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Bonne lecture ! :D
CHAPITRE 11 – Réveillon de Noël
DAUPHY'S SEA
L'arrivée au 12 Square Grimmaurd avait rappelé à Violet la première fois où elle y avait mis les pieds. La seule différence était les décorations de Noël. Un sapin surplombait la cuisine, couvert de vieilles décorations, les guirlandes n'étaient même pas lumineuses. Ce qu'elle préférait était, sans aucun doute, les broches colorées accrochées au rideau de Walburga Black, un gloussement lui avait échappé.
Elle s'était concentrée sur ces légers changements, pour échapper à ses accès de fureur et sa montée d'angoisse. Les mots et la crainte de Connor l'avaient bouleversée et elle ne cessait de penser à sa meilleure amie. A peine arrivée au Quartier Général, elle avait envoyé Riddle à Poudlard pour prendre des Nouvelles d'Erine.
Aucune réponse ne lui était parvenue depuis. Chaque jour, elle renvoyait un courrier. Chaque jour les hiboux lui revenaient les pattes vides.
Ses inquiétudes étaient montées en flèche, mais elle n'avait personne avec qui en discuter. Fred et George n'étaient au courant de rien, pas officiellement du moins, car ils avaient montré plusieurs fois qu'ils en savaient plus qu'elles ne le pensaient. Olivier avait connaissance d'un morceau de l'histoire, mais pas du responsable.
La seule solution était de ramener Erine. Ici et maintenant. Lors du premier soir au Square Grimmaurd, une réunion s'était tenue. Elle avait interpelé le Professeur Flitwick :
-Avez-vous vu Erine, Professeur ? l'avait-elle interrogé.
-Je crois savoir qu'elle est à Poudlard, mais je ne l'ai pas croisée depuis quelques jours. Pourquoi cela Miss Lupin ?
-Euh… Je… Elle, balbutia-t-elle. Je suis inquiète pour elle. N'est-ce pas possible de lui proposer de quitter Poudlard et revenir à Londres.
-Pour quelle raison ? s'enquit le Professeur.
Les dents de Violet s'étaient serrées, dans un crissement désagréable. Le pourquoi ne pouvait être révélé, trahir sa meilleure amie n'était pas dans ses plans. Elle resta, donc, silencieuse.
-Comprenez, Miss Lupin, que je ne peux agir sans élément précis. Si Miss Green évoque son envie de rentrer, je m'arrangerai pour que cela se produise. Dans le cas contraire, je n'ai aucun pouvoir.
-Je le sais… soupira-t-elle, nauséeuse. Je préférais vous demander. Qui ne tente rien n'a rien.
-Passez de belles fêtes, Miss Lupin.
Aucune échappatoire n'était disponible.
Le réconfort n'avait pas été au rendez-vous de toute la soirée. Hermione et elle avaient été accueillies par un Harry des plus exécrables. Tous avaient tenté de converser avec lui, qu'il puisse exprimer ses sentiments, ce qu'il avait vécu le touchait encore. Violet n'avait pas eu l'occasion de discuter plus longuement à son frère.
Lors du repas, un débat s'était ouvert sur la nouvelle Professeure de Sortilèges. Tout le monde était abattu de la suspension du Professeur Flitwick. Il était un morceau de l'âme de Poudlard. Maintenant, il était une été victime de ce que tout l'Ordre du Phénix craignait.
Leur seule consolation avait été que la remplaçante n'était pas aussi impliquée dans les décisions du Ministère qu'Ombrage. Jaqlyn Tempus était une vieille dame, sûrement presque aussi vieille que Dumbledore. Ses cours étaient ennuyeux, elle concurrençait le Professeur Binns, mais elle avait le mérite de suivre le programme. Il était juste préférable de ne pas parler, s'envoyer des parchemins, ou de contredire les décisions ministérielles. Les jumeaux et Lee avaient expérimenté, ils s'étaient retrouvés à recopier la Gazette du jour le soir même. Rien de passionnant, donc.
La seule note positive de ce début de vacances avait été les nouvelles sur l'état de santé d'Arthur Weasley. Il n'était en rien traumatisé par son agression et se portait mieux de jour en jour. Tout l'Ordre du Phénix, mais surtout sa famille s'en trouvait soulagé.
Depuis deux jours, Violet demeurait à la maison sur la plage des Dubois. Ces deux jours étaient parfaits. Comme depuis toujours, et plus depuis sa relation avec Olivier, Ruth et Sebastian l'accueillaient comme un membre à part entière de la famille. Ils agissaient comme des parfaites figures parentales qui feraient tout pour son bonheur.
Et Olivier restait Olivier, toujours aussi préoccupé par son propre avenir au Quidditch, mais aussi par le sien, à elle. Il restait cette personne qui apaisait toutes ses émotions négatives tout en lui faisant vivre les plus beaux moments de sa vie.
En ce jour de réveillon de Noël, les rôles étaient inversés. Malgré le stress de Violet à l'idée de rencontrer l'oncle et la tante d'Olivier, sans compter Diane et Antonin, c'était à elle de le détendre.
Elle était prête depuis une bonne vingtaine de minutes. Elle avait enfilé une robe noir toute simple qui lui arrivait aux genoux et qui formait un V dans le dos. Ensuite, elle avait pris le temps de se coiffer d'une élégante tresse qui partait de sa tempe droite jusqu'en bas de sa nuque à gauche, le reste de ses cheveux tombant le long de sa clavicule.
C'était une grande satisfaction d'avoir pu dompter ses boucles blondes.
Depuis, elle tentait désespérément de tempérer un Olivier angoissé par cette soirée. Il ne craignait pas pour lui, mais pour elle. Il était, donc, plus difficile de l'apaiser.
Devant le miroir de sa chambre, il faisait et défaisait son nœud de cravate, incapable de le faire correctement – alors qu'il était spécialiste, leur uniforme à Poudlard les obligeait à l'être. Quand elle estima que la situation devenait critique, elle se plaça devant lui. Elle enleva les mains d'Olivier de l'accessoire pour s'en occuper elle-même.
-Tu sais, mon cœur, en profita-t-elle pour poser des mots sur la situation. C'est moi qui devrais être aussi tendue.
-Je n'ai pas très confiance en eux, marmonna-t-il d'une voix étranglée.
-J'ai confiance en toi et en moi. Peu importe leurs critiques, nous saurons garder notre calme, n'est-ce pas Dubois ? elle leva les yeux en haussant les sourcils pour qu'il comprenne qu'il avait plutôt intérêt. Nous savons ce que nous valons et nous sommes capables de l'assumer. Crois-moi, tout se passera bien.
Quand elle eut terminé, elle tapota sur la cravate et ne laissa pas Olivier répondre. Elle déposa un délicat baiser sur la commissure de ses lèvres et elle se plongea dans ces yeux marron foncé qui ne cessaient de la faire chavirer.
-Ca va aller, murmura-t-elle.
Avant l'arrivée de la famille d'Olivier, tous les quatre s'affairaient à la préparation du repas ainsi qu'au dressage de la table. Avec complicité, Sebastian et Violet discutèrent du meilleur plan de table possible. Il valait mieux éviter un meurtre lors des fêtes de fin d'année.
Violet choisit de se sacrifier pour être à côté de Diane s'ils voulaient éviter un conflit entre cousins. Ils avaient trouvé préférable d'être chacun à côté d'Olivier, ils étaient les deux seules personnes capables de le canaliser rapidement.
Quand tout fut prêt, ils s'installèrent dans le canapé. Ruth et Sebastian débutèrent une discussion sur les affaires au Ministère, rien n'était très joyeux ils pouvaient le confirmer. Violet posa sa tête sur l'épaule d'Olivier, lisant le résumé du dernier match amical du Club de Flaquemare où Olivier avait été titulaire. Morgan Harrison était de plus en plus convaincu de sa prochaine promotion.
Des crépitements jaillirent de la cheminée et Olivier se tendit instantanément. Il posa ses feuilles de match sous la Gazette du Sorcier présente sur la table basse, mais Violet prit plaisir à les retirer pour les mettre en avant.
Debout, elle observa les nouveaux arrivants. Olivier posa sa main dans le creux de ses reins. Elle ne chercha pas à s'en dégager, son cœur battait à mille à l'heure et ce contact la rassurait.
Philip Dubois fut le premier à apparaître. Il n'y avait aucun doute qu'il s'agissait du frère jumeau de Sebastian. Les deux frères se ressemblaient comme deux gouttes d'eau. Quand il s'approcha, une seule différence frappa Violet. Les yeux de Philipp Dubois étaient plus clairs, plus noisettes que foncés.
Marie-Charlotte Dubois était la deuxième. Elle était de la même taille qu'elle. Diane et Antonin avaient hérité de la taille des Dubois. Marie-Charlotte Dubois était moins élancée et plus rondouillarde. Ses cheveux châtains ondulaient légèrement comme de petites vagues. Elle avait des yeux vert foncé comme les reflets dans ceux des cousins d'Olivier. Marie-Charlotte Dubois avait des airs de bourgeoise et adoptait un air pincé. Les croups ne faisaient pas des fléreurs.
Enfin arrivèrent les deux cousins d'Olivier, Diane et Antonin. Ils avaient toujours ce même sourire cruel sur leurs lèvres, prêts à dévorer n'importe quelle victime. Violet était heureuse d'avoir une nouvelle robe, ainsi ils ne pourraient pas la critiquer sur son apparence.
Quand les Dubois de France s'approchèrent d'eux, Olivier décala sa main sur sa hanche pour la serrer contre lui. Elle roula des yeux au ciel. Ils étaient peut-être particuliers, mais ils n'étaient pas Voldemort pour autant.
-Tu dois être Violet, constata Philip Dubois en lui tendant la main. Mon frère et ma belle-sœur ne nous ont dit que du bien de toi.
La nuance dans sa phrase ne lui échappa pas. Elle ne doutait pas des éloges de Ruth et Sebastian, comme elle n'avait aucun doute sur les échanges moins mélioratifs qu'il avait dû avoir avec ses enfants.
Violet n'avait rien à prouver, mais elle avait cette envie de leur plaire. Elle souhaitait qu'ils remarquent qu'elle était une bonne personne et que les critiques de leurs enfants étaient infondés. Par-dessus tout, elle voulait que tout se déroule bien. Pour Olivier.
-Enchantée de faire votre connaissance, répondit-elle poliment.
Elle reçut deux bises sur chaque joue de la part de Marie-Charlotte. Ah ces français et leurs étranges habitudes. Violet grimaça, cet échange lui déplaisait. Elle n'avait rien contre l'affection avec les gens qu'elle aimait et dont elle était proche. Au contraire, les contacts physiques avec le reste du monde étaient un réel effort, elle devait toujours prendre sur elle.
Antonin et Diane se contentèrent d'un léger signe de tête envers Olivier et elle, bien heureusement. Elle remarque leurs efforts de salutations, ils évitaient les réflexions.
Les présentations passées, selon elle, le pire était évité. Olivier ne semblait pas de cet avis. Son visage était crispé. Jamais elle ne l'avait connu si mal à l'aise. Elle prit conscience à quel point les repas familiaux étaient une source d'angoisse pour lui, ce qui lui cause de la peine.
Après de banaux échanges, ils s'installèrent tous à table. Ruth et Sebastian à chaque bout de table, Philipp et Marie-Charlotte face à Olivier et elle tandis que Diane et Antonin entouraient leur tante. Avec une telle stratégie de placements, Violet était convaincue que tout irait bien.
En effet, le repas se passa cordialement. Violet restait discrète, comme Olivier. Tout portait sur le Ministère Britannique ainsi que le Ministère Français. La comparaison était flagrante et comme leurs enfants, Marie-Charlotte et Philip ne cessaient de vanter les mérites de la France. Violet se retenait de commenter qu'il était difficile d'être pire que l'état du Ministère Britannique actuel.
Le manque de complicité entre les deux familles marqua, alors qu'un lien fraternel les unissait. Le résumé était rapide : échanges de politesse et communs plutôt qu'un réel repas familial. C'était troublant, car elle était persuadée que le Noël au Square Grimmaurd aurait l'ambiance inverse, alors même qu'ils étaient différentes familles réunies.
Après le traditionnel Christmas cake, Olivier recula sa chaise pour prendre un maximum de distance avec le reste de la tablée. A son grand soulagement, tout se déroulait mieux qu'il ne l'imaginait. Violet s'adaptait à la perfection. Elle était parfaite.
Cependant, il aurait tout donné pour un vol sur un balai, Violet aurait accepté sans un brin d'hésitation, mais sa mère l'aurait foudroyé du regard. Il était un adulte et le Quidditch ne résolvait pas tous les problèmes - selon les autres. L'avis d'Olivier était différent.
Son bras sur le dossier de Violet, il commença à caresser son épaule. Il agissait pour elle, ou pour lui, peu importait, lui était apaisé. Olivier la contempla. Comme toujours, il la trouva magnifique. Cette coiffure lui allait à merveille et ses yeux pétillaient de ses précieuses étoiles.
Il perçut le regard de son père sur lui, légèrement railleur. Olivier supposait que la métaphore sur le Quidditch, échangée trois ans plus tôt, faisait encore son effet. Son père avait eu raison sur toute la ligne. Il n'avait d'yeux que pour Violet – depuis leur première rencontre.
Olivier appréciait la complicité entre ses parents et sa petite amie. Ils entretenaient la meilleure relation possible. Il ne doutait pas que ses parents feraient tout pour Violet au juste titre qu'ils le faisaient avec lui.
-Alors Olivier, comment se passe ta deuxième année dans l'équipe de réserve du Club de Flaquemare, demanda son oncle en croisant ses bras, tandis que sa tante débutait une conversation avec ses enfants.
-Très bien, répondit-il. Je devrai rejoindre l'équipe titulaire lors de la prochaine saison.
-Bien ! Très bien !
La réponse de son oncle était honnête. Bien qu'il n'ait jamais été joueur, son oncle appréciait le Quidditch, il ne refusait que rarement les places qui lui étaient offertes.
-Et toi Violet, Sebastian m'a dit que tu souhaitais devenir joueuse professionnelle ? elle acquiesça d'un vif signe de tête. Intéressant. Comment se déroule ta dernière année à Poudlard ? Il parait que tu as bien réussi tes BUSE, je suppose que tu comptes faire de même pour les ASPIC.
-Encore mieux, je l'espère, répondit-elle avec détermination.
-Quelles étaient tes notes aux BUSE si cela n'est pas indiscret, bien sûr ?
-Je n'ai obtenu que des Optimal, sauf en Histoire de la Magie où j'ai eu un Effort Exceptionnel.
Olivier sourit, par fierté, mais aussi encore amusé de la réaction de Violet quand elle avait lu son "échec".
-Tu es certaine qu'une place au Ministère des Relations Internationales ne te plairait pas ? Ce serait un plaisir de collaborer avec toi ! s'exclama son oncle et il ne se rappelait pas l'avoir vu aussi enthousiaste.
-Je dois avouer que cela m'intéresserait, comme beaucoup d'autres métiers d'ailleurs. Mais non, j'ai vraiment envie d'être poursuiveuse. C'est dans le Quidditch que je m'épanouirai le plus, j'en suis convaincue.
-Avec un tel potentiel ? Quel gâchis de talent !
Tous ses muscles se tendirent. Son oncle parvenait une nouvelle fois à rabaisser les joueurs de Quidditch. A moins d'être un membre du Ministère, tous les autres métiers n'en valaient pas la peine. Violet posa sa main sur son genou pour l'inciter à se détendre et elle lui prouva qu'il le pouvait.
-Notre Professeure de Vol vous dirait que ce serait un gâchis de talent si j'allais au Ministère. Je suis persuadée de faire le bon choix, c'est ce que je souhaite.
-Et puis, Père, intervint Antonin ayant enfin trouvé une faille, Les notes ne font pas de nous de bons Ministres pour autant.
-Il est vrai, admit son oncle. Mais d'après l'éloquence de Violet et les qualités dont j'ai entendu parler, elle en serait capable.
Les paroles de son oncle lui plurent. Premièrement, il complimentait Violet ce qui n'était pas négligeable. Deuxièmement, il la complimentait devant ses enfants. C'était extrêmement satisfaisant.
Cela ne dura qu'un court instant.
-Au sujet de Poudlard, j'ai ouï dire que Filius Flitwick avait perdu son poste de Professeur de Sortilèges, déclara son oncle. Je trouve cela regrettable, j'ai le souvenir d'un professeur exemplaire et bienveillant. Peut-être me suis-je fourvoyé à l'époque.
Violet cessa de respirer instantanément et se redressa d'un mouvement brut qui attira l'attention de tous. Olivier poursuivit ses légères caresses, espérant que cela lui soit utile tandis qu'il alternait son regard entre ses parents. Les sujets Poudlard et Flitwick étaient un terrain glissant.
-Des nouvelles mesures ont été prises à Poudlard, expliqua son père. Une Grande Inquisitrice a été désignée, elle réforme l'éducation actuelle qui déplaisait au Ministère. Les temps sont complexes en Grande-Bretagne.
A l'autre bout de la table, ses cousins ricanaient, Olivier se demandait quel âge ils avaient. Leur poste en bas de l'échelle au Ministère Français semblait suffire pour qu'ils se considèrent supérieurs.
-Je l'entends, répliqua son oncle. Mais si suspension a eu lieu, Filius Flitwick a bien dû avoir un comportement déviant les attentes.
-Le Professeur Flitwick n'a jamais eu de comportement déviant, réfuta Violet à la surprise générale sauf de celle d'Olivier, jamais Violet ne perdrait une occasion de défendre son professeur. Il a tout simplement pris ma défense quand notre chère Grande Inquisitrice m'a privée de Quidditch, ce qui n'a bien évidemment pas plu à cette dernière.
Un lourd silence étouffa toute la pièce. A cet instant, il comprit à quel point son expression "Tout se lit dans un regard" était vrai. Elle souriait toujours, par politesse, elle masquait très bien son agacement, seul son regard la trahissait. Ses yeux s'étaient assombris, elle le défiait d'essayer de dire une nouvelle fois du mal de Flitwick.
-D'après les propos d'Oncle Sebastian, le Ministère estime que l'éducation à Poudlard n'est pas conforme à leurs attentes, analysa Diane de sa voix criarde. Lors de mon année à Poudlard, j'ai bien pu constater que cette école était une vraie plaisanterie.
Oh la la. Ce ton ne prédisait rien qui vaille. Il tenta s'interposer, mais Violet tourna sa tête vers lui, sourcils froncés. Elle l'interdisait de réagir. Ils devaient montrer qu'ils étaient plus intelligents. Son père lui priait aussi de ne pas se laisser emporter, que ce soit pour défendre son école ou sa petite amie. Malgré la contraction de tous ses muscles, Olivier resta à sa place.
Mais Diane ne comptait pas en rester là. Il serra la mâchoire pour garder le silence.
-Un gamin de quatorze ans a pu s'inscrire au Tournoi, reprit-elle en comptant sur ses doigts. Une mauvaise organisation a causé la mort d'un de leurs élèves, seule Poudlard est responsable peu importe ce qui est raconté.
La colère avait fui les yeux de Violet, seule la tristesse y régnait. Olivier ne pouvait laisser Diane s'exprimait ainsi sur Cedric Diggory. Elle entachait sa mort, c'était inacceptable.
Il avait sous-estimé sa cousine, elle s'apprêtait à donner le clap de fin. Elle s'apprêtait à communiquer une dernière information qu'elle n'était pas censée connaître.
-J'ai aussi appris que certains professeurs avaient enseigné à Poudlard alors que leur présence ne devrait pas être tolérée, n'est-ce pas Violet ? Ce n'est pas ton père qui est un loup-garou ? Cela expliquerait la décision de votre Grande Inquisitrice.
Nouveau silence.
Même lui était incapable de répondre à cette provocation, il souhaitait juste prendre la main de Violet et partir loin d'ici. Ils ne la méritaient pas. Ce repas était une mauvaise idée. Cependant, Violet était courageuse, la plus courageuse personne qu'il connaissait.
Lorsqu'il tenta de se lever, elle le dissuada en tirant sa manche de chemise vers le bas. Il retrouva sa position initiale. Vers lui, elle bougea ses lèvres sans en sortir un seul son.
Nous savons ce que nous valons et nous sommes capables de l'assumer.
-En effet Diane, intervint son père et il l'en remercia. Le père de Violet est bien atteint de lycanthropie. Mais la tolérance fait partie intégrante de notre famille, sa condition ne reflète en rien qui il est vraiment.
Nouveau silence.
Violet esquissa un sourire franc à son pour le remercier d'une telle intervention. Olivier ne s'était pas trompé, ses parents feraient tout pour elle.
-Vous étiez au courant ? s'outra sa tante.
-Nous sommes au courant, en effet, répondit calmement son père.
-Et tu laisses notre neveu les fréquentait ? s'offusqua-t-elle tandis que son oncle demeurait silencieux.
-Avant d'être votre neveu, il est mon fils. Notre fils, se corrigea-t-il en regardant sa mère qui approuva. Monsieur Lupin n'a rien de dangereux et Violet non plus.
-Comment pouvez-vous en être si certains ? les interrogea son oncle.
Nouveau silence.
Diane et Antonin jubilaient de ce débat, il leur en fallait réellement peu. Sa tante s'était écartée de la table, il ne doutait pas que le fait que Violet soit en face d'elle en soit la raison. Son oncle semblait réellement curieux.
-Pour la simple et bonne raison que je leur ai dit, se défendit Violet de sa voix sage de Serdaigle. Mon père a été mordu à ses cinq ans, autant vous dire qu'il en est victime plus que quiconque. Il s'est toujours occupé de moi, seul, car comme vous le savez ma mère est morte. Je n'ai jamais rien eu, il ne m'a jamais attaqué et il prend ses dispositions lors des pleines lunes. Il a pu suivre une scolarité normale lors de ses sept années à Poudlard. Lors de son année d'enseignement, sa condition est passée inaperçue jusqu'à ce qu'un professeur la dévoile. Vous comprendrez donc que non, il n'a rien de dangereux. Si les esprits cherchaient à s'ouvrir au lieu de s'enfermer dans des idées reçues datant d'une époque révolue, le monde serait capable de voir cela.
Nouveau silence.
Qu'il était fier d'elle ! Elle avait vraiment le don de répondre avec classe.
-As-tu reçu les gènes ? demanda son oncle et elle hocha la tête pour signifier le non. Mais si enfants vous avez, ils pourront les recevoir ?
-Normalement non, dit-elle. Dans tous les cas, je trouve les louveteaux très mignons.
Il ne fut s'empêcher de s'esclaffer. Il n'était pas le seul, son père et sa mère le rejoignirent - plus discrètement certes mais les rires étaient là. Le sourire de Violet le conforta dans son émotion et il l'embrassa sur la joue.
Étonnamment, son oncle et sa tante souhaitèrent partir le soir même plutôt que le lendemain matin comme prévu. Olivier ne s'en trouva pas désolé, il ne passerait pas un mauvais matin ainsi. Son oncle ne fut pas différent, seule sa tante fut beaucoup moins tactile avec Violet – .qui s'en réjouissait.
Avant d'aller se coucher, les parents d'Olivier les invitèrent à se rapprocher du sapin de Noël. Sa mère récupéra une petite enveloppe coincée entre les branches pour leur tendre. Olivier la saisit et ils les observèrent avec interrogation n'osant pas l'ouvrir.
-Mon grand-oncle Elijah disait toujours que les personnes qui sont faites pour être ensemble finissent toujours pas se retrouver, elle fit une petite pause pour adresser un sourire à son mari ce que Violet trouva extrêmement mignon. Il disait qu'une fois qu'on avait trouvé notre personne, il fallait profiter de chaque instant.
-Avec ce qu'il se passe actuellement au Ministère et ce qui risque d'en découler, nous avons souhaité vous offrir ce petit présent, expliqua son père. Il n'est pas que pour vous, il concerne aussi les jumeaux et Erine. Il n'y a aucun doute que vous êtes la personne de chacun.
Olivier et Violet s'adressèrent un coup d'œil curieux, ils n'étaient pas sûrs de bien tout comprendre. Ses parents l'incitèrent à ouvrir l'enveloppe. Violet passa sa tête pour lire ce qui était écrit sur le parchemin.
-Un petit présent ? s'exclama Olivier. C'est une semaine de vacances ! C'est beaucoup trop.
-Ne fais pas ton rabat-joie, mon chéri, railla sa mère sous les rires moqueurs de son père. Ce qu'il se passe ressemble fortement aux événements d'il y a quatorze ans, profitez tous ensemble !
-Vous ne pouvez pas... tenta Violet.
-Bien sûr que nous le pouvons sinon nous ne l'aurions pas fait, répliqua Sebastian. Nous avons vérifié, il s'agit d'une semaine de repos si Flaquemare est en quart, vous aurez tous fini vos études. Le moment est parfait. Les Alpes françaises sont magnifiques, vous nous enverrez des photos.
Violet et Olivier ne purent riposter. Ils avaient une semaine de vacances et ils n'avaient pas leur mot à dire. Sauf un seul. Ils les remercièrent. Ruth les serra un par un dans ses bras.
A cet instant, ni Olivier, ni Violet ne savaient qui parmi eux étaient les plus heureux, les parents d'Olivier ou eux deux ?
Olivier et Violet retrouvèrent la chambre d'Olivier pour cette nuit, Ruth avait insisté. Ils ne souhaitaient pas tarder plus longtemps, car une longue journée de Noël les attendait le lendemain au Square Grimmaurd. Le pas de sa chambre passé, Olivier dénoua sa cravate et la jeta au sol comme si elle signifiait sa liberté.
-Et bien ! Cela ne s'est pas si mal passé ! remarqua Violet en fermant la porte de la chambre.
-Pardon ? fut surpris Olivier. C'était un cauchemar ! On a simplement évité le pire parce que tu es calme.
-Ils sont dans leur monde, Oli, dit-elle. Ce ne sont que des préjugés.
Aucune importance. Il culpabilisait d'avoir cette famille alors que Violet n'avait pas la sienne. Une famille qui aurait été attentionnée et aimante, si on ne leur avait pas volé. Quelle injustice. Il s'assit au bord de son lit et passa son visage entre ses mains.
-Je suis désolé., murmura-t-il en soufflant et il vit qu'elle ne comprenait pas. Désolé de te faire subir mon oncle, ma tante et mes cousins. Noël est une fête particulière pour toi, tu... Tu mérites un Noël joyeux et chaleureux, pas cela. Tu ne peux pas avoir ta famille et je t'ai fait vivre la mienne qui gâche encore plus ce jour.
Elle plissa ses yeux de cet air de Serdaigle qu'il détestait, pourtant il n'annonçait aucun jugement, juste une réflexion. Elle sourit et jamais il n'avait vu autant de douceur dans un sourire, comment pouvait-on transmettre de la douceur dans un sourire ? Elle s'assit sur lui. Il enroula ses bras autour d'elle quand elle passa les siens autour de son cou.
-Mes Noël ont toujours été joyeux et chaleureux. Toujours, déclara-t-elle en posant son front sur le sien pour noyer ses yeux dans les siens. Et ce Noël ne fait pas exception.
Elle avait l'air sûre d'elle, lui n'en était pas convaincu. Ce Noël n'avait rien de chaleureux. Il alla répliquer, mais elle le fit taire d'un baiser. Maline.
-Ecoute-moi Dubois. Je me moque de ton oncle, de ta tante et de ces vipères, poursuivit-elle. Tout ce qui compte pour moi est de pouvoir être entourée de personnes que j'aime et qui m'aiment. Tu étais là et tes parents aussi, rien n'est plus précieux à mes yeux. Demain, nous serons chez Patmol avec nos meilleurs amis, mon père, mon frère, Patmol, les Weasley et je ne sais qui d'autres ! Et ce sera exceptionnel car il s'agit de notre famille aussi. Tu ne peux pas imaginer à quel point je suis impatiente d'être demain. Votre grand-oncle Elijah a raison, on a tous nos personnes et il faut qu'on en profite. Pendant ces deux jours, j'aurais été avec toi. Mes parents me manquent mais vous êtes là, on doit en profiter. Et demain matin, on ira à Godric's Hollow.
Pour Violet Lupin, il aurait été capable de tout. Ce qu'elle demandait n'était qu'une évidence, si seule sa présence la comblait, il était prêt à lui offrir. Il la serra un peu plus fort contre lui pour l'embrasser. Encore et encore.
-Si tu veux te changer les idées, murmura-t-elle entre ses lèvres, je suis partante pour quelques minutes de vol. Mais sinon, je peux te proposer autre chose.
Ses yeux pétillaient de malice ou de provocation, elle fréquentait beaucoup trop les jumeaux et Sirius ces derniers temps. Elle n'attendit pas sa réponse et lança un sort d'insonorisation sur la pièce, alors qu'il commençait à déposer des légers baisers le long de son cou tout en baissant la fermeture de sa robe.
Jamais, il n'aurait pensé que « autre chose » serait autant, voire plus satisfaisant que le Quidditch.
Et voilà ! :)
Ce chapitre vous a-t-il plu ?
Je suppose que vous n'êtes pas très convaincu-es par les réponses du Professeur Flitwick ? Malheureusement, quand je vois qu'ils agissent à peine dans les romans au sujet d'harcèlement et compagnie, je ne trouvais pas cela très cohérent de le faire réagir immédiatement... juste avec les inquiétudes à peine argumentées de Violet du moins.
Comment avez-vous trouvé ce repas de Noël ? Team Olivier "c'était la cata" ou Team Violet "cela s'est bien passé" ?
Ravi-es d'avoir retrouvé Antonin et Diane ? Allez... Je suis sûre qu'iels vous avaient manqué ahah. Et leurs parents, alors ? Comment les avez-vous trouvés ?
Ruth et Sebastian ne sont-iels pas les meilleur-es ? Ces vacances vont-elles avoir lieu ?
D'ailleurs, je suis curieuse. Nous approchons de la moitié du Tome 3, vous connaissez à bien connaître chacun de ce petit monde alors... Qui est votre préféré-e ou que vous aimez beaucoup ? :D Et si vous êtes inspiré-e, pourquoi ? ahah.
Sinon au prochain chapitre "Silencio" : Un passage à Godric's Hollow. Les pulls de Noël. Un Noël chaleureux. Avant Azkaban. Un malaise. Un début de plan. L'ombre de Cedric. Les longs cheveux charbon. Des filets plus robustes. Une crise de panique. Une caresse de plaisir.
A dans deux semaines ! :D
Blue.
