Disclaimer : Je ne suis pas une femme, je ne suis pas riche ni n'ai jamais publié de livres. Suis-je J. K. Rowling? Même si l'avis de Schrödinger sur la question serait intéressant, la réponse est non. Cette fanfiction n'est pas non plus mon idée mais une traduction de 'Amalgum – Lockhart's Folly' (/11913447/) de tkepner. Merci à lui de me permettre de traduire ses textes!

T/N: Le titre anglais de ce chapitre est "slight of hand", ce qui est un jeu de mot intraduisible : "sleight of hand" signifie "tour de passe-passe", mais "slight" peut vouloirs dire "léger", "minime" ou même "une insulte/un affront".

Bonne année à tous! J'espère que vous avez su échapper à la remontée actuelle de l'épidémie pour les fêtes… Sinon, je vous envoie tout mon soutien!


"Azkaban?" Elle était perplexe face à sa requête.

"Hé bien, Madame, comme vous le savez, deux membres de la Maison Black sont actuellement incarcérés là-bas. Un pour motif valable, l'autre non. Et je suis le Lord de la Maison Black. Il m'incombe donc d'aller voir les membres de ma Maison, nonobstant leur position sociale ou leur situation."

Les sourcils de Bones s'arquèrent. Elle dit, avec incrédulité : "Lord Black?"

Il lui lança un large sourire, leva languidement sa main droite, et fit apparaître l'Anneau de Lord de la Maison Black. Il tira ensuite sa baguette et la leva. "Je jure sur ma Magie et ma Vie que je suis Lord Black, de l'Ancienne et Noble Maison Black. Qu'il en soit ainsi. Lumos." Le bout de sa baguette brilla d'une lumière vive.

Elle se laissa aller contre le dossier de son fauteuil. "Hé bien, je dois dire que cela était inattendu. Comment? Et pourquoi?"

Il lui renvoya son regard. "C'est une histoire longue et compliquée qui, je suis sûr, vous laisserait incrédule. Et je n'ai découvert la situation que par accident en montrant à M. Potter comment les gobelins procèdent à une Recherche d'Héritage après qu'il ait réalisé la sienne. Je m'attendais honnêtement à 'aucun résultat'." Elle hocha la tête d'un air compréhensif, et un sourire flotta sur ses lèvres. Ah, oui, réalisa-t-il avec une certaine satisfaction, elle avait bien entendu parler des quelques titres de Lord dont Harry avait hérité.

"Une sacrée surprise, je vous le dis! Mais bien réelle, ou je n'aurais pas pu porter l'anneau. Je suis déjà passé visiter la maison du 12 Square Grimmaurd, et j'ai discuté de plusieurs choses avec l'elfe de maison des lieux."

"Incroyable," répondit-elle. Elle secoua la tête avant de retourner son regard vers lui. "Azkaban?"

"Oui. Je veux que Sirius soit transféré de la Section de Haute Sécurité de la prison à celle de la plus basse sécurité, si ce n'est à une cellule de détention provisoire ici, au Ministère, pendant que mes avocats s'occupent de sa remise en liberté. Nous savons maintenant que Peter Pettigrow n'est pas mort il y a onze ans, ce qui remet en doute toutes les présomptions faites lors de son arrestation. Ajoutez à cela que Sirius n'a jamais été interrogé, et encore moins accusé ou condamné pour ce crime, et vous contemplez un désastre colossal pour les relations publiques du Ministère. Sans compter les indemnisations dues pour avoir malmené de façon aussi éhontée un Descendant de la Maison Black."

Elle le fixait à nouveau d'un air ébahi.

"Vous comprenez, si le Ministère peut faire arrêter le Descendant d'une famille aussi importante et Noble Maison, et le mettre sous les verrous sans preuve ni procès, ou même sans charges officielles, qu'est-ce qui les empêche de faire pareil pour le fils ou la fille de n'importe quel autre membre du Magenmagot, ou même votre nièce?" Il lui laissait savoir, en des termes les plus simples possibles, la stratégie qu'il poursuivrait pour faire libérer Sirius. "Il est vrai qu'une guerre était en cours, mais après cela? Quelle est l'excuse pour ne pas avoir passé en revue les preuves pour s'assurer que ceux envoyés à Azkaban n'étaient pas des innocents capturés au mauvais endroit au mauvais moment?"

Et il savait qu'elle pouvait voir combien une telle stratégie serait efficace – à la fois les Maisons Obscures et Lumineuses s'uniraient pour défendre leur fils et filles de ce qui était arrivé à Sirius une fois qu'ils réaliseraient combien ils étaient vulnérables. Nul Ministère, qu'il soit de la Lumière ou de l'Obscur, ne pouvait se voir accorder de telles largesses de pouvoir.

En utilisant sa célébrité en tant que Lockhart et l'énorme puissance politique de la Maison Black, il s'assurerait que le Daily Prophet ne dissimulerait pas la situation au public. Rien que leurs intérêts personnels forceraient les membres du Magenmagot à abandonner le Ministre et tous ceux qui se tiendraient à ses côtés.

Il laissa passer un moment et sourit sombrement. "Le Ministère et le Ministre vont devoir traverser des moments difficiles. Si vous maintenez le statu quo, vous ne mitigerez en rien votre portion du blâme. Les Nazis ont prouvé combien le "je ne faisais que suivre les ordres" est inefficace comme défense. Transférer Sirius et lui fournir l'assistance médicale dont il a besoin aidera à montrer que vous ne saviez rien de la situation réelle, et que vous avez agi en toute bonne foi. Aux yeux du public, vous apparaîtrez tel un administrateur impartial de la justice. Après tout, si vous établissez sa culpabilité, alors rien ne sera perdu. Mais si vous découvrez qu'il est innocent, et que pourtant vous n'avez rien fait pour l'aider tout ce temps…

"Je ne suis pas du genre à dire aux autres comment gérer leur Département, mais si j'étais vous, j'enverrai immédiatement des Aurors questionner M. Black sous Veritaserum pour établir la vérité. Après onze ans dans cette épouvantable endroit, je suis sûr qu'il est incapable d'avoir le cran ne serait-ce que de tenter de résister à la potion."

Elle paraissait à présent songeuse.

"D'ailleurs, de par son statut de parrain pour Harry James Potter, n'aurait-il pas été impossible pour lui d'agir d'une façon constituant une menace pour Harry et ses parents? Son serment aurait dû le tuer, s'il avait vraiment eu l'intention de livrer le fils de Lord Potter à Voldepute."

Il lui accorda l'un de ses larges sourires, montrant ses dents parfaites.

"Donc, avec cela à l'esprit, j'aimerais pouvoir visiter Azkaban le plus tôt possible pour assurer à Sirius que je suis en train d'entreprendre des démarches pour le faire libérer. Et tant que j'y suis, j'aimerais aller voir Bellatrix Lestrange. En tant que fille de la Maison Black, il m'incombe de vérifier sa condition et sa situation au sein de la prison.

"Et je souhaiterais pouvoir vérifier que M. Rubeus Hagrid est traité de la façon promise par le Ministre Fudge. M. Hagrid est un de mes bons amis et je trouve déplorable que le Ministre l'ait fait incarcérer simplement parce qu'il avait besoin d'un bouc émissaire. Et c'est la seconde fois pour ce pauvre M. Hagrid.

"Et c'est un autre cas où le Ministère se saisit juste de quelqu'un au hasard dans la rue pour le jeter à Azkaban sans charges, procès ou condamnation – est-ce moi ou bien un schéma commence à se dégager au sein des débordements du Ministère? Une fois c'est un accident, deux fois c'est une coïncidence, trois fois c'est une intention malveillante! Qu'auraient donc à dire le Daily Prophet et Rita Skeeter sur de telles charges? Je m'assurerai d'inclure les faits de son affaire en plus de celle de Sirius lors du prochain rassemblement du Magenmagot.

"En fait, je déclare céans une pétition officielle pour la remise en liberté de M. Rubeus Hagrid, ou qu'au grand minimum, il soit transféré ici au Ministère dans une cellule de détention provisoire, en tant que preuve de bonne foi." Il sortit un rouleau de parchemin de sa poche et le lui tendit.

Et cela mettait certainement Madame Bones sur la sellette – faire ce qu'elle devait légalement faire et risquer de l'animosité de la part du Ministre, ou tomber avec le Ministre lorsque le Magenmagot le descendrait en flamme pour avoir jeter illégalement des victimes innocentes à Azkaban. Gilderoy était presque sûr de quelle option elle choisirait.

"J'aimerai que cette visite soit cet après-midi."

Il se redressa dans son fauteuil et attendit.

Deux heures plus tard, ils se trouvaient dans le Bureau du Directeur de la Prison d'Azkaban.

"Voici un ordre pour M. Rubeus Hagrid, le faisant transférer d'Azkaban à une cellule de détention provisoire du Ministère," Madame Bones donna un rouleau de parchemin au Directeur de la prison tandis que Gilderoy regardait. Comme elle l'avait expliqué avant de quitter le Ministère, ils lui administreraient du Veritaserum une fois arrivé au Ministère. Si, comme Gilderoy l'avait dit, il n'avait rien à voir avec les incidents en question, ils le libèreraient immédiatement. En outre, ils l'interrogeraient quant à l'incident de cinquante ans plus tôt, et agirait, si besoin, en accord avec leurs découvertes. Ils commueraient l'amende pour possession d'une créature classifiée XXXXX en peine déjà purgée. Madame Bones n'avait pas demandé à Gilderoy comment il avait obtenu ses informations.

Après avoir parcouru le parchemin, le Directeur appela l'un des gardes, et lança : "John! Va chercher le prisonnier connu sous le nom de Rubeus Hagrid et amène-le ici."

Tandis qu'ils attendaient, elle donna au Directeur un second parchemin, "Et voici un ordre pour M. Sirius Black, le transférant d'Azkaban à une cellule de détention provisoire du Ministère."

Après un regard pénétrant vers la sorcière et un examen intense du parchemin, il dit : "Êtes-vous sûre, Madame? Il est l'un de nos plus dangereux prisonniers. On dit qu'il était le lieutenant le plus important de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom."

"Apparemment, les rumeurs de son association avec les Mangemorts et Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom sont juste ça, des rumeurs. C'est pourquoi nous l'emmenons au Ministère pour questionnement. Il semble y avoir des nombreuses preuves tendant à montrer qu'il est innocent – qu'il se trouvait simplement au mauvais endroit au mauvais moment."

Le Directeur lui jeta un regard livide. "Non!" dit-il, horrifié.

Elle hocha la tête.

Il soupira, et appela les gardes à l'extérieur de son bureau. "Gary! Prends trois autres gars et allez chercher le prisonnier Sirius Black. Sécurité maximale!" En aparté, il dit à sa supérieure : "Juste une précaution. Comme vous avez dit, "il semble," et nous savons tous que parfois les apparences peuvent être trompeuses."

A nouveau, elle hocha la tête. Et ainsi, ils attendirent en silence.

Hagrid avait dû se trouver près, parce que moins d'une minute plus tard il entra avec son garde.

"Professeur Lockhart!" s'exclama le demi-géant. Il semblait avoir été sérieusement affecté, comme s'il n'avait pas dormi depuis plusieurs jours – ce qui était probablement le cas – et il y avait un sentiment de dépression et de désespoir émanant de l'homme.

La Directrice du DJM leva les yeux vers ce géant parmi les hommes et dit, "Le Professeur Lockhart a apporté des éléments de preuves montrant que votre incarcération actuelle est une erreur judiciaire. Nous vous transférons au Ministère pour plus ample investigation. Si cela se passe comme nous le suspectons, vous serez remis en liberté pas plus tard que cet après-midi, avec une lettre d'excuses de la part du DJM."

Hagrid parut au bord des larmes de soulagement. "Je savais que le Directeur ne m'oublierais pas! Merci, Professeur, merci."

Madame Bones prit la parole, "M. Hagrid, le Directeur n'a rien à voir avec cela. Le Professeur Lockhart a tout arrangé."

Gilderoy dit : "Hagrid, comme il est bon de vous voir. Je vois que vous avez survécu ici, même si vous ne vous y êtes clairement pas épanoui, mais gardez le moral!" Il lança au demi-géant un sourire aveuglant. "Comme Madame Bones l'a dit, j'ai arrangé votre libération après quelques questions. D'ici ce soir, vous serez de retour dans la Grande Salle et souperez avec le reste corps professoral, et tout cela ne sera bientôt plus qu'un mauvais souvenir!"

Hagrid fronça les sourcils et dit, plus pour lui-même que qui que ce soit d'autre : "Le Directeur ne vous a pas envoyé?" Et il recula pour s'appuyer contre le mur, le front plissé. Son garde se posta près de lui, alerte et baguette tirée. Juste parce que le prisonnier paraissait calme ne voulait pas dire qu'il ne prévoyait pas quelque chose de fâcheux. Ou qu'il ne déciderait pas soudainement que sa meilleure chance était de passer à l'offensive et d'attaquer.

Le Directeur de la prison et Bones entamèrent une discussion au sujet de la prison et le Directeur saisit cette opportunité pour lui exposer plusieurs points qui, à son avis, nécessitaient son attention. Gilderoy passa son temps à examiner le bureau et, subrepticement, prit le temps d'examiner en détail les enchantements protecteurs enveloppant la prison. Il devait bien l'admettre, ils étaient assez efficaces pour garder des prisonniers ordinaires à leur place et repousser le sorcier Obscur moyen. Ils auraient besoin d'une amélioration significative, cependant, pour tenir face à ce que Voldepute pouvait causer. Il songea à quelques suggestions sur de potentielles améliorations tout en attendant.

Finalement, Sirius Black arriva. Et seigneur qu'il avait une tête de déterré! Il n'était pas juste maigre, mais émacié, sa peau tendue laissant voir ses os. Ses yeux, bien que clairs et montrant qu'il était attentif, avait un air hanté de terreurs qui ne seraient jamais oubliées, ni même jamais loin de son esprit. Il observa ses alentours et fut surpris de reconnaître Hagrid dans un coin et Madame Bones devant le bureau du Directeur de la prison.

Gilderoy accueillit immédiatement le sorcier. "Ah! Sirius Black! Il est bon de vous voir!" Il lui adressa un large sourire et s'avança vers lui. Les gardes se tendirent légèrement, mais n'interférèrent pas. Il commença à serrer la main du prisonnier comme un politicien professionnel, c'est-à-dire avec beaucoup de gestes mais sans jamais lâcher prise. "Vous ne vous souvenez peut-être pas de moi, j'étais quatre ans derrière vous à Poudlard!" Il força sa magie de sa main à travers celle de Sirius, lui donnant ainsi un bon coup de fouet. "J'ai attendu avec impatience de pouvoir vous rencontrer depuis Noël, lorsque j'ai découvert que je suis Lord Black!"

Sirius lui lança un regard stupéfait, à la fois à cette nouvelle et au soudain afflux de magie, le ramenant à un niveau qu'il n'avait plus eu depuis des années.

"Pouvez-vous croire à une telle chose ?! Moi, Gilderoy Lockhart, non seulement membre de la fameuse Maison Black, mais son Lord ?!"

"Plutôt toi que moi," marmonna le sorcier déconcerté.

"Enfin, dès l'instant où je l'ai appris, j'ai commencé à faire des recherches sur la famille. Vous pouvez imaginer ma surprise lorsque j'ai découvert que vous, certainement le plus tristement célèbre de la famille, n'avez jamais reçu de procès, ou même été interrogé pour voir si vous étiez réellement un Mangemort." Il lâcha finalement la main du sorcier. Cela devrait lancer le sorcier maladif sur le chemin de la convalescence.

Sirius secoua sa main d'un air incertain, ses doigts picotant encore de l'apport de magie que Gilderoy lui avait envoyé.

"C'est pour cela que nous sommes ici, en fait," continua Gilderoy, allègrement, ignorant les autres personnes présentes dans la pièce et leurs tentatives de l'interrompre. "Nous allons vous emmener au Ministère où ils vous poseront enfin les questions qu'ils auraient dû vous poser il y a onze ans. Tout cela n'est qu'une formalité, vraiment, puisqu'ils n'avaient aucune preuve pour vous enfermer en premier lieu."

Il balaya la salle du regard. "Bien, j'en ai dit suffisamment pour le moment. Je vais laisser ces chers Aurors, ici présents, s'occuper de vous pendant un moment. Je vous rejoindrai au Ministère lorsqu'ils vous libèreront. Assurez-vous de m'attendre, par contre ; il y a de nombreuses choses dont nous devons parler. Saviez-vous que je suis célèbre dans le monde des sorciers? Oui, tout à fait, célèbre. J'ai écrit dix best-sellers, si vous y croyez, j'ai bien dit dix best-sellers! Et j'en ai deux de plus sur lesquels je travaille en ce moment. Les gens du monde entier m'adorent, tout bonnement. Je suis aussi le professeur de DCFM à Poudlard, et laissez-moi vous dire qu'Harry Potter est un garçon tout à fait remarquable, vous serez surpris!"

"Harry?" l'interrompit Sirius. "Le fils de James?"

"Oui, oui, bien sûr. James et Lily seraient si fiers du jeune sorcier qu'il est devenu. Il vivra avec vous à partir de cet été. Vous aurez tous les deux plus qu'assez de temps pour rattraper le temps perdu. Je sais qu'il meurt d'envie d'entendre toutes les histoires à propos de son père et de sa mère." Gilderoy s'arrêta et donna un petit coup de coude au sorcier émacié. "Et pas celles osées, d'accord? Le garçon n'a que douze ans et n'est pas tout à fait prêt à entendre combien son père était un Casanova! Bien qu'il soit déjà très épris d'une certaine jeune sorcière, dont il passera sans nul doute des heures à vous parler. Et il y en a au moins deux autres qui lui font aussi les yeux doux, c'est ce qui arrive quand on a de multiples titres de Lords après tout!"

Il s'éloigna du sorcier confus. "Je serais bien allé avec vous au Ministère, mais être Lord Black signifie que j'ai une responsabilité de plus, bien que j'aurais préféré vous accompagner afin que nous apprenions à nous connaître." Il se frotta les mains avec anticipation. "Les histoires que je pourrais vous raconter à mon sujet, vous n'y croiriez sûrement pas, et pourtant toutes sont vraies! J'ai dix livres pour le prouver!"

Il soupira avec contentement. "Enfin, comme je le disais, j'ai un autre rendez-vous ici. Je dois aller voir votre cousine, Bellatrix Lestrange. En tant que Lord Black, je dois constater moi-même sa condition et sa situation." Il hocha la tête en direction de Madame Bones, qui l'observait avec une expression stupéfaite. "On me dit que cette Bella est bien trop dangereuse pour la laisser sortir de sa cellule, je vais donc devoir aller jusqu'à elle. Comme les Moldus le disent, si Mahomet ne peux aller à la montagne, alors la montagne viendra à Mahomet!"

Tout le monde le fixa comme s'il était complètement cinglé. Il espérait que Sirius était suffisamment réveillé pour avoir saisi certains des sous-entendus qu'il avait cachés dans ses radotages présumés.

Il se tourna vers Bones. "Bien, je ne devrais pas plus retarder vos investigations. J'apprécierais vraiment si vous pouviez personnellement vous occuper de l'interrogatoire de M. Hagrid en premier, afin que M. Black ait le temps de prendre une bonne douche chaude et d'avaler quelques potions de soin pour qu'il ne perde pas connaissance au beau milieu de son propre interrogatoire. Et puis supervisez l'interrogatoire de M. Black également. Vous pourriez bien apprendre quelques faits intéressants à propos de M. Potter si vous examinez son histoire avec attention."

Il sourit joyeusement. "Donc, qui est le garde chanceux qui va me conduire voir le membre de ma famille incarcéré?"


Jack n'était pas content. Il se demandait clairement ce qu'il avait bien pu faire pour se voir ordonner d'escorter cet abruti de dandy sans cervelle jusqu'à Bellatrix Lestrange. Le type n'avait fait que bavasser à propos de ses livres et de ses aventures sans la moindre interruption, ne remarquant même pas les indices pourtant fort peu subtils de Jack qu'il s'en fichait. La seule raison pour laquelle il n'avait pas dit à l'autre d'aller se faire voir était l'évidente et extraordinaire influence qu'il avait sur Madame Bones et sur le Directeur de la prison, qui semblaient être suspendus à ses lèvres.

"Voilà sa cellule," dit-il laconiquement, interrompant l'idiot au beau milieu d'une phrase racontant quelque absurdité sur sa guérison d'un loup-garou. "Hé," cria-t-il à la femme dans la cellule, "Bouge ton cul. T'as un visiteur." Avant d'avoir pu se retourner vers Gilderoy, il fut frappé par un assommeur. Avant même qu'il ne commence à tomber, Lockhart avait déjà érigé ses barrières de silence et de Cacher-en-Pleine-Vue. Il ne voulait pas que qui que ce soit voit ce qu'il s'apprêtait à faire.

Bella se leva, son équilibre précaire. "Qui donc…" commença-t-elle, ne recevant pour seule réponse qu'un assommeur à son tour. Agissant rapidement, Gilderoy sortit le cadavre rétréci de son sac sans fond. Il le plaça à l'intérieur de la cellule. Il lui rendit sa taille originale, puis lévita Bella plus près. Il les compara côte à côte. Il lança un sort de duplication sur les traits et les cicatrices de Bella.

Sa propre mère n'aurait pas pu les différencier.

Il interchangea la tenue de prisonnier de Bella avec la blouse d'hôpital de la vielle femme, et puis la rétréci jusqu'à avoir la taille d'une poupée. Il la fit venir à lui et la plaça dans son sac, cachant celui-ci soigneusement dans sa poche. Il sortit le talisman de Golem et le plaça précautionneusement dans la bouche de la femme décédée. Il toucha le papier dans sa bouche ouverte et y déversa sa magie, chargeant ses runes. Il attendit un moment, et puis dit "Lève-toi." Le corps se mit debout. "Instructions. Tu resteras dans le lit autant que possible. Lorsque des Détraqueurs approchent, gémit comme si tu avais mal. Lorsque des gardes approchent, tourne-leur le dos. Ne leur parle pas. Jette toute nourriture dans le trou d'évacuation dans le coin de la pièce. Si quelqu'un suspecte que tu n'es pas Bellatrix Lestrange, ou Bella, ou qu'il pense que quelque chose cloche, chuchote le mot 'mort'. Sinon, après vingt jours, chuchote le mot 'mort'. Tourne-toi et fais face au mur. Lorsque je vais Ennervate le garde, dirige-toi vers le lit et allonge-toi. Fin des instructions."

Lorsqu'il dirait le mot d'activation 'mort', le talisman disparaîtrait. Sans le talisman, les runes préservant le corps et lui permettant d'opérer disparaîtraient également, et le corps "mourrait" alors. Les changements à ses traits tiendraient une année, au moins, et d'ici-là la décomposition naturelle rendrait extrêmement difficile de déterminer que le corps n'était pas vraiment Bella. Seul un test ADN moldu pourrait prouver cela.

L'entièreté de l'opération avait pris moins d'une minute.

Il se tourna vers le garde et utilisa sa magie pour le soulever et le placer comme s'il s'appuyait contre le mur. Il lança un Confundo suivi par un Ennervate. Tandis que le garde clignait des yeux, le Confundo l'empêchant de réellement percevoir ce qui l'entourait, Gilderoy dissipa ses sorts de silence et de Cacher-en-Pleine-Vue.

Le golem commença à se diriger lentement vers le lit. Il se tourna vers le garde et dit : "Merci pour votre assistance. Je vois qu'elle est en vie et aussi bien portante que faire ce peut. Repartons." Le golem s'allongea, son dos face à la porte de la cellule.

Le garde était plus qu'heureux de quitter ce niveau de la prison et les Détraqueurs qui rôdaient au coin du couloir.

Le chemin de retour fut tout aussi ennuyeux que celui de l'aller, du point de vue du garde. Il mourait d'envie d'étrangler l'idiot qu'il escortait lorsqu'ils atteignirent le bureau du Directeur. S'il n'avait plus jamais l'occasion de voir ou d'entendre Gilderoy Lockhart, Ordre de Merlin, Troisième Classe, Membre Honoraire de la Ligue de Défense Contre les Forces du Mal, cinq fois lauréat du prix du Sourire le plus Charmeur de Sorcière Hebdo, Pourfendeur de Basilic et Professeur de Défense Contre les Forces du Mal adoré de Poudlard, il pourrait mourir heureux.

Dans son rapport, il mentionna juste qu'ils étaient allé jusqu'à la cellule, que la sorcière s'était levé, les avait insultés, et puis qu'ils étaient partis. Il ne soupçonna jamais que quoi que ce soit d'inhabituel se soit produit au cours de son escorte.

Gilderoy rattrapa Madame Bones dans le Département des Aurors, juste au moment où ils achevaient l'interrogatoire d'Hagrid. Comme il lui avait dit, Hagrid était innocent et avait fourni un souvenir de son arrestation par le Ministre, où le Ministre admettait qu'il n'avait aucune raison autre que le tristement célèbre 'devoir être vu faisant quelque chose'.

Madame Bones était furieuse. "Le Ministre n'est PAS un Auror, il n'a pas l'autorité de faire ce qu'il a fait," fulmina-t-elle. "Dès que nous aurons terminé d'interroger Sirius Black, je convoquerai le Magenmagot pour une session extraordinaire et présenter ces affaires. Lorsqu'ils verront ce souvenir, c'en sera fini de lui!

"Et si," elle se tourna pour examiner Gilderoy, "si le cas de Sirius Black est aussi ridicule que ce que vous prétendez, nous serons débarrassés de lui avant samedi." Ils franchirent le couloir vers la cellule voisine.

Si la vie d'un homme innocent n'avait pas été en jeu, Gilderoy aurait ri face aux expressions des Aurors alors que chacune des réponses aux questions qu'ils posaient leurs montraient combien le Ministère avait mal géré la situation onze ans plus tôt.

Bones plaça Sirius, sous le nom de Joe Bloggs, (1) dans une cellule du Ministère en attendant que le Magenmagot ne révise son 'dossier', ou plutôt son absence de dossier. En même temps, elle envoya chercher un Soigneur pour l'aider à récupérer de son calvaire à Azkaban. Gilderoy promit qu'ils se verraient lorsque le Magenmagot se rassemblerait ou le samedi, en fonction de quel jour arriverait le premier.

(1) Equivalent au Royaume-Uni du John Doe aux Etats-Unis.


La femme émaciée reposant sur le lit était repoussante. Ses cheveux étaient un cauchemar. Ses ongles étaient tous cassés, fendus et noirs de crasse. En fait, la crasse semblait presque la recouvrir entièrement. S'il l'avait trouvé dehors dans un champ ou une forêt, il l'aurait crue morte. Son visage, même endormi, était une masse de rides anxieuses.

Gilderoy soupira et examina le reste de la pièce. Depuis qu'il avait conçu ce plan, il avait commencé à se préparer. Cette pièce était une combinaison des anciennes cellules des cachots sous Grimmaurd, à laquelle on accédait par un escalier dans la chaufferie. Il avait combiné plusieurs cellules pour créer une chambre à l'aspect aristocratique. De fins rideaux cachés une fenêtre enchantée pour montrer une vue de la Tamise. Rien n'indiquait que la pièce se trouvait vingt pieds sous terre.

Un tapis assorti et des murs d'une couleur blanc pâle amenaient une certaine chaleur à la pièce. Une porte menait à une salle de bain complète avec à la fois douche et baignoire. A côté se trouvait un vaste placard, pour l'instant vide. Les meubles, magnifiquement arrangés, étaient composés de deux commodes assorties, d'un lit, de tables de nuit et de somptueux fauteuils. Les peintures au mur étaient des panoramas moldus. Des runes cachées, gravées sur chaque objet, empêchaient leur transformation en quoi que ce soit d'autre, les rendaient tous impossibles à casser ou à déplacer, et empêchant l'occupant de se fabriquer une arme. Les murs, le sol, le plafond et les portes étaient protégés de façon similaire. La porte d'entrée et ses murs étaient transparents depuis l'extérieur afin de pouvoir observer où elle se trouvait avant d'entrer dans la suite.

Même si elle parvenait d'une façon ou d'une autre à mettre la main sur une baguette, elle ne pourrait rien utiliser à l'intérieur de la suite à son avantage.

"Kreattur."

"Maître appeler Kreattur?" L'elfe de maison fixa l'inconnue présente dans la pièce. Ses sourcils se froncèrent. Elle ressemblait à une Black, mais il ne la reconnaissait pas.

"Kreattur, cette femme est Bellatrix Lestrange, anciennement Bellatrix Black, une fille de la Maison Black. Elle se trouvait à Azkaban. Je te demande de prendre soin d'elle, mais elle ne peut pas t'ordonner de faire quoi que ce soit. Si elle demande de la nourriture, amènes-en-lui. Si elle demande à boire, amène-lui de l'eau ou de la Bièraubeurre, rien de plus fort. N'utilise que les assiettes, les verres et l'argenterie que j'ai spécialement enchantés. Transmet-moi toute requête qu'elle pourrait faire. Ne lui amène rien d'autre sans ma permission. Si elle veut quelque chose à lire, conseille-lui mes livres." Il indiqua un tas de livres sur une table basse. "Elle est confinée à cette suite. Tu dois l'empêcher d'en sortir dans l'éventualité où elle tenterait cela sans mon autorisation explicite. Si elle essaye d'utiliser de la magie, dis-lui d'arrêter ou que sinon tu lui mettras des menottes anti-magie.

"Ne communique aucune information à son sujet à qui que ce soit sans mon autorisation explicite. Tu ne peux communiquer à personne que tu sais quelque chose au sujet de Bella mis à part que tu crois qu'elle est à Azkaban. Si quelqu'un demande, tu ne l'as pas vue, tu n'as rien entendu à son sujet, tu n'attends pas à entendre quoi que ce soit à son sujet ou à la voir. La dernière fois que l'on t'a parlé d'elle, il y a une décennie, elle se trouvait à Azkaban. Pour tout ce que tu en sais, elle s'y trouve encore. Si quelqu'un te demande de lui amener un message, dis que les elfes de maison n'ont pas le droit de se rendre à Azkaban. Si quelqu'un te dit qu'elle est morte, agis comme si tu venais de l'apprendre, et après ça fais référence à elle au passé uniquement. As-tu bien compris? Sa présence ici est un secret de la Maison Black, ne le divulgue à personne sans ma permission.

"Tu ne peux pas lui révéler le fait que je suis Lord Black, ni où elle se trouve, à part qu'elle a été secourue d'Azkaban. Préviens-la que toute tentative d'apprendre l'un ou l'autre de sa part se traduira par une interdiction totale pour toi de lui parler. Tu ne peux pas discuter de quoi que ce soit ayant suivi son incarcération. Tu ne peux pas lui dire que tu es l'elfe de maison de la Maison Black. Aucune information à propos de la famille, rien. Le fait qu'elle reste hors d'Azkaban dépend de sa coopération."

"Bien, Maître. Kreattur comprendre, Maître."

"Merci, Kreattur. Mme Lestrange, née Black, est une Sang-Pure. Sers-la avec les honneurs qui lui sont dus tout en respectant les contraintes que je t'ai donné."

Kreattur alla jusqu'à s'incliner devant lui avant de dire : "Merci, Maître. Merci." Avoir une vraie Sang-Pure à servir était comme un miracle à ses yeux.

"Pour commencer, prépare une soupe légère avec des biscuits salés et de l'eau pour son premier repas. Réveille-la lorsque tu lui serviras sa nourriture. Puis fais-lui couler un bain pendant qu'elle mange. Au cours des prochains jours, fais évoluer ses repas jusqu'à des repas complets. Pendant qu'elle prendra son bain, va fouiller les coffres des Black à la recherche de vêtements de jour et de nuit appropriés. Ajuste leur taille pour qu'ils lui aillent si nécessaire, et retire toute indication qu'ils soient venus des réserves de la Maison Black. Si tu n'en trouves pas, fais-le-moi savoir. Je fournirai des potions pour l'aider à récupérer. S'il y a le moindre problème, préviens-moi le plus tôt possible."


Juste pour voir s'il pouvait le faire, Gilderoy retira le retour d'Hagrid du flot d'information des enchantements protecteurs du Château. Absolument sûr que le Grand Dumbledore avait orchestré sa libération, Hagrid fut déconcerté de voir la surprise d'Albus lorsque celui-ci le vit entrer par l'Entrée des Professeurs, près de leur Table. Hagrid commença à se demander si le Directeur n'avait en fait pas aidé à sa remise en liberté.

Puis il entendit le Directeur demander : "Professeur Lockhart, comment l'urgence concernant votre publication s'est-elle réglée? Vous avez été absent toute la journée, comme vous m'aviez prévenu qu'il serait sans doute le cas.

"Ah, oui, le problème était notable," répondit l'obséquieux professeur. "L'éditeur avait perdu l'équivalent d'un chapitre entier des pages du manuscrit de mon nouveau livre, Braver le Basilic. D'une façon ou d'une autre, quelqu'un avait accidentellement égaré les pages. Ils n'ont remarqué que lorsque le compte total des pages de mon manuscrit s'est révélé bien inférieur à celui prévu. Heureusement, j'avais emmené une copie de mon manuscrit avec moi. Il nous a fallu comparer chaque page de mon manuscrit avec leur mise en page, page après page, jusqu'à trouver les sections manquantes. Cela changeait donc la mise en page du reste du livre et nous avons passé des heures à essayer de sauver ce qu'ils avaient fait jusqu'à présent.

"Ma mère a toujours dit qu'il y a quelque chose dans l'encre des presses qui rend les typographes stupides, et après tous les problèmes que j'ai eu avec mes livres au fil des années, je la crois volontiers. Par exemple, une fois, ils ont mis le mauvais en-tête sur un chapitre entier! Une autre fois, ils ont inversé l'ordre des pages sur toute une section!"

Hagrid ignora le reste de ce que Lockhart disait, perturbé par ce qu'il avait entendu. Il ne remarqua pas l'expression douloureuse du Directeur, celui-ci ayant obtenu bien plus de détails qu'il n'aurait voulus pour cette simple question, tandis que Lockhart continuait à lui raconter anecdote après anecdote sur les problèmes de publication qu'il avait rencontrés au fil des ans. Il semblait en avoir un certain nombre et n'avait aucun problème à raconter chacune d'elles dans le moindre détail.

Observant depuis l'autre côté du Directeur, Gilderoy n'avait aucun problème à suivre le fil des pensées d'Hagrid, ne serait-ce que par son expression et ce qu'il regardait : est-ce que le Professeur Lockhart, qu'il avait toujours considéré comme un idiot pompeux à l'égo enflé, avait vraiment été le seul à essayer de l'aider lorsqu'il en avait eu besoin? Gilderoy savait que les Aurors du Ministère avaient dit à Hagrid que personne de Poudlard ne les avait contactés à son sujet. 'Non, ça ne peut pas être vrai, si?' semblait dire le pli de son front. Mais alors, pourquoi le Directeur avait-il été surpris de le voir? Hagrid lança un regard inquiet au Directeur, qui ne le remarqua pas puisque son attention était sur Gilderoy. Et pourquoi Lockhart avait-il menti au Directeur sur ce qu'il avait fait durant sa journée? Hagrid conserva un air troublé pour le reste du repas, mais la plupart des gens pensèrent que c'était juste un contrecoup de son séjour dans cette horrible prison.

Hagrid décida apparemment de faire ce que lui avait demandé le Professeur Lockhart et de ne pas mentionner que Sirius Black n'était à présent plus l'un des résidents d'Azkaban.


Comment Madame Bones était parvenue à conserver l'ordre du jour secret était un mystère pour Gilderoy, mais le samedi eût lieu une rencontre du Magenmagot. La session commença de façon normale avec le Sorcier Président du Magenmagot – qui n'était heureusement pas Dumbledore, mais était regrettablement le Ministre Fudge – demandant : "Y a-t-il un sujet d'importance que l'un des Membres souhaite présenter avant que cette session ne commence?"

Gilderoy, dans la Tribune, se leva. "Si la Cour le permet, j'ai un tel sujet à aborder." Ce jour-là était un jour lilas, et il savait qu'il était resplendissant.

"Parlez."

Gilderoy procéda alors à sonner les membres avec son annonce qu'il était Lord Black et qu'il assumerait le siège actuellement inoccupé de la Maison Black. Il lui fallut un Serment Magique, et l'examen minutieux de son anneau de Lord par le Ministre Fudge, pour les convaincre qu'il ne mentait pas.

Les Lords des Anciennes et Nobles Maisons à tendances Obscures étaient particulièrement contrariées. Nombre d'entre elles avaient d'importants liens financiers avec la Maison Black et ne pouvaient se permettre, littéralement, d'avoir le Lord de la Maison Black mécontent. Quoi qu'il votât, ils devraient le soutenir, quelles que soient leurs préférences personnelles, même si le vote allait à l'encontre de leurs propres intérêts commerciaux.

Le Ministre Fudge répéta sa question initiale. Cette fois, le Professeur Sinistra se leva et ébranla la Cour à nouveau en annonçant qu'elle était mandatée pour voter au nom de Lord Serpentard, avec un parchemin certifié par les gobelins. Le Professeur McGonagall étant mandataire de Lord Gryffondor suivit. Dans une déclaration qui causa le plus grand tollé du jour parmi les membres, mais qu'aucune règle n'empêchait, le gobelin Griphook devint le mandataire du Lord Gaunt.

Lorsqu'ils se furent tous assis ensemble, tout le monde réalisa que la face du monde politique des sorciers d'Angleterre venait d'être mise sens dessus dessous. Le parti des Anciennes et Nobles Maisons à tendances Obscures liées à la Maison Black le suivraient, et s'il votait avec les Maisons Lumineuses, comme sa position près du représentant de Gryffondor le laissait penser, alors ils devraient faire de même. Cela plaçait les Maisons Lumineuses fermement en contrôle du Magenmagot pour la première fois depuis de nombreuses décennies.

Mais les surprises ne s'arrêtèrent pas là.

Madame Bones commença la partie principale de la session en faisant entrer Sirius Black, paraissant en bien meilleur santé après plusieurs jours à boire des potions de soins et avoir eu un sommeil calme et ininterrompu, et pointa les faits de son incarcération illégale. Des souvenirs vus dans une pensine et un serment magique sur sa vie que Sirius n'avait pas trahi les Potter ni causé l'explosion ayant tué tous ces Moldus réduisit l'opposition au silence. Il ne fut pas difficile d'obtenir un vote pour sa libération immédiate, en particulier lorsque le Magenmagot vit les Maisons Black, Gaunt, Gryffondor et Serpentard voter en sa faveur.

La Directrice du DJM passa à l'ordre du jour suivant, qui était d'arrêter le Ministre Fudge à la vue de tous ceux présents dans la Cour, pour avoir fait exactement la même chose à Hagrid que l'administration précédente avait fait à Sirius Black, et pour avoir éhontément abusé de son pouvoir en tant que Ministre, puisque seuls les Aurors étaient autorisés à arrêter quelqu'un.

Gilderoy fit un splendide discours, à son humble avis, rabâchant ce qu'il avait déjà expliqué à Madame Bones dans son bureau – que s'ils ne punissaient pas sévèrement le Ministre pour avoir abusé de son autorité en jetant un sorcier à Azkaban sans procès, preuves ou même chef d'inculpation, ce précédent se retournerait un jour contre eux. Bien sûr, il fut bien plus flamboyant et dramatique dans sa formulation. Le Magenmagot déclara rapidement le Ministre coupable et le condamna à une année à Azkaban en Sécurité Intermédiaire, à application immédiate, et à une amende de deux mille gallions pour la souffrance mentale infligée à Hagrid. Le Ministère et Hagrid toucheraient chacun la moitié de la somme. Parce qu'un Ministre en poste ne peut pas être envoyé à Azkaban, le Magenmagot lança un vote pour une motion de censure. Les Aurors conduisirent M. Fudge hors de la pièce, direction Azkaban.

Madame Bones avait prévenu Madame Griselda Marchbanks de possible contretemps et la fit nommer à cette position dès l'instant où cela fut possible. Il ne fallut que quelques instants après le "vote" de la motion de censure proposée par Lord Black pour que la femme âgée prononce le serment de Sorcière Présidente, avec pour condition de sa part que cela ne soit que temporaire. Gilderoy, frappant tant que le Magenmagot était désordonnée, proposa un examen approfondi des finances de l'ancien Ministre, ainsi que de son Office et de son personnel direct, pour tout autre anomalie qui pourrait avoir été dissimulée.

Cela garderait la Sous-Secrétaire d'Etat Dolores Ombrage loin de la position de Ministre pour un bout de temps. Sans son soutien principal, elle partirait avec un grand désavantage. Avec un peu de chance, l'enquête révèlerait quelques preuves permettant de l'envoyer à Azkaban elle aussi. Harry/Gilderoy pouvait bien espérer.

Il parvint aussi à faire révoquer la législation anti-lycanthrope récemment passée. Il expliqua que s'ils comptaient pénaliser les loups-garous pour quelque chose qui n'arrivait qu'une fois par mois, alors ils devraient faire de même pour les sorcières. Il ajouta, d'un ton facétieux, qu'au moins les loups-garous avaient la Potion Tue-loup pour garder le contrôle d'eux-mêmes. Bien que les sorcières furent outrées par la comparaison, la majorité admit que si la législation anti-lycanthrope restait en vigueur, cela créerait un précédent pour une législation similaire à l'encontre des sorcières, comme il l'avait dit.

Cela avait été, au final, une session très productive pour Gilderoy et le reste des sorciers du Grande-Bretagne.

Après la fin officielle de la session, il se pencha vers les Professeurs Sinistra et McGonagall. "Veuillez m'excuser, mesdemoiselles, mais je crains de devoir vous abandonner aux requins ici. Je dois rattraper M. Black avant qu'il n'ait une chance de quitter le bâtiment. Il serait tout à fait capable de nous causer accidentellement des problèmes s'il se retrouvait tout seul. De plus, j'ai besoin de l'informer de la situation de logement. Je suis sûr qu'il n'a aucune idée qu'il a un endroit où rester."

Il n'était pas inquiet pour Griphook. C'était un gobelin, et les sorciers et sorcières qui tenteraient de jouer les hypocrites y laisseraient des plumes.

A leur hochement de tête, il quitta prestement son siège et se fraya un chemin vers les portes principales, se faufilant à l'extérieur avant que la plupart des gens aient remarqué qu'il n'était plus à sa place. Il entra rapidement dans une salle secondaire, plus loin dans le couloir, que Madame Bones avait fourni à M. Black pour attendre après son procès. Elle avait expliqué au sorcier que Gilderoy désirait le rencontrer à la fin de la session.

Harry/Gilderoy espérait que le sorcier nouvellement libéré avait attendu. Devoir le traquer serait assez difficile s'il avait décidé de fuir immédiatement le Ministère.


Le coin des expressions désuètes:

« Amphigouri »

Mot employé pour évoquer des propos confus, un discours sans queue ni tête. Aujourd'hui, désigne également une figure de style consistant en un texte volontairement obscur ou inintelligible à visée souvent comique.

Si vous souhaitez un exemple caractéristique, je pense que certaines œuvres de Ionesco correspondent parfaitement.

T/N : Chapitre corrigé par Harry-Sterek-1968, un grand merci! Je fais des progrès, je vous promets, il y avait presque deux ou trois fois moins d'erreurs et fautes de frappes comparé à d'habitude!