Lorsqu'elle redescendit quelques instants plus tard, elle était vêtue d'un pyjama tout ce qu'il y a de plus normal et couvrant. Tôshirô se surprit lui-même par ses pensées et s'insulta mentalement.

- Tu as faim ?

La question le sortie de ses pensées indécentes. Il n'avait pas réfléchi à la question mais maintenant qu'elle abordait le sujet, c'est vrai qu'il n'était pas contre manger un petit quelque chose.

Ils se dirigèrent vers la cuisine et Karin ouvrit le frigo. Elle sortit différents plats qu'elle disposa sur la table et lorsqu'elle se tourna de nouveau, elle lâcha un soupir désespéré.

Le jeune homme aux cheveux blancs lui adressa un regard interrogateur.

- J'ai oublié de mettre des sodas au frais. Ils vont être tiède. Il va falloir attendre un peu qu'ils refroidissent.

- Donne.

Cette fois, ce fut à la jeune fille de le regarder curieusement mais elle s'exécuta malgré tout.

Tôshirô lui prit les canettes des mains et quasi immédiatement, une aura glaciale se dégagea de ses paumes. Il lui en tendit ensuite une.

- Tu peux faire ça ? Oh punaise ça déchire !

Il ne trouvait pas ça exceptionnel du tout puisqu'il était habitué à ses pouvoirs mais voir l'admiration que cela suscitait chez Karin le rendit fier.

Elle ouvrit sa canette et la bue presque d'une traite. Ça faisait un bien fou !

Lorsqu'elle reposa le contenant à moitié vide, elle se rapprocha de Tôshirô et prit une de ses mains dans les siennes. Ce dernier cacha sa soudaine gêne derrière un masque de neutralité. Il n'était pas habitué à ce que les gens soient aussi tactiles avec lui. En fait, si, il y avait bien une personne qui l'était, Matsumoto, mais ce n'était pas pareil. Et comme il avait failli lui avouer tout à l'heure avant de se reprendre, il n'était pas attiré par elle comme il l'était pas Karin.

- Dis, tu peux le refaire ?

Les étoiles dans les yeux de la Kurosaki ne lui donnèrent pas d'autres choix que de s'exécuter. Karin vit alors une aura bleutée recouvrir la main du jeune homme et la fraîcheur qui s'en dégageait était aussi irréaliste qu'agréable. Subjuguée par cette capacité, elle examina sa main avec attention avant de la porter à sa joue.

Il sursauta.

Une fois la surprise passée, il observa la jeune fille et pris un certain plaisir à la voir soupirer de satisfaction. Elle ferma les yeux pour en profiter et ne se rendit pas compte de l'effet que cela provoqua chez le jeune homme qui se mit à rougir.

Il essaya de se concentrer et de ne pas penser à la peau douce de la jeune femme sous ses doigts mais c'était mission impossible. Aussi, il décida de se concentrer sur autre chose, notamment sur le fait de ne pas dégager trop de fraicheur afin qu'elle ne tombe pas malade.

Alors qu'elle réouvrait les yeux, elle fit descendre la main du jeune homme au niveau de sa nuque et la lueur de plaisir dans les yeux de Karin bouscula ses pensées. Faisait-elle exprès d'être aussi attirante ?

De son côté, la jeune femme ne savait pas trop ce qu'elle faisait. Elle avait conscience de jouer un jeu dangereux mais comme il ne reprenait pas sa main, elle décida de continuer. Son contact était tellement agréable. Lorsqu'elle posa son regard sur ses lèvres, elle eut la soudaine envie de l'embrasser. Allait-il l'en empêcher si elle essayait ?

Déconnectée de la réalité et perdue dans son imagination, elle se laissa porter par ses envies et elle déplaça la main de Tôshirô au niveau de ses clavicules, juste au-dessus de sa poitrine. Elle frissonna de plaisir sous ses doigts. Elle passa ensuite sa main libre dans les cheveux du capitaine et joua quelques instants avec avant de descendre ses doigts sur sa nuque et de remonter jusqu'à son visage. Alors qu'elle caressait sa joue, elle la sentit chauffer sous sa paume.

Elle était incapable de dire si c'était de gêne ou de plaisir mais lorsqu'elle voulut retirer sa main, prenant peu à peu conscience de ce qu'elle était en train de faire et culpabilisant d'être allée aussi loin, il l'en empêcha verbalement :

- Non.

Elle laissa échapper un sourire avant de continuer son ascension sur son corps. Elle glissa sa main au niveau de son torse et passa ses doigts en dessous de son kimono. Quand elle sentie ses abdos se contracter à son toucher et quand elle sentie leur fermeté, elle céda et captura ses lèvres.

Il répondit immédiatement au baiser et colla brutalement leurs corps. Quand ils entrèrent en contact, ils laissèrent échapper un gémissement, à moitié camouflé par leur baiser.

Après quelques secondes d'étreinte, Karin se rendit compte que même si elle en avait eu envie, elle n'aurait pas pu se soustraire à la prise de Tôshirô, le bras libre de ce dernier enserrant fermement sa taille. Elle était incapable de décrire la sensation que c'était d'être prisonnière de ses bras mais elle n'eut pas l'occasion d'y réfléchir qu'un courant d'air froid les entoura l'espace d'une seconde avant de disparaître aussi vite qu'il était venu.

Un coup d'oeil aux alentours et Karin se rendit compte que le capitaine les avaient amené dans sa chambre. Elle sourit contre ses lèvres.

- Puisque tu ouvres le bal..

Elle ne continua pas sa phrase. A la place, elle dénoua précautionneusement la ceinture qui entourait son torse et retenait Hyōrinmaru avant de déposer avec respect son Zanpakuto sur le côté. Elle allait s'attaquer à la ceinture de son kimono lorsque data-p-id=a6b702f76c229c118f3df8cc7ce466f9,Tôshirô lui murmura qu'elle pouvait encore tout arrêter si elle le souhaitait.

- Certainement pas.

Sa réponse arracha un franc sourire au jeune homme. Tant mieux, lui non plus ne le voulait pas.

- Putain, tu es beaucoup trop beau.

Déstabilisé par le compliment, il l'embrassa avec passion en réponse. Il aurait aimé lui dire qu'elle aussi, elle était magnifique, qu'elle captivait son regard à chaque instant mais il ne savait pas comment faire. Il ne voulait pas lui balancer un simple "toi aussi" mais il était incapable de trouver les bons mots.

A la place, ses doigts, toujours glacés, agrippèrent avec douceur ses cheveux avant de les tirer en arrière pour dégager sa nuque et y déposer une multitude de baisers.

Elle n'en revint pas. Le contraste entre ses lèvres bouillantes et ses paumes fraîches lui faisait perdre la tête. Elle se sentait partir dans un tourbillon de sensations exquises.

- Tôshirô.

Il stoppa tout mouvement pour encrer ses yeux dans les siens, attentif.

Cette façon qu'il avait de lui accorder toute son attention la faisait chavirer à chaque fois. Son coeur, habitué à courir un marathon, était presque à la limite de ses capacités lorsqu'elle sentait qu'il posait les yeux sur elle. Son regard était tellement perçant et profond qu'elle pouvait sentir son palpitant louper des battements.

Elle n'eut jamais l'occasion de lui dire ce qu'elle avait à lui dire car une voix portant depuis l'autre bout de la rue les interrompis.

- Taichooooooo. Vous êtes là ?

- Mais pourquoi veux-tu qu'il soit là ? Il n'y a personne, ils sont en vacances. La voix d'Orihimé portait également beaucoup.

Tôshirô plongea sa tête dans la nuque de Karin avant de lâcher un soupir excédé. C'est toujours dans son cou qu'il murmura :

- Laisse-moi 2 minutes. Je vais les tuer et je reviens.

Karin éclata de rire. La situation était tout ce qu'il y avait de plus gênant et pourtant, elle ne ressentait absolument aucune gêne. Le jeune capitaine ne l'était pas non plus. Non lui, il était juste terriblement énervé au point qu'une veine apparaissait maintenant sur son front même si Karin ne pouvait pas le voir.

La jeune Kurosaki en profita pour le titiller encore plus.

- Ne sois pas si impatient. Ce n'est que partie remise.

Il se redressa pour lui lancer un regard glacial. En colère oui, mais surtout, terriblement frustré. Elle ne donnait pas cher de la peau des deux jeunes femmes qui avaient osé les interrompre.

Tôshirô quant à lui, se souvins du moment où il s'était dit qu'il ne rencontrerait aucune difficulté à semer sa lieutenante, mais surtout du moment où il avait accepté qu'elle vienne. C'était la dernière fois qu'elle avait des vacances avant un bon moment !