Disclaimer : Je ne suis pas une femme, je ne suis pas riche ni n'ai jamais publié de livres. Suis-je J. K. Rowling? Même si l'avis de Schrödinger sur la question serait intéressant, la réponse est non. Cette fanfiction n'est pas non plus mon idée mais une traduction de 'Amalgum – Lockhart's Folly' (/11913447/) de tkepner. Merci à lui de me permettre de traduire ses textes!

T/N: Je n'aime pas la chaleur… Ou plutôt je n'aime pas les soudaines montées de température… Urg… A part ça, je commence à me dire qu'il faudrait que j'essaye d'écrire les quelques idées d'histoires que j'ai pu avoir, un de ces jours. Peut-être un projet à retenir pour cet été?


Gilderoy observa le Poudlard Express disparaître le long des rails. Les élèves, du moins ceux qui rentraient pour les vacances, ne le gêneraient finalement pas. Il allait avoir des vacances animées, et avoir à constamment éviter des enfants curieux aurait été problématique. Et le corps enseignant serait pris par la paperasse de fin de trimestre et serait vigilant à ce qu'il n'y ait pas problèmes dans le train, en particulier le Directeur.

Dès le lendemain, les parents apprendraient que le monstre de la Chambre des Secrets était un Basilic. D'ici Mercredi, le mot se répandrait à leurs amis. Ils penseraient que leurs enfants avaient exagéré la situation, mais l'histoire persisterait sous forme de rumeur. Noël ferait un peu interférence dans la dissémination de la nouvelle, mais d'ici le lendemain du jour de fête, il était sûr que le public serait plus réceptif à la révélation de ses exploits. Oui, c'était un plan parfait – les enfants lui fournissaient sans le savoir un travail préparatoire pour ses premières pages. Le Lundi suivant serait le moment parfait pour un gros titre de fin d'année. Tout le monde parlerait de Lockhart et du Basilic dans toutes les Fêtes du Nouvel An. Il s'attendait à recevoir des invitations pour nombre d'entre elles.

Mais pour l'instant, il avait du travail devant lui. Il retourna au Château.

"M. Potter," dit-il, interceptant le garçon lorsqu'il sortit de la Grande Salle après un petit-déjeuner tardif. Harry et Hermione, les seuls Gryffondors à rester pour les vacances, avaient dormi jusque tard, profitant du fait que le reste des élèves soient pressés de rentrer chez eux.

Heureusement, la situation de Ginny avait causé à la famille Weasley au complet de revenir à la maison pour les vacances, même Charlie et Bill revenaient de l'étranger. Harry/Gilderoy avait insisté, de façon peu subtile, pour qu'Arthur prenne le généreux sac de gallions qu'il lui avait mis de force dans les mains et à l'utiliser pour passer le meilleur Noël qu'ils n'aient jamais eu. "Ceci," avait-il dit, "n'est qu'un simple acompte de ce que l'école vous doit pour ce qu'a souffert votre fille et ses soins." Il avait attendu, observant la réaction du père. "M. Weasley, si vous êtes blessé au cours de votre travail, le Ministère ne paie-t-il pas les frais du Soigneur pour vous ainsi que votre salaire habituel, alors même que vous ne pouvez pas travailler?" L'homme avait hoché la tête, sourcils froncés. "Hé bien, considérez ceci de la même façon mais pour votre fille. Ce n'est pas de la charité, mais le moins que Poudlard puisse faire pour s'excuser de l'échec du Directeur à protéger votre enfant." Avec réticence, le patriarche des Weasley avait accepté. Alors Ginny, Ron, Fred, George et Percy étaient tous absents pour Noël.

"Viens avec moi Harry, j'ai besoin de l'un de tes talents particuliers," dit Gilderoy.

Harry échangea un regard avec Hermione, haussa les épaules, et dit, "D'accord."

"Excellent!" Gilderoy sourit joyeusement. "Avec ton aide, nous allons être témoin de quelque chose que peu ont ne serait-ce que vu auparavant, et survécu pour en parler. Suivez-moi!" Il se tourna et commença à marcher d'un pas allègre. Les deux enfants le suivirent avec des expressions légitimement inquiètes.

Il s'arrêta. "Non, Harry," dit-il, feignant l'exaspération, ses mains élégamment posées sur ses hanches, "Marche comme ceci!" (1) Il fit une démonstration de sa démarche élégante et confiante, et la fit reproduire au pauvre garçon jusqu'à ce qu'il la reproduise de façon correcte. Hermione regardait avec des yeux ronds, sa peur de perdre des points ou d'une retenue étant tout ce qui l'empêchait d'éclater de rire face à la situation de son ami, et au comportement du Professeur Lockhart. Gilderoy eut un large sourire tandis qu'Harry tentait tant bien que mal de s'empêcher de lever les yeux au ciel à chaque répétition.

(1) "Walk this way!" : Jeu de mot intraduisible ici. Lockhart dit cela une première fois dans un sens signifiant plutôt "Suivez-moi!", puis le répète ici pour Harry dans le sens de "Marche comme ceci!", pour lui signifier une façon différente de marcher (dans sa posture).

Une fois que Gilderoy fut satisfait de l'apparence confiante d'Harry, il se tourna vers Hermione. "Maintenant, à votre tour, ma chère." Elle le fixa tel un daim pris dans les phares d'un semi-remorque. C'était au tour d'Harry de réprimer son rire alors que le Professeur la mettait à l'épreuve.

Il lui dit, "J'ai un jour demandé à ma mère pourquoi elle balançait tant ses hanches en marchant alors que d'autres ne le font pas. Elle m'a répondu, 'Mon chéri, si tes poignets ne touchent pas ta hanche quand tu marches, c'est que tu ne marches pas comme il faut!' Alors, ma chère, voyons comment vous pouvez le faire comme il faut!"

Tandis qu'elle faisait quelques pas, il dit, "Vous vous sentirez affreusement gênée, au début, et penserez que vous avez l'air absolument ridicule, mais une fois que cela devient une habitude, cela paraîtra des plus gracieux, vraiment!" Il la fit s'exercer pendant quelques minutes, faisant des allers-retours dans le couloir. C'était difficile, vraiment, ça l'était; de ne pas éclater de rire à la vue des deux enfants tandis qu'ils essayaient de suivre ses instructions.

Finalement, il les guida via une route tortueuse à travers le Château, jacassant à propos de ses livres et de sa popularité, ne s'interrompant que lorsqu'ils n'étaient plus en vue des peintures, sculptures ou armures. Tout d'abord, il lança un sort de détection rapidement, expliquant de quoi il s'agissait et comment il fonctionnait, et puis retira tous les sortilèges de pistage et d'écoute sur les deux élèves. Tous deux furent adéquatement outrés lorsqu'il trouva ces sortilèges – il ne mentionna pas qu'un sur chacun d'eux était de lui. Il suggéra de façon peu subtile qu'Hermione apprenne les sortilèges de détection et commence à prendre l'habitude de les retirer lorsqu'elle les trouvait. Ensuite, il lança un Sortilège de Désillusion sur chacun d'eux et les fit le suivre jusqu'à leur destination, les admonestant de continuer à entraîner leurs démarches même si personne ne pouvait les voir. Il fallait que cette façon de marcher devienne une habitude inconsciente après tout, n'est-ce pas?

Lorsqu'il s'arrêta en-dehors des Toilettes du Deuxième Etage de Mimi Geignarde, Gilderoy pouvait presque sentir leur soudaine panique. Était-il sur le point de révéler leur Polynectar et de demander des explications?

Il entra d'un mouvement théâtral et s'immobilisa exactement devant la cabine où se trouvait un chaudron mijotant. Dobby gardait un œil dessus en coulisse pour s'assurer que la potion tourne comme il fallait. Il y avait même un stock dans le bureau de Lockhart pour remplacer le contenu du chaudron, dans le cas où la potion d'Hermione se révèlerait de qualité inférieure. Jusqu'ici, elle était pratiquement parfaite.

Il révoqua le Sortilège de Désillusion et fronça les sourcils en les observant sans un mot, accroissant leur évidente agitation. Les deux Gryffondors le fixaient, pâles et les yeux écarquillés, s'attendant à se prendre une sévère avoinée.

Il leur sourit, et se tourna vers le lavabo. "Avez-vous parlé à Mimi Geignarde de la façon dont elle est morte?" Il avait suffisamment d'allusions à cela lors des retenues d'Harry pour qu'ils aient déjà fait cela maintenant. Il serait si déçu si ce n'était pas le cas. Il les observa du coin de l'œil tandis qu'ils se détendaient imperceptiblement.

"Oui, monsieur."

"Bien. Alors vous savez que j'aimerai que vous disiez 'Ouvre' en Fourchelang, n'est-ce pas M. Potter?"

Le garçon commença à transpirer et se tourna pour fixer le lavabo. Il se passa la langue sur les lèvres. "Heu, j'ai besoin de voir un serpent."

"Examinez plus attentivement le robinet," dit Gilderoy, "je pense que vous en trouverez un gravé dessus. Si cela est insuffisant, fermez vos yeux et imaginez-vous la représentation mentale d'un serpent." Il enclencha le cristal spécial qui se trouvait dans sa poche, enregistrant ce qu'Harry disait. Maintenant que lui, en tant que Gilderoy Lockhart, ne pouvait officiellement pas parler ou comprendre le Fourchelang, il lui était nécessaire de trouver une autre façon de pouvoir entrer quand il le souhaitait. Le cristal d'enregistrement dissimulerait ses capacités de Fourchelangue. Le fait qu'il enregistrait aussi bien les vibrations que les sons en faisait la solution parfaite.

Quelques instants plus tard, le lavabo et le mur avaient coulissé pour révéler l'entrée. Une odeur nauséabonde de moisi flotta jusqu'à eux.

"Ceci, mes chers, est l'entrée de la Chambre des Secrets." Il jeta un coup d'œil à la noirceur d'encre du long tunnel. Il y pointa sa baguette et tonna, "SCOURGIFY!" Une lumière brillante balaya le conduit devant eux, laissant une surface éclatante de propreté. "Maintenant, voilà qui est mieux." Il ne voulait pas que ses vêtements soient tâchés dans ce tuyau encroûté de crasse. Il sortit trois petits objets de sa poche et les restaura à leur taille normale – des balais. Il en donna un à chacun d'eux.

"Suivez-moi de près, nous ne sommes pas vraiment pressé, actuellement. Ne vous inquiétez pas pour le Basilic. Moi, Gilderoy Lockhart, Ordre de Merlin, Troisième Classe, Membre Honoraire de la Ligue de Défense Contre les Forces du Mal, cinq fois lauréat du prix du Sourire le plus Charmeur de Sorcière Hebdo, et votre Professeur de Défense Contre les Forces du Mal adoré de Poudlard, m'assurerai que vous soyez en sécurité à tout moment!" Il pouvait les voir essayer de s'empêcher de lever les yeux au ciel. "De plus, je suis sûr qu'il est endormi pour le moment." Il les observa monter sur leurs balais, Harry avec assurance et Hermione avec précaution, et ils le suivirent lentement dans le tuyau. Il commença à descendre, sa baguette brillant de la lumière d'un Lumos pour éclairer leur chemin. "Du moins, j'espère qu'il l'est," dit-il d'une voix forte avant de laisser la pesanteur faire son office. Il lui sembla entendre un "Hiii!" paniqué d'Hermione lorsque son sort de Suivez-moi tira leurs balais derrière lui.

Ils étaient loin de bouger aussi vite qu'il aurait pu, mais cela restait probablement trop rapide pour le confort d'Hermione, considérant son anxiété vis-à-vis du vol en balai. Tout de même, il était assez surpris que cela semble prendre si longtemps pour descendre. Il avait toujours cru que sa glissade à moitié paniquée avait distordu sa perception du temps. Apparemment pas. Il pensait plutôt qu'il y avait des escaliers inclus dans le tuyau, puisqu'il ne pouvait vraiment pas s'imaginer Tom glisser aussi peu élégamment à chaque fois. Mais la glissade, et les balais, étaient bien plus rapides. Et amusant.

Devoir descendre, et remonter, plus d'un millier de pieds (300 mètres) d'escaliers qui passaient sous le lac jusque à la Chambre n'était pas quelque chose qu'il voulait faire! Pas quand il y avait une façon si amusante pour le faire à la place.

Le corridor était toujours aussi crasseux et répugnant que dans ses souvenirs. Et l'odeur aurait suffi à vous assommer. Trois rapides sortilèges de Tête-en-Bulle résolurent ce problème, cependant. Hermione et Harry parurent assez soulagés.

Pendant un moment, il envisagea de nettoyer la saleté au sol, mais décida qu'il serait mieux de laisser les restes de squelettes pour l'atmosphère que cela donnait à l'expédition. Oui, il y avait de la matière avec ça, "le craquement perturbant des os sous mes pieds accompagnait chaque pas que je faisais tandis que je progressais le long du tunnel faiblement éclairé qui passait sous le lac. Il était impossible de savoir où l'effroyable monstre se terrait, attendant, peut-être, de nous tuer sans crier gare." Cela donnerait aussi à Bozo l'opportunité d'une photo ayant un réalisme accentué pour son livre, chose que les autres n'avaient pas.

"Beurk, beurk, beurk," dit Hermione lorsqu'elle réalisa ce qui craquait à chacun de ses pas. Elle jeta un coup d'œil au balai dans sa main, puis au sol, et puis remonta sur le balai. Certaines choses étaient juste trop dégoûtantes. Harry suivit son exemple. Gilderoy considéra ses options, avant de faire de même. Il omettrait cette partie, cependant. Il avait vécu l'expérience, mais il ne voulait pas vraiment salir ses robes et ses chaussures plus que nécessaire.

Ils se déplaçaient bien plus vite ainsi, et bientôt ils arrivèrent en vue d'une immense mue de serpent.

"Bordel" murmura Harry, stupéfait, après avoir dégluti avec difficulté. Hermione se contenta de la fixer, yeux écarquillés.

"Imaginez ça, les enfants, le Basilic est encore plus grand que ça, maintenant." Il savoura les expressions horrifiées qu'ils lui lancèrent. Avec eux comme témoins, personne ne pourrait réfuter ce qui s'était passé ici. "Mais n'ayez crainte, cependant, car Moi, Gilderoy Lockhart, Ordre de Merlin, Troisième Classe, Membre Honoraire de la Ligue de Défense Contre les Forces du Mal, cinq fois lauréat du prix du Sourire le plus Charmeur de Sorcière Hebdo, et Professeur de Défense Contre les Forces du Mal adoré de Poudlard, vous garderai aussi sains et saufs que si vous vous trouviez dans les lits de vos dortoirs!" A leur expression, il pouvait dire qu'ils auraient vraiment souhaité être dans leurs dortoirs et dans leurs lits – de préférence sous leurs couvertures! Ils étaient trop effrayés ne serait-ce que pour lever les yeux au ciel à sa ridiculement longue auto-description. Ah, enfin, en avant!

Une minute plus tard, ils s'approchèrent du mur bloquant le tunnel. Dessus, comme Harry s'en souvenait, se trouvaient deux serpents entrelacés avec des gemmes vertes en guise d'yeux qui semblaient tourner pour observer le moindre de leurs mouvements.

"Contemplez," Gilderoy vit un grand geste dramatique du bras, posant devant eux. "La Chambre des Secrets!" entonna-t-il dramatiquement.

Harry déglutit audiblement. Hermione émit un faible gémissement.

"Il n'y a vraiment rien à craindre, mes enfants," dit le sorcier d'un ton réconfortant. "Le Basilic est assoupi et complètement inoffensif pour l'instant, et Moi, Gilderoy Lockhart, et cetera, et cetera," dit-il, "suis là pour vous protéger." Il se tourna vers Harry. "Maintenant, Harry, écoute-moi attentivement. Lorsque je te donnerai ce signal," il pointa l'index de sa main droite vers le garçon, "je veux que tu dises 'ouvre' aux serpents gravés dans le mur. Il s'ouvrira en deux par le centre. Je regarderai dans la Chambre pour voir si le Basilic se trouve dans son antre ou juste derrière. Si le Basilic n'est pas dans la Chambre, toi et moi entrerons à l'intérieur. Lorsque je te donnerai ce signal," il pointa à nouveau le garçon, mais cette fois en utilisant l'index et le majeur de sa main droite écartés en une forme de 'V', "dis d'une voix forte, 'Parle-moi, Serpentard, le plus grand des quatre de Poudlard'. Compris?" Les signes de main les empêcheraient de remarquer sa voix trembler lorsqu'il serait temps de passer à l'action.

Harry passa sa langue sur ses lèvres, et hocha nerveusement la tête.

"Essaye d'abord une fois, Harry."

Il le fit.

"Puis tu te retourneras et remonteras le plus vite possible jusqu'ici et tu fermeras la porte. Toi et Hermione attendrez ici jusqu'à ce que je vous crie d'ouvrir les portes, et alors seulement tu pourras les rouvrir en disant 'ouvre', d'accord?"

Le garçon acquiesça avec réticence.

Gilderoy lui fit répéter la phrase d'appel plusieurs fois jusqu'à ce que ce qu'il la dise parfaitement.

"Enfin – écoutez attentivement, tous les deux – si je ne vous signale pas d'ouvrir les portes après un laps de temps raisonnable, disons dix minutes, allez trouver le Directeur!"

Après avoir échangé un regard, ils hochèrent tous les deux la tête craintivement.

"Excellent." Gilderoy sortit une paire de lunettes qu'il avait fabriquées. Il avait utilisé quatre prismes à angles droits, chacun aussi long que la distance du bout de son pouce jusqu'à son petit doigt lorsqu'il écartait ses doigts le plus possible, et les avaient arrangés en un double périscope, l'un inversant l'autre.

Si le fait de voir un simple reflet réduisait le regard mortel du Basilic à une simple pétrification, alors utiliser quatre réflexions devrait le rendre inoffensif. Le premier prisme réfléchissait dans le deuxième, le deuxième réfléchissait dans le troisième, le troisième réfléchissait une dernière fois dans le quatrième, qui renvoyait l'image dans ses yeux. Il avait utilisé la magie pour modeler les quatre prismes en une paire de lunettes de laboratoire seulement épaisse d'un huitième de pouce (environ 3 mm). Les lunettes avaient une apparence relativement étrange avec les deux prismes supérieurs qui cachaient ses sourcils, mais elles fonctionnaient juste comme il fallait. Comme protection additionnelle, les prismes ne réfléchissaient que la lumière rouge et les infrarouges (aussi connus sous le nom de 'chaleur'). Tout le reste était ignoré, ce qui voulait dire qu'il ne voyait rien d'autre que les rayons de chaleurs, et la lumière rouge, convertis en une plage de vision normale.

Les scientifiques moldus avaient découverts, savait Gilderoy, que plus haute la fréquence était prise dans la lumière, plus de dégâts celle-ci pouvait vous faire, ce qui expliquait pourquoi les gens utilisaient de la crème solaire à la plage pour se protéger des rayons ultraviolets (au-delà des bleus). Gilderoy assumait que le regard mortel du Basilic tenait d'une situation similaire. Dans le pire des cas, les réflexions seules suffiraient à le protéger. Il l'espérait.

Cela avait demandé du temps pour s'y habituer, puisque tout était en nuances de rouge, mais elles fonctionnaient. C'était tout ce qui importait. Le fait qu'elles fonctionnent de la façon qu'il voulait, cependant, était une toute autre histoire.

Il les mit sur son nez et prit une profonde inspiration. C'était l'heure du spectacle, mais d'un bien différent de ceux dont il avait l'habitude. Il pointa son doigt vers Harry.

Harry siffla en direction du mur.

Il enregistra la commande du garçon sur un autre cristal. Si le mur était insonorisé, il ne voulait pas se retrouver piégé dedans!

Le mur se sépara en deux, glissant lentement ouvert, accompagné par le son de la pierre raclant contre la pierre, le sol tremblant légèrement. Pendant ce temps, Gilderoy fit signe aux élèves effrayés de se déplacer contre l'un des murs de la pièce, puisque celui devant eux était celui qui bougeait. Ils ne pouvaient pas voir dans la Chambre. Lui, d'un autre côté, examina prudemment l'intérieur au cours de l'ouverture.

Il se tenait à l'extrémité d'une très longue pièce faiblement éclairée. Des piliers de pierre imposants gravés de serpents entrelacés s'élevaient pour supporter un plafond qui disparaissait dans les ténèbres, projetant de longues ombres noires à travers l'étrange atmosphère verdâtre qui emplissait l'endroit. Il n'y avait pas le moindre signe du serpent. La Chambre était exactement telle qu'elle avait été en son temps.

Il s'avança précautionneusement entre les colonnes serpentines. Chacun de ses pas prudents résonnait bruyamment contre les murs indistincts. Les orbites vides des serpents de pierre semblaient le suivre. Il pouvait entendre des gouttes d'eau tomber au sol, émettant un écho inquiétant. Cela donnait autant la chair de poule que dans ses souvenirs. "C'est… c'est splendide! Encore mieux que je ne m'en souvenais," chuchota Gilderoy pour lui-même.

A la dernière paire de piliers, une statue aussi haute que la Chambre elle-même se profilait, positionnée contre le fond du mur. Salazar, songea Gilderoy qui avait penché la tête sur le côté, était tout aussi laid que dans ses souvenirs: un visage particulièrement vieux et simiesque, avec une longue barbe clairsemée qui tombait presque jusqu'au pied des robes de pierre du sorcier, où deux énormes pieds gris se tenaient sur le sol lisse de la Chambre. Quelqu'un plutôt imbu de soi-même, apparemment, se dit Gilderoy. Et il pouvait apprécier cela! Il considéra à quel point une telle statue paraitrait imposante dans le hall d'entrée de son Manoir.

Le sorcier se tourna et retourna vers les enfants. "Okay, Harry, Hermione, il n'y a pas de dangers, vous pouvez entrer," appela-t-il.

Les deux jetèrent un coup d'œil à côté du décrochement qui marquait le mur rétracté.

Il leur fit signe de venir, souriant et exsudant la confiance. "Venez, venez voir!"

Non sans une bonne dose d'effroi mêlé d'admiration, les deux élèves se glissèrent prudemment dans la Chambre.

"Notez les piliers et comment les yeux perturbant des serpents semblent vous suivre tandis que vous approchez," dit-il.

Les deux se blottirent l'un contre l'autre lorsqu'ils l'eurent rejoint.

"Venez, venez voir ça," dit-il, se comportant comme un guide touristique de Londres, "Par ici." Il réprima l'envie d'adopter une marche à petits pas maniérés et de rouler des hanches – ils étaient bien trop effrayés pour apprécier les aspects comiques de sa théâtralité, à ce point.

"Voici," dit-il en arrivant à l'extrémité des colonnes, "Salazar Serpentard. Pas vraiment d'une exceptionnelle beauté, notre ami, ne pensez-vous pas?" Gilderoy secoua la tête. "Il aurait vraiment dû utiliser quelques sortilèges de beauté avant de poser pour cette monstruosité!" Et il mentionnerait ces sortilèges dans son livre, bien sûr!

Ils observèrent les alentours avec surprise, se séparant graduellement et examinant les colonnes de plus près.

"Très bien, mes chers," dit joyeusement Gilderoy. "Voilà ce que nous allons faire. Hermione, s'il te plaît, retourne dans le corridor à l'extérieur des portes." Il lui donna une écharpe opaque. "Mets ceci sur tes yeux lorsque tu seras là-bas et fais face au mur." Il se tourna vers l'autre Gryffondor. "Harry, je veux que tu restes avec moi et lorsque je te donnerai le second signal, dit 'Parle-moi, Serpentard, le plus grand des quatre de Poudlard', comme à l'entraînement. Bien, vas-y Hermione." Il fit un petit signe pour lui faire signe de partir. Elle s'éloigna d'un pas rapide. Gilderoy guida Harry et les deux la suivirent jusqu'à environ un tiers du chemin avant de s'arrêter.

"Okay, Harry," Gilderoy s'accroupit pour être à hauteur d'yeux du garçon. "C'est important, Harry. Immédiatement après avoir dit ce qu'il faut, aussi fort que tu le peux, je veux que tu marches – ne cours pas, je ne voudrais pas que tu trébuches dans la précipitation – et que tu rejoignes Hermione. Ensuite, ferme la porte en disant 'ferme' en Fourchelang. Rappelle-toi de penser à un serpent lorsque tu le dis. Compris?"

Harry, les yeux ronds, acquiesça.

Gilderoy lui sourit, "Très bien Harry. Prends une profonde inspiration, expire, et…"

Harry fit comme demandé, Gilderoy vérifia qu'Hermione n'était pas en vue, et lui donna ensuite le signal.

La voix un peu tremblotante, Harry siffla assez bruyamment tandis que Lockhart enregistrait à nouveau le garçon.

"Excellent," s'exclama Gilderoy, "Voici une écharpe, maintenant en marchant!" et il donna une pression dans le dos du garçon.

Harry n'eut pas besoin qu'on le lui redise deux fois et s'éloigna rapidement. Pour une fois, il y avait un adulte sur place qui semblait prendre en charge la situation. Pas comme ses aventures des dernières années!

Pendant ce temps, le gigantesque visage de pierre de Serpentard avait commencé à bouger, la pierre raclant contre la pierre bruyamment. Gilderoy pouvait sentir le sol sous ses pieds vibrer légèrement à ce mouvement. Sa bouche s'ouvrait de plus en plus grande, révélant un cratère obscur. Et quelque chose remuait à l'intérieur de la bouche de la statue. Quelque chose ondulait dans ses profondeurs.

Gilderoy fixait, fasciné, cette vision grotesque. C'était, véritablement, assez perturbant, et pour une variété de raisons. Merlin soit remercié du fait qu'il ait été trop terrifié la fois précédente pour la remarquer, ou le symbolisme phallique aurait pu le traumatiser à vie!

Gilderoy se passa la langue sur les lèvres. C'était la partie désagréable, c'était la partie risquée. Il observa à travers ses lunettes le serpent sortir de ce trou. Derrière lui, le sorcier pouvait entendre le mur de pierre se refermer lentement, ajoutant ses légères vibrations à celles du sol. Bien, les enfants étaient en sécurité.

Il s'était préparé, au cas où tout partirait en sucette. Le parchemin sur le bureau de ses appartements avaient des informations détaillées sur la localisation des horcruxes restants ainsi que sur comment les détruire. La lame gobeline imbibée de venin de Basilic se trouvait avec. Dobby avait pour ordres stricts de les amener à Madame Bones dans l'éventualité où Lockhart mourrait, et de garder Harry et Hermione en sécurité quoi qu'il arrive.

Il n'y aurait pas de vagabondages dans les bois tandis que des milliers de personnes mourraient pour rechercher vainement ces viles choses.

Similairement, à moins qu'il ne les contacte, une lettre confiée à Tondeur, Truand et Cogneur serait envoyée à Madame Bones deux jours plus tard détaillant les qui, quoi, quand, où et pourquoi de Croûtard et Peter Pettigrow. Et les avocats commenceraient les démarches pour faire libérer Sirius.

Le sol trembla lorsque le serpent massif le frappa.

Les yeux du Basilic scintillèrent et Gilderoy ressentit un choc lorsqu'ils se posèrent sur lui. Il essaya de ne pas regarder directement les yeux de la créature, malgré ses lunettes. La créature siffla telle le Poudlard Express se préparant à partir. Il pensait se souvenir que le serpent était grand, sainte mère de Dieu, cette chose était colossale! Il était temps de se magner.

Il mit la main dans sa poche, en sortit un bloc de bois et le laissa tomber par terre. Dès l'instant où il quitta sa main gauche, sa baguette jaillit hors de son holster et il la saisit. Il s'écria, "Finite Incantatem", tout en visant le bloc, maintenant plusieurs pieds derrière lui tandis qu'il courrait le long de la chambre vers le mur clos.

"Cot!" cria le coq surpris qui venait d'apparaître.

'Okay, maintenant chante fichu piaf!' pensa Harry. Le vendeur lui avait garanti que ces coqs chanteraient. Ils avaient certainement fait suffisamment de bruit quand il les avait achetés!

Avant que le coq ne puisse le faire, cependant, le maudit serpent lui glissa dessus, ne le remarquant même pas alors qu'il réduisait le volatile en une tâche au sol.

"Bordel!"

Harry fila en direction des colonnes tandis que le serpent le suivait de près.

Merlin soit loué, Harry avait décidé de se procurer plus d'un coq! Le sorcier tira un second bloc et le laissa tomber. Une nouvelle fois, il lança le Finite, relâchant un autre coq. Celui-ci émit un "Gwok?" Merlin seul savait pourquoi, mais il se retourna et courut tout droit vers le Basilic juste au moment où le serpent ouvrait sa bouche pour siffler. Le serpent referma d'un coup sec sa gueule par réflexe en sentant quelque chose toucher sa langue.

Harry avait été témoin de la scène, "Oh, sérieusement!" Il passait colonne après colonne. Le serpent était sur ses talons. Il commença à louvoyer entre les colonnes. Il voulait désorienter la bête. Elle ne semblait pas facile à embrouiller, malheureusement. Mais cela parvint tout de même à la ralentir puisqu'elle se retrouva à serpenter autour des colonnes.

Il s'arrêta entre deux colonnes. Il était temporairement hors du champ de vision du serpent. Il sortit un troisième bloc. Il le laissa tomber tout en s'éloignant nerveusement. Le serpent devrait apparaître d'un instant à l'autre. Il lança un Finite. Il valait mieux que ça marche, il n'avait pas un nombre infini de coqs!

Le coq apparut et observa les alentours silencieusement, n'émettant qu'un faible, "Côôôô?"

La tête du Basilic apparut sur le côté de la colonne.

"COUÂC!" Le coq avait d'excellents instincts et un projet stupide. Il battit des ailes désespérément, essayant de gagner de l'altitude.

Le serpent ouvrit sa bouche pour frapper Harry. L'oiseau vola tout droit dedans.

"Oh, pour l'amour de Merlin!" Le sorcier esquiva derrière une colonne et courut. Il avait atteint l'extrémité de la Chambre et était arrivé à court de colonnes. Il traversa la Chambre vers l'autre côté, jetant un Reducto au serpent pour le décourager. Il ne prit même pas la peine de l'éviter, à la place il se contenta de légèrement tressaillir.

Il sortit son quatrième bloc. Il le laissa tomber tout en se cachant derrière un pilier. Le coq se contenta de fixer, en clignant des yeux.

Gilderoy jeta un autre Reducto vers les yeux du serpent. Il recula, frémissant lorsque le sort rebondit sur les écailles entre ses yeux. Gilderoy fila vers la rangée de pilier, dans la direction opposée. Il jeta un coup d'œil en arrière juste à temps pour voir une pluie de rocs tomber sur son coq. Son Reducto qui avait rebondi sur le serpent. Il avait atteint le plafond, causant la chute de trois ou quatre dalles de pierre.

Il vociféra quelques jurons. Harry sortit encore un autre bloc, et suivit ça d'un Finite. Il continua à fuir parmi les piliers et recommença à louvoyer entre eux. Il venait d'en passait un juste lorsque le serpent passa celui de derrière. Le coq l'aperçut pour la première fois. Il vacilla un instant, et puis tomba en avant avec raideur.

"Arrgg!" tonna Harry en voyant que ce putain de coq s'était soit évanoui soit il avait eu une crise cardiaque, probablement le second. Il reprit une nouvelle fois sa course effrénée.

Il sortit son dernier bloc, et lança un autre Finite. Par Merlin, il avait pensé qu'il faisait preuve d'un pessimisme ridicule lorsqu'il avait acheté six coqs, mais tout de même! Cette fois-ci, il conserva le bloc en main lorsqu'il redevint un coq. Il le fixa tandis qu'il le fixait. "Allez, espèce de fichu piaf, chante."

"Rôôô?"

"Chante, putain!"

"Côak!"

"CHANTE, MAUDIT VOLATILE OU TU SERAS AU DINER!"

Il laissa tomber l'oiseau et pointa sa baguette sur lui.

Il le regarda d'un air de reproche, battit des ailes, tendit son coup, et lança "Cocorico!"

Le Basilic siffla à nouveau comme une locomotive à vapeur.

Le coq sauta trois pieds en l'air. Il retomba au sol et détala à une vitesse qui aurait rendu fier un Géocoucou. (2) Il disparut parmi les colonnes.

(2) "Roadrunner", comme son nom l'indique (en anglais) il s'agit d'un oiseau coureur de petites tailles, capables de courir à une vitesse de 30 km/h sur de longues distances. Originaire d'Amérique du Nord.

"Reviens ici espèce de lâche!" beugla Harry. "Fichu oiseau de mes deux." Il le vit disparaître. "Bon, et merde." Il posa ses poings sur ses hanches. "Et c'était mon dernier coq en plus. Et un coq conjuré ne fonctionnera pas."

Un bruit au-dessus de lui attira son attention.

"MERDE!" Il se jeta pratiquement à la suite du volatile tandis que la tête du Basilic fondait sur lui.

Il ne pouvait plus traverser la Chambre, le corps fichtrement long du serpent bloquait toujours le centre de la Chambre. Il esquiva sur la gauche tandis que le serpent allait sur la droite. Le sorcier parvint à revenir sur ses pas, derrière le serpent, le déroutant pendant un moment lorsqu'il ne réapparut derrière la colonne suivante comme il s'y attendait.

Il prit une profonde inspiration, "Fumseck!" tonna-t-il. "J'aurai besoin d'un peu d'aide par ici!" Rien ne se produisit, à part le serpent se rapprochant en suivant les vibrations de sa voix. Harry traversa la Chambre. Il fila vers l'autre côté, la tête du serpent se tournant pour le suivre, les anneaux de son corps toujours autour des piliers le ralentissant. "Fumseck! Amène-moi le Choixpeau!" Sa voix se brisa sur le dernier mot.

Toujours rien. Il continua à courir le long de la Chambre de l'autre côté des piliers. Ses poumons commençaient à brûler dû à l'effort. Il se jura intérieurement de doubler son régime d'exercice. Il lui faudrait bien plus d'endurance lors des prochaines années. Bien sûr, son endurance serait aussi utile avec les sorcières. Cela lui permettrait de se remettre en selle (3) – jeu de mot voulu, songea-t-il pour lui-même. Il lui faudrait en finir bientôt, il pouvait sentir ses cheveux s'imprégner de sueur, ses vêtements commençaient à coller à sa peau de façon peu confortable, et cela ruinait l'apparence parfaite qu'il avait cultivé.

(3) "That would make it easier to keep it up" : je ne pense pas avoir besoin d'expliquer le sens 'humoristique', et le second de "keep up" veut dire "continuer/poursuivre". Pas sûr que ma version du jeu de mot graveleux marche aussi bien.

Le Basilic le suivit. Il recommença à serpenter parmi les colonnes. Cela forçait le serpent massif à ralentir pour manœuvrer derrière lui. "Fumseck! J'ai besoin du Choixpeau!" Il commençait à être un peu désespéré.

Okay, peut-être qu'il devrait passer au plan C. Mais merde, c'était quoi le plan C? Parler à ce maudit serpent? Il n'avait même pas hésité avant d'attaquer! Soudain, il entendit le son léger d'une mélodie. Enfin!

Quelques instants plus tard, le phénix fondit sur Harry. Il laissa tomber le Choixpeau par terre tandis qu'il se posait sur un serpent de pierre proche. Le sorcier ramassa le chapeau et fonça à travers la Chambre. Il enfonça le Choixpeau sur sa tête, pensant furieusement "Epée! J'ai besoin d'une Epée! Pour sauver l'Ecole, j'ai besoin d'une Epée!" Il n'avait aucunes autres pensées. Gilderoy avait disparu, terrifié au point de se cacher dans les profondeurs de la psyché d'Harry.

Même s'il savait que cela allait se produire, le choc de quelque chose de très lourd et métallique frappa son crâne et lui fit voir trente-six chandelles. "Bordel, Choixpeau, tu aurais pu la rendre un peu plus légère!" Il vacilla tout en retirant le Choixpeau de sa tête, et en sortit l'Epée de Gryffondor. Il fourra le chapeau dans une de ses poches.

La distraction faillit causer sa perte. Le Basilic avait ignoré le pilier précédent. Il faillit l'avoir lorsqu'il arriva face à lui à la colonne suivante.

Temps d'arrêter de bayer aux corneilles.

Il fit une nouvelle fois demi-tour, utilisant les anneaux du serpent qui entouraient les colonnes pour l'aider à se cacher. Ceux-ci bougeaient à côté de lui tandis que le serpent tirait de plus en plus son corps hors des slaloms qu'il lui avait fait faire autour des colonnes. Il fixa l'Epée. Est-ce que cela allait être comme la dernière fois? Serait-il capable d'y parvenir une deuxième fois? Il espérait que Fumseck était toujours dans les parages.

"Cocorico! Cocorico!" Il y eût un formidable sifflement. "Cocorico! Cocorico!" Il y eût un puissant BOUM et le sol trembla. Seule sa respiration hachée et le son de goutte d'eau tombant brisaient le silence.

Harry s'en effondra presque sous le choc. "Oh merci Merlin!"

Il s'avança lentement jusqu'au mur, ne prenant qu'un instant pour jeter un coup d'œil à la tête du Basilic, qui reposait sur le côté, contre les colonnes. Sa gueule était partiellement ouverte. Ses yeux étaient dépourvus de la lumière qui les avait habités.

"Cocorico!"

OUF! Le Basilic était mort. Il retira ses lunettes et les mit dans sa poche. Il s'avança prudemment jusqu'à sa tête et examina ses crochets. Il prit l'Epée et la passa lentement le long du crochet le plus proche. Une fine ligne de venin clair apparut sur la lame avant de graduellement disparaître, absorbée par le métal.

Il s'arrêta un moment, réfléchissant, avant de sourire d'un air espiègle. Il posa comme s'il utilisait l'Epée pour attaquer le Basilic en un ultime effort de le tuer. Il utilisa prudemment un Sortilège d'Expulsion pour pousser l'Epée à travers le palais supérieur du serpent et jusque dans son cerveau tout en tenant la poignée. Il la tira ensuite lentement.

Il se retourna et commença à s'avancer vers le mur.

"Cocorico!"

"Ferme-la, maintenant!" s'écria Gilderoy. "Il est déjà mort, stupide poulet!"

En fin Janvier, après les révélations sur la Chambre des Secrets, il annoncerait avoir "découvert" l'Epée, et récolterait encore d'autres gros titres.

"Accio coqs!" Il fit disparaître ceux morts, puis transforma à nouveau celui en vie en un petit bloc de bois et le mit dans sa poche. Il s'assurerait qu'il aurait une longue et douce retraite tranquille dans l'une des fermes Potter, avec de nombreuses poules pour compagnie.

Il fixa l'Epée un moment, avant de hausser les épaules et de la garder à la main. Ce n'était pas important si les enfants la voyaient.

Il s'écria face au mur, "OKAY, HARRY, OUVRE LE MUR!"

Il attendit un moment. "HARRY, OUVRE LE MUR!"

Alors qu'Harry/Gilderoy était sur le point de crier une nouvelle fois, il y eût un bruit de raclement et le mur s'ouvrit.

Il sourit, las. Toute cette course l'avait plus épuisé qui ne l'avait pensé. "Regardez, les enfants. Gilderoy Lockhart, Ordre de Merlin, Troisième Classe, Membre Honoraire de la Ligue de Défense Contre les Forces du Mal, cinq fois lauréat du prix du Sourire le plus Charmeur de Sorcière Hebdo, et votre Professeur de Défense Contre les Forces du Mal adoré l'a encore fait! Un Basilic, Roi des Serpents, qui ne sera plus un danger pour qui que ce soit. Heh, je suppose que je devrais ajouter Pourfendeur de Basilic à mes accomplissements, pas vrai?"

Ils s'approchèrent et examinèrent le gigantesque serpent. Harry et Hermione observèrent le Basilic mort un long moment. Il les fit se tourner et regarder en direction de l'entrée tout en prenant une pose héroïque derrière eux, épée levée bien en vue avec triomphe. Hermione se racla la gorge. "Peut-être que nous devrions remonter, Professeur. Vous avez l'air épuisé."

Gilderoy la contempla. "Tu es une brave sorcière, Hermione. Harry est chanceux de t'avoir à ses côtés. J'avais une amie aussi loyale lorsque j'étais à Poudlard, je n'aurai jamais survécu sans elle. Je l'ai perdue au cours de la guerre." Pendant un moment, les larmes faillirent le submerger. Il prit une inspiration tremblante et lutta pour conserver son calme. Cette confrontation proche avec la mort, la première vraie fois pour Gilderoy, l'avait plus secoué qu'il ne s'y était attendu. Il ferait comme si les deux enfants n'avaient pas remarqué sa voix tremblotante et ses bras légèrement tremblants.

Il mit la main dans une de ses poches et en sortit un sac de soie. Il l'ouvrit et y glissa l'Epée de Gryffondor. Bénis soient les sortilèges d'expansion indétectable.

Il jeta un coup d'œil au jeune sorcier. "Harry, si tu sais ce qui est bon pour toi, ne perds jamais Hermione. Tu le regretterais pour le reste de ta vie."

Il les escorta hors de la Chambre. "Venez, retournons là-haut. Je voulais régler ceci tant qu'il n'y avait pas trop d'élèves à l'école qui auraient pu être blessés si quelque chose avait mal tourné. Je m'occuperai de ça demain. S'il vous plaît, gardez cela secret jusqu'à ce que je vous dise qu'il est sûr d'en parler. Okay? Il y a de nombreuses choses qui doivent être réglées d'abord, avant que nous puissions le révéler à quelqu'un d'autre."

Il utilisa sa magie pour placer un petit rebord de pierre le long de l'ouverture de la Chambre, empêchant le mur de refermer le tunnel. La remontée du tuyau jusqu'aux toilettes de Mimi prit bien plus longtemps que la descente. Une fois qu'ils atteignirent le haut, Gilderoy fit refermer l'entrée par Harry, enregistrant la commande au passage. Un Cacher-en-Pleine-Vue dessus éviterait que quelqu'un expérimente avec le robinet cassé. Les toilettes de Mimi deviendraient une attraction touristique majeure à Poudlard cet été, et dans le futur, et cela empêcherait que qui que ce soit, à part ceux qui le désiraient, ne trouvent la Chambre des Secrets avant ça.

Un autre Cacher-en-Pleine-Vue sur la porte des toilettes fournirait une protection temporaire additionnelle pour le secret.

"Merci pour votre aide. A tous les deux. Harry, Hermione, il nous faudra élaborer une histoire adéquatement excitante pour nos fans. D'accord? Si nous faisons paraître ça trop facile, ils ne croiront pas que nous ayons fait quelque chose de spécial. Réfléchissez-y ce soir, voulez-vous?"

Gilderoy laissa les deux et se dirigea vers ses appartements. Il prévoyait de faire un somme jusqu'au souper. Et de notifier à ses avocats qu'ils n'auraient pas à envoyer cette missive à Madame Bones. Il conserverait l'épée dans sa malle jusqu'à plus tard.


"Rita," s'exclama-t-il, en passant la porte d'entrée des Trois Balais, et il se dirigea vers la table où elle l'attendait. "Comment vas-tu en ce magnifique Mardi matin? Es-tu prête pour un autre scoop tel que tu n'en as jamais vu?"

Elle l'observa approcher avec les yeux plissés. "Un scoop?"

"Oui. Tu connais l'histoire derrière la Chambre des Secrets dont la localisation a été perdue et de son monstre, n'est-ce pas?" Il l'avait prévenue de faire quelques recherches sur le sujet, mais de garder le secret jusqu'à ce qu'il la recontacte.

Elle acquiesça.

"Bien, que dirais-tu de voir le monstre mort?" Est-ce qu'un enfant veut un bonbon?

Le reste de l'entretien se passa fabuleusement bien, du moins de ce que pouvait dire Gilderoy.

Alors qu'Harry n'avait pas vraiment voulu la couverture médiatique, Gilderoy l'avait convaincu qu'il s'agissait de la meilleure option pour gérer la situation, pour répandre le mot sur les capacités de Fourchelangue d'Harry au sein du public sorcier de la façon la plus positive possible. Le garçon, après moult encouragements de la part de Gilderoy, avait même fourni un souvenir de leur expérience depuis les toilettes jusqu'au mur d'entrée. L'image d'eux trois posant devant la tête du Basilic, son corps s'étendant sur le côté, garantirait un record de vente!

Harry/Gilderoy était pratiquement sûr que Rita était presque orgasmique à l'idée d'écrire une histoire sur comment le Survivant avait aidé l'illustre Lockhart à confronter et détruire la grande bête qui avait terrorisé les élèves et professeurs de Poudlard. Les détails exacts du combat, bien sûr, seraient divulgués dans son prochain livre, Braver le Basilic. (4)

(4) 'Burrowing with a Basilisk' en anglais. 'Burrow' voulant dire "creuser", "s'enfouir" ou même "se frayer un passage", il était un peu difficile (impossible) de traduire ça avec un sens similaire.

Il avait convaincu Rita que le meilleur moment pour publier l'article était Lundi, après Noël, les jours de fêtes seraient passés et rien ne serait prévu jusqu'au jour du Nouvel An, leur donnant une fantastique fenêtre de cinq jours pour en tirer tout ce qu'ils pouvaient. Lundi pour placer un teaser avec une image du mur fermé de la Chambre des Secrets et un point d'interrogation géant à côté des deux serpents en relief et une description de l'histoire de la Chambre, y compris la mort de Myrtle et l'expulsion d'Hagrid. Mardi pour mentionner le rôle important de Potter avec une photo d'eux devant le mur d'entrée, décrivant comment ils étaient arrivés jusque là. Mercredi pour l'histoire de ce qu'il s'était passé à l'intérieur de la Chambre, adéquatement exagérée. Jeudi pour plus de photos du serpent et de la chambre, et Vendredi pour les réactions. Quant à cette semaine? Ils pourraient faire passer des annonces spéciales par rapport à une histoire exclusive à Poudlard qui ébranlerait le monde des sorciers jusque dans ses fondations.

Et les articles contiendraient de nombreuses questions sur pourquoi le Grand Albus Perceval Wulfric Brian Dumbledore avait été incapable de résoudre ce mystère au cours des cinquante dernières années là où Gilderoy l'avait résolu si rapidement. "Je sais que je suis extrêmement intelligent, tout ce que vous avez à faire pour connaître mes exploits est de lire mes travaux publiés. Cependant, je trouve cela difficile à croire que je sois à ce point plus intelligent que le Directeur, qui a eu cinquante années pour investiguer la question," dit Gilderoy. "Et mes classes de DCFM l'avaient toutes déduit en moins de deux mois!" Ce qui donnerait vraiment une mauvaise image du Directeur. Et causerait aux lecteurs de se demander: 'à quel point Poudlard est-elle vraiment sûre, en fait?'

Dumbledore se retrouverait dans la merde jusqu'au cou. S'il admettait avoir su de quelle créature il s'agissait et où se trouvait l'entrée, alors pourquoi ne l'avait-il pas scellée pour protéger les enfants, au strict minimum? S'il ne connaissait pas la nature de la créature ou où se trouvait l'entrée, il paraîtrait incompétent! Les stocks de sympathie du public sorcier continueraient à chuter, en particulier parmi les parents d'élèves. Peu importe ce qu'il disait, sa réputation en souffrirait.

Oui, c'était un bon plan. Et avec ce bon Directeur présentement accaparé par la politique avec ses amis du Magennigaud et s'occupant du vide soudain que la chute de Malfoy avait créé, il ne remarquerait pas les Gobelins qui viendraient s'occuper de prélever les composants d'un assez grand Basilic.


Le coin des expressions désuètes:

« Bayer aux corneilles » (anciennement « Bayer aux grues » jusqu'au XVIIème siècle)

Cette expression est très souvent cause de fautes d'orthographes, dû à la rareté d'utilisation du verbe bayer souvent confondu avec le verbe bien plus courant bâiller.
Bâiller et bayer proviennent tous deux d'une même origine, du latin batare. Mais la ressemblance s'arrête là. Outre la différence d'orthographe, les deux mots ont un sens bien différent.
Bâiller, bien sûr, consiste à ouvrir la bouche sous l'effet de la fatigue, de la faim ou même de l'ennui. Ce mot implique la notion d'être entrouvert, mal fermé ou mal ajusté (on parle d'une robe qui bâille ou d'une porte entrebâillée).
Bayer, plus ancien, signifie "ouvrir tout grand". A cause des similitude entre les deux mots, le mot bayer à peu à peu perdu son utilisation, n'existant plus que dans l'expression Bayer aux corneilles, qui signifie "rêvasser", "perdre son temps à ne rien faire" ou "être perdu dans ses pensées".
Et finalement, pourquoi donc les "corneilles"? Au XVIème siècle, le terme "corneille" désignait aussi un objet insignifiant, sans importance, et exprimait donc une image de futilité.

T/N: Ce chapitre avait certaines des pires erreurs que j'ai pu faire depuis longtemps, vraiment... Merci Harry-Sterek-1968 pour me les avoir pointées.