Severus entra prudemment, il aperçut tout de suite la silhouette étendue sur le sol ; il s'approcha d'elle. Célestin O'Drake... Il était dans un piteux état.

L'inspecteur leva la main vers le front de l'inconscient mais il fut stoppé dans son geste par un objet dur et froid qui s'était posé dans son cou.

Un pistolet.

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Harry, qui était resté dans le couloir, avait eu le temps d'apercevoir le bout de l'arme avant d'être pris de panique et de se cacher derrière le mur, toujours dans le couloir. Il entendit la porte se claquer et être fermée à clé.

Les questions se bousculaient dans sa tête, son oreille saignait abondamment et il ne parvenait plus à réfléchir décemment.

Bon on récapitule, se dit Harry, Snape est à l'intérieur. Avec Célestin. Inconscient. Et... Quelqu'un d'autre. D'armé... Et qui pointe son arme sur Snape. Sur. Snape. WOW STOP ! ET QUI POINTE SON ARME SUR SNAPE ?! Et lui, il était planté là à s'être caché ?! Merde, mais quel con.

Harry se mit devant la porte. Il fallait absolument qu'il parvienne à entrer à l'intérieur de la pièce.

Comment ? En mettant un gros coup de pied dedans. Comme Snape. Mais il n'y a que Snape pour faire un truc pareil, genre comme dans les films... J'étais plutôt doué en sport avant. Oui, avant... Et si tu te loupes, tu te fais repérer. Pas faux. Snape saurait quoi faire dans ce genre de situation ; tu crains Harry. Je ne suis qu'apprenti moi, ok ?! Remus et Minerva sauraient quoi faire dans ce genre de situation. Mais ! Attends. Remus et Minerva ! Mais ouiii ! Mais non. Le temps que tu ailles les chercher Snape pourrait être mort. Oh et puis zut je défonce cette putain de porte et on improvise pour la suite.

C'est ainsi donc que Harry recula, prit son élan et se jeta le plus fortement qu'il le pouvait sur cette « putain » de porte qui sortit aussitôt de ses gonds pour s'affaler au sol créant un nuage de poussière phénoménal.

Le brun, qui avait retrouvé sa capacité à réfléchir, se remit immédiatement derrière son pan de mur et s'accroupit en attendant que la fumée s'estompe.

Il entendit un juron provenant de la salle et des pas se rapprochant de l'entrée, maintenant sans porte.

L'apprenti se leva et fit face quelques secondes plus tard à une silhouette pas très grande aux longs cheveux auburn. Editt Barley. Qui actuellement pointait son arme sur Harry, qui lui cette fois-ci réagit plus vite qu'à son habitude. Il donna un coup sur le poignet de Editt, ce qui fit tomber l'arme et il essaya de la faire tomber au sol, mais il tomba avec elle.

Pendant ce temps, Snape, qui allait très bien (ni blessé, ni traumatisé) s'était levé et s'était rapproché des deux jeunes gens qui se battaient à même le sol.

Il fallait avouer qu'il avait été plutôt surpris par l'intervention du jeune homme. Intervention qu'il trouvait, même s'il ne le dirait jamais, plutôt audacieuse.

Il sortit de la pièce et ramassa le pistolet qui était tombé près de Potter et de la jeune femme. L'inspecteur entendit alors un gémissement de douleur. Il provenait d'Editt. Harry avait réussi à la retourner sur le ventre et à emprisonner ses bras et ses jambes.

Severus sourit intérieurement, le gamin commençait à devenir utile. Il lui lança des menottes afin qu'il les passe à la femme qui ne cessait de se débattre puis il prévint de suite Remus d'abord de leur situation géographique et ensuite de leurs découvertes.

Severus entra alors de nouveau dans la pièce et s'approcha de Célestin. Il essaya d'améliorer son confort en le couvrant de sa veste le temps que les secours arrivent.

Maintenant, ça devenait intéressant.

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Les premiers rayons du soleil venaient juste de se lever et déjà l'agitation se faisait ressentir au sein du grand commissariat.

Emeric et Editt avaient été placés en garde à vue le temps que Snape et Saint Potter reprennent leurs esprits. Célestin avait été envoyé à l'hôpital ; Fanny était retournée au manoir avec Evelyne, et l'avocat des O'Drake était arrivé un peu plus tôt dans la matinée. Il avait eu le droit à un court entretien avec chacun des deux détenus, surveillés de loin par l'inspecteur Snape.

De son côté, Harry, en attendant que l'équipe eusse tout préparé pour les interrogatoires, avait pu se rendre à la petite cafétéria du poste accompagné de Drago Malefoy et Hermione Granger. C'était ainsi qu'il se retrouvait à raconter son aventure aux deux jeunes gens.

« Et donc quoi, tu l'as secouru ? Rétorqua le blondinet narquoisement.

-Ben oui, s'insurgea Harry, c'est si difficile à admettre que ça ?

-Je te l'avais dit, lança Malefoy en souriant à Hermione, le syndrome du super-héros le petit binoclard.

-Il t'emmerde le petit binoclard.

-Oh pardon ! C'est vrai. C'est plutôt Batman qu'il faut t'appeler.

-Laisse tomber Harry, intervint Hermione en faisant taire Drago du regard, il ne te lâchera pas avec ça ! Et Snape, il t'a remercié au moins ?

-Tu rêves, marmonna le brun, pas un mot depuis hier.

-Ben normal, il est toujours comme ça, dit Drago.

-Non mais tu le connais depuis quand Snape ?

-Hum… Depuis ma naissance. C'est mon parrain.

Gné ?

-Quoi ? Mais… Décidément, je comprends vraiment rien. »

Hermione et Drago pouffèrent de rire face à la mine perplexe de l'apprenti. Harry marmonnait dans son coin quand finalement, Snape arriva dans la cafétéria et s'arrêta face à leur table :

« Potter, commença-t-il de sa voix traînante, nous allons effectuer les interrogatoires dans dix minutes. Vous y assisterez en compagnie du sergent Lupin.

-Très bien monsieur. »

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L'équipe allait commencer par celui d'Emeric. Dans le couloir, Harry le croisa accompagné d'un gros bras, le genre d'agent qu'il ne fallait pas embêter.

Il rejoignit vite Remus qui l'accueillit joyeusement et l'entrevue commença. Snape était assis en face du cadet O'Drake tandis que Minerva était un peu à l'écart, debout. L'Inspecteur commença à poser des questions au détenu mais ce dernier ne pipait mot, il se contentait de fixer à tour de rôle Severus et Minerva.

Derrière la vitre Harry et Remus observaient la scène silencieusement puis soudain le brun eut une idée. Il sortit précipitamment de la pièce, laissant son collègue dans l'incompréhension totale et entra dans la pièce voisine sous l'œil noir de Snape. L'apprenti l'ignora et souffla son idée à l'oreille de Minerva qui le souffla elle aussi à son supérieur. Dès qu'elle eut fini, ce dernier hocha la tête à l'intention de Potter qui ressortit tout content, puis il demanda à Remus d'appeler la sœur O'Drake afin de lui demander un service.

Pendant ce temps Severus commença à mettre en place le plan de son apprenti. Il s'adressa à Emeric, qui était toujours silencieux :

« Bien monsieur, comme vous ne voulez pas parler par vous-même, nous allons faire parler les grands moyens.

Nous avons de bonnes raisons de penser que votre nièce Evelyne a été témoin de l'assassinat de son père, cela serait dommage que la vérité sorte de sa bouche plutôt que de la votre. Bien cela étant dit, nous allons vous laisser ici le temps que vous réfléchissiez. Nous allons de suite interroger votre fiancée. »

Sur ces mots, Severus se leva et sortit suivi de Minerva. Emeric ne bougea pas, toujours silencieux.

L'interrogatoire d'Editt se passa exactement de la même manière. Elle n'avait rien dit, Snape lui avait ressorti le même discours à propos d'Evelyne et était sorti la laissant là.

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Quelques minutes plus tard, Fanny était arrivée avec Evelyne qui n'avait pas l'air rassurée. Harry la prit par la main et lui expliqua ce qu'elle devait faire sous le regard insondable de Snape.

Après cela, Minerva, Harry et Remus sortirent avec la petite dans la cour arrière du commissariat. Ils la laissèrent en plein milieu du terrain tandis qu'eux allaient se cacher à des endroits où ils pouvaient tout de même apercevoir la petite. Harry se planqua derrière des poubelles, Remus derrière des buissons et Minerva sur le toit du commissariat.

De son côté Snape alla annoncer à Emeric et Editt qu'ils étaient libres. Ils eurent du mal à y croire au début mais l'occasion était si belle qu'ils sortirent tout de même mais à l'arrière du commissariat.

Lorsque Lyne les aperçut, elle courut vers eux d'un air faussement joyeux. Emeric la prit dans ses bras alors que Editt la toisa d'un air mauvais. Toutefois quand la petite se tourna vers elle, la jeune femme lui sourit et la posa par terre. Elle s'agenouilla et demanda :

« Est-ce que tu as vu quelque chose Evelyne quand ton papa est mort ? Dis-moi ma grande.

La fillette recula un peu et se mit à trembler. Editt la prit par les épaules, elle continua :

« Allez, parle gamine ! T'as vu quelque chose ou pas ?!

-Oui j'ai vu, murmura Evelyne en pointant du doigt Emeric »

Fanny se releva scandalisée, elle se retourna vers son fiancé qui avait le visage fermé. Il fixait la petite d'un air dangereux, il l'observa un long moment puis d'un coup, il se lança sur elle, prêt à l'étrangler.

Tout de suite, Minerva sauta du toit pour atterrir derrière Emeric ; Harry et Remus sortirent de leur cachette et pointèrent leurs armes sur les deux adultes. Le couple leva les mains en l'air et Evelyne partit se réfugier dans les bras de Snape qui venait de sortir une arme à la main et Shacklebolt sur ses talons. Ce-dernier menotta les fiancés et dit :

« Vous êtes en état d'arrestation pour fratricide, tentative d'homicide sur des membres des forces de l'ordre, séquestration et contrebande de pièces d'orfèvrerie. Vous avez le droit de garder le silence. »