Bonjour à toutes !

Voici comme convenu le dernier chapitre de cette fiction, mettant ainsi un terme aux péripéties de nos deux sorciers préférés =)

Merci à toutes celles qui ont pris le temps de la lire au fur et à mesure de sa publication, et de commenter chaque chapitre. Après toutes ces années d'inactivité pour moi, c'est vraiment un plaisir de savoir qu'il y a encore des lectrices sur ce site et sur ce couple =)

Je vous laisse à votre lecture ! =)

Rar

Guest : Ravie de voir que tu t'impatientes de la conclusion =) La voici, bonne lecture à toi ! Merci pour tes commentaires tout au long de cette fiction =)

Sarah Maes : Ne dit-on pas que le meilleur moyen de se débarrasser d'une tentation est d'y céder ? ;) Merci à toi pour avoir suivi cette fiction avec tant d'assiduité ! =)


CHAP Neuf : retour aux sources

Le petit matin avait trouvé Severus Rogue encore endormi dans une chambre du château qui n'était pas la sienne, dans un lit plein d'un parfum qui n'était pas le sien non plus. S'il avait mis quelques instants à se remémorer sa soirée de la veille, encore perdu dans les affres du sommeil, il avait vivement ouvert les yeux lorsque sa mémoire s'était fixée.

Oh bon sang !

S'il avait dû être honnête avec lui-même, il avait paniqué. Un vertige l'avait même saisi aux souvenirs tout sauf catholiques qui lui étaient revenus, plus encore lorsqu'il avait constaté l'absence d'une certaine Gryffondor à ses côtés.

Et merde !

Il ne lui avait fallu qu'une minute pour se lever et s'habiller, même s'il n'avait pas retrouvé sa chemise dans les draps sans dessus-dessous qui ornaient le lit. Tant pis, il n'était pas à une chemise près, avait-il songé en passant une main fébrile dans ses cheveux pour leur redonner un semblant d'ordre. Il avait plus important à penser, pour le moment.

Le fait qu'il avait embrassé Granger la veille par exemple, et passé la nuit avec elle, aussi. Et qu'elle n'était plus là à son réveil, pour ne rien arranger.

- Où diable êtes-vous donc si pressé d'aller ? Avait demandé la voix narquoise de la jeune femme lorsqu'il avait ouvert à la va-vite la porte de la chambre.

Il avait frôlé la crise cardiaque, et le rire léger qui avait accueilli son air stupéfait avait été le plus joli son qu'il lui avait été donné d'entendre au réveil depuis une éternité.

Elle était là. Elle était toujours là. En même temps, elle était chez elle. Où diable aurait-elle pu être d'autre un vendredi matin à sept heures et quart, si ce n'était chez elle ? Severus n'en savait rien, mais il s'était de toute évidence convaincu qu'elle n'y serait pas, à en croire le soulagement palpable qui l'avait envahi.

Assise dans le canapé du salon, ses jambes repliées sous elle, la Gryffondor avait visiblement attendu qu'il se lève en bouquinant, comme en témoignait l'épais ouvrage posé sur un coussin près d'elle, qu'elle avait pris soin de marquer d'un signet avant de le refermer. Le regard encore atterré de Severus avait alors été attiré par la petite sphère verte qu'elle tenait en main, et il avait senti ses entrailles se serrer douloureusement en identifiant le fruit défendu.

Par Merlin, cela n'allait pas recommencer !

De toute évidence, si.

Elle avait croqué à pleines dents dans cette maudite pomme verte. La blancheur de ses dents parfaites n'avait pu que lui rappeler la profession de ses parents moldus, avant qu'elles ne plongent dans la chair ferme et juteuse du fruit interdit. Le son caractéristique avait semblé décuplé par le silence stupéfait qu'avait conservé Severus, et elle avait frémi de plaisir quand le goût acidulé avait envahi ses papilles.

Par Salazar, mais qui diable pouvait autant se délecter d'un simple fruit ? D'ailleurs, qui pouvait bien apprécier les pommes vertes ? Elles étaient d'une acidité telle qu'elles étaient toujours délaissées quand les elfes de maison en garnissaient les tables.

- Granger, avait enfin réussi à articuler le Serpentard, pris de court autant par sa présence que par sa façon de savourer la sphère fruitée.

Le sourire qu'elle lui avait adressé avait trahi, dans son léger tremblement, le doute qui était le sien tandis qu'elle se levait pour venir à sa rencontre, posant sa pomme dans une assiette sur la table basse au passage. Severus avait ainsi retrouvé sa chemise, qu'il avait reconnue avec un temps de retard sur les épaules de la jeune femme. Elle ne la remplissait pas tout à fait, et le vêtement lui arrivait presque à mi-cuisse.

Doux Merlin !

La Gryffondor s'était immobilisée à un pas de lui, l'air soudain bien moins assuré que lorsqu'elle l'avait apostrophé au sortir de sa chambre, et avait levé un regard hésitant vers lui alors que le rouge lui montait aux joues.

- Bonjour Professeur, avait-elle murmuré avec une hésitation palpable. Est-ce que… ?

Severus avait considérée d'un œil nouveau la demoiselle face à lui, mal à l'aise dans cette chemise sombre qui tombait négligemment sur ses épaules et laissait entrevoir une grande partie de sa clavicule gauche. Son expression embarrassée était à des lieues de cette air effronté et défiant qu'il avait appris à apprécier, et pourtant elle ne lui avait jamais semblé si belle qu'en cet instant, alors qu'elle peinait à trouver les mots et le courage pour formuler tout haut des questions pourtant évidentes.

Est-ce qu'ils étaient toujours sur la même longueur d'onde que la veille au soir ?

Lui en voulait-il de lui avoir sorti ses quatre vérités ?

Est-ce qu'il regrettait ? Comptait-il rester ? Allait-il revenir ?

Severus n'avait pas envie d'entendre toutes ces questions. De toute façon, il détestait parler le matin avant d'avoir bu son café. Et puis ce genre de conversations mièvres et gênantes n'étaient clairement pas pour lui plaire. Alors, plutôt que de perdre bêtement du temps et une partie de sa fierté dans ce genre de discussion bancale, il s'était penché sur cette demoiselle qui ne s'était jamais montrée si vulnérable devant lui, et avait posé un baiser sur ses lèvres entr'ouvertes dans un hoquet de surprise muet.

Et pour la première fois de sa vie, il avait réussi à faire taire Hermione Granger sans même prononcer un mot.

- Comme vous l'avez souligné hier, j'apprécie que vous fassiez usage de mon prénom, avait-il dit en réprimant un sourire, amusé par son expression abasourdie. Ne vous privez pas de l'utiliser, je vous prie.

Le visage de la jeune femme s'était illuminé à ces mots, et le doute avait laissé place à cette expression malicieuse et enjouée dont Severus s'était languie les semaines précédentes. Ce matin-là, toutefois, le sourire resplendissant de la jolie Gryffondor ne s'était adressé qu'à lui.

- Seulement si vous en faites de même, Severus, avait-elle soufflé en retour, les yeux brillants, avant de pivoter en direction de la cuisine, d'où montait l'odeur sucrée et caractéristique du chocolat chaud.

- J'ai du café ou du thé, si vous préférez...

- Du café sera parfait, merci.

Tandis qu'elle s'éloignait en direction de la petite cafetière italienne rangée dans un coin de la cuisine, le Serpentard en avait profité pour observer plus en détails les appartements qu'il n'avait guère eu le temps de visiter la veille. Ils étaient à l'image de leur occupante, somme toute. Lumineux, accueillants, pleins de vie. Il avait secoué la tête d'un air désabusé en avisant l'immense bibliothèque surchargée de livres, mais n'avait pas fait de commentaire, et s'était approché de la cuisine où l'odeur du café n'avait pas tardé à l'attirer inconsciemment.

- Vous savez que je compte récupérer ma chemise incessamment sous peu, n'est-ce pas ? Avait-il demandé en arquant un sourcil narquois tandis que la Gryffondor ouvrait un placard à la recherche de sucre.

La jeune femme s'était figée, la main sur la poignée de la porte ouverte, et lui avait retourné un regard plein d'espièglerie qui avait suffi à le chambouler de nouveau.

- Venez la chercher, si vous…

Elle s'était brusquement interrompue quand il s'était dirigé droit sur elle sans prévenir, les yeux écarquillés de surprise. Mais ce n'était guère la chemise qui avait intéressé le Serpentard.

Oh que non.

D'un mouvement vif, il avait rouvert le placard qu'elle venait de fermer, et qui n'abritait pas le saccharose, visiblement.

Il abritait, en revanche, quelque chose de bien plus intéressant aux yeux du Serpentard.

Un petit bocal en verre.

Oh, il s'agissait d'un bocal très commun, somme toute. De verre lisse, sans motif, surmonté d'un couvercle métallique avec la marque et le nom du fabriquant, et portant comme seule fantaisie l'étiquette qui détaillait la composition et l'assaisonnement du produit. Le tout écrit en caractère suffisamment contrastés pour permettre une lecture aisée des informations y figurant.

Un bocal que Severus n'était pas prêt d'oublier, et pour cause !

Ses yeux s'étaient étrécis en deux fentes menaçantes tandis qu'il s'emparait de l'objet incontestablement identique à celui qu'il avait trouvé sur son bureau, des mois plus tôt. Lorsqu'il s'était tourné la Gryffondor, celle-ci avait eu le bon sens de rougir sous l'intensité de son regard d'orage.

- C'était vous, avait-il soufflé, estomaqué, en portant entre eux l'objet du délit.

La jeune femme s'était mordu la lèvre pour réprimer un sourire amusé, en vain cependant, car l'éclat malicieux de ses yeux noisette l'avait trahie. Lorsque le premier éclat de rire avait franchi ses lèvres, cela avait été plus que Severus avait pu en supporter, et il avait eu tôt fait de poser le pot de cornichons pour fondre sur elle, se saisissant de ses poignets pour l'immobiliser tandis qu'elle partait dans un fou rire incontrôlable.

- C'était vous depuis le début ! Avait-il grondé, d'une voix si basse et si menaçante qu'elle aurait suffi à tétaniser n'importe qui.

N'importe qui. Mais pas Hermione Granger, de toute évidence.

- Et bien, vous en aurez mis du temps, à trouver vos satanées preuves ! Avait-elle ri malgré sa position plus que précaire, coincée entre lui et le plan de travail de la cuisine.

Estomaqué par son audace, Severus l'avait considérée avec incrédulité, avant de réaliser non sans stupeur qu'il n'était même pas réellement énervé. Seulement… perplexe. Et un peu vexé, aussi. Bon, un peu plus que cela, même, pour être tout à fait franc.

Depuis des mois qu'il avait cherché le coupable, il avait eu tout le loisir de parfaire le sermon sans précédent dont il admonesterait la petite crevure qui avait osé lui faire un coup pareil ! Il l'avait imaginé, répété, rêvé même. Et pourtant, à présent qu'il tenait la coupable de toute cette histoire, le seul mot qui lui était venu avait été :

- Pourquoi ?

Ce à quoi la jeune femme avait répondu par un sourire en coin tout à fait insolent, et si délicieusement séduisant, qu'il avait été à deux doigts de l'embrasser avant de lui laisser le temps de répondre.

- Pour rien, pour tout, avait-elle répondu, évasive. J'en avais par dessus la tête que vous vous obstiniez à m'ignorer.

Severus avait tiqué, de plus en plus abasourdi.

- Alors… tout ça c'était… ? Pour me faire réagir ?

- Absolument. Et puis, j'ai dû expliquer à une première année en larmes que dans votre bouche, « cornichon » était un simple synonyme du mot « élève », et qu'il n'y avait pas là matière à se mettre dans un tel état. Je me suis dit qu'en plus de vous obliger à m'adresser la parole, puisqu'il était évident que vous me suspecteriez en premier lieu, cela serait une façon de rendre justice à tous ces élèves que vous avez qualifiés de tel !

A ce stade, il n'y avait plus de mot pour qualifier la stupéfaction de Severus. S'il n'avait pas été lui-même la victime de toute cette machination, nul doute qu'il en aurait été admiratif, car c'était là une diablerie digne d'un membre de sa propre maison.

Bon sang mais depuis quand Hermione Granger avait-elle loupé sa vocation à Serpentard ?

Néanmoins, une question de taille persistait.

- Et donc… tout ça…, avait-il repris en désignant du regard les appartements de la demoiselle où ils se trouvaient tous deux, lui torse nu et elle uniquement vêtue de sa chemise et de ses sous-vêtements. C'était prévu depuis le début ?

Alors même que durant les sept derniers mois il aurait donné cher pour avoir l'identité du coupable de ce sale coup qu'on lui avait joué, il avait réalisé à quel point, finalement, c'était la réponse à cette question qui lui importait soudain.

La Gryffondor avait grimacé, et le souffle du Serpentard s'était fait erratique.

- J'avoue que… la situation m'a légèrement échappée en cours de route. Je me suis faite avoir à mon propre jeu, à dire vrai. J'ai voulu attirer votre attention et finalement, c'est moi qui me suis retrouvée attirée par vous, avait-elle soufflé en relevant les yeux vers lui, rougissante.

Ces quelques mots avaient chaviré tout à fait le cœur de Severus, dont le regard s'était adouci comme jamais auparavant, et d'une façon qu'il n'aurait sans doute jamais permise s'il en avait été conscient.

Avec précaution, il avait levé une main jusqu'au visage de la Gryffondor, qu'il avait caressé du revers de ses doigts.

- Néanmoins, votre objectif premier est atteint. Vous avez toute mon attention, désormais, Hermione, avait-il répondu sans la quitter des yeux.

Les lèvres de la jeune femme s'étaient ornées d'un sourire, et elle l'avait attiré à elle pour l'embrasser. Alors même qu'il n'était pas dans les habitudes du Serpentard de retarder sa tasse de café du matin, il s'était pourtant de nouveau prêté au jeu des baisers et des caresses.

- N'aviez-vous pas parlé de récupérer votre chemise ? Avait demandé la Gryffondor en faisant courir ses doigts légers sur ses épaules encore nues, lui arrachant un frisson de plaisir au passage.

- Les cours commencent dans une demi-heure, avait grondé l'alchimiste, perdu dans son cou.

La jeune femme avait incliné la tête, lui offrant sa gorge et la large bande de peau nue que laissait apparaître la chemise trop grande pour elle, et avait glissé ses mains dans les mèches sombres de son amant, savourant le contact doux et léger sur ses doigts. Puis, un sourire espiègle dans la voix, elle avait ajouté, l'air de rien :

- Croyez-moi, personne ne sera plus heureux de louper deux heures de cours que ces petits cornichons !


Clap de fin pour cette fiction !

J'espère que vous avez pris autant de plaisir à la lire que moi à l'écrire ! Je voulais quelque chose de léger et de pas trop long, moi qui suis en général une adepte des fictions à rallonge que je mets des mois, voire des années, à finir !

Merci à toutes pour votre temps, et n'hésitez pas, pour celles qui ne l'auraient pas encore fait, à me laisser un petit mot pour me faire part de votre avis et ressenti !

A bientôt pour de nouvelles aventures ! =)