Ce fut une autre journée qui vint de commencer. Les vacances d'été furent terminées. Il était temps pour les enfants de reprendre l'école. Les jumeaux se réveillèrent à l'aube. Ils prirent leur petit déjeuner. Avant qu'ils s'en allèrent ils vérifièrent s'ils n'oublièrent pas leurs affaires. Puis ils prirent leur sac et montèrent dans le bus-hélicoptère. Ils s'assirent auprès de leurs camarades d'école et attendirent que le bus-hélicoptère prit des hauteurs. Albus soupira avec lassitude. Comme sa maison semblait si paisible lorsque ses zinzins n'étaient pas dans les parages !

Il s'affaissa sur le canapé en posant sa tête dans le creux de ses paumes. L'accident qui s'était déroulé autrefois – qui datait d'une semaine plus tôt – le dérangeait. Son pouvoir… sa capacité… son don n'avait servi à rien ! Il n'avait pas pu prédire ce danger. Ses yeux n'avaient pas pu prévoir l'avenir. Ce don sacré et extraordinaire l'avait permis de s'en sortir dans n'importe quel type de situation. Malgré tout… mais là, rien ne s'était déroulé comme il l'avait imaginé. Ses fils avaient failli mourir ce jour-là. Il était devenu imprudent et négligeant.

Il soupira longuement en se frottant les yeux. Il s'était comporté comme un enfant. Dans sa frustration il avait mis sa rage sur son plus fidèle commandant. Oh ! Le pauvre James Potter ne méritait pas la force de son courroux. Néanmoins il avait réussi à faire comprendre qu'il n'était pas un chef qui tolérait les bêtises.

À partie de maintenant, il imposera des règles strictes. Pour assurer la sécurité et la protection de sa petite famille. Vigilance constance. Prudence maximale. Depuis cette journée fatidique Albus était très strict. Ses traits se durcirent, ses yeux étaient ternes, rudes, rigoureux, profonds et ne reflétèrent plus sa jovialité. Il devenait un homme austère et cynique qui ne cherchait que le bonheur de ses fils. Malheureusement le bonheur de l'un ne fit pas forcément le bonheur de l'autre.

C'était une leçon que tout le monde connaissait par cœur et pourtant ceux qui furent aveuglés par leurs devoirs, leurs morales propres ne trouveront pas la raison. Ils confondirent par la suite leur bonheur avec celui des autres. Et cela se produisit. Dorénavant depuis ce jour marquant les jumeaux furent constamment surveillés par les yeux attentifs de leur père.

Albus programma un couvre-feu. Il s'introduisit dans leur chambre, inspecta leur lit et leur placard. Puis il sortit discrètement, le dos droit comme un soldat qui venait de faire sa ronde et il s'assura toujours que ses fils ne manquaient rien. Il les nourrit. Il les déposa personnellement à l'école. Il refusa de s'éloigner d'eux. Et peu-à-peu il coupa les ponts, ses hommes remarquèrent qu'il n'était plus lui-même. Parce que s'il n'en était pas ainsi il ne s'enferma pas sur lui-même. Il rapporta son travail à la maison afin qu'il n'ait pas perdu une seule seconde de la journée. Par conséquent il eut un avantage dans ce comportement auto-disciplinaire. Il n'avait pas fait des cauchemars.

Est-ce que c'était un bon début ? Ou est-ce que c'était l'eau calme qui s'émoussait avant l'arrivée de la tempête ? Albus fut clairement confus. Lors de la destruction de la grotte de la déesse Destinée aussitôt il n'eut plus de contrôle sur son don. Il ne voyait plus l'avenir. Il eut foi à son instinct. Et son instinct lui disait que tout allait bien. Pour le moment…

Une fois à l'école Severus plaisanta avec son frère pour se moquer du comportement de leur père. "Dis-moi Tom pourquoi papa réagit… comme ça ? Impossible de respirer une seule seconde. Il est toujours derrière nous."

"Severus c'est notre père il fait juste son devoir." Raisonna Tom en fermant son livre de mathématique il venait de finir une équation. Il poussa ses affaires au fond de sa poche et il piqua son dernier livre dans son sac qu'il mit sur ses épaules.

"Mouais ! Mais tout de même c'est vraiment embêtant. Je ne peux plus faire ce que je veux. D'habitude je fais toujours des bêtises par si et des bêtises par là pour m'occuper. Là il nous dépose à l'école lui-même je ne peux plus pousser quelqu'un de son siège ou le faire peur. C'est vraiment injuste !"

"Mon frère je ne peux pas te comprendre mais je peux t'assurer qu'il faut un jour que tu grandis."

"Je n'ai pas besoin de grandir tu es là pour me faire la morale." Plaisanta une seconde fois Severus en griffonnant sur son livre d'anglais en jouant avec une plume qu'il avait ramassée par terre. Tom se leva. Il se tenait vers son plus jeune frère – de seulement de cinq minutes – en croisant les bras comme leur père.

"Je ne serai pas toujours là mon frère." Protesta Tom en laissant échapper au coin de ses lèvres un rictus. Severus hocha la tête mais il n'écouta pas ce que Tom venait de lui dire. Ce fut sa plus grande erreur. Il regretta bien plus tard de ne pas suivre les conseils de son brave frère. On n'interdisait pas de connaître le bonheur et de s'amuser mais il faut savoir s'amuser à modération quand le moment était disponible.

Les deux frères se tinrent la main en se regardant, ils n'eurent pas besoin de savoir ce que l'autre était en train de penser. Ils avaient une connexion que personne ne pourrait expliquer. C'étaient dans leur gêne. Ils étaient des frères. Un lien de sang fragile et pur. Un lien qui ressemblait à celui des amis fidèles. Un lien qui changera un jour. Et ce jour-là ce fut une nuit. Un soir… un soir tout changea. Quelque chose allait encore troubler cette famille. Comme d'habitude Albus programma le couvre-feu à dix-neuf heures ce fut l'heure de se coucher. Malgré cette épuisante journée Severus ne voulait pas s'endormir. Bien sûr il restait le trouble de fête et refusait toujours ce qu'il ne voulait pas faire. Comme chaque enfant il cachait bien sa malveillance derrière une moue boudeuse. Heureusement le père des jumeaux resta indifférent et ne subit pas ce charme que tous les parents durent ardemment affronter.

Or il y avait une raison qui poussait Severus à désobéir à son père. Le petit garçon voulait rejoindre ses amis qui l'avaient proposé de faire un feu de camps ils se rassembleraient et ils se raconteraient des histoires d'horreurs. Malheureusement son père n'était pas d'accord et refusait simplement de l'écouter. Quand il pensa que personne ne découvrirait son absence. Il glissa ses oreilles sous sa couverture pour former une silhouette. Ensuite il se faufila dans le salon et quitta la maison. Sans prendre la peine de mettre un pyjama. Sans savoir que son grand frère – de seulement de cinq minutes – allait le suivre précautionneusement.

Tom poursuivit minutieusement Severus en faisant attention où il marchait. Il évita de poser ses pieds sur des branches d'arbre de peur qu'ils ne se cassèrent et qu'ils n'attirent l'attention. Il s'assit sur un rocher sans faire de bruit. Il voyait les soi-disant amis de son frère qui étaient déjà installés près d'un feu de camps. Il ne les aima pas. Il les détesta. Il ne comprenait pas comment son frère pouvait supporter des gens pareils. Ils n'avaient aucune culture, ni savoir-faire, ni des loisirs. Comment son frère pouvait-il supporter des cancres pareils ? Il ne connaîtra jamais la réponse.

Tom savait que ces lâcheurs ne se préoccupaient pas de son frère. Après tout il ne pensait qu'à leur bien-être étant donné que leur père était le chef de l'Ordre Blanc ils s'attendirent sans aucun doute d'être embaucher dans la grande garde militaire. Malheureusement, tant qu'il avait son mot à dire. Jamais, Tom ne permettra ce genre de chose. Il voulait des gardes justes et professionnels qui sauraient quoi faire dans une situation mouvementée. Et non des personnes qui gagnaient une profession noble juste… c'était tout simplement inconcevable !

Pendant ce temps-là Severus n'avait pas conscience du maëlstrom qui ravageait les sentiments internes de Tom. Celui-là discuta à ses amis comme d'habitude, il ne se souciait de rien. Ce petit égoïste jouait avec ses amis. Il raconta ses aventures extraordinaires – oh quel mytho – et ses exploits. Tom se cacha dans le noir. Il écouta d'une oreille discraite.

"Alors Severus… L'histoire que tu as préparée, est-elle terminée ?"

"Assurément j'ai fini de l'écrire. Je la retiens par cœur je peux vous la raconter maintenant."

"Vas-y !"

"Vous aurez les chocotes." Severus tourna autour du feu de camps, lentement, avec assurance et conviction – il semblait à l'incarnation de la folie et de la gourmandise – il ressemblait à un chef de la grande classe, il avait la carrure d'un manipulateur. Ses yeux noirs brillaient follement comme un génie diabolique. Il jouait avec le manche de son manteau. Ses vêtements semblaient bien trop grands pour sa pauvre silhouette frileuse qu'il avait l'air de s'y noyer.

"Il était une fois un homme rentrait chez lui après une lourde journée de travail. Il était tellement épuisé qu'il prit un raccourci. Il traversa une grande forêt puis il contourna une clôture après il traversa un cimetière."

Les amis de Severus se penchèrent et écoutèrent attentivement l'histoire. Ils ne firent aucun bruit. Ils ne voulurent pas perturber le conteur du récit. Ils étaient tellement concentrés qu'ils ne virent pas… Le danger s'approcha… Combien de temps restait-il avant qu'ils ne puissent l'apercevoir ?

"Tout le monde sait à quel point un cimetière peut sembler inquiétant durant la nuit. Personne ne voudrait s'en approcher. Cependant cet homme courageux ou candide prit en main son courage et fit le grand saut. Il marcha prudemment comme une proie terrifiée. Brusquement un hibou chanta sa mélodie de malheur. Cet homme sursauta il se rua vers la sortie. Mais en vain parce qu'une main – sortit de nulle part – s'agrippa à son genou l'empêchant de bouger d'un millimètre. Heureusement qu'il était rusé comme un renard sinon il serait mort."

Severus s'assit sur le tronc d'arbre en prenant une pause dramatique. Alors qu'il continuait de raconter son récit Tom s'était rapproché du groupe pour mieux entendre le récit de son frère. Tom savait reconnaître un talent. Il n'y avait aucun doute son petit frère avait hérité de la langue d'argent de leur père qui était un bon politicien, un bon conteur, un bon orateur, il était fort dans l'éloquence et la divagation conversationnelle. Et puis à son tour il fut plongé dans l'histoire au point qu'il baissa sa garde. Ce fut sa plus grande erreur et sa plus grande leçon qu'il n'oublia jamais !

"La main continua de tirer le corps vers le bas. La terre devenait humide, tellement, qu'elle devenait de la boue. L'homme tremblait de peur mais il n'allait pas se laisser entraîner vers sa chute. Il fit de son mieux pour se défendre. Il agit rapidement il prit un caillou il l'écrasa la main qui le relâcha. Cependant ce qu'il ne savait pas la main transformait toutes les personnes qu'elle toucha en zombie. En rentrant chez lui il dévora sa femme et ses filles."

"Non mais c'est quoi cette histoire de… ouf ?"

"Severus franchement tu as du talent pour foirer une histoire…"

"Attendez une seconde je n'ai pas fini. Fermez-la ! Donc… Après avoir bouffer toute sa famille. Le père de cet homme arriva le lendemain matin. C'était un chasseur. Ce dernier était horrifié."

"Ben, c'est sûr si je vois un zombie je panique tout de suite. Je ne vais pas le saluer et lui dire : " Est-ce que tu vas bien ? "." Dit ironiquement l'un des amis de Severus en s'allongeant contre un tronc d'arbre.

"Je me demande ce que le père va faire. Va-t-il tuer son père ou aider son fils ?" Se demanda un autre jeune homme en réfléchissant longuement. Severus l'ignora complètement. D'ailleurs il commençait vraiment à s'énerver il voulait terminer son histoire. Cependant ce fut presque impossible à cause de ses interruptions répétitives. Il les bâillonnerait sans aucune hésitation !

"Bon je peux reprendre ou je vous laisse continuer vos babillages !" Ronchonna-t-il en croisant les bras. Cette soirée commençait vachement à l'ennuyer. C'était vraiment endormant.

"Non… Continue. Je veux connaître la suite." Répondirent en chœurs les deux amis puis ils se turent.