Albus ne savait pas ce qu'il pensait de cette situation. Devait-il sauter de joie ? Ou devait-il s'effondrer de peur ? Il venait d'apprendre une si bonne nouvelle. Et pourtant il ne pouvait pas s'empêcher d'avoir si peur. Sa femme accouchera cette après-midi. Tous les jeunes maris devraient être heureux d'apprendre une nouvelle aussi grandiose. Malgré ses efforts pour paraître joyeux, le malheur le tourmenta tout le temps. Il soupira un instant en s'adossant contre le mur alors qu'il voyait de nouveau une autre infirmière qui passait devant lui.
Il voulait connaître la situation. Mais… Tout ça ! Tout ceci ! C'était tellement nouveau pour lui. Un mari se devait de soutenir sa femme. C'était sa responsabilité, son devoir, son droit en tant qu'homme. Hélas ! Le voilà ! Il était si impuissant. Il ne pouvait même pas intervenir une seule seconde. Les médecins ne lui permettaient pas de la rejoindre. Comme c'était injuste !
Albus ferma les yeux pour se ressaisir, il ne pouvait pas se permettre de piquer une crise. Pas dans un moment pareil en tout cas. Peut-être un peu plus tard. Il se leva. Il attrapa la manche d'une veste d'un médecin qu'il venait de s'approcher.
"Je veux savoir, comment va-t-elle ?" Questionna-t-il sévèrement. Sa main remonta vers le bras du docteur qui tressaillit à son touché.
"Comte Dumbledor il faut être patient. Cela ne servira à rien de paniquer. La patiente est entre de bonnes mains. Je te jure. Nous savons ce que nous faisons. Tu n'as pas besoin d'avoir si peur. Ce n'est pas du tout raisonnable, voyons !" Rassura le médecin en s'éloignant lentement ensuite il franchit les portes qui le conduisit vers le blocus inférieur.
Albus soupira et baissa la tête en se sentant vaincu. Il ne voulait pas que quelqu'un le voyait de cette manière. Cependant il ne pouvait pas s'empêcher de s'agiter comme un animal en cage. Il savait que cela n'arrangera pas sa situation. Toutefois il ne pouvait pas rester là les bras croisés. Il devait faire quelque chose. Il prit son carnet de rappel et le feuilleta. En voyant qu'il n'avait pas terminé certaines tâches importantes. Il sortit de l'hôpital rapidement avec soulagement croissant.
Quelques heures plus tard, il retourna à l'hôpital l'esprit ouvert et frais. Les pensées défilèrent pendant qu'il marchait dans le couloir ; les personnes s'écartèrent de son chemin sans faire un seul bruit. Quand tout à coup il croisa le médecin qu'il avait consulté avant son départ. Comme si un voile venait de tomber violemment Albus perdit son humeur joyeux et décontracté en apercevant la mauvaise mine du médecin. Les traits dures et cyniques du médecin n'apaisèrent pas le jeune père.
"Non… ce n'est pas vrai !" Albus secoua la tête avec incrédulité. Il repoussa le médecin et les infirmiers qui tentaient de le retenir contre sa volonté. Il voulait rejoindre sa femme. Personne ne pourrait l'arrêter !
"Comte tu n'as pas le droit d'entrer dans… Sécurité !" Albus prit un autre chemin pour éviter les défenseurs et les gardes qui logèrent dans la loge d'en face. Il était peut-être le chef incontesté de l'Ordre Blanc cependant il n'était pas au-dessus de la loi.
"Arrêtez-le !"
"Appelez des renforts."
"Renforcez la sécurité !" Hurla un garde en poursuivant le comte avec détermination, il balança sa lance vers le haut évitant avec une précision d'un expert d'amputer la tête de leur chef entêté. Le garde rattrapa facilement Albus qui venait de trébucher dans le couloir.
"Comte pour ton bien je te déconseille d'ouvrir cette porte." Dit le garde en soupirant il essaya de raisonner son chef en lui disant des mots doux mais qui continrent toujours une trace de vérité. Albus trembla comme une feuille sa main se glissa sur la poignée de la porte. Il se décida. Il ouvrit la porte lentement. La porte grinça comme ceux des films d'horreur. La salle était éclairée d'une lumière blafarde et ternie qui perdit sa clarté lorsqu'il entra dans la pièce. Ses oreilles bourdonnèrent au son des moniteurs cardiaques.
La pièce ne contenait qu'un simple lit et des machines. Rien de plus. Il y avait un léger rideau qui couvrit la vitre. Il y avait une rose blanche posé sur le chevet qui fanait tristement. Une rose qu'il avait offert ce matin. Le chef de l'Ordre Blanc s'attardait le plus sur la silhouette abandonnée qui se reposait sur ce lit maudit. Albus n'y croyait pas de ses propres yeux, mais la preuve était en face de lui. Pouvait-il l'accepter ? Un choix difficile ! Il cria d'agonie en tombant à genoux ; ses yeux refusèrent de se détacher de ce tableau mortel. Une peinture si pâle et balafrée sa beauté avait perdu toute sa beauté et de son charisme.
Le corps de Flora était enseveli dans ce lit de tombeau. C'était ici. Que sa très chère épouse avait perdu la vie. Les moniteurs cardiaques s'affolèrent et crièrent de protestations. Et à l'arrière-plan vous pouvez voir la fleur qui disparaissait pour de bon ! Les médecins, c'étaient des maîtres de la recherche, des forts protecteurs de la médecine et pourtant même avec une technologie aussi avancée. Ils n'avaient pas pu y parvenir à trouver une solution pour la garder en vie.
"C'est de leurs fautes !" Pensa sombrement le chef de l'Ordre Blanc en s'appuyant contre le mur pour se relever. Le garde qui l'avait pourchassé le maintint sur place en souriant platement.
"Toutes mes condoléances. Viens ! La sage-femme garde les héritiers. Il ne faut pas faire attendre les deux princes capricieux qui désirent rencontrer leur père !" Le garda plaisanta afin d'atténuer l'ambiance lugubre.
Albus se figea sur place. Il cligna bêtement des yeux avant de baisser la tête avec hantise. Il était tellement attristé par cette lourde perte par conséquent il oublia même l'essentiel. Son enfant venait de naître. Non ! Pas qu'un enfant ! Mais deux ! Devait-il se sentir bénir par les dieux ? Il devait être si heureux d'avoir un enfant après tout c'était le fruit de son sang, de sa chair et de celle de sa femme. Pourquoi… Pourquoi ne pouvait-il pas se sentir si joyeux ? Il voulait enfoncer son poing sur la tête de quelqu'un.
Pouvait-il aimer les choses mêmes qui avaient conduit la mort de sa femme ? Albus serra les poings et suivit docilement le garde en baissant la tête. Ses yeux s'écarquillèrent en voyant les douces petites silhouettes qui reposèrent dans des couveuses. C'étaient deux petits enfants minuscules et adorables. Il avait les larmes aux yeux. Non. Il ne pouvait pas haïr ses pauvres âmes. Ses bébés étaient innocents. Ils ne méritèrent pas sa haine et sa colère.
Il les scruta attentivement en étudiant leur visage, leurs mains, leurs petits pieds, leur peau et leurs petits doigts. Ses bébés étaient si beaux, extraordinaires, si merveilleux. Il les tenait dans ses bras d'une manière inexpérimenté. Les deux bébés gigotèrent dans ses bras lorsqu'ils sentirent qu'ils venaient de quitter leur petite bulle de confort.
Le premier avait ses yeux bleus pleins de vie et de curiosité. Le bébé prit le manche de sa chemise dans sa bouche et le suça doucement en fermant les yeux. Le deuxième avait les sourcils foncés, il avait les yeux noirs, le portrait craché de sa maman. Albus baissa la tête et déposa un bisou sur le front de chaque bébé.
"Comment allez-vous nommer vos garçons ?" Demanda la sage-femme en s'approchant de lui. Albus sursauta une seconde. La bouche s'ouvrit sous le choc, il n'avait pas vu ça venir.
"Des garçons ? Ma femme a mis au monde des garçons ? Je suis père de deux jumeaux. Oh ! Ma tendre femme ! C'est un si beau cadeau ce que tu viens de me donner et un si grand fardeau. Comment puis-je les élever tout seul ? Serai-je un bon père ou une désolation ?" Albus réprima un frisson qui le parcourra un instant.
"Je ne suis pas sûr. Tout ça s'est un peu trop précipité à mon goût."
"Prends-ton temps Comte Dumbledor. Ce n'est pas tous les jours que l'on devient un parent. Il faut profiter de ce moment comme quand on mange pour la première fois une crème-glacée à la vanille." Rassura la sage-femme en tenant un document près d'elle ; elle tenait un stylo dans sa fine main, elle attendait patiemment la réponse du jeune père affolé et perdu.
Albus baissa la tête en réfléchissant. Puis il se décida finalement. "Mon fils aîné portera mon deuxième prénom il s'appelle Tom Albus Dumbledor. Mon dernier fils est Severus Dumbledor. Ce sont mes seuls et uniques héritiers."
Certes il était encore qu'un débutant. Cela viendra plus tard il saura quoi faire par la suite.
La planète Zeta. Six ans plus tard après la naissance de Severus et de Tom.
Albus remarqua quelque chose de plus en plus troublant aux fils des ans : ses fils grandissaient. C'était un fait. Alors qu'il vieillissait ses bébés devenaient des enfants. La parentalité n'avait pas été une source de joie. Il était tout le temps stressé. Rien n'avait été épanouissant dans ce côté-ci ! Albus se préoccupait tous les jours des biens êtres de ses petits.
Bien sûr il prenait des gros risques lorsqu'il prenait la peine de se reposer juste pour une heure. Il était conscient qu'étant un homme célibataire il avait très peu d'aide. Ses servantes l'avaient demandé s'il avait besoin d'aider. Il avait poliment refusé. C'était à lui de s'en occuper et non les autres.
Puis il vit des petites choses qu'il fut le seul à le remarquer. Par exemple il connaissait les expressions faciales des jumeaux comme sa poche. Il constata bien vite qu'ils étaient différends tous les deux. Pour des très bonnes raisons, premièrement Tom était très studieux, consciencieux, honnête, hyperactif – ne restant jamais sur place quand s'était nécessaire – et parfois il était narcissique. Il aima attirer l'attention de n'importe qui. Il adora être le centre d'attention de tout le monde sans exception. Il voulait tout savoir.
Sur n'importe quel sujet que ce soit sur l'agriculture, l'élevage, l'histoire de ses ancêtres, la mécanique, la science, la technologie, le numérique et la politique. C'était un petit dictionnaire sur pattes et ambulant qui ne se souciait de rien. Il était notamment social il voulait jouer avec tous les enfants qu'il croisait près de chez eux.
Deuxièmement son frère cadet était… Autre chose, il n'était pas curieux comme son frère en revanche cela ne voulait pas dire qu'il n'était pas malin. Severus avait ses propres principes il ne se comportait pas comme les autres enfants. Il était très sage pour un enfant de son âge, il avait une certaine sagesse, il était silencieux et respectueux.
Il était très timide par moment il refusait tout simplement de s'éloigner d'Albus Severus était très méticuleux il eut horreur que d'autres personnes le touchent. Toutefois cela ne voulait pas dire qu'il était différend à la règle ; bien au contraire parfois quand le désir le prenait il était un grand trouble de fête. Un petit Malin qui aimait faire des bêtises.
Une fois Albus s'en souvenait comme si c'était hier. Il avait renversé son pot de yaourt sur la tête chauve d'un homme en protestant je le cite : "Mais papa… tu me dit toujours que le yaourt est fait à base de lait. Et que le lait s'était bon pour la santé. Alors j'ai renversé mon yaourt sur sa tête pour que ses cheveux repoussent, tiens !" Dans l'ensemble de la situation Albus était mitigé, ne sachant pas du tout ce qu'il devait ressentir. Il était déchiré en deux, dans un côté il voulait éclater de rire, puis de l'autre il voulait gronder strictement Severus. Il se contenta de plates excuses puis il tira son garçon jusqu'à la maison.
C'était dans ses moments comme celui-ci qu'Albus ne regrettait pas son choix. La parentalité était épuisant mais comme c'était drôle dans un autre côté. Albus s'allongea sur le canapé de velours confortable et mousseux. Quand il entendit un petit bruit vibrant. Il se releva et courut vers la cuisine. Il retira du four un plateau qui contenait des biscuits aux pépites de chocolats aux laits.
Il les plaça dans des barquettes et les laissa refroidir. Il nettoya le plateau puis il le rangea dans un tiroir. C'était bientôt la fin de la semaine, il voulait gâter un peu ses enfants en faisant des petites gâteries qu'ils aimèrent tant.
