 'plan cul' jusqu'à ce que je vois une seule personne proposer sur un forum la traduction par 'amis intimes' qui me semble bien moins péjorative.

Elle eût un petit rire sec, "Il y a ça aussi."

Gilderoy prouva à Harry qu'il avait en effet un talent certain lorsque cela concernait les femmes – qu'il ne se contentait pas d'oublietter les femmes de tout sentiment désagréable qu'elles aient pu avoir au matin. Min n'eût rien à redire le matin suivant. Et elle fut tout aussi appréciative de ses attentions que la majorité des veuves esseulées l'étaient. Et elle affichait un magnifique sourire qui lui faisait paraître des décennies plus jeune.

Et Harry Potter? Il passa un Vendredi soir normal à jouer à la Bataille Explosive avec Neville, Colin, Hermione, Luna, Susan et Hannah.


Le coin des expressions désuètes:

« Être sur son trente-et-un »

Pas vraiment une expression désuète, je sais, mais lorsque je l'ai utilisé dans le chapitre je me suis dit que peu de monde devait en connaître l'origine.

Il est souvent pensé à tort que l'expression vient du fait que l'on se mettait sur son trente-et-un principalement lors du réveillon de Noël, le 31 Décembre.

L'expression existe depuis le Moyen-âge où on disait alors « se mettre sur son trentain ». A l'époque, le trentain était un tissu de luxe que portaient les personnes opulentes composé de 30 centaines de fils, tandis que la plupart des draps à l'époque n'étaient composés que de 14 à 18 centaines de fils. Le mot trentain se serait alors peu à peu déformé pour donner l'expression actuelle.

Deux autres hypothèses moins reconnues sur l'origine de cette expression existent.
Le "trente-et-un" pourrait se rapporter à un jeu de carte du même nom, où il fallait atteindre ce nombre de points. Et il aurait pu être de coutume de mieux s'habiller lorsqu'on allait jouer aux cartes.
Enfin, au 18ème siècle, il était habituel que les casernes militaires prussiennes soient inspectées tous les 31 mois. Les soldats, visités par leur supérieur, devaient donc se présenter dans une tenue irréprochable. Ils recevaient aussi une prime ce jour-là, et des fêtes avaient donc lieu, renforçant encore l'intérêt de revêtir ses plus beaux habits.

Une recherche intéressante sur cette expression! Qui eût cru que tout cela pouvait se cacher derrière? Une préférence parmi les explications que j'ai pu trouver?

T/N: Et un tout grand merci à... *roulement de tambour* Harry-Sterek-1968 comme toujours pour sa grande contribution à la correction de ce chapitre!