Hello ! :D
Bonne lecture !
CHAPITRE 9 - Affrontements
Le changement de Professeur de Sortilèges fit rapidement le tour de l'école. L'annulation de ce cours pour la semaine en était en partie responsable. Le Professeur Flitwick n'intervenait plus dans l'école et n'était plus présent aux heures de repas, mais il se tenait disponible pour chaque élève dans ses quartiers – sûrement le privilège d'être encore Directeur de Maison.
Les rumeurs sur le nouveau professeur avaient aussitôt commencé à enfler. Certains pariaient sur Ombrage mais cela était impossible selon Violet. Elle penchait plutôt sur un nouveau membre du Ministère, bien sûr un qui serait contre les idées de Dumbledore. Tous les élèves restaient d'accord sur un point, ils appréhendaient ce nouveau professeur.
En ce jour, de nouvelles inquiétudes venaient perturber Violet. Tout d'abord, il y avait la culpabilité face au Professeur Flitwick. Puis, il y avait l'échange qu'elle devait tenir avec Helena Serdaigle – fantôme de leur maison et fille de leur fondatrice. Et il y avait ces heures de retenue qu'elle aurait tous les jours pendant un mois avec Ombrage.
Mais une chose à la fois, elle devait trouver Helena Serdaigle et Erine avait eu la gentillesse de l'accompagner. Helena Serdaigle était toujours très présente et sympathique avec les élèves de leur maison mais elle n'en restait pas moins impressionnante.
Elles la trouvèrent près de la Cour Centrale, aussi discrète qu'habituellement. Timidement, elles l'approchèrent jusqu'à l'interpeller. Le fantôme de leur maison se tourna dans leur direction et s'approcha un léger sourire au coin des lèvres.
-Violet Hope Lupin. Erine Zoey Green. Que me vaut cette agréable rencontre ?
-Nous aurions besoin de votre aide, Helena, expliqua Violet. Nous cherchons un endroit où nos camarades et nous-mêmes pourrions nous retrouver en cachette.
-J'ai eu vent du désir de Dolores Jane Ombrage de réformer l'école fondée par ma mère, réforme allant contre les valeurs des fondateurs. J'ai aussi entendu son ambition d'effacer le patrimoine de ce beau château, tableaux et fantômes compris. J'accepte de vous aider.
-Merci Helena, dirent en chœur les deux meilleures amies. Vous connaissez un lieu en particulier ?
-Au septième étage, vous trouverez votre réponse. Si vous devez demander, jamais vous ne le saurez. Mais si vous savez, il suffit de demander. Bonne chance. A très bientôt.
Helena Serdaigle disparut d'un flottement à travers un mur les laissant toutes les deux perplexes. Il y avait des jours où il était moins simple que d'autres d'être des Serdaigle. Il fallait être pragmatique, un important indice leur avait été dévoilé.
Elles trouvèrent le septième étage et analysèrent les différentes pièces qu'elle connaissait d'ores et déjà. Il y avait le bureau du Professeur Flitwick mais elles doutaient qu'Helena les renvoyait vers leur Directeur de Maison. Il y avait aussi la salle commune des Gryffondor où Violet avait déjà eu l'occasion d'y mettre un pied – et plus – mais cela n'était pas assez discret. Plusieurs fois, elles firent le tour de l'étage sans pour autant trouver l'objet de leur recherche.
Après être passées pour la troisième fois devant chacun des lieux, Erine s'arrêta :
-Bon cela n'a aucun sens ! Helena nous a conseillé de demander, mais demander à qui ? À quoi ? On ne va pas informer toute l'école qu'on cherche un lieu caché pour se réunir...
-Si vous devez demander, jamais vous ne le saurez. Mais si vous savez, il suffit de demander. Un endroit pour nous entraîner sans qu'on puisse nous trouver, se répéta Violet.
Elles passèrent devant l'immense tapisserie qui représentait la stupide tentative de Barnabas le Follet d'apprendre à des trolls l'art de la danse. Elles s'arrêtèrent subitement quand elles entendirent quelques craquements. Juste à côté d'elles, une porte de bois vernie était apparue comme par magie. Elle se regardèrent époustouflées et pleine d'excitation.
Sans plus attendre, elles passèrent la porte et y découvrirent le lieu rêvé. Une grande salle s'offrait à elles, de longues bibliothèques ornaient les murs : manuels de défense, d'attaque tout était créé à la perfection. Des nombreux matériels spécifiques à la Défense contre les Forces du Mal décoraient la pièce. Elles avaient ce qu'il fallait.
-Il suffisait de demander ce qu'on cherchait, Poudlard vient nous aider ! s'enthousiasma Erine.
Oui, Poudlard ne comptait pas les abandonner. Elles n'avaient plus qu'à informer Harry pour qu'il soit capable d'organiser leur premier entraînement.
La boule au ventre et dans la gorge, Violet arpentait les couloirs de Poudlard la menant au bureau de la Professeure de Défense contre les Forces du Mal. Après les mésaventures d'Harry en retenue, elle appréhendait ce qui l'attendait. Il y avait de fortes chances pour qu'elle subisse une peine similaire.
Lorsqu'elle avait croisé Harry au déjeuner, ils avaient échangé avec quelques Gryffondor – dont Fred et George. Elle lui avait révélé l'existence de la Salle sur Demande ce qui l'avait enchanté. Harry avait ensuite évoqué plus en détails les heures passées avec Ombrage. Il avait tenté de la rassurer – en vain. Elle n'était pas dupe, elle savait qu'elle aurait mal tout comme lui. Elle était persuadée qu'une autre douleur viendrait s'ajouter, quels seraient les mots taillés sur le dos de sa main ?
Après une dernière expiration, elle toqua au bureau de Dolores Ombrage. Elle grinça des dents quand elle entendit la voix sans âme de sa professeure l'invitant à entrer. Elle ouvrit la porte et fut bien surprise du décor de cette pièce. Personne n'aurait pu deviner qu'il s'agissait là du bureau d'un professeur, encore moins de celui d'une discipline telle que la Défense contre les Forces du Mal.
Tout était rose, trop rose. Si rose que ses yeux commencèrent à piquer. Au mur étaient accrochés des dizaines, oh non des centaines de portraits de chatons. Cela en était même malaisant. Elle regrettait réellement l'époque où son père avait pris possession des lieux.
Son regard se figea devant Dolores Ombrage qui l'observait, lèvres pincées.
-Miss Lupin, veuillez vous asseoir.
Elle lui désigna une table et une chaise près de son propre bureau. Violet s'y dirigea et put constater la présence du parchemin et de la plume. Plus aucun doute, son sang servirait d'encre. Elle s'installa et elle dut contenir toutes ses émotions quand sa professeure lui détailla la tâche avec froideur :
-Vous allez copier des lignes Miss Lupin. Vous allez vous servir d'une de mes plumes personnelles, elle ne sera rien que pour vous. Je ne voudrais pas que... Que votre condition se propage.
Ridicule. Révoltant. Elle aurait aimé crier à nouveau à l'injustice et la stupidité de tels propos. La recherche ne devait plus être enseignée au Ministère.
-Pourrai-je avoir de l'encre Professeure Ombrage, s'il vous plaît ? demanda-t-elle aussi poliment qu'elle en était capable, malgré le fait que la réponse était évidente.
-Cela ne sera pas nécessaire, répliqua Ombrage. Vous écrirez jusqu'à ce que le message rentre : « Les loups-garous sont un danger pour la société ».
-PARDON ? elle ne se rendit compte du ton de sa voix qu'une fois le mot prononcé.
-Vous avez parfaitement compris Miss Lupin. Si j'étais vous, je tempérerais mes humeurs. Je pourrai très bien vous reprendre votre insigne. Le Professeur Flitwick pourra bien intervenir s'il le souhaite mais il a encore un grade à perdre.
La nervosité la gagna. Sa jambe tremblait inconsciemment et elle trouva une de ses mèches bouclées autour de son index. Ombrage ne cessait de la menacer, elle utilisait son père et le Professeur Flitwick. Chaque mot était minutieusement choisi pour la faire exploser, pour lui retirer tout ce à quoi elle tenait.
Elle saisit la plume et commença à former les lettres d'une phrase qui lui donnait envie de vomir. Elle étouffa un gémissement de douleur quand les mots se gravèrent sur sa main gauche. Elle détacha ses yeux du parchemin pour observer sa main. Les plaies se refermaient dès qu'elle levait la plume mais les rougeurs étaient toujours présentes ainsi que la souffrance.
-Un problème, Miss Lupin ? demanda sa professeure.
-Non, Professeure Ombrage.
Un sourire satisfait se dessina sur le visage du crapaud ce qui ne fit qu'accentuer ses ressemblances avec l'animal. Violet reprit le cours de son écriture, grimaçant à chaque trait. Elle serrait fermement et desserrer son poing pour évacuer sa douleur mais rien n'y faisait. Les coupures étaient de plus en plus profondes à chacun des mots malgré leur fermeture lorsqu'elle s'octroyait de légères pauses.
La retenue devait durer une heure et pourtant cela semblait durer une éternité. Chaque seconde, elle tentait de ne laisser percevoir aucun signe de faiblesse. Cela aurait beaucoup trop plu à Ombrage, elle devait être forte peu importait ce qu'elle ressentait. Elle luttait contre sa colère et sa peine vis à vis des mots qu'elle écrivait, elle luttait contre la souffrance et le dégoût que représentaient les coupures et son sang présent sur le parchemin.
Lorsqu'arriva enfin l'heure tant attendue, elle jeta presque la plume et cacha sa main sous sa cape. La douleur était intense, cela lui brûlait jusque dans le coude. Mais Dolores Ombrage en décida autrement, elle lui demanda de tendre sa main. La professeure parut presque déçue quand elle constata l'état de ses mains. D'après ses dires, les mots n'avaient pas assez pénétré. Les prochaines retenues du mois étaient désormais justifiées.
Elle fut enfin libérée de son heure de torture et de ses émotions. Elle ne chercha plus à contenir ses larmes. Elle secoua vivement sa main espérant effacer la souffrance mais cela aurait été trop simple.
Sa main trouva sa bouche pour retenir un sanglot. Elle souffrait d'avoir dû écrire cette phrase pendant une heure. Elle pensait à son père et à la peine qu'il ressentirait quand il apprendrait ce qu'il se passait lors de ses heures de retenue. Il avait déjà très peu accepté sa suspension – Olivier lui en avait parlé quand celle de Flitwick avait été prononcée – et s'était excusé maintes et maintes fois. Elle savait qu'il ne supporterait pas qu'elle ait subi physiquement.
Elle était incapable d'apaiser ce genre de douleurs mais une personne était capable de guérir sa main. Harry n'avait peut-être pas la confiance nécessaire, mais, elle, elle mettrait sa vie entre les mains de Madame Pomfresh.
D'une marche rapide, pour ne pas dire qu'elle courrait, elle trouva l'aile de l'infirmerie. Elle se moquait que l'heure du repas ait commencé, elle ne pouvait pas se retrouver dans la Grande Salle dans cet état. Elle n'avait pas le courage d'expliquer à tous ses camarades ce qui les attendaient s'ils tentaient de s'opposer à Dolores Ombrage. Plus calmement, elle entra dans l'infirmerie où elle n'avait pas séjourné depuis un bon moment. Sa présence attira l'attention de l'infirmière.
-Miss Lupin, que faites-vous ici ? Vous devriez être au dîner à cette heure-ci ?
Madame Pomfresh interrompit son interrogatoire quand elle remarqua ses yeux rougis. Elle l'invita à s'asseoir et Violet n'eut aucune hésitation quand elle dévoila sa main gonflée et rouge. Les mots étaient encore légèrement visibles et cela n'échappa pas à l'infirmière.
-Oh Miss Lupin... dit l'infirmière aussi empathique que demandait ce métier. Ne me dites pas que...
-La Professeure Ombrage... murmura-t-elle., La suspension du Professeur Flitwick ne suffisait pas... même si je préférerais passer la journée en retenue avec Ombrage plutôt que ne plus avoir le Professeur Flitwick. Je dois y retourner tous les soirs pendant un mois mais cela fait beaucoup trop mal...
-Une plume punitive... C'est scandaleux... gronda l'infirmière. Je ne peux aller contre Ombrage sans perdre mon poste. Je ne peux vous abandonner, vous et les autres élèves. Mais je serai toujours disponible pour soigner vos blessures.
Violet haussa les épaules, jamais elle n'aurait douté de la loyauté de Madame Pomfresh. C'était elle qui avait pris soin de son père à chaque pleine lune lors de ses sept années à Poudlard. Elle avait toujours été présente pour lui, sans aucun jugement. Son père avait confiance en elle et Violet savait qu'elle pouvait aussi avoir confiance.
Madame Pomfresh lui tourna le dos pour rejoindre son armoire. Elle prit quelques ingrédients et réalisa une potion en un rien de temps. La potion était pâteuse et bleuâtre, rien de très appétissant. Mais Violet n'eut pas besoin de l'avaler car l'infirmière l'appliqua sur le dos de sa main. Elle ressentit une profonde douleur comme si un troupeau de centaures venait de lui marcher dessus puis tout se dissipa, tout était apaisé.
-Bien, commenta l'infirmière. Vous pouvez rejoindre la Grande Salle, n'hésitez pas à revenir les prochains jours.
Violet se mordit la joue et commença à balancer ses jambes. Elle craignait d'abuser de la bonté de l'infirmière mais cette dernière lui demanda bien rapidement ce qu'elle attendait pour partir.
-A vrai dire... Je n'ai pas trop envie de rejoindre la Grande Salle maintenant... Est-ce que je pourrais rester ici encore un peu, s'il vous plaît ?
-Je vais demander à ce qu'on nous apporte un plateau repas.
-Merci Madame Pomfresh, sourit Violet, reconnaissante.
L'infirmière s'éclipsa quelques minutes la laissant en seule compagnie de ses pensées. Elle contempla sa main qui reprenait une taille normale et le rouge s'éclaircissait. Elle avait eu raison, Harry aurait dû consulter Madame Pomfresh dès sa première heure de retenue, elle ne manquerait pas de lui faire remarquer.
Madame Pomfresh revint avec un plateau chargé de deux assiettes pleines et une coupe de jus de citrouille. Violet fut enchantée de découvrir une crème chocolat en dessert, le chocolat était un remède parfait : règle de Lupin !
-J'ai peur pour mon avenir à Poudlard, se confia Violet quand toutes deux eurent terminé leur repas dans le silence.
-Pourquoi cela Miss Lupin ?
-Et bien, la Professeure Ombrage a déjà eu une influence sur ma place ici. Maintenant que le Professeur Flitwick n'est plus notre Professeur de Sortilèges, il ne pourra plus prendre ma défense indéfiniment. Je ne saurai accepter qu'on le perde encore plus... Je refuse de me taire et de me plier à Dolores Ombrage mais ai-je vraiment le choix ?
-Dolores Ombrage n'a pas son mot à dire sur votre scolarité. Elle trouvera le droit de vous supprimer tous vos plaisirs mais jamais elle ne pourra vous renvoyer. Les renvois n'ont lieu qu'en cas de danger immédiat, Violet alla répliquer mais Madame Pomfresh poursuivit. Et non elle ne pourra pas prendre l'excuse de la lycanthropie. Je prendrai soin de réaliser moi-même l'examen de votre sang afin de le prouver. Le Professeur Flitwick fera toujours tout pour ses élèves mais il n'est pas le seul.
Un parfait mélange de gêne et de mise en confiance l'enveloppa. Cela ne mettait pas un terme à ses inquiétudes mais les élèves n'étaient pas totalement seuls face à Ombrage.
-Vous accepteriez donc ma présence à l'infirmerie quand j'en ressens le besoin ? sourit Violet. Je croyais que vous ne vouliez plus me voir.
-Dubois et vous étiez épuisants ! soupira Madame Pomfresh. Ecoutez-moi et réfléchissez Miss Lupin, je n'aurai aucune raison de vous refuser.
-On vous offrira des places à nos matchs pour toutes vos années de patience !
-Il faudra au moins cela !
Violet ne regretta pas de s'être déplacée à l'infirmerie. Après ce début d'année catastrophique, elle apprécia pouvoir passer un moment de calme. Elle devait beaucoup à Madame Pomfresh et elle avait bien l'intention de l'inviter à des matchs, ne serait-ce que pour la revoir.
Elle alla remercier Madame Pomfresh pour sa convivialité et son aide avant de partir rejoindre la Tour de Serdaigle mais l'infirmière la retint encore quelques minutes.
-Ayez confiance, Miss Lupin. La présence de Dolores Ombrage est une goutte d'eau comparé à l'océan qui nous attend. Rien ne sera simple mais vous devez tenir bon, il y aura toujours des personnes pour soutenir les causes qui en valent la peine.
-Merci Madame Pomfresh. Je vais faire ce qui me semble juste.
-Je vous attends demain, répondit l'infirmière.
Elles se sourirent et Violet prit le chemin de son dortoir. Les coupures la dérangeaient encore mais la douleur était moindre. Elle se savait entre de bonnes mains, elle était prête à résister à chaque heure de retenue.
A la meilleure place des tribunes, Violet attendait impatiemment le début du match Gryffondor contre Serpentard. Il s'agissait du premier affrontement sans Olivier et Flint à la tête des équipes et elle était curieuse de découvrir les nouvelles stratégies.
Lors de leur première réunion de « L'Armée de Dumbledore » - c'était ainsi qu'ils s'étaient nommés, elle avait eu l'occasion de discuter avec Angelina. La nouvelle capitaine des Gryffondor était déterminée à l'idée de faire aussi bien qu'Olivier, mais Violet ne comptait pas lui laisser cette joie – amie ou non.
Ce vendredi, elle avait terminé ses heures de retenue avec la Professeure Ombrage. Les plaies s'étaient faites de plus en plus profondes et la cicatrisation devenait difficile. Les coupures étaient marquées sur sa peau et la douleur était parfois paralysante. Elle remerciait Madame Pomfresh d'avoir pris de longues minutes chaque soir pour apaiser ses blessures, elle n'imaginait pas l'état de sa main si cela n'avait pas été le cas.
Grâce à cela, elle avait pu poursuivre les entraînements de Quidditch sans difficulté. De plus quand sa main la faisait souffrir, elle y avait trouvé un avantage : cela lui permettait de se focaliser sur l'entraînement sans maintien du balai. Bref, dès ce lundi, les entraînements reprendraient leur rythme habituel et elle avait bien l'attention de se donner à cent pour cent.
Les tribunes se remplirent progressivement et elle fut rejointe par toute l'équipe de Quidditch. Cette année, Holly et Luna avaient créé de nouveaux chapeaux mais cette fois-ci en forme de lion. Il valait mieux supporter les Gryffondor que les Serpentard. Violet comprit les agacements d'Olivier face au chapeau d'aigle, les rugissements du lion étaient tout autant insupportables.
Le match commença au coup de sifflet et Angelina fut la première à saisir le souafle. Violet sentit le plaisir du Quidditch l'envahir même en tant que spectatrice, les matchs lui avaient cruellement manqué.
-Et c'est maintenant Johnson qui prend le souafle, commentait Lee. Quelle joueuse extraordinaire, cette fille, ça fait des années que je le dis mais elle refuse toujours de sortir avec moi…
-Pauvre Lee, remarqua Erine dans un rire. Angelina, Alicia, Katie, moi et c'est parce que tu as toujours été inaccessible sinon je suis sûre que tu y aurais eu le droit.
Les rires d'Erine s'estompèrent subitement quand un cognard atterrit dans l'épaule de Luke. Heureusement – ou malheureusement selon Violet – la balle avait perdu de la vitesse et il n'eut qu'une affreuse douleur. Luke poussa un gémissement qui ne tira qu'une grimace à Violet. Elle leva les yeux au ciel, il était plus fragile qu'un Botruc. D'un geste, elle resserra sa queue de cheval en ignorant Luke.
Son attention se focalisa sur la voix de Lee qui annonça le batteur responsable de cet acte, ce match était plein de surprises.
-On me dit que George Weasley s'excuse pour ce mauvais coup, il aurait mal visé. Ce serait bien la première fois, commenta Lee. Remets-toi Taylor, ce n'est qu'un petit cognard. Le match se poursuit. Alicia Spinnet a récupéré le souafle et évite un cognard de Warrington c'était tout juste !
Violet ne pouvait qu'être plus d'accord avec Lee. Ce n'était pas pour rien qu'Olivier surnommait les jumeaux « ses cognards humains ». Ils tapaient avec force mais surtout avec justesse. Peu importait si elle avait raison ou non, elle se satisfaisait à penser qu'il s'agissait d'un acte délibéré.
Alors qu'Erine s'inquiétait pour Luke et lui conseillait de consulter Madame Pomfresh, Violet reprit reporta son intérêt sur le match. Pour une fois, elle espéra que Madame Pomfresh ait d'autres fléreurs à fouetter.
Le match était particulièrement serré. Elle avait misé que Gryffondor serait capable de mener les Serpentard mais il n'en était rien. Un affrontement acharné se livrait entre batteurs, les poursuiveurs ne pouvaient garder le souafle bien longtemps sans se faire attaquer par un cognard.
Des chants commencèrent à résonner dans tout le stade, les Serdaigle tournèrent la tête et découvrirent les Serpentard chantant à tue-tête. Violet écouta plus attentivement les paroles sans décrocher ses yeux du terrain. Elle ne put que constater le manque de fair-play et la méchanceté des paroles.
Weasley est notre roi retentissait, chaque mot cherchait à distraire et rabaisser le cadet des Weasley. Les Serpentard chantaient les souafles que Ron allait manquer, pointaient sa maladresse mais ce qui fut le plus de peine à Violet fut les mots envers la famille Weasley en général. Le Terrier était comparé à un trou à rats et elle ne l'appréciait guère. Ces chants n'étaient pas justes et elle ne comprenait pas qu'aucune sanction n'ait lieu.
Les Serpentard menaient désormais vingt à zéro et bien que le score n'était pas inquiétant. Violet commençait à craindre le manque de confiance de Ron. S'il se laissait distraire, jamais il ne pourrait arrêter un nombre maximum de souafles. Elle aurait aimé pouvoir lui rappeler à quel point Olivier trouvait qu'il avait du potentiel mais d'ici elle ne pouvait rien faire. Ron devait apprendre, seul.
Gryffondor parvint à remonter mais Serpentard enchaîna afin de garder l'écart de points. Ron ne parvenait pas à arrêter ne serait-ce qu'un souafle. Il était nécessaire que les poursuiveuses de Gryffondor gardent le souafle mais surtout qu'Harry attrape le vif d'or. Violet ne doutait pas qu'il fallait éviter le massacre si les lions ne voulaient pas que leur gardien démissionne.
Elle se leva quand elle remarqua que Harry et Malefoy plongèrent vers le sol. Son frère avait trouvé la petite balle dorée, elle n'en doutait pas. Elle l'observa contourner avec brio le pied d'un des buts. Il tendit sa main, celle de Malefoy toute près de lui. C'était maintenant.
La foule, hormis les serpents, se levèrent acclamant de joie la victoire des Gryffondor. Harry avait réussi, Gryffondor avait gagné peu importait le nombre de buts encaissé. Les Serpentard n'avaient pas eu le dernier mot. Mais ils ne virent pas cette finalité de cette manière, Crabbe envoya un cognard dans le creux des reins de Harry qui se retrouva éjecté de son balai.
-On descend ! cria Violet à l'attention d'Erine qui ne devait pas avoir suivi la scène à cause de la comédie de Luke. Je n'aime pas la manière dont ils réagissent ! Dépêche-toi !
Elle tira la manche de la cape de sa meilleure amie qui n'avait pas fini de discuter avec Luke, comme quoi il ne souffrait pas tant que cela. Elles poussèrent les différents spectateurs pour se frayer un passage vers le terrain.
Arrivées près de leurs camarades de Gryffondor, elles constatèrent la difficulté qu'avaient les joueuses à maintenir Fred et George. Ces derniers étaient aussi rouges que leur blason mais cela n'avait rien à voir avec de la timidité ou de la gêne. Ils étaient furieux.
-Oh non ! s'exclama Erine. Ils sont très rarement énervés comme ça.
Elles coururent pour rejoindre leurs meilleurs amis. Elles furent capables d'entendre les injures de Malefoy envers les Weasley comparant leur maison à un taudis. Mais Violet blêmit et fut pétrifiée quand elle entendit Malefoy cracher :
-Ou peut-être que tu te souviens de l'odeur que dégageait la maison de ta mère, Potter, et que la porcherie des Weasley te la rappelle.
Elle ne réalisa qu'après que Harry s'était jeté sur Malefoy. Elle sortit de sa torpeur quand elle remarqua que les poursuiveuses de Gryffondor tentaient de calmer Fred et qu'Erine se dirigeait vers George. Elle lui attrapa la main mais celui-ci la rejeta aussitôt sans même prendre garde qu'il s'agissait de sa meilleure amie.
-GEORGE ARRETE CELA TOUT DE SUITE ! cria-t-elle. TU VAS T'ATTIRER DES ENNUIS !
George rejoignit Harry et chacun évacua sa colère sur le Serpentard. C'était une réelle scène d'horreur. Erine fut néanmoins la plus courageuse de tous, elle s'approcha de George et tenta vainement de le détacher de Malefoy.
-GEORGE, S'IL TE PLAIT, LAISSE TOMBER !
Mais il semblait ne pas l'entendre, il propulsa son bras vers l'arrière pour prendre l'élan nécessaire afin de frapper fort mais son coude heurta les côtes d'Erine qui se retrouva au sol. Violet retrouva ses idées et tira sa meilleure amie pour l'éloigner de l'affrontement Gryffondor/Serpentard.
-Laisse-le, Erine, lui murmura Violet.
Violet se releva d'un bon quand un sortilège d'Entrave, lancé par Madame Bibine, s'abattit sur les deux Gryffondor. Elle rejoignit, les joues rouges, Fred qui se débattait toujours entre les poursuiveuses.
-Qu'est-ce qu'il vous prend ? Est-ce que cela vous arrive de réfléchir ? le gronda-t-elle en pointant son doigt sur le front de son ami.
-T'as entendu ce qu'il a dit ? répliqua Fred plus qu'énervé. T'as entendu ?
-J'ai entendu ! On vous a déjà dit que vous étiez plus intelligents qu'eux ! s'écria-t-elle. Tout va vous retomber dessus !
Elle leva les yeux au ciel, exaspérée de leurs comportements. Ils étaient donc incapables de contenir leur violence... Madame Bibine envoya George et Harry au Bureau de la Professeure McGonagall. Quand il découvrit Erine, George alla s'arrêter et Violet constata l'inquiétude et la culpabilité dans son regard mais avant même qu'il n'ait pu prononcer un mot Madame Bibine l'interpella pour qu'il se dépêche.
Les deux Gryffondor s'échappèrent sans un mot, tête baissée. Violet tendit ses deux mains vers Erine pour l'aider à se mettre debout. C'est à ce moment que Fred se tempéra mais les yeux onyx d'Erine annonçaient l'orage, elle ne cherchait pas à garder son calme. George ne l'avait pas écouté mais Fred subirait son courroux.
-VOUS N'AVEZ DONC RIEN RETENU ! hurla-t-elle. RIEN ? ILS CHERCHENT A VOUS PROVOQUER ET VOUS TOMBEZ TOUJOURS DANS LE CHAUDRON !
-On ne peut pas se… tenta de se défendre Fred.
-JE NE VEUX PAS T'ENTENDRE ! les yeux d'Erine n'avaient jamais été aussi noirs et Violet comprit pourquoi Olivier avait eu peur d'Erine. Elle pouvait être aussi effrayante que rayonnante. VOUS AVEZ ETE STUPIDES ! MAINTENANT TU VAS REJOINDRE TON EQUIPE AINSI QUE LA TOUR DE GRYFFONDOR !
-Mais !
-NON ! TU REFLECHIRAS AVANT D'AGIR LA PROCHAINE FOIS ! »
Les yeux écarquillés, Violet observait la scène aussi abasourdie que les poursuiveuses de l'équipe. Erine ne cessait de tenir tête à Fred, les mains sur les hanches. Leur meilleur ami sembla prêt à riposter une nouvelle fois mais Erine fronça sévèrement les sourcils. Fred finit par lui tourner le dos et prendre le chemin du retour.
Au repas du soir, les ambiances étaient contrastées entre la table des lions et celle des serpents. Selon les résultats du match, les Gryffondor auraient dû être joyeux mais c'était tout le contraire. Les Serpentard paraissaient amusés et Violet parvenait à entendre les rires de Montague ainsi que les moqueries de Warrington. Peu importait ce qu'ils se disaient, elle aurait plusieurs comptes à régler lors du match en février. Ils n'allaient pas être déçus.
Bien assez agacées des Serpentard, Violet et Erine se levèrent pour rejoindre leur traditionnel banc. Si tout se passait comme les années précédentes, les jumeaux les retrouveraient. Elles espéraient que ce soit le cas, elles souhaitaient avoir des retours sur la convocation que George et Harry avaient eu avec leur Directrice de Maison.
Erine se laissa tomber sur le banc et plaça correctement son écharpe. Un vent glacial s'était levé et elle préférait ne pas attraper un rhume, la Pimentine de Madame Pomfresh ne l'attirait guère. Devant elle, Violet restait debout ne tenant pas en place. Elle effectuait de petits ronds comme un lion en cage, elle entortillait ses cheveux autour de son index preuve que l'anxiété la gagnait.
Des bruits de pas leur parvinrent et elles furent soulagées d'y découvrir Fred et George. Cependant, cela ne dura que quelques secondes. Les jumeaux fixaient le sol, aucun sourire malicieux sur le visage. Aucune d'elles n'avaient déjà vu les jumeaux aussi abattus. Violet se figea, inquiète, et attendit qu'un de ses deux meilleurs amis ne parlent.
Elle observa George s'asseoir à côté d'Erine tandis que Fred prenait place à côté de son frère. Elle s'avança pour faire face à ses deux amis, bien trop impatiente. George focalisa toute son attention sur Erine qui paraissait ne pas savoir quoi dire. Violet retrouva le même regard préoccupé que son meilleur ami avait eu lors du Bal de Noël.
-Je ne t'ai pas fait trop mal ? s'enquit-il.
-Non, c'était juste sur le coup, le rassura-t-elle. Et moins qu'à Malefoy...
-Désolé, murmura-t-il sincèrement.
-Ca va, lui sourit-elle en posant une main sur son avant-bras, contact qui parut plaire à George car il ne chercha pas à s'en défaire. Que vous arrive-t-il ?
Les deux frères se regardèrent mais pas de ces éclats qu'elles connaissaient tant. Non, ils semblaient chercher leurs mots pour leur annoncer une nouvelle qui allait forcément leur déplaire. Leurs yeux s'orientèrent vers Violet et d'une même voix, qui rappela celle d'Olivier après leur défaite contre Poufsouffle, ils dirent :
-Interdit de Quidditch à vie.
-QUOI ?
-Ombrage est intervenue lorsqu'Harry et moi étions avec la Professeure McGonagall. McGonagall avait l'intention de nous donner une semaine de retenues mais ce crapaud s'est interposé. Elle a alors décidé de nous interdire de Quidditch, Harry et moi parce que nous avions frappé Malefoy et Freddie car il l'aurait fait si les filles ne l'avaient pas retenu.
-Mais elle n'en a pas le droit ! s'exclama Violet. C'est aux Directeurs et Directrices de Maison de prendre ces décisions, c'est ainsi que le Professeur Flitwick a pu négocier mon poste !
Apparemment, elle était la seule à ne pas comprendre. Les jumeaux étaient encore plus affligés et Erine semblait horrifiée. Elle les incita à parler, elle devait avoir des explications. Tout cela n'était pas normal, un élément lui échappait.
-C'est vrai, dit George. C'est ce que McGonagall a fait remarquer. Mais Ombrage n'avait que peu apprécié le fait que Flitwick insiste pour toi et que McGonagall s'acharne à reformer l'équipe de Gryffondor. Ce qu'on ne savait pas était que Dumbledore est intervenu pour ces deux cas. Le Ministère a donc pris des mesures supplémentaires.
-Un nouveau décret est paru, annonça finalement Fred. Cornelius Fudge l'a transmis à Ombrage. Il prend effet dès aujourd'hui.
-Ce décret donne l'autorité suprême à la Grande Inquisitrice pour infliger elle-même les sanctions, punition et retrait de privilèges, détailla George. Elle peut aussi modifier ce que les autres enseignants donneront...
Un silence de plomb s'abattit sur les quatre amis qui prenaient réellement conscience de ce que cela signifiait pour l'école et pour eux. Violet se sentait devenir de plus en plus pâle. Ombrage comptait-elle lui retirer à nouveau son insigne ? Qu'allaient-ils tous devenir ?
-C'est pour cela qu'on voulait te dire petit oiseau, reprit Fred compatissant, fais attention à toi. Ne fais AUCUN pas de travers. Tu es dans sa ligne de mire depuis le premier jour, elle va attendre que tu te fasses remarquer à nouveau.
-Mais je ne peux pas laisser tomber l'A.D., je ne peux pas tout accepter, répondit-elle de plus en plus perdue.
-Tu peux continuer l'A.D. tant que tu ne te fais pas prendre, comme nous tous, remarqua George. Et tu n'es pas obligée d'accepter, tu dois juste rester discrète. Si tu as des idées, transmets-les-nous. Toi aussi Aigle Amateur.
-Et vous ? s'inquiéta Erine. Tout ce qu'il vous reste est votre place à Poudlard. Vous risquez autant que nous.
-Non, réfuta Fred. Nous avons déjà Weasley, Farces pour Sorciers Facétieux. Il ne nous reste plus qu'à trouver le local mais pour cela nous n'avons besoin que de nous-mêmes. Nous n'avons plus rien à perdre.
-Toi, il faut que tu aies tes ASPIC pour intégrer Sainte-Mangouste, expliqua George. Et toi Vio, tu dois garder ton insigne et ton poste si tu veux rejoindre La Ligue et je te rappelle que tu as tes sept Optimal à avoir. On a chacun nos propres ambitions et nous ne souhaitons pas vous voir les perdre.
L'atmosphère était morose, menée par la peur des agissements d'Ombrage. Jusqu'où était-elle capable d'aller ? Jusqu'où le Ministère mènerait Poudlard ? Quel avenir attendait chaque élève de Poudlard ?
Leur dernière année était loin d'être celle espérée mais tous les quatre devaient rester debout. Ensemble et déterminés, ils pouvaient atteindre les sommets désirés. Personne ne pouvait les arrêter. Pas Ombrage, ni même le Ministère. Ils avaient toujours été invincibles, ils continueraient de l'être : pour Poudlard mais surtout pour eux-mêmes.
Ce chapitre vous a-t-il plu ? Content-e d'avoir la petite présence d'Helena Serdaigle ? Qui est partant-e pour qu'Ombrage se fasse écraser par un troupeau de centaures ? Qui veut faire un gros câlin à Violet ? Mais surtout, vénérons Madame Pomfresh ! Pour Luke, il méritait un deuxième cognard, n'est-ce-pas ?
Au prochain chapitre "Emprise" : Retour sur le terrain. Le meilleur ami de Cedric. Narcisse. La joie d'aider. La meilleure en duel. Le secret d'Erine. Une annonce inquiétante.
:))
A bientôt,
Blue.
