JOUR 19 : Froid
Personnages : Léonard & Sheldon
Quand Léonard avait commencé à renifler, Sheldon avait été catégorique : il devait se reprendre en main, immédiatement. Hors de question d'abriter un virus sur pattes dans leur appartement. Léonard avait bien évidemment rétorqué que les coups de froid ne se maîtrisaient pas, Sheldon lui avait rappelé que lui ne tombait jamais malade, il fallait juste se maîtriser un peu, Léonard avait rétorqué que c'était bien normal puisqu'un robot ne pouvait être malade. Avant qu'il ne puisse s'excuser, Sheldon avait quitté l'appartement en claquant la porte.
Cela faisait deux heures maintenant que Sheldon était parti. Léonard savait qu'il aurait dû le rattraper sur le moment... mais il se sentait tout de même dans son droit. Oui, Sheldon avait ses tocs et la maladie lui faisait peur. Mais ce n'était pas une raison pour lui reprocher d'être potentiellement malade ! Léonard prenait toutes les précautions pour ne pas l'être : il mettait du gel, se couvrait toujours, mettait même des masques de protection en période grippale ! Et pourtant, il avait attrapé froid, bien malgré lui. Que Sheldon sous-entende que Léonard avait bien cherché à devenir malade plutôt qu'à le soutenir l'avait donc fait perdre ses moyens. Mais après deux heures, le coup de colère descendu, Léonard réalisait que Sheldon avait pu être blessé par ses mots, lui qui avait été toujours accusé de ne jamais avoir d'émotions.
Léonard se leva donc pour s'excuser... avant de se rasseoir immédiatement sur le canapé.
Il avait eu des vertiges.
Il réalisa ainsi que ce qui n'était alors que quelques reniflements désagréables et une légère montée de fièvre s'était empiré en deux heures. Il n'avait plus aucune force... Avec culpabilité, il s'allongea donc sur le canapé et, très rapidement, sombra dans les bras de Morphée.
Quand il se réveilla, il tomba nez à nez avec de l'eau en bouteille et une bassine. Il se rendit compte également qu'une couverture avait été posée sur son corps.
- Tu tremblais de froid.
La phrase avait été dite par une forme camouflée par des paires de gants hygiéniques et des masques, assise dans la cuisine. Léonard ne reconnu Sheldon qu'à sa voix.
- Je t'ai aussi mis des médicaments sur la table, dit Sheldon. Penny dit que c'est ce qu'il faut faire quand quelqu'un est malade. L'aider plutôt que lui crier dessus. J'ai aussi désinfecté toute ta chambre. Et l'appartement. Et la cage d'immeuble aussi, pour être sûr. Là, Penny m'a dit que j'étais fou.
La remarque arracha un maigre sourire à Léonard.
- Merci, Sheldon. Et désolé de t'avoir râlé dessus tout à l'heure.
- C'est moi qui suis désolé. D'avoir été insensible.
Léonard ne pouvait voir le visage de Sheldon, caché par son masque, mais il pouvait deviner qu'il était sincère. Leurs excuses mutuelles flottèrent ainsi dans l'appartement, redevenu tout un coup apaisé.
- Tu sais... reprit Léonard, maintenant que tu m'as bien aidé en m'amenant tout ce dont j'avais besoin, je peux me débrouiller. Alors si tu veux dormir quelques jours chez Penny le temps que...
Léonard n'avait pas fini sa phrase que Sheldon avait traversé le salon, un sac de voyage à la main.
- Guéri bien, lui souhaita-t-il avant d'ouvrir la porte.
Cette fois-ci, Léonard ne ressentit aucune émotion négative en voyant celle-ci se refermer. Sheldon avait déjà bien assez repoussé ses limites pour un jour et Léonard ne comptait pas le mettre plus à mal. Après tout, c'était cela que l'amitié : faire des concessions pour l'autre, sans jamais lui demander d'abandonner sa personnalité.
