Coucou tout le monde ! Premièrement désolé du temps que j'ai mis à publier ce dernier chapitre, la fanfic est complètement écrite, donc pas d'inquiétude, il n'y a pas de risques qu'elle soit laissée en plan.

Avec le climat actuel ça a été un peu compliqué, et je tenais tout de même à relire et à corriger le chapitre avant de le poster, d'où le temps que j'ai mis, mais je vais essayer de publier quelque chose comme un chapitre par semaine minimum, sans promesse toutefois.

Enfin, je suis vraiment super contente qu'autant de personnes aient apprécié ce premier chapitre et j'espère que vous aimerez autant la suite ! C'est ma première fanfic du genre même si j'ai déjà écrit pas mal de romans et de nouvelles pour moi-même. C'est aussi la première histoire complète que je partage avec quelqu'un d'autre, donc je suis assez stressée x') !

Je vous embête pas plus longtemps, bonne lecture !


Assise un bureau de la salle commune, Hermione tripotait le cachet de la lettre avec anxiété. Tout ce qui venait de Ron avait tendance à la paniquer depuis peu. La veille elle avait reçu une vieille lettre qui datait d'avant la rupture, une lettre encore pleine d'espoir et d'attente qui l'avait confortée dans son idée qu'elle avait fait le bon choix. Les délais des hiboux jouant, celle qui se trouvait entre ses mains était probablement beaucoup plus informée sur l'état de leur couple … L'écriture de son nom était encore plus brouillonne qu'à l'ordinaire, ce qui n'était pas pour rassurer la Gryffondor. Finalement, elle prit une grande inspiration et décolla la cire rouge de l'enveloppe en tremblant pour parcourir le morceau de parchemin en diagonale.

La lettre était incendiaire. Ron écrivait que de toute façon, tout était de la faute de la brunette et que c'était uniquement parce que Harry l'avait calmé qu'elle n'avait pas eu droit à une Beuglante. Elle n'était qu'une égocentrique manipulatrice qui l'avait embrassé quand elle avait besoin de lui et qui le jetait maintenant comme une vieille chaussette. Elle était orgueilleuse, une miss je-sais-tout indigne de lui qui ne méritait pas le bonheur. De toute façon elle était coincée, il y avait des centaines de filles qui n'attendaient que de coucher avec lui maintenant qu'il était un héros de guerre, elle pouvait bien aller se faire voir.

Les larmes commencèrent à affluer alors que la rouge et or battait désespérément des paupières pour les chasser. Elle savait que cela avait été écrit sous le coup de la peine, elle savait qu'il ne le pensait pas vraiment, qu'elle ne méritait pas un tel traitement, mais pourtant chacun des mots de son ancien ami était un coup de couteau directement adressé à son coeur.

Honteuse, elle grimpa quatre à quatre les marches du dortoir des filles pour qu'on ne puisse pas la voir dans son état. Son esprit n'était qu'une incessante répétition des insultes qu'elle venait de lire. Egoïste. Manipulatrice. Mauvaise. La tête enfoncée dans son coussin, elle hurla sa peine, sa colère et sa culpabilité. Si seulement elle ne l'avait pas embrassé ce jour-là. Si seulement elle avait réfléchi quand il lui avait demandé s'ils étaient ensemble. Si seulement elle avait été capable de l'aimer ! Elle avait tout gâché !

Lorsque ses sanglots se furent quelque peu calmé, elle commença à fouiller dans son sac à la recherche d'un parchemin pour répondre à Ron et lui renvoyer toute sa haine dans la figure. Elle ne pouvait pas se débarrasser de son mal-être, mais elle pouvait au moins le partager avec celui qui en était responsable ! Après tout c'était lui qui s'était comporté comme un goujat, lui qui avait été incapable de respecter les limites qu'elle lui avait demandées et qui n'avait jamais cessé d'insister, lui qui était incapable de lui témoigner correctement son affection !

Mais alors qu'elle fourrageait entre les épais volumes, elle sentit le contact d'une petite fiole en verre qu'elle sortit délicatement. Le liquide multicolore continuait à danser dans un ballet poétique. Elle l'avait gardé pour l'étudier et améliorer le procédé en prévision de sa prochaine tentative, mais à présent, l'idée de trouver un peu de paix et de clarté se faisait terriblement insistante.

Sans laisser sa raison s'exprimer, elle déboucha le flacon et l'engloutit d'une gorgée. Attentive à la moindre sensation dans son corps, elle resta immobile de longues minutes, mais rien ne vint. Son esprit n'était pas plus clair. Elle ne savait toujours pas ce qu'elle voulait.

Dépitée, elle lança la fiole par terre où elle vint s'exploser en des milliers de minuscules fragments de verre rutilants. Elle n'en avait rien à faire lorsqu'elle s'enroula dans sa couette, ayant abandonné le projet de se venger de ce sale rouquin, lui préférant l'idée d'une bonne nuit de sommeil qui lui remettrait probablement les idées en place.

Le lendemain la trouva groggy. Elle avait la tête qui tournait légèrement et une sourde sensation de brûlure dans les membres. Elle s'était comporté comme une idiote en ingérant un breuvage qui n'était même pas terminé et elle en payait maintenant les conséquences. Il s'agissait probablement des effets secondaires de ses propres imprécisions, au moins, cela lui ferait retenir la leçon.

Elle descendit prendre son petit-déjeuner en traînant des pieds. Elle aurait bien préféré rester dans son lit où elle aurait pu lire pour oublier sa peine, mais c'était lundi et la journée était très chargée, pas question de laisser ce Weasley ruiner ses études !

A table, elle s'assit à côté de Neville qui lui adressa un grand sourire jovial. Le garçon était devenu beaucoup moins rubicond en traversant toutes ces épreuves et semblait avoir trouvé dans sa voie dans la botanique. D'ordinaire, Hermione passait le repas à échanger avec lui sur le sujet, ravie d'avoir quelqu'un d'aussi purement gentil à qui parler, mais elle resta bien plus silencieuse qu'à son habitude, se contentant de grimacer lorsque les brûlures lui devenaient insoutenables.

- J'ai commencé à fournir la réserve de Snape avec Chourave, tu imagines ça Hermione ? J'ai vraiment de la chance que la professeure de Botanique soit aussi gentille avec moi, hier j'ai encore renversé le pot d'un Mimbulus.

Soudainement, la brune sentit son corps parcouru d'un frisson anormal. Elle tenta de le chasser en pensant à autre chose, se concentrant sur les mots du botaniste qui devenaient de plus en plus flous dans sa tête. Le frisson se mua en tremblement alors qu'elle était envahie par une chaleur intensément douloureuse. Elle poussa un petit cri et se recroquevilla sur elle-même, s'attirant les regards inquiets de Neville et des autres septièmes années présents.

- Hermione, ça va ?

Le jeune homme était peut-être naïf, mais il n'était pas stupide. Le self-contrôle de son interlocutrice faisait preuve ne suffisait pas à masquer la douleur qui tordait ses traits d'ordinaire charmants. La concernée hocha la tête, elle ne comptait pas révéler sa bêtise de la veille à qui que ce soit. Elle se serait donné des baffes si la souffrance ne l'empêchait pas de bouger correctement.

- J'ai dû … avaler quelque chose de mauvais. Je vais à l'infirmerie.

- Tu veux que je t'accompagne ?

- Non ! Non, vraiment merci ! Je me débrouille !

La jeune femme se redressa difficilement et rejoint la porte de la grande salle à petits pas précipités sous les regards concernés de ses camarades de classe. Alors qu'elle prenait le couloir en direction de l'infirmerie, elle se cogna contre une masse sombre qui déambulait dans le sens inverse.

S'apprêtant à s'excuser, elle releva la tête pour observer la grande cape de son maître des potions qui la regardait avec dédain. Incapable de prononcer un mot, elle fut traversée à cet instant précis par un flux de brûlure encore plus violent que dans la Grande Salle.

S'écroulant au sol, impuissante à rester digne devant la chauve-souris des cachots, la Gryffondor ne put que se retenir de crier de justesse en se mordant les lèvres jusqu'au sang. Ce fut à peine si elle entendit la voix du directeur de Serpentard s'élever avant qu'elle ne sombre dans l'inconscience. Quant à ses dernières pensées, elle les utilisa pour s'insulter avec des mots bien plus violents que ceux que le Weasley avait pu adresser à son encontre.