Disclaimer : Je ne suis pas une femme, je ne suis pas riche ni n'ai jamais publié de livres. Suis-je J. K. Rowling? Même si l'avis de Schrödinger sur la question serait intéressant, la réponse est non. Cette fanfiction n'est pas non plus mon idée mais une traduction de 'Amalgum – Lockhart's Folly' (/11913447/) de tkepner. Merci à lui de me permettre de traduire ses textes!

T/N: Un chapitre où l'on se plonge dans les pensées de plusieurs personnages. Je ne vais pas vous mentir, ce chapitre m'a paru interminable à traduire. J'espère que la qualité de traduction reste quand même au rendez-vous!


Bien qu'il eût préféré une bien plus grande audience à Poudlard, savoir que tous ses élèves étaient chez eux à raconter des histoires de ses exploits à leurs parents rendaient cela plus facile à ignorer. Lire des informations sur le monstre tout en ayant leurs enfants vantant ses qualités boosterait sa popularité au-delà de tout horizon.

En fait, puisque c'était les vacances, c'était encore mieux que si l'école avait été en session!

L'attention qu'il attirait tout en escortant Hermione et Harry sur le Chemin de Traverse lui servait doublement, à la fois pour se faire voir (1) et aduler par ses fans tout en en fournissant simultanément une preuve visuelle de sa position de mentor pour le Survivant. Et cela alimentait aussi les rumeurs comme quoi les deux enfants étaient plus que des amis. La marche habituelle de cinq minutes prit presque une demi-heure. Le pauvre Harry semblait presque vouloir se fondre dans le sol pour s'échapper.

(1) 'Showing-the-flag' : Supposition du sens de cette expression, je n'ai trouvé aucune traduction pré-faite, juste une brève explication expliquant qu'il s'agirait d'une métaphore militaire. "Montrer / planter le drapeau", soit annoncer sa présence ou son intention, montrer sa force et son pouvoir.

Les Granger, les ayant rejoints devant le Chaudron Baveur, furent adéquatement impressionnés par Lockhart, ainsi que la nouvelle position de leur fille. Ses nouvelles robes étaient d'ailleurs des plus impressionnantes.

Ils avaient été choqués par les relevés financiers et documents de propriétés qu'ils avaient reçus par hibou d'Hermione le Mercredi précédent. Il s'était avéré que Lord Dagworth-Granger avait investi dans quelques affaires qui tournaient encore, ou qui avaient été reprises par d'autres compagnies qui avaient donc pour obligation de continuer à payer des dividendes. Il y avait un modeste dix milles gallions dans son coffre. Cela serait amplement suffisant pour renouveler les enchantements protecteurs de ses propriétés, si elle le souhaitait.

Gilderoy avait remarqué que, bien que les mains d'Hermione avaient conservé la majorité de leurs caractéristiques humaines, ce n'était pas le cas de ses ongles, qui ressemblaient plus à des griffes et étaient rétractables. Ses pieds, cependant, paraissaient bien plus félins. En fait, elle marchait sur la pointe des pieds, avec les talons levés. Cela la rendait un peu plus grande et lui donnait une démarche assez élégante par sa grâce quasi-féline, tandis que ses hanches avaient une façon de rouler presque exagérée et extrêmement attirante lorsqu'elle bougeait. Harry l'avait aussi remarqué et avait suggéré dans un chuchotement, lorsqu'ils étaient partis de Pré-au-Lard, qu'ils devraient prendre quelques photos de sa démarche pour sa thèse.

Gilderoy ricana. Hermione devrait s'habituer à ce qu'Harry regarde ses fesses lorsqu'elle marchait – sans parler de tous les autres élèves masculins. Et elle devrait sans doute investir dans quelques paires de chaussures à talons hauts pour expliquer pourquoi elle paraissait plus grande une fois que la transformation se dissiperait. Il avait déjà altéré ses chaussures actuelles en ce sens, pour l'habituer à porter des chaussures de ce genre.

Heureusement, la foule du Chemin de Traverse fut une distraction (2) suffisante pour que ses parents ne remarquent pas les changements de leur fille. Gilderoy prévoyait de rectifier cela durant la journée en lançant un Finite "accidentel". Il était sûr que Sirius s'en pisserait dessus de rire lorsqu'il verrait le souvenir dans une pensine.

(2) Je voulais écrire le verbe 'distraire' au passé simple ici, et j'ai eu un blanc. Impossible d'être sûr de comment il s'écrivait. Et donc, découverte pour moi, les verbes se finissant en –traire (distraire, extraire, soustraire, traire…)ne se conjuguent pas au passé simple. On en apprend tous les jours.

La première propriété d'Harry était une modeste maison mitoyenne de vingt pièces dans Londres. La deuxième était un manoir de quarante pièces et le terrain environnant dans le Pays de Galles. Cette résidence de campagne comptait un atelier de potions complet, une piscine, et une vaste bibliothèque dont il fallut littéralement traîner Hermione en-dehors. La propriété française était un autre manoir de quarante pièces, près de la Côte d'Azur, avec plusieurs centaines d'acres de vignes l'entourant. Les revenus des ventes de vin permettaient aisément de maintenir toutes les propriétés et leurs besoins. Et continuaient à faire croitre ses coffres. A la suggestion de Gilderoy, Harry donna aux Granger plusieurs caisses des meilleurs vins produits au fil des années, livrées chez les Granger par un elfe de maison.

Ce fut au repas de midi que Gilderoy commença à lentement dissiper le glamour. Ils étaient presque au dessert lorsque Mme Granger s'exclama, "Hermione! Qu'est-ce qu'il t'arrive?"

Hermione baissa les yeux vers sa main couverte de fourrure et lâcha sa fourchette, lançant à sa mère un coup d'œil stupéfait, les yeux ronds. M. Granger la fixait, les yeux tout aussi écarquillés.

"Ah," dit Lockhart nonchalamment, "Pas d'inquiétudes à avoir Mme Granger. Il s'agit juste du glamour de Lady Granger qui s'estompe. Je le restaurerai plus tard. Elle a eu un accident de potion mineur vers Noël qui l'a temporairement transformée en chatte." Il lança un sourire charmant aux parents surpris. "Plutôt fortuit, en réalité. Personne n'a jamais tenté une potion de transformation d'humain à chat, cela était considéré trop dangereux puisque la potion était conçue seulement pour celle d'humain à humain." Ses parents parurent encore plus mécontents à cette déclaration.

"Il s'agit d'une véritable opportunité pour la jeune demoiselle de se faire une réputation dans la communauté des potionnistes," poursuivit-il, souriant en coin à leur expression. "Premièrement, parce qu'elle n'est qu'en Deuxième Année et a pourtant réussi à préparer une potion normalement seulement enseignée aux élèves de Septième Année – dont la plupart ne parviennent jamais à la préparer convenablement." Il arqua un sourcil en les regardant, leur offrant un moment pour réaliser le talent de leur fille. "Deuxièmement, parce que la thèse qu'elle prévoit d'écrire à propos de sa transformation et de ses expériences sera véritablement révolutionnaire, dans un domaine que personne n'a jamais étudié." Il sourit fièrement, "Je m'attends à ce que son succès dans la préparation de cette potion des plus ardues lui offrira des opportunités qu'elle n'aurait jamais pu prévoir." Il s'appuya contre le dossier de sa chaise d'un air satisfait, comme s'il était responsable de cette prouesse.

"Par exemple, son Professeur de Potions, le Maître Potionniste Severus Rogue, a fait d'elle son assistante. Quelque chose qu'il n'a jamais fait auparavant." L'expression des parents se transformait lentement de l'alarme à la confusion alors qu'ils essayaient de saisir les implications en terme de danger et de gains. Et le fait que leur fille était une chatte!

L'expression d'Hermione était difficile à lire durant cette explication, mais ses émotions passèrent de l'horreur, à la fierté puis à l'embarras. Oui, il est possible de voir un chat rougir sous toute cette fourrure, découvrit Gilderoy.

Sa mère différa leurs desserts en décidant de traîner Hermione vers les toilettes pour "vérifier" l'état des choses. Son père se contenta de manger son dessert, secouant la tête périodiquement. Que ce soit pour s'éclaircir les idées ou à cause du choc, Gilderoy n'était pas sûr. Mme Granger revint avec une expression abasourdie, qui se transformait en un petit sourire par moments. Elle parvint même à paraître songeuse tout en observant son mari avec un sourire en coin. Elle n'arrêta pas non plus de caresser la fourrure de sa fille.

La propriété des Dagworth-Granger était un bâtiment bien plus modeste de quinze pièces avec un atelier de potions qui occupait le sous-sol tout entier. Malheureusement, bien que certaines potions se soient trouvées sous un sortilège de stase, la majorité avait été ruinée par le passage du temps. L'équipement, cependant, était dans un état parfait et Hermione pilla un set complet d'outils de préparation du stock présent pour l'utiliser à Poudlard. Si elle devait être l'assistante de Rogue, il lui faudrait avoir les meilleurs outils possibles! Encore une fois, ils durent la traîner hors de la bibliothèque. Elle eût néanmoins le temps de chaparder une copie d'une première édition pour le donner à Rogue.

Gilderoy avait eu raison, les enchantements protecteurs de la propriété Dagworth-Granger avaient un besoin urgent d'être améliorés.

La journée passa rapidement, et les parents d'Hermione s'habituèrent à voir leur fille-chatte, passant de divers degrés de stupéfaction jusqu'à ce que celle-ci se réduise graduellement à de la curiosité et de la fierté pour les accomplissements de leur fille. Avant qu'ils ne retournent à Gringotts, Lockhart restaura le glamour, et ils passèrent le reste de l'après-midi à examiner leurs finances. Ils décidèrent que vendre quelques livres choisis des biens des Dagworth-Granger, après les avoir copiés bien sûr, financerait sans problème l'amélioration des enchantements protecteurs; Ils laissèrent aux gobelins le soin d'arranger cela. Ils finirent en prenant le thé dans un restaurant moldu proche du Chaudron Baveur.


Le Directeur se trouvait dans son Bureau, fixant la pile de Daily Prophet qui reposait sur son bureau. Ce freluquet pompeux, cette fraude de Lockhart avait, d'une façon ou d'une autre, réussi à devenir un héros accompli à ses dépens à lui, Albus! Dumbledore savait que l'homme était un imposteur ; deux de ses connaissances avaient eu leurs souvenirs volés pour ses livres. Il avait découvert cela lorsqu'il avait remarqué que l'un des livres de ce voleur de souvenirs présentait des similarités troublantes à une histoire qu'un de ses amis lui avait racontée plusieurs années plus tôt. Lorsqu'il avait envoyé un hibou au sorcier en question, l'homme avait nié toute connaissance de cet évènement. Il se souvenait que Lockhart lui avait rendu visite, mais cela s'arrêtait là. Son autre ami lui avait rapporté une expérience similaire.

Un peu plus de recherches avaient révélé que le sorcier était purement et simplement un charlatan, toutes ses histoires étant basées sur les expériences d'autres personnes. Il avait volé leurs souvenirs par appât du gain! Ce qui semblait parfaitement correspondre au travail qu'il avait fourni lors de son temps en tant qu'élève à Poudlard, manquant de peu de rater tous ses sujets et n'apprenant que les choses qui le faisait bien voir par ses pairs.

Mais ça! C'était au-delà de tout ce qu'il aurait cru possible. Presque dès le premier jour, Lockhart s'était comporté différemment comparé à ce qu'il était par le passé. Bien sûr, il semblait toujours être la personnification d'une débauche d'égocentrisme, transformant la moindre conversation en une occasion de se vanter et de faire sa publicité. Mais il y avait aussi des moments de dissonance, où il se révélait surprenamment compétent.

Ses interactions avec Harry avait été risibles, semblant interpréter tout ce que le garçon faisait comme Harry essayant de copier sa célébrité. Et ses retenues avaient été tout aussi grotesques, composées de longues diatribes sur les livres et succès de Lockhart, et sur comment s'attirer les bonnes grâces des médias et du public. Mais ensuite avait eu lieu le Patronus de Neville Londubat. Jamais, de toute sa vie, le Directeur n'avait-il entendu parler de quelqu'un de si jeune réussissant à lancer ce sort. Et pourtant, Lockhart le lui avait appris, et avait prononcé un sermon particulièrement efficace sur la magie au passage. Complètement différent de son image.

Et puis il avait sous-entendu des tendances sadomasochistes de Ron. Lorsque cette idée avait été prouvée stupide, il avait suggéré que Drago et Ron étaient attirés l'un par l'autre, d'une façon ou d'une autre. Bien qu'il n'y ait rien eu de mal à de telles inclinaisons, les dégâts politiques à chacune de leurs familles, dans le cas où une rumeur sur l'association de ces deux garçons se serait propagée, auraient été incalculables. Et il était clairement évident que les deux n'étaient pas impliqués dans une relation romantique! Mais le dandy avait insisté et la rumeur s'était répandue.

Mais là où lui-même et Rogue pouvaient jeter un coup d'œil dans leurs esprits et savoir que les garçons se haïssaient, le reste du corps enseignant et étudiant ne possédait pas de telles assurances. Et des rumeurs de ces deux-là ayant une aventure auraient pu ruiner ses plans pour Harry – endommageant l'amitié de Ron et Harry tout en diminuant l'antagonisme entre Harry et Drago. Mais c'était quelque chose de si typique à dire de la part de Lockhart.

Mais son implication au sein de la Fondation Lily Potter était une autre histoire. Comment il avait pu convaincre le garçon de coopérer restait un mystère. Et que les gains aillent à des élèves de Poudlard lui amenait des articles favorables et présentait le garçon sous un jour positif pour le public. Ce qui était un problème. Il lui fallait garder le garçon isolé et dépendant de sa personne. Malheureusement, il ne pouvait objecter publiquement sans compromettre sa position de tuteur magique – les gens auraient demandé pourquoi il avait permis aux moldus de le maltraiter. Clamer qu'il n'était jamais allé voir comment il allait, et être incapable d'expliquer pourquoi il n'avait pas informé l'enfant de son héritage, aurait vu sa tutelle révoquée pour incompétence. Et cela aurait causé une guerre politique majeure puisque toute famille ayant du poids dans l'Angleterre magique aurait demandé sa garde et se serait battue pour cela! Le seul côté positif à cette situation était qu'il n'avait plus à s'inquiéter à ce que Malfoy mette la main sur le garçon. Et Narcissa semblait totalement inintéressée par le célèbre garçon.

Albus savait que Lockhart était impliqué d'une façon ou d'une autre dans la destruction des Malfoy. Depuis la troisième famille la plus riche de Grande-Bretagne à tout juste au-dessus des gens ordinaires représentait une chute incroyable de leur fortune financière en à peine quelques semaines. Comment Lockhart avait réussi ce coup était un mystère, mais, avant sa mort, Lucius avait insisté que l'homme l'avait dupé vers sa ruine à cause de Points de Maison – et cela ne faisait absolument aucun sens.

Et ainsi, son opposant préféré (3) au sein du Magenmagot avait disparu, laissant nombre de ses plans sens dessus dessous.

(3) 'his favourite foil' : je crois que le terme était aussi présent dans le chapitre précédent? Je ne trouve toujours pas le sens en cherchant sur internet, la traduction ici est donc ce que je suppose et comprends du sens général.

Et malgré son attitude bouffonesque, Lockhart parvenait à faire les gros titres! Accusant Drago de tentative de meurtre, avant d'emmener discrètement Harry se faire interviewer par Rita Skeeter. La mauvaise presse pour Dumbledore n'était pas quelque chose qu'il ne pouvait pas gérer, mais cela lui faisait perdre du temps à s'occuper de ces problèmes dérisoires et à rassurer ses partisans, en particulier ceux dont il était le moins proche.

Et puis l'abruti avait fini par trouver le Diadème perdu de Serdaigle. Cela était bon pour l'image de Poudlard, mais Rita avait réussi à tourner ça de façon à questionner pourquoi le grand Dumbledore n'avait pas trouvé le diadème avant! Comme s'il avait du temps à perdre à chercher des artéfacts inutiles comme celui-là. Il avait des choses plus importantes à faire.

Le fiasco avec ce journal maudit lui avait coûté le support des Weasley, peut-être irrémédiablement. Lockhart, anticipant ses actions, l'avait empêché de dissimuler les faits avant que qui que ce soit ne fasse attention. Et, bien que Dumbledore ait été un maître de la magie silencieuse sans baguette, le bout de celle de Lockhart, brillant déjà de l'éclat d'un sort, lui avait interdit la possibilité de toute réaction mis à part de reconnaître ce qu'il disait. Et, une fois donné, le serment l'avait empêché d'agir immédiatement pour conserver ses partisans les plus dévoués.

Leur fille n'avait pas été si gravement endommagée par la possession, mais son hésitation à l'assister lui avait encore aliéné les Weasley. Et leur avait fait remettre en question sa compétence. Cela prendrait du temps et des efforts pour retrouver sa position auprès d'eux, mais il y parviendrait. Quelques sortilèges de compulsion, un peu d'aide par-ci, par-là, et tôt ou tard ils retomberaient sous son contrôle. Mais durant ce temps, il se retrouvait sans leur support inconditionnel. Et chaque fois qu'il parlait avec Arthur de ce qui se passait au Ministère et au Magenmagot, le sorcier le gardait à une distance sceptique, questionnant ses raisons pour la moindre petite action proposée.

Alors qu'Albus avait commencé à réparer sa réputation blessée, Gilderoy avait à nouveau paru être un idiot oublieux et incompétent. Seulement… il avait fait preuve d'un talent assez remarquable de duelliste durant le premier rassemblement du Club de Duel. Le fait qu'il ait réussi à obtenir un rendez-vous avec McGonagall avait été une surprise, mais après tout, Dumbledore n'avait jamais compris la dynamique d'interaction entre sorciers et sorcières. Il pouvait aisément prévoir les actions de Voldemort. Des sorcières? Absolument pas.

Et maintenant ça. La Chambre des Secrets. Il avait cru que ce secret ne serait pas dévoilé. Personne d'autre ne savait où se trouvait l'entrée, ni la créature que la Chambre contenait. Les vantardises de Lockhart, prétendant connaître les deux, avaient été risibles, et il savait que le sorcier n'avait jamais été dans les environs des toilettes de Mimi, dans sa soi-disant fouille du château.

Mais maintenant? Lockhart l'avait trouvée, était entré et avait apparemment tué la créature! Dumbledore s'était déjà rendu à l'entrée ce matin-là, seulement pour la trouver toujours scellée mais en plus dissimulée derrière un Cacher-En-Pleine-Vue. Les photos du Daily Prophet prouvaient qu'il y était descendu.

Et les retombées des articles du Daily Prophet se poursuivaient sans relâche. Pas un jour ne passait sans que plusieurs Beuglantes n'arrivent, le rabrouant pour avoir mis en danger les étudiants par son inconscience! Même ses prétendus alliés gardaient leurs distances et avaient cessé de répondre à ses appels par Cheminette et ses hiboux. En l'affaire de quelques jours, il avait perdu presque tout son prestige et son influence.

Madame Bones avait été minutieuse, et qu'elle soit maudite pour être venu le trouver avant qu'il n'ait eu une chance de voir ses fichus articles du Daily Prophet. Seulement après l'interrogatoire, qui avait pris toute la matinée, avait-il pu voir une copie de ce torchon. Et il était alors trop tard, les gens avaient déjà commencé à en parler entre eux et à comparer leurs points de vue. Lorsque vint le Vendredi, il avait réussi à conserver sa position de Directeur mais seulement en promettant de renoncer à ses postes de Sorcier Président du Magenmagot et de Manitou Suprême de la Confédération Internationale des Sorciers. Et celle-ci n'avait précédé un vote pour le démettre de cette première fonction que de quelques heures.

Un coup fatal à son influence, qu'elle fut en Angleterre ou dans le monde. En particulier parce que tout le monde avait vu les reproches quant à sa façon de gérer Poudlard! Des imbéciles, tous autant qu'ils étaient. Ils ne comprenaient pas qu'être Directeur de Poudlard lui donnait le pouvoir de contrôler les futures générations du monde des sorciers. Il suffisait de voir comment il avait tout si magistralement arrangé pour devenir le sorcier le plus influent au monde, admiré par la quasi-totalité du monde magique! Il n'aurait pas pu faire ça s'il était simplement le Manitou Suprême ou le Sorcier Président – cela avait pris plusieurs générations pour convaincre les élèves de Poudlard de sa grandeur et cela avait conduit à sa reconnaissance en tant que Sorcier d'Etat renommé.

Et maintenant, voilà que cette fraude de Lockhart défaisait des décennies de travail en quelques jours. Enfin, les apparences étaient trompeuses. Bien que pour le public il ait perdu son influence, pour les grands pontes en coulisse il restait une force puissante, que l'on énervait à ses risques et périls. Il récupèrerait sa position au pouvoir, attendez seulement! Une décennie de plus et il aurait regagné ces positions perdues et serait même encore plus puissant.

Lockhart était un sorcier dangereux, se cachant derrière une façade d'incompétence dandyfiée. Le Directeur ne pouvait pas directement attaquer l'homme sans subir lui-même des dégâts – après tout, il l'avait engagé. Et voyez juste comment ce sorcier retrouvait des choses et sauvait des élèves!

S'il tentait une attaque à ce stade, de quelque sorte que ce soit, directe ou indirecte, cela pourrait être interprété comme de la jalousie ou une vengeance pour tout affront "perçu", et ne ferait que le blesser. Il lui faudrait attendre que le tollé retombe. Pendant ce temps, il lancerait des rumeurs par rapport aux souvenirs volés à d'autres sorciers et sorcières pour les livres du sorcier. Pour certains, cela ruinerait leur réputation, car après tout, quel sorcier ou sorcière voudrait que tout le monde sache qu'il ou elle avait été victime d'un imposteur et d'un charlatan? Mais c'était pour le Bien du plus grand nombre.

Dans tout le tapage et les tracas causés par le Basilic et l'examen en conséquence de ses actions, ou non-actions, il manqua les petites annonces ministérielles vers la fin de l'un des Daily Prophet déclarant que les Maisons Serpentard, Black, Gryffondor, Peverell, Gaunt et Potter avaient maintenant des Lords siégeant au Magenmagot.


Gilderoy attendait en-dehors de l'Infirmerie et observa Harry partir avec réticence. Le couvre-feu serait dans quelques minutes et Gilderoy savait qu'Harry prévoyait de se cacher dans une salle de classe et de revenir discrètement rejoindre Hermione lorsque Madame Pomfresh irait dormir dans environ une heure. Il ne s'agissait que de "caresses" inoffensives à ce stade – littéralement. Gilderoy savait grâce à sa légilimancie passive qu'Hermione aimait l'attention d'Harry, en particulier lorsqu'il lui grattait derrière les oreilles ou à l'arrière du cou. Elle ne savait, par contre, pas quoi penser de ce qu'elle ressentait quand il lui grattait la base de sa queue, mais c'était sans conteste agréable! Tout comme ses sentiments lorsqu'ils comparaient ses mamelles félines à sa poitrine d'origine. Elle s'était résolue à ne pas penser à ces sentiments, et ne faisait que consigner les résultats de leurs tests dans son journal.

Ils passaient le plus clair de leur temps dans l'Infirmerie, où elle lui parlait de sa famille et de ses vacances. Il ne lui avait dit que quelques minuscules fragments de sa vie chez les Dursley.

Harry/Gilderoy attendit qu'Harry soit hors de vue avant de retirer son sort de Désillusion et de se glisser dans l'Infirmerie. Il s'avança silencieusement jusqu'à son lit, caché derrière des rideaux pour lui donner un peu d'intimité. Il n'avait pas rendu ses pas silencieux, donc elle ne fut pas surprise lorsqu'il tapa poliment sur le coin de l'un des montants.

"Bonsoir, Professeur Lockhart," dit-elle, curieuse qu'il soit venu la voir.

"Bonsoir, Mlle Granger." Il l'examina dans la douce lueur des chandelles. Elle lisait un livre, bien sûr, se préparant pour les cours du lendemain. Elle retourna son regard d'un air interrogateur. Le glamour s'était dissipé, elle avait donc son apparence féline. Elle et Harry réappliquaient le glamour plusieurs fois par jour, cela leur servait d'entraînement pour quand les autres élèves reviendraient. Cela les fatiguerait de lancer ce sort, mais ce serait un bon exercice pour leur essence magique. Ils en ressortiraient tous deux plus forts que leurs pairs. Il espérait les voir le faire silencieusement et sans baguettes d'ici la fin du mois. Si quelqu'un la touchait avec un Finite et révélait accidentellement son apparence, ils prévoyaient d'expliquer ça comme étant une farce des jumeaux.

Il s'assit au bout de son lit pour lui faire face, ignorant la chaise présente. Il fit un mouvement discret de sa baguette et érigea un sortilège de Confidentialité autour d'eux. Maintenant, personne ne pourrait plus écouter, ou même ne réaliserait qu'il était en train de lui parler.

"L'avez-vous ressentis à l'instant, Mlle Granger? Vous devriez. Vous pouvez sans aucun doute. Cela viendra avec de l'entraînement. La prochaine fois que vous voyez quelqu'un lancer un sort, cherchez le ressenti qu'il produit sur votre peau. Certains sorts laissent même un goût dans la bouche, d'autres une odeur – résultat de votre cerveau essayant de décrire des sensations pour quelque chose dont il n'a aucune référence. La plupart vous donneront une impression comme si votre peau bougeait de façon très légère, vous permettant de dire ce qui a été lancé et d'où cela a été lancé. Au début, demandez à des amis de lancer les sorts sur vous pendant que vous avez les yeux fermés. Cherchez le ressenti de la magie. M. Potter le fait déjà instinctivement."

Elle hocha la tête, ses doigts s'agitant comme si elle voulait prendre en note ce qu'il venait de dire.

Il soupira, une pointe de jalousie le frappant. Pour toute sa célébrité et l'argent qu'il avait et aurait à l'avenir, il n'aurait plus jamais ce qu'Harry et Hermione avaient. Son Hermione lui manquait tant… Et McGonagall et Sinistra ne lui arrivaient pas à la cheville, même ensemble. La dévotion d'Hermione pour Harry n'égalerait jamais l'attention d'aucune autre sorcière pour Gilderoy.

D'un autre côté, s'il réussissait, cette Hermione et ce Harry auraient la vie qu'ils méritaient. Et avec sa Maison nouvellement découverte et ses Maisons à lui, ils auraient une vie intéressante. Pas aussi intéressante que celle d'Harry/Gilderoy, et même assez ennuyeuse en comparaison, songea-t-il. Mais une vie ennuyeuse était la vie qu'Harry avait toujours voulue. La vie d'Harry/Gilderoy serait un compromis, aucun des deux n'étant vraiment satisfait du résultat, mais préférable à l'alternative – en particulier après qu'il ait révélé au poseur pompeux, le Gilderoy Lockhart d'origine qui se trouvait dans sa tête, ce qu'il serait advenu de lui à la fin de cette année. N'importe quoi était mieux que d'être un éternel inconnu dans le Service de Lésions des Sorts de Ste Mangouste!

Il lui sourit d'un air taquin, "Ah, Mlle Granger, comme j'aurai souhaité que je sois de votre âge. J'aurai donné du fil à retordre à M. Potter. Vous en valez plus que la peine." Il étendit une sonde mentale passive pour lire ses émotions. Il voulait s'y prendre très prudemment, ses émotions à elle lui fourniraient le guide nécessaire.

Elle le fixa avec des yeux écarquillés, stupéfaite que quelqu'un puisse la considérer comme intéressante en ce sens, rougissant furieusement à l'idée que son idole puisse penser à elle ainsi.

"Oh, voyons, Mlle Granger, pensiez-vous vraiment que personne ne réalise à quel point vous êtes instruite et puissante? Vous comprenez les sorts plus vite que quiconque. Vous êtes toujours la toute première à lancer un nouveau sort. Et bien que certains soient plus puissants, savoir comment utiliser un sort correctement est mieux que d'avoir de la puissance brute dans nombre de situations. Et maintenant, vous êtes l'assistante du Professeur Rogue! Même M. Potter a remarqué!"

Elle lui jeta un regard incrédule.

"En parlant de M. Potter, au cas où vous ne l'auriez pas réalisé, et je pense que vous le suspectez, il est particulièrement épris de vous. Comme vous le savez déjà, il est plus que prêt à risquer sa vie pour vous. Plus grande dévotion est impossible. Et, en fait, il va venir vous rejoindre sous peu juste pour être avec vous, bien qu'il prétendra que ce n'est que parce que vous êtes amis et que vous êtes à l'Infirmerie, et non parce que vous lui plaisez."

Elle cilla, se contentant de le fixer depuis son lit. Lire son expression était difficile à cause de toute cette fourrure, mais au moins l'orientation vers l'avant de ses oreilles indiquait son attention pour ce qu'il lui disait. Ça, et ses émotions révélaient clairement son intérêt.

"Ce que je m'apprête à vous dire est dans la plus stricte des confidences. Je ne vous demanderai pas de serment, juste votre promesse que vous ne révèlerez pas ce que je vais vous dire."

"Bien sûr, Professeur Lockhart," dit-elle, les yeux brillants et rayonnante de fierté à l'idée qu'il puisse se confier à elle. Il était, après tout, son professeur préféré, surpassant même le Professeur McGonagall. Il était si bon enseignant, il se préoccupait de ses élèves, et il était un auteur accompli. Il avait même affronté le Basilic la semaine précédente! En tant qu'idole, il était parfait pour elle. Et elle était en admiration devant lui à un point… Mais elle savait aussi qu'il était un adulte et ne la verrait jamais comme quoi que ce soit d'autre qu'une enfant et une élève. Harry, d'un autre côté…

"Aimez-vous M. Potter?"

Elle baissa les yeux vers les draps de son lit, "Professeur Lockhart!" dit-elle, légèrement scandalisée et rougissant sans aucun doute. Elle se sentait certainement embarrassée que quelqu'un l'ait remarqué. Elle releva les yeux vers lui. Il était aisé pour la jeune sorcière de séparer son admiration pour le professeur de ce qu'elle ressentait pour son premier ami, qui avait risqué sa vie pour elle.

Il haussa un sourcil.

Finalement, elle répondit, "Oui," bien que d'une petite voix. "Mais juste comme un ami," ajouta-t-elle rapidement. Elle l'aimait plus qu'elle n'était prête à l'admettre, il pouvait le sentir.

Il lui fit un grand sourire, "Seriez-vous contre l'idée d'être sa petite-amie?"

Elle le fixa à nouveau, clairement prise dans un dilemme, un espoir méfiant se formant dans ses émotions. "Mais il ne me voit pas comme ça," dit-elle lentement en réponse.

"Oh, mais si."

Elle plissa les yeux, "Comment le savez-vous?" murmura-t-elle à moitié. Ses émotions tourbillonnaient, joie à cette possibilité, inquiétude qu'il se trompe. Et bien qu'elle respectât Gilderoy en tant que personne accomplie et auteur, Harry lui avait sauvé la vie! Et la traitait comme une personne normale.

Il prit une profonde inspiration et expira lentement. "M. Potter n'a pas eu une enfance facile."

Elle cilla, fronçant les sourcils à l'apparent changement de sujet.

"Sa famille, si vous pouvez l'appeler comme ça, déteste en fait jusqu'à sa simple vue. Ils l'ont maltraité, que ce soit émotionnellement ou autre."

Elle s'adossa à son oreiller sous le choc, de l'indignation présente dans ses émotions. Comment une famille pouvait-elle faire ça? Elle avait suspecté que tout n'était pas pour le mieux pour lui, mais de voir ça confirmé…

"Il ne comprend pas ce qu'est l'amour, ne l'ayant jamais vu ni n'en ayant eu l'expérience. La seule émotion qu'il sache montrer est la colère, émotion qu'il a amplement expérimentée. Songez à la façon dont il se raidit lorsque vous l'étreignez, comment il évite le contact direct avec les gens, comment il conserve une certaine distance entre lui et tous les autres.

"Si quelqu'un est à portée de main, il est assez près pour le frapper, alors il reste prudemment juste hors de portée. Pour lui, la proximité implique que la douleur va suivre.

"Vous et Mme Weasley êtes les deux seules à avoir jamais étreint ce garçon. Aucune mère aimante ne lui à jamais embrassé le front pour lui souhaiter bonne nuit, aucun père aimant ne l'a jamais complimenté pour avoir réussi quelque chose. Aucun parent ne l'a jamais pris dans ses bras et dit qu'il est aimé.

"A la place, sa Tante lui a toujours ordonné froidement d'aller se mettre au lit et son Oncle le réprimandait violemment parce qu'il avait de meilleures notes que son idiot de cousin. Rien ne bat le fait d'être frappé par une poêle à frire ou d'être roué de coups jusqu'à être incapable de tenir debout pour vous dissuader de faire vos devoirs ou d'avoir une meilleure note que votre cousin.

"Vous savez qu'il n'est pas stupide, mais il a été entraîné à ne jamais faire mieux que son cousin, et cette peur d'exceller s'étend maintenant à M. Weasley. Vous êtes une excellente élève que n'importe qui avec un brin d'intelligence utiliserait comme modèle de réussite, mais M. Weasley est paresseux, égoïste, jaloux. Et c'est ce qui fait que M. Potter se limite lui-même par réflexe – M. Weasley, même si sa jalousie l'a fait s'éloigner récemment. Harry a peur que s'il fait mieux, que s'il représentait un défi pour votre position de meilleure élève… hé bien, il est fermement convaincu que sa seule amie restante, vous, l'abandonnerait.

"Vous pouvez rectifier ça, si vous le voulez."

Sa bouche s'était entrouverte sous le choc.

"Il vous aime, mais il n'a aucune idée que c'est le cas. Il n'a aucune mesure à laquelle le comparer. Mais, vraiment songez-y, à quel point devriez-vous être proche de quelqu'un pour vous faufiler dans l'Infirmerie de nuit juste pour lui parler?

"Pour lui, apprécier [like] et aimer [love] n'ont que peu de sens, émotionnellement. S'il comprenait ce que c'est d'aimer quelqu'un, il vous dirait comment il vous aime. Malheureusement, comme vous avez pu le remarquer, il n'a absolument aucune capacité de socialisation. Son cousin y a veillé, faisant fuir et rouant de coups tous ceux qui faisaient preuve de gentillesse envers lui ou lui offraient leur amitié."

Les émotions d'Hermione tonnaient d'indignation.

"Vous êtes, littéralement, la première fille qu'il n'ait jamais eu comme amie, et il vous a plus parlé au cours du dernier mois qu'à tout autre filles, et garçons, qu'il ait jamais connu. Et vous n'êtes que la deuxième personne à jamais l'avoir accepté comme ami. Le premier était M. Weasley. Et donc il vous traite de la même façon qu'il traiterait un autre garçon, parce qu'il ne connait rien d'autre.

"Il sépare les gens entre ceux en qui il peut avoir confiance, et ceux en qui il ne peut pas. Il vous fait confiance comme à aucune autre personne. Et bien que M. Weasley soit son meilleur ami et qu'il lui fasse confiance, il sait déjà que le garçon est jaloux de sa célébrité et de son argent, alors il en minimise l'importance et cache les deux afin de ne pas perdre le tout premier ami qu'il ait jamais eu. Et vous pouvez voir à quel point cela fonctionne!

"Mais M. Weasley est une mauvaise influence sur M. Potter, vous le savez. Tirer au flanc sur le temps d'étude et de devoirs juste pour jouer aux échecs ou à la bataille explosive n'est pas une façon de devenir un sorcier ou une sorcière connus, mais c'est ce que M. Weasley, dans ça fainéantise, veut faire. Et donc, il tire Harry vers le bas, vers son niveau, en le distrayant de son travail scolaire. Et Harry, effrayé à l'idée de perdre son seul ami masculin, s'acharne à rester à ce niveau plutôt que d'exceller comme il le pourrait s'il faisait un peu plus d'efforts. Il est même resté silencieux face à certaines critiques de M. Weasley sur vous afin de conserver un certain équilibre avec l'autre garçon." Lockhart secoua sa tête tristement, "Je vous prie de le pardonner pour ces manquements."

Elle hocha à moitié la tête, ressassant ce qu'il venait de lui dire et voyant la vérité dans sa description de l'amitié de Ron et de son impact sur les études d'Harry. La colère contre ses proches et leur traitement d'Harry grondait toujours derrière.

"Ce que vous devez faire est l'éloigner (4) de M. Weasley en lui fournissant des raisons de rester avec vous, M. Londubat et Mlle Lovegood. Mais simplement lui dire qu'il faut qu'il travaille ne suffirait pas.

"Demandez-lui de vous apprendre à voler, et puis faites de ça une récompense pour bien avoir travaillé – vous passerez du temps avec lui à voler. Il vous en aimera pour ça, même s'il ne sait pas que c'est ainsi qu'on appelle ce sentiment."

(4) Le terme utilisé ici est en fait 'wean' qui signifie littéralement 'sevrer'.

Hermione hocha la tête. Sa peur de voler presque surmontée par son espoir d'être avec Harry.

Il lui sourit. "Je sais que vous n'aimez pas voler sur un balai, Mlle Granger, mais vous devriez voir cela comme une compétence nécessaire. Vous n'avez pas besoin d'être capable de faire une Feinte de Wronski, mais vous devriez pouvoir voler suffisamment bien pour échapper à une attaque d'un Sorcier de l'Obscur. Vous ne voudriez pas voir Harry mourir juste parce que vous ne savez pas voler avec un balai, n'est-ce pas?

"Et quant aux Sorciers de l'Obscur, souvenez-vous que Voldepute a possédé le Professeur Quirrell l'an dernier. La prochaine fois, il pourrait bien réussir à revenir, mettant toutes vos vies en danger. Un jour, être capable de voler décemment sur un balai pourrait bien vous sauver la vie à tous les deux, parce qu'Harry ne vous abandonnerait jamais volontairement."

Elle hocha à nouveau la tête, les yeux toujours ronds.

"En fait, Mlle Granger, je vais faire de cela un devoir de DCFM pour la classe. D'ici la fin du trimestre, je veux que vous soyez capable de voler suffisamment bien pour être Poursuiveuse de Quidditch! Ne pas arriver à voler suffisamment bien fera baisser votre note!" A son expression horrifiée et consternée, il ajouta, "Pour un rapide match improvisé, pas à un niveau professionnel ou d'équipe de Maison." Il fit une pause, "A moins que vous ne le vouliez, bien sûr.

"Et M. Potter sera ravi de vous aider avec ça. Il apprécie voler, considère cela comme une expérience réellement libératrice, où tous ses soucis le quittent. Observez juste son visage une fois lorsqu'il vole et vous comprendrez vite. Il joue au Quidditch pour avoir une excuse pour voler. Il ne réalise pas qu'il a le droit de voler quand il le veut.

"Je vous suggère de demander à M. Londubat et Mlle Lovegood de se joindre à vous, si M. Potter est d'accord, évidemment. Eux aussi auraient bien besoin de l'aspect pratique du vol sur balai. Dites-leur que j'ai suggéré qu'ils se joignent à vous."

Il s'interrompit et resta pensif un instant. "Enfin, il semble que nous soyons un peu sortis du sujet." Il lui sourit encore. "Ce que je veux vraiment vous dire est que, si vous voulez que M. Potter soit votre petit-ami, vous devrez lui dire qu'il est votre petit-ami. Il ne croira jamais qu'une fille puisse vouloir être sa petite-amie, alors il ne songera jamais à demander, peu importe à quel point vous rendez cela évident que c'est ce que vous voulez. Dans les matières du cœur, M. Potter est aveugle. Il ne tient qu'à vous de montrer à son cœur comment voir."

Elle plissa le front, mais l'espoir emplissait son cœur.

"Souvenez-vous, il n'a jamais vu aucun exemple de comment un véritable couple devrait interagir, et ses proches lui ont mis dans la tête, à force de coups, qu'il n'est pas suffisamment bien pour que quoi que ce soit de bien ou de bon lui arrive. C'est pourquoi il fait preuve de tant de témérité avec sa vie, fonçant là où d'autres auraient peur de faire un pas de plus – pour lui, sa vie vaut toujours moins que celle qu'il tente de sauver. Il a l'impression que personne ne le regretterait s'il venait à mourir, et pourtant lui serait bouleversé et mécontent si quelqu'un d'autre venait à mourir lorsqu'il aurait pu l'empêcher. Et il craint que tout le monde ne le blâme pour la mort d'un autre parce qu'il ne l'aurait pas empêché.

"Vous devez contrer cela en lui montrant que sa vie vaut tout autant que celle des autres. Montrez-lui qu'il a tout autant de valeur en tant que personne que qui que ce soit d'autre."

Elle acquiesça lentement, sa détermination évidente.

"Regardez attentivement son expression lorsque vous lui prendrez la main demain matin sur le chemin pour aller au petit-déjeuner, et dites-lui vous-même qu'il est votre petit-ami parce que seul lui est digne de cette position. Il essaiera de vous dire que vous vous trompez. Il ne comprendra pas pourquoi quelqu'un voudrait de lui en tant que petit-ami. Ne prenez pas un non comme réponse.

"Vous pouvez lui dire que s'il le veut, vous serez sa petite-amie jusqu'à la fin du trimestre, et qu'alors, s'il ne veut pas que ça continue, hé bien, vous pourrez juste arrêter d'un commun accord." Il pouvait sentir la pointe de terreur en elle lorsqu'il dit ça. "Mais cela n'arrivera pas à moins que vous ne le repoussiez par jalousie. D'autres filles se disputeront son attention, et vous rabaisseront, diront que vous ne lui convenez pas. En particulier lorsqu'elles découvriront ses titres de Lord.

"Elles seront jalouses de vous, alors ignorez-les. Et si quelqu'un, peu importe sa position ou son rang, vous dit de ne pas lui écrire durant l'été, ignorez-le. Ils essaient de faire croire à M. Potter qu'il n'a pas d'amis – vous souvenez-vous de ce que Dobby a fait à son courrier durant l'été? Et comment vous vous êtes sentie quand vos lettres n'ont pas eu de réponse?

"Peu importe ce que vous faites, ne croyez pas les rumeurs que vous pourrez entendre. Parlez-en toujours avec Harry d'abord. Souvenez-vous, il n'a aucune compétence sociale. Il pourrait faire une erreur, ou même dix, parce qu'il ne sait tout simplement pas, alors soyez prêt à lui pardonner.

"Cela sera particulièrement difficile compte tenu du fait qu'il soit à la tête de trois importantes Maisons et qu'il sera attendu de lui qu'il ait plusieurs épouses pour fournir des héritiers à ces lignées, ou d'adopter par le sang des enfants pour cette même raison. Et lorsque les autres sorcières entendront parler des autres Maisons, hé bien, vous aurez du pain sur la planche! A moins, bien sûr, que vous ne sélectionnez les autres petites-amies avant que quelqu'un que vous n'aimez pas ne s'impose. Peut-être Mlle Lovegood ou Mlle Weasley? Toutes deux sont impressionnables et vous n'auriez sûrement aucun mal à vivre avec elles. Et les créatures de Mlle Lovegood? Elle voit les auras, et aime apparemment donner des noms à certains phénomènes transitoires, l'enfant en elle les voit comme des créatures magiques à part entière. Ou peut-être sont-elles réellement des créatures de pure magie que seule elle peut voir, la vérité peut prendre bien des facettes.

"Mais, souvenez-vous, peu importe ce qu'il se passe, vous serez toujours la première dans son cœur."

Elle l'observait et l'écoutait attentivement.

"Hmm. Peut-être devriez-vous lui dire ce soir, lorsqu'il se faufilera ici pour vous rejoindre, que vous voulez être sa petite-amie. Un bisou sur la joue ne serait pas de trop. Peut-être même un bisou chaque matin lorsqu'il prend les photos de votre thèse. D'ici quelques temps, passez de sa joue à un rapide bécot sur les lèvres. Et un avertissement sur ce que les autres sorcières feront lorsqu'elles découvriront ses Maisons.

"Et vous n'aurez pas à vous inquiétez qu'il puisse profiter de vous, il sera bien trop terrifié à l'idée de ruiner votre amitié, ou de vous faire partir pour toujours. Alors, vous devrez initier les choses à chaque étape du chemin. Vous voulez l'embrasser sur les lèvres? Vous devrez l'embrasser en premier pour qu'il sache qu'il peut. Vous voulez qu'il vous serre dans ses bras? Dites-lui que ça vous ferait plaisir.

"Il n'a aucune idée de comment traiter une fille, alors vous devrez le guider dans ce domaine en particulier. Soyez patiente et laissez-le savoir que les vraies décisions dépendent de lui. Dites-lui aussi bien que, s'il se vante à ses amis de ces moments privés que vous avez ensemble, vous serez extrêmement déçue de son comportement. Toutes ces choses qu'il entend les garçons plus âgés raconter sur leurs petites-amies devraient être privées, et cela montre que ces garçons n'ont aucun égard envers leurs petites-amies. De plus, et très important, cela montre qu'ils ne sont pas dignes de confiance sur ces choses qui devraient rester secrètes. Assurez-vous de le lui pointer, de façon explicite.

"Croyez-moi, cela fonctionnera tant que vous prenez les rênes du côté émotionnel et le laissez faire ses propres décisions sur comment agir en conséquence. Utilisez des récompenses pour le faire s'améliorer à l'école. Ne donnez pas d'ordres! Utilisez beaucoup de "s'il te plaît". Et laissez-le partir avec Weasley lorsqu'il en sent le besoin, vous ne voulez pas le forcer à choisir entre vous et M. Weasley. Jamais au grand jamais d'ultimatum sur quoi que ce soit à moins que vous ne soyez prête à accepter qu'il puisse choisir contre votre avis, et donc à tout perdre à cause de vos fiertés respectives. Et assurez-vous que M. Potter sache quand M. Weasley vous dit quelque chose de blessant."

Il s'éloigna de l'Infirmerie, se dirigeant vers ses appartements. Il avait laissé Hermione dans un désordre d'émotions conflictuelles, peur que le professeur puisse avoir tort, espoir que ce ne soit pas le cas, furie envers les proches d'Harry pour avoir fait tant de dégâts à la vie du garçon, et détermination à faire ce qu'elle pourrait pour l'aider.

Harry/Gilderoy les surveillerait de près pendant un moment, aiguillant la sorcière si besoin, l'empêchant de devenir trop étouffante. Dans tous les cas, cela serait mieux que ce qu'il avait traversé avec Ron et Hermione dans son futur.

Et il avait eu raison, il avait reçu un certain nombre d'invitations à des fêtes célébrant la Nouvelle Année. Il assista gracieusement à plusieurs d'entre elles, passant de l'une à l'autre par Cheminette, avant que minuit ne sonne. Cela avait été une soirée très fructueuse, de l'avis de Gilderoy. Harry s'en était ennuyé presque à en pleurer.


Le coin des expressions désuètes:

« Payer en monnaie de singe »

Cette expression française évoquait à l'origine un paiement en nature, mais signifie plutôt aujourd'hui "utiliser une monnaie d'échange non convertible en argent" voire "ne pas payer".

Au XIIIème siècle, une taxe avait été mise en place pour avoir droit de passage du Petit-Pont qui relie l'île Notre-Dame au quartier Saint-Jacques à Paris. Cependant, Saint Louis avait accordé une exemption de paiement à toute personne ayant un singe faisant un tour ou une grimace à l'entrée du pont. Les montreurs de singes payaient donc "en monnaie de singe".

T/N 2: Merci Harry-Sterek-1968 pour rester fidèle au poste et continuer à me corriger depuis tout ce temps!