Hello ! :)

Merci Psufix pour ton review ! Et j'espère que cela ira ;)

CW : Mort d'un ou de personnages


CHAPITRE 18 – Le Destructeur

— Très bien, Potter, maintenant retourne-toi lentement, gentiment, et donne-moi ça.

Une dizaine de personnes cagoulées, aux yeux perçants, les encerclèrent. Les huit élèves de Poudlard se rapprochèrent jusqu'à se toucher. Ils pointèrent leur baguette vers leur nouvelle menace. Le cœur de Violet battait avec lenteur, tout en intensité. Il remontait dans sa gorge, elle ne tarderait pas à le vomir. A côté d'elle, Erine tremblait.

Ils étaient piégés.

— C'est la voix de Lucius Malefoy, le père de Drago, murmura Hermione.

Il n'y avait plus aucun doute. Ils étaient entourés de Mangemorts. La voix anxiogène d'une femme perça leurs oreilles. Il s'agissait de Bellatrix Lestrange, cousine de Sirius et Mangemort assumée.

— Maintenant, donne-moi la prophétie, Potter, réclama le père de Malefoy.

Deux pensées traversèrent Violet : son envie de connaître la prophétie augmentait, pourtant elle ne le désirait plus. Si les Mangemorts y tenaient tant, que racontait-elle ? Apprendrait-elle des horreurs ? Sa respiration se saccada.

Où était Sirius ? Pourquoi les Mangemorts étaient-ils là, mais pas lui ?

Un filet du diable étranglait sa tranchée. Des larmes parcouraient son canal, elles vibraient prête à respirer l'air libre.

— Je sais que Sirius est ici ! dit Harry. Je sais que vous l'avez fait prisonnier !

— Il serait temps que tu apprennes à faire la différence entre la vie et les rêve, siffla la voix glaçante de Malefoy sous les éclats de rire du reste des Mangemorts et Violet en frissonna. Donne-moi cette prophétie ou nous devrons nous servir de nos baguettes.

Au signal d'Harry, ils levèrent leur baguette, prêts à se défendre. Ils se regardèrent, inquiets, allaient-ils mourir ainsi ? Violet se concentra, une solution devait être trouvée. Un Patronus en était une. Elle craignait de ne pas être assez expérimentée, mais surtout discrète. Jamais, elle ne pourrait pas le produire en informulés et elle devrait parler de vive voix pour transmettre son message... Impossible, donc.

— Dumbledore ne t'a donc jamais expliqué que la raison pour laquelle tu as cette cicatrice au front se trouve au Département des Mystères ? déclara Malefoy.

Quelle était cette histoire ? Dumbledore leur cachait-il un tout autre secret ? Ses muscles se crispèrent.

— Quand Harry donnera l'alerte, chuchota Ron, on détruit les étagères.

D'accord, pourquoi pas. Tétanisée, Violet écoutait le dialogue entre Malefoy, Lestrange et Harry. La prophétie mentionnait un lien entre Voldemort et Harry. Pourquoi le nom d'Elizabeth était-il aussi mentionné, alors ? Les Mangemorts ne furent pas plus bavards. Ils demeuraient vagues...

— ALLEZ-Y ! hurla soudainement Harry.

REDUCTO !

Leurs sorts jaillirent et heurtèrent les étagères autour d'eux.

Des éclats de verre s'envolèrent, Violet se protégea la tête avant de courir derrière Harry. Elle refusait de laisser son frère seul. Il l'avait trop souvent été.

— AHHH !

Un gros morceau de verre se planta dans son épaule. Elle se paralysa et s'étouffa dans son cri. Elle haleta, tentant d'évacuer la souffrance qui lui tiraillait tout le bras. C'était comme si sa peau se déchirait. Elle ferma les yeux et serra les dents. Violet reprit sa course. Elle ne devait plus quitter Harry des yeux.

Elle rattrapa Neville, qui courait bien moins bien vite qu'elle. Ils se réfugièrent dans la même pièce qu'Harry et Hermione. Cette dernière scella la porte. Violet se laissa glisser contre le mur. Elle grimaça. La douleur était percutante. Elle frôla son épaule du bout des doigts. Du sang. Elle pivota la tête. Le sang s'écoulait avec abondance. Il valait mieux pour elle qu'ils soient vite sauvés.

— Où sont les autres ? demanda Harry.

— Ils ont dû prendre la mauvaise direction, murmura Hermione avec horreur.

— Erine... réagit Violet en se tournant, elle en oublia sa souffrance. ERINE ! Je ne peux pas la laisser seule. ERINE !

La main d'Harry se plaqua contre bouche. Violet se débattit pour se délier. Elle devait lui expliquer qu'à chaque fois qu'elle l'abandonnait des choses horribles lui arrivaient, elle devait être avec sa meilleure amie.

— Tais-toi, la pria Harry. Tu vas attirer l'attention sur nous.

Malgré la panique, Violet s'exécuta. Les yeux émeraude, embués de larmes d'Harry l'appelaient à garder son calme. Elle se figea, désarçonnée. Ce regard, elle l'avait déjà vu.

— Tout va bien se passer, chuchota-t-il d'une voix douce et rassurante.

Tout va bien se passer. L'humidité dans l'émeraude. Tout va bien se passer.

Cet égarement l'anesthésia. Plus aucune douleur. Violet n'était plus qu'en proie avec l'angoisse. Elle était étrangement calme. Sa tête cogna contre lui. Autour d'elle, Harry, Hermione et Neville tentaient d'élaborer un plan. Elle était toujours calme, prise du même trouble que dans la classe du faux Professeur Maugrey. Violet tissa ce même lien, c'était un déjà-vu perturbant.

— Eloignons-nous de cette porte, recommanda Harry et il l'aida à se relever.

— Je pourrai envoyer un Patronus.

— Quoi ?

— Un Patronus messager, je pourrai en envoyer un à mon père, gémit-elle.

— Je ne suis pas sûre que tu aies assez d'énergie, remarqua Hermione.

Violet haussa un sourcil provocateur. Juste pour cette remarque, elle le ferait. Elle se dépêcha de mobiliser son souvenir heureux, elle n'avait plus besoin de le travailler. Elle le connaissait sur le bout de doigt, il vivait en elle.

Spero Patronum.

Un jet argenté s'échappa de sa baguette. Un instant, elle imagina avoir échoué. Cependant, son loup, plus petit que la dernière fois, marcha près d'elle. Elle sourit. Son protecteur ne la quittait jamais.

— Nous sommes huit au Département des Mystères, dit-elle à son Patronus. Les Mangemorts sont là. Au secours.

Son loup leva le museau et quitta la pièce en courant. Nevilla la tira jusqu'à une table lorsque des voix s'élevèrent derrière la porte. Cachés, la douleur frappa Violet avec violence. Une goutte perla le long de sa tempe. Elle avait froid, pourtant son corps montrait des signes de chaleur. Violet essayait de ne plus penser à ce morceau de verre, mais Harry, Hermione et Neville blêmissait chaque fois qu'ils posaient les yeux sur sa blessure, lui rappelant qu'il commettait des dégâts.

Les Mangemorts entrèrent. Les pas se dirigèrent vers eux. Harry, Hermione, Neville et Violet s'observèrent une dernière fois avant d'être à nouveau entourés.

STUPEFIX ! cria-t-elle en même temps que Neville et Hermione.

EXPELLIARMUS ! hurla Harry.

AVADA KEDAVRA !

Si Harry n'avait pas protégé Hermione d'un Protego, le jet de lumière verte l'aurait touchée de plein fouet. Ils livrèrent un combat acharné contre les Mangemorts. Violet perdait de sa vivacité, mais jamais elle n'abandonnerait.

EXPELLIARMUS !

Son sortilège frappa un Mangemort. Violet attrapa la baguette et la brisa en deux. Un Mangemort désarmé pouvait toujours être utile.

Les Gryffondor quittèrent la pièce, elle les suivit. Hermione s'effondra devant elle, Violet la vit trop tard. Elle trébucha et s'écrasa au sol. Un élan de panique les saisit, Hermione était-elle vivante ? Violet se releva. Nevilla porta Hermione. Ils avancèrent, priant Merlin qu'ils échappaient aux disciples de Voldemort.

— VIOLET !

Erine était face à elle. Un intense soulagement parcourut Violet. Erine se portait bien. Sa meilleure amie écarquilla quand elle découvrit son épaule. Elle s'approcha et étudia la gravité :

— On va devoir le laisser pour le moment, d'accord ? conclut Erine et Violet hocha la tête. Cela ne devrait pas être très grave. Quand on sortira de là, tu seras vite soignée. Pour le sang... Je... On va vite sortir de là.

— Ca va toi ? hoqueta-t-elle.

— -Oui. Un peu moins Ginny. Je pense qu'elle s'est cassée la cheville.

Assise au sol, Ginny gémissait de douleur sans laisser paraître un quelconque signe de faiblesse. Ron était dans un état d'euphorie, assurément à cause d'un sort. Luna était légèrement amochée, moins touchée, tout comme Erine. Ils s'entraidèrent pour se cacher dans la salle des cerveaux.

Déjà peu nombreux, ils n'étaient rien face aux Mangemorts. Violet angoissait, un souafle dans le ventre. Que pouvaient-ils face à des Mangemorts ?

Harry prit la fuite, sans un mot. Violet roula des yeux et suivit Harry, Neville juste derrière elle. Ses pensées vacillèrent vers sa meilleure, Erine prendrait soin des autres.

En pleine course, Violet s'horrifia. Harry rebondissait sur toutes les marches des gradins de la nouvelle salle, jusqu'à atterrir sur le dos. Malgré la douleur, Violet accéléra son rythme pour le retrouver. Les entraînements de Quidditch étaient bien bénéfiques, peu importait la situation.

— IL D'EST BAS ZEUL ! cria Neville derrière elle. Je zuis là auzzi.

— Neville... non... répliqua Harry. Violet ! Retournez auprès des autres !

Ni Neville, ni elle n'atteignirent Harry. Un Mangemort la plaqua au sol et Nevilla s'écroula juste après elle. Il se débattait de coups de pied, provoquant l'hilarité des Mangemorts.

— LACHEZ-MOI ! hurla-t-elle. LACHEZ-MOI !

Le Mangemort la cogna au sol. Un nouveau cri s'échappa de sa gorge, il déchira ses cordes vocales. L'éclat de verre s'enfonça dans sa chair. De chaudes larmes s'écoulèrent sur son visage, agitées par des spasmes incontrôlables.

— LACHEZ-MOI !

Se débattre était inutile, le Mangemort renforça sa prise. Abandonner n'était pas la solution, elle persévéra.

Le Mangemort la souleva d'un coup. Violet s'agita, peut-être la lâcherait-il. En vain. Nevilla hurla et Violet s'immobilisa. Le Gryffondor s'effondra sous le Doloris lancé par Bellatrix Lestrange.

— Nous avons donc Potter, Londubat. Et toi, tu es ? la toisa Lucius Malefoy.

— Ça ne vous regarde pas ! réagit-elle, il n'aurait aucune de ses deux identités.

— Arrogante, donc, grogna-t-il. Bien, Potter, ou bien tu nous donnes la prophétie, ou bien tu regardes tes chers amis mourir dans d'atroces souffrances.

— Ne lui donne pas, Harry ! sanglota-t-elle ce qui valut quelques rires de Mangemorts.

Les Mangemorts s'esclaffèrent. Leur humour était minable, ils n'avaient pas besoin de grand-chose. Violet répéta sa demande dans des murmures, même si cela n'était d'aucune utilité. Harry ne l'écouterait pas. Elle le savait car, à sa place, elle aurait fait le même choix. Violet aurait préféré laisser la prophétie dans les mains de leurs ennemis plutôt que voir ses amis souffrir. Elle regarda, désemparée, son frère tendre le globe en verre à Lucius Malefoy.

Alors que tout espoir s'envolait, deux portes s'ouvrirent à la volée. Violet tendit le cou. Elle reconnut Sirius, Maugrey, Tonks, Kingsley et, surtout, son père. Le Mangemort la jeta comme une boule de parchemin sans importance. Violet claqua son poing contre le sol, le souffle coupé. Combien de temps tiendrait-elle dans cette souffrance ? Elle avait l'impression que le verre détruisait son corps. D'une inspiration rapide, même respirer devenait difficile. Violet se dégagea du nouveau champ de bataille et rejoignit Harry et Neville, réfugiés à quelques mètres de là.

— Vous allez bien ? s'assura Harry.

— Oui, répondirent-ils.

La mâchoire déboîtée de Neville et le sang qui s'écoulait de l'épaule de Violet ne comptaient pas. Ce n'était rien.

— Il faut qu'on...

Harry n'eut pas le temps de terminer sa phrase qu'un Mangemort s'agrippa à son cou lui demandant de lui donner la prophétie. D'abord figée d'horreur de voir son frère suffoquait, ses esprits lui revinrent. Elle s'accrocha à sa baguette qu'elle tendit vers le Mangemort :

Stupefix !

Le Mangemort s'effondra en arrière et Harry fut libéré.

Un sortilège de pieds dansants frappa Neville. Violet eut juste le temps de lancer un Protego avant qu'un Maléfice ne la touche à son tour. Elle jeta un coup d'œil autour d'eux. Des Mangemorts s'approchaient. Plus loin, Tonks tomba dans les escaliers après un Sortilège de Bellatrix Lestrange. Le ventre de Violet se tordit, pourvu que ce ne soit pas le Sortilège fatal.

— PARTEZ D'ICI ! s'interposa Sirius.

Il ne vérifia pas s'ils obtempéraient. Non. Sirius se dirigea vers Bellatrix, prêt à en découdre avec sa cousine. Violet tenta d'aider Harry à porter Neville. Elle en fut incapable. Ses membres devenaient cotonneux. Sa tête dansait une valse entraînante. Elle vacilla et se rattrapa au dernier moment à un Neville déjà en mauvais état. Il lui attrapa le bras avant d'agripper sa taille pour la maintenir debout. Ils étaient tous les trois les murs porteurs des autres.

Lucius Malefoy se précipita sur eux, sa baguette pointée dans leur direction. Ses yeux étaient menaçants. Tous les trois reculèrent d'un même pas. Les lèvres de Malefoy se mouvèrent. Aucun son n'en sorti, arrêté par Remus. Quand il se tourna vers elle, ses yeux s'écarquillèrent de terreur. Tout se lisait dans un regard et Violet y lisait une inquiétude pesante. Son père s'approcha d'elle, mais changea vite d'avis :

— Harry ! Violet ! Rassemblez les autres et PARTEZ TOUS ! MAINTENANT !

Il l'observa une dernière fois, d'une analyse de la tête au pied. Il répéta sa phrase. Harry, Neville et montèrent les gradins avec difficulté, affaiblis. Violet fatiguait. Ses paupières devenaient lourdes. Ils Neville s'effondra, emportant Harry avec lui. La prophétie tomba et percuta le pied de Neville avant de se briser en morceaux.

Une fumée blanche s'en dégagea. Une voix s'échappa, Violet était incapable d'en discerner la provenance ou même le contenu. Il n'y avait que le regard horrifié d'Harry et l'envol d'une vérité.

— Dumbledore, prononça Neville, soulagé.

Violet leva les yeux. Albus Dumbledore était là. Malgré son envie de lui demander des comptes sur cette prophétie, elle expira. Il pouvait tous les sauver. Violet lutta contre la fermeture de ses yeux et l'engourdissement de ses membres. Ils n'étaient pas encore tirés d'affaires.

Autour d'eux, les combats cessèrent. Les Mangemorts étaient apeurés depuis l'arrivée de Dumbledore. Seuls des sorts fusaient entre Sirius et Bellatrix. Le cousin et la cousine livrait un combat acharné.

Violet ne les décrocha pas du regard. Pas quand Sirius évita un jet rouge. Non plus quand il se moqua de Bellatrix par de gros aboiements. Encore moins lorsqu'un deuxième jet le toucha en pleine poitrine.

Les poils de Violet s'hérissèrent. Sa douleur se dissipa.

Violet ne décrocha pas du regard Sirius quand il tomba. Non plus quand il se courba et vacilla en arrière. Encore moins quand il traversa l'arche jusqu'à disparaître.

La respiration de Violet s'éteignit. Sa douleur n'était plus qu'un loin souvenir.

Violet resta sidérée. Elle fixait l'arche, pleine d'espoir. Sirius allait réapparaître. Elle prit une longue inspiration. Sirius allait réapparaître. Des palpitations secouèrent son corps, s'éparpillant par tremblements. Elle espéra fort.

Jamais, il ne revint. Un cognard lui gifla le visage.

Sirius avait disparu. Pour toujours.

Elle hurla, poussée par un cri si fort que ses cordes vocales la firent plus souffrir que son épaule. Elle hurla, fort. Son cri fit vibrer chaque partie de son corps. Violet hurla, si fort, qu'elle eut l'impression que toute son échine se déchirait.

Une douleur plus poignante que n'importe quelle douleur physique la saisit. Une douleur intense et irréversible. Une sensation particulière, insoutenable. Violet hurla encore plus, sans pause. Sa souffrance s'éclipserait peut-être avec les sons. Elle était naïve. Tout était trop fort. Rien n'apaisait ce type de blessure.

Sa vision se troubla, perturbée par des vagues qui inondaient ses iris. Violet ne voyait qu'à peine son père retenir un Harry encore plus tourmenté qu'elle. Elle n'entendait qu'à peine Neville lui parler. Non.

Elle hurlait. Il n'y avait rien à faire d'autres.

Sirius était parti. Son oncle était parti.

La famille qu'ils devaient formée s'était envolée avec lui.


Un ouragan bousculait son corps. Ses membres tremblaient comme des feuilles emportées par des bourrasques. Une pluie diluvienne inondait son visage. Le tonnerre grondait dans sa tête. L'ouragan était acharné, il détruisait tout sur son passage. Il la détruisait, elle.

Un nouveau cri grimpa le long du pharynx de Violet et s'arrêta à la barrière de ses lèvres, bloqué par une main. Devant elle, Kingsley Shacklebolt s'imposait. Violet se débattit pour échapper à cette poigne. Kingsley était plus fort qu'elle.

— Chut, Violet, murmurait-il.

A l'aide de son menton, Kingsley lui désigna des présences derrière elle. Son père et son frère.

Quand ils s'approchèrent, Violet eut l'impression de subir un sort inconnu. Une sensation désagréable la parcourut. Ce n'était pas un sortilège, c'était la réalité. Elle avait mal, encore plus. Tout son corps épongeait leur souffrance. Harry était d'une colère orageuse, son père était abattu. Jamais il n'avait été aussi pâle, même les pleines lunes n'avaient pas cet effet.

Kingsley arrêta le sortilège qu'avait subi Neville. Le père de Violet frôla son épaule droite pour inspecter les dégâts. Violet aurait aimé se réfugier dans ses bras. Elle ne le pouvait pas. Premièrement, le morceau de verre qui dépassai de son épaule l'en empêchait. Deuxièmement, son père devait maintenir Harry.

— Allons... allons retrouver les autres. Où sont-ils ? demanda son père d'une voix blessée.

Violet n'eut pas le cœur à répondre. Neville s'en chargea. Elle était préoccupée à combattre cette foule d'émotions. Elle luttait contre l'endormissement qui la guettait. Ses batteries s'épuisaient. Mais surtout, elle était distraite par les yeux émeraude d'Harry.

Désolé, mais je dois le faire, chuchotaient-ils.

Impuissante, elle n'eut aucune réaction. Violet l'observa s'arracher de son père. Harry se rua dans les gradins à la poursuite de Bellatrix Lestrange, en fuite. Quand toutes ses idées s'associèrent, elle réalisa ce qu'il s'apprêtait à commettre. Violet devait l'en empêcher, ou l'aider, elle se déciderait au moment venu.

Peu importait les mots qu'ils s'étaient adressés. Peu importait la torture que provoquait son épaule. Peu importait le sang qui s'y dégageait. Peu importait le chagrin qui la tourmentait. Violet était la grande sœur d'Harry. Elle devait agir comme telle. Elle était sa grande sœur, elle pouvait enfin être là pour lui.

L'adrénaline enfla en Violet et une force qu'elle ne soupçonnait pas la traversa. Elle se dégagea du bras de Kingsley. Elle évita la main que son père tendit dans sa direction. Elle enjamba chaque marche, de plus en plus puissante à chaque pas.

Elle n'avait plus qu'une pensée : Trouver Harry, l'arrêter avant qu'il ne commette l'irréparable. Trouver Harry avant qu'il ne se fasse tuer. Trouver Harry pour éviter n'importe quelle issue irrévocable.

Violet parcourut tous les couloirs, Harry était juste devant elle. Elle intensifia chaque foulée, certaine qu'elle aurait battu son record en course. Tout comme Harry, elle sauta par-dessus Luna et Ginny, souffrantes au sol.

— Vio ? Qu'est-ce qu'il se passe ? demanda Erine.

Violet l'évita. Elle n'avait pas le temps. Elle avait assez perdu. Elle ne pouvait pas perdre de temps, elle ne pouvait pas perdre son petit frère.

Les quelques mètres qui la séparaient d'Harry diminuèrent. Il tourna la tête et s'horrifia de la voir. Il lui lança un Sortilège de pieds dansants pour l'empêcher d'avancer.

— AH ! cria-t-elle, elle aurait pu l'insulter à ce moment même. HARRY ! ATTENDS-MOI !

Il s'en moquait. Harry disparut dans l'ascenseur sans même lui accorder une once d'attention. Violet grogna et se battit contre elle-même pour arrêter le sortilège. Elle courut de nouveau quand elle récupéra le contrôle de son corps.

Il était trop tard.

L'ascenseur était parti, elle devait attendre son retour. Les secondes semblèrent être une éternité. L'angoisse remontait petit à petit, accompagnée de la douleur. Un duo de choc. La vision se troubla, comme après son cognard, embuée par les larmes et par la faiblesse. L'adrénaline la quittait. Elle ne tiendrait plus longtemps.

— BOUGE-TOI PAR MERLIN ! hurla-t-elle.

L'ascenseur lui revint. Elle sauta dedans et appuya à plusieurs reprises sur le bouton de l'Atrium. L'ascenseur s'éleva dans des grincements qui irritèrent ses oreilles. Elle dirigea son regard vers le haut espérant entendre ou voir quelque chose. C'était inutile.

Les grilles s'ouvrirent et elle s'échappa pour retrouver Harry.

Un pas suffit pour la pétrifier. Une silhouette grande et mince avec un capuchon noir sur la tête hantait les lieux. D'où elle était, Violet devina un visage de serpent blafard et émacié dont les yeux rouges aux pupilles étroites fixés Harry.

Lord Voldemort était là.

Le meurtrier de leurs parents et de Dorcas étaient là, le responsable de la mort de sa marraine était là, le responsable de la mort du parrain de son petit frère était là.

Le Destructeur de tout ce qui représentait sa famille était là, devant elle.

Une forte chaleur enveloppa Violet, la colère prenait possession de son corps. Elle s'interdisait de réfléchir. Elle se moquait de faire le mal, c'était lui qui la forçait à le faire. Violet pointa sa baguette vers Lord Voldemort, prête à se venger.

Cependant, Lord Voldemort ne lui laissa pas le temps de formuler n'importe quel sort. Elle fut désarçonnée quand la voix de Lord Voldemort siffla, distinctement deux mots, les deux mots qui allaient tuer son frère devant elle.

AVADA KEDAVRA !

La lumière verte qui l'avait tétanisée deux ans plus tôt l'aveugla. Sa sensation de déjà-vu la figea quand le sort s'abattit sur son frère.

— HARRY !

Un nouveau cri plus douloureux et plus aigu encore que ses précédents se répercuta dans tout l'Atrium. Le corps d'Harry vacilla. Elle ne le vit pas s'effondrer au sol, car une personne lui agrippa la taille en emprisonnant ses deux. La personne la tourna avec tant de violence qu'elle gémit de douleur. Les pieds de Violet quittèrent le sol, la personne l'éloignait de cet endroit.

— Remus, emmenez-la loin d'ici ! Maintenant ! gronda la voix de Dumbledore.

C'était donc son père. Violet donna des coups de pieds dans le vide, ou par chance, contre son père.

— LACHE-MOI ! C'EST VOTRE FAUTE DUMBLEDORE ! VOTRE FAUTE ! cria-t-elle et son père la serra plus fort contre lui.

AVADA KEDAVRA ! la voix de Voldemort résonna dans l'Atrium.

— HARRY ! PAPA, LACHE-MOI ! LAISSE-MOI ! HARRY ! continuait-elle, son visage baigné de larmes.

Son père la porta jusqu'à l'ascenseur où il la déposa. Il était trop tard. Elle ne pouvait plus rien faire, les grilles se refermaient derrière eux. Violet s'y accrocha :

— HARRY !

Une main toucha sa mauvaise épaule. Un rugissement de douleur brûla ses lèvres. Foudroyée, elle s'écroula sur un sol bouillant.

— Pardon, ma Violet. Pardon, murmura son père d'une voix cassée.

Son père s'était agenouillé devant elle. La sensation de chaleur de Violet s'évapora. Elle avait froid, beaucoup trop froid comme une nuit d'hiver enneigé. Tout était glacial, elle venait de plonger dans le Lac Noir glacé. Sa tête chavira. Son père disparaissait. Violet sentit qu'il prenait son visage entre ses mains.

— Vio, reste réveillée. Vio, écoute-moi, lui priait son père.

— Harry... murmura-t-elle.

— Harry ira bien. Il ira bien, répondit-il, cela sonnait comme une promesse.

— Je l'ai vu, papa. Il l'a tué. Harry est mort, répéta-t-elle de moins en moins audible.

— Fais-moi confiance, ma Violet. Harry va bien. Reste avec moi maintenant.

Violet aurait aimé lui demander pourquoi elle devait avoir confiance alors qu'un Sortilège de la Mort avait frappé son frère. Violet aurait aimé respecter sa demande et rester éveillée. Elle n'en était plus capable. Ses yeux se fermèrent et sa tête s'écrasa sur sa poitrine.

L'adrénaline était tombée.


Voilà, voilà. :)) Comment allez-vous ? :))

Je n'ai pas grand chose à dire... Vous, peut-être ?

Ce n'était pas simple d'écrire sur la Mort de Sirius, déjà, c'est dur. Et puis, c'est une scène marquante et importante. J'avais vraiment peur de la gâcher... Donc j'espère que ce n'est pas le cas, n'hésitez pas à me dire si vous êtes déçu-es, ou si au contraire j'ai remonté un trauma.

Selon vous, qu'en est-il d'Harry ? Et de Violet ?

Promis, il y aura du positif dans ce tome. Je sais, je vous l'ai déjà dit et vous ne me croyez peut-être plus. MAIS je tiens mes promesses !

Au prochain chapitre "Le premier jour du reste de votre vie" : Retour à Poudlard. Une nuit atroce. Des demi-explications. Une dernière personne à qui s'accrocher. Perpétuer la tradition. Majore de Promotion. Un hommage. Des discours et des annonces.