Ca faisait longtemps ! Nous revoici pour un petit défi du Poney : Le mariage de Faramir et Eowyn. Bonne lecture toutes et tous et à bientôt !


La nuit était calme, la cité était endormie. On n'entendait que le léger vrombissement des insectes nocturnes. Tout était calme. Tout était endormi.
Eowyn ne cessait de se répéter ces phrases, tentant de se calmer.

On n'entend rien. Juste le battement de son cœur jusque dans ses tempes.
Tout le monde dort. Inconscient de cette angoisse qui la prenait jusque dans ses tripes.
Et les insectes qui bourdonnent. Juste ce qui fallait pour la rendre folle.

La jeune femme envoya voler les couvertures qui la retenaient prisonnière de son lit. Tourner. Se retourner.
Respirer profondément. Non, ses poumons étaient comprimés, elle allait étouffer.
Une gorgée d'eau fraîche. Si seulement elle pouvait se noyer.
Il faisait chaud tout à coup. Mais elle se si sentait froide à l'intérieur.

C'était ce même froid qui l'avait enserrée quand son cousin puis son oncle étaient morts. Ce même froid qui l'avait saisie lorsqu'elle avait compris que l'homme qu'elle aimait ne la choisirait jamais. ce même froid qui l'avait assaillie lorsqu'elle avait frappé le Nazgul.

Un coup de brosse dans ses cheveux. Elle commença à se les arracher.
De l'eau sur le visage. Elle se griffa les joues.

Eowyn commença à faire des va-et-vient dans sa chambre. Mais les murs l'enserraient. Elle se sentait prisonnière. Elle avait voulu mourir sur le champ de bataille mais l'idée de se retrouver enfermée dans un tertre comme son oncle si peu de temps avant, dans un château comme la vie semblait le lui promettre, c'était insupportable.

Elle voulait être libre.
Épouser le seigneur Aragorn, non, le roi Aragorn, aurait été une autre prison. Un titre, une couronne, une charge qu'elle n'aurait pu supporter.
Rester dans la maison de son frère Eomer, supporter la pitié dans son regard l'aurait tuée.
Alors, évidemment, épouser Faramir était la bonne solution.

Elle tentait de se le répéter. Dans sa tête. Puis à voix haute. Elle le cria même. Elle le hurla.
Mais non. Les battements de son cœur dans les tempes couvraient tous les bruits et étouffaient toutes ses pensées. L'angoisse était un démon qu'elle ne pouvait combattre.

Ce mariage n'était qu'une nouvelle prison. Un nouvel étau. Elle revoyait cet oiseau que Grima avait serré dans ses mains jusqu'à le tuer. Elle était cet oiseau. Elle allait mourir.

Elle ouvrit brusquement la fenêtre de sa chambre. Une bourrasque lui fit reprendre ses esprits un instant.
Il faisait nuit. Tout le monde dormait. Tout était calme. Tout allait bien.

Et l'angoisse la reprit de plus belle.
La nuit l'engloutissait. Le silence l'étouffait. Et la terreur la dévorait.

Eowyn enjamba la fenêtre et se laissa glisser en contrebas comme elle le faisait des années plus tôt. Et elle disparut définitivement dans la nuit.