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Avachi au fond du canapé rouge du salon, armé de la télécommande de la boite magique, Ryomen Sukuna, roi des fléaux, ne cessait de faire défiler les différentes chaines sous ses quatre yeux de lave, pensif.

Quelques jours étaient passés depuis ses retrouvailles avec la petite hybride et les choses avaient retrouvaient une certaine… normalité. La journée, le gamin allait vadrouiller avec l'exorciste famélique ou le coton tige albinos par ci ou par là, affrontant des démons mineurs pour s'entrainer. Puis, la nuit tombée et le sommeil l'entrainant dans son giron, le tatoué pouvait prendre sa place et passer la soirée avec l'européenne aux cheveux de feu.

Tout aurait pu être… acceptable. Si l'homme millénaire n'avait pas senti dans l'air l'approche de complications imminentes.

En effet, cela faisait plusieurs fois qu'il entendait le porteur du sixième œil parler d'un certain tournoi entre les écoles d'exorcistes de Tokyo et de Kyoto, qui prendrait place dans l'ancienne capitale. Apparemment, cet évènement servirait de prétexte au retour officiel de son réceptacle dans le monde des vivants.

Sur le papier, cela n'avait pas grand intérêt pour lui…

Mais, dans la pratique, ce brusque changement impliquait certaines complications potentielles niveau logistique. Il était fort peu probable que la petite hybride aux yeux d'or soit invitée à prendre part aux festivités, ce qui le contrariait fortement. Trop occupé à profiter de sa présence à ses cotés ses dernières semaines, le japonais millénaire avait un peu oublié le fait que cette colocation, somme tout extrêmement pratique et fructueuse, ne pouvait pas durer éternellement.

Bien entendu, même séparés physiquement, le lien unissant leurs âmes demeurait inchangé. Ils pourraient toujours continuer à se voir dans son espace vital, même s'ils venaient à être séparés par des centaines de kilomètres. Pourtant… Cette hypothèse ne lui convenait pas. Ses entrevues avec la demoiselle dans le monde réel le distrayaient bien trop de son ennuie diurne pour qu'il accepte de s'en passer.

Vu les fonds quasi inépuisables de l'étrangère et de son protecteur, il lui serait aisé de trouver à se loger non loin du lieu où se tenait la compétition entre les écoles. Le problème allait être de pouvoir faire en sorte qu'ils puissent se retrouver la nuit sans se faire prendre en flagrant délit…

Face à cette future problématique, le démon tatoué laissa échapper un léger soupire, une moue un rien contrariée déformant le coin de ses lèvres alors qu'une nouvelle publicité aux couleurs criardes et à la musique survoltée apparaissait à l'écran de la télévision. D'un geste un vif, il appuya le bouton off de la télécommande, la jetant entre les coussins du canapé. L'homme se laissa lourdement tomber contre le dossier écarlate, y posant nonchalamment ses bras sur toute sa longueur, fixant quelques secondes le plafond bas le surplombant de son double regard, en pleine cogitation.

Le départ potentiel du gamin pour Kyoto était un souci, certes. Néanmoins, pour l'heure, quelque chose d'autre lui occupait l'esprit.

Jetant un regard vers la porte ouverte du salon, Sukuna tendit l'oreille, guettant les quelques bruits provenant du reste du sanctuaire.

« Crevette ! » finit-il par crier, perdant un peu patiente. « Je peux savoir ce que tu fabriques à la fin ? Ça fait des heures que tu es partie ! »

Depuis son réveil de cette nuit, la demoiselle s'était effectivement montrée étrangement fébrile, l'intriguant quelque peu. Il l'avait retrouvé assise ici même un peu plus tôt, pianotant frénétiquement sur son téléphone que le baveur lui avait finalement rendu, le dissimulant prestement en le voyant débarquer dans la pièce. Puis, rapidement, elle l'avait laissé en plan dans le salon, décrétant qu'elle devait prendre quelque chose dans sa chambre, l'abandonnant seul face à la boite magique.

Quelle mouche l'avait donc encore piquée ?

Si ça continuait, il allait simplement aller la chercher, tant pis pour l'idée farfelue qui lui avait encore traversé l'esprit !

A peine cette pensée eut-elle traversé le sien que des bruits de pas se firent entendre dans le couloir, arrachant un sourire à l'homme torse nu. Comme quoi, il suffisait de l'appeler…

« Des heures, des heures ! » La voix de l'européenne se faisait entendre de loin, amusant terriblement le démon. « Ce que tu peux exagérer par moment, je suis même pas partie dix minutes ! »

La jeune hybride fit alors son entrée dans la pièce, vêtue d'un shorty fleuri et d'un débardeur blanc fluide le dissimulant presque entièrement, les bras chargés de multiples objets brillants. D'un pas vif, elle alla s'assoir sur la table basse, faisant ainsi face au japonais qui se redressa un peu, sa curiosité étant à présent piquée au vif. La demoiselle, un sourire un rien enfantin planant sur les lèvres, commença précautionneusement à déposer certains de ses mystérieux ustensiles à côté d'elle, faisant immédiatement tiquer le fléau qui en reconnu quelques uns pour les avoir vu il y avait quelques semaines de cela, le faisant complètement se rassoir.

« Attend, crevette… » commença-t-il, terriblement suspicieux alors que l'intéressée étalait à présent des pinceaux sur l'épaisse planche de bois. « Ces trucs, là… C'est pas le maquillage qui t'a servi à farder le gamin quand vous étiez allés vous goinfrer au festival ? »

« On ne peut rien te cacher ! » déclara-t-elle en se tournant vers lui, une lueur terriblement déterminée faisant crépiter l'or de ses yeux alors qu'elle étirait entre ses mains une sorte de bandeau en éponge rose décoré de deux oreilles de chat pailletées.

Inconsciemment, l'homme tatoué se coula un peu plus dans le canapé, remettant un peu de distance entre lui et le demi démone. « Et je peux savoir ce que tu comptes faire de tout ça ? »

« Je veux qu'on sorte ce soir, toi et moi. » laissa-t-elle tomber, faisant naitre un silence perplexe dans la pièce.

« Sortir ? » finit par répéter le fléau couronné, fronçant les sourcils. « Qu'est ce qui te prend d'un coup ? »

« Il y a une incroyable pluie d'étoiles filantes ce soir apparemment ! Le temps est complètement dégagé, je voudrais voir ça avec toi ! »

Ryomen reçut l'information avec surprise, fixant la jeune femme lui faisant face avec incrédulité. Une pluie d'étoiles filantes… C'était donc ça qui l'avait mise dans un tel état. Parfois, il lui arrivait d'oublier qu'elle n'avait que quelques mois d'existence (ou, plus exactement, de mémoire) et que tout, de ce fait, même le plus insignifiant des évènements, créait en elle un enthousiasme démesuré somme toute assez attachant.

« Tu veux donc me faire sortir du sanctuaire, crevette ? » répondit-il après une poignée de secondes de silence, se faisant taquin. « Pourtant… Si je me souviens bien, il n'y a pas si longtemps tu as tout fait pour m'empêcher d'aller dehors, me faisant un discours interminable sur les risques que je pourrais courir si je ne restait pas ici… »

Il se pencha un peu vers elle, un sourire en coin ornant sa bouche. « T'ai-je déjà lassé, cruelle petite crevette sans cœur ? Tu n'essaies plus de me protéger du monde extérieur ? »

Cette dernière affronta courageusement le regard enflammé de son interlocuteur, bien décidée à ne pas se laisser désarçonner aussi facilement. « Absolument pas, Sukuna ! La situation à simplement changée. Yuji sort quotidiennement du matin au soir à présent. Et j'ai même cru comprendre qu'il y avait une histoire comme quoi il pourrait bientôt faire son come back officiel. Si on prend nos précautions, je pense qu'une sortie nocturne n'est pas dangereuse ! »

Le japonais millénaire haussa un sourcil, peu convaincu, glissant un regard vers tout le matériel de maquillage étalé sur la table basse.

« Et je peux savoir ce que tu entends par… Précautions ? Je te vois arriver, crevette, et ce que je vois ne me plait pas du tout ! »

Entendant cela, la demoiselle fit une petite moue, farfouillant dans les ustensiles se trouvant près d'elle. Elle vint s'armer finalement d'un flacon de fond de teint et d'un pinceau, se retournant vers le démon qui la dévisageait, les bras croisés sur son torse puissant, ouvertement sur la défensive.

« Sukuna… » tenta Kali, alors que le tatoué tournait vivement la tête sur le côté, rejetant d'emblée son futur argument. « Dis-toi que c'est pour la bonne cause ? »

« J'en étais sûr ! » Pesta le roi millénaire, braquant à nouveau son regard courroucé vers la jeune femme, retournant s'avachir au fond du canapé, de mauvais poil. « Laisse tomber, crevette ! Tu ne me grimeras pas, je ne suis pas une gourgandine ! Je suis un roi ! »

L'hybride leva les yeux au ciel, ne se laissant pas déstabilisée pour autant. Elle regarda quelques secondes le tigre boudeur lui faisant face, un sourire un rien amusé aux lèvres. Elle s'était doutée qu'il ne se laisserait pas convaincre aussi facilement… La rousse reposa les objets de la discorde sur la table avant de se relever d'un geste souple, allant s'assoir à califourchon sur le démon qui la laissa faire, glissa un très bref coup d'œil vers elle. Charmeuse, elle se pencha vers lui, faisant doucement glisser ses mains sur ses épaules, lui parlant à voix basse.

« Sukuna… Je ne parle pas de te faire un smoky, voyons. Je veux juste dissimuler certains de tes tatouages pour que n'attire pas trop l'attention… »

« Humphr... » laissa-t-il échapper, bougon. « Et je peux savoir ce que tu leur reproches, à mes tatouages ? »

Le comportement revêche de l'homme arracha un sourire un peu amusée à l'étrangère. Doucement, elle termina d'effacer la distance séparant leurs visages, commençant à déposer de légers baisers papillonnant en suivant les tracés sombres ornant ses mâchoires, remontant lentement depuis son menton jusqu'à sa tempe, faisant imperceptiblement se tendre le démon. Elle alla ensuite lui murmurer ses mots à l'oreille, se coulant un peu plus contre lui, seuls ses bras toujours croisés l'empêchant de se lover complètement contre son torse.

« Je ne leur reproche absolument rien, au contraire… Je les adore, Sukuna. Ils te vont à merveille. »

Après un bref instant, l'intéressé finit par déployer ses bras puissants, venant plaquer avec force la jeune femme contre lui. Il encra ses yeux de lave dans l'or des sien, un brasier grondant en leur fond.

« Alors pourquoi tu veux les cacher, crevette ? »

Elle posa une main sur sa joue, savourant la possessivité des mains se glissant contre sa taille, griffant sa peau à travers le tissu fin de son débardeur, l'électrisant toute entière. « Parce qu'à l'heure actuelle, les tatouages au japon ça reste assez mal vu, ça fait yakuza… Je ne veux pas qu'on s'attire des soucis en sortant…»

« Si tu continues à te comporter de la sorte… » répliqua-t-il, glissant son visage dans son cou pour venir mordre sa peau fine, arrachant un soupire à sa captive. « Pas sûr que l'idée de sortir soit celle qui me tente le plus ce soir… Même si ça reste effectivement tentant.»

Il releva un peu son minois, venant se saisir entre ses dents acérées du lobe d'oreille de la jeune femme, la mettant à la torture. Le tatoué passa ses mains sous le top fin et ample de Kali, une allant griffer sa hanche alors que l'autre venait agripper sa nuque, la faisant imperceptiblement se cambrer contre lui. Indubitablement, il était difficile de garder les idées claires face à lui.

« Su… Sukuna… » souffla-t-elle pourtant, repoussant un tout petit peu de fléau millénaire pour échapper à son aura terriblement excitante. « Il y a la pluie d'étoiles filantes cette luit. Il parait qu'elle va être exceptionnelle. Je n'en ai jamais vu auparavant. »

« Tu préfères des traits brillants dans le ciel à ce que l'on fait là ? » l'asticota-t-il en la ramenant contre lui, plaquant son bassin contre le sien pour lui faire sentir tout le désir qu'elle avait déjà éveillé en lui. « Je peux nous faire aller dans mon espace pour qu'on finisse cela, et après je jetterai des crânes tellement fort au dessus de toi que tu ne verras pas la différence, s'il n'y a que ça ! »

La remarque arracha un sourire amusé à la demoiselle qui ne semblait cependant pas totalement séduite à cette idée. Elle commença inconsciemment à suivre d'un doigt les tracés sombres ornant les épaules du japonais, une petite moue pinçant ses lèvres pulpeuses. « Tu sais bien que j'adore quand on fait… ça. Mais je voudrais vraiment aller les voir en vrai avec toi. S'il te plait ? »

Elle releva alors ses yeux félins vers lui, lui offrant un petit sourire faussement innocent, arrachant un léger ricanement au tatoué. En la voyant faire, parfois, il comprenait comme elle pouvait obtenir tout ce qu'elle voulait de son vieil indous, elle était plutôt redoutable.

« Combien de fois devrais je te dire que le coup du chaton maltraité, ça ne fonctionne pas sur moi ? » railla-t-il, libérant une de ses mains pour venir lui donner une pichenette sur le front. « Mais tu marques un point… J'ai bien envie de sortir me dégourdir les jambes. »

La remarque fit exploser un vif enthousiasme chez la demoiselle avant que l'homme ne continue sur sa lancée, lui assenant un nouveau coup. « Par contre, laisse tomber ton idée de maquillage, tu ne m'en appliqueras pas où que se soit ! »

« Mais… » commença-t-elle, fronçant les sourcils. « C'est pas partout ! Juste pour que tu puisses passer plus… incognito ! »

« Hors de question ! » répliqua le roi millénaire, venant faire basculer Kali pour l'allonger sur le canapé, la surplombant complètement. « De toute façon, crevette, si c'est vraiment que mes tatouages qui te préoccupent, ce n'est absolument pas nécessaire. »

En entendant cela, la demoiselle ne put s'empêcher d'afficher une franche surprise, écarquillant un peu les yeux. « Comment ça ? Qu'est ce que tu veux dire ?»

Affichant un sourire entendu, le démon se pencha doucement vers elle, faisant presque se toucher leurs lèvres. « Ce que tu es ignorante, crevette… Mes tatouages, mon double regard… Seuls ceux possédant une capacité occulte peuvent les voir. Pour les autres, j'ai tout simplement l'apparence du gamin. »

L'hybride le fixa, stupéfaite, mettant quelques secondes à assimiler les informations que venait de lui donner le fléau couronné qui, pour sa part, en profita pour commencer à l'embrasser, ses mains retournant se plaquer contre sa peau. Au bout d'un bref moment de réflexion attive, la jeune femme repoussa un peu son interlocuteur lubrique, ouvertement suspicieuse.

« Tu essaies de me rouler dans la farine pour échapper au makeup, Sukuna ! »

Se fut alors au tour de ce dernier de se retrouver étonné, regardant l'hybride entre ses bras sans comprendre le sens de ses dires. « Te rouler dans… Non, j'étais juste en train de t'embrasser, qu'est ce que c'est encore que ce non sens ? »

« Ça veut dire que tu me mens ! » affirma sans détour l'européenne, venant croises ses bras sous sa poitrine. « Moi je suis obligée de porter un scellé d'apparence pour que les humains ne voient pas yeux bi colores ou mes oreilles un peu trop pointues ! Pourquoi toi se serait différent ? »

« Mais parce que, petite sauvage » commença-t-il en se relevant un peu, levant les yeux au ciel. « Moi, je ne suis pas une hybride dont l'âme humaine est liée à celle d'un fléau via un cercle d'encrage bien visible par tous, mais un fléau possédant le corps d'un humain, ça n'a rien à voir ! »

Toujours peu convaincue, Kali dévisagea son vis-à-vis, plissant un peu des yeux alors qu'elle essayait de comprendre les tenants et les aboutissants des mots prononcés par ce dernier. C'était typiquement dans ces moments là qu'elle se rendait compte combien le monde occulte était encore mystérieux pour elle. Il allait réellement lui falloir essayer de rattraper son retard en la matière si elle voulait arrêter de passer pour la dernière des incultes à tout bout de champs.

« Hum hum… » se contenta-t-elle de répondre, ne sachant quoi faire d'autre pour couper court au silence s'étirant dangereusement entre elle et le démon dont le sourire ne cessait de grandir au fil des secondes, comme s'il devinait le mal qu'elle avait à comprendre ce dont il était question. « Vraiment ? »

Sa remarque arracha un rire un rien condescendant à l'homme tatoué, qui arrêta en percevant l'énergie occulte de l'hybride s'embraser entre ses bras. Il se fit alors plus charmeur, se rallongeant un peu plus sur elle, traçant sur bout des doigts les lignes sombres du dessin ornant son sternum. « Vraiment, crevette. Mes tatouages… Se sont des marques occultes en quelque sorte. L'expression de mon âme démoniaque, si tu préfères. Le commun des mortels n'y a pas accès. Si j'avais mon vrai corps, bien entendu, se serait différent… »

Elle le regarda encore une poignée de seconde, hésitant, cherchant dans ses yeux la véracité de ses paroles. Au bout d'un bref moment, la jeune femme se laissa amadouer, relâchant un peu la tension de ses épaules. « Alors… En quelque sorte… ça veut dire que ta vraie apparence ne sera que pour moi, ce soir, si on est entouré d'humains normaux ? »

Sa remarque surprit le démon avant de lui arracher un éclat de rire amusé. Ce qu'elle pouvait être possessive, par moment… « C'est ça qui t'importe, crevette ? Tu divagues. Et en plus, combien de fois devrais-je te rappeler que tu es à moi, et pas l'inverse ? »

Kali rigola à son tour, sa façon à elle de faire fi de l'objection du maître des poisons. Elle passa lentement ses mains dans la nuque du démon, encrant son regard dans le sien, soudain plus sérieuse.

« Tu es vraiment sûr de toi ? C'est pas juste un bobard pour échapper au maquillage ? »

« Je ne sais pas ce qu'est un bobard, mais bien entendu, je suis sûr de moi, crevette. » répondit-il, plaquant un baiser sur son front, une vive bonne humeur parcourant tout son être. L'idée de pouvoir se balader dehors lui plaisait chaque minute un peu plus.

L'européenne le dévisagea un bref instant, songeuse, prenant son visage en coupe dans ses mains. « En fait, plus j'y pense… Plus je me dis que même sans tes tatouages, tu fais assurément un peu bad boy… »

La remarque fit redescendre intensément l'enthousiasme du japonais qui fronça les sourcils, suspicieux. « Je peux savoir de quoi tu me traites encore, insolente ? »

Le commentaire arracha un rire cristallin à la demoiselle. « Ça n'a rien d'une insulte, ça veut juste dire 'mauvais garçon'. Pour moi, c'est un compliment, Sukuna ! Et, vu ceux que toi, tu fais, tu ne peux pas te permettre de juger ! »

« Je juge si je veux, crevette ! » répliqua-t-il, se radoucissant pourtant dans l'instant. Il réfléchit un peu en fixant la jeune femme prisonnière de son étreinte, un sourire s'étirant sur ses lèvres alors qu'il s'attrapait le menton d'une main, réflexif. « Alors comme ça… C'est ce genre là, le genre 'mauvais garçon', qui te plait, crevette ? Je vais devoir ouvrir l'œil, si on sort… »

Kali ne put s'empêcher de lever les yeux au ciel, amusée par la jalousie qu'elle pouvait percevoir dans les mots du fléau millénaire. Elle vint alors planter un baiser sur ses lèvres, une vive lueur animant ses prunelles d'or. « C'est toi qui me plait, Sukuna. Et tu es un genre à toi tout seul, parfaitement inimitable ! »

La réponse de la demoiselle plut indubitablement au tatoué qui répondit à son baiser, ravi. « Encore heureux, crevette… Je suis le Roi au fond ! »

Il se releva alors avec une souplesse féline, s'étirant un peu avant de se retourner vers l'européenne, les yeux brillants.

« Bon, on y va maintenant ? Qu'est ce que tu attends, crevette, tu ne voulais pas voir les étoiles ? »

Réprimant un rire face au côté enfantin du démon millénaire, l'intéressée se rassit au bord du canapé avant de détailler son vis-à-vis : comme à son habitude, il était torse nu, ses mains enfoncées dans un short rouge tombant bas sur ses hanches honteusement alléchantes et pieds nus… C'était un régal visuel, mais elle ne pouvait pas le laisser sortir comme ça, une nouvelle bataille s'annoncer donc.

« Désolée, mais avant de sortir… » commença-t-elle, croisant théâtralement les jambes en se donnant un air autoritaire. « Il va quand même falloir vous habiller un peu plus, jeune homme ! »

En entendant cela, Sukuna laissa échapper un ricanement narquois. Il croisa ses bras sur son torse, venant se planter littéralement devant Kali, la forçant à relever son visage pour encrer ses yeux dans les siens. « De quoi tu te plains ? En plus je sais que dans le monde actuel vous êtes des exhibitionnistes ! Il n'y a qu'à voir le poster de la gourgandine dans la chambre du gamin, où les gens dans la boite magique ! »

« Je ne me plains de rien, Sukuna. » rétorqua-t-elle, se relevant lentement, son corps frôlant celui du japonais. « Mais ce genre de tenue, ce n'est pas autorisé en ville. Soit tu vas provoquer une émeute, soit on va finir avec la police sur le dos. Ça couperait court à notre escapade ! »

« Pour voir les étoiles, on a pas besoin d'aller en ville. » Il glissa un doigt sous son menton, lui faisant un peu plus encore relever la tête vers lui, la dévorant du regard. « C'est pas encore ta jalousie mal placée qui parle, crevette ? »

Elle ne répondit rien dans un premier temps, encaissant sa remarque avec flegme. Il pouvait être un sacré mufle quand il s'y mettait, elle commençait à y être habituée… Cependant elle connaissait également certains de ses points faibles.

« Comme tu veux… Mais c'est dommage, je pensais que tu voudrais peut être aller manger un bout, après. Et aucun établissement n'accepte les hommes à demi nu, aussi beaux puissent-ils être… »

Immédiatement, l'argument fit mouche, faisant se hausser légèrement les sourcils du fléau. « Voilà qui est une idée plutôt distrayante, assurément… »

Kali réprima autant que possible le sourire terriblement amusé qui cherchait à étirer ses lèvres, ne voulant pas froisser son amant millénaire. Les hommes et leur estomac…

« Du coup… Il faudrait te couvrir un peu plus, si tu veux bien ? »

« S'il le faut… » Se contenta de dire dans un haussement d'épaules faussement désinvolte.

Il fit alors volte face, retournant d'un bon pas dans la chambre de Yuji. A peine arrivé, il retira d'un geste vif son short rouge, le jetant sur le lit défait de l'adolescent. Il commença à farfouiller dans son placard, en extirpant un des vêtements que l'hybride avait offert au gamin pour le tanabata.

« Crevette ! Un yukata, ça ira pour satisfaire les règles débiles de ce monde moderne complètement hypocrite ? »

L'intéressée le rejoignit alors dans la chambre, s'arrêtant un bref instant sur le seuil pour admirer une poignée de secondes son corps sculptural quasiment nu. Il était tellement attirant, s'en était insensé. Elle dut faire appel à tout son self control pour réprimer son envie de lui sauter dessus, se répétant en boucle qu'une pluie d'étoiles telle qu'il en était prévue cette nuit n'arrivait que très rarement. Déglutissant doucement, elle s'approcha du tatoué qui la fixait, intrigué, plaquant devant lui le kimono bleu marine qu'il avait sélectionné.

« Ça t'irait à merveille, mais tu es largement assez charismatique comme ça, on ferait mieux de miser sur quelque chose de plus… passe partout ? »

Affichant une légère moue, Ryomen accepta malgré tout de reposer le vêtement traditionnel, étonnant Kali qui ne s'attendait pas à autant de docilité de sa part. Il attrapa un jogging noir qui trainait à portée de main, l'enfilant alors qu'elle s'approchait du placard de Yuji, repérant un sweat à capuche d'un violet profond qu'elle ne lui avait jamais vu porté, le tendant au démon.

Il le mit sans broncher, rejetant d'un mouvement souple la capuche en arrière avant de se recoiffer machinalement, enfonçant ensuite les mains dans ses poches, reniflant faiblement.

« C'est bon, je suis couvert… On peut y aller maintenant ? »

Kali se tourna vers le placard, retenant de justesse un nouveau rire. Il avait l'air d'un adolescent bougon, l'attendrissant tout en l'amusant terriblement.

« Crevette ? » reprit il après seulement quelques secondes, visiblement très impatient.

Elle alla se poster devant lui, jouant avec la cordelette dépassant du col du sweat, regardant avec un sourire le japonais millénaire.

« Je dois encore me changer et récupérer mon sac, après on pourra y aller ! »

Il la regarda quelques secondes, haussant un sourcil, taquin. « Il est vrai que ta tenue est quelque peu… Aguicheuse, crevette. Ça me rassure que tu ne la réserves que pour moi. Par contre, je te préviens, je te laisse deux minutes, et pas une de plus. Après ça, je pars sans toi ! »

A peine eut-il dit cela qu'il lui adressa un sourire facécieux, prenant une profonde respiration.

« Un ! » finit-il par dire, arrachant un éclat de rire à Kali qui ne put s'empêcher de lever les yeux au ciel, déguerpissant cependant de la pièce à toute vitesse. « Deux ! … »

Elle arriva avec précipitation dans sa chambre, entendant le démon s'éloigner dans le couloir alors qu'il continuait de compter, visiblement amusé par la situation. Elle se déshabilla en vitesse, balayant de son regard d'or sa penderie, attrapant une robe ample aux décolletés avant et arrière assez prononcés, mêlant les couleurs bleu et violette dans des jeux de dégradés délicats. Elle l'enfila rapidement, ainsi que des tongues dorées, attrapant son petit sac à lanière contenant ses faux papiers presque dans la foulée. Elle jeta un rapide regard vers le miroir avant de quitter la pièce, rejoignant le japonais tatoué avant la fin du décompte fatidique.

Il s'arrêta donc de compter, glissant un regard appréciateur sur la demoiselle, affichant un de ses sempiternels sourires en coin.

« J'ai faillit attendre, crevette ! » la taquina-t-il, commençant déjà à escalader les marches menant à la sortie du sanctuaire.

« Tu rigoles ! » s'offusqua Kali, sur ses talons, remarquant qu'il portait à présent les baskettes rouges de Yuji. « Je suis arrivée avant que tu ais fini de compter, je te signale ! »

Il se contenta de lui jeter un regard amusé par-dessus son épaule, traversant sans ajouter un mot la cour intérieur des lieux. Quand enfin il dépassa le rideau qui protégeait le sanctuaire, le tatoué marqua une pause sous le regard étonné de l'européenne qui ne dit cependant rien, le laissant faire. L'homme ferma un bref instant les yeux, respirant à plein poumons l'air pur du dehors, savourant la sensation agréable de ne plus avoir la chape de l'enchantement occulte protégeant le refuge pesant sur ses épaules. La dernière fois qu'il était sorti en possédant le corps de Yuji, c'était la nuit où il avait cherché la jeune hybride. Et, il avait eu, cette nuit là, d'autres choses à faire que de profiter de cette sensation de liberté.

Lentement, il rouvrit les yeux, glissant son double regard vers le ciel nocturne complètement dégagé les surplombant, percevant déjà une multitude de points lumineux au milieu du firmament.

« Où va-t-on, crevette ? » lança-t-il à la jeune femme dans son dos, faisant quelques pas dans la ruelle déserte.

L'intéressée le rattrapa afin d'être à sa hauteur, lui offrant un sourire doux montant jusqu'à ses yeux félins. « La plage. Je pense que c'est là où se sera le plus beau. On en a pour moins de 20 minutes de marche en plus ! »

« Soit. Alors allons-y »

Sans plus perdre une minute, ils se mirent alors en route, marchant côte à côte. La jeune européenne vérifiait de temps à autre leur chemin sur son téléphone, ce qui amusait particulièrement le démon millénaire.

« Tu sais qu'on voit clairement la mer de là où on est, non ? » se moqua-t-il gentiment, secouant doucement de la tête. « Il suffit d'avancer tout droit jusqu'à elle, on finira forcément par l'atteindre ! Je veux bien que tu ne sois pas très douée en orientation, mais quand même. »

La remarque arracha une moue un peu boudeuse à la demoiselle, tapotant nerveusement sur son téléphone. « Je sais bien… C'est juste pour trouver le chemin le plus court, c'est tout ! »

« Humhum… » se contenta de répondre Sukuna, amusé, accélérant un peu le pas pour forcer la jeune femme à trottiner derrière lui. « Si tu le dis ! »

Ils marchèrent quelques minutes en silence, Sukuna scrutant les alentours avec curiosité. En ce début septembre, l'air nocturne était encore chaud, alourdit par le chant profond des grillons cachés dans les jardins assoupis qu'ils longeaient. Ils ne croisèrent pour ainsi dire pas âme qui vive, l'heure avancée de la nuit les protégeant des indiscrets.

Arrivés non loin de la mer, ils atteignirent un passage à niveau dont l'alarme sonnait de façon stridente parmi les sons étouffés habituels, arrachant une grimace à Sukuna.

« Qu'est ce que c'est encore que ce truc infernal? » maugréa-t-il, jetant un regard mauvais vers la lumière clignotante marquant l'emplacement d'une barrière rouge et blanche leur barrant le chemin.

« Ca annonce l'arrivée imminente d'un train. » expliqua Kali, jetant un coup d'œil le long des rails.

Le démon l'imita, constatant l'absence de monstre de fer. « On ne peut pas simplement traverser? Il n'est pas là, ton train. »

« Il vaut mieux attendre, il ne devrait pas tarder… » répondit l'européenne, peu envieuse de prendre le risque de se faire couper en deux par des tonnes de métal lancées à grande vitesse, surtout une fois arrivée si près du but. Elle regarda l'homme tatoué l'accompagnant, pouvant presque visualiser son impatience monter en flèche en son sein. Il fallait qu'elle trouve un moyen de le distraire. Heureusement, une idée naquit rapidement dans son esprit, lui arrachant un sourire. Sans attendre, elle posa son sac au sol, s'éloignant de quelques pas avant d'interpeller le fléau.

« Sukuna ! Regarde ! »

L'intéressé se tourna alors vers elle, un rien intrigué, alors que la demoiselle faisait appel à son pouvoir occulte, des flammes d'ombres aux nuances sombres et violacées commençant à courir le long de sa peau pâle. Rapidement, la demi fléau se mit à flotter dans l'air, comme si la pesanteur n'avait plus prise sur elle, un sourire radieux éclairant son visage.

«Tu as vu ? » reprit-elle, une lueur de fierté candide embrasant ses prunelles. « J'arrive à me donner le poids des flammes sans cramer mes fringues ! Super cool non ? »

« …J'irai pas jusque là… » s'amusa Ryomen en s'approchant un peu, la scrutant de son double regard, les bras croisés sur son torse. « Au moins ne finiras-tu plus nue à chacun de tes combats ! »

« Attend, c'est quand mêm… »commença-t-elle, voletant vers lui doucement.

Elle ne put cependant terminer sa phrase, le train tant attendu décidant de ce moment précis pour passer à toutes vitesses à coté d'eux, provoquant un appel d'air qui balaya littéralement Kali sur son passage.

« Crevette ! »

La jeune femme, emportée à la suite du train sur plusieurs mètres sans qu'elle ne put rien y faire, finit par s'agripper à un lampadaire pour stopper sa course, rappelant ses flammes pour reprendre son poids normal et toucher à nouveau le sol.

Sukuna arriva immédiatement à ses côtés alors qu'elle respirait profondément pour retrouver son calme, son cœur battant à tout rompre au creux de sa poitrine. Un rien tremblante, elle releva son regard vers le démon qui la dévisageait, une lueur complexe faisant vibrer ses yeux de lave.

« Je… Je vais bien. » finit-elle par dire, se redressant un peu. « Je ne m'attendais pas à… »

« PFFFFF » laissa échapper le tatoué, plaquant une main sur sa bouche avant de renoncer et de partir dans un puissant éclat de rire, vexant un peu la rousse dont les joues s'empourprèrent vivement.

« Sukuna ! » bougonna-t-elle, s'éloignant de son lampadaire salvateur, lissant sa robe. « C'est pas drôle ! »

«Pas drôle ? » répéta-t-il, hilare. « Tu t es faite balayée par le train, crevette ! »

Posant une main sur son ventre, le fléau reprit cependant rapidement son calme, scrutant la jeune femme qui le foudroyait du regard non loin. Il attrapa son menton entre deux doigts, solennel, avant de réciter quelques vers dans le silence nocturne retrouvé.

« Crevette de feu noir
Bête d'acier
A jamais emportée. »

Il afficha alors un sourire satisfait alors que la dite crevette, dont le visage atteignait à présent une couleur cramoisie presque similaire à celle de ses cheveux, le fixait avec des yeux ronds, effarée.

« Est-ce que tu viens réellement de faire un Haiku pour te moquer de moi ? »

Ricanant doucement, l'homme millénaire s'approcha de la demoiselle, venant la prendre dans ses bras alors qu'elle se retournait, ouvertement boudeuse.

« Tu devrais être honorée, crevette ! Un Haiku du roi des fléaux, peu de gens peuvent se vanter d'en avoir été l'inspiration. »

« Je suis ravie… » ironisa-t-elle, de mauvaise foi, son énergie crépitant autour d'elle.

Le tatoué, ne parvenant pas à faire disparaitre le sourire amusé qu'avait fait éclore le coup d'éclat de l'hybride sur ses lèvres, se pencha vers elle, déposant quelques baisers dans son cou.

« Je dirais même que tu peux être fière, en quelques sortes… Je ne me souviens pas de la dernière fois que j'avais ri comme ça… »

« Hum… » laissa échapper Kali, se sentant malgré tout fondre face à l'étreinte cajoleuse du fléau millénaire qui continuait à la grignoter, la plaquant fermement contre son torse.

« Ne fais pas la tête… » murmura-t-il contre son oreille, sa voix grave et caressante coulant comme du miel jusqu'à son tympan. « On est presque arrivés à la plage, tes étoiles filantes nous attendent… »

« Peut être… » commença-t-elle après quelques instants supplémentaires à se laisser ouvertement charmée par le roi millénaire, ses griefs disparaissant comme neige au soleil. « Peut être devrais-je, entre autre, faire le vœu que la prochaine fois que tu riras de la sorte, se sera avec moi et pas de moi… »

La remarque arracha un léger ricanement à l'homme qui se redressa un peu, venant planter un baiser sur la tempe de sa prisonnière. « Tu peux toujours, effectivement. On peut y aller, maintenant ? Tu ne boudes plus ? »

Il la relâcha alors pour lui permettre de se retourner vers lui, encrant son regard dans le sien. «Allons-y. J'ai une liste de vœux tellement longue qu'on va devoir y passer la nuit, sinon. »

Sans lui laisser le temps de répondre, l'hybride repartit d'un bon pas, traversant les rails qui les séparaient de la jetée menant à la plage, laissant derrière elle un fléau intrigué qui n'attendit pas longtemps pour la rattraper.

« Oh ? Et quels sont-ils, tous ces vœux, crevette ? »

Elle lui glissa un regard mystérieux, un sourire machiavélique étirant le coin de ses lèvres. « Voyons, Sukuna. Tu sais bien qu'il ne faut jamais dévoiler ses vœux. Sinon ils ne se réaliseront pas ! »

« Voyez vous ça… » ironisa le démon, avant de reporter son attention devant lui, découvrant qu'ils avaient enfin atteint la plage.

Ils se trouvaient en surplomb, en plein milieu de ce qui devait être une promenade longeant la large bande de sable claire menant à la mer. Une douce brise chargée d'iode les enveloppa avec bienveillance, inondant leurs poumons des senteurs du large.

Quelque puisse être l'époque, elle avait toujours le même parfum.

La surface sombre et miroitante de l'onde reflétait le ciel clair où trônait une lune presque pleine, rendant la nuit terriblement lumineuse. D'innombrables lueurs brillantes l'accompagnaient de toutes parts, et, comme annoncé, à peine furent ils arrivés qu'une première étoile filante traversa les cieux dans une ligne brillante et éphémère. Cette vision arracha un léger cri de surprise à Kali qui, instinctivement, vint attraper la main de Ryomen, pointant du doigt l'espace où était passée la brève apparition lumineuse, lui arrachant un sourire quelque peu attendrit.

Elle se tourna vers lui, des étincelles d'enthousiasme faisant briller l'or de ses yeux, un sourire époustouflant illuminant son visage. Il ne put s'empêcher de lui répondre par un sourire, venant glisser une main dans ses cheveux de feu, les remettant derrière son oreille. « Et d'une, crevette. Voilà ta première étoile filante. Fais bien attention au vœu que tu vas faire du coup, se sera sans nul doute le plus puissant de tous.»

« C'est une sacré responsabilité ! » s'amusa-t-elle avant de demander, curieuse. « Toi, tu n'en fais pas ? »

« Je n'en ai pas besoin. » éluda-t-il, haussant les épaules. « Je m'arrange toujours pour assouvir mes envies. D'ailleurs, pour l'heure, j'ai envie d'aller voir la mer de plus prêt. »

Doucement, il se détacha de l'européenne, allant descendre les escaliers menant directement à la plage en elle-même. Il fit quelques pas avant de s'arrêter, son regard tombant jusqu'à ses pieds. Il retira alors rapidement ses chaussures et ses chaussettes, les abandonnant là où elles étaient tombées, avant de reprendre sa marche jusqu'au bord de la mer. La sensation des grains de sable sous la plante de ses pieds était incroyablement caressante et tiède, lui arrachant un soupire de bien être inattendu.

Quelle était la dernière fois où il s'était retrouvé face à une telle immensité ? Même en son temps, il ne s'était que très rarement rendu dans les régions côtières…

Bientôt, il arriva à la limite de l'onde, les fines vaguelettes venant lécher le bout de ses orteils. Là, le sol de sable se transformait en velours, le faisant s'arrêter pour profiter de cette exquise sensation. L'homme millénaire ferma les yeux, se laissant envahir par les éléments l'environnant : le bruit caressant du va et vient des vagues, l'odeur entêtante des embruns et du sel, la tiédeur de l'onde contre sa peau, la douceur du sable sous ses pieds…

Il inspira profondément avant d'expirer lentement, rouvrant les yeux, perdant son attention loin à l'horizon, là où la ligne obscure de la mer se fondait avec celle du ciel. Ce soir, il était plus libre qu'il ne l'avait jamais été ces derniers siècles. C'était indéniablement un sentiment… Grisant.

Cependant… Il en voulait tellement plus encore.

Kali, elle, avait suivi le fléau, retirant également ses chaussures tout en récurant celles qu'il avait abandonné plus tôt. Elle l'avait regardé en silence, préférant lui laisser de l'espace, n'osant imaginer ce qu'il devait ressentir après mille ans d'emprisonnement. Il y avait… quelque chose de presque solennel dans sa façon de fixer l'horizon, lui donnant, sans qu'elle ne puisse comprendre pourquoi, la chair de poule.

D'un coup, le roi démoniaque attrapa le bord de son sweatshirt, le passant d'un geste souple au dessus de sa tête avant de le jeter au loin. Il vint ensuite se saisir de son jogging et de son boxer, les baissant d'un même mouvement, s'en débarrassant de la même manière que son top.

« Su… Sukuna ?! » L'hybride se rapprocha rapidement alors qu'elle récupérait les vêtements éparpillés du tatoué, étonnée. « Qu'est ce que tu fais ? »

L'intéressé avait fait quelques pas dans l'eau, l'ayant à présent jusqu'à mi mollet, se baissant pour mouiller ses mains qu'il passa doucement dans sa nuque tatouée avant de se retourner vers l'européenne, un sourire entendu aux lèvres. « Ça ne se voit pas ? Je vais me baigner, crevette. »

« Mais… Mais si on te voyait !? » tenta la rousse, une certaine rougeur s'étalant sur ses pommettes alors que la lumière de la lune sculptait chacune des aspérités de son corps d'apollon. « Si ça réveillait Yuji ? »

« A cette heure ci, il n'y a personne, crevette. » éluda Ryomen, rejetant ses cheveux en arrière. « Et l'eau est tellement chaude, il n'y a aucun risque pour le morveux… Je comprends mieux ce que signifie ce fameux réchauffement climatique dont vous parlez à tout va, maintenant ! »

Ne laissant pas à l'hybride le temps d'objecter, le tatoué avança tranquillement au milieu de l'onde, s'enfonçant progressivement en son sein sans la moindre hésitation. Quand il fut immergé jusqu'à la taille, il se laissa tomber dans l'eau, disparaissant brièvement du champ de vision de la demoiselle qui laissa tomber tout ce qu'elle avait tenu jusqu'à présent entre ses bras, se précipitant au bord de l'onde, une vive inquiétude lui vrillant les entrailles.

Et si le démon s'était trompé et que le choc thermique lui faisait perdre le contrôle ?

Quelques secondes terrible s'écoulèrent avant que l'homme finisse par se redresser, le dessin sombre de ses tatouages toujours présents sur sa peau arrachant un soupire de soulagement à la manipulatrice des flammes d'ombres.

Elle s'autorisa alors à l'observer, dévorant de ses yeux félins son corps parfait brillant doucement sous la lune, les jeux d'ombres et de lumières le transformant en une réelle œuvre d'art. Comme s'il sentait la pression de son regard contre son épiderme, le tatoué finit par se tourner vers la demoiselle, lui offrant un sourire sincèrement détendu qui lui coupa le souffle, faisant s'emballer son cœur dans sa poitrine.

« Crevette, qu'est ce que tu attends ? Viens me rejoindre, l'eau est incroyable ! »

Inconsciemment, la jeune femme vint attraper le tissu de sa robe, le serrant entre ses doigts fins. Elle avait envie d'y aller, elle en crevait littéralement d'envie. Cependant, elle n'aurait su dire pourquoi, mais elle se sentait quelque peu déstabilisée par l'aura du japonais millénaire. Elle ne l'avait, pour ainsi dire, jamais vu ainsi, d'autant plus dans le monde réel. Déglutissant doucement, elle jeta un regard par-dessus son épaule, scrutant les alentours complètement désert. Sukuna avait raison, à cette heure ci, ils ne risquaient pas de se faire déranger.

Doucement, la rousse finit par retirer à son tour ses vêtements, les laissant tomber par-dessus ceux de l'homme qui, pour sa part, avait entreprit de faire des longueurs de plage dans un crawl puissant et régulier, fondant l'onde avec une fluidité et une vitesse impressionnante. Elle pénétra l'onde tiède à son tour, imitant la façon de faire du démon en s'immergeant complètement au bout d'un moment, savourant la sensation vivifiante de l'eau enserrant son corps félin tout entier. Elle se redressa alors, rejetant ses longs cheveux trempés dans son dos, reprenant une profonde respiration. Malgré la chaleur environnante, la brise marine la fit frissonner, la faisant enserrer son torse de ses bras.

« Tu as froid, crevette ? »

Elle se tourna alors, découvrant que le roi des fléaux était revenu vers elle, marchant dans sa direction, l'onde frôlant ses hanches là où elle était immergée jusqu'à la taille. Une fois arrivée à sa hauteur, il encra son regard dans le sien, venant balayer une mèche de cheveux roux qui s'était collé à sa tempe. Il affichait un sourire qui avait quelque chose de… paisible, bouleversant un peu l'européenne.

« Tu as perdu ta langue ? » s'amusa-t-il, posant sa main dans son cou.

« Non… » finit elle par répondre, lui souriant en retour. « Non, ça va. C'est juste le vent qui m'a surprise. »

« Alors vient nager avec moi. » répondit-il simplement, l'attirant un peu vers lui. « Dans l'eau, le vent ne t'embêtera pas. »

« Logique imparable ! » réplica-t-elle, alors qu'il se laisser glisser dans l'eau, lui attrapant doucement le poignet pour l'entrainer a sa suite.

Il se figea cependant brusquement, se saisissant des épaules de la demoiselle, fronçant légèrement les sourcils. « Crevette… Tu sais nager au moins ? Le vieil homme t'as appris comment faire ? »

La remarque du fléau laissa d'abord muette Kali avant de lui arracher un léger rire. « Oui, ne t'inquiètes pas, Sukuna ! On avait une piscine couverte au manoir, j'ai eu des cours particulier. Je suis extrêmement douée pour faire la planche ! »

« La planche… » répéta le maitre des lames, dubitatif. « C'est pas le truc où tu te contentes… de flotter ? »

« Tout le monde ne peut pas le faire, Mônsieur ! » rétorqua immédiatement Kali, illustrant ses dire en se mettant sur le dos, se laissant porter par l'onde. « Les personnes trop musclées coulent, vois tu ! Faut un peu de moelleux pour flotter. »

Ryomen demeura silencieux une poignée de secondes, dévorant de son regard double le corps nu de l'hybride ainsi offerte à la mer et à la lune, détaillant ses formes aguicheuses de manière exquise. « Tu fais une très jolie planche, crevette… Même si ce terme ne te rend pas honneur. »

En entendant cela l'intéressée se laissa retomber dans l'eau, s'y enfonçant jusqu'au bord du nez pour dissimuler son trouble. Il n'en manquait pas une ! « Toi, alors… »

« Moi, toujours. » répondit-il du tac au tac, commençant à nager en cercles autour de l'hybride, l'amusant terriblement.

« Tu fais le requin ? » s'amusa Kali, le regardant faire. Il ne dit rien, se contentant de continuer son manège, arrachant un éclat de rire à la demoiselle.

Elle le regarda faire quelques instants, avant d'essayer de lui bondir dessus dans un cri de guerre enfantin, n'attrapant hélas que de l'eau, le démon l'ayant esquivé avec facilité. Elle se redressa alors, réajustant ses cheveux fous, cherchant du regard où était passé le tatoué. Elle finit par le repérer à quelques mètres de là, seul le haut de son visage dépassant de l'onde, le feu terriblement intense de ses yeux brillant dans la nuit claire.

Un vif amusement animait leur regard mutuel alors qu'il recommençait à s'approcher de sa proie potentielle, formant des cercles toujours plus étroits autour de son corps félin, près à bondir sur elle. Cette dernière scrutait ses mouvements, se focalisant entièrement sur lui, sur son être non loin, sur son énergie qui semblait crépiter dans l'onde sombre qu'il faisait frémir à chacun de ses mouvements.

D'un coup, alors qu'il était dangereusement proche d'elle, la rousse essaya à nouveau de se saisir de lui, se jetant toute entière là où il était sensé se trouver, ne trouvant entre ses bras, hélas, une nouvelle fois que du vide. Alors qu'elle était encore sous l'eau, elle sentit des bras implacables enserrer sa taille, l'extirpant des bras de la mer, marquant indéniablement sa défaite. Elle se retrouva alors prisonnière de l'étreinte de Sukuna, son corps nu plaqué contre le sien, un sourire étincelant étirant sa bouche carnacière.

« Je te tiens, crevette. » s'amusa-t-il, victorieux, l'eau lui arrivant jusqu'aux pectoraux.

« Apparemment… » Répliqua-t-elle, plaçant ses mains sur ses épaules puissantes, radieuse même en ayant perdu. « En même temps, une crevette contre un requin, les dés étaient pipés ! »

« Si la crevette en question avait travaillé ses nages au lieu de faire la planche, aussi… » objecta le japonais, taquin. « Que vais-je faire de toi maintenant ? Devrais je me contenter de te dévorer ? »

A peine eut-il dit cela qu'un brasier terrible embrasa la lave de ses yeux, incendiant le corps de la captive qui resserra un peu plus sa prise sur son être millénaire. Ne lui laissant pas le temps de la réflexion, le démon plongea vers elle, commençant à mordre sa peau émergée offerte à sa bouche avide, dévorant la courbe de ses seins, celle de son cou, de sa mâchoire, pour enfin atteindre sa bouche, capturant ses lèvres dans un baiser éperdu et iodé.

Kali répondit avec passion à son embrassade, venant gouter sa langue experte, soupirant de plaisir, venant glisser une main dans la nuque rasée de son amant, en griffant la peau douce de ses ongles. Immédiatement, Sukuna interrompit leur échange, une lueur complexe animant ses prunelles de feu.

« Doucement, sauvageonne. On est pas… On est dans le vrai monde, ici. Si tu exagères, tu vas réveiller le morveux. »

L'hybride le fixa, le dévisageant longuement en déglutissant, cherchant à retrouver son calme et son souffle. Il ne savait pas combien ce qu'il lui demandait était difficile pour elle en cet instant… « Pardon… Je vais faire atten…Aaah… »

Interrompant ses excuses, le tatoué décidait de mettre à l'épreuve son corps, venant plaquer son bassin contre le sien, faisant se frôler son sexe en érection avec le sien, l'électrisant toute entière.

« Ah, démon… » soupira l'hybride, plaquant ses mains sur le torse de ce dernier, cherchant à s'éloigner de lui. « Ne sois pas aussi cruel… »

« Cruel ? » répéta-t-il, la ramenant contre lui, continuant à caresser de son gland l'entrée de la demoiselle, embrasant son être tout entier. « Qui est cruel avec qui ? Sais tu seulement comment tes hanches bougent contre les miennes ? Peux-tu seulement imaginer à quel point j'ai envie de te posséder ici même ?»

En entendant cela, la rousse se coula complètement contre lui, venant capturer ses lèvres, complètement éperdue, son sang bouillonnant dans ses veines.

« Alors fais le… » souffla-t-elle entre deux baisers, le démon grognant de plaisir en l'entendant. « Prends moi. Là, maintenant, tout de suite. Je te veux en moi, Sukuna. J'ai trop envie de toi…»

Brisant leur échange buccal, les deux amants se fixèrent une poignée de secondes, leurs souffles raccourcis se mêlant dans la nuit. Ryomen pouvait sentir tout son corps être saturé de désir, son phallus déjà blotti contre l'intimité de la demoiselle prêt à s'enfoncer en son sein. C'était dangereux, il le savait pertinemment. Cette nuit, il n'avait aucune envie de rendre les reines au gamin. Et posséder l'hybride n'était pas possible, en tous cas pas entièrement vu la sensibilité du puceau lui servant d'hôte…

« Sukuna… » l'interrompit l'intéressée dans un soupire brulant, ondulant langoureusement son corps contre le sien, l'embrasant tout entier. « S'il te plait… Même un peu… »

Aaah la démone… Et après elle osait dire que c'était lui qui était impossible, alors qu'il était constamment obligé d'être la voix de la raison… Ce soir, cependant… S'il devait faire un vœu aux étoiles… Se serait celui de pouvoir faire sienne son hybride sans que le gamin ne rentre dans l'équation.

« Tu es ingérable, Kali… » soupira le fléau tatoué alors qu'il venait à nouveau capturer avec voracité ses lèvres, venant plaquer un peu plus son bassin contre le sien. « Et ici également… Tu es à moi… » murmura-t-il contre sa bouche, commençant lentement à s'enfoncer en elle.

Afin de pour pouvoir gérer sa propre excitation dans le but d'éviter le retour inopinée du lycéen était son geôlier, le roi millénaire prit mille précautions alors qu'il pénétrait la demoiselle, usant de plus de contrôle qu'il ne l'avait rarement fait durant son existence. Quand il vint enfin se blottir contre son hymen, qu'il avait consciencieusement laissé intact entre les deux mondes depuis le commencement de leurs ébats pour avoir le plaisir de le perforer une seconde fois de son sexe triomphant dans la réalité matérielle, l'homme interrompit leur baiser, encrant son regard dans celui de sa petite amante du bout du monde, un enfer de désir animant ses yeux millénaires.

« Ici ou ailleurs… » soupira Kali, lui offrant un sourire d'une vibrante sincérité. « Où que je puisse être, je suis à toi, Sukuna… »

« A moi seul. » compléta-t-il alors qu'il s'enfonçait un peu plus en elle, déchirant lentement cette membrane les séparant encore, les faisant tous deux se tendre dans l'instant.

Lui, car la sensation du sexe de l'européenne enserrant le sien était déjà presque trop intense pour le gamin dont il empruntait le corps, le forçant à faire une pause pour se calmer et éviter une perte de contrôle inopinée. A cause de cela, il ne pourrait certainement pas aller jusqu'au bout de l'acte, le frustrant un peu par avance. Mais se sentir enfin réellement en elle était indubitablement incroyable et valait bien quelques désagréments…

Elle, car la sensation du démon blotti en son sein était bien différente celle dont elle avait l'habitude, lui coupant presque le souffle. Elle avait pourtant batifolé de multiples fois avec le tatoué, mais jamais, auparavant, elle ne l'avait ressenti aussi précisément en elle. C'était comme si, dans le monde 'matériel', les choses avaient plus de poids, plus de consistance… Loin de son esprit l'idée de dénigrer toutes les nuits qu'elle avait passé avec le démon dans son espace intérieur, mais là, en cet instant, elle découvrait une sensation encore plus intense qui risquait bien de lui faire perdre complètement la raison…

« Sukuna… » finit-elle par dire, blottissant son visage contre le sien, respirant profondément, son cœur tambourinant à tout va dans son thorax, une certaine inquiétude l'enserrant face à l'absence de réaction de son amant. « Tout va bien ? »

« Oui… » se contenta-t-il de répondre, enserrant d'une main ses cheveux de feu avec possessivité, embrassant ses lèvres. « Je gère, ne t'inquiète pas. »

A peine eut-il prononcé ses mots qu'il recommença à imposer de doux et lents mouvements à sa partenaire, la pénétrant toujours un peu plus loin jusqu'à pouvoir se blottir au plus profond de son être, lui arrachant des râles de plaisir éperdus absolument ravissant.

Terriblement concentré mais tout autant frustré, Sukuna imposa un coup de rein sec à sa partenaire, sentant une vague de plaisir brut le traverser, faisant dangereusement tanguer l'emprise qu'il avait sur son corps.

Sentant son contrôle lui échapper, il se retira de l'hybride immédiatement, la repoussant d'une longueur de bras en respirant profondément afin de retrouver son calme. La rousse demeura immobile et stupéfaite, le cœur battant, écartelée, se doutant parfaitement contre quoi son amant tatoué était en train de se battre.

Si seulement elle pouvait faire quelque chose pour l'aider…

« Sukuna, pense à du ketchup. » lâcha-t-elle brusquement, venant se saisir de son visage en coupe, faisait se redresser l'intéressé, un rien interloqué. « Tu détestes ça, le ketchup. Essaie d'en imaginer le gout sur ta langue, le coté sucré, salé, amer, acide. C'est nul le ketchup. C'est pas excitant le ketchup. »

La remarque finale de la demoiselle finit par arracher un léger rire au japonais, la soulageant. Au moins lui avait-elle été d'une certaine aide, si elle parvenait à le faire penser à autre chose qu'à sa condition de prisonnier…

« Non, crevette. » confirma Ryomen, venant l'enlacer lascivement à nouveau. « C'est pas excitant, le ketchup… » Il releva les yeux vers elle, allant planter un baiser un rien amusé contre ses lèvres. « Toi, par contre, tu l'es sacrément. Un peu trop peu être, pour le moment. »

Kali ne put s'empêcher de sourire à son tour, posant son front contre celui de son vis-à-vis, respirant profondément pour pouvoir elle-même retrouver son calme. Se rendait-il seulement compte de l'intensité abyssale de son désir pour lui ? Cependant… Elle venait déjà d'avoir l'immense privilège de gouter dans sa chair sa présence millénaire inimitable… C'était indubitablement bien plus qu'elle n'en aurait jamais rêvé quand elle lui avait proposé de sortir avec elle cette nuit. Peut être devait elle essayer de ne pas plus en demander pour cette nuit…

« Sortons, alors… » proposa la demoiselle, désignant de la tête leur vêtements abandonnés au bord de l'eau, muselant à grandes peines sa soif inassouvie de lui. « C'était déjà… Tellement incroyable, n'abusons pas. »

« Tu as peut être raison… » murmura-t-il contre sa peau, enserrant sa taille de ses bras, respirant son parfum à pleins poumons. « Soyons raisonnable. »

En disant cela, il glissa néanmoins ses mains sous ses fesses, la soulevant sans effort alors qu'elle venait instinctivement l'enlacer de ses bras et de ses jambes, encrant son regard d'or dans le sien, se bouffant mutuellement du regard. Il commença à la ramener vers le bord de la plage, sentant son excitation monter à nouveau en flèche en son être sous la lueur aguicheuse et embrasée des prunelles félines ne le quittant pas une seule seconde.

« Nous sommes des personnes raisonnables, pas vrai, Sukuna ? » murmura Kali contre ses lèvres avant de recommencer à l'embrasser, mordant très superficiellement sa lèvre inférieure, sensuelle et joueuse.

« Des gens raisonnables… » répéta-t-il alors qu'ils arrivaient non loin du bord de l'eau, griffant la peau douce et moelleuse de son fessier entre ses mains, s'arrêtant pour mieux pouvoir chercher sa bouche, lui imposant de brefs baisers bestiaux, l'enflammant à nouveau tout entier.

Il se recula faiblement, dévisageant la demoiselle qu'il tenait dans ses bras, l'incendie qu'il pouvait voir au fond de ses prunelles répondant à celui embrasant son sang. Il en voulait plus… Tellement plus…

Lentement, alors qu'il recommençait à l'embrasser, le fléau tatoué se laissa doucement tomber à genoux dans l'eau tiède, déposant avec précaution la jeune femme sur le sable trempé, lui écartant lentement les jambes pour bouffer du regard cette intimité qu'il désirait tant, son sexe à nouveau dressé entre les siennes.

Soupirant, littéralement rongé par l'envie, le roi millénaire vint se saisir de son membre d'une main, le positionnant à nouveau entre ces lèvres qui le rendait fou. Après une brève hésitation, décidant que la raison était pour les pleutres, il s'y inséra lentement et profondément d'un mouvement ample et implacable, tout en allant se couler contre la maitresse de son plaisir, lui arrachant un soupire d'extase raisonnant agréablement à son oreille.

« Je suis un roi, je me fiche d'être raisonnable… Et tu n'as pas envie non plus de l'être, pas vrai, crevette ? »

Incapable de répondre, bien trop focalisée sur les sensations exquises que faisait naitre en elle le sexe du démon, cette dernière se contenta de passer ses mains dans ses cheveux courts, gémissant de plaisir et de frustration mêlées face à ses mouvements lents et précis, ne sachant plus où donner de la tête.

Sentant les hanches de l'hybride onduler de concert avec les siennes, cherchant honteusement à l'entrainer toujours plus profondément en elle, le fléau millénaire ne put réprimer un large sourire satisfait, prenant cela comme le plus honnête des acquiescements possibles.

Elle le désirait autant que lui la désirait. Elle était à lui, éperdument, savourant chaque seconde de plaisir qu'il pourrait lui donner, son corps félin se coulant contre le sien pour quémander avidement plus de sa possession, encore et encore. Putain, qu'est ce que cela lui plaisait…

D'un coup, il vint se saisir des bras de la rousse enserrant sa nuque, les basculant au dessus de sa tête afin de pouvoir venir fermement enlacer ses doigts aux siens, les enfonçant un peu dans le sable tiède alors qu'il continuait à aller et venir en son sein, blotti contre elle, se nourrissant littéralement de sa chaleur, de ses gémissements et de son souffle. Son esprit millénaire, d'habitude toujours aux aguets, semblait lui échapper quelque peu, égaré dans les brumes d'un plaisir bien plus intense qu'à l'accoutumé. C'était comme si sa propre satisfaction était décuplée par celle de la demoiselle qu'il possédait enfin dans le vrai monde, leurs sensations physiques vibrant de concert le long du lien invisible unissant leurs âmes, les potentialisant dans une extase terrible et jusque là inconnue aux deux amants.

C'était terriblement intense… C'était … Incontestablement dangereux.

Au bout de quelques minutes de cette douce torture, Ryomen put sentir cependant son emprise sur le corps de l'adolescent vaciller, le forçant, une nouvelle fois, à s'arracher du corps de son amante ainsi que de son étreinte, s'éloignant un peu pour la dévisager avec intensité, respirant profondément.

« Il faut que je me calme, crevette » finit-il par dire, avalant sa salive alors que son regard ne pouvait s'empêcher de dévorer le corps nu de la rousse se relevant un peu à son tour, essoufflée et brûlante de désir. « Vraiment. »

Disant cela, il se laissa rouler sur le côté, les bras en croix contre le sable de velours, fixant le ciel de son double regard, essayant de compter les étoiles pour tenter d'oublier l'être se trouvant juste à ses côtés et qu'il aurait voulu posséder encore et encore.

Kali, devinant sa frustration et y compatissant pleinement, s'assit dans le sable, lui glissant un regard complexe. Elle aurait, bien entendu, voulu pouvoir continuer encore un peu leurs ébats, mais elle faisait confiance au démon : s'il avait pu ne pas interrompre leur coït sans perdre le contrôle de son corps, il l'aurait fait. Il devait donc être irrémédiablement à sa limite la plus poussée.

Doucement, elle s'approcha un peu de lui, venant glisser une main dans la sienne, attirant son regard de feu vers elle.

« Pense au ketchup ? » tenta-t-elle avec un sourire malicieux, serrant délicatement ses doigts autour de sa paume brûlante.

Lui ne répondit rien pendant quelques secondes, la scrutant avec intensité, détaillant la vive lueur animant ses yeux félins, la légère rougeur sur ses pommettes de nacre, son corps nu aux courbes enchanteresses dessinées par la lune les surplombant, encrant des ombres complexes dans ses cheveux roux trempés et alourdis par des grains doré qui cascadaient autour de ses épaules tel une traine. Elle avait l'air d'une nymphe sortant tout droit d'un conte… Une entité presque irréelle et diablement sexy qui n'était qu'à lui et qu'il aurait voulu posséder encore et encore jusqu'à ce que le jour se lève sur leurs deux corps épuisés, enlacés et repus de luxure.

Jamais elle n'avait été plus désirable, plus belle.

Jamais il n'avait été aussi loin de pouvoir la faire sienne comme il le voulait.

Ça le rendait pour ainsi dire complètement fou.

« Tu sais que tu ne m'aides pas vraiment, crevette… » finit-il par dire, libérant sa main de celle de l'hybride pour capturer sa taille, l'entrainant fermement pour qu'elle vienne s'assoir à califourchon sur ses genoux, la bouffant du regard.

Elle se laissa faire, docile, ravie de retrouver la chaleur du corps du fléau contre le sien, encrant son regard dans celui de lave de vis-à-vis. « Désolée… Je pensais que tu détestais vraiment le ketchup. »

En entendant cela il se redressa alors, enserrant sa taille avec possessivité entre ses mains, venant plaquer ses hanches voluptueuses contre les siennes, lui faisant sentir ainsi la dureté de son sexe dressé avec entêtement, lui souriant, un rien amusé par la situation. « visiblement, pas assez… Tu n'y peux rien. Même tout le ketchup du monde ne pourrait pas m'empêcher d'avoir envie de m'enfouir en toi ce soir… Et c'est terriblement problématique !»

Il vint alors poser son front conte son sternum, respirant profondément son parfum. « Il faut vraiment que je me calme, crevette, sinon tu vas finir la soirée avec le gamin. Et je n'ai absolument pas envie que ça arrive… »

La demoiselle reçut ses mots avec une certaine émotion, l'enlaçant doucement entre ses bras, avant de déposer un baiser sa tempe, bienveillante et protectrice.

Ces derniers jours, elle avait pas mal réfléchit à ce qu'avait dit Hiroaki par rapport à ses sentiments la liant à son démon personnel… Et, il lui fallait d'admettre, ce soir, plus que jamais auparavant, elle pouvait percevoir leur incommensurable intensité… Elle avait pour ainsi dire l'impression de rêver, alors qu'elle jetait brièvement un coup d'œil vers le firmament parsemé d'étoiles, filantes ou non, qui les surplombait, donnant à leur tête à tête nocturne des allures irréelles.

La rousse enfouit doucement son nez contre les cheveux mouillés de son amant, resserrant un rien sa prise autour de lui, fermant les yeux un bref instant. Jamais elle n'aurait imaginé, le jour où elle avait quitté le manoir de Prasad pour venir au Japon afin de rencontrer le démon millénaire, que cette décision changerait aussi radicalement son existence. En l'espace de quelques semaines seulement, son univers s'était pour ainsi dire métamorphosé, son épicentre étant incontestablement l'être hors norme qu'elle tenait actuellement entre ses bras.

L'idée de ne plus être liée à son être impossible lui paraissait tout bonnement impossible et affreusement insurmontable, et pas seulement à cause de son énergie. Sa présence, sa voix, son aura, ses attitudes aussi attachantes qu'exaspérantes, absolument tout de lui lui manquerait désespérément, faisant douloureusement se serrer son cœur au creux de sa poitrine.

A cette simple et effrayante pensée, la demoiselle déglutit discrètement, resserrant un peu plus encore son étreinte autour des épaules du tatoué. Doucement, elle glissa un regard vers le firmament, ses yeux d'or s'écarquillant un rien alors qu'une nouvelle étoile filante traversée l'étendue sombre les surplombant. Elle sourit légèrement, son muscle cardiaque s'affolant à tout rompre.

Peut être était ce là un hasard.

Peut être était ce là un signe.

Dans tous les cas, en cet instant, elle n'avait qu'un seul vœu à formuler, et elle l'adressa en silence et avec déférence à l'univers tout entier, encrant son regard vers la lune brillante les enveloppant dans sa bienveillante clarté.

Après quelques secondes la demoiselle glissa un regard vers l'objet de toutes ses pensées toujours coulé contre sa poitrine.

Cette nuit, quitte à vivre un songe, autant s'y ensevelir complètement…

Délicatement, l'hybride glissa ses mains jusqu'aux épaules puissante de son amant, le faisant se redresser un peu afin de pouvoir blottir son visage contre le sien, allant déposer de légers baiser contre ses lèvres, mue par une immense tendresse.

Au bout d'une poignée de secondes, elle se redressa cependant, encrant ses yeux étincelants dans ceux de l'homme lui faisant face, respirant profondément afin de rassembler son courage, prenant son visage tant chéri en coupe au creux de ses mains fines, l'intriguant un peu.

« Sukuna… » commença-t-elle, sa voix un rien hésitante, avant de se jeter à l'eau. « Je… je crois… Non, je suis sûre, en fait… »

Elle inspira profondément, son souffle se faisant un rien tremblant entre ses lèvres alors qu'une légère tension parcourait ses doigts contre la peau tatouée de l'homme millénaire, le faisant légèrement froncer des sourcils.

« Qu'est ce qu'il y a, crevette ? »

L'intéressée respira profondément à plusieurs reprises, les yeux clos, avant de les rouvrir pour les braquer dans le feu ancestral de ceux du roi lui faisant face, autant déterminée que terrorisée à l'idée de ce qu'elle allait dire. Doucement, rejetant au plus profond de son esprit le moindre doute, elle humecta ses lèvres pleines, choisissant de ce mettre à nu face à l'être millénaire.

« …Sukuna… Je t'aime. »

L'intéressé la fixa, écarquillant un peu les yeux, complètement pris de court par cet aveu. Il demeura muet à son tour, bien embêté, ne sachant que faire de cette abracadabrante confession. Ça n'avait, pour ainsi dire, absolument aucun sens.

Aimer ? Qui, en ce monde, aurait pu aimer un être comme lui ?

Pour être tout à fait honnête, il ne savait même pas réellement ce que ce concept étrange impliquait.

Au fond, il n'y avait été pour ainsi dire jamais confronté au cours de son existence.

La haine, le dégout, le mépris, la terreur, l'envie, la colère et le désespoir… Même l'admiration et la soumission absolue.
Tout ça il le connaissait.

Mais…L'amour ?

Ça n'avait un sens.

Une fois encore, la jeune hybride faisait preuve de folie et de non sens, le confrontant à des choses insensées le prenant un peu court. Mais, heureusement, il connaissait la réalité des faits de par son passé. Il n'était pas être à pouvoir faire naitre quoi que se soit de positif. Il ne l'avait jamais été, et ce n'était pas prêt de changer…

Lentement, il avala sa salive, se redonnant contenance avant de répondre à la rousse, se faisant un rien narquois alors que ses doigts se resserraient un peu plus pourtant autour de sa taille fine.

« Qu'est ce que c'est encore que cette idiotie, crevette ? C'est pour me refroidir que tu dis ça ? »

La demoiselle reçut ses paroles sans grande surprise, se doutant visiblement qu'il ne recevrait pas son aveu avec enthousiasme, lui arrachant un sourire paisible qui, pour le coup, surprit un peu plus encore le fléau.

Elle vint alors enlacer plus le démon, se blottissant à son tour contre lui, sentant son sexe d'acier toujours dressé contre son bas ventre, lui arrachant un léger rire.

« Même si c'était le cas, Sukuna… » commença-t-elle d'une voix caressante. « On dirait que ça n'a pas fonctionné… »

L'intéressé demeura silencieux une poignet de secondes, glissant un regard perplexe vers son interlocutrice, un rien désarçonné.

« Même si c'était le cas ? » répéta-t-il, les sourcils froncés, éloignant un peu la manipulatrice de flammes d'ombres de lui afin de la dévisager, septique. « Ça sous entendrait que tu es sérieuse, crevette. »

La remarque arracha un léger rire à la démi fléau, surprenant un peu plus encore son amant décontenancé par la situation.

« Je le suis toujours quand il s'agit de toi, Sukuna. En doutes-tu encore ? »

Elle lui adressa un sourire délicat, le fixant de ses prunelles félines sans faillir. Il la dévisagea à la recherche d'une faille, de quelque chose qui pourrait expliquer toute cette folie insensée. Le maitre des poisons ne trouva pourtant que cette étrange et presque gênante honnêteté qui caractérisait son hybride.

Ça n'avait… Aucun sens.

« Le gamin avait raison… » Finit par souffler le tatoué, faisant tiquer Kali, n'en croyant pas ses oreilles. « C'est scrotum. »

A peine eut-il prononcé ces mots qu'il relâcha la demoiselle, se laissant théâtralement tomber dans le sable tiède en laissant échapper un soupire dramatique, les bras en croix, encrant son regard dans le ciel tout en affichant une moue dépitée. La rousse le regarda faire, stupéfaite, les yeux ronds, mettant quelques secondes avant de reprendre ses esprits. Doucement, elle vint le surplomber, plaçant ses mains de part et d'autre de son torse, toujours aussi incrédule face aux mots qu'elle venait d'entre.

Le démon venait-il réellement de parler de scrotum ? Et, plus improbable encore, de dire que Yuji avait eu raison pour quelque chose ?

« Je… Je crois ne pas t'avoir bien entendu, Sukuna. C'est quoi ? »

Inspirant profondément, à présent complètement refroidi, le démon couronné ne regarda même pas l'étrangère, particulièrement blasé.

« Le syndrome bizarre là. Scrotum. Le truc où on développe des sentiments inadaptés pour des tortionnaires. »

Kali plissa un peu les yeux, réfléchissant à toute vitesse. « Attends… C'est le syndrome de Stockholm ça, non ? »

« Stockholm, scrotum… » soupira le tatoué de mauvaise grâce. « Du pareil au même. »

La jeune femme accueillit ses paroles comme une confirmation, ne pouvant s'empêcher de laisser échapper un léger rire qui surprit Ryomen, le faisant enfin reporter son attention bougonne sur elle.

« Je peux savoir ce qui te fait rire, crevette ? »

L'européenne mit quelques secondes à retrouver son calme, offrant un regard pétillant à son interlocuteur maussade. « Tu n'as rien d'un tortionnaire pour moi, Sukuna. Et je ne suis en aucun cas ta prisonnière. Je suis revenue vers toi de mon plein gré, tu l'as déjà oublié ? »

L'homme rejeta son argumentation d'un claquement de langue réprobateur, croisant ses bras sur son torse. « C'était qu'il était visiblement déjà trop tard… Le mal était déjà installé, voilà tout. »

Loin de se laisser décontenancée face à sa mauvaise foi, la demoiselle aux yeux d'or se pencha vers le démon, encrant son regard dans le sien avec détermination.

«Sukuna… Tu préfères croire ça plutôt que de penser que je puisse t'aimer ? Plutôt que de croire en la sincérité de mes mots, alors que tu connais mon âme plus que quiconque ? Toi, mon impossible roi des fléaux ? Toi, à qui j'offre presque quotidiennement mes nuits depuis bien avant notre serment ? Toi à qui je donne sans réserve mon corps et à de qui je n'essaie que de combler les désirs tout en assouvissant les miens ? Toi au prêt de qui je n'aspire qu'à être afin de m'abreuver de ta présence, de ta voix, de tes regards, tes sourires aussi narquois puissent-ils être ? »

Le fléau la fixa, serrant un peu ses poings, prit de court par la tirade presque violente de la demoiselle. Elle s'approcha encore un peu plus de lui, son regard doré vibrant d'un feu terrible, lui murmura ses mots contre ses lèvres.

« Tu n'as pas à comprendre mes sentiments, Sukuna. Je ne m'attends pas non plus à ce que tu m'aimes en retour, il n'y a aucun souci à cela. Contrairement à ce que tu penses, je ne suis pas une enfant candide et stupide qui pourrait tomber en pamoison devant un être sans valeur l'ayant faite prisonnière dans une tour. Tu es le roi des fléaux, un être millénaire ayant traversé l'histoire et le temps. Je suis qui je suis, avec mon cœur que je t'offre, sans détour, sans mensonge et sans malice. Fais en ce qui te plait. Je te demande simplement de ne pas me réduire à un syndrome débile qui n'a rien avoir avec moi. »

Elle effaça finalement la distance les séparant, plantant un bref baiser sur les lèvres du tatoué sans pour autant perdre ses yeux des siens, serrant ses mains dans le sable.

« Je t'aime, Sukuna. Que tu y crois ou pas. Que ça te paraisse insensé ou non. Ce que tu en fais, après, ce n'est pas de mon ressort. »

Sans même attendre une réponse de la part de l'intéressé, la jeune femme se releva avec souplesse, s'éloignant de quelques pas dans le sable, allant récupérer sa robe abandonnée un peu plus loin. Le fléau tatoué, pour sa part, se redressa un peu sur ses coudes pour la suivre de ses yeux de sangs un rien écarquillés, un peu secoué par ce qu'il venait d'entendre, son cœur battant profondément au fond de sa poitrine.

Jamais personne ne lui avait parlé de la sorte, l'électrisant terriblement.

Il se sentait, pour ainsi dire… un peu déstabilisé.

D'où la rousse, habituellement si compliante face à ses sauts d'humeur malgré quelques crissements de dents, sortait-elle un tel feu, un tel aplomb, osant le confronter sans détour ?

C'était une chose à laquelle il n'était pas habitué… Et, pour tout avouer… C'était plutôt excitant de la voir ainsi.

Alors qu'il était toujours allongé sur le sable, un large sourire s'étira sur les lèvres du tatoué qui tourna son visage vers l'européenne secouant toujours sa robe pour la débarrasser du sable la recouvrant, finissant par l'enfiler prestement. «Dis donc toi… Je vais finir par croire que tu es plus tigresse que crevette, finalement. »

La jeune femme lui glissa un regard par-dessus son épaule, haussant un sourcil fil. «C'est seulement maintenant que tu t'en rends compte ? »

La remarque arracha un léger rire au tatoué qui se releva d'un bond félin, s'époussetant afin de débarrasser son corps des grains dorés le recouvrant, marchant jusqu'à son interlocutrice.

« Tu avais bien caché ton jeu, en même temps ! » la taquina-t-il, la dévorant du regard. « Scrotum doit trembler de là où il est, indubitablement.»

En entendant cela, la rousse glissa un regard faussement blasé au japonais, avant de commencer à passer ses mains sur ses cheveux mouillés, une fine fumée s'en échappant bientôt. Sukuna la regarda faire, intrigué, haussant à son tour un sourcil.

« Tu fumes, crevette. » se contenta-t-il de commenter, posant ses mains sur ses hanches.

« Je me sèche, nuance. » répliqua l'hybride qui secoua sa crinière rousse ayant retrouvé tout son volume, un sourire amusé aux lèvres.

« Pratique, ça… » commenta-t-il, faisant un pas de plus vers elle, charmeur. « Je te demanderai bien de me faire la même chose mais, vu ton humeur, tu risquerais de me cramer jusqu'à l'os !»

« Je n'airai pas jusque là, voyons… » ironisa-t-elle en venant se planter devant lui, les mains jointes, encrant son regard d'or pétillant dans la lave du sien. «Je ne suis pas comme ça. »

« Ce soir, plus rien ne m'étonnerait de toi, crevette… » s'amusa Ryomen, venant enserrer la taille de la demoiselle entre ses bras, un large sourire aux lèvres.

Lui souriant en retour, l'européenne se hissa sur la pointe des pieds, passant doucement ses doigts chauffés par ses flammes dans les cheveux courts du démon, son visage à quelques centimètres seulement du sien. Elle réitéra la manœuvre plusieurs fois, séchant rapidement la chevelure du tatoué qui se laissa docilement faire, scrutant avec intensité le minois de la demi fléau.

« Tu vois… » finit-elle par dire, une fois sa tache terminée, posant ses paumes sur ses épaules puissante pour se stabiliser. «Pas une seule brûlure. »

« Non. » confirma-t-il, faisant se frôler doucement le bout de leur nez, ravi. « C'était même plutôt plaisant, je dirais… »

« Seulement plutôt ? » Elle posa une main sur sa joue, visiblement amusée. « Tu es vraiment impitoyable en affaires, tu le sais ? »

« C'est grâce à ça que j'ai réussi à te faire mienne, en même temps… » souffla-t-il contre ses lèvres, venant les embrasser furtivement, joueur. « Une affaire… Indubitablement… Plaisante. »

En disant, le japonais encra intensément son regard dans celui de sa vis-à-vis, cherchant à lui faire comprendre que, à sa façon, il appréciait le lien unissant leurs âmes. Il ne comprenait pas les étranges émotions que sa jeune amante semblait ressentir pour lui, cependant, il était indéniable qu'il préférait largement son existence dans ce monde moderne complètement fou depuis que l'hybride était liée à lui.

« Crevette… » reprit-il, plaquant un peu plus encore son voluptueux corps félin contre le sien. « Je… »

*groaaaaaaw*

Un silence médusé s'étira quelques secondes entre les deux amants alors que la phrase du fléau venait d'être brutalement coupée par un gargouillement violent et mécontent provenant de l'estomac de la rousse, faisant s'embraser ses pommettes de nacre.

Sukuna finit par éclater de rire face à l'incongruité de la situation, achevant à terre l'amour propre de la jeune femme qui essaya de s'échapper de ses bras, honteuse.

« Comme une si petite chose peut-elle faire autant de bruits ? C'est vraiment une habitude chez toi, ma parole ! » s'esclaffa l'homme millénaire qui relâcha sa captive, cette dernière s'éloignant en vitesse, outrée.

« Comment ça, une habitude ? » s'offusqua-t-elle en récupérant son sac et ses tongues, prête à abandonner le démon sur la plage déserte.

« Tu fais un boucan de tous les diables quand tu éternues, je te signale… » éluda le maitre des poisons, un sourire égayé étirant sa bouche avant de se faire bien plus sensuel. « Et quand je te possède, crevette, ton sexe et ta bouche ne cesse de…»

« STOP. » L'interrompit l'intéressée, venant plaquer ses mains sur la bouche de son amant millénaire, cramoisie. « J'ai saisi l'idée, Sukuna ! »

Malicieux, le tatoué lécha la paume de la main le réduisant au silence, des étincelles dans les yeux, faisant frissonner l'étrangère. Cette dernière se dégagea alors, le toisant en respirant profondément, réajustant un peu sa robe contre son corps.

«Je ne critique pas. » s'amusa le démon, roublard. «Je ne fais que constater des faits ! Ton estomac à lui aussi le droit de s'exprimer au fond. Et je crois qu'il nous somme d'aller nous sustenter, je ne peux pas lui en vouloir ! »

A peine eut-il dit cela qu'il alla récupérer prestement ses vêtements, les secouant un peu avant de les renfiler rapidement, récupérant ses chaussures avec désinvolture. Sur de lui, il alla se planter face à son hybride, la fixant avec un sourire en coin. Ils se dévisagèrent quelques secondes sans rien dire, avant qu'un nouveau gargouillis vint discrètement flotter entre eux d'eux, offrant une victoire totale au tatoué, lui arrachant un léger ricanement.

« Ne te réjouit pas trop vite, démon ! » ne put s'empêcher de dire Kali alors que Sukuna venait passer un bras autour de sa taille, l'entrainant vers les escaliers qui les ramèneraient vers la ville. « C'est moi qui ait une carte de crédit, je te signale ! Pas dit que je ne t'achète pas un saut de ketchup en guise de repas ! »

« Et pas dit, crevette… » répliqua-t-il alors qu'ils retrouvaient du béton sous leurs pieds, terriblement amusé. « Que si tu t'aventurais à faire ça, je ne t'en couvrirais pas complètement, histoire de mettre à l'épreuve mon hypothèse de tout à l'heure ! C'est à tes risques et périls… »

Il se tourna alors vers elle, un large sourire aux lèvres, faisant lever les yeux au ciel à l'intéressée, amusée malgré tout par la répartie du japonais. Cet homme là avait décidément vraiment réponse à tout…

Pendant que ce dernier remettait rapidement ses baskettes, la jeune femme repéra grâce à son téléphone une superette ouverte en continue non loin, leur nouvelle destination. Une fois chaussé, Ryomen vint s'approcher de l'européenne, lui passant un bras possessif autour de ses épaules, la toisant d'une œillade malicieuse.

«Allez, crevette… » susurra-t-il, taquin. « Allons trouver de quoi t'alimenter, avant que l'idée te prenne de vouloir t'en prendre à moi… »

« Il me semble que de nous deux, Sukuna, c'est toi qui mange des humains. » répliqua-t-elle tout en venant se couler un peu plus contre le fléau, souriante. « Moi, je me contente de chips ! »

« Quelle tristesse, sauvageonne… » se contenta-t-il de répondre alors qu'ils recommençaient à marcher, le rire de Kali s'élevant parmi le chant des grillons alentours.

Ils ne mirent pas longtemps avant d'arriver non loin de l'échoppe, la lumière vive de l'enseigne éclairant la ruelle déserte.

« De quoi tu as envie, Sukuna ? » finit par demander l'hybride, ne pouvant cacher son enthousiasme à l'idée d'enfin dîner, son estomac faisant des vagues entre ses côtes, criant famine.

« Je suppose que si je demande à manger le caissier, tu ne vas pas être des plus conciliantes ? » ironisa l'intéressé, ramenant plus encore la jeune femme contre lui, un sourire carnacier aux lèvres.

« Tout à fait ! » confirma la rousse, repoussant un peu le tatoué, amusée. « On ne mange rien qui n'a pas un prix marqué dessus, Sukuna ! Laisse ce pauvre étudiant tranquille ! »

« Ce que tu peux être ras bas joie quand tu t'y mets… » maugréa-t-il, faussement boudeur, laissant s'échapper de sa prise la demoiselle.

Il fit quelques pas seul avant que l'hybride ne bondisse devant lui, saisissant à pleines mains son sweat shirt pour le faire se pencher vers elle, venant capturer ses lèvres dans un baiser charmeur. Immédiatement, l'homme passa ses bras autour de sa taille, répondant avec plaisir à l'attaque sournoise de l'européenne, un sourire entendu étirant le coin de ses lèvres.

« Tu peux avoir tout le reste de la boutique, Sukuna. » murmura-t-elle entre deux baisers, agrippant un peu plus fermement encore son top entre ses doigts.

« Mais. Pas. De. Le. Caissier. » répéta-t-elle, ponctuant sa phrase de brefs baisers, arrachant un ricanement au démon.

« Et les clients ? » tenta-t-il, mutin. « Je peux, les clients ? »

La remarque du japonais fit lever les yeux au ciel à la demoiselle qui ouvrit la bouche pour répondre avant de la refermer, une brusque présence occulte venant de faire son apparition dans son dos.

« Qu'est ce qu… »

Elle voulu se retourner pour voir ce à quoi ils avaient à faire, mais Ryomen fut plus rapide qu'elle, la déplaçant prestement dans son dos afin de s'interposer entre elle et un potentiel ennemi.

« Eh, toi ! » interpella-t-il avec dureté le nouveau venu. « Qui tu es, pour débarquer comme ça ? »

Le cœur battant, sentant l'adrénaline envahir ses veines et tout son être, Kali glissa un regard vers l'être inconnu leur faisant face. Elle découvrit alors, à quelques mètres d'eux, une silhouette agenouillée respectueusement, une tenue traditionnelle enserrant son corps, ses cheveux blancs coupés au carré et barrés d'une ligne rose foncé horizontale dissimulant complètement ses traits à son regard d'or curieux.

Après de longues secondes de silence, l'interpellé finit par prendre la parole d'une voix douce et pleine de déférence, surprenant un rien la rousse.

« Cela faisait si longtemps… Sukuna-sama. »

Incrédule, l'hybride dirigea toute son attention vers l'intéressé qui ne lâchait pas la forme agenouillée face à lui des yeux, semblant fouiller sa mémoire. Finalement, son visage se détendit un peu alors que ses sourcils s'arquaient dans une sincère surprise, décontenançant un peu plus la demoiselle.

« Uraume ? Uraume, c'est vraiment toi ? Qui l'aurait cru ! »

Le susnommé hocha imperceptiblement la tête, confirmant par ce geste sa supposition.

« Si vous saviez combien j'ai attendu votre retour, Sukuna-sama… » souffla-t-il tout bas, laissant paraitre une vive émotion sous ses mots guindés.

Incapable de museler plus longtemps sa curiosité face à une personne qui semblait bien connaitre et être connu du démon millénaire, Kali s'écarta un peu de ce dernier, fronçant légèrement les sourcils.

« Sukuna… » commença-t-elle, perdue, attrapant machinalement le tissu de son sweat entre ses doigts. « Qui est ce ? Tu le connais ? »

A peine eut-elle prononcé ces mots que l'homme toujours agenouillé releva très légèrement son visage vers elle, la foudroyant avec une vive animosité de son regard qu'elle découvrait grenat, faisant apparaitre une vive chaire de poule sur ses bras. Ryomen, pour sa part, n'y prêta pas garde, venant enserrer la taille de l'hybride d'un bras.

« Lui ? » désigna-t-il le nouveau venu d'un geste du menton désinvolte. « C'est Uraume. Il a été mon… Subordonné ? Quelque chose dans ces eaux là ! »

Le tatoué glissa un regard vers l'intéressé qui avait baissé à nouveau la tête, comme si de rien n'était. « Uraume ! Voilà Kali. C'est mon hybride. Comme ça les présentations sont faites ! »

L'homme aux cheveux bicolores n'ajouta pas un seul mot, rendant réellement mal à l'aise la jeune européenne. Un silence un peu désagréable s'étira plusieurs secondes entre le trio avant que Sukuna décide de le briser, venant planter un baiser au milieu du front de la rousse, stupéfaite.

« Crevette, va nous chercher de quoi dîner, tu veux ? Je dois parler avec lui quelques minutes. »

A peine eut-il prononcé ces mots qu'il relâcha sa prise sur la taille de la demoiselle, faisant quelques pas vers le nouveau venu, la faisant se tendre un rien. Elle n'avait aucune envie d'être ainsi mise sur la touche.

« Mais, Sukuna… » commença-t-elle, esquissant un pas vers lui.

« Crevette. » l'interrompit-il, d'un ton étonnamment ferme. « Il faut que je discute de certaines choses avec lui. C'est important. Va à l'échoppe en attendant, on se retrouve après. »

Il lui glissa un regard complexe qu'elle ne sut interpréter, la faisant doucement gigoter sur place, écartelée. Elle voulait cependant lui faire confiance tout en sachant que, de toute manière, il ne la laisserait pas assister à leur échange s'il en avait décidé autrement. La demi démon finit par laisser échapper un faible soupire, vaincue.

« D'accord… J'y vais… » bougonna-t-elle, de mauvaise grâce. « Tu ne te plaindras pas si ce que j'ai pris ne te convient pas, par contre ! »

Réajustant un peu la lanière de son sac contre son épaule, la demoiselle s'avança alors vers le seven eleven, dépassant dans un premier temps son amant qui lui offrit un petit sourire en coin. Quand elle arriva à la hauteur du dénommé Uraume, une violente vague de froid vint lui mordre la peau, la faisant presque sursauter. Elle continua cependant son chemin, fronçant les sourcils, jetant un regard vers la silhouette toujours agenouillée face au démon millénaire.

Kali pénétra alors dans la boutique, une douce sonnerie marquant son entrée, une grande partie de sa bonne humeur l'ayant désertée. Elle attrapa un panier, commençant à déambuler dans les rayons, pensives. Incontestablement, elle aurait préféré pouvoir rester aux côtés du fléau tatoué et savoir de quoi il tenait tant à converser avec l'homme aux cheveux blancs.

Machinalement, l'européenne vint se saisir d'articles ici et là, parcourant le magasin avec une certaine précipitation. Peut être, si elle était assez rapide, pourrait elle capter quelques brides de leur discussion.

Elle finit par revenir à son point de départ en trottinant, déposant son panier à présent remplis face à un jeune étudiant fatigué en ce milieu de nuit et quelque peu nonchalant. Le brun prit un temps infini pour passer chaque article, mettant à mal les nerfs de l'hybride qui trépignait littéralement sur place. Quand, enfin, elle pu récupérer ses sacs de courses, elle remercia brièvement l'employé avant de déguerpir en vitesse, se précipitant dans l'air chaud extérieur, espérant surprendre n'importe quelle bride de phrases qui pourraient lui en apprendre plus sur l'inconnu et ses relations passées avec son amant millénaire.

Hélas, quand elle arriva dans la ruelle, la demoiselle ne trouva que ce dernier, l'homme aux yeux grenat ayant disparut, lui arrachant un froncement de sourcil mécontent.

« C'est quoi cette tête, crevette ? » se moqua Sukuna, s'approchant d'elle, un large sourire aux lèvres.

« Ton… Subordonné, il est parti ? » répondit la rousse, balayant la ruelle du regard, un rien étonnée.

« Uraume ? » précisa le tatoué, s'attrapant le menton d'une main, mystérieux. « Oui. Il a pas mal de choses à faire, maintenant ! »

« Ah bon ? » Elle braqua à nouveau son attention sur lui, s'approchant un peu plus, intriguée. « Par rapport à quoi ? »

La question de la demoiselle arracha un léger ricanement au fléau millénaire qui traversa la distance les séparant encore, se baissant afin de passer ses bras contre ses fesses avant de la soulever avec facilité, un large sourire aux lèvres.

« Mais que tu es curieuse, crevette ! Si tu veux tout savoir… ça concerne ma future libération ! »

Kali vint naturellement passer ses bras chargés dans le dos du japonais, encrant son regard étonné dans le sien, pétillant, stupéfaite face à ses dires. « Ta… ta future libération ? »

« Exactement… » confirma-t-il, allant blottir son visage contre le sternum de la demoiselle, visiblement ravi. « Ça se rapproche, crevette. Ça se rapproche ! »

Il se redressa alors, venant planter un baiser sur les lèvres de la jeune femme un rien perdu, affichant un contentement évident.

« Indubitablement, crevette… » reprit-il, radieux. « C'est une nuit des plus plaisantes ! Tu as eu une riche idée en voulant sortir. »

Toujours un peu prise de court par les derniers évènements, l'hybride ne put pourtant s'empêcher de sourire en retour au maitre des poisons, touchée par la sincérité de ses mots. « Je suis contente si tu l'es, Sukuna. »

Il acquiesça brièvement. « Je le suis plutôt, oui… Allez, on rentre, crevette ! J'ai envie de manger un bout devant un truc sanglant, maintenant ! »

Sans la reposer au sol, le japonais commença à marcher à travers la ruelle, faisant gigoter Kali entre ses bras.

« Sukuna… Repose moi, je peux marcher ! »

L'intéressé lui glissa un regard taquin avant de poser un baiser sur son sternum tatoué, resserrant sa prise contre ses cuisses, implacable. « Hum… Pas envie, crevette. Ça me va très bien comme ça. »

« Tu es impossible ! » lâcha la maitresse des flammes d'ombres dans un léger rire, comprenant qu'il était inutile de lutter face à la nouvelle envie de l'être ancestral.

« Ne t'en plains pas, crevette ! » répliqua l'intéressé, terriblement amusé, réajustant sa prise sur le corps félin qu'il emprisonnait de ses bras. « Parce qu'apparemment… ça semble t'inspirer des sentiments plus qu'incongrus ! Petite psychopathe… »

La remarque fit doucement rigoler la rousse qui accepta finalement son sort, allant se blottir contre le démon possessif qui la ramener au sanctuaire d'un pas assuré.

Kali glissa un regard reconnaissant vers le ciel nocturne parsemé d'étoiles, les remerciant silencieusement pour cette nuit qu'elle dont elle n'aurait osé rêver et qu'elle chérirait certainement toute son existence… Quoi que puisse lui réserver l'avenir.

Mot de l'auteur :

M, rampant dans l'espace post chapitre, exténuée : OMG… Il est fini… ENFIN, IL EST FINI !

Salut à tout le monde et merci d'avoir lu ce looooooooooooooooooooooong chapitre qui m'a RINCEE, ESSORRE, tout ce que vous voulez. Pour être honnête, je me suis battue avec lui. Il s'est bien défendu mais paf ! Voilà ! T'es publié mon gars ! XD

A la base il devait faire la moitié de cette longueur, mais Sukuna et Kali en on fait qu'à leurs têtes, ils ont fait pleins de trucs et voilà où on en est ! 30 pages word, presque 16 000 mots et un chapitre qui rentre dans mon top 3 des plus longs !

J'espère, en tous cas, que ça vous a plu ! Il s'est quand mm passé pas mal de choses, n'est ce pas.

Je vais publier le chapitre comme tel, je ferais peut être un ptit up avec le ressenti de nos stars mais là j'ai besoin qu'il soit publié (en mode CHE ! J'ai gagné XD)

Comme d'habitude, bien évidemment, je vous remercie profondément à toutes et tous de nous lire, de nous suivre. Même si je vous avoue que sur cette plateforme j'ai vraiment l'impression de publier sans la moindre lecture lol

Je vous dis à bientôt pour la suite (je… je vais me donner quelques jours pour respirer après celui là lol il s'est vraiment débattu par moment XD)

Portez vous bien et je vous retrouve pour le chapitre 56 !