Défi 82 du Poney Fringant avec pour thème "le mariage de Faramir et Eowyn"

Note: Les personnages et lieux appartiennent à Tolkien, l'histoire est de moi.


Une invitation inattendue

Le cri avait résonné à travers toute la maisonnée. Sans même une hésitation, j'avais agrippé la fourchette posée sur la table devant moi et j'avais couru jusqu'à la porte d'entrée où j'avais trouvé ma mère complètement pétrifiée une missive entre les mains.

- Que se passe-t-il ? hurla mon père en arrivant derrière moi, le tisonnier du foyer entre les mains.

- Une invitation… dit ma mère, abasourdie, en jetant vers moi un regard aussi perçant que celui que j'avais aperçu dans la pierre ce fameux jour où j'y avais plongé le regard.

Conscient que le courroux de ma mère serait plus terrible que tout ce que j'avais connu jusqu'alors, si elle comprenait de quelle façon j'avais envisagé de me servir de son argenterie, je rangeai mon arme, d'un geste rapide, et me saisis de la lettre qui m'était adressée.

J'y reconnus sans mal l'écriture soignée de l'homme que j'avais sauvé d'une mort qui me glaçait le sang.

Le Seigneur Faramir, Intendant du Roi, Prince d'Ithilien et Seigneur d'Emyn Arnen et la Dame Eowyn de Rohan vous convient… mais ma lecture fut interrompue par la voix offensée de mon père.

- Mais qu'est-ce que tu racontes ? demanda-t-il sur un ton, qui malgré le sang de Touque qui coulait dans ses veines, trahissait son amour du confort et de tranquillité.

- Un mariage de Grandes Gens ! s'exclama ma mère avec le même entrain que si on venait d'attribuer à sa tarte aux pommes le titre de meilleure tarte de la comté. Mais c'est le premier jour de mai ! ajouta-t-elle en me prenant la lettre des mains, on ne sera jamais prêt à temps !

J'étais sidéré par la réaction de ma mère. Comment lui expliquer que c'était par politesse qu'on m'avait fait parvenir cette invitation et que l'on ne s'attendait pas réellement à ce que je sois présent à Minas Tirith pour le mariage de mon vieil ami ? Ce serait plus facile de tuer un troll des cavernes que de faire comprendre à ma mère que l'on pouvait refuser une invitation à un mariage. Mais il y a des victoires qu'on ne peut pas gagner, pensais-je et, résigné, je me fis la promesse d'éduquer un peu mieux mes amis Gondorien sur les traditions hobbites et sur la curiosité un peu trop de ma mère pour le courrier de son fils.