Disclaimer : Rien d'Harry Potter ne m'appartient, si c'était le cas je serai une femme, je serai plus âgé et bien plus riche. Cette fanfiction est une œuvre originale de White Squirrel du nom de 'The Accidental Animagus' (/9863146/). Merci à lui de me permettre de traduire ses textes!

T/N: Très bref résumé des chapitres jusque là (à la demande de Petite-Licorne-Arc-en-Ciel puisque c'est vrai que ça fait longtemps avant ces derniers chapitres. Je crois y avoir mis l'essentiel, mais si vous voyez un autre élément important à y ajouter, je l'y mettrai.

Après avoir été malmené une fois de trop par les Dursley, un accès de magie accidentelle a permis à Harry de se transformer en chat et de s'enfuir. Harry erre quelques temps sous sa forme de chat et finit par tomber sur Hermione et sa famille, leur faisant découvrir par la même occasion le monde magique. Une visite de Dumbledore s'ensuit, ainsi que l'explication de sa fugue et de fil en aiguille Harry est adopté par les Granger, les Dursley disent bonjour à la prison et Harry et Hermione, connaissant maintenant l'existence de la magie, commence à découvrir les capacités que cela leur offre. Un bon moment plus tard, quand Harry et Hermione intègrent Poudlard, Harry ne met pas longtemps pour renifler quelques choses de suspect chez le rat de Ron et à démasquer l'Animagus Peter Petigrow, innocentant par la même occasion son parrain Sirius Black. Politique s'en suit.


Le trajet en train pour retourner à Poudlard permit à Harry et Hermione de retrouver leur routine habituelle : dire bonjour à leurs amis, échanger quelques remarques sarcastiques insignifiantes avec Drago Malfoy et endurer les yeux rivés sur le Survivant-Qui-A-Capturé-Un-Mangemort-A-Onze-Ans, même si, heureusement, les gens ne fixaient plus autant Harry.

La seule nouveauté, que les enfants étaient heureux de constater, était que les gens se retrouvaient et discutaient avec animation de la pièce de théâtre de Noël.

"C'était donc vraiment la version originale ?"

"Je n'aurais jamais pensé que quelque chose de Beedle le Barde puisse - enfin, regardez Babbitty Lapina."

"C'était un sale coup de faire jouer à un moldu le rôle d'un moldu sans le dire à personne."

"J'ai trouvé ça vraiment brillant au final. Ça n'avait même pas d'importance de savoir qui elle était. Je voulais juste que quelqu'un parle d'Atlantes."

"Vous savez, je suis un Sang-Mêlé et beaucoup de gens ont des parents ou grands-parents Moldus et nous pouvons tous vous dire que les Moldus sont plus intelligents que beaucoup de sorciers ne le pensent."

Les réactions étaient majoritairement positives, ce qui était une bonne chose, mais également assez surprises, ce qui était, même si c'était un peu triste, encore mieux en termes pratiques. En tant que membre d'une Maison Noble élevé par des Moldus, Harry avait été soumis à de nombreuses questions à propos de la pièce et de l'idée générale qui la sous-tendait, auxquelles il avait répondu que les Moldus étaient des gens comme les autres, qu'ils avaient été une famille merveilleuse pour lui et qu'il était normal qu'ils aient des droits égaux.

Après avoir salué la moitié du train, ils trouvèrent finalement les personnes qu'ils cherchaient. Les deux filles de Serpentard avaient, comme par hasard, un compartiment pour elles seules.

"Bonjour, Mlle Greengrass, Mlle Davis," dit Harry d'un ton formel. "Nous sommes désolés de ne pas avoir eu l'occasion de vous parler au Nouvel An. Comment se sont passées vos vacances ?"

"Elles ont été des plus agréables," répondit Daphné Greengrass d'une voix posée. "J'espère que les vôtres l'ont été également, M. Potter, Mlle Granger ?" Ils acquiescèrent tous deux. "Vous savez, nous nous demandions quand vous finiriez par venir nous voir."

"Oui, il est grand temps pour un nouveau débat, n'est-ce pas ?" ajouta Tracey Davis.

Harry et Hermione soupirèrent intérieurement. Il était dommage qu'ils ne puissent pas parler à ces deux-là sans qu'il soit question de politique - même si c'était tout autant de leur faute. "Nous sommes désolés," dit Hermione. "Si nous interrompons quoi que ce soit..."

Mais Daphné et Tracey semblaient plutôt trouver amusant de les faire s'inquiéter. "Mais non, voyons. Asseyez-vous, tous les deux," dit Daphné. "Fermez la porte. Nous voulions aussi vous parler."

Harry et Hermione ne se firent pas prier.

"Alors... depuis combien de temps étiez-vous au courant pour la pièce de Noël ?" demanda Daphné d'une voix tendue.

"Ah," dit Harry, brièvement surpris par le sujet de la discussion. "Eh bien, Mandy nous a parlé de l'intrigue de base en septembre. Ma mandataire a pu avoir un aperçu du script à la mi-novembre. Cela aurait pu être plus tôt, mais nous avions le procès."

"Ugh, inutile de me le rappeler," dit Daphné. "Mes parents était en rage quant à la réaction brouillonne du Magenmagot".

"Euh, je vois... Nous avions donc une assez bonne idée de ce qui se passait avant quoi que ce soit ne soit publié dans les journaux."

"Nous n'avions même jamais entendu parler de la version originale de cette histoire jusqu'à ce que Mandy nous en parle," expliqua Hermione.

"Oui, j'ai entendu dire que les Brocklehurst se font déjà un paquet en réimprimant les Contes de Beedle le Barde dans leurs versions originales," dit Tracey. "J'en ai même un exemplaire. C'est incroyable à quel point elles sont différentes."

Daphné prit un air plutôt aigre face à l'enthousiasme de son amie. "Et cette actrice moldue ?" demanda-t-elle. "Vous étiez au courant pour elle ?"

"Non, pas avant la première du spectacle", dit Harry. "C'était vraiment une surprise... Elle était douée, cependant."

"Surprise est un euphémisme. Les Conservateurs sont en émoi parce qu'ils ne peuvent pas revenir sur ce qu'ils ont dit dans leurs critiques."

"Mais pourquoi auraient-ils donné de bonnes critiques en premier lieu ?" dit Hermione. "Compte tenu du sujet politique ?"

"Pas forcément bonnes, mais beaucoup d'entre elles étaient des avis honnêtes, avant qu'ils ne sachent la vérité. La Maison Greengrass est suffisamment intègre pour leur donner des critiques objectives dans tous les cas, donc je peux dire qu'elle est certainement une bonne actrice - où qu'ils l'aient trouvée..."

"Sa sœur est préfet de Serdaigle."

"Oh. Ca se tient. De toute façon, même certaines personnes qui acceptent les Moldus n'aiment pas la rompre avec la tradition - ils pensent que le théâtre devrait être uniquement réservé aux sorciers, ce genre de choses. Mais le fait est que nous voulons savoir à quel point vous aviez planifié tout cela."

Harry et Hermione échangèrent un regard nerveux. "Honnêtement, pas tant que ça," répondit Harry. "Nous avons eu un premier aperçu et veillé à être présents, nous l'avons recommandé à quelques personnes, mais c'est tout."

Daphné et Tracy échangèrent un regard beaucoup plus critique. "C'était donc entièrement l'initiative des Brocklehurst, comme tout le monde le pense ?"

Les deux Gryffondor acquiescèrent.

"Donc Lord Brocklehurst était du côté pro-moldu depuis le début."

"Mandy serait sûrement prête à vous en parler," dit Hermione.

"Oh, ne vous en faites pas. Nous irons aussi lui parler," répondit Tracey. "Mais personnellement, j'ai trouvé que c'était une excellente pièce de théâtre".

"Oui, surtout parce que tu me vois m'inquiéter quant à ses retombées," la tança son amie.

"Alors, comment as-tu trouvé la pièce, Daphné ?" demanda Hermione.

"Qu'y a-t-il à dire ?" dit la blonde. "Une histoire bien interprétée, divertissante et, oui, Tracey, je compatissais vraiment avec les Moldus d'ici la fin de l'histoire. Mais cela a vraiment mis Grand-père dans tous ses états. Je t'ai dit ce qu'il en pensait. Nous ne nous attendions pas à ce qu'une histoire pro-moldue soit si... 'convaincante', comme il a dit."

"Hé, c'est une bonne histoire. Quel est le problème ?" réagit Tracey.

"Je peux admettre que c'est une bonne histoire, Tracey, mais tu sais qu'elle fait beaucoup de vagues. Grand-père y va doucement jusqu'à ce que les choses se calment et qu'il puisse voir de quel côté se tourne l'opinion publique - Voilà votre réponse, si vous la vouliez," dit-elle à Harry et Hermione d'un ton incisif.

"Eh bien, euh, merci," dit Harry. Il n'arriverait jamais à s'habituer à ces trucs de politique, songea-t-il. Heureusement, les filles de Serpentard étaient capables de parler d'autres choses, puisqu'Hermione parvint à les engager dans une conversation sur leurs cours. (Daphné et Tracey étaient elles-mêmes très studieuses - "Il faut mettre à profit cette ambition de Serpentard," dit Tracey). Le reste du trajet fut relativement plaisant.


De retour à l'école, les élèves reprirent aussitôt leurs cours, mais avec la particularité que de nombreux professeurs remettaient les notes des derniers examens. Hermione avait obtenu les meilleures notes dans tous les domaines, à l'exception de Potions, et Harry s'était également très bien débrouillé, avec notamment un très bon O en Défense, mais aucun d'entre eux n'y prêta vraiment attention jusqu'à ce qu'ils entendent, juste avant le dîner, des éclats de voix en provenance de la salle des professeurs, alors qu'ils se rendaient au repas.

"C'est un scandale !"

Drago Malfoy semblait encore plus en colère que d'habitude. Hermione et Harry s'approchèrent discrètement et furent surpris de voir qu'un certain nombre de Serpentards de différentes années avaient arrêté le Professeur Quirrell juste devant la salle des professeurs, y compris Daphné Greengrass. Les deux Gryffondor se rapprochèrent pour écouter ce qui avait pu la pousser à se joindre à Malfoy. L'un des élèves les plus âgés regarda dans leur direction, mais ils se dissimulèrent derrière un recoin et tendirent l'oreille.

"De quoi parlez-vous donc, M. Malfoy ?" dit Quirrell avec calme.

"Nous parlons des résultats des examens, Professeur," dit un garçon plus âgé. "Nous ne sommes pas stupides, vous savez, nous sommes capables de comparer avec les autres Maisons."

Hermione lança un regard surpris à Harry. Il semblait que les Serpentards avaient obtenu des notes nettement inférieures à celles des autres Maisons à l'examen de Défense. Peut-être que le Professeur Rogue n'était pas le seul à faire du favoritisme à Poudlard.

"Je ne vois rien d'anormal à ces résultats, M. Jugson," déclara Quirrell.

"Flint est recalé ?" récrimina Malfoy. "Et Higgs ? Crabbe et Goyle je peux comprendre, mais à part ça, pratiquement aucun O à Serpentard ? Greengrass et moi-même, les héritiers de deux Très Anciennes Maisons, n'avons obtenu que des E ?"

"M. Malfoy, êtes-vous sous l'impression que votre nom de famille devrait vous donner droit à un traitement de faveur ?"

Harry et Hermione ricanèrent doucement. Malfoy bafouilla un peu, mais il n'était pas idiot. "Je suis sous l'impression que nous, les Malfoy, connaissons notre Défense Contre les Forces du Mal, Professeur," dit-il sur un ton incisif. "Et nous savons reconnaître une note injuste quand nous en voyons."

"Et pourquoi les notes que j'ai attribuées seraient-elles injustes ?" insista Quirrell. "Si vous n'êtes pas satisfaits, peut-être devriez-vous passer plus de temps à étudier et moins de temps à parader dans le parc et à visiter les placards à balais."

Il y eut un grognement sourd et des murmures fulminants de la part des Serpentards à cela. Chacun d'entre eux savait parfaitement qu'il s'agissait presque mot pour mot des mêmes propos que le Professeur Rogue avait utilisé pour justifier son propre favoritisme. Hermione en resta bouche bée. Quirrell était-il en train de dénoncer Rogue publiquement ?

"Vous savez que vous occupez ce poste au bon vouloir du Conseil d'Administration, n'est-ce pas Professeur ?" dit Malfoy. "Mon père entendra parler de cela."

Harry articula les mots en même temps que lui dès la deuxième syllabe, ce qui fit rire Hermione suffisamment fort qu'ils durent prendre la poudre d'escampette. Ils parvinrent tout juste à entendre Quirrell répondre "Il me semble que mon contrat est d'une durée d'un an, M. Malfoy..." avant qu'ils ne soient hors de portée de voix.


"Je dis juste qu'avec la cape et la carte, il n'y a aucune chance qu'on se fasse prendre. On pourrait facilement éviter les patrouilles."

Harry avait été impatient d'essayer son nouveau cadeau de Noël toute la première semaine de la rentrée, mais Hermione ne se laissait pas facilement convaincre. Certes, il pouvait y aller sans elle, mais il espérait parvenir à la corrompre un peu.

"C'est ce que tu penses," dit Hermione en réprimandant son frère. "Mais si le Professeur Dumbledore avait quelque chose de similaire à la carte ?"

"Fred et George ne se sont jamais fait prendre - enfin, presque jamais. Et Dumbledore m'a donné la cape. Et il m'a dit : 'Utilise-la bien'. Il doit vouloir que je l'utilise pour quelque chose."

"Il veut probablement que tu l'aies pour ta sécurité."

"Mais où est le fun là-dedans ?"

"Je pense qu'il y a des moyens plus sûrs de s'amuser. Tu sais, moins susceptibles de te faire renvoyer."

"Mais nous n'aurons d'ennuis que si nous nous faisons prendre," insista Harry. Il brandit à nouveau la Carte du Maraudeur.

"Et si je le dis à Papa et Maman ?" dit Hermione. "Ils t'ont dit de ne pas utiliser cette cape pour causer des ennuis."

"Tu le ferais pas."

"Si, je le ferais."

"Allez, sœurette, vis un peu. Sirius sera très déçu si je ne te fais pas enfreindre les règles au moins une fois cette année."

"Quoi ? Tu es juste... tu me cherches, frangin. Tu me cherches vraiment." Elle laissa crépiter un peu de magie autour de ses doigts.

Harry recula d'un pas, mais il ajouta : "Tu sais que tu ne pourras pas m'arrêter éternellement."

"Je peux essayer. D'ailleurs, pourquoi veux-tu tellement sortir du dortoir ? Où est-ce que tu penses aller au juste ?"

"Je ne sais pas. J'irai peut-être juste explorer un moment - voir si les choses sont différentes de nuit."

"Je doute que les choses soient si différentes. Et si c'est tout ce que tu fais, quel est l'intérêt ?"

Harry haussa les épaules. "Et si on disait que c'est un bon entraînement en cas d'urgence ?"

Hermione le regarda fixement et essaya de trouver une bonne répartie avant de décider que cela n'en valait pas la peine. Et c'est ainsi que, tard dans la nuit, un duo d'enfants invisibles se glissa hors du passage dissimulé par un portrait, s'éloignant de la Tour de Gryffondor.

"Je n'arrive pas à croire que je me sois laissée convaincre."

"Allez, on sait tous les deux que tu voulais venir depuis le début."

Hermione était serrée contre Harry sous la cape d'invisibilité, examinant le château plongé dans l'obscurité comme à travers un voile, ses yeux se portant de temps à autre sur la Carte du Maraudeur pour s'assurer que personne d'autre ne se trouvait dans les parages.

Ils exploraient le troisième étage, tout en veillant à rester loin de Touffu, sans vraiment chercher quoi que ce soit de particulier. Harry se demanda si le fait de savoir si la cape pouvait les aider à se faufiler dans la bibliothèque de nuit pourrait mettre Hermione de meilleure humeur.

"Oh non. Regarde," souffla soudain Hermione. Harry regarda là où elle pointait du doigt. Un autre point venait juste de commencer à descendre l'escalier qu'ils montaient et il approchait de leur position. Il était étiqueté "Albus Dumbledore".

"Qu'est-ce qu'il fait debout ?" murmura-t-elle, inquiète.

"C'est Dumbledore. Est-ce qu'il a besoin d'une raison ?" répliqua Harry dans un souffle.

"Qu'est-ce qu'on fait ?"

"Ne panique pas. On va se cacher dans une des salles de classe jusqu'à ce qu'il soit parti."

Ils se ruèrent dans une salle proche aussi discrètement qu'ils le purent et jetèrent un coup d'œil autour d'eux en attendant que Dumbledore passe. C'était juste une salle de classe inutilisée, comme beaucoup d'autres dans le château, avec des chaises et des tables empilées contre les murs, mis à part pour...

"Qu'est-ce que c'est ?" murmura Hermione. Harry se tourna et aperçut quelque chose qui n'était pas à sa place dans la pièce : un grand miroir de style baroque appuyé contre le mur.

"Huh, c'est bizarre. Je me demande pourquoi il est là ?" chuchota-t-il en retour.

"Je ne sais pas." Hermione se dégagea de la cape et s'approcha du miroir. "Bizarre. Je ne vois rien..." dit-elle. Elle s'approcha encore et sursauta de surprise. "Oh ! Maman ?" couina-t-elle un peu trop fort, Dumbledore pratiquement oublié. "Non, c'est... est-ce que c'est moi ?"

" Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ?" dit Harry.

"Il ne montre pas un reflet normal... Je me vois moi, mais je suis plus âgée - je dois avoir la vingtaine... Ahh !" Elle se retourna à la volée et scruta la pièce d'un air effrayé.

"Quoi ?!"

Hermione se tourna à nouveau vers le miroir. "C'est Dumbledore... Il est dans le reflet, mais il n'est pas ici. Il... il me donne quelque chose..." Elle se pencha en avant et plissa les yeux dans la pénombre. " Oh, mon Dieu, le criquet ! C'est un Doctorat en Sorcellerie !"

"Quoi ? Laisse-moi voir," dit Harry, incrédule. Il s'approcha et se plaça à côté de sa sœur. Puis il sursauta.

"Tu le vois."

"Non," souffla-t-il. "Je vois... je vois mes parents."

"Quoi ?"

"Je... nous vois, comme nous sommes maintenant, avec Maman et Papa derrière nous... et aussi mes parents biologiques."

"Mais comment... ?"

"Je ne sais pas. Il y a d'autres personnes dans le fond. Je crois que je vois Sirius et Remus."

"Mais ça n'a aucun sens," dit Hermione. "Je vois quelque chose qui ressemble au futur - ou qui pourrait l'être. Et tu vois quelque chose..." Qui n'est pas réel, mais elle ne put se résoudre à le dire. "Quel genre de miroir est-ce ?

Harry ne répondit rien, mais il détacha ses yeux de l'image et examina le cadre. "Regarde." Il lui montra le dessus de l'objet. Il y avait une inscription qui disait : "Riséd elrue ocnot edsi amega siv notsap ert nomen ej".

"De quelle langue s'agit-il ?" demanda-t-il.

"Je ne sais pas," répondit Hermione. "Ça ne ressemble à rien de ce que j'ai déjà vu..." Elle essaya d'articuler quelques mots : "Riséd... ert... ert nomen...ej." Sa voix prit une sorte d'accent étrange tandis qu'elle fixait le miroir, et un déclic se produisit dans son esprit. "Bien sûr, c'est à l'envers. Je nemon... non, je ne montre pas ton visage... mais de ton cœur le désir. Oh, alors il ne montre que ce que tu veux voir." Elle semblait déçue.

"De ton cœur le désir," répéta lentement Harry. "Donc le désir de ton cœur est d'obtenir un Doctorat en Sorcellerie." Hermione ne répondit pas. "Et le mien est..."

"Ta famille en vie et... et amie avec... la mienne," dit-elle avec gravité. Il y eut un silence gênant. Hermione ne se souvenait pas de la dernière fois où l'un d'entre eux avait parlé de sa famille de sang comme étant uniquement la sienne. Le désir de son propre cœur lui paraissait un peu mesquin maintenant. Elle regarda à nouveau et laissa échapper un "Oh !" bien trop fort.

"Quoi ?"

"Ça a changé."

"Ça a changé ? Comment ?"

"Eh bien, Dumbledore et moi sommes toujours là, mais maintenant tu es là aussi, ainsi que Maman et Papa et tes parents biologiques."

"Mais pourquoi est-ce que ça a changé ?"

"Je ne sais pas. Je pensais à ton désir et... hmm, je suppose que le désir de ton cœur peut changer selon ton humeur."

"Huh. Peut-être..."

Les deux enfants se turent. Ils fixèrent le miroir pendant de longues minutes, captivés par les visions qu'il contenait. Comme sur une photo magique, les personnages se tenaient là, faisant des gestes de temps en temps, mais ne parlant jamais. Mais il semblait beaucoup plus difficile de détourner le regard et les deux enfants se rapprochèrent peu à peu du miroir sans même s'en rendre compte. Ce n'est que lorsqu'Hermione entendit le léger bruit des mains d'Harry appuyées sur la glace qu'elle reprit ses esprits, regarda autour d'elle et réalisa qu'elle n'avait pas la moindre idée du temps qui s'était écoulé.

Elle posa tout doucement une main sur l'épaule de son frère. "Harry, je pense que nous devrions partir."

"Partir ? Pourquoi ?"

"Il y a quelque chose de bizarre avec ce miroir... Je ne pense pas que ce soit très sain de fixer quelque chose qui ne fait que nous montrer ce que l'on veut voir. Je pense qu'il vaudrait mieux arrêter."

Harry continua à le regarder fixement et semblait être sur le point de retomber dans ses illusions, mais il détourna à contrecœur les yeux de cette vision. "Oui, tu as probablement raison, sœurette," admit-il. "Voyons si Dumbledore est parti. Nous pourrons en parler à Sirius avec le miroir quand nous serons de retour à la Tour."

A l'extérieur de la salle de classe, Albus Dumbledore sourit en désactivant son Sortilège Supersensoriel et reprit sa marche. C'était une chance extraordinaire, songeait-t-il. La sœur d'Harry semblait avoir exactement la bonne influence sur lui : prête à l'accompagner dans ses excursions nocturnes, tout en lui faisant garder la tête sur les épaules. A ce rythme, son plan devrait se dérouler sans encombre.


Quelques jours après le début du trimestre, le hibou grand-duc de Cousine Andi livra à Harry un paquet enveloppé d'un papier très raffiné durant le petit déjeuner, à sa grande surprise, .

"Tu attendais quelque chose ?" demanda Hermione.

"Non, je te l'aurais dit. Attends, il y a un mot."

Cher Harry,

Ceci est arrivé à ton bureau, adressé à ton nom, et ça a été un vrai casse-tête de convaincre la chouette de me le donner à la place. Je comptais le jeter, mais j'ai pensé que tu voudrais peut-être le garder si l'un de tes amis est un fan de Lockhart.

Cousine Andi

"Lockhart ?" demanda Harry tout haut.

"Oh, ma mère a lu tous ses livres," dit Ron. "Mais pourquoi t'enverrait-il quelque chose ?"

"Je ne sais pas." Il reçut le paquet de la part du hibou et l'ouvrit. Il s'y trouvait une photo en couleur animée de lui-même et d'un grand sorcier blond au sourire d'une blancheur surnaturelle avec des robes lilas, qui lui passait le bras sur l'épaule. Tous deux portaient une médaille en bronze de l'Ordre de Merlin. Le Harry de la photo se débattait pour s'enfuir. En dessous, la photo était signée d'une écriture flamboyante : "Gilderoy Lockhart".

"Oh, c'est ce type," grogna Harry. "Il m'a coincé lors de la session."

"Ah, ouais," dit Neville en se penchant vers lui. "Lockhart s'est fait prendre en photo avec la majeure partie du Magenmagot. Il a essayé de faire le coup avec ma grand-mère une fois, mais elle lui a claqué une souricière sur le nez."

Tous ceux à proximité éclatèrent de rire.

"Une souricière ?" demanda Hermione entre deux gloussements.

"Longue histoire."

Les éclats de rire avaient attiré de l'attention et plusieurs personnes se rassemblèrent pour voir ce qu'Harry était en train de regarder. "Oh mon Dieu, tu t'es fait prendre en photo avec Gilderoy Lockhart !" glapit Lavande Brown.

"Je suppose," répondit Harry. " Qui est-ce, dans tous les cas ?"

"Qui est Gilderoy Lockhart ?" Lavande semblait scandalisée. "C'est juste le plus grand chasseur de créatures obscures au monde !"

"Et il est très séduisant, en plus." ajouta Parvati Patil.

"Il a gagné le Prix du Sourire le plus Charmeur de Sorcière Hebdo quatre années consécutives."

"Je peux comprendre ça," dit Hermione d'un air intéressé, examinant la photo de plus près. Harry ricana.

"Mais il faut reconnaître qu'il est brillant," dit Ron. Il se mit à compter sur ses doigts. "Il a combattu des banshees, des goules, des harpies, des trolls, des vampires, des loups-garous et des yétis."

"Et tout ça sans ruiner son sourire," se pâma Parvati.

"Je ne sais pas", dit Harry d'un ton sarcastique. "Je ne suis pas sûr que ce soit sain qu'il soit aussi blanc".

Hermione lui donna une tape sur le bras.

Harry décida de ranger la photo dans sa malle avant qu'ils n'aillent au cours de Sortilèges, afin de ne pas se faire critiquer davantage. Maintenant, Hermione et lui avaient à peu près compris comment apprendre de nouveaux sortilèges en Sortilèges, même avec leur maîtrise inhabituelle de la magie. C'était leur matière préférée à tous les deux, à présent (et celle de la plupart des Première Année, puisqu'elle impliquait le plus de pratique). Aujourd'hui, cependant, il y eut plus à faire : après quatre-vingt-dix minutes d'apprentissage du Sortilège de Réparation de base, ils s'approchèrent du Professeur Flitwick dans la salle de classe vide.

"Ah, M. Potter, Mlle Granger," couina le petit homme. "Je dois dire que j'ai été très impressionné par vos progrès au cours de l'année. Je pense que vos études individuelles vous serviront grandement, maintenant que vous en avez pris l'habitude."

"Merci Professeur," répondit Harry en rougissant un peu. "En fait, nous voulions vous parler d'autre chose".

"Je vous écoute."

"Un ami de la famille nous a appris quelques rudiments de duel pendant les vacances," dit Harry. "Remus Lupin - vous vous souvenez peut-être de lui."

"Oh oui, bien sûr, je me souviens de Lupin." Flitwick se remémora : "Préfet de Gryffondor, excellent en Sortilèges et en Défense, il aurait fait un candidat de choix pour le DJM s'il n'avait pas été... je veux dire..."

"Nous sommes au courant des restrictions, Professeur," dit Hermione d'une voix basse.

"Oh, je vois. Vous êtes donc tous les deux intéressés par la voie du duelliste. Je me demande si je pourrais peut-être avoir une démonstration de ce que vous avez appris ?"

"Quoi ? Ici ?" s'étonna Hermione.

"Pourquoi pas ?" Flitwick agita sa baguette quelques fois, ce qui eut pour effet de fermer la porte et de déplacer les tables jusqu'à dégager un espace au milieu de la pièce. "Je n'ai pas été Champion de la Conférence de Duel d'Europe de l'Ouest en 1968 pour rien, vous savez." Il changea ses mouvements incantatoires pour un motif qu'Hermione et Harry reconnurent comme étant les mêmes que ceux des protections de duel de Remus. Lorsqu'il eut terminé, il annonça : "Maintenant, vous connaissez tous les deux les formes, j'espère ?"

Harry acquiesça et claqua des doigts. Sa baguette fusa dans sa main. Hermione en fit de même et ils allèrent prendre place à l'intérieur des étroites protections.

"Ah, des holsters de duel. Excellent," dit Flitwick avec enthousiasme. "Maintenant, le salut... et à trois. Un...deux...trois !"

Les deux enfants commencèrent à se lancer des sorts et à esquiver du mieux qu'ils pouvaient. Avec les holsters de duel, même quelques Désarmeurs ne pouvaient pas les stopper, si bien que les sorts continuèrent à fuser pendant un certain temps. Mais finalement, Hermione réussit à arracher sa baguette à Harry. Il commença à lancer des sorts sans, à la grande joie du Professeur Flitwick, mais il ne parvint pas à tenir et le duel prit bientôt fin, lorsque Hermione le frappa d'un sort d'Immobilisation qui le fit tomber à terre, raide comme une planche.

"Merveilleux," réagit Flitwick en abaissant les barrières tandis qu'Hermione aidait son frère à se relever. "Dix points pour Gryffondor. Si je ne vous connaissais pas, j'aurais dit qu'il s'agissait d'un duel entre deux élèves de Deuxième Année. Mes compliments à M. Lupin."

"Merci, monsieur," dit Hermione pendant qu'Harry reprenait son souffle.

"En fait," ajouta Harry, "Professeur, nous nous demandions, puisque l'art du duel n'est pas vraiment abordé dans le programme de Défense, s'il serait possible de créer un club de duel ici ?"

"Un club !" couina Flitwick. " Ma foi, cela serait formidable. Il n'y a pas eu de Club de Duel ici depuis les années 60 - c'est à cause de cette horrible malédiction qui pèse sur le poste de Professeur de Défense. Bien sûr, je présidais le club à l'époque où j'ai été à l'école. Oui, je pense que c'est une excellente idée."

Harry et Hermione sourirent.

"Malheureusement, je crains de ne pas être en mesure de m'en charger seul," poursuivit-il. "Je suis très occupé avec le Chœur des Grenouilles et il n'y a pas vraiment assez de temps pour le mettre en place ce printemps, dans tous les cas. Mais je vais demander aux autres professeurs de m'aider et je pense que nous pourrons commencer dès septembre ou octobre prochain. Et, si je puis me permettre, M. Potter, je pense qu'avec votre implication, il s'agira d'un grand succès."

"Je... merci, monsieur," répondit Harry. "Nous avons hâte d'y être."


Le coin des mots et expressions :

« Ça ne fait pas avancer le schmilblick ! »

Le Schmilblick désigne un objet imaginaire créé par l'humoriste Pierre Dac dans les années 1950. Selon lui, cet objet ne sert absolument à rien et peut donc servir à tout car il est « rigoureusement intégral ».

En 1969, le nom de l'objet est repris pour un jeu à la radio en 1965 puis télévisé en direct, Le Schmilblic (parfois orthographié « Schmilblick » ou « Schmilblik »). Le principe consiste à deviner le nom d'un objet, à partir de quelques-unes de ses caractéristiques déjà rendues publiques, et des réponses affirmatives fournies par le présentateur à des questions simples posées par l'auditeur. L'expression « faire avancer le schmilblick » vient de la réponse que donnaient les participants qui n'avaient pas la réponse, mais qui voulaient participer à l'identification de l'objet mystère (et surtout passer à la télévision). Cette expression a été ensuite reprise dans un sketch de Coluche, ce qui l'a popularisé

Le mot Schmilblick est maintenant utilisé de façon assez régulière pour parler d'un objet ou concept dont on ne connait pas (ou dont on a oublié) le nom au même titre que « truc » ou « bidule ».