Disclaimer : Je ne suis pas une femme, je ne suis pas riche ni n'ai jamais publié de livres. Suis-je J. K. Rowling? Même si l'avis de Schrödinger sur la question serait intéressant, la réponse est non. Cette fanfiction n'est pas non plus mon idée mais une traduction de 'Amalgum – Lockhart's Folly' (/11913447/) de tkepner. Merci à lui de me permettre de traduire ses textes!
T/N: J'ai réussi à terminer ce chapitre juste à temps pour Noël, donc joyeux Noël à tous !
J'ai remarqué que je ne reçois plus de mail quand quelqu'un poste une review, ni même quand une fic que je suis a un nouveau chapitre... FFN a modifié quelque chose ?
Sinon, plusieurs parties de ce chapitre ont été TRES compliquées à traduire. Certaines descriptions étaient complexes et quelques passages avaient des utilisations de temps conflictuelles pour la conjugaison… Bref, j'espère que la qualité reste décente et que le chapitre vous plaira. A bientôt !
Harry flottait lentement sur son balai par-dessus les Monts Maudits d'Albanie. En ce jour, il portait des robes d'une couleur bleu ciel. Là où elles le rendaient très visible au sol, en l'air elles le rendaient bien plus difficile à repérer. Combinées avec un sortilège de Désillusion, il était pratiquement invisible.
Le printemps était arrivé et il avait passé les environs au peigne fin au cours des quatre dernières semaines, cherchant les endroits les plus probables où Voldepute aurait pu se cacher. Des monticules de neige se trouvaient encore dans les ombres, ce qui aidait à réduire la surface à examiner. Il savait par son histoire personnelle que Nagini était déjà active et qu'elle ne devait donc pas être en train d'hiberner dans un tunnel creusait profondément sous la neige.
Cette vallée en particulier était la dernière d'une série de quatre qu'il avait fouillé au cours de cette semaine-là, la dernière d'avril.
Les gens du coin, contrairement à ce que presque tout le monde lui avait rapporté, étaient assez amicaux tant que vous ne violiez pas leurs règles d'hospitalité. Pour un étranger, il était simple de se plier à ces règles. Elles se résumaient assez simplement en un axiome : n'insultez pas votre hôte !
Il était parvenu à se construire un certain niveau de bienveillance dans chaque village qu'il avait visité en soignants les afflictions que les Soigneurs locaux trouvaient trop difficiles. Son stock de potions diminuait de façon continue à cause de cela – c'était fou les quantités de Poussos qu'il avait dû utiliser ! Infuser sa magie dans les soins avait aidé à leur efficacité pour ceux n'ayant pas de magie. Aux Moldus, et parmi eux les rares cas de Cracmols, il faisait croire que ces potions étaient le dernier cri en matière de miracles curatifs produits dans les pays industriels modernes. Ajouter à cela un léger Confondus lui permettait de s'assurer qu'ils ne penseraient jamais à mentionner ce remède miracle à d'autres étrangers.
D'après le peu qu'il avait pu comprendre de ses conversations hésitantes dans les tavernes, cette vallée en particulier semblait avoir une réputation maléfique. Des choses terribles arrivaient aux gens qui s'y rendaient. Il y avait même des rumeurs à propos d'une femme avec son enfant ayant mystérieusement disparu au beau milieu de la nuit, juste une nuit ou deux plus tôt.
C'était un travail difficile que de faire tout cela, avaient décidé Harry comme Gilderoy. Il était surprenamment épuisant de fouiller lentement la campagne, de parcourir zone après zone, désillunionné afin que les Moldus ne le voient pas tout en essayant de ressentir la malveillance qu'il reconnaîtrait comme étant Voldepute.
Dans ses poches magiquement élargies se trouvait une jarre incassable et d'autres outils et potions qu'il comptait utiliser pour capturer l'énergumène quand il le trouverait.
Au moins, durant les mois d'hiver, Gilderoy avait été maintenu occupé par sa tournée et ses dédicaces. Les rapports préliminaires indiquaient que Braver le Basilic avait aisément surpassé les ventes de Moi le Magicien. D'un côté, Gilderoy trouvé décevant que le précédent livre ait aussi mal marché en comparaison. De l'autre, il était ravi par la hausse des ventes et des fans. Et, malgré le temps hivernal, les dédicaces avaient toujours une file de fans jusqu'à l'extérieur et le long de la rue. Le Chemin de Traverse et Pré-au-Lard n'étaient pas les seuls endroits qu'il avait visités. Il y avait eu les librairies magiques d'Ireland, de France, d'Allemagne, d'Espagne, d'Italie, du Portugal, de Norvège, de Suède, du Danemark, de Finlande, de Pologne… sans oublier les colonies telles que le Canada, les États-Unis, l'Australie, l'Afrique du Sud et l'Inde. Harry n'avait jamais voyagé en-dehors du Royaume-Uni avant ça, et cela avait été une expérience révélatrice.
Il quittait généralement chaque évènement de dédicace avec une liasse d'adresses de Cheminettes disponibles pour une soirée de divertissement, s'il en avait envie. Parfois, ce n'était même pas un mot mais la clé d'une chambre d'hôtel ou d'un appartement local. Et ses réserves de petites culottes – une alternative intéressante aux cartes de visite semblait-il – prenaient une petite malle à elles seules. Peut-être devrait-il ouvrir un magasin de lingerie ?
Cela va sans dire, Gilderoy ne manquait pas de compagnie féminine quand il était intéressé. Et cela arrivait bien plus fréquemment qu'Harry ne se sentait à l'aise de l'admettre. Cela avait duré jusqu'en mars, qu'il avait passé à se reposer au Square Grimmaurd et à travailler sur Restreindre un Rat. Et à finaliser ses préparatifs de voyage en Albanie.
Avant que Braver le Basilic ne sorte, cependant, Harry avait fait un brin de nettoyage parmi les Mangemorts, avec un aide limitée, très limitée, de la part de Gringotts.
"Ah, Ragnurk, mon ami !" avait lancé Gilderoy en entrant dans le bureau du gobelin, désormais très luxueux, le jour après que le Poudlard Express ait quitté la Gare de King's Cross pour la rentrée. Il était leur client numéro un, et de loin. Les gobelins savaient comment jouer sur la vanité du sorcier lambda, et ils assumaient, selon la réputation de Gilderoy, qu'il était incroyablement vaniteux. Et ils n'avaient apparemment pas lésiné sur les moyens pour utiliser cette vanité à leur avantage.
"J'aimerai racheter toutes les dettes dues par les sorciers suivants, si cela est possible," avait-il dit en s'asseyant. Il avait tendu la liste qu'il avait établi au gobelin. "Ils sont par ordre d'importance à mes yeux."
Le gobelin avait parcouru la liste en plissant le nez.
"Je veux ensuite que vous récoltiez la dette immédiatement. Et totalement." Il avait fait une pause et puis avait ajouté : "Mon but est de les ruiner financièrement. Si vous connaissez une meilleure façon, je suis tout ouïe."
Le gobelin avait étudié la liste. "Cela va demander une enquête. Je vous recontacterai," avait-il finalement dit.
Harry était reparti et avait laissé Gilderoy travailler sur Restreindre un Rat.
Trois jours plus tard, il avait reçu un hibou de Ragnurk. Il s'était immédiatement rendu à Gringotts.
"Antonin Dolohov, Herbert Mulciber, Augustus Rookwood, Caspur Travers et Septimus Blishwick se trouvent tous à Azkaban et leurs fortunes sont relativement vulnérables," avait dit le gobelin. "Alecto et Amycus Carrow, Phineas Yaxley, Charis Avery, Edward Nott, Ted Jugson, Lycoris, Scabior, Crabbe et Goyle ont tous des finances relativement en bon état. Leur débiteur principal était Malfoy, et vous avez déjà ces dettes. Rappeler leurs dettes restantes serait une gêne au mieux. En blesser certains tout en renforçant la position d'autres devrait être votre plan Z. Severus Rogue n'a pas de dettes remarquables.
"Cela prendrait du temps, un an ou plus, pour manœuvrer les biens des cinq prisonniers d'Azkaban en une position vulnérable où vous les réduiriez à l'état de mendiants, mais seulement si leurs amis ne les aident pas. Tous, à part Dolohov, ont les finances de leurs Maisons gérées par Gringotts, il est donc probable que les membres restants de la famille, comme les cousins, demanderaient de l'aide auprès de leurs amis plus riches afin d'avoir quelque chose à hériter à la mort de leurs proches."
Harry était resté assis à réfléchir. Le plan B, avait-il décidé, était la seule solution viable sur le court terme. "Gardez un œil sur leurs finances pour moi. Si certains d'entre eux devait devenir vulnérable, frappez contre eux aussi fort que possible. Même réduire leur nombre de quelques-uns serait d'une grande aide sur le long terme." Il avait soupiré. "Pendant ce temps, pouvez-vous me fournir les adresses de Cheminette de tous les gens sur cette liste ?"
"Vous pouvez acheter ces adresses auprès du Ministère pour cinquante gallions l'unité."
"Et les mots de passe ?"
"Ne sont pas disponibles."
"Achetez les adresses pour moi."
Le gobelin se l'était noté.
"Aussi, pouvez-vous me fournir la localisation de toutes leurs propriétés ?"
"Celles que ne sont pas incartables."
"Faites-le."
Harry avait passé plusieurs jours à travailler sur la façon d'accéder à leurs propriétés. S'il pouvait y pénétrer, il pouvait obtenir les clés de leurs coffres. Et les clés des coffres lui permettraient de mettre les familles des Mangemorts en banqueroute. Les gobelins diraient simplement aux familles qu'ils auraient dû prendre soin de garder leurs clés en sécurité.
Dolohov n'avait pas de famille, c'était donc par lui qu'il avait commencé.
Gringotts s'occupait de ses biens en son absence. Les investissements du peu de gallions qu'il avait suffisaient à peine à lui rapporter de quoi conserver son Manoir et les quelques autres bâtiments, mais il s'agissait d'un profit bel et bien suffisant. Les contrats de gestion des gobelins avec les sorciers les empêchaient de délibérément faire de mauvais investissements, donc Gilderoy ne pouvait pas utiliser cela à son avantage.
Puis il s'était souvenu de certaines techniques utilisées par les Moldus durant la future guerre. Avec l'assistance des gobelins, Harry avait acquis une chaîne de stations services par le biais de diverses sociétés écrans financés par ses investissements. Avec ces réserves et un alibi déjà préparé, une nuit de mi-septembre, lui et Dobby avaient transporté trois mille gallons [~11,3 m3] d'essence à deux mille pieds [~600 m] au-dessus et au nord des enchantements protecteurs du Manoir Dolohov. Le liquide avait été rétréci à l'état d'une sphère de six pieds [~2 m] de diamètre et refroidi pour l'empêcher de simplement s'évaporer.
Puis ils l'avaient laissé tomber en lançant un Finite simultanément sur la sphère et mes bulles d'air hautement compressées qui s'y trouvaient. Les poches d'air s'élargissant rapidement avaient pulvérisé la substance volatile sur une large zone, mélangeant totalement le liquide avec l'air à l'intérieur et à l'extérieur de la sphère, créant une fine brume d'essence tombant vers le sol.
Le créateur des enchantements protecteurs du manoir avait incorrectement assumé que les seuls liquides tombant du ciel comme une pluie étaient diverses formes d'eau, et donc qu'un liquide tombant du ciel n'était pas une menace contre laquelle se protéger – après tout, l'essence n'existait pas trois siècles plus tôt, lorsque le concepteur des enchantements avait vécu. Tout autre liquide que la pluie – voire la grêle et la neige – dont il avait eu connaissance était toujours inséré dans un récipient, qu'il ait été physique ou magique, manipulé par un trébuchet ou un sorcier – et il s'était bien protégé contre ceux-là. Il s'agissait qui plus est d'un liquide non-magique, les enchantements protecteurs du manoir permirent donc à cette masse d'entrée sans obstruction.
La brume s'était laissé porter par le vent qui soufflait sur la propriété, recouvrant la demeure et la majeure partie du terrain.
Dobby, se tenant près d'Harry, avait semblé clignoter un instant, POPant au-dessus des enchantements protecteurs et de la brume tombante, lançant une flamme vers cette dernière et réapparaissant près d'Harry.
Même à une distance d'un mile, Harry avait pu sentir le sol trembler un instant plus tard, suivi par l'onde de choc de l'explosion. Une minute plus tard, la chaleur de la déflagration, en grande partie refroidie par la distance parcourue mais néanmoins inconfortablement chaude, les avait assaillis. Dobby était resté immobile près de lui, bouche bée.
Le nuage de fumée en forme de champignon et les débris fumant du bâtiment avaient été propulsés haut dans les cieux, bien plus impressionnants et terrifiants que le Morsmordre que les Mangemorts aimaient lancer.
"C'est ce qu'on appelle une explosion carburant-air, son efficacité est dévastatrice," avait expliqué Harry, "comme tu peux le voir. Sa puissance destructrice n'est dépassé que par les bombes atomiques." Ils avaient observé le nuage en forme de champignon monter toujours plus haut, des flammes jaillissant des profondeurs de cette masse obscure. "Les Moldus diront qu'il s'agit d'une explosion de gaz – ils seront obligés puisque c'est la seule chose pouvant causer un désastre igné aussi étendu. Le Ministère pensera qu'il s'agit d'une sorte de rituel Obscur ayant mal tourné. Et avec les Artéfacts Obscurs se trouvant dans les ruines qui contaminent la scène, quelle autre conclusion pourraient-ils tirer ? En particulier sans la présence d'autre magie dans les décombres de l'explosion."
La déflagration avait complètement rasée le manoir. Les sorts renforçant le bâtiment n'avaient tout simplement pas été en mesure de supporter l'équivalent d'un millier de Reducto à pleine puissance lancés simultanément. Le souffle créé avait réduit les murs du manoir et son intérieur en morceaux, en plus d'avoir aspiré tout l'oxygène hors de la demeure ce qui avait anéanti toute salle souterraine ou cachot. Le retour de flamme magique causé par la surcharge des enchantements protecteurs avait oblitéré la Pierre les contrôlant, projetant des morceaux incandescents de manoir dans une large zone environnante. Et lorsque la Pierre de Contrôle des Enchantements s'était emballée, le reste des enchantements de la propriété s'étaient effondrés, ajoutant leur énergie à la déflagration ravageant le bâtiment.
Harry avait transplané à la lisière des anciens enchantements protecteurs et observé la pelouse en flammes et le feu rugissant qui dévorait le manoir. Il avait levé sa baguette : "Accio clé du coffre des Dolohov". Quelques instants plus tard, une clé dorée avait surgi du paysage dévasté. Harry avait laissé la clé incandescente tomber par terre avant de l'arroser d'eau. Ayant été fabriquée par les gobelins, elle était indestructible. Il avait rangé la clé dans sa poche et était ensuite rentré chez lui. Puisque Gringotts ne fermait jamais, il avait ordonné à Dobby de demander à ce que les gobelins fouillent le coffre pour tout objet de fabrication gobeline et que tout Artéfact Obscur soit détruit cette nuit même. Une fois cela fait, il avait envoyé Dobby, Kreattur et Bipsy transférer le reste du contenu vers l'une des propriétés inutilisées de la Maison Black. Puis il avait placé la clé dans une boîte spéciale pour les Clés de Coffres dans son bureau, étiquetée en tant que telle bien sûr. Dobby irait vérifier le coffre périodiquement pour récupérer les dépôts dus aux investissements que Dolohov avait fait avant d'être envoyé à Azkaban – il aurait été dommage de les laisser s'accumuler après tout, n'est-ce pas ?
Plus tard, il enverrait Kreattur et Dobby vendre les meubles, vêtements, bijoux et livres indésirables – précédemment stockés dans le coffre de Dolohov – dans des magasins de seconde main un peu partout en Angleterre et sur le continent. Éventuellement, il transfèrerait le reste des gallions au Fonds d'Investissement Gilderoy Lockhart. Les objets qu'il garderait iraient tous dans le coffre Lockhart.
Au cours du reste de septembre et du début d'octobre, il avait répété cette attaque sur les manoirs de Mulciber, Rookwood, Travers, Blishwick et une demi-douzaine d'autres bigots Sang-Purs – il ne voulait pas trop en faire d'un coup et laisser une piste qui pourrait mener à lui. Toutes leurs clés à part une avaient rejoint celle de Dolohov dans la boîte à Clés de Coffres de Gilderoy et les coffres étaient vérifiés régulièrement.
Travers avait été un peu plus compliqué car sa femme était toujours en résidence, heureusement sans aucun enfant. Il l'avait fait surveiller par Dobby et lorsqu'elle était partie rendre visite à des amies, ils avaient frappés. Cela avait été leur seule attaque de jour. Après avoir prélevé une somme rondelette du coffre, il lui avait renvoyé la clé du coffre. Elle pourrait utiliser les gallions restants soit pour se construire un manoir beaucoup plus petit soit pour se trouver un appartement ou une petite maison quelque part dans une zone où il ne pourrait pas répéter son attaque. Il se fichait de ce qu'elle ferait. Dans tous les cas, il lui serait quasi-impossible de fournir une aide financière aux autres Mangemorts – le manoir avait représenté la moitié de leur fortune, et les gallions qu'il avait volé avaient considérablement réduit les liquidités à sa disposition. Elle n'était pas aussi pauvre que les Weasley l'avaient été, mais si elle ne prenait pas garde elle le serait.
Cette soudaine série d'incendies et d'explosions sur les propriétés de Mangemorts avérés avait horrifié le Ministère. Ils étaient convaincus que les Mangemorts essayaient quelques Magies Obscures hautement dangereuses pour mettre à genoux le Monde des Sorciers, dissimulant leur projet dans des manoirs prétendument vides possédant de puissants enchantements protecteurs. Ce n'était qu'une question de temps avant qu'ils ne parviennent à leurs fins, en avait conclu le Ministère. Ce qui était d'autant plus horrifiant, de leur point de vue, était le fait que le Ministère n'avait trouvé que des résidus génériques de Magie Obscure provenant de ce qui avait sans nul doute complètement détruit ces manoirs. Aucunes archives de quelque chose pouvant causer une destruction aussi étendue n'existait au sein du Ministère.
Les Moldus étaient également agités. Puisque les explosions n'avaient blessé aucun Moldu ni n'avait endommagé aucun de leurs biens, le Ministre Moldu avait accédé à la requête du Ministre Bones de garder cela secret. Les Ministre Moldu avait placé ces informations sous l'Official Secrets Act. Les locaux s'étaient vus dire que la lumière et le bruit étaient dus à des essais militaires ou qu'il s'agissait de l'explosion d'un réservoir de gaz défectueux. Ça et quelques Oubliettes bien choisis sur les locaux avaient fait taire les problèmes du côté Moldu.
Les proches des Mangemorts, en revanche, avaient demandé à ce que le Ministère trouve la ou les personnes responsables pour la destruction de leurs manoirs. Ils avaient nié avec véhémence que qui que ce soit ait eu recours à de dangereuses magies dans ces propriétés. Cependant, puisque les propriétés avaient prétendument été inoccupées, et l'avaient été depuis longtemps, ils n'avaient pu fournir aucune preuve. Naturellement, seuls les fanatiques Sang-Purs du Ministère les avaient crus.
Travers avait été la seule exception. Plutôt que trépigner de rage au Ministère et demander à ce que le Ministère capture les coupables responsables de la destruction de son manoir, elle avait gardé le silence et simplement déclaré ne pas savoir ce qu'il s'était passé. Gilderoy avait clairement pu voir qu'elle était effrayée à l'idée d'attirer l'attention de ceux qui avaient si complètement détruit ses finances. Le jour après son interrogatoire au Ministère, qui avait laissé les Aurors particulièrement frustrés par son obstination, elle avait reçu une livraison par hibou de deux mille gallions avec une note disant simplement "Merci". Cela avait renforcé sa détermination de se taire. Ses dérobades incessantes avaient simplement convaincu le Ministère que leurs suspicions étaient fondées.
"Bonjour, Madame la Ministre !" avait lancé Harry/Gilderoy en entrant dans le bureau de Bones le 15 octobre. "Je suis si content que vous ayez trouvé le temps de me recevoir !" Ce jour-là, il avait été vêtu d'un ensemble lilas et, comme toujours, était parfaitement coiffé.
"J'ai toujours du temps pour vous, Gil." Elle avait retourné son large sourire. Ses contacts parmi les gobelins lui avaient dit que Lockhart était le sorcier le plus riche de la planète. Si l'on séparait la Maison Lockhart de la Maison Serpentard, Lockhart restait le plus riche du Royaume-Uni – grâce à sa vente d'ingrédients du Basilic lui avaient-ils dit – suivi par la Maison Black. En tant que régent reconnu de la Maison Potter, même si Sirius était le parrain du Survivant, il occupait également la troisième place.
Il était aussi intéressant de noter que les Lestrange ne faisaient désormais plus partie du top 50 de la liste. Ce qui avait bien pu arriver à leur fortune était un mystère et les gobelins refusaient de dire quoi que ce soit. Que quatre des sept autres Mangemorts prisonniers d'Azkaban aient aussi disparu de la liste des gobelins des Maisons et individus les plus riches du Royaume-Uni était une nouvelle des plus intrigantes – la destruction de leurs manoirs était un coup considérable sur leurs finances, il est vrai, mais une telle perte n'aurait pas dû complètement les ruiner. Qu'avait-il bien pu arriver à leurs coffres ?
Tous deux s'étaient assis sur un sofa et un fauteuil d'un côté de son bureau, sirotant une tasse de thé. "J'ai lu les articles sur ces mystérieuses explosions. Terrible affaire, vraiment," avait déclaré Gilderoy. Il avait ensuite passé les quinze minutes suivantes à lui raconter ses aventures, à faire face à des sorciers de l'Obscur, qu'il n'avait pas encore raconté dans ses livres. Toutes étaient de vraies histoires de la future guerre où Harry avait combattu. Le fait qu'elle, en tant que Directrice du DJM, n'ait jamais entendu parler d'aucun de ces duels la rendait hautement incertaine de leur réalité. Mais elle s'était aussi demandée pourquoi le sort de détection de vérité du sofa ne détectait aucun de ces évidents mensonges.
Lorsque son sourire était devenu un peu crispé, il savait qu'il avait épuisé sa patience, comme il l'avait prévu. Une fois de plus, il l'avait convaincue qu'il était un vantard sans intelligence avec des illusions de compétence et d'autorité. Mais un très riche vantard sans intelligence avec des illusions de compétence et d'autorité. Et son contrôle sur le Magenmagot lui donnait un poids politique que personne ne pouvait égaler, en particulier pas Malfoy et Dumbledore, qui avaient tout bonnement été supprimés de la scène. Cela le rendait simplement trop puissant pour l'offenser par une interruption.
Il lui avait lancé un grand sourire. "Oh, j'ai failli oublier, la raison pour laquelle je vous ai rendu aujourd'hui est que j'ai besoin de visiter Azkaban une fois de plus. Bien que Bellatrix Lestrange née Black ne s'y trouve plus…" Il n'allait pas mentir et dire qu'elle était morte, au cas où Bones ait un sort de détection de vérité dans la pièce. Autant la laisser assumer qu'il était poli quant à la mort de la sorcière. "… je devrais probablement aller voir comment se portent son époux et le frère de celui-ci. Ils font partie de la famille par alliance, après tout, à mon grand regret." Personne ne suspectait qu'il avait détruit le Manoir Lestrange, sa destruction n'ayant clairement pas été aussi grandiose que les autres – un simple incendie avait dévasté le bâtiment incartable dissimulé derrière ses enchantements protecteurs durant les premières heures matinales, avant que qui que ce soit de normal ne soit réveillé.
Et maintenant, il lui fallait s'occuper des frères Lestrange. Il voulait que Belladonna n'est pas de problèmes s'ils s'évadaient dans le futur et éviter que sa magie ne réagisse au fait qu'ils soient en vie au cas où la fillette décide un jour de se marier.
Cette fois-ci, Bones ne l'avait pas accompagné pour sa petite visite en enfer sur Terre, elle lui avait juste rédigé une autorisation à montrer aux gardes et au Directeur de la prison.
"Tous mes remerciements pour votre aide, Amelia," avait-il dit après avoir reçu le parchemin. Il s'était dirigé vers la porte et, juste au moment où il avait posé la main sur la poignée, il avait déclaré : "Oh, je me rappelais comment Barty Croupton Jr. A réussi à s'évader d'Azkaban, et j'ai réalisé qu'il y avait une leçon à en tirer – avec de l'aide, n'importe qui peut s'évader d'Azkaban." Avec réticence, la Ministre avait hoché la tête, reconnaissant ce fait. Il avait pu sentir les émotions de la femme s'agiter, se demandant quel petit problème il s'apprêtait à lui jeter en pâture cette fois.
"Donc, je me disais, pourquoi ne pas placer un sort sur chaque Mangemort condamné à Azkaban les liant aux enchantements de détention ? Si un Mangemort quitte les lieux sans quelqu'un, disons… un Indicible, pour annuler ce sort, il ou elle mourrait à une distance de plus d'un mile des enchantements de la prison. Peut-être que vous pourriez en faire un tatouage ? Je suis sûr que les Indicibles pourrait trouver une meilleure idée. De cette façon, vous n'aurez plus jamais à vous inquiéter d'une évasion. Et, si vous voulez relâcher quelqu'un de prison pour une raison ou une autre, vous n'aurez qu'à retirer le sort avec un contre-sort nécessitant la présence d'un Indicible."
Il avait incliné la tête dans sa direction et puis avait quitté son bureau avec le parchemin autorisant sa visite sur l'île désolée.
Comme la dernière fois qu'il avait visité Azkaban, il avait utilisé un Confundo et un Stupefy pour dissimuler ses actions de son escorte. Un Oubliette sur chacun des prisonniers avait fait disparaître le souvenir des runes qu'il avait tracé sous leurs cheveux qui les draineraient lentement de leur magie. Personne ne découvrirait les runes sous les cheveux. Dans un mois, peut-être deux, tous deux seraient mort d'une combinaison d'épuisement magique et des terribles conditions de détention que leur magie ne pourrait plus leur permettre de survivre. Les runes, pratiquement invisibles et maintenues en place par leur propre magie, disparaitraient complètement à leurs morts.
Sa visite du 22 octobre à Little Hangleton avait pris moins d'une heure. Se préparer pour s'y rendre avait demandé bien plus de réflexion, plusieurs jours en fait. Au début, il avait simplement prévu de retirer les os. Mais il avait alors réalisé que si Voldy vérifiait avant le rituel et découvrait l'absence d'ossements, il pourrait choisir une autre solution pour obtenir un corps. Une qu'Harry ne serait peut-être pas en mesure d'interrompre ou de saboter. Si Harry laissait les os, alors au moins il aurait un plan de secours s'il ne parvenait pas à retrouver ce bâtard en Albanie.
Mais il ne voulait pas laisser les os tels quels, il lui fallait faire quelque chose. Il s'était finalement décidé pour un compromis machiavélique, digne des farces des Maraudeurs. Chaque os dans le cimetière avec un lien patrilinéaire à Jedusor avait été retiré et remplacé par des os d'écureuil magiquement agrandis. Malheureusement, le sort des "ossements du père" échouerait simplement s'il s'arrêtait là. Alors, dans chacun des os, il avait incorporé une minuscule quantité de poudre d'os venant du père de Tom Jedusor. Si un partisan de Voldepute lançait le sort nécessitant les ossements du père, ceux ramenés à la surface ne contiendrait qu'une infime fraction de son père, le reste serait de l'écureuil. Ce qui sortirait du chaudron après le rituel serait pour le moins intéressant. Et définitivement peu serpentiforme.
Les reste du mois d'octobre avait été passé sur la catégorie "J'étais sous Imperius" des Mangemorts. Il était bien plus difficile de trouver un bon plan contre ceux-là. Les familles étaient contraignantes parce qu'il semblait toujours y avoir quelqu'un en demeure. C'était pire pour ceux avec des elfes de maison, puisque même quand tous les membres de la famille étaient absents, il restait toujours les elfes de maison.
Il avait dû retirer de sa liste les familles avec plusieurs elfes de maison. L'un d'eux restait toujours sur place et il n'y aurait eu aucune possibilité pour évacuer ou avertir les petits êtres avant d'agir. Les autres, la plupart passant tout leur temps chez eux, étaient devenus un problème de logistique – il fallait attendre un moment où personne n'était présent. Cela laissait les célibataires, Rogue et Yaxley. Rogue n'était jamais chez lui, ce qui était parfait, mais son domicile se trouvait dans un quartier Moldu, et une bombe carburant-air aurait rasé la majeure partie de la ville. Mais il était aussi absent dix mois de l'année. Cela donnait du temps à Harry pour trouver une façon de briser les enchantements protecteurs.
Après avoir fait une descente sur les coffres des Lestrange et des autres, Harry/Gilderoy avait une bibliothèque de Magie Obscure que ne surpassait que celle de la Maison Black, qu'il avait également méticuleusement examinée. Un kit d'outils de Briseur de Sorts, comprenant les instructions et les notes du propriétaire, avait été une découverte inestimable.
Il avait décidé que les Carrow seraient sa prochaine cible, mais Dobby n'avait pas pu les attaquer avant février. Après considération, Harry avait décidé que les laisser en vie serait une erreur. Leurs jumelles, Flora et Hestia, étaient heureusement des Première Année et donc plus chez eux. Il ne savait pas si leur mère était Alecto ou la sorcière mariée à Amycus. Dans tous les cas, il n'avait qu'à attendre que la femme d'Amycus et leur seul elfe de maison quitte le manoir que partageaient le frère et la sœur. Compte tenu de l'incompétence dont ils avaient fait preuve lors de la Guerre Finale, aucun des deux n'était suffisamment doué ou vigilant pour remarquer les activités de Dobby avant qu'il ne soit trop tard. Heureusement, Dobby pouvait mener l'attaque sans lui. Les fillettes auraient besoin de quelque chose pour vivre, donc Dobby laisserait leur clé. Les gobelins avaient plus tard confirmé lors de la lecture de leurs testaments que les héritières des biens étaient les deux petites filles et leur mère – pas Alecto.
Crabbe et Goyle avaient été des cibles faciles. Ils avaient chacun un elfe de maison, il s'était donc agi d'une répétition du Manoir Dolohov – attendre que tout le monde à part Crabbe ou Goyle, les Seniors bien sûr, soient partis et que l'elfe de maison parte faire des courses. Leurs coffres avaient été désespérément faibles en gallions, donc il avait pris tout le reste. Remplacer leurs manoirs par des neufs était hors de question sans emprunter une sérieuse quantité de gallions. Ragnurk s'était arrangé pour qu'il puisse prêter aux veuves les gallions dont elles avaient besoin, les laissant clairement endettées envers la Maison Black et devant suivre les décisions de la Maison Black au Magenmagot. Si jamais Voldepute revenait, Harry pourrait toujours rappeler les dettes et faire utiliser les précieux fonds de Voldy pour leur garder un toit au-dessus de la tête. Ou pour accroître les dissensions au sein de leurs rangs en les forçant à supplier d'autres Mangemorts à les héberger dans leurs demeures.
Grâce à cela, il avait drastiquement réduit le nombre de riches Mangemorts, sans parler de tous ceux qu'il avait éliminés avec extrême préjudice, comme aimait le dire les romans d'espionnage. Les enfants de Mangemorts à Poudlard avaient commencé à comprendre ce que cela faisait de se trouver du mauvais côté d'une guerre de guérilla. Ils réalisaient qu'ils devraient faire face à un futur où ils feraient partie de la classe laborieuse plutôt que de donner des ordres à ladite classe laborieuse. La politique de tolérance zéro de la Directrice McGonagall sur le harcèlement les avait aussi rendus bien plus circonspects dans leur attitude envers ce qu'ils considéraient comme inférieurs. Le fait que Sirius ne se cachait pas qu'il rendrait impossible l'emploi de ceux qui dépasserait cette limite sur la tolérance aidait certainement à rendre Poudlard bien plus amusant pour ceux qui n'étaient pas des bigots Sang-Purs.
La sortie de son livre en novembre avait laissé Harry/Gilderoy bien trop occupé, avec ses dédicaces et ses apparitions au sein d'évènements, pour prêter attention aux Mangemorts pendant quelques mois. Les choses s'étaient calmées en fin janvier et étaient revenues à la normale en février. C'est à partir de ce moment-là qu'il avait sérieusement repris ses réflexions sur où en Albanie Voldy pouvait bien se trouver et comment il pourrait le trouver.
La solution qu'il avait trouvée pour le domicile de Rogue était simple. Elle prenait du temps, certes, mais restait simple. Il avait transplané à proximité, puis avait passé la journée à contourner les enchantements protecteurs de la maison, localisant les endroits les plus probables où les Pierres-Ancres des enchantements aient pu être dissimulées. A chaque fois qu'il en avait trouvé un, il avait placé deux pierres gravées de runes agissant comme des drains magiques. Cela fait, les drains absorberaient la magie plus rapidement que les Ancres ne pouvaient se charger. Une semaine ou deux plus tard, il pourrait juste entrer dans la maison sans activer aucun enchantement protecteur. Il lui fallait juste se méfier de potentiels pièges. Et il comptait se charger de ceux-ci de la même façon, en plaçant des drains magiques aux endroits pouvant présenter un problème et revenir plus tard. Il aurait souhaité avoir trouvé ce kit de Briseur de Sorts durant sa première vie.
Utiliser ces drains sur les demeures des autres Mangemorts ne fonctionnerait nulle part s'il y avait des résidents en demeure. La Pierre de Contrôle des enchantements préviendrait les habitants que quelques chose clochait bien avant que les drains ne soient proches de compromettre les enchantements protecteurs. Dans ce cas, cependant, non seulement le propriétaire n'était pas présent, il se trouvait même dans un autre pays – en Écosse ! Il ne reviendrait pas ici avant au moins Noël. Avec un peu de chance, il ne découvrirait pas que sa maison avait disparu avant l'été prochain.
Et bien que Rogue ait eu un poste à Poudlard, il restait un Mangemort. Minnie l'avait prévenu que s'il ne changeait pas, elle le licencierait. La recrudescence actuelle d'attaques sur les Mangemorts l'avait laissé penser que rester à Poudlard était bien plus sûr que de risquer d'être la cible du justicier : il serait vulnérable hors du château. Donc il montrait patte blanche pour le moment et enseignait même les Potions d'une façon bien plus juste. Qui eut cru que cela arriverait un jour ! Rogue, juste !
Pendant qu'il attendait que les drains fassent leur œuvre, il s'était attaqué à Yaxley.
Yaxley vivait dans un vaste manoir en campagne et n'avait qu'un seul elfe de maison. L'homme avait un travail de bas niveau au Ministère et rester surtout dans son coins. Ainsi, le manoir était vide, mis à part pour son elfe, du matin au soir tous les jours. Il suffisait juste d'attendre que l'elfe de maison parte faire des courses.
Harry avait ouvert un nouveau coffre. Il lui faudrait agir rapidement lorsqu'il aurait la clé du coffre de Yaxley.
En même temps, Gilderoy avait travaillé sur ses dédicaces de Braver le Basilic et avait édité Restreindre un Rat.
L'occasion avait eu lieu en mi-décembre. Dobby avait POPé dans son bureau. "Wiksy partir faire des courses," avait-il dit.
"Excellent Dobby, tu sais quoi faire. Je te retrouve là-bas pour récupérer la clé."
Harry avait rangé sa plume et méticuleusement marqué sa page. Il avait revêtu ses robes "furtives" – une copie parfaitement taillé, élégante et à la mode d'un uniforme de combat militaire Moldu – et avait transplané vers un poste d'observation qu'il avait repéré au préalable, juste à temps pour voir une boule de feu s'élever vers les cieux. Dobby l'avait rejoint presque immédiatement. Il avait attendu juste assez longtemps pour que les débris incandescents cessent de pleuvoir avant de transplaner plus près et Accio la clé.
Malheureusement, rien ne s'était passé. Il avait essayé une deuxième fois et toujours rien. Mince. Le sorcier avait dû comprendre ce qu'il faisait et avait gardé sa clé avec lui à tout moment.
Il avait soupiré. "Okay, Dobby, retourne à ce que tu faisais."
Enfin, il y avait toujours une chance qu'il puisse tomber sur Yaxley.
Wiksy, l'elfe de maison du sorcier, avait immédiatement dû ressentir l'effondrement catastrophique des enchantements protecteurs et essayer de contacter son maître pour lui dire que le manoir était attaqué. Yaxley se trouvant au Ministère, il lui faudrait POPer dans l'Atrium puis courir dans les couloirs pour aller le retrouver. Les sorts du Ministère l'empêcheraient d'utiliser sa magie elfique pour juste apparaître devant son maître. Cela lui prendrait bien dix minutes – passer la sécurité et courir jusqu'à son bureau, si elle savait où il se trouvait. Si elle ne le savait pas, il lui faudrait un peu plus de temps pour l'atteindre – savoir où quelqu'un se trouve spatialement ne veut pas dire savoir comment se rendre jusqu'à lui dans un labyrinthe de couloirs comme celui du Ministère. Son explication et Yaxley se précipitant vers l'Atrium prendrait encore dix minutes, peut-être plus s'il prenait l'ascenseur. Il perdrait quelques minutes à essayer la Cheminette, puis il transplanerait.
Si Harry était vraiment, vraiment chanceux, l'enfoiré apparaîtrait à un endroit qu'il considérait comme sûr dans son manoir. A la place, il se trouverait au beau milieu du brasier infernal qu'était devenu cet endroit. La chaleur le tuerait avant même qu'il réalise qu'il était en feu. Si cet idiot avait un peu d'intelligence, il transplanerait à une certaine distance et observerait ce qu'il se passait – quel abruti retournerait dans un bâtiment qu'il savait occupé par l'ennemi qui pouvait potentiellement y tendre une embuscade ?
Harry ne détecta jamais un transplanage à proximité ni la présence de Yaxley.
Plus tard, quelques questions discrètes lui avaient appris que personne n'avait revu Yaxley depuis ce jour où il s'était rué hors du Ministère. Harry savait qu'il n'était pas mort, les gobelins n'avaient pas lu son testament. Harry avait conclu que le sorcier se terrait quelque part, caché dans une cachette des Mangemorts qu'Harry n'avait jamais trouvée dans le futur. Harry avait déjà fouillé et piégé celles qu'il connaissait, avec des enchantements d'alerte pour le prévenir si quelqu'un y entrait.
Une semaine après l'affaire Yaxley, les drains sur la maison de Rogue avaient absorbé les Pierres d'enchantements jusqu'à les neutraliser.
Harry avait examiné le salon de Rogue. C'était assez pathétique. Les meubles étaient vieux et usés, pas même un magasin de seconde main n'en aurait voulu. En revanche, cela ferait un excellent combustible pour un feu de joie. Harry avait minutieusement fouillé chaque pièce en utilisant les sorts de détection que le kit de Briseur de sorts, à la recherche d'objets cachés. Le seul élément remarquable était un escalier derrière une bibliothèque qui menait à l'atelier de potions de Rogue. Celui-ci contenait des ingrédients rares et coûteux. C'était là que Rogue dépensait son salaire, s'approvisionnant en ingrédients dont il pourrait avoir besoin. Ou peut-être était-ce là que passait le budget de Potions de Poudlard ? Après tout, Rogue n'était probablement pas au-delà de voler autant du budget qu'il le pouvait pour ses projets personnels.
Harry avait complètement vidé l'atelier. Le seul autre endroit d'intérêt qu'Harry avait trouvé était un coffre caché dans la chambre principale rempli de gallions. Harry n'avait pas pris le temps de les compter, mais étant donné la tailler de la pile comparée à celles qu'il avait déjà vues, il devait y avoir cinquante mille gallions, peut-être plus. Probablement pris à quelques victimes Mangemorts durant la première guerre, parce que son salaire était loin de suffire pour créer une telle réserve en vingt ans, et encore moins douze, même s'il n'avait rien dépensé.
Cela n'avait pas d'importance puisqu'il avait tout pris de toute façon. Il n'y avait pas de clé de coffre. Il ne s'attendait pas à ce qu'il y en ait. Personne n'aurait pu accuser Rogue d'être stupide. Si Rogue en avait une, il la gardait sûrement avec lui à Poudlard.
Puisqu'il s'agissait d'une résidence moldue, la maison avait l'électricité, même si Rogue ne l'utilisait jamais. D'un mouvement de baguette, Harry avait court-circuité le compteur et donné l'impression que Rogue était branché illégalement. Harry avait trouvé les fusibles dans la cave, sous la cuisine. Il avait pris avec lui une multitude de meubles rétrécis et de boîtes contenant du papier venant de l'étage du dessus. Il avait restauré les meubles à leur taille initiale et les avait placés contre le mur, près des fusibles. Les caisses de papiers étaient tout contre, juste en-dessous. Il avait réarrangé le reste du contenu épars de la cave pour faciliter ses plans. Puis il avait lancé un Incendio sur la boîte à fusible. Les câbles à l'ancienne, enveloppés de tissu, avaient instantanément pris feu et Harry s'était assuré que quelques morceaux enflammés tombent dans les papiers en-dessous. En quelques secondes, et avec l'aide d'un autre Incendio, la cave toute entière brûlait joyeusement. Il avait battu en retraite dans les escaliers, puis dans la cour arrière, où il avait patienté jusqu'à voir les flammes lécher l'étage. Puis il avait transplané chez lui.
Il savait que les Moldus signaleraient l'incendie et les pompiers protègeraient les maisons à proximité tandis que celle de Rogue brûlerait. L'état sec et poussiéreux du bâtiment et de son contenu garantirait que, d'ici l'arrivée des pompiers sur place, tout serait embrasé et brûlerait jusqu'à ne laisser que des cendres. Les enquêteurs, naturellement, concluraient que l'incendie était partie des fusibles à cause du vieux câblage et du raccordage bâclé pour voler l'électricité. Un incendie criminel ne serait jamais suspecté. A part par Rogue, bien sûr. Harry savait qu'il remarquerait immédiatement les ingrédients manquants, qui auraient dû nourrir un feu bien plus intense et explosif, dès qu'il retournerait sur place.
Sans parler de l'absence de ce qui devait être plus d'une tonne et demie de pièces d'or.
Les funérailles d'Albus avaient eu lieu dors des Ides de mars. Le Monde Magique, et les Britanniques en particulier, avaient gâché une énorme quantité de temps, de l'avis d'Harry, à faire le deuil de leur héros et à se remémorer ses exploits.
oooOOOooo
Et c'est ainsi qu'en ce jour du 28 avril, il se trouvait en train de flotter sur son balai juste au-dessus de la cime des arbres, dans une vallée éloignée de tout dans les Monts Maudits d'Albanie, yeux mi-clos pour essayer de détecter la répugnante et discrète trace de haine que laissait Voldepute. Désillusionné et recouvert d'un sortilège Caché-en-Pleine-Vue afin que ni Moldus ni sorciers ne puissent le détecter, il faisait des allers-retours au-dessus de la vallée.
Il avait couvert presque les trois-quarts de la vallée et il commençait à faire sombre. Il ne finirait pas ce soir-là, il lui faudrait revenir le lendemain. Il soupira. Lorsqu'il finit une nouvelle itération, il atterrit et transplana jusqu'au village.
Son instinct lui avait sauvé la vie plus de fois qu'il n'aurait pu le compter durant la Guerre Finale. Donc, quand la pulsion abrupte de foncer droit devant le saisit, il n'hésita pas. Le puissant maléfice tranchant coupa net les deux-tiers arrières des poils de son balai plutôt que de le percuter dans le flan depuis en-dessous.
L'intégrité du balai maintenant détruite, il commença à chuter, faisant de grands mouvements brusques vers la gauche, la droite, le haut et le bas au plus petit mouvement d'Harry. Bien que cela rendît la chute difficile à contrôler pour Harry, il était aussi impossible pour son assaillant de le toucher à nouveau. Repérant une petite clairière créée par la chute d'un arbre, Harry y transplana, laissant son balai chuter.
Il atterrit brutalement, roulant plusieurs fois sur lui-même. Il sauta sur ses pieds et relança son sort de Désillusion. Il ne savait pas comment son agresseur l'avait repéré et il ne comptait pas prendre de risques supplémentaires.
Il n'avait pas la moindre idée d'où se trouvait son assaillant, mais il était certain qu'il s'agissait d'un partisan de Voldepute. Il resta immobile, écoutant. Il devait rester. S'il partait, ils s'enfuiraient en sachant qu'il les poursuivrait et il ne les retrouverait jamais.
"Pointe-moi Voldemort," chuchota Harry. Sa baguette tournoya avant d'indiquer la gauche d'Harry. Il se tourna et se dirigea prudemment dans cette direction. Il rendit ses pas et ses vêtements silencieux et se faufila discrètement à travers les buissons et les débris jonchant les bords de la clairière.
Ils virent à travers le sort de Désillusion de l'autre presque simultanément. C'était Yaxley ! Il avait dû survivre et fuir, pensant que retrouver son maître était sa seule chance de survivre à celui qui massacrait les anciens Mangemorts.
Tous deux lancèrent des attaques vicieuses. Harry envoyait des Reductos et des Bloclangs en un flot presque continu, esquivant les sorts venant de Yaxley plutôt que d'utiliser un bouclier. Yaxley favorisait les Diffindo, Defodio, Crucio, Expulso et d'autres maléfices Obscurs. Aucun des deux ne semblait prendre l'avantage. Soudain, quelque chose frappa Harry sur le côté. Ce fut comme si tout l'intérieur de son crâne avait pris feu. Ce n'était pas un Crucio, néanmoins. Sa tête semblait sur le point de se fendre en deux. Quoi qu'il regardât, il voyait en double. Yaxley pressa son avantage, incantant encore plus vite. Harry lança un Protego pour essayer de récupérer, se jetant en arrière désespérément pour essayer d'éviter ce qu'un autre Mangemort avait dû lui lancer. Cela ne marcha pas. Il trébucha sur une branche qu'il pensait plus loin sur sa gauche et, alors qu'il tombait, il vit un autre sort venir sur le côté. Il cria la phrase d'activation de son portoloin d'urgence juste au moment où le sort le toucha.
Le coin des mots et expressions :
« Blackbouler »
C'est un mot que j'ai trouvé par pur hasard en cherchant la traduction d'un terme anglais de ce chapitre.
Vient de l'anglais "black" (« noir »), et de "boule". Ce mot vient probablement de la franc-maçonnerie. Lors de l'initiation d'un profane en franc-maçonnerie, les membres votent pour ou contre son admission à l'aide de boules blanches (pour) ou noires (contre). Il faut au profane plus de boules blanches que de boules noires pour être accepté, une boule noire valant souvent plusieurs boules blanches. Se faire blackbouler, c'est obtenir plus de boules noires que de boules blanches, plus de votes contre que de votes pour, et donc, se voir refuser l'entrée en franc-maçonnerie.
