Sur la planète Zeta. 19 ans plus tard. 21 h 00.

Un vieil homme s'appuya sur un gros rocher. Alourdi par le poids de la culpabilité, il laissa échapper un long soupire alors qu'il s'affaissait indignement sur la crevasse et les pierres. Il tira une longue corde sur ses épaules affaissées. Il ne regarda pas une seule fois derrière lui. Cela ne servit à rien de se ressasser sur le passé. C'était un passé douloureux et cruel mais à la fois doux.

Le vieil homme souffla, alors que la fatigue submergeait ses sens. Il en avait tellement fait. Hélas ! Il pensait qu'il faisait la bonne chose. Comme il se trompait lourdement. Ses paupières étaient si lourdes. Ses pieds frappèrent le sol comme du roc. Sa tignasse était hirsute et ébouriffée. Il avait du mal à se tenir droit. Le voilà ainsi, un homme auparavant fier et hautain… le voilà, accroupissant et dédaigneux.

Il pensait qu'il pouvait mener ses troupes dans la gloire. Il pensait qu'il serait capable de maintenir la justice et la protection au sein de son peuple. Il pensait qu'il serait enfin un exemple à suivre pour la jeune génération. Il pensait bien faire. Comme il était aveugle.

Alors qu'il continuait de gravir l'immense colline, il prit une grande inspiration. Ses mains tenaient fermement la corde. Il secoua la tête obstinément. Il refusait d'abandonner aussi facilement. Il ne pouvait pas baisser les bras. Pas encore en tout cas. Il devait mettre fin au danger. Son peuple était enfin en sécurité. Mais il y avait un prix à payer. L'espoir ne se gagnait pas en claquement de doigts. Il fallait réfléchir, se battre et trouver des solutions. Et pour y parvenir. Il devait faire un immense sacrifice.

23 h 00.

Ce vieil homme se tenait sur la pointe de la colline. Il regarda le paysage avec dégoût et mécontentement. Il connaissait ce lieu, il le maudissait à cause de ce qu'il représentait et de ce qu'il s'apprêtait à faire. Bien qu'il soit satisfait d'atteindre son objectif. Il restait malheureux. Il marcha dans la grotte en tirant son lourd fardeau. La douleur n'apaisait pas son inquiétude et ses doutes les plus profondes. Il avait mal. Et il avait peur. Une peur qui grimpait sur son dos, sur ses épaules et ses jambes. Tout son corps était infecté de partout.

Comme un spectre il longea les longs couloirs sombres. Les souvenirs le hantèrent. Puis finalement il céda à ses propres caprices. Il pleura de douleur et de chagrin. Parce qu'il s'apprêta à perdre la chose la plus précieuse. Une chose qu'il chérissait, sa fierté, sa vanité. Il tira fermement les cordes, rapprochant le captif vers le mur pierreux. Adossé, les mains attachées derrière le dos, contre le mur se tint un jeune homme âgé de dix-huit ans, qui n'était nulle autre que son propre fils, sa chair et son sang. Son enfant le regarda avec désapprobation. Il n'y avait aucune haine ou de méchanceté. Bien au contraire, son fils le regardait avec apathie.

"Tu te trompes père." Déclara froidement le jeune homme en levant la tête avec défi. Il secoua la tête avec désaccord. "Tu sais que tu n'es pas obligé de le faire. Il y a toujours une autre solution."

"Non." L'homme du troisième âge refusa d'écouter ses douces paroles. Il savait que son enfant essayait de faire. Pas de chance. Il était clairement déterminé à faire ce qu'il fallait. "Parce que s'il en était ainsi, je n'aurais pas dit ce que je viens de dire. Tu étais mon hérité, mon fils, je te faisais confiance. Un peu trop. Maintenant je vois clairement dans ton jeu mon enfant. Je regrette maintenant de prendre mon temps de ne pas assumer mon devoir de père. Cependant je ne peux plus faire les mêmes erreurs qu'auparavant." Le vieil homme s'approcha d'un tombeau et retira son cercueil. Il fit un signe de tête à son fils qui s'approcha lentement.

"Père je t'en supplie. Je te jure ce n'était pas dans mes intentions. Je voulais juste le plus grand bien de notre peuple." Marmonna le plus jeune, en baissant la tête, les larmes coulèrent abondamment de ses yeux noirs. Le regard sévère du vieil homme s'adoucit lentement, il embrassa la joue humide de son fils et caressa sa chevelure noire en signe d'affection. Il prit dans sa sacoche une petite pilule rouge et blanche entre son pouce et son index.

"Avale-le !"

"Non, père, non s'il te plaît. Tout ! Mais pas ça !" Le jeune homme se tortilla sur la poignée en fer de son père, il tenta par tous les moyens dont il dispose pour s'extirper.

"Fais-le ! Tout de suite mon garçon !" Ordonna le père. En poussant la pilule dans sur les lèvres de son fils, puis il le rentra dans sa bouche. Il grimaça de douleur en sentant les dents s'enforcer dans sa chair. Le jeune homme perdit son calme lorsqu'il avala la pilule.

"Espèce de salaud. Je ne te pardonnerai jamais. Je reviendrai. Je me vengerai. Je détruirai tout ce que tu aimes !" Le jeune homme continua de profaner ses menaces et ses divergences sans aucune scrupule, alors que ses paupières commencèrent à être lourdes et de s'endormir profondément.

00 h 00.

Le vieil homme l'attrapa avant qu'il ne touche le sol. Il l'allongea dans le tombeau. Il caressa tendrement la joue de son enfant alors qu'une vague douleur s'alignèrent dans son esprit et qu'il se mettait de nouveau à pleurer de chagrin.

"Mon fils pardonne-moi." Il posa le couvercle sur le tombeau. Après il se laissa choir sur le tombeau, en se laissant emporter par la mort.

La planète Zeta. 20 ans plus tôt.

Un homme de la trentaine monta les hautes marches qui menèrent vers la grande colline. Il s'appuya sur une canne – un simple bâton qu'il venait de ramasser dans les environs – il souffla des buées de chaleur alors qu'il s'accroupissait pour reprendre son souffle. Il s'était levé très tard à cause d'un vilain cauchemar qui l'avait rendu étourdi. Il avait tellement eu peur qu'il ne cherchât pas à comprendre ce qu'il venait de se passer.

Il leva la tête en apercevant un aigle royal qui planait dans le ciel – un oiseau robuste et majestueux – un rapace qui incarnait la puissance et la grandeur. L'homme hocha la tête puis il reprit sa marche. Quand il atteignit enfin le sommet il secoua la tête d'un air confiant.

Ses yeux s'attardèrent sur l'immense mur de fer qui longeait la moitié du pays qui sépara l'Ordre Blanc et l'Ordre Noir depuis des dizaines d'années. Ce mur était un symbole de paix et de protection. Il en était si fier. Et pourtant c'était une si lourde responsabilité. Parce que ce mur a été bâti par ces ancêtres dans l'espoir d'éviter la guerre et le conflit. C'était pour cela, que cet homme se sentait si angoissé. Il avait promis à son père… qui a son tour avait promis à son propre père et ainsi de suite.

Cependant une mauvaise sensation lui rongeait ses sens. Ses cauchemars le submergèrent de plus en plus souvent. Il avait du mal à s'en remettre. Parfois il devenait paranoïaque au point – sans le vouloir – il doublait les heures de travails de ses gardes.

Il entra dans la grotte de Destiné – qui était connue comme la déesse de la pensée, de l'érudit et de la connaissance – l'homme bassa sa capuche en dévoilant ses beaux traits soignés. Ses cheveux marrons s'étalaient sur ses joues, malgré son apparence conforme son regard était clairement différent.

Ces yeux reflétèrent de la gourmandise et de la malice. En levant la tête, prétentieux et vaniteux comme un paon. Il longea les longs chemins étroits en se dandinant comme un roi. Il s'arrêta devant un immense puit. Il leva les mains. Il les plongea dans l'eau pure et il se rinça le visage. Ensuite il se concentra sur la statue, positionnée, fièrement, au-dessus du puit. Cette statue représentait la déesse Destiné, qui portait une voile, elle tenait un bébé fermement auprès de ses seins.

En signe de respect, l'homme baissa la tête en fermant les yeux, ensuite il parla :

« Ô déesse toute puissante je sollicite ton aide. Je suis Albus Dumbledor, entends ma voix et dis-moi les dangers que mon peuple, ma famille, et mes suiveurs rencontreront dans le futur ! »

Tout d'abord rien ne se produisit puis une brume s'éleva en faisant des petites couches de fumée avant de s'éparpiller dans les airs et de former un disque brumeux qui entoura pratiquement le puit. Albus se pencha avec peur et curiosité. Il fut tellement anxieux d'apprendre la réponse tant redoutée.

Puis il lut des mots mystérieux qu'il ne comprenait pas un mot, encore qu'il ne lui apparût pas comme dénués de toute valeur.

Né du bien,

Nourri de haine.

Il connaîtra que

La douleur et la solitude.

Cet enfant naîtra ;

Il aura

Des yeux en sangs.

Sa naissance marquera

Une nouvelle ère,

Provoquera une guerre territoriale massive.

Une nuit décisive,

Poussa l'oiseau de la paix à quitter son nid.

Or, un jour, l'oiseau reviendra.

Le Bien et le Mal se marieront.

Paix et Destruction retrouveront l'équilibre.

Horrifié Albus tomba à la renverse. Il se rattrapa bien vite. Il se releva aussitôt. Il prit la fuite sans demander son reste. Il dévala les marches des escaliers sans se retourner. Personne ne devait connaître cette terrible connaissance. Il ordonna à un immense droïde de détruire le lieu sacré, pour renfermer ce secret qui déclenchera sans aucun doute une catastrophe terrible.

Albus Dumbledor baissa la tête, honteux, alors qu'il venait de se rendre compte qu'il venait de faire une grave erreur dans sa précipitation. Il venait d'exiler le seul repère qui lui permettait de parler ouvertement avec la divinité. Maintenant que la grotte était détruite. Il devait faire quelque chose pour arranger la situation et la meilleure solution qui lui vint à l'esprit c'était : qu'à fin d'éviter les malheurs il faut cacher la vérité !

C'était sa plus grande erreur, car ce n'était pas un avertissement mais une prophétie qui pourrait se réaliser à chaque instant. Il ne réalisa pas – dans son insouciance – qu'il venait de provoquer la colère de cette déesse. Cette dernière, outrée, décida de s'en aller et de ne plus jamais intervenir…

Le fait que la déesse protectrice de cette dimension avait finalement pris la décision de ne plus mettre les pieds dans les parages, donna une opportunité à un certain dieu. Mephilis Lenoir, le dieu du mal et du mystère profitera de ce manque pour se déchaîner. Car ce dieu impitoyable ne connaissait aucun regret. Toujours aussi gourmand que l'on puisse le prétendre. C'était un dieu qui ne rêvait que la destruction du monde.

Mephilis n'était pas impatient, il connaissait tellement bien les humains, une petite faute pouvait provoquer la déchéance et la défiance.

Il connaissant les règles il savait ce qu'il devait faire pour atteindre son objectif ce n'était pas si compliqué.

Provoquer le mal.

Détruire des univers.

Condamner à la folie une planète toute entière.

Déclencher une purge sanglante.

Que de bonnes choses ! C'était un jeu d'enfant pour le jeune dieu maléfique. Il était un grand professionnel du mal après tout, il venait de gagner une belle récompense. L'âme du maître de la mort de la dimension précédente l'avait donné assez de ressource pour continuer sa récolte d'âmes !

Donc il attendit le bon moment pour frapper. Pendant ce temps, il murmura aux oreilles des inconscients des douces paroles, il commenta certaines choses pour les manipuler afin de les briser et de les rendre fous. Ce fut ainsi qu'il fonctionnait. Il semait le chaos partout où il allait, c'était son devoir, son travail et sa passion.

Quand Albus Dumbledor tomba finalement amoureux d'une femme qui s'appelle Flora, il passa à l'action. Le vieil homme était si naïf s'il pensait que son secret fut précieusement gardé, ce ne fut pas le cas ! Il attendit le bon moment avant d'agir.