Disclaimer : L'univers d'Harry Potter ne m'appartient pas, les seules choses qui m'appartiennent sont les personnages que je rajoute dans cet univers et mon imagination.
Chapitre 3
« Juste ça ? Mais il a bu un filtre d'amour ou quoi ?
La rouquine ne s'arrêtait pas de rire depuis qu'Elise avait raconté à Lily sa rencontre avec Flint. Elles s'étaient trouvé un coin tranquille à la table de leur maison et elles discutaient toutes les deux.
- C'est fou. Mais ça devait être un genre de pari qu'il a fait avec ses copains. Je vois pas ce que ça peut être d'autre, renchérit Elise.
- Ah oui, comme le genre de pari qu'avait fait Sirius et Potter. Tu te rappelles, avec Margaret ?
- Oui, ils avaient parié que Sirius n'arriverait pas à la déconcentrer de ses études alors il l'a séduite. On est entourée d'imbéciles.
- C'était il y a un an, ils ont compris leur erreur maintenant, argumenta la rouquine.
- Ou alors ils sont encore pire, attends voir ce qu'ils nous réserve cette année ! »
Les amies rirent de plus belle et elles finirent leur repas en se disant qu'il valait mieux ne pas prêter d'importance à ce Serpentard.
Plus tard dans la semaine, Elise avait fini par tomber sur sa petite sœur dans le parc. Cara et elle étaient opposées tant dans leur physique que dans leur mentalité. L'époque où elles s'entendaient bien et où elles étaient inséparables était loin derrière elles. Lorsqu'Elise a été envoyée à Gryffondor, un an avant que sa sœur intègre l'école, une distance commença à s'installer entre elles. Leurs parents les avaient bercées dans l'idée que Serpentard était leur avenir, alors Cara ne comprenait pas. Avec les années, Cara avait commencé à adopter les idéologies de ses parents sur les sorciers nés de parents moldus, entre autres. Le fossé se creusait encore et encore, inlassablement, chaque fois que les deux jeunes filles se confrontaient. Cara faisait tout pour se montrer aussi snob et prétentieuse que les élèves de sa maison et voulait humilier sa grande sœur et ses amis. Elise, quant à elle, préférait laisser couler. Quand Cara s'en prenait à Lily, Elise prenait la défense de son amie, mais quand les insultes lui étaient destinées, elle laissait sa sœur parler dans le vide.
Dans la semaine, Elise avait croisé un groupe de jeune filles de Serpentard au bord du lac, mené par une grande fille blonde. Lorsque la blonde s'était retournée sur Elise, ses yeux bleu lui avaient jeté des éclairs. Généralement, Cara n'était pas spécialement énervée contre Elise, elle la regardait de haut avec ce petit sourire arrogant qui ne lui allait pas. Mais cette fois-ci, la brunette avait été surprise de l'animosité qu'elle portait à son égard. Elle n'avait pas revu sa sœur depuis leur départ de King's Cross, elle ne pouvait donc pas être à l'origine de cette colère.
Le mois d'octobre arriva bien vite. Un midi dans la Grande salle, tous attablés, le petit groupe de Gryffondors parlait de ce qu'ils prévoyaient pour leurs vacances qui se rapprochaient à grands pas. Elise, comme à son habitude, ne comptait pas retourner dans sa famille. Plus loin elle était de son père et mieux elle se portait. Celeste voulait rester aussi pour rattraper le retard qu'elle avait dans ses devoirs et lorsqu'elle émit ceci, Lily se mit à douter elle aussi. Elle voulait rentrer chez elle, mais le stress des examens l'accaparait.
« Et vous les garçons ? Demanda Celeste en se servant dans un plat de petits pois.
- Je vais rentrer chez moi, répondit Remus d'une voix calme.
- Moi aussi, renchérit Peter.
- Sirius va passer les vacances chez moi, s'exclama Potter, ça va être la fête tous les soirs !
Potter continua sur sa lancée en énumérant les farces qu'ils pourraient faire pour pimenter les fêtes et le courrier arriva dans la salle. Les hiboux survolaient les tables en dessinant de grands cercles entre les nuages du plafond ensorcelé. Elise se concentrait sur son assiette, jusqu'à ce que deux lettres tombent en face d'elle. Ses amis reçurent leur courrier et s'empressaient de le lire, mais la brunette, quand elle reconnut l'écriture de son père sur la première missive, déglutit difficilement. Son père, Marcus, ne lui écrivait jamais. Il passait toujours par sa mère pour lui faire passer des messages. Pour qu'il prenne l'initiative de lui faire parvenir une lettre, cela devait être important, mais Elise songea à rester dans le déni. Dans l'agitation ambiante de la Grande salle, la brunette aperçut Cara se lever en trombe de la table des Serpentards et quitter la salle. Elle se sentit pâlir d'appréhension et décida de commencer à lire la seconde lettre, écrite par sa mère cette fois-ci.
Ma chère Elise,
J'espère que tes cours te passionnent toujours autant malgré cette année pleine d'examens que tu vas traverser. Tu me manques beaucoup à la maison… J'ose espérer pouvoir te serrer dans mes bras très vite. Ton père exige que tu rentres pour ces vacances. Tu n'as pas à t'inquiéter, il a une grande nouvelle à t'annoncer. Je te connais, toi ma fille chérie, et je connais ton tempérament… Cette nouvelle ne te ravira peut-être pas au premier abord, mais je suis persuadée que tu en tireras toute la positivité dont tu es capable. Tu as cette capacité à voir le bon et à relativiser sur le événements de la vie. Je suis et je resterai à ton écoute, toujours.
Je t'aime tant,
A bientôt ma chérie, Maman
Elise fronçait les sourcils. Cette lettre n'augurait rien de bon. Elle en saurait certainement plus en lisant la seconde lettre, mais la peur la prenait aux tripes. Elle vouait une grande affection pour sa mère, mais pour son père en revanche, c'était tout autre chose. Cet homme prenait plaisir à voir Elise malheureuse. Sa cruauté rendait la vie au manoir Shafiq insoutenable. Plus d'une fois, la brunette avait songé à partir, mais pour aller où ? Et avec quel argent ? Depuis sa répartition à Gryffondor, son père se montrait brutal et ne vouait aucun espoir en sa fille aînée. Il y avait un favoritisme évident entre Elise et Cara pour leur père, surtout lorsqu'Elise lui tenait tête. Elle détestait l'entendre parler de ses amis. Son sujet préféré était Lily, « la sang-de-bourbe », mais Black y passait aussi, comme son parcours retraçait assez bien celui de la brunette.
Elise prit son courage à deux mains et, le cœur battant à tout rompre, ouvrit la lettre de son père. Elle reconnut là son écriture impeccable. La brunette se demanda silencieusement comment des mains ayant commis tant de crimes pouvaient avoir une si belle écriture.
Tu recevras cette lettre aux alentours du 6 octobre. Cela te laisse du temps pour te mettre en tête que tu devras être à la gare de King's Cross le premier soir de tes vacances, le 14 de ce mois-ci. Tu passeras ces deux semaines au manoir.
Si ce n'est pas le cas, tu sais ce qui t'attendras aux prochaines vacances.
Il est temps que tu sois utile à la famille.
Marcus Shafiq
Elise sentit de la bile lui remonter dans la gorge. Elle finit d'une lampée son verre de jus de citrouille et se massa les tempes. Elle ne cherchait pas à cacher son mal-être, surtout devant ses amis. Elle savait qu'il n'était pas bon de s'isoler, lorsque l'on avait une famille comme la sienne. La brunette se demanda si sa sœur avait reçu aussi peu d'informations dans ses lettres, ou si au contraire c'était tout savoir qui l'avait énervée à ce point. La lettre de son père était claire sur au moins deux points Elise était concernée et elle n'avait pas intérêt à rester à Poudlard. Les sourcils toujours froncés, la jeune fille froissa la lettre de son père et croisa le regard de Black. Il n'avait pas de courrier devant lui et contemplait Elise. Ses yeux gris semblaient renvoyer à Elise de la compassion. Lui seul pouvait avoir une idée de ce que traversait la jeune fille chez elle. Tout ce que la brunette savait, c'est que Sirius n'avait aucun réconfort chez lui, là où Elise avait sa mère pour l'épauler. Lorsque son père s'emportait contre Elise, cela lui arrivait de penser à Sirius et à ses amis. Elle essayait de s'imprégner du courage du Black et de ce que lui inspirait sa maison aux motifs rouge et or.
Lorsqu'elle croisa le regard inquiet de Lily, Elise lui fit un sourire en haussant les épaules, pour la rassurer. L'heure de retourner en cours approchait et il allait lui falloir la bonne humeur de ses amis pour supporter ce cours de botanique en compagnie de Serpentards.
