Disclaimer : L'univers d'Harry Potter ne m'appartient pas, les seules choses qui m'appartiennent sont les personnages que je rajoute dans cet univers et mon imagination.

Chapitre 7

Le soir des fiançailles, Elise n'échangea pas d'autre mot avec Matthew. Les nobles s'étaient pressés autour d'eux pour les féliciter et ne leur avaient pas laissés une minute de répit. La jeune fille avait été formée à échanger des platitudes, cela l'avait donc arrangée. Au moins, elle n'avait pas eu à se forcer à discuter avec son fiancé. Son fiancé… Dans ses pensées, ça sonnait comme une farce. Lorsque les autres étaient amenés à le dire, ça ne le rendait pas encore tout à fait réel. Elle ne pouvait pas se résoudre à le dire.

Ce matin-là, celui de son retour à Poudlard, Elise avait tenu à arriver tôt pour embarquer, afin d'être un peu seule. Afin de ne pas croiser les regards curieux. Depuis sa belle mascarade au manoir Flint, son père l'avait laissée en paix. Cara ne lui avait pas adressé un mot. Ses yeux, en revanche, exprimaient bien plus. Elise avait remarqué que sa sœur avait pleuré pendant le reste de leurs vacances. La nouvelle de leurs fiançailles avait paru dans La Gazette du Sorcier. Elle n'aurait d'autre choix que de s'expliquer face à cette situation pour la moins déplaisante.

Lorsqu'elle s'installa dans un wagon du train, Elise s'empressa de ranger la bague qui trônait à son annulaire gauche, un anneau argenté serti d'une émeraude, dans sa valise. De l'autre côté de la fenêtre, les visages défilaient sur le quai. La jeune fille en reconnaissait certains, mais ses amis manquaient à l'appel. Elle aperçut au loin ses parents discuter avec les Flint. Elise tourna les yeux avant de ressentir la nausée qui ne la quittait plus depuis deux semaines.

Le train se remplissait et l'heure du départ fut annoncée. Après seulement quelques minutes, Elise entendit quelques coups sur la porte de son wagon. Lily, Céleste, Deena et Janet entrèrent prudemment dans l'habitacle. La brunette tourna les yeux vers la fenêtre. Ses larmes menaçaient déjà de couler. Elle devait s'habituer à se contenir. Mais lorsque Céleste baissa le rideau, Elise fut prise de sanglots. Lily lui fit immédiatement une place dans ses bras. Deena s'assit de l'autre côté d'Elise et lui caressa tendrement les cheveux, tandis que Janet, sur la banquette d'en face, plaçait sa main sur un de ses genoux. Céleste vint s'affaler à côté de Janet et commença à entonner une douce mélodie. Elle seule avait le secret de ses belles chansons. Le genre de chant qui berce l'esprit et adoucit l'âme. Céleste se plaisait à raconter qu'elle avait appris ses chansons dans ses voyages à travers le monde. Peut-être était-ce vrai. Après tout, elles avaient un effet magique. Elles pouvaient vous transporter n'importe où. Ces brèves minutes avaient toujours été d'un grand réconfort. Céleste n'était pas du genre à montrer son affection physiquement, comme ses amies. En revanche, elle s'était toujours montrée présente de cette façon.

Après 3 ou 4 chansons – Elise perdu le compte -, les sanglots s'étaient arrêtés. Les filles avaient sorti des mouchoirs et certains étaient déjà entassés en boule dans un sachet de papier aux pieds d'Elise. Elle s'essuya le visage, s'y passant quelques gouttes d'eau fraîche d'une bouteille. Sa voix était encore tremblante, mais elle essayait de calmer sa respiration.

« Il faut que j'arrête de pleurer.

Les filles se décollèrent légèrement d'elle, la laissant respirer.

C'est vrai. Tes yeux gonflent dès les premières traces de larmes et tes lèvres prennent une teinte rouge qui ne te va pas au teint quand tu pleures, remarqua Janet.

Elise laissa échapper un petit rire. Elle s'était souvent plainte pendant les années des stigmates que créaient ses pleurs sur son visage. En ce moment, elle ne devait plus ressembler à grand-chose de la jeune aristocrate qui avait eu un article dans la gazette.

Je l'ai appris pendant les vacances… Commença Elise, je ne vous ai rien caché…

Shht… tu n'as rien à justifier », renchérit Lily.

L'après-midi passa et les filles parlèrent de leurs deux semaines précédentes. Elise leur raconta sa « rencontre » avec les Flint, la froideur de son père, de sa sœur, l'hypocrisie de sa mère… Elle n'omit qu'un seul détail. Celui dont elle avait si honte. Celui qui lui rappelait à chaque seconde ce qu'il adviendrait de sa sœur. Elle ne se sentait pas le courage de raconter cela. Après plusieurs discussions et plusieurs moments de réconfort, le compartiment s'était vidé, laissant Elise et Lily à leur contemplation de la nuit qui tombait sur l'Ecosse. Le train arriverait dans quelques heures, à présent.

« T'en veux ? Demanda Lily en tendant un paquet de chocolats face à Elise.

Non merci.

Tu n'as rien mangé de l'après-midi.

J'ai eu un petit-déjeuner copieux. »

C'était faux. Elle ne mangeait presque rien. Quelques coups tintèrent à la porte du compartiment. Discrets, presque timides. Quatre têtes passèrent l'entrebâillement de la porte. Les garçons semblaient différents de d'habitude. Sirius vint s'affaler sur la banquette d'Elise, l'écrasant presque. La jeune fille eut un sursaut et se colla davantage à la fenêtre. Peter dégagea les jambes de Sirius pour s'asseoir et ce dernier dût s'asseoir normalement. James prit place à côté de Lily, comme d'habitude, et Remus suivit. Avec eux, ils amenaient une cargaison de gourmandises achetées dans le train. Aucun ne fit de commentaire sur la gazette de la semaine dernière.

« Sirius a vite pris ses marques chez moi ! Lança Potter.

Pas très étonnant, il habitait déjà officieusement là-bas, rétorqua Remus.

Maintenant c'est officiel ! Même mes parents le savent. Ça doit leur enlever une épine du pied, ricana le brun.

Elise le regarda avec envie. Elle aurait désiré faire la même chose, partir loin. Mais elle n'avait pas ce luxe. Même si elle ne portait pas Cara dans son cœur, elle devait bien avouer qu'elle ne voulait pas qu'elle subisse le courroux de Marcus. Elle était trop jeune pour ça.

Et Regulus ? Tu as des nouvelles ? S'enquit Elise.

Sirius tourna une tête énervée vers elle.

Pourquoi ?

Eh bien... tu ne demandes pas comment il va ? Si… je n'en sais rien, s'il n'a pas subi la vengeance de tes parents ? »

Sirius haussa les épaules et plaça ses bras de part et d'autre du dossier. Il émit un petit rire. Son indifférence était poignante. Elise croisa les bras et se tourna vers la fenêtre. Les discussions continuaient autour d'elle. James continuait sa cour ridicule auprès de Lily, comme s'il avait une chance.

Le ciel étoilé rappelait à Elise les nuits d'insomnie qu'elle avait passées à Poudlard à travailler ou à rêver. Elle avait hâte d'arriver chez elle. Un paquet de dragées surprise se matérialisa sur ses genoux. Il semblait qu'elle devrait supporter encore un peu la présence de Black avant d'arriver chez elle.

« Non merci, lui dit-elle en lui redonnant le paquet.

Oh allez quoi, arrête de faire la tête. S'il te plaît.

Laisse-moi.

J'ai dit s'il te plaît », s'amusa-t-il.

Elise tourna la tête vers lui. Elle devait reconnaître qu'être avec lui, avec eux, la réconfortait. Elle n'arriverait pas à rester énervée longtemps. Quoi que sa colère fût déjà passée. Elle voulait se concentrer sur tout ce qui pourrait l'évader de ce qui l'attendait. Elle ne lui répondit pas et se contenta d'accepter un dragée. Enfin chanceuse ! Il était à la pomme.

« Que dirait ton fiancé s'il savait que tu t'inquiètes autant pour mon frère ? »

Elise se figea. Bravo, Black. Il venait de briser le peu d'élan d'amitié que la jeune fille venait se ressentir. Elle hésita à sortir du compartiment, mais se rendit compte que se serait prendre le risque de tomber sur les Serpentards. Ici elle était en sécurité, même si elle avait une furieuse envie de recracher son bonbon au visage de Black. Elle se contenta de lui asséner un coup dans les côtes, ce qui ne manqua pas d'attirer l'attention des autres.

« Ne me parle pas de lui. Jamais.

Ses yeux commençaient déjà à s'embuer de larmes. Elise respira un bon coup pour les retenir de couler. Elle en avait marre de se sentir si faible. Allait-elle pleurer dès qu'elle croiserait Matthew dans un couloir ? Elle ne pouvait pas, ne devait pas.

Ça, tout ça ! Cette situation… c'est vraiment pas une partie de plaisir ! Alors n'en jouez pas, aucun de vous ! Laissez-moi en paix ! Craqua-t-elle.

Est-ce que… tu veux en parler ? Avant qu'on arrive ? se hasarda Peter.

Elise hésita un instant. Ils semblaient tous très concernés.

J'imagine… que j'aurais dû m'y attendre… A mon âge, ils commencent tous à arranger des mariages… Y a qu'à voir Malefoy et Narcissa.

Elise marqua une pause.

Tu pourrais venir habiter chez moi, toi aussi, intervint James. Mes parents t'adoreraient.

La jeune fille leva les yeux vers lui. Il semblait sincère dans sa proposition. Elle lui sourit. James et Sirius s'accordèrent un regard entendu et hochèrent la tête. Comme si l'affaire était conclue.

C'est vraiment gentil James… Mais mon père a été clair. Si je m'enfuis, si je refuse cet arrangement, si je… n'obéis pas… Il s'en prendra à ma sœur.

Cara est grande et se plaît dans ce cercle. Elle ne craint rien, non ? Demanda Remus.

Elise lança un regard à Lily. La rouquine baissa les yeux. Elise appuya sa tête contre la fenêtre.

Qu'est-ce qu'il s'est passé pendant les vacances ?

Sirius avait un air grave sur le visage. Elise se demanda une seconde s'il avait connu la violence qu'elle a rencontré. La famille Black avait l'air impitoyable.

Il a été clair. C'est tout. »

La conversation était close. Ils passèrent le reste du trajet plus calmement. Remus avait éteint la petite lampe du compartiment et allumé quelques bougies et Peter et lui s'amusaient à les faire virevolter. L'ambiance semblait semblable à celle de la Grande Salle. Aussi chaleureuse et familière. Douce et réconfortante. Elise s'adossa contre Sirius, faisant face à la nuit au dehors. Elle se laissait bercer par la douce voix de Lily, qui leur racontait ses frasques avec Pétunia, sa sœur. La brunette sentit un bras timide se placer au-dessus de son épaule, la main finissant sa course jusqu'à sa taille. Elle ouvrit un œil et put admirer un Black souriant. Ce sourire qu'il destinait habituellement à des jeunes filles qu'il voulait mettre dans son lit. Elle ricana. Elle savait qu'entre eux, il n'était pas question de cela.

« N'en profite pas, Black », murmura-t-elle.

Il lui fit un clin d'œil. Au moment où il voulut retirer son bras, elle le retint doucement par la manche de son pull. Elise voulait profiter des étreintes réconfortantes de ses amis. Elle avait repoussé chaque contact depuis deux semaines, redoutant ce que ces requins pouvaient faire. Mais avec eux, elle se sentait en confiance. Jamais aucun d'eux ne voudrait lui faire du mal. Du moins, elle l'espérait.