Merci encore pour vos retours, c'est super encourageants ** !

Magiquement : Oui, je sais que ces chapitres peuvent paraître un peu courts, en réalité j'ai écris toute la fanfiction sans me soucier de ça et je n'ai découpé qu'après en ce qui me paraissait être des "scènes" correctes. Certains chapitres font plus du doubles des premiers ceci dit ^^ !

DGBA : Pour l'instant l'histoire est découpée en dix chapitres mais comme je retravaille avant chaque publication, cela changera peut-être :) !


Le jour baissait clairement à en juger par la luminosité jaunâtre de l'infirmerie lorsque la Gryffondor ouvrit difficilement les yeux. Elle avait mal de partout, mais rien de comparable à la fulgurance qui l'avait projeté au tapis un peu plus tôt. Elle ne put s'empêcher de s'insulter intérieurement alors qu'elle se redressait un peu pour mieux voir. Voilà ce qu'on gagnait à se comporter comme la dernière des idiotes !

Les rideaux autour de son lit étaient à demi tirés et elle pouvait voir quelques mouvements qu'elle ne parvenait pas encore bien à identifier. Au loin, elle entendait la voix douce de madame Pomfresh, et celle, complètement à l'opposé, de son professeur de potions. Son professeur de potions ? Que pouvait-il bien faire là ? Cette simple réflexion lui arracha un grognement de douleur alors que sa tête s'enflammait brusquement.

Elle serra les dents alors que ses veines semblaient se réveiller. Elle avait été bête, mais elle ne pouvait plus se permettre de continuer dans cette voie. Il fallait qu'elle reconnaisse l'évidente vérité. Il y avait un problème avec le professeur Snape. Lorsqu'elle avait respiré les effluves, quelques semaines plus tôt, elle s'était convaincu qu'il ne s'agissait que d'un étrange fantasme de son cerveau traumatisé, mais elle ne pouvait que se rendre à l'évidence. La décoction lui indiquait d'une façon bien particulière qu'il y avait quelque chose avec ce personnage.

Elle aurait voulu pouvoir mettre des mots sur la sensation qui l'avait alors traversée, mais cela lui était hors d'atteinte … ou plutôt elle se refusait à s'imaginer que ce serait possible, car il aurait alors fallu admettre qu'elle s'était senti la brusque envie d'embrasser le visage sévère et sarcastique du maître des cachots. Elle ! L'amie du survivant. Une de ceux que le potionniste avait le plus honnis et rabaissés durant l'intégralité de son travail à Poudlard ! Cela ne pouvait tenir debout.

Ce dernier était d'ailleurs en train de s'énerver contre l'infirmière pour une raison qui parut obscure à la jeune fille. Il la traitait d'incapable, parlait d'un antidote qu'il fallait constituer en urgence … Cette dernière lui rétorquait évidemment qu'il s'agissait de son travail mais il semblait louvoyer autour du sujet, ce qui n'était clairement pas son genre.

Les voix se rapprochèrent et Hermione referma les yeux pour faire semblant de dormir. Elle entendit le rideau être tiré violemment.

- Allons mademoiselle Granger, je peux voir que vous êtes réveillée.

Madame Pomfresh était bien trop perspicace, c'en était frustrant. La Gryffondor ouvrit de nouveau les paupières et adressa un sourire timide à la médicomage tout en évitant soigneusement de regarder derrière elle où se trouvait le grand personnage tout de noir vêtu.

- Le professeur Snape m'a expliqué que vous aviez selon toute probabilité ingéré un philtre inachevé de votre préparation. Je vous croyais plus intelligente que cela mademoiselle. Nous ne disposons malheureusement d'aucun échantillon du produit et il est donc impossible de concevoir un antidote adapté.

Aucun échantillon ? Pourtant la fiole qui avait été confié au professeur devait toujours se trouver dans sa réserve … À moins que ? La jeune fille lança un coup d'oeil à la chauve-souris qui lui adressa un regard on ne peut plus clair. "Tais-toi." La douleur à le regarder s'était cependant largement atténuée, elle semblait bouger à l'intérieur de son corps, comme un monstre qui grogne et attend son heure. En réalité, la jeune fille n'était même plus capable de savoir s'il s'agissait réellement d'une douleur et pas juste d'une chaleur qui circulait dans ses organes.

- Je sais, je suis désolé.

- Fort heureusement, malgré vos talents, nous pensons tous deux que les effets ne dureront pas plus d'une semaine. D'ici là, les sensations de brûlure devraient avoir disparu.

- Comment savez-vous que …

De nouveau le regard furibond du professeur la dissuada de poursuivre sa phrase et elle s'interrompit pour hocher la tête sagement. Une semaine. Ses yeux ne pouvaient s'empêcher de revenir incessamment à l'ancien mangemort stoïque. Elle ressentait le besoin de lui en parler sans savoir pourquoi. Lui parler du monstre qui commençait à s'établir au creux de son estomac et qui lui susurrait des mots étranges, des mots qui la révoltaient aussi bien qu'ils lui donnaient envie. Des mots … Des mots qui lui donnaient envie de rougir et de bredouiller. Des mots qui le concernaient, lui, le ténébreux personnage au nez aquilin.

- Bien, nous allons vous laisser vous reposer, j'ai à parler à votre professeur de plusieurs points concernant l'éducation à la sécurité de ses élèves. Reposez-vous bien mademoiselle, vous pourrez sortir demain dans la journée.

Acquiesçant de nouveau poliment, Hermione les regarda s'éloigner sans refermer les rideaux blancs. Elle ne put s'empêcher de croiser une dernière fois le regard du sombre bonhomme, et ce regard lui semblait différent de l'accoutumé. Il semblait … brûler.

Les trois prochains jours furent un calvaire. La nouvelle de sa bêtise ne s'était pas propagée mais il fallait tout de même qu'elle s'arrange pour construire une histoire à peu près cohérente autour de son malaise. Elle fut heureuse pour la première fois que Harry n'ai jamais voulu reprendre ses études, il aurait sans doute été insupportable et elle avait bien assez à faire avec Neville qui la suivait de partout. Elle passait ses journées à s'isoler dans la bibliothèque pour éviter ses regards inquiets et elle grimpait aux dortoirs le plus rapidement possible lorsque le soir arrivait.

Cependant, ce n'était pas non plus une partie de plaisir que de se retrouver seule dans sa chambre de préfète. Lorsque la clarté du jour laissait la place à la lourdeur de la nuit, elle ne parvenait plus comme avant à se plonger dans ses bouquins, son esprit dérivait sans discontinuer vers ses pensées. Ces dernières étaient au départ tout à fait normales, mais si elle se laissait partir trop longtemps, elle avait l'impression de se réveiller plusieurs minutes plus tard après avoir fait un rêve terriblement embarrassant la mettant en scène avec Snape. Impossible de se débarrasser des images qui la hantaient alors jusqu'au lendemain.

Ce qu'elle redoutait le plus et qu'elle osait encore moins envisager était bien sûr le prochain cours en présence de l'obscur personnage. Sécher n'était pas une option, elle était Hermione Granger après tout, pourtant l'idée de se soustraire à l'épreuve que ce serait sans aucun doute la chatouillait terriblement … L'envie de s'y soustraire mais aussi l'impatience d'y être. De plonger ses yeux dans les méandres nébuleux des pupilles de son professeur … Elle se rassurait en se disant qu'elle cherchait simplement des réponses, même si la vérité s'imposait à son esprit de manière de plus en plus claire. Quelque chose chez lui attirait irrémédiablement la jeune femme qu'elle était.