Dans son bureau le comte Grindelwald lisait les rapports de ses effectifs. Son menton était posé sur la paume de sa main gauche, ses yeux scannèrent attentivement les lignes de chaque paragraphe. Il étudiait minutieusement les caractères déchiffrés. Il écrivait dans son ordinateur les valeurs numériques avant d'appeler un messager pour transmettre verbalement son message aux chefs des grandes usines. Ce dernier courut dans son bureau. La tête baissée en signe de soumission il attendit docilement les ordres.

"Dis au Chef Suprême d'augmenter les tâches des travailleurs. Il faut que la création des robots aboutisse dès la fin de la semaine. Il faut exacerber la sensibilité des habitants. Envoie un message aux médias il faut hisser les drapeaux et faire des demandes de fonds. Cette fois-ci je n'échouerai pas."

"Entendu. Mais si je peux me permettre si nous forçons les travailleurs à encaisser d'autres heures de travails supplémentaires elles se fatigueront. Les hommes de l'escouades de l'armée militaire territoriale ne seront pas contents d'apprendre une telle chose !"

"Préoccupe-toi de tes affaires sergent ! Je sais ce que je vais faire. Ces heures supplémentaires ne seront pas un fardeau pour qui que ce soit étant donné que je vais monter le salaire de tous les employés. Je ne suis pas un homme cruel." Le sergent frissonna involontairement. Il savait que c'était de l'ironie. Il était de notoriété publique que le comte Grindelwald était un homme stratégique et cruel. Il sortit du bureau en se précipitant, en poussant sans le vouloir une ou deux servantes.

Lorsqu'il fut de nouveau seul dans son bureau. Gellert ferma son ordinateur. Il se frotta les yeux. Il plia soigneusement ses vêtements puis il quitta la pièce. Sa démarche reflétait la royauté et le charisme. Il était élégant dans chacune de ses mouvements. Son visage impassible souriait hypocritement. Il saluait ses sujets comme il saluerait un vulgaire caillou. Cet homme n'était même pas sensible à la mort de son unique fils. Il s'intéressait qu'à sa gloire et sa magnificence.

"Cette invasion sera dans l'histoire. Je serai le maître incontesté de ce monde. Mon règne sera dirigé par un roi fort et humble tel que moi. Je n'arrêterai pas ma conquête tant que je n'ai pas détruit ce mur. Je mettrai le monde à mes genoux ; plus personne ne se mettra en travers de ma route. Je me ferai un cœur joie de le faire. Je n'abandonnerai pas ce que je suis sur le point de faire." Le comte de l'Ordre Noir le pensait avec raffinement et exaltation. L'innocence et l'arrogance seront la perte de l'Ordre Blanc. Il le savait bien sûr.

Dans chaque action je serai le champion de la justice, défendant la vérité, et combattant l'injustice. Dans mon humble humilité je porterai la responsabilité de mes actes, conscients de leur impact sur autrui, et sur le monde qui nous entoure. Quand l'espoir vacille je serai son partisan inspirant les autres à agir positivement et à croire en un avenir empreint de lumière.

Il se souvenait de la litanie de ces paroles qui formaient le code de l'Ordre Blanc. Il savait que ce code obsolète profanait la tromperie et l'ignorance. Personne ne pouvait défendre la vérité si les fanatiques qui recherchaient à l'appliquer se mentaient à eux-mêmes. La vie était magnifique. Pour d'autres s'étaient le contraire ; ils ne sauraient pas comment l'expliquer. Ce code était rempli de mensonges et de semi-vérités. Il détruirait ce monde pour en créer un tout nouveau. Un monde qu'il va façonnera à son image.

Il s'assit sur sa chaise dans sa salle de conférence. Ses trois conseillers entrèrent dans la salle. Ils posèrent la main vers leur tête puis ils s'abaissèrent jusqu'au sol où ils s'allongèrent maladroitement en attendant la probation de leur chef honoré de tous ! Ils passèrent leurs mains sur leur nuque puis ils les baissèrent sur leurs genoux. Comme d'habitude ils entamèrent leur prière, un hymne impérial qu'ils connaissaient par cœur.

Je me nourris de la haine et de la rancune. Par la force brute je trouve la puissance. Par la puissance je briserai mes chaînes. Je deviens mon propre maître. Le pouvoir est ma destinée. Je règne sans merci. Par la passion je trouve la liberté car la paix est un mensonge refoulé. La grandeur est mon héritage. Je domine sans pitié. Ainsi je gouvernerai sur chacun impitoyablement.

Ils finirent leur prière. Puis ils s'assirent sur le sol.

"Bonjour mes chers amis." Les conseillers grimacèrent derrière leur masque lorsqu'ils entendirent le mot amis sortir de cette bouche infame. Ils savaient que c'était des mensonges. Des doux mensonges. Cependant ils se calmèrent et ne dirent pas un mot. "Je sais que c'est une période mouvementée et stressante pour tout le monde. J'ai donc décidé de préparer un banquet pour fêter notre future victoire. Emmenez la prisonnière !"

Les Maîtres hochèrent la tête. Ceux qui s'inclinèrent, se retournèrent et contournèrent le mur qui gravissait les tapisseries. Ils tirèrent sur des chaines qui les relièrent vers une jeune fille. Elle avait les larmes aux yeux. Lorsqu'elle vit les conseillers elle fondit encore plus dans sa tristesse. Les conseillers baissèrent la tête en signe d'acceptation. Ils ricanèrent sournoisement. Ils regardèrent le corps de la jeune fille comme de gros vieux pervers.

"S'il vous plaît ! Ne me faites pas du mal. Je vous en supplie ! Miséricorde." Supplia-t-elle en larmoyant de plus en plus. Son visage sale – due au fait qu'elle ne se soit pas baignée depuis des jours – s'accumulait de larmes. Elle était l'incarnation de la débauche et du pathétique.

"Miséricorde ? Entendez-vous messieurs ? Cette prisonnière demande miséricorde ! Dois-je accepter ce qu'elle demande ?" Bien sûr c'étaient des questions rhétoriques. Le comte Grindelwald n'attendait pas forcément des réponses. Il ne voulait certainement pas écouter les excuses pathétiques d'une pauvre femme.

"S'il vous plaît. Ayez pitié ! Je n'ai rien fait de mal ! Je vous jure." Tenta de nouveau la jeune femme en s'agenouillant devant le comte Grindelwald mais les gardes lui retinrent sur place et la frappèrent à la tête. Puis ils la poussèrent sur la table triangulaire de la salle de conférence. Elle plaqua ses mains sur sa bouche en baissant la tête en signe de reddition. Elle accepta son sort.

"Avez-vous entendu messieurs. Elle se dit innocente. Serait-ce des mensonges ?" Les conseillers croisèrent leurs bras et secouèrent leur tête en signe de déni. Gellert sourit diaboliquement en s'avançant vers la table.

"Tu n'as rien fait de mal. C'est un mensonge et tu le sais. Tu as dérobé de la nourriture à un citoyen honnête de cette société – une manière assez subtile d'annoncer à une personne qu'elle avait perdu toute citoyenneté – enfreint la loi publique numéro une, article deux cents. Tu as volé la propriété d'un individu et brûler son domicile. Tu oses justifier tes actes en te déclarant : non coupable !"

"J'avais faim. Je voulais juste une miche de pain !"

"Je vois du coup tu as jugé bon de brûler un domicile entier et propager le feu provoquant un incendie !" La jeune femme sanglota. La rancœur et la haine de soi frappa sa conscience. Elle ne voulait pas faire du mal à qui que ce soit. Mais elle paniquait fortement lorsqu'elle avait vu les autorités. Elle voulait manger un bon pain et se réfugier dans sa cachette.

"Messieurs je déclare la séance ouverte." Annonça le comte en souriant diaboliquement. Il se rassit sur son trône en appréciant le spectacle qui débutera. La jeune femme se laissa faire. Elle ne voulait pas combattre les conseillers du comte. Elle savait en avance qu'elle ne pourra pas s'enfuir. Les Maitres s'assuraient que les portes étaient bien fermées. Ils gardèrent la porte comme des oiseaux éclaireurs.

Elle ferma les yeux lorsqu'elle sentait des mains baladeuses s'égarer sur son corps. Elle frissonnait en réprimant une grimace de dégoût. L'envie de vomir toute sa nourriture devenait puissant. Elle préférait retourner dans sa cellule. Elle ferma les yeux en souhaitant que la situation se termina le plus vite possible. Soudainement elle hoqueta de douleur puis sa tête tomba sur la table. La dernière chose qu'elle vit avant que son âme lui quittât ce fut le couteau qui vient de lui transpercer la poitrine.

Les conseillers retiraient leur masque, ils dévoilèrent leur visage. Ils utilisaient leurs poignards pour couper la fine chair de la jeune fille. Ils se nourrissaient de sa chair en lâchant sa peau, bavant sur sa beauté et sa jeunesse. Le sang coulait sur le coin de leur bouche. Ils ressemblèrent à des vampires. Ils dégustèrent cette chair douce et envoutant en appréciant chaque veine et chaque muscle. C'était un délice. Le premier conseiller arracha une jambe du cadavre et planta ses dents dans la chaire fragile.

Le deuxième conseiller avait un goût assez particulier. Il avait coupé le ventre pour prendre que le ventre, la tête et les épaules. Il suça les tétons de la jeune femme avant de caresser son visage avec douceur. Il ricana sombrement avant d'enfoncer ses doigts dans les orbes oculaires de la jeune fille et d'apprécier le goût délicieux de chaque œil. Puis il mordilla ses oreilles avant de les croquer comme si c'étaient des petits encas du matin.

Le troisième conseiller était le seul qui ne dévorait pas sa victime. Cela ne voulait pourtant pas dire qu'il était le plus sage des deux autres. L'apparence et le manque de ce contexte pouvaient vous tromper. Ce dernier agrippa les hanches de la défunte. Il déchira les haillons délabrés et les jeta par terre. Il baissa son propre pantalon empoignant son pénis dans la main et la guidant vers le sexe de la morte. Le comte Grindelwald souleva un sil mais il ne fit aucun commentaire. C'était la première fois qu'il voyait un tel acte passionné.

Ce n'était pas un secret pour tous, l'Ordre Noir acceptait les défauts et les envies de tout le monde. Gellert Grindelwald acceptait le meurtre, l'assassinat, les crimes et les pillages. Cependant il y avait des limites qu'il ne fallait pas contourner. Le comte donnait droit à toutes ses malheurs tant que le crime commis ne provoque aucun dégât dans la ville. Cette jeune femme ne serait pas morte si elle n'avait pas provoqué un incendie épouvantable. Il avait fallu deux jours pour l'éteindre.

"Une perte de temps et d'économie." Pensa amèrement le comte en se relevant de son siège. Il retourna dans sa chambre. Il devait se reposer. Parce que demain ce sera une toute nouvelle journée. Il aura d'autres paperasses à lire et à signer. Toutefois il sentait qu'il gagnera cette guerre. Il le fera sans aucun doute.

Le lendemain le chef de l'Ordre Noir s'empara de ses devoirs avec plus de volonté. Il signa les rapports et donna des nouveaux ordres. Il travailla nuits et jours.

L'Ordre Noire. Dix mois plus tard. 8 h 00.

" Aujourd'hui c'est le dernier jour de l'Ordre Blanc. L'Ordre Noir va enfin la dominer et prendre sa place. Mes chers citoyens nous avons souffert de la malnutrition et de la famine. Toutefois aujourd'hui nous allons connaître un tout nouveau sort. Nous allons sortir de ce précipice. Nous aurons enfin une terre fertile et nourrissante. Ensemble nous serons les vainqueurs et non les vaincus !"

Ses paroles étaient suivies de plusieurs cris de joie qui explosaient dans diverses directions. Les applaudissements s'abattirent dans la foulée. Les gens avaient faim. Ils voulaient se jeter dans la guerre pour montrer leurs valeurs, leurs compétences et leurs volontés. Ils étaient fidèles à leur patrie. Ils seraient heureux de le montrer. L'ennemi ne verra pas arriver le danger. Puis les cris et les applaudissements furent suivis par des hoquets de terreur. Tout le monde regardait – y compris le comte Grindelwald – l'immense créature faite d'os prendre forme. La créature – gashadokuro est un esprit géant, humanoïde, étant quinze fois plus grande qu'une personne moyenne – se forma à partir des amas d'os de personnes mortes durant l'ancien régime. Elle bougea sur ses coudes et se traîna sur le sol jusqu'au mur. L'armée militaire de l'Ordre Noir suivit – avec peur et admiration – l'immense créature.

Le comte fonça les sourcils en se demandant si le jeune dieu qu'il avait rencontré ne s'était pas moqué de lui. Cependant cette étrange pensée s'en alla sur le champ lorsque le monstre poussa un cri effrayant. Les soldats se recroquevillèrent et étaient verts de peur. Cependant Gellert ne se laissa pas influence par l'anxiété de ses troupes. Ils regardèrent le monstre squelettique qui leva sa grosse main et la frappa fortement contre le mur. Il répéta l'action une fois, puis deux fois, enfin une troisième fois… au final l'infaisable se produisit. Ce fut d'abord une petite fissure. Puis elle est devenue grande. La créature poussa un autre rugissement en cognant sa tête et son corps. Et une partie du mur s'effondra.

Maintenant une guerre violente allait commencer.