VORACITY I - New World

Arc 4 : L'Écuyer Contrefait

Épilogue

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Il faisait sombre dans la pièce. La seule clarté provenait des braises mourantes dans la cheminée ainsi que des rayons de lune qui passaient par la fenêtre. Elle était pleine ce soir et la fenêtre était assez grande donc la luminosité était suffisante pour y voir, surtout si on avait une vision surhumaine.

Harddyn était assis dans un haut fauteuil de bois recouvert de coussins brodés. Totalement nu, sa peau pâle brillait d'un éclat argenté et ses yeux émeraude semblaient luire dans la pénombre. Les jambes croisées, il était nonchalamment appuyé sur le côté, son coude sur l'accoudoir, tout en s'amusant distraitement à faire rouler quelque chose de brun et oblong posé sur un guéridon. Ça ressemblait à un pépin de pomme, mais plus gros. Juste à côté, sur le plateau, il y avait un carré de plastique noir avec des sortes de pattes en métal. Une puce électronique.

De l'autre main, il tenait un large verre de vin. De temps en temps, il le portait à ses lèvres et en sirotait une gorgée, son regard inexpressif malgré le spectacle devant ses yeux.

Deux jeunes hommes se trouvaient sur le sol face à lui. Tout aussi nus qu'Harddyn, ils étaient engagés dans des ébats assez intenses. Couché sur le dos, le plus grand entourait le bassin de son compagnon, sa tête enfouie entre ses fesses. Celui de l'autre, à quatre pattes au-dessus de lui, reposait sur le pubis de son amant, l'intégralité de son sexe au fond de sa gorge. Son visage était rouge à cause de sa trachée obstruée et son corps était agité de soubresauts, mais il ne faisait pas mine de vouloir se redresser pour pouvoir respirer à nouveau. Il émit plusieurs sons étouffés avant de recevoir la permission mentale d'Harddyn d'arrêter. Avec un gargouillement proche du vomissement, il se cambra, cherchant l'air. Une quantité presque absurdement importante de salive jaillit de sa bouche, maculant complètement le pubis de son amant.

Il haletait. Ses yeux bleus étaient flous à cause du manque d'oxygène et ses cheveux blonds cendrés lui collaient au front. Son maître ne lui laissa pas le temps de se reposer et le força à reprendre sa fellation sans toutefois l'obliger encore une fois à pratiquer une gorge profonde. En fait, ce n'était pas vraiment une obligation, plus une directive silencieuse lancée psychiquement par Harddyn à l'esprit malléable et presque complètement brisé de Enan. Et encore, il n'envoyait pas exactement d'ordre, c'est plutôt que ses désirs étaient captés par les deux cousins en face de lui qui obéissaient sans discuter.

Cedoric et Enan Toldeyne étaient loin d'être sortis indemnes, mentalement parlant, de leur viol par les Gobelins plusieurs mois auparavant. Et ce que leur avait fait faire Harddyn durant leur séjour au capital ne les avait certainement pas aidés à aller mieux. Celui-ci avait, en quelque sorte réparé les dégâts en enfermant les souvenirs traumatisants dans une partie de leur esprit grâce à la Magie et à ses pouvoirs de Télépathe. Cela avait provoqué chez eux l'émergence d'une personnalité parallèle qu'il était le seul à pouvoir faire surgir.

Bien entendu, il avait manipulé leur mémoire ainsi que celle de tout le domaine Toldeyne pour leur faire accepter l'existence d'Aliz Jouvelon, mais cela n'avait rien à voir avec les bêtes en rut complètement soumises qu'ils devenaient une fois leurs souvenirs débloqués. C'était un processus tout à fait réversible à loisir comme l'avait démontré Hariel en organisant des spectacles à l'instar de celui de ce soir à plusieurs occasions durant son séjour à la Re-Estize. Observer les deux cousins baiser devant lui était assez amusant et représentait une sorte de vengeance pour toutes les stupidités qu'ils lui disaient dans la journée avec leur autre personnalité.

Harddyn n'était cependant pas seul avec eux dans la chambre. Inquisada s'y trouvait également. Celle que tous connaissaient comme la servante attitrée d'Azil Jouvelon était toute aussi nue que les autres, mais son corps était recouvert d'un complexe entrelacs de ficelles de chanvre tressé qui l'empêchait de bouger. Sur le ventre, l'un de ses bras était attaché dans son dos et l'autre par derrière sa tête, ses deux mains se rejoignant au bas de sa nuque. Sa jambe gauche était courbée vers le haut, son pied touchant presque ses fesses et sa droite était replié. Maintenue par des nœuds au niveau des mollets et des cuisses, il lui était impossible de se mouvoir.

Toutefois, elle parvenait toujours à bouger son bassin afin de le frotter sur le sol tout en tirant la langue aussi loin qu'elle le pouvait pour lécher les orteils d'Harddyn à proximité. Bien entendu, celui-ci avait fait en sorte qu'elle ne puisse jamais les atteindre. C'était ce supplice de Tentale qui provoquait l'excitation qui la faisait se claquer le sexe contre le parquet. De temps en temps, elle murmurait des choses comme "Maîtres Harddyn", "Si cruel", "mettez vos sublimes pieds dans ma bouche, je vous en prie" entre autres choses.

Toutefois, il y avait encore une dernière personne dans la pièce. Dissimulée dans les ombres se tenait une silhouette en robe de servante du palais qui parlait à voix basse à Harddyn. Elle avait un joli visage en forme de cœur et une imposante coiffure faite d'une structure complexe de boucles roses.

L'agent aux multiples faciès (ou plutôt multiples têtes) qu'il avait posté auprès de Renner était venu lui faire son rapport. Bientôt, elle devrait le faire au QG du renseignement de Re-Estize (c'est à direction le groupe de Dopplegangers qui avaient pris la place de Sebas et Solution) et seulement par messages. À moins bien sûr qu'elle ou Renner estime que l'information soit d'importance, auquel cas, l'espionne lui en ferait part directement, où qu'il se trouve.

Car, en effet, Harddyn avait décidé de partir. La prophétie s'était réalisée et les Huit Doigts étaient à présent sous leur contrôle. Avec Zéro mort, Cocco Doll en prison et Hilma Cygnaeus de leur côté (leur ayant juré fidélité après une séance de torture des plus atroce), les 5 derniers directeurs de branche ainsi que le mystérieux meneur n'avaient posé aucun problème. Introduits par leur nouvelle taupe, Hilma dans les locaux (qu'ils connaissaient de toute façon déjà), Aura et Mare s'étaient chargées d'eux. La première les avait paralysés puis, avec l'aide de son frère, les avait amenés jusqu'à un portail ouvert spécialement pour eux et vers les tourments qui les forceraient à leur tour à se soumettre.

Grâce aux nombreuses trouvailles en matière de documents relatifs au fonctionnement de l'organisation, conserver les dirigeants actuels n'était pas indispensable. Toutefois, avoir des marionnettes ayant des contacts avait ces avantages. Bien entendu, l'ensemble des opérations nécessiterait une refonte totale. Il fallait faire croire aux autorités du Royaume qu'ils étaient parvenus à mettre les Huit Doigts hors d'état de nuire ou qu'ils étaient trop affaiblis pour se défendre contre les opportuns voulant prendre leur place. Donc, chaque département deviendrait indépendant, adoptant la forme de différentes Guildes en apparence sans liens entre elles.

En apparence seulement puisque tout serait en fait dirigé depuis Nazarick. Un groupe de travail serait mis en place pour coordonner les efforts de chacune de ces Guildes, combinant leurs actions pour leur propre bénéfice même au détriment (encore une fois, en apparence) des autres. Stimuler des rivalités serait le meilleur moyen pour que personne ne soupçonne qu'un seul cerveau criminel soit aux commandes toute la pègre du Royaume.

Bien entendu, certains départements eux-mêmes devraient être repensés. Ceux des Assassins et des Voleurs devraient rester inchangés dans leur majorité. De même que celui des banques. Quand aux autres, comme le jeu, la sécurité, la drogue ou la contrebande, ils devraient évoluer pour qu'une partie de leurs activités demeurent dans la légalité afin de mieux dissimuler celle qui l'était moins.

Ainsi, la Guilde des Jeux allait ouvrir des casinos et des arènes publiques dans la ville ainsi que dans le reste du pays. Cela permettrait notamment un développement sans précédent du divertissement qui était assez limité en ce monde. Le Département Sécurité se reconvertirait en Guilde de Mercenaires, une forme plus privée et onéreuse que celle des Aventuriers. Bien sûr, des Compagnies de Mercenaires existaient déjà dans le Royaume, mais la Guilde proposerait une mutualisation des moyens de chacune d'elles ainsi qu'une centralisation des demandes d'emploi. Cela devrait causer quelques frictions avec leurs homologues Aventuriers, mais un peu de concurrence ne faisait jamais de mal. Pour ce qui est de la contrebande, le mieux était de dissimuler ses activités en créant une Guilde de Transporteurs rassemblant compagnies maritimes, caravanes marchandes et même simple porteur à pied. Après tout, il serait plus facile de cacher certaines cargaisons illicites au milieu d'autres, plus officiels. Enfin, la Guilde des Pharmaciens ouvrirait des officines pour vendre des remèdes et potions extrêmement légaux (et de qualités puisque provenant du génie de Nfirea Bareare) tout en continuant le trafic de drogue sous le manteau.

Comme l'esclavage était à présent interdit, le département qui l'exploitait était voué à disparaitre. Néanmoins, ce n'était pas la seule manière de faire du commerce des corps. La création d'une Guilde des Fleurs permettrait de construire de nombreuses maisons closes officielles au travers du pays sans cesser toutefois de fournir de la chair fraîche pour les clients possédant des goûts spécifiques.

Enfin, un neuvième et dernier secteur d'activité devrait voir le jour, à la fois secret et très public, celui des "influences". En clair, il s'agirait d'individus chargés de manipuler les personnes au pouvoir afin de faire passer des lois allant dans le sens des autres Guildes ou même de Nazarick. Bien entendu, Renner, du fait de sa position et de son intelligence, y aurait une place prépondérante.

Toujours était-il que bien que tout cela ne soit encore qu'à l'état de projet, la présence d'Harddyn à la capitale du Royaume n'était plus nécessaire. Lui-même souhaitait partir au plus vite. Malgré les amitiés qu'il avait tissées, il avait hâte de retourner à ses recherches ou à ses explorations. Il y avait tout un monde qui n'attendait que lui et des plaisirs auxquels il refusait de passer à côté. Il avait trop longtemps vécu sans jamais penser à ses propres désirs (depuis qu'il était né en fait), qu'il se sentait un peu débordé, mais, surtout, très excité.

Ainz, lui avait déjà quitté la ville dans la matinée. Apparemment, Evileye avait tenu à lui dire au revoir et les Roses Bleues l'avaient suivi. Harddyn, toujours sous les traits d'Aliz, y était allé également. Officiellement, c'était pour remercier le Guerrier Noir de l'avoir aidé la nuit précédente. Officieusement, c'était plus pour apprécier le spectacle. L'Aventurière Vampire ressemblait à une jeune fiancée souhaitant bonne chance à son bien-aimé. C'était à hurler de rire. Mais le plus amusant était quand même que Ainz ne s'en rendait toujours pas compte. À cause de cela, ses réponses neutres avaient l'air d'être des vents qu'il envoyait à la femme. Cependant, sur ces entrefaites, une autre personne avait un peu gâché le moment. Quoiqu'à bien y réfléchir, cette rencontre avait été tout aussi intéressante pour Harddyn.

C'était la première fois qu'il voyait le Marquis Raeven. Il en avait bien sûr entendu parler. Il prétendait être du côté des Nobles tout en servant le Roi dans l'ombre et en soutenant le second Prince qui pensait le plus apte à lui succéder. Il était également au courant de la véritable personnalité de Renner, mais avait su l'utiliser à son avantage. Un fin tacticien en quelque sorte. Toutefois, c'était aussi un Noble, en vertu comme en titre. C'était un bon mari, un bon père (malgré le fait qu'il soit totalement gaga de son fils) et un bon Seigneur. Il avait une conscience aiguë de ses devoirs, raison pour laquelle il avait, au contraire d'autres Nobles, envoyé ses propres troupes à l'aide des citoyens et engagé Ainz, enfin, Momon, pour attaquer Jaldabaoth.

Il avait même défendu celui-ci lorsque ses pairs avaient commencé à fortement le critiquer. En effet, quand Momon s'était vu proposer un titre pour ses exploits, il avait, sur les conseils d'Harddyn, refusé. Un titre les aurait forcés à entrer dans le duel de force entre les deux Factions, Noble et Royale, et ça, il ne le voulait pas du tout. Trop problématique. Le souci, c'était que l'aristocratie avait commencé à protester et à accuser Momon d'irrespect envers la personne du Roi puis à le blâmer pour la fuite de Jaldabaoth voir à insinuer une certaine collusion avec le Démon (ce qui était vrai, mais c'était quand même gonflé de leur part).

Pourtant, ce n'était pas cela qui énervait le plus Harddyn. C'était l'hypocrisie. Si un simple Guerrier avait été anobli pour seul motif de ses exploits et de sa force, ces mêmes Aristocrates en auraient été offensés. Sans compter que cela voulait dire qu'un Combattant aussi puissant que Gazef, voire plus, se serait retrouvé du côté du Roi et ça, ils ne pouvaient pas se le permettre.

Il s'avère cependant que, dans ce chaos, le Marquis avait défendu Momon et fait taire les Nobles alors qu'à aucun moment il n'y était obligé. Allant même jusqu'à prendre sur lui de possibles retombées en arguant que c'était lui qui avait engagé le Guerrier. Ce à quoi Momon avait ajouté qu'il avait accepté une requête en tant qu'Aventurier et que si, pour cette raison, il devait recevoir un titre, alors tous les autres Aventuriers également. L'argument avait calmé les remarques, mais les tensions demeuraient parmi les Nobles. Ce qui s'était passé pendant ces évènements avait amélioré des réputations, mais pas les leurs. Les Aventuriers, qui s'étaient retrouvés en première ligne, le Marquis Raeven et le Prince Zanac qui avaient patrouillé dans la capitale et, bien sûr, celle du Roi qui avait lui-même rejoint le champ de bataille avec ses Guerriers.

Mais les Nobles, eux, s'étaient contentés de se barricader chez eux avec leur propre garde sans rien faire d'autre pour la population. Théoriquement parlant, c'était leur bon droit. Il s'agissait de la capitale, pas de leurs territoires, ils n'avaient donc pas pour devoir d'agir. Au contraire, même, ils considéraient que si Ramposa III était incapable de protéger son territoire alors il n'avait aucune légitimité au trône. C'était ce manque d'unité nationale qui faisait la plus grande fragilité du Royaume et qui pourrait, à l'avenir provoquer sa perte.

C'était, au final, l'une des raisons qui faisait qu'Harddyn ne regrettait pas son départ.

Bien entendu, il lui faudrait dire au revoir à Climb ainsi qu'à Gazef et à Brain. Les adieux avec ces deux derniers devraient d'ailleurs être extrêmement chauds, humides et visqueux. Ils allaient lui manquer tous les deux, en particulier le Capitaine, mais sa décision était prise. Toutefois, cela pourrait attendre le lendemain. Cela avait été une journée chargée.

D'après les renseignements que Renner lui avait fait parvenir par l'entremise d'Adellia Boopie, l'artefact prétendument recherché par Jaldabaoth avait bien été retrouvé et sécurisé par la Guilde des Magiciens qui l'étudiait. C'était Climb qui s'était occupé de l'escorte donc c'était une information solide. Il s'était assez bien remis de la nuit donc Harddyn était satisfait. Toutefois, une dernière mauvaise nouvelle l'avait quelque peu ébranlé. En effet, Renner lui avait fait savoir que les personnes qu'il avait libérées de la maison close clandestine avaient été tuées. Renner les avait mis en sureté quelque part hors de la capitale avant de les envoyer dans l'un de ses domaines, mais l'information avait dû fuiter pendant l'attaque. À ce moment-là, la sécurité du château avait été affaiblie. Bien entendu, elle avait engagé des Mercenaires pour les protéger, mais ils étaient morts avec eux.

Face à Climb, Renner s'était montrée pleine de regret. Elle lui avait dit qu'elle s'en voulait de ne pas y avoir fait plus attention, de ne pas les avoir éloignés directement… sans compter qu'elle ne savait également pas comment s'excuser auprès des Aventuriers qui lui avaient présenté les Mercenaires. Elle avait envisagé de les engager eux, mais à cause des évènements de la capitale…

Bien entendu, le jeune homme s'était écrié que ce n'était pas sa faute et l'avait consolée ce qui était exactement ce que désirait Renner. Parce qu'évidemment, tout cela avait été calculé. Contrairement à ce qu'avait raconté Renner, il n'y avait aucun cadavre puisqu'il s'agissait d'une mise en scène. Elle avait dit à Climb que tous avaient déjà été enterrés et l'avait encouragé à passer à autre chose en sachant qu'il n'essaierait jamais d'en savoir plus. Quant aux autres… qui se souciait de la mort de quelques Prostitués et d'une poignée de Mercenaires ? Tant les uns que les autres avaient été perdus dans le système grâce au talent de manipulatrice de la Princesse.

« Comme vous l'avez demandé, ils ont tous été immobilisés et transférés à Nazarick, Maître Harddyn. »

« C'est bien » répondit presque distraitement Harddyn.

Sur le parquet, Cedoric et Enan avaient changé de position. Le premier était couché en travers des genoux du second alors que celui-ci faisait pénétrer ses doigts les uns après les autres dans son anus. Il en était déjà à quatre.

« Les troupes que je t'ai assigné te conviennent ? » Demanda-t-il.

« Elles sont tellement charmantes que c'est un plaisir » roucoula la servante.

Harddyn insistait à présent pour que chaque agent sur le terrain ait à sa disposition une équipe de soutien pour l'aider dans sa mission. Devoir faire venir des troupes de Nazarick à chaque fois était bien trop handicapant. Ainsi, les Doppleganger en ville avaient les Démons des Ombres et Adellia avait ses Poupées Démoniaques. Il s'agissait de Monstres Synthétiques de type Pantins qui ressemblaient à des poupées de porcelaine victoriennes, très jolies, mais aussi extrêmement dangereuses. Malgré leur taille (une 40aine de centimètres), elles étaient aux alentours du Niveau 50 et donc parfaitement à même de s'occuper d'Humain, quelle que soit leur force. Comme par exemple, des Mercenaires.

Bon, bien sûr, pour ce qui était du transport, il était encore nécessaire de faire appel à Nazarick pour ouvrir un Portail. Toutefois, l'idée d'Harddyn de créer un réseau de Mages Téléporteurs présent dans chaque équipe faisait son chemin. Pour ce qui était d'Adella, peut-être qu'il invoquerait pour elle un Arlequin Nuisible. Normalement, il avait des Compétences capables de déplacer des êtres d'un endroit à un autre. Si cela fonctionnait comme un portail, ça pouvait être utile.

Toujours était-il qu'Harddyn était assez satisfait de la situation. Le détournement des Prostitués et des Mercenaires irait encore ajouter de nouveaux cobayes à leurs expérimentations. Pour ce qui était des seconds, il était probable qu'ils rejoignent le centre d'étude du Niveau 7. Pour les autres, Harddyn avait quelques idées en tête. Tout comme Tuare (qui avait été introduite auprès des Soubrettes Homoncules par Sebas), elles seraient employées par Nazarick, mais pas comme Servantes. Du moins, un autre type de Servantes.

Harddyn avait créé énormément de contenu pour YGGDRASIL, mais toutes ses idées n'avaient pas été acceptées par la direction de la compagnie. À l'époque, il se fichait de ça puisqu'il ne ressentait rien de particulier. À présent cependant, il reconnaissait éprouver une certaine frustration à ce sujet. Il faut dire que près de 70% de ce qu'il avait développé avaient été soit modifiés soit complètement supprimés.

C'était notamment le cas pour toute une série de Classes particulières lié au travail du sexe. Le jeu avait beau être réservé aux plus de 18 ans, tout contenu érotique avait été banni. Le sang et les tripes, il n'y avait aucun problème, mais il était interdit de voir un nichon. Si ça, ce n'était pas de l'hypocrisie… Toujours était-il qu'il avait créé la Classe de Prostitué(e) ainsi que plusieurs autres Classes de Rôle du même type. Leur particularité était les séductions (et donc la manipulation) de Monstres Humanoïdes, Semi Humains et quelques Heteromorphes afin de les contrôler. En clair, cela devait apporter un avantage certain à des Classes comme les Dompteurs ou les Invocateurs.

Ces Classes n'étaient jamais sorties, mais bien évidemment, Harddyn avait tout conservé dans son Oasis. C'était en infiltrant le bordel aux côtés de Sebas qu'il s'en était souvenu et qu'il avait décidé d'expérimenter. Puisqu'il était parvenu à ce que Zenberu assimilé des Cristaux de Données comme n'importe quel Joueur ou PNJ, alors il serait assez facile de faire la même chose avec ces femmes et ces hommes.

Par la suite, il avait l'intention d'ouvrir un lupanar à Nazarick pour les mettre au travail et les regarder se débrouiller et évoluer avec leurs nouveaux pouvoirs. Quand à la direction des lieux, il savait exactement à qui demander.

Parmi le groupe des 100 appelé les 7 Péchés Capitaux, il y avait déjà Gluttony, le Prince Démon de la Récolte (celui qu'il avait envoyé suivre les expéditions d'exploration), Wrath, le Prince Démon de la Confection (l'immense Démon Rouge chargé des forges et des ateliers de Nazarick), Pride, le Prince Démon de la Préparation (à l'apparence d'adolescent et qui travaillait notamment en cuisine), mais aussi (et bien sûr) Lust, le Prince Démon de la Débauche. Tout comme pour les autres, iel l'avait créé pour tester les Classes de non-combattants, et ce même si à aucun moment elles ne seraient utilisées en situation réelle. Jusqu'à maintenant. En tous les cas, la Démone ferait une excellente mère maquerelle et si tout se passait bien, ses employés seraient par la suite réintégrés aux effectifs ordinaires dans le Royaume.

« Y-a-t-il autre chose ? » Demanda finalement Harddyn.

« Non, Maître Harddyn » répondit la Servante.

D'un geste négligent, celui-ci lui signifia son congé. La femme s'inclina avant de reculer, laissant les ténèbres l'absorber. Choisir la Race Démon des Ombres était une bonne idée. Parfait pour un Ninja. Et sa nature de Pantin lui permettait d'avoir la Classe de Garde Mécanique ce qui faisait d'elle un excellent garde du corps. Sans compter que l'ajout de la Race Dulahan lui avait donné des capacités d'infiltration hors pair. Elle n'était que Niveau 55, mais Harddyn pensait que c'était suffisant pour accomplir ses différentes missions : servir de relai entre Renner et Nazarick, surveiller celle-ci pour éviter tout risque de trahison (simple précaution), la protéger si nécessaire et de manière générale, exécuter tous les ordres qu'elle pourrait recevoir de sa nouvelle maîtresse. Rien d'exceptionnel pour un serviteur de Nazarick.

Toutefois, d'un autre côté, Adellia Boopie était quelque peu particulière aux yeux d'Harddyn. Elle n'était pas comme Anya, il n'avait pas pris un PNJ existant qu'il avait modifié avec [Reconstruction]. Non, cette fois, il avait utilisé l'autre Compétence que lui offrait sa Classe de Grand Sage, [Don d'Existence].

Il avait alors remarqué que, comme [Reconstruction], le pouvoir de celle-ci avait été considérablement amplifié par sa Classe d'Administrateur. Au départ, [Don d'Existence] ne permettait à Harddyn que de créer des PNJ par lui-même, pour son usage ou pour la Guilde en dehors des limites existantes et [Reconstruction], de vérifier les informations et de modifier ceux-ci où ceux dont il avait l'accès. Toutefois, de la même manière que la seconde lui permettait à présent d'analyser et remanier n'importe quel être ou non-être existant [Don d'Existence] lui permettait de les fabriquer de zéro. Bien entendu, ça, il l'avait déjà vu il y a longtemps. Cependant, il n'avait pas bien compris l'étendue du pouvoir qu'il possédait avant récemment.

Quand il l'avait utilisé pour créer Adellia, une fenêtre était apparue devant lui avec quatre options : Êtres, Non-Êtres, Environnement, Principes.

Hésitant, Harddyn sétois dit qu'il allait d'abord s'occuper de ce qu'il désirait faire avant d'explorer. Il avait donc appuyé sur le bouton "Être", ce qui avait ouvert un second menu avec, cette fois, sept nouvelles options : Archées, Protozoaires, Bactéries, Chromistes, Champignons, Végétaux, Animaux. Quand il était encore sur Terre, Harddyn avait fait des études de biologies. Il savait qu'il s'agissait là des 7 règnes taxinomiques du vivant, la classification de l'intégralité des espèces.

Harddyn craignait qu'en sélectionnant "Animaux" le menu ne lui propose l'ensemble des divisions puis des classes, ordres et familles qui étaient les niveaux suivant de la hiérarchie des Êtres, mais à la place (et à son grand soulagement), il avait eu accès à une liste qui lui présentait divers types d'outils de recherche. Ayant une idée de ce qu'il désirait, il avait choisi des Races et des Classes directement dans le menu, paramétré son apparence (vêtements compris) et créé sa personnalité avant de lancer le processus de transfert dans le réel.

Il s'était aussi retrouvé avec des tas d'options utiles comme si la Compétence était un logiciel bien construit. Grâce à cela, il avait la possibilité d'enregistrer sa recherche, de conserver ses préférences ou encore d'archiver sa création au cas où il désirerait en matérialiser plusieurs. Il pouvait même faire en sorte que le système génère des différences génétiques automatiques pour que les copies ne soient pas exactement identiques ou lui permettre de modifier lui-même la version depuis un l'éditeur. Il pouvait ainsi créer des populations entières rien qu'en appuyant sur quelques boutons.

Il s'était donc rapidement trouve face à une Adellia en tout point conforme à ce qu'il avait imaginé, une version tout aussi autonome que n'importe quel PNJ alors qu'elle venait seulement d'apparaître dans ce monde. C'était à la fois bluffant… et effrayant. Mais pas autant que ce qu'il avait découvert par la suite.

Grâce à cette Compétence, il avait accès à toutes les espèces existantes, mais il pouvait également en créer de nouvelles. Créer de nouveaux animaux, sentients ou non, de nouvelles plantes comme des arbres ou des fleurs, des bactéries inconnues…

C'était particulièrement utile pour la catégorie "Non-Être" puisqu'il était alors possible d'inventer des objets qui n'avaient jamais existé dans YGGDRASIL ou dans les archives d'Harddyn. Mais le véritable potentiel de cette fonction n'était vraiment visible que pour l'option "Principes".

Déjà, la catégorie "Environnement" était impressionnante à un certain niveau. Il s'agissait cependant moins de créer que de composer un microcosme : ruban, montagnard, maritime… et de le fusionner avec le monde réel. Toutefois, l'ampleur de certaines options avait laissé Harddyn assez pantois. Notamment les sous-catégories "Corps Célestes" et "Dimensions". Déjà, avoir la possibilité de créer sa propre planète ou sa propre étoile était assez perturbant, mais pouvoir complètement concevoir un autre univers était carrément surréaliste. Tout ce pouvoir parvenait même à le mettre mal à l'aise. Mais encore une fois, ce n'était rien à côté de "Principes".

En effet, cette catégorie relevait de ce qui était intangible, qui ne pouvait être manipulé en soi-même. Cela voulait dire les lois de la physique, celles de la magie, de la météorologie ou de la logique… avec cela, créer des Sorts inédits était à son porté et c'était vraiment une peccadille par rapport aux possibilités qui lui étaient offertes. S'il souhaitait que la chlorophylle renvoie en priorité les rayons de lumière rouge plutôt que les verts alors toute la végétation de la création prendrait ces couleurs. S'il désirait que l'oxygène ne soit plus nécessaire aux êtres vivants, alors il en serait ainsi. Et d'ailleurs, s'il voulait que celui-ci n'existe plus, tous les êtres qui en avaient encore besoin disparaitraient.

C'était un pouvoir absolu. Le pouvoir d'un Dieu.

Alors qu'Harddyn se faisait ces réflexions, il continuait à regarder Cedoric et Enan. Ils avaient encore une fois changé de position. L'aîné avait couché son cadet sur le sol, ses jambes sur les épaules pour pouvoir le pénétrer plus facilement. Enan, lui recevait tous les coups de son cousin avec un plaisir évident si on se referrait à son expression béate et à sa bouche ouverte. Il devait probablement pousser des cris de jouissances, mais Harddyn avait posé une barrière de silence autour d'eux. Il ne se sentait pas de les écouter ce soir. Seulement de les voir.

Soudain, une musique brisa le calme de la nuit. Les yeux toujours fixés sur le spectacle, Harddyn déposa son verre de vin sur son accoudoir puis tendit le bras. Son CrysTel abandonné au sol quand il s'était déshabillé un peu plus tôt jaillit dans sa main.

« Jidoja » dit-il sans même regarder son écran.

La sonnerie était de la Pop coréenne donc cela ne pouvait être qu'elle.

« Très bien, je vous rejoins » dit Harddyn après un moment.

Il éloigna le téléphone de son oreille, puis tapota la surface du pouce avant de l'y porter à nouveau.

« Jidoja m'a appelé pour que je les rejoigne… oui, c'est bien cette histoire de vaisseau spatial… bien sûr, Ainz, je te tiens au courant. »

Harddyn se leva alors et commença à se diriger vers la porte. Un gémissement désespéré lui fit tourner la tête.

« J'y étais presque… » dit Inquisada avec frustration.

« Allons, tu sais bien que ça n'allait pas arriver » lui dit Harddyn.

« Pitié Maître ! Laissez-moi… laissez-moi jouir ! » Geignit la jeune femme au sol.

« Les vilaines filles qui font des films de leur Maître à la dérobée quand celui-ci est en plein ébat n'ont pas le droit de jouir » dit Harddyn avec une voix douce et chaleureuse.

« Donc si je ne le fais pas à la dérobée c'est perm… Ah ! »

D'un geste nonchalant de la main, Harddyn avait resserré les cordes autour d'elle. Le chanvre rêche irritait sa peau pâle, laissant des marques rougeâtres qui ne tarderaient pas à devenir violacées. Elle se cambra alors en arrière en poussant un gémissement mêlant douleur et plaisir.

« Puisque tu sembles si désespérée d'être touchée, je vais peut-être trouver quelqu'un pour le faire. »

À ce moment-là, Cedoric cessa ses coups de boutoir et se retira complètement de l'anus de son cadet. Celui-ci se retourna alors sur le ventre et se mit à ramper sur le sol en direction d'Inquisada, son cousin le suivant à quatre pattes, comme un chien. Sans langue pendait d'ailleurs comme tel et ses halètements et grognements emplissaient la pièce puisqu'Harddyn avait également enlevé la bulle de silence.

« Que… quoi ? Non ! Non, éloignez-vous ! » S'écria alors la jeune femme en essayant de fuir les deux hommes qui avançaient vers elle.

Comme elle était toujours ligotée, elle ne pouvait que se contorsionner brutalement tel un poisson hors de l'eau. Mais c'était inutile. Cedoric l'atteint en premier. Il se saisit d'elle et plaqua son dos contre son torse. Ses mains se posèrent sur ses seins rendus fermes par l'excitation et la compression due aux cordes et se mit à les malaxer durement tout en léchant son cou avec fièvre.

Enan, lui, avait pris ses cuisses avec force, laissant des marques qui se transformeraient bientôt en hématome en forme de main. La langue pendante et dégoulinante de salive, il se pencha sur son bas ventre et entreprit de lécher la vulve d'Inquisada. Celle-ci, enserrée comme elle l'était entre deux cordes tendues, était bombée et entrouverte. Enan se mit à enfoncer sa langue dans la fente humide avant de remonter pour sucer et mordiller le clitoris turgescent.

« Non ! Pas ça ! Immondes créatures humaines ! Ne me toucher p… mmmh ! »

Elle n'avait pu terminer sa phrase, car Cedoric, prenant une pleine poignée des cheveux blonds de la femme, avait tiré sa tête en arrière pour poser sa bouche contre la sienne. Ce n'était pas vraiment un baiser, c'était plutôt une succion constante de la langue d'Inquisada alors que l'homme tentait d'avaler son visage.

Harddyn, de son côté, se contentait de s'habiller sans prêter attention aux outrages que subissait sa servante. Il enfila une longue tunique de lin noir assez simple brodé d'or au col et au bout des manches ainsi qu'une ceinture de disques dorée et des ballerines sombres. Il posa ensuite son CrysTel sur son poignet autour duquel il s'enroula de lui-même.

Le cri mêlé d'un gémissement d'Inquisada le fit à nouveau se tourner vers le trio. Enan sentait redressait et avait enfoncé son sexe dans le vagin inondé de salive de la jeune femme où son frère s'apprêtait à l'y rejoindre.

« Non, non » l'interrompit Harddyn. « l'autre trou. »

Inquisada poussa un nouveau cri quand Cedoric dévia pour introduire son propre sexe dans l'anus sec de la servante. Il allait se mettre à bouger quand il fut à nouveau interrompu par son Maître.

« Tous les deux. »

« Ah ! Maître ! » S'écria Inquisada alors qu'Enan rejoignait Cedoric dans son anus martyrisé. « Quelle disgrâce ! Quel opprobre ! Je vous remercie de tout mon cœur ! Savoir que vous êtes celui qui m'a offert à ces deux bêtes en rut me comble de joie ! Je me sens plus bas que terre ! »

« Mais oui, mais oui » soupira Harddyn.

C'était assez difficile de punir une masochiste qui aimait également l'humiliation. Peut-être qu'il devait tout simplement la priver de sexe ? Non, l'edging était aussi un de ses fantasmes. Et il ne pensait pas que lui enlever son désir soit une bonne idée. À quoi bon regretter ce qu'on ne ressentait plus ? Décidément, discipliner le petit personnel était vraiment compliqué.

Harddyn se détourna donc du spectacle devenu inintéressant et ses yeux tombèrent sur le guéridon juste à côté de son siège. La graine sombre et la puce s'y trouvaient encore. Il hésita quelques instants puis s'en approcha. Il prit les deux entre ses doigts et les leva au niveau de son regard.

Oui. Il y avait du potentiel à exploiter. Il ne savait pas encore lequel, mais il était sûr qu'il trouverait un moyen d'expérimenter cela.

Satisfait de sa résolution, il déposa la graine dans son inventaire… avant de disparaitre.

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Le serpent de mer avait été attaché à la coque pour éviter qu'il ne coule ou ne se mette à dériver. Un tri avait été fait sur le pont. Les Poissons-Insecte encore entiers, la majorité étant celle qui était morte en perdant leur connexion avec la bête, avaient été rassemblés dans de larges caisses pour les préserver. Après quelques essais, l'équipage de l'Empress Ancelda's Revanche avait découvert que les parasites étaient parfaitement comestibles donc tous les autres avaient été vidés, cuits et mangés.

Après cela, les déchets avaient été brûlés par Magie et le pont avait été nettoyé de son sang. Malheureusement, les dégâts étaient nombreux. La coque était fendue en de multiples endroits et des parties du bastingage avaient été complètement détruites. Il y avait des trous dans le tillac, des cordages et des haubans pendaient, certaines voiles étaient déchirées et même l'artimon était couché en travers du gaillard d'arrière. Et c'était sans compter les plusieurs dizaines de pertes à déplorer.

Tout en écoutant les rapports de Jidoja et d'Aude-Lise, Harddyn observait le corps du serpent tout en mâchonnant le Poisson-Insecte grillé planté sur un pique de bois qui lui avait été donné. Effectivement, ce n'était pas mauvais. Si à l'avenir ils rencontraient un autre de ces Serpents de Mer, ils devraient sans doute penser à le capturer vivant afin de pouvoir récolter ces denrées. Cela pourrait devenir un approvisionnement utile. En attendant, on pouvait toujours l'étudier.

« Et ensuite ? » Demanda-t-il.

« Nous avons décidé de rester à distance pour éviter d'être repérés » continua Jidoja. « Puis mon équipe et moi avons emprunté une chaloupe de l'Empress pour nous rendre à terre sous un Sort d'Ombre de Kunée. »

Harddyn hocha la tête. L'Ombre de Kunée était le plus efficace des Sorts de dissimulation du Jeu. Il était très difficile à contrer. Seuls des Sorts ou des Techniques de Niveau 11, des Objets de Rang Monde ou les Capacités de puissants Boss pouvaient le déjouer. L'invisibilité qu'il procurait était à la fois physique, psychique, magique et même électronique. Si la civilisation auquel appartenait le vaisseau qu'ils avaient suivi était aussi développée, alors ce Sort serait plus qu'utile.

« Qu'est-ce que vous avez trouvé ? »

« Une terre aride. Une alternance de pleine et de petite montagnes rocailleuses. La végétation est plutôt sèche et composée en majorité de cactées et de buissons épineux. La faune est nombreuse et parait assez hostile. Mais aucun n'a été en mesure de nous repérer. Pour leur Niveau, j'estime qu'ils devraient être entre 10 et 50. »

Harddyn hocha la tête. Rien de vraiment dangereux pour eux. Cela restait tout de même assez impressionnant, particulièrement sinon considérait que le Niveau des Monstres du Continent Est ne semblait dépasser les 30 qu'assez rarement.

« Et la population ? »

« Nous avons suivi le signal sur une dizaine de kilomètres… »

« À pieds ! Sans voiture ! » Intervint Eodunn qui se trouvait non loin.

« … Jusqu'à arriver à ce que nous pensons être une ville. »

« Vous pensez ? » Demanda Harddyn, un sourcil levé d'incrédulité.

« La structure était entourée d'une enceinte circulaire, apparemment faite de béton ou d'une matière minérale approchante. Nous avons estimé sa hauteur à près de 800 m pour une longueur d'environ 500 km. »

« Le périmètre a été calculé en fonction de la courbure de la muraille » précisée Hae.

« Impressionnant » admit Harddyn.

Avec un tel pourtour, la ville devait s'étendre sur plus de 150 km pour une superficie 20 000 km2 à peu près. Au moins 13 fois celle de Londres.

« Rien d'autre ? »

« Eh bien… » hésita Jidoja. « De là où nous nous trouvions, nous n'avons vu que le mur. Il semblait totalement aveugle et il n'y avait aucun autre indice d'activité sentiente de notre côté. Hae a procédé à une rapide inspection à vitesse élevée autour de l'enceinte et elle a découvert… qu'il n'y a pas de portes. »

« Pas de porte ? » Demanda Harddyn, perplexe.

« Aucune discernable » précisa la Femme-Renard. « De plus, sur toute la durée de notre présence sur les lieux, environ 12 h, il n'y a eu aucun mouvement aérien sortant de la zone. »

L'absence de porte pouvait s'expliquer. Si la population avait les moyens technologiques de voler, il était donc inutile de créer des ouvertures sur le milieu hostile qui les entourait, le milieu même qui devait avoir provoqué la construction de la muraille. Afin de les en protéger. Toutefois, qu'aucun transport n'ait été aperçu pouvait donner une autre explication. L'isolement, voire même, l'autarcie. Soit il s'agissait de la seule cité de la sorte sur le continent, soit ils n'avaient aucun contact avec d'autres et donc aucun échange ni diplomatique ni commercial. De plus, s'il n'existait pas de nécessité pour les habitants de sortir, cela voulait probablement dire que ce qui était derrière les murs était autonome et produisait soi-même ce qui lui était nécessaire.

Bien sûr, ce n'était que des hypothèses. Peut-être que les communications étaient seulement radios. Peut-être qu'ils possédaient également des passages souterrains pour pouvoir sortir de la ville. En vérité, cette enceinte représentait un mystère total à l'intérieur de laquelle tout était possible tant qu'on ne serait pas réellement allé voir ce qui se passait derrière. Il fallait donc… explorer.

« Mais tout d'abord… » murmura-t-il pour lui-même.

Il jeta un Sortilège de Stase sur le cadavre du Serpent de Mer et sur les caisses de Poissons-Insectes. Il lui serait difficile de les ramener lui-même jusqu'à Nazarick. C'était beaucoup trop volumineux pour son inventaire et les Sorts de rétrécissement fonctionnaient mal sur les matières biologiques (disons que les changements de taille successifs avaient tendance à provoquer des modifications indésirables de la structure organique). Il faudrait probablement demander à McFly de venir à bord d'un Pélican. Une fois agrandies par magie, ses soutes seraient sans doute capables de ramener ce monstre jusqu'à la terre ferme. Jusque-là au moins, ses chaires et celles de ses sbires seraient préservées.

« Une bonne chose de faite » dit Harddyn. « Pour la suite… suivez-moi ! »

Il se mit à voler en direction du gaillard d'arrière, Aude-Lise et Jidoja sur ses talons. Rapidement, il pénétra dans l'espèce de château de bois et se dirigea sans aucune hésitation jusqu'aux plus hauts niveaux. Arrivé devant une double porte sculptée du symbole du Capitaine Drashan, l'Ancien Blason de l'Empire Magique de Wvalack barré d'un crâne et d'os entrecroisés, il l'ouvrit en grand et entra dans la pièce.

Assez vaste, le mur du fond était recouvert d'une succession de fenêtre qui devait rendre l'endroit extrêmement lumineux en journée. Juste devant se trouvait un large bureau de bois noir et un fauteuil tout aussi sombre et imposant, mais aux coussins tapissés d'émeraude brillant. Les murs étaient recouverts de nombreuses bibliothèques et vitrines chargées d'ouvrages et d'artefacts divers. Le reste du mobilier était composé de sièges confortables, quelques guéridons, une ottomane, un chariot à alcool. D'épais tapis multicolores étaient posés sur le parquet ciré. Sur le côté, une porte était ouverte sur une chambre luxueuse avec un lit au dais majestueux.

Il s'agissait bien évidemment des appartements du Capitaine Drashan.

Harddyn s'avança vers le bureau puis passer derrière. Il tendit alors la main, faisant apparaître un menu devant ses yeux.

« Voyons voir… » murmura-t-il. « Restauration… restauration… restaura… ah ! Restauration ! Mmm… »

Agitant à nouveau sa main, mais sur le côté, cette fois, il conjura un portail. Étrangement, celui-ci n'était pas à la verticale, mais à l'horizontale et au niveau du plafond. L'incongruité de cette apparition fut rapidement résolue quand une immense cascade d'or se mit à tomber de la surface tourbillonnante. Harddyn avait connecté l'ouverture magique à sa salle du trésor. Pas celle de Nazarick, mais au maelstrom d'or qui coulait sous l'Oasis.

« Ça devrait aller » dit-il au bout d'un moment en refermant le Portail.

« Mille milliards de mille sabords ! » S'écria Aude-Lise qui venait finalement d'arriver avec Jidoja. « Qu'est-ce que c'est que… »

« La compensation » répondit simplement Harddyn. « Pour la restauration. »

« Le restau… quoi ? » Balbutia le Pirate.

Harddyn sourit et se contenta d'appuyer sur un bouton du menu face à lui. À ce moment-là, le tas d'or sur le sol se mit à scintiller puis à fondre avant d'être totalement aspiré par le parquet. Une onde dorée en émergea alors et balaya l'intégralité de la pièce. Par la porte ouverte, on pouvait également voir que celle-ci se dispersait dans le couloir. En vérité, c'était tout le navire qui allait être touché par elle. Tout comme Nazarick, l'Empress était un Donjon. En l'invoquant lui-même, Harddyn l'avait en quelque sorte fait sien. Cela voulait dire qu'ils pouvaient ainsi en contrôler les paramètres depuis le centre principal de commande. Pour le Grand Tombeau, il s'agissait de la Salle du Trône et pour le bateau pirate, c'était le bureau du Capitaine.

Ce menu spécial permettait de gérer les fonctions du Donjon, les PNJ invoqués, les pièges, les protections, etc. De plus, si ceux-ci étaient altérés suite à un raid, il était possible, contre une somme d'argent conséquente, de les réparer. Intégralement. Cela voulait dire qu'à présent, l'Empress Ancelda's Revanche était redevenu ce qu'il était avant l'attaque, les dégâts causés par le Serpent, inexistants. Bien entendu, cela concernait aussi ceux faits sur l'équipage. Ceux-ci étant à la base des systèmes appartenant au Donjon, ceux qui avaient été tués lors de l'assaut étaient également restaurés… et donc de nouveau en vie (Harddyn ne savait cependant pas ce qu'il en était de leur mémoire, ce serait une chose à vérifier).

« Bien » dit-il finalement en posant les deux coudes sur le bureau et en se penchant en avant vers les deux femmes qui se trouvait avec lui, « voici mes ordres. »

Les deux femmes se mirent presque au garde à vous.

« Tout d'abord, sachez que ton équipe, Jidoja, est affectée à cette mission et tu en deviens la responsable. »

« Merci, Maître » répondit la Femme-Renard en s'inclinant.

« Quant à toi, Aude-Lise, tu continueras à commander l'Empress et vous resterez ici en support. »

« Bien, Maître » répondit la jeune fille non sans grimacer de dépit.

« Votre première tâche sera d'analyser ce nouveau continent. Les équipes d'explorations de Jaw et Martial seront envoyées ici. Je te chargerai de les diriger, Jidoja. »

« Bien, Maître. »

« Pour le moment, aucun prélèvement nécessaire. Seulement une cartographie et une étude de terrain. »

« Et moi ? » Demanda Aude-Lise.

« L'Empress conservera sa position. Une fois le secteur reconnu, vous définirez un lieu de mouillage discret et hors d'atteinte des capteurs possible de ce qui se cache derrière le mur. »

« Comme il vous plaira, Maître.

« Bien sûr, vous utiliserez la magie pour cartographier l'intérieur de l'enceinte. Ensuite, toi, Jidoja, et les trois autres, vous vous infiltrerez afin d'étudier ce qui s'y passe. Aucune couverture. Pour cette phase, personne ne doit encore vous voir. »

« Ce sera fait, Maître. »

« Parfait. Travaillez vite, mais prudemment. Ce n'est qu'après tout cela que vous pourrez établir une stratégie. »

Harddyn sourit en voyant les regards confus des deux femmes.

« Une… une stratégie ? Une stratégie pour quoi ? » Demanda Aude-Lise.

« Mais pour conquérir ce peuple bien sûr. Nous, ou plutôt vous allez faire en sorte que le peuple derrière ce mur prête allégeance à Nazarick. »

Pendant quelques instants, Jidoja et Aude-Lise clignèrent des yeux, surprises.

« Est-ce que vous voulez que… » commença Aude-Lise.

« Non. Pas d'assaut frontal. Aucun conflit armé. Il est hors de question d'envahir. Pas cette fois. Je veux que vous trouviez une manière originale et amusante de conquérir la ville. »

« Originale… »

« Et amusante » balbutièrent la Femme-Renard et le Pirate.

« En effet. J'avoue que je m'ennuie un peu. Je veux donc pouvoir me divertir avec une bonne stratégie de conquête. »

« Euh… »

« Bien entendu, j'attends des rapports réguliers… non, mieux, un journal d'activité, tiens. Ça serait bien. »

« Mais… »

« Si vous avez besoin de quoi que se soit pour votre opération, n'hésitez pas à le demander. Toutes les ressources de Nazarick sont à votre disposition. Ai-je été assez clair ? »

« Euh… oui… mais… »

« Parfait. Dans ce cas, j'attends vos premiers rapports rapidement. Ne me décevez pas. »

Le sourire d'Harddyn s'agrandit encore et il disparut, laissant ses deux servantes abasourdies, sonnées et, probablement, assez énervées. Mais Harddyn était satisfait. Il allait avoir de bonnes lectures en perspectives…

À suivre…

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Et voilà. C'est la fin de l'Arc 4, L'Écuyer Contrefait. J'espère que ça vous a plu. Le prochain chapitre sera le prologue de l'Arc 5, Le Prince d'Or. Il sera basé sur les volumes 7, les envahisseurs du grand tombeau, 8, les deux leaders, 9, le Magicien de la Destruction et 10, le Conspirateur. Donc oui, ça va être un gros morceau encore une fois.

N'hésitez pas à me laisser des commentaires et je vous dis à la prochaine fois.