Le travail du bois
Garrick Ollivander avait rejoint Ragnok, Ric et Laze sur le domaine des deux derniers. Mais un invité « surprise » était également présent.
-Monsieur Potter, salua Garrick. Ou devrais-je dire lord Potter ?
-Harry suffit amplement, répondit le jeune homme.
Garrick se concentra sur sa magie, interpellé.
-Pardonnez mon insolence, mais vous n'êtes pas sorcier ? fit Garrick
Harry jeta un regard incertain vers Ric qui hocha de la tête.
-Mon nom complet est Hadrian James Potter RoseSang Agni, révéla Harry. Héritier du clan RoseSang et du clan Agni.
Garrick se tourna vers Ric.
-Traduction, je te prie ? fit Garrick, au bord de la syncope
-Les RoseSang sont mes descendants directs, expliqua Ric. Harry est donc mon descendant par le sang par sa mère, la sœur de Nolan RoseSang, et par la magie par son père, puisque j'ai adopté le premier des Potter.
-En sachant que la lignée de Serpentard s'est fondue dans celle des Potter, tu as également devant toi le propriétaire de Poudlard, termina Laze.
Garrick marmonna dans sa barbe, hébété. Trop d'informations d'un coup, visiblement, ce qui faisait bien rire le couple.
-Maintenant que vous vous êtes bien payé ma tête, si nous pouvions revenir à la raison de cette réunion ? bougonna Garrick. J'ai une mauvaise nouvelle. Ou une bonne, si on veut le prendre dans ce sens.
-Laquelle ? demanda Ragnok
-Le château de Nurmengard a été visité par Dumbledore et un inconnu, révéla Garrick. Il sait donc que son esclave de toujours, Gellert Grindelwald, n'est plus à sa place.
-Il est toujours chez toi ? demanda Ragnok
-Oui, et je défie quiconque de le retrouver, ricana Garrick.
-Il a perdu Poudlard donc son prestige, surtout avec l'interview au vitriol donnée par les directeurs de maison, sourit Harry.
Deux jours plus tôt, Minerva McGonagall, Pomona Sprout, Filius Flitwick et Severus Snape avaient révélé au monde sorcier la raison pour laquelle Albus Dumbledore n'était plus à la tête de Poudlard. Apprendre ses différents crimes à l'encontre de ses élèves avait stupéfait tout le monde, certains même avaient crié à la diffamation, mais le serment sur la Magie les avait faits tous taire. Depuis, un mandat d'arrêt avait été lancé sur l'ancien directeur de l'école qui était introuvable.
-Cet inconnu pourrait être Eutaryn ? demanda Laze
-Ce n'était pas un sorcier donc c'est probable, confirma Garrick.
-Cela veut dire qu'ils sont aux abois, réfléchit Ric. Sans Grindelwald, ils n'ont plus d'alliés assez puissants pour réaliser leurs objectifs. Donc ils vont jouer sur l'effet de surprise pour réussir.
-Quels sont leurs objectifs ? demanda Laze
-Si on se fie aux opérations financières qu'il a mené, Dumbledore cherche le contrôle absolu sur notre jeune ami ici présent, déclara Ragnok. Les testaments qu'il a déposé au nom des propriétaires légaux des coffres dont il a pris illégalement la tutelle sont assez clairs sur ce point.
-Ce n'est pas exactement une grande surprise, commenta Harry. Je l'ai toujours eu pendu à mes basques depuis que j'ai mis les pieds à Poudlard. Dommage qu'il ait cru que me faire maltraiter pendant toute mon enfance me rendrait totalement malléable à ses ordres. Il a toujours eu trop confiance en ses plans …
-Il ne faut pas oublier qu'il n'est pas notre seule priorité, fit Garrick. Voldemort fait encore des siennes.
-C'est vrai que vous n'êtes pas au courant … marmonna Laze. J'ai étudié la marque des ténèbres et il ne s'agit pas de magie fourchelang. Il y a des runes d'appartenance, dont une spécifique aux elfes noirs. En sachant que Grindelwald a été enfermé dès la fin de la guerre qu'il a déclenché, il ne reste que Dumbledore qui savait qu'Harry était le fils de Shanleigh RoseSang qui n'était pas sorcière.
-Dumbledore est lié à Voldemort, comprit Ragnok. C'est même sa marionnette.
-Dans un sens, ça nous arrange, commenta Harry. Deux problèmes, une solution.
-Pas vraiment mais on comprend le principe, sourit Garrick.
-Nous allons devoir les piéger, décida Ric.
-Les ? releva Laze
-Si on se fie à leurs réputations respectives, il va falloir se débarrasser de Dumbledore et de Voldemort séparément, expliqua Ric.
-Mais on ne sait pas où ils se trouvent, pointa Ragnok.
-Mais on peut les attirer dans un piège, fit Garrick. L'un de mes contacts a fait des recherches approfondies sur la marque des ténèbres.
-Oui, celles sur lesquelles je me suis basé pour comprendre que ce n'était pas de la magie fourchelang ? sourit Laze. Riddle, si je ne me trompe pas.
-Thomas Riddle ? sursauta Harry
-Exact, confirma Garrick.
-Il cherche un moyen de se débarrasser de Voldemort, réfléchit Harry. Et si nous le laissions s'en occuper ? Je pense que nous aurions pas mal de choses à faire avec Dumbledore et Eutaryn.
-Il n'a pas tort, concéda Ric. Si nous voulons être efficaces, nous ne pouvons pas nous éparpiller. Le plus grand danger pour cette dimension reste Eutaryn et Dumbledore et nous avons de la chance qu'ils soient ensemble, enfin d'après nos suppositions. En ce qui concerne Voldemort, il n'y a pas que le personnage qu'il faut détruire mais également son idéologie et pour cela, les sorciers seront bien mieux placés.
-D'autant plus que personne ne doit savoir que les elfes noirs parcourent encore ces terres, pointa Laze. Encore moins que les gobelins savent faire autre chose que gérer l'or des sorciers ou les mages ne sont pas des mythes …
-Vu comme ça … bougonna Ric. Vous êtes d'accord ?
Tous hochèrent la tête. C'était ce qu'ils avaient de mieux à faire.
-Tout le monde n'est pas contre le fait que je sois un appât ? proposa Harry
-Nous n'avons pas le choix, constata Ragnok. J'imagine que vous avez une idée ?
-Un début, tout au plus, grimaça Harry. Je veux boucler la boucle.
-Je comprends le principe mais pas ce que tu veux faire, fit Laze.
-Je pense que nous devons amener Dumbledore à se battre à Godric's Hollow, déclara Harry.
Ric se redressa.
-Ne me dis pas que ces crétins ont fait ce que je pense ? grogna Ric alors que Laze explosait de rire
-Si nous pouvions savoir, grinça Ragnok.
-Godric's Hollow est le lieu où Ric et moi nous sommes battus pour la première fois, expliqua Garrick, un sourire aux lèvres. Ou, pour être exact, le domaine Potter se trouve à l'une des extrémités du lieu de bataille, de l'autre, le domaine Ollivander et entre les deux …
-Un passage vers ma dimension, termina Ric. Scellé quand j'ai découvert que j'attendais Luba.
-Les sorciers de l'époque, après la disparition de Godric Gryffondor, sont venus en pèlerinage autour du domaine Potter et ont fondé le village de Godric's Hollow, expliqua Garrick. Mais c'est une histoire à raconter autour d'un feu. Pourquoi ce village ?
-Pour Shanleigh, comprit Ric. Parce que si ta mère n'était pas morte, tu n'aurais peut-être jamais entamé ta transformation et découvert la vérité sur toi.
-J'aime bien cette idée, fit Laze. De ce que j'ai pu lire sur Dumbledore, ça ne m'aurait pas étonné qu'il veuille que ça se déroule à Poudlard. Depuis son départ, j'ai pu examiner entièrement les barrières magiques et elles ne pourront pas supporter une bataille, même la plus petite.
-Donc, éloigner les combats de Poudlard en plus des lignes de magie, fit Garrick.
-Je pense qu'on peut partir de là, déclara Ric. Réfléchissons-y à tête reposée et nous mettrons nos idées en commun plus tard.
Le groupe se sépara donc mais Harry arrêta Ragnok.
-Seigneur Ragnok, fit Harry. Je requiers votre aide pour un projet de la plus grande importance.
-Que de belles paroles pour un si jeune homme, ricana Ragnok. Nous sommes entre guerriers, vous n'avez pas besoin d'être si obséquieux.
-J'ai besoin de vous pour retrouver une personne dont l'absence pourrait lourdement handicaper les troupes de Voldemort, fit Harry.
-Il a déjà perdu son bras droit Lucius Malfoy qui a été libéré de sa marque, sourit machiavéliquement Ragnok. Il parait que Bellatrix Lestrange a également déserté. A qui donc voulez-vous vous attaquer, lord Potter ?
-Fenrir Greyback, répondit Harry en souriant de toutes ses dents.
§§§§§
Théo et Draco se laissèrent tomber dans des fauteuils de la salle commune de Serpentard, satisfaits de leur journée. Ils se regardèrent droit dans les yeux avant d'exploser de rire.
Flash-Back
Après le « départ » de l'école de Dumbledore, les directeurs de maison n'avaient pas tardé pour se rendre au département de la justice pour porter officiellement plainte contre son ancien directeur. Ils en avaient profité pour donner une interview « brut de décoffrage » où aucun d'entre eux n'avait caché ce que le Grimoire de Poudlard leur avait révélé concernant les crimes du vieux sorcier.
Ayant croisé « par hasard » les professeurs dans les couloirs du ministère, Franck Longbottom avait discuté quelques instants avec eux avant de lancer l'alerte à son fils. Il n'en avait pas fallu plus pour que les lords scolarisés réclament une séance d'urgence du Magenmagot pour retirer officiellement Albus Dumbledore de tous les postes qu'il occupait.
-Il n'est plus à la tête de Poudlard et la plainte déposée par les directeurs de maison de l'école le suspend automatiquement de son poste de président du Magenmagot, déclara Elphias Dodge, membre de l'assemblée. Cette demande est donc répétitive, non ?
-En quoi l'est-elle ? demanda Neville. Nous savons tous qu'il adore cumuler les postes : directeur de Poudlard, président du Magenmagot, conseiller personnel du ministre … adversaire autoproclamé de Grindelwald puis de Voldemort …
Il fit mine de ne pas remarquer le violent frisson qui s'était emparé de l'assemblée.
-Alors pourquoi croire qu'il n'a pas d'autres casquettes ? termina Neville
-Ce n'est pas illogique, concéda Amelia Bones.
-Mais pourquoi vouloir faire ça ? insista Elphias
-C'est une mesure automatiquement prise lorsqu'un membre du gouvernement est impliqué dans une procédure judiciaire, rappela Neville. Une commission est rassemblée pour officialiser la suspension de tous ses postes. Nous parlons du président du Magenmagot donc il me semble opportun que toute notre assemblée soit là pour confirmer que notre président ne bénéficiera pas de passe-droit à cause de ses relations et qu'il se soumettra à la justice comme tout sorcier.
L'assentiment sourd de la majorité empêcha Elphias Dodge de continuer à protester et le document assermenté en provenance de Gringotts fut descellé.
Il ne fallut qu'une dizaine de minutes pour que tout le monde tombe des nues. Outre les postes du directeur de Poudlard et de président de Magenmagot, Albus Dumbledore recevait un salaire – supérieur à celui du ministre de la magie pour tout dire – pour un poste fictif de conseiller personnel du ministre, environ sept autres en tant que membre de divers conseils d'administration qui ne l'avaient jamais vu, une demi-douzaine en tant que tuteur magique d'orphelins sang pur et une quinzaine en tant qu'exécuteur testamentaire.
-Je croyais qu'il n'avait pas de famille, s'étonna une voix dans l'assemblée.
Tous se retournèrent vers lord Gaunt. Fraîchement arrivé au Magenmagot, il s'était attiré les foudres d'Albus Dumbledore pour une raison que tout le monde ignorait. Le vieux sorcier avait tout fait pour l'empêcher de prendre sa place dans l'institution puis, devant son échec, de l'en exclure et cela, sans qu'ils ne se soient vus en personne : lord Gaunt ne venait en personne que quand Dumbledore ne présidait pas la séance et vice-versa.
-C'est le cas, confirma Elphias.
-Corrigez-moi si je me trompe mais en tant que directeur de Poudlard, ne lui est-il pas interdit de prendre la tutelle d'un sorcier mis à part s'il a un lien de sang proche avec la personne concernée ? reprit Thomas
-C'est ce qu'il a dit quand il a dû refuser les demandes de tutelle qui lui sont parvenues après sa victoire contre Grindelwald, confirma Elphias.
-Alors vérifions dans la charte de Poudlard, s'écria une voix dans l'assemblée.
Tout le monde accepta et on envoya quelqu'un chercher la copie du ministère. Grâce à un unspeaker, les lignes du document apparurent en toutes lettres sous les yeux de l'assemblée. Mais la lecture fut encore pire. Outre le fait que la règle indiquée existait réellement, il s'avérait que Dumbledore avait fait voter une loi qui la contredisait totalement et qui lui octroyait automatiquement la tutelle de tous les élèves orphelins dès l'instant où ils posaient le pied à Poudlard ainsi que la gestion de leurs biens.
-Avec la gestion de Poudlard et le poste de président du Magenmagot, il se trouvait assez de temps pour s'occuper de tous les orphelins qui passaient les portes de Poudlard ? railla Daphnée Greengrass. Son altruisme me surprend tous les jours un peu plus.
-Ce qui veut dire qu'il avait officieusement ma responsabilité, fit lentement Harry. Ce que toutes les lois sang pur refusent formellement. Ce que cette assemblée semble avoir accepté sans sourciller. Soyez certains que je vais aller au fond de cette histoire en particulier et que rien ni personne ne va m'en empêcher.
Le malaise s'installa dans l'hémicycle. Depuis le départ du jeune homme un an plus tôt, Albus Dumbledore révélait des facettes sombres de sa personnalité. Le fait que le jeune lord se soit totalement détaché de son « mentor » et remette en cause par moyens détournés tout ce qu'il avait pu faire pour lui présageait qu'ils allaient encore en apprendre des belles sur l'ancien leader de leur monde.
Il ne fallut pas très longtemps au Magenmagot pour officialiser la suspension d'Albus Dumbledore de tous les postes qu'il occupait ainsi que des responsabilités qu'il occupait à l'encontre de toutes les lois. Ils préparèrent également une déclaration officielle résumant les méfaits du vieux sorcier et une mise en garde à l'attention du peuple sorcier leur enjoignant de ne pas lui venir en aide.
Fin Flash-Back
Sans Dumbledore pour tirer les ficelles, le gouvernement avait enfin découvert ce qu'il faisait dans leur dos et avec leur bénédiction de surcroit. Sans le soutien de Poudlard, son empire était en train de s'écrouler.
-Il ne manque plus que Voldemort et notre pays pourra repartir sur des bases saines, souffla Draco.
-C'est vrai, concéda Théo. Mais nous devons trouver le bon angle. Nous ne devons pas laisser l'euphorie nous gagner et nous pousser à faire n'importe quoi. Oui, Dumbledore est écarté de la politique par un concours de circonstances mais nous ne devons pas compter sur la chance pour totalement décrédibiliser Voldemort.
-Tu as une idée ? demanda Draco
-Pas vraiment, avoua Théo. Nous dévoilons les incohérences de son idéologie mais je pense qu'il serait temps qu'on soit plus incisif.
-On voit avec les autres, alors, proposa Draco.
§§§§§
La fin de l'année scolaire approchait et Pansy était inquiète.
Même si elle avait poursuivi sa scolarité à Poudlard, elle savait que ses parents la recherchaient avec fureur pour avoir fui leur « foyer aimant » avec son jeune frère de surcroit. Paul disparu, la responsabilité de la famille Parkinson revenait à Pansy qui ne leur obéissait plus le moins du monde. Malheureusement, leur position dans la hiérarchie des mangemorts ne leur permettait pas de demander à leurs collègues d'agir en leur nom pour la récupérer de force, sans oublier qu'en détenant le titre d'alliée aux sangs purs et en étant sous la protection officieuse des clans Nott et Malfoy, il serait compliqué de l'atteindre.
Cela n'empêchait pas certains élèves de la surveiller dans le but avoué de retrouver Paul Parkinson. Ses parents savaient qu'il était le point faible de sa sœur et lui mettre la main dessus assurerait sans aucun doute la docilité de la jeune sorcière et un accès direct aux clans Malfoy et Nott. Grâce aux liens de Severus Snape avec le clan Prince, l'enfant était sous la protection de Gringotts et envoyé à l'étranger sous bonne garde.
Oui mais voilà, Paul avait atteint l'âge de onze ans quelques mois plus tôt et en tant que sorcier britannique, il avait une place réservée à Poudlard. Or, avec la guerre contre Voldemort, lui permettre de remettre les pieds dans le pays le mettrait en grand danger, d'autant plus qu'il n'aurait pour seul soutien que Luna et Astoria, Ginny ayant été retirée de l'école par sa chef de famille. Et connaissant la bêtise du peuple sorcier patiemment conditionné par Dumbledore, il ferait payer à Paul la participation de son père et son frère au mouvement mangemort.
Cela, elle le refusait catégoriquement.
Inscrire Paul dans une autre école allait se révéler assez compliqué. Comme ses parents étaient encore vivants, elle ne pouvait pas passer outre leur autorité parentale sans enclencher de lourdes conséquences, sauf si elle devenait la tutrice de son frère. Les démarches qu'elle menait depuis maintenant un an étaient restées au point mort et elle soupçonnait que les rares contacts de Voldemort dans l'administration soient à l'origine de ces ralentissements.
-Le programme de protection des témoins, fit une voix dans son dos.
La sorcière se retourna, baguette en main et un sort au bout des lèvres, mais ne relâcha pas la tension en découvrant Neville. Ce dernier les isola soigneusement et prit place à ses côtés dans l'herbe.
-Vas-y, développe, fit Pansy, baissant sa baguette.
-Pour Paul, précisa Neville. Luna est censée revenir ici l'année prochaine mais il en est hors de question. J'ai réussi à la convaincre de changer d'école et je me suis souvenu que ton petit frère allait également entrer à Poudlard l'année prochaine.
-Quel rapport avec ce programme ? demanda Pansy. Et qu'est-ce que c'est ?
-Le programme de protection des témoins permet de protéger des personnes témoignant dans des procès de criminels, expliqua Neville. La justice leur donne une nouvelle identité et une nouvelle maison si leur vie est menacée.
-Ça existe ? s'étonna Pansy
-Pas ici, répondit Neville. Dans le monde moldu, oui.
-Comment tu en as entendu parler ? demanda Pansy, curieuse.
-Hermione, répondit simplement Neville. Bref, si tu inscris Paul sous un autre nom, je pense qu'il sera laissé tranquille.
-Tu as l'air d'oublier qu'une inscription dans un établissement sorcier se fait par signature magique, pointa Pansy.
-Sauf en cas d'asile dans un autre clan, rétorqua Neville.
Pansy eut du mal à ne pas rester bouche bée. Il s'agissait d'une vieille procédure qui n'était plus utilisée depuis des siècles mais qui était à l'origine du protectorat, qui introduisait la personne demandeuse comme membre de la famille demandée. Si on voulait aller dans l'extrême, le droit d'asile sorcier mettait la personne qui la demandait en position d'esclave. Les conditions devaient donc être soigneusement étudiées.
-Tu as l'air d'avoir déjà réfléchi à la question, constata Pansy.
-Une ébauche à te proposer, corrigea Neville. Paul demande l'asile dans l'une de nos familles et pour sa protection, exige de changer de nom jusqu'à ce que le danger soit écarté. Comme la demande se fait devant la magie, l'école où il ira ne découvrira pas le pot aux roses.
-Et quelle famille acceptera de prendre le risque de soustraire l'héritier de la famille Parkinson ? railla Pansy
La remarque n'avait pas été faite à la légère. Contrairement à une localisation dans un refuge magique, une asile sorcière enclenchait une alarme dans la famille qui avait été abandonnée. Il suffirait des bons rituels pour connaître la famille d'accueil et ça pouvait rapidement dégénérer.
-Le clan Black, répondit simplement Neville.
Pansy resta bouche bée. En reprenant son titre sans qu'Albus Dumbledore ne puisse s'en offusquer, Sirius Black avait récupéré une partie du prestige perdu par ses parents en suivant aveuglément Voldemort. Les quelques semaines qui avaient suivi avaient montré au monde sorcier que tout comme Harry Potter, il voulait se détacher de l'héritage de Dumbledore et œuvrer concrètement pour l'avenir du monde sorcier. Pour cela, il n'avait pas l'intention de lésiner sur les efforts et ne se préoccupait clairement pas de l'avis du vieux sorcier, en commençant par ne pas retourner sous son giron dans l'Ordre du Phénix. De plus, grâce à Narcissa, les affaires du clan Black étaient restées à flots et depuis qu'il avait repris le titre de lord, Sirius faisait des merveilles. Actuellement, ce clan était dans la partie haute de la chaîne alimentaire des clans sangs purs et son passage à Azkaban avait même ajouté à son prestige.
-Personne ne lui a parlé, pointa Pansy.
-Harry est son parrain, répondit Neville.
-Pourquoi pas vos familles ? demanda Pansy
-Parce que notre âge jouera contre nous, déclara Neville. Daphnée, Drago, Théo, Harry et moi sommes à peine majeurs et Dumbledore en profiterait pour tenter de nous décrédibiliser. Pour protéger Paul, il faut que personne ne puisse douter de son protecteur.
-Mais à quel prix ? éclata Pansy
-Nous pouvons convaincre Sirius d'être raisonnable, rassura Neville. Je doute qu'Harry le laisse être autre chose.
-On parle de la vie de mon frère, siffla Pansy.
-On en est tous conscients, tempéra Neville. Qu'en penses-tu ?
Pansy resta sans voix.
-Je … je ne sais pas, souffla Pansy.
-Réfléchis-y, fit Neville. Aucun de nous ne le laissera tomber.
La jeune fille eut un sourire tremblant quand il se redressa pour la laisser seule.
§§§§§
Ginny ne put s'empêcher de d'écarquiller des yeux.
-C'est impressionnant, souffla la jeune fille.
-Je ne peux pas dire le contraire, sourit Muriel.
Les deux rousses étaient en Italie pour rencontrer le futur maître d'apprentissage de la plus jeune. Peu rassurée de la laisser seule dans un autre pays, Muriel avait été accueilli avec soulagement le soutien de Moïra Zabini, la mère de lord Zabini qui avait gardé d'assez bons contacts avec le pays de sa belle-famille. Puisque son fils terminait Poudlard dans quelques jours, elle avait décidé de retourner en Italie et ainsi veiller sur l'amie de Blaise. C'était elle qui avait conduit Muriel et Ginny chez le maître de métamorphoses qui avait accepté de prendre la jeune fille en apprentissage. Normalement, elles auraient dû être accompagnées par Minerva McGonagall mais cette dernière devait désormais gérer l'école britannique avec le renvoi d'Albus Dumbledore.
-Lady Weasley ? Mademoiselle Weasley ?
-C'est nous, confirma Muriel.
-Mina Cozzolini, maître de métamorphoses, se présenta la femme. Suivez-moi, j'ai réservé un salon pour nous puissions discuter tranquillement.
Les trois femmes se dirigèrent vers le restaurant le plus proche et elles furent installées autour d'une table.
-J'ai retenu que vous étiez britanniques, sourit Mina alors qu'un service de thé était apporté pour les deux rousses et une limonade pour elle.
Chacune savoura une gorgée avant que Mina ne reprenne la parole.
-Ne tournons pas autour du pot, décréta-t-elle. Minerva McGonagall est une vieille amie et une collègue très appréciée. A mon avis, elle est même bien plus douée que l'huluberlu qui lui sert de supérieur hiérarchique. Enfin, ancien supérieur, mais bref … Minerva sait ce que je cherche comme apprenti et depuis qu'elle enseigne à Poudlard, elle en a trouvé trois ou quatre et généralement, elle ne les laisse même pas aller jusqu'aux BUSE.
-Alors pourquoi pas dans ce cas ? ne put s'empêcher de demander Ginny
-Minerva a discuté avec Filius Flitwick de la possibilité de vous faire basculer en apprentissage quand vous aviez treize ans, expliqua Mina. Malheureusement, Dumbledore l'a entendu et a décrété qu'il serait votre maître d'apprentissage après l'obtention de vos ASPIC. Il a bloqué votre dossier jusqu'à cette année, quand il n'a pas renouvelé sa demande d'apprentissage auprès du ministère. Ainsi, votre mère n'a pu accepter en votre nom ce futur apprentissage.
-Molly ? sursauta Muriel. Elle a encore outrepassé ses droits ?!
-Je ne m'avancerai pas sur ce point, fit Mina. Bref, comme il a loupé le coche, Minerva a pu me prévenir et c'est ainsi que j'ai pu vous récupérer. Et vous voici.
-Pourquoi refuser qu'elle ait ses ASPIC à Poudlard ? demanda Muriel
-Ah, c'est vrai, la majorité de la population n'est pas au courant, se rappela Mina. Les examens passés dans cette école n'ont aucune valeur dans le reste du monde. Les élèves qui ont le potentiel de décrocher une véritable maîtrise sont repérés par les professeurs et envoyés à l'étranger dès que possible. Ils repassent également leurs ASPIC pour qu'ils aient les mêmes bases que les autres apprentis. Je voulais éviter de perdre une à deux années pour Ginevra ici présente.
Les deux rousses hochèrent la tête. Elles discutèrent pendant plusieurs heures de tous les aspects de l'apprentissage et se mirent d'accord pour que la plus jeune commence dès la fin de l'année scolaire.
