JOUR 22 : Animal de compagnie

Personnages : Cannelle, Raj, le groupe


Cannelle n'était pas rassurée.

Depuis un mois maintenant, elle était auprès de son nouveau maître, Raj. Au début, elle avait été terrorisée ; ces anciens propriétaires étaient tout simplement monstrueux. Habituée aux coups, elle s'était donc attendue à ce que Raj ne fasse de même. À son grand étonnement, cela n'avait pas été le cas. Raj se montrait toujours patient et attentionné avec elle. Il s'approchait avec un sentiment inconnu dans les yeux que, au fil des jours, Cannelle avait fini par identifier comme de l'amour. Cela lui avait fait chavirer le cœur. Son maître l'aimait... Il avait eu envie de l'adopter et il l'aimait. C'était... extraordinaire.

Avec le temps, elle en était donc venue à se fier à lui. Elle tâchait toujours d'être la chienne la plus parfaite qui soit mais se relâchait parfois. Mais même lorsqu'elle aboyait, Raj ne levait ni le ton ni la main. Il se contentait de froncer les sourcils d'un air inquiet en lui demandant ce qui n'allait pas.

Cannelle pouvait donc dire que, pour la première fois de son existence, elle était heureuse.

Néanmoins, tout changea lorsque Raj lui dit que l'après-midi, ses amis viendraient leur rendre visite.

« Je veux te présenter au groupe » avait-il dit fièrement.

Le groupe, Cannelle le connaissait ; elle en avait vu des photos et Raj en avait déjà longuement parlé. Howard, Bernadette, Penny, Sheldon et Leonard, autant de noms familiers. Pourtant, entre connaître leurs prénoms et les voir, il y avait tout un monde... Et si les amis de Raj se montraient aussi cruels que ses anciens propriétaires ? Et si le cauchemars recommençait ? Ou pire : s'ils convainquaient Raj de l'abandonner ?

Quand les dits amis arrivèrent en début d'après-midi, Cannelle alla donc se cacher sous le canapé. Malgré les demandes de son maître, elle refusa d'en sortir. Et là, se produisit alors une chose extraordinaire : elle entendit la dame blonde (Penny?) dire à Raj :

- Ne la brusque pas, la pauvre. Cela fait beaucoup de monde. Si elle a envie de rester dans son coin, laisse la. Elle viendra quand elle se sentira prête, voilà tout.

- C'est que je suis tellement excité de vous la présenter. Mais tu as raison... respectons son rythme.

- D'autant plus que tu nous la présente. Tu nous montres où elle vit, comment elle s'occupe, son petit caractère, et ce que tu as mis en place pour elle ! Le fait qu'on ne puisse pas vraiment la discerner n'est qu'un détail.

Ces propos lui firent un bien fou. Les amis de Raj semblaient être à l'image de celui-ci : gentils. Patients. Compréhensifs. Respectueux.

Ceci lui suffit pour comprendre que, si elle n'était pas prête à sortir de sa cachette aujourd'hui, un jour très prochain viendrait où elle sortirait les saluer. Elle pressentait qu'elle avait tout à gagner d'un tel entourage.