C'est le seul que j'avais écrit à l'heure, donc let's go !
Jour 4 : Normal
Will attendait depuis une heure maintenant.
Une heure à regarder le ciel en se sentant idiot, alternant entre désespoir, résignation et espérance.
Une heure passée à ressasser sa supplique désespérée.
« Rejoins-moi à la maison. Je sais que tu m'aimes encore. Prouve le. Viens, et reprenons notre vie. »
A ce moment là, il était persuadé que Anastasia reviendrait à la raison. Mais maintenant que les minutes s'étiraient, silencieuses et douloureuses, il doutait. Il pensait que sa douce voudrait reprendre le cours normal de sa vie. Mais s'il se trompait ? Si Anastasia souhaitait bel et bien faire table rase du passé, s'engager dans une vie pauvre d'amour mais qui la mettrait à l'abri du besoin ? Pouvait-il vraiment l'empêcher d'assurer sa sécurité ?
Ces pensées tournaient si violemment dans son esprit qu'il fut à deux doigts de se lever, partir loin et définitivement de leur ancien foyer. Peut-être devrait-il lui aussi tout oublier...
Mais alors qu'il allait effectivement fuir sans se retourner, il entendit un bruit derrière lui.
Habitué aux milles dangers du pays des Merveilles, il leva son poignard, mais l'abaissa bien vite en voyant qui se tenait là.
Anastasia.
Elle avait abandonné la sublime rouge qu'elle portait la dernière fois qu'ils s'étaient vus pour retrouver ses guenilles habituelles : une robe brune à la coupe grossière, surmontée d'un tablier où se trouvaient plus de trous que de tissus. Ses cheveux n'étaient plus ornés de l'opulente couronne de rubis, mais de ce fichu si sale qu'on en oubliait la couleur blanche d'origine. Ses pieds, qu'il savait si délicats, étaient emprisonnés dans des sabots de bois malhabilement taillés. Et pourtant, malgré cette tenue hasardeuse, elle était aussi magnifique que d'ordinaire. Tant et si bien qu'il ne put émettre un son, lui laissant le soin de parler la première.
- Je suis là, murmura-t-elle.
Will demeura quelques instants interdit, avant de balbutier :
- Le roi ?
Quel bel abruti, se fustigea-t-il mentalement. Il avait tant espéré que Ana revienne, et le voilà qui prononçait le nom de son rival ; un rival qui avait promis rien de moins qu'un royaume à sa douce. Mais Ana s'approcha de lui, des larmes dans les yeux.
- Il ne compte pas. Il n'a jamais compté.
Puis, elle l'embrassa, offrant à ses lèvres un léger goût de sel.
Quand elle s'en détacha, elle souriait.
- Je suis là, répéta-t-elle. À ma place.
Et quand Will répondit à son baiser, il sut que tout était bel et bien revenu comme il devait l'être : le monde pouvait reprendre sa course normale, maintenant qu'ils étaient de nouveau ensemble.
