Hello !
Petit chapitre en avance, car je ne pourrai pas publier vendredi. Des lecteurices Wattpad m'ont dit préférer une publication aujourd'hui, donc here we are !
Bonne lecture !
CW : Mention implicite (très très implicite, mais je préfère préciser tout de même) de pensées suicidaires.
CHAPITRE 22 – Le Coffre et la Boîte de Pandore
La semaine de vacances avait été ressourçante après cette année chaotique. Comme chaque moment de plaisir, il leur semblait que le temps était passé à la vitesse de la lumière, que chaque moment n'avait pas été assez savouré, que ces moments ne seraient jamais suffisants.
De retour en Angleterre, Erine et Violet avaient profité de leurs dernières vacances avant l'entrée dans la vie professionnelle. Olivier avait repris l'entraînement le lendemain et les jumeaux avaient retrouvé avec joie les baguettes de leur magasin.
Quelques jours plus tard, Dumbledore était allé chercher Harry chez son oncle et sa tante. Les raisons avaient échappé à Violet. Elle ne cernait pas les changements soudains de Dumbledore, il lui arrivait de le qualifier de lunatique sous les yeux horrifiés d'Olivier. Violet retenait qu'il l'avait traitée comme une enfant pour, finalement, agir comme elle l'avait souhaité.
Malgré tout, Olivier tentait de la modérer.
Harry élisait domicile chez les Weasley pour le reste des vacances scolaires et il n'avait plus à subir sa famille maternelle. Plus que tout, Harry n'était plus seul et il était bien entouré.
D'autant que, ce jour, Bill leur avait demandé de réserver leur journée sans énoncer le pourquoi du comment – au grand désarroi de Violet. Son père l'avait informé que c'était important et qu'elle ne raterait cela pour rien au monde. Depuis, elle essayait de trouver ce que Bill cachait. En vain. Une question lui triturait l'esprit : en quoi Bill était-il concerné d'une affaire entre Harry et elle ?
C'était ainsi qu'Harry et Violet se retrouvèrent face à Remus et Bill dans le salon du Terrier. Dans sa main, Bill serrait un parchemin et prenait garde à le mettre hors portée de vue. Après tout, Harry et et elle étaient aussi curieux l'un que l'autre. Violet pencha la tête pour essayer d'apercevoir ne serait-ce qu'un sceau. Bill cacha le parchemin dans son dos en lui jetant un regard « sombre », il n'était pas crédible.
Remus leur sourit et Violet s'enthousiasma du signe qu'il adressa à Bill. Le sujet était important, mais devait être plus joyeux qu'elle ne l'avait imaginé.
— Vous avez, tous les deux, hérité du coffre de vos parents lorsqu'ils sont, malheureusement décédés, annonça Bill et Violet s'agita sur le canapé. Avant d'en discuter, je suis responsable de vous annoncer qu'à son arrivée au 12, Square Grimmaurd, Sirius m'avait demandé de modifier son testament. Son coffre est divisé en deux, une part pour chacun d'entre vous.
Etonnés, Harry et Violet se tournèrent l'un vers l'autre – un coup d'épaule au passage. Les sourcils d'Harry se froncèrent face aux yeux plissés de Violet. Pourquoi n'étaient-ils pas au courant ?
Aucun d'eux n'avaient douté de l'attachement que Sirius éprouvait à leur égard. Recevoir autant ? C'était inattendu. D'après l'éclat dans le regard de son père, Violet réalisa que ce n'était une surprise que pour Harry. Bill posa ses yeux bleus et ajouta :
— Il a aussi mentionné que l'héritage du 12, Square Grimmaurd te revenait. Dès tes dix-sept ans, tu deviendras propriétaire de la maison des Black.
Les yeux de Harry s'écarquillèrent. L'émeraude illumina la pièce.
— WOW ! s'exclama-t-il avant que Bill n'enchaîne.
— Ce n'est pas tout. Une majorité de biens de vos parents sont en sécurité dans un coffre bien gardé par les Gobelins. Des directives avaient été laissées. J'ai dans les mains le parchemin qu'ils avaient rédigé...
Un court silence suspendit le temps par un léger fil qui vacillait au rythme des secondes en pause. Bill jaugeait leurs réactions, il cherchait une réponse sur leur visage. Du menton, Remus désigna le parchemin pour donner son accord.
— Il est dans votre droit de le lire, reprit Bill. Bien que je ne sois pas certain que cela vous soit bénéfique, vous restez libres de votre choix. Sachez simplement que l'idée principal est qu'ils demandaient que vous récupériez la totalité de ce coffre à la sortie de Poudlard de Violet, ou Elizabeth dans le testament... Que souhaitez-vous ?
— Je… Comment se fait-il que les Gobelins acceptent de rendre leur coffre ? s'interrogea Violet.
— Les consignes étaient de vous donner le coffre à la sortie d'Elizabeth de Poudlard, expliqua Bill. Vivante ou non, le coffre revenait à Harry.
C'était juste. Sans se concerter, Violet arracha le parchemin des mains de Bill.
— EH ! s'exclama-t-il. Tu avais juste à me le demander.
— Merci, Bill, ricana-t-elle.
Violet s'enfouit au fond du canapé des Weasley et se pencha vers Harry pour qu'ils partagent la lecture. Quand elle reconnut l'écriture de sa mère – qu'elle avait tant de fois vu dans les lettres adressées à Remus avant le pire jour de leur vie – Violet plaqua la main contre sa bouche. Ces différents tracés, identiques à sa propre écriture, provoquèrent une brise de chaleur sur sa peau.
Sans lire, elle parcourut les mots jusqu'à trouver une écriture plus maladroite. Celle de leur père. Peu important le contenu du parchemin, Violet était chanceuse.
A côté d'elle, Harry était émerveillé. Ses yeux brillaient d'émotions contradictoires que Violet ne décrypta pas.
— Je fais mes g comme maman, murmura-t-il en pointant la lettre. C'est la première fois que je vois un élément qui provient directement d'eux. Papa et maman ont vraiment existé, ils sont réels.
Violet pouvait imaginer ce que ressentait Harry, lui qui n'avait aucun souvenir de leur vie passée. Chaque année, il en découvrait un peu plus sur sa famille. Leur famille.
Dernières volontés et testament de James Fleamont Potter et Lily Daisy Potter, née Evans.
Pour nos enfants, Elizabeth Lily Potter et Harry James Potter, nous souhaitons que, quel que soient les événements et malheurs, jamais ils ne soient séparés. Nous souhaitons qu'Elizabeth et Harry grandissent et se soutiennent tout au long de leur vie car l'amour d'un frère et d'une sœur est inestimable.
Les yeux de Violet lui picotèrent. Des larmes, de colère, grattouillaient de l'espace. Les volontés de leurs parents à leur égard n'avaient pas été honorées. Elle était blessée. Harry et elle n'avaient pas été pris au sérieux, traités comme de futiles à objets à distribuer. Et leurs parents ? Ah. Jusqu'après leur mort, aucun respect ne leur avait été attribué. Lily et James n'avaient jamais été traités à leur juste valeur. Violet évita son père et s'autorisa à prendre la main de son frère pour poursuivre la lecture.
Pour nos enfants, Elizabeth Lily Potter et Harry James Potter, nous souhaitons qu'ils soient accueillis par notre famille de cœur. Nous attribuons la garde d'Elizabeth et Harry à Marlene Quinn McKinnon et Dorcas Thalie Meadowes. Nous ne doutons pas que leurs marraines respectives sauront prendre soin d'eux. Nous tenons à ajouter que Sirius Orion Black et Remus John Lupin, parrains de nos enfants, ont eux aussi leurs droits sur nos enfants. Leurs marraines et leurs parrains ont toute notre confiance pour s'accorder sur l'éducation et l'épanouissement de nos enfants.
Le testament avait été rédigé bien avant la mort de leurs marraines. Le cœur de Violet se serra, elle avait envie de vomir. Leurs parents n'auraient pu prévoir autant de tragédie et n'avaient pas eu le temps de modifier leurs souhaits. Ou peut-être n'avaient-ils pas eu le cœur à les réécrire.
A nos enfants, Elizabeth Lily Potter et Harry James Potter, nous léguons la totalité de nos coffres de Gringotts, en plus des coffres qui leur étaient réservés pour que jamais ils ne manquent de rien.
A nos enfants, Elizabeth Lily Potter et Harry James Potter, nous léguons notre maison à Godric's Hollow pour qu'ils trouvent refuge dans cet endroit qui les a vus grandir.
A nos enfants, Elizabeth Lily Potter et Harry James Potter, nous léguons l'intégralité d'un coffre regroupant tous nos précieux biens pour qu'ils n'oublient jamais d'où ils viennent. L'accès à ce coffre pourra être autorisé dès l'obtention des ASPIC de notre aînée, Elizabeth.
Nous souhaitons le bonheur de nos enfants, Elizabeth Lily Potter et Harry James Potter. Nous espérons que nos souhaits et dernières volontés seront respectés. Nous souhaitons qu'Elizabeth et Harry aient conscience que l'amour que nous leur portions était incommensurable et qu'il demeurera éternel.
James Fleamont Potter et Lily Daisy Potter.
Violet se perdait dans la foule de pensées qui imitaient le son du vif d'or dans son esprit. Elle n'était déjà pas une bonne attrapeuse et elles étaient encore moins accessibles. Elle n'eut pas la force de relire, elle laissa la lettre entre les doigts d'Harry. Violet se laissa tomber sur le dossier, les mots défilaient sous ses yeux, alors même le parchemin éloigné.
— Je peux m'occuper du transfert dès maintenant, proposa Bill. Je déposerai le coffre chez Remus.
Violet et Harry hochèrent la tête simultanément. Ils avaient assez perdu de temps, ils voulaient découvrir l'héritage de leurs parents. Ils avaient besoin de savoir d'où ils venaient, ils avaient besoin de trouver leur place dans leur appartenance familiale.
L'heure fut longue. Les minutes s'écoulaient à la vitesse d'un balai Moldu – pas du tout, donc. Violet et Harry tournèrent comme des lions en cage ou des aigles autour de sa proie – selon le point de vue. Violet ruminait les mots de la lettre, grommelant dans son coin. Son père lui murmura quelques mots, elle eut la sagesse de ne pas répondre. Il ne méritait pas sa haine, il n'était pas fautif.
Leur patience fut récompensée.
Un coffre en acajou se dressait devant eux. Des arabesques dorées s'entremêlaient comme des racines d'arbres. Bill confia la une clé ancienne à Violet, il l'encouragea d'un sourire et elle s'accroupit proche de son futur trésor. Violet glissa la clé dans la serrure dorée, autour de laquelle il était inscrit : Sculpte ton pot, ta fleur n'y vivra que plus longtemps à l'écriture ronde et aux grandes boucles.
A quatre mains, Violet et Harry soulevèrent le couvercle et trouvèrent ce qui leur avait été promis. Ils explorèrent une grande richesse, bien plus pourvu que leurs attentes. Ils parcoururent des lettres d'échanges entre amis dont leurs parents avaient été les destinataires, mais des lettres en provenance de leurs grands-parents paternels et maternels.
Malgré toutes celles dont elle avait déjà connaissance, Violet découvrit de nouvelles photos : de l'enfance de leur père et de leur mère, des photos de Poudlard, de leur mariage, mais, surtout, de la famille qu'ils avaient été pendant trois courtes années.
Hormis ces souvenirs, de nombreux objets chargeaient le coffre. Harry et Violet se partagèrent le contenu, tous les deux étaient bien trop impatients pour prendre leur temps.
Alors qu'elle analysait un magnifique vase aux motifs lys, Violet surprit Harry contempler deux boîtes aussi blanches que la barbe de Dumbledore. Elle posa le vase et Harry se précipita vers elle, un sourire jusqu'aux oreilles. Violet le questionna avec curiosité :
— Regarde !
Dans la boîte, posée sur un coussin rebondi, une bague à l'anneau argenté – où reposait une pierre aussi émeraude que la couleur des yeux d'Harry – brillait de mille feux malgré les années passé enfermée. Une étiquette y était accrochée : Bague de fiançailles de Lily Evans Potter. Le cœur de Violet battait à la chamade, elle avait entre les doigts la bague de sa mère, un objet à la valeur inestimable.
Après un instant d'hésitation, le regard de Violet oscilla entre son frère et la bague.
— Garde-la, décida-t-elle en lui retournant la bague de leur mère. La bague te correspond plus. Tu trouveras bien une personne qui la mérite.
— Et toi ?
— J'ai bien assez de ces souvenirs, le rassura-t-elle. Ne t'en fais pas.
— Merci, Violet, s'enthousiasma Harry.
Du coin de l'œil, Violet observa Harry s'asseoir et ouvrir une boîte similaire à celle qui venait de lui présenter. Qui sait sur quel trésor il tomberait à nouveau ?
Le soir venu, l'ambiance au Terrier était plus tendue qu'elle ne l'avait jamais été. Après une après-midi à la fois triste et joyeuse, Violet – et elle savait qu'Harry aussi – ressentait une profonde angoisse sur les aveux que Remus et les membres de l'Ordre du Phénix avaient à leur annoncer. Le souafle dans l'estomac de Violet pesait, lui rappelant que cette réunion ne présageait rien de bon.
Remus avait préféré que la réunion reste intime, que la présence de chaque membre n'était pas nécessaire. Les seuls présents étaient les Weasley, Tonks, Kingsley, Fol Œil, Fleur, Olivier, Erine, Hermione et, à la plus grande surprise de Violet, Madame Pomfresh.
Le fait que l'infirmière de Poudlard partageait ce moment l'intriguait. Violet avait bien conscience que Madame Pomfresh avait sa place dans l'Ordre, mais elle était la seule membre du corps enseignant de Poudlard à être présente. Selon Violet, cela n'avait rien d'anodin.
Pour éviter l'aspect solennel et les mettre en confiance – c'était ainsi qu'elle le cernait – Molly invita tout le monde à s'installer dans le salon. Les plus âgés s'assirent dans les canapés et fauteuils, tandis que les plus jeunes se contentèrent de chaises.
Inconsciemment, Harry et Violet s'installèrent côte à côte avec chacun de leurs amis respectifs proches d'eux. Peu importait la gravité de la situation, ils étaient des blocs prêts à tout affronter ensemble.
Après un court silence, son père prit la parole. Violet comprit qu'il ne comptait pas passer par quatre cheminettes. Tout le monde avait conscience des enjeux et l'attente avait bien assez duré. Il ne restait plus qu'à apprendre la vérité, peu importait laquelle elle était. Malgré le monde, Remus s'adressa à Harry et elle. Rien qu'à eux deux.
— Il s'est passé plus d'événements que ceux connus le 31 octobre 1981.
Violet se tendit, la voix de son père était lourde et pesant comme s'il portait le poids du monde sur le dos. Elle se crispa, elle n'aimait pas que le 31 octobre 1981 soit réévoqué dans un tel contexte.
— Le soir où vos parents ont été tués par Voldemort, Harry a survécu. L'histoire ne s'arrête pas ici. Sybille Trelawney avait prédit une prophétie, celle-ci dit...
— Celui qui a le pouvoir de vaincre le Seigneur des Ténèbres approche... le coupa Harry pour la réciter par cœur à la surprise de tous.
Il naîtra de ceux qui l'ont par trois fois défié, il sera né lorsque mourra le septième mois...
Et le Seigneur des Ténèbres le marquera comme son égal, mais il aura un avantage que le Seigneur des Ténèbres ignore...
Celui qui a le pouvoir de vaincre le Seigneur des Ténèbres sera protégé par la Boîte de Pandore.
Tant que la Boîte de Pandore vivra, Celui qui a le pouvoir de vaincre le Seigneur des Ténèbres vivra.
La Boîte de Pandore libérée, le bouclier sera levé.
Le bouclier levé, le temps sera venu.
L'un devra mourir de la main de l'autre car aucun d'eux ne peut vivre tant que l'autre survit...
Celui qui détient le pouvoir de vaincre le Seigneur des Ténèbres sera né lorsque mourra le septième mois…
Les yeux de Violet se fermèrent et les mots défilèrent. Elle les lisait, comme si Harry venait de les graver dans son esprit. Ineffaçables. Un millier de sens se tissaient, elle craignait que l'un d'eux ne se réalise. Une telle prophétie impliquant un Mage Noir la terrorisait. Elle retrouva la vue, subitement, quand son père prononça onze mots. Onze qui remettait en cause toute sa vie.
— Ma Violet, tu n'étais pas chez moi cette nuit-là.
— NON ! cria Erine. VIO EST AUSSI LA SURVIVANTE ?
Son père souffla, épuisé qu'Erine intervienne dans une situation si critique. Au contraire, Violet demeurait silencieuse. Son regard était figé dans le vide, elle restait capable de sentir les yeux émeraude d'Harry la jauger.
Violet se répéta les paroles d'Erine, elle refusa qu'elles soient la vérité. Elle ne voulait pas être une Survivante, elle aussi, elle ne pouvait pas avoir cette responsabilité. Supporter celle d'Harry était bien suffisante.
— Tu étais avec tes parents et Harry, admit son père et sa gorge se serra. Tu étais toi aussi dans la chambre d'Harry, tu as été témoin de toute la scène.
La lumière verte. Le cri. L'humidité dans l'émeraude. Tout va bien se passer. Tous ces déjà-vu. Elle avait été là. Elle l'avait déjà vue. Elle l'avait vécue. Tout était réel.
— Et quand Voldemort a échoué à tuer Harry, tu es devenue la Boîte de Pandore.
Son père s'arrêta.
Violet déglutissait, encore et encore, pour avaler et digérer les dernières paroles. Impossible. Elles restaient coincées dans sa gorge.
Kreattur n'avait pas perdu la tête, ils avaient simplement tous caché la vérité. Tous.
Un nuage brumeux l'enveloppa, elle avait peur, presque pétrifiée. Ses membres étaient lourds et son sang se glaçait. La conclusion ne serait que mauvaise. Ses sourcils se froncèrent pour contenir son canal lacrymal. Elle croqua sa lèvre pour bloquer toute émotions. Son corps tremblota. La main d'Olivier trouva son genou, elle était si reconnaissante de l'avoir.
— Tu as été inconsciente pendant trois jours après cela, trois longs jours... poursuivit son père, l'histoire était interminable. Un sortilège puissant inconnu jusqu'alors s'est ancré en toi. Un mélange de magie noire et de lumière. En tant que Boîte de Pandore, Voldemort ne pourra jamais tuer Harry tant que tu seras en vie. Jamais Voldemort ne pourra le tuer tant qu'il ne t'aura pas tué de sa main. C'est pour cela que vous ne deviez pas être ensemble, vous risquiez beaucoup trop.
L'air était irrespirable. Aucune molécule d'oxygène ne les alimentait pas. La découverte de ce lourd secret était étouffante, ce secret qui pourrait les déchirer à n'importe quel moment. Les regards se croisaient avant de se figer. Même parmi les plus anciens de l'Ordre, même eux qui savaient, il semblait impossible d'imaginer qu'une telle possibilité puisse exister.
Seule Hermione gigotait sur sa chaise. Quand Kingsley l'autorisa à parler, Violet pivota la tête pour lire sur lèvres de la Gryffondor, car elle n'était pas certaine d'être apte à tout entendre. Harry s'accrochait à sa meilleure amie, car Violet ne doutait pas qu'il était plus inquiet pour elle que pour lui.
— Et si... Voldemort trouvait Violet... N'y a-t-il pas un système verbal qui permettrait d'annuler le sortilège ? Tel que le Serment Inviolable ? Une sorte d'autorisation ?
— Tu crois vraiment que Voldemort va gentiment demander à Violet son autorisation ? intervint d'un rire nerveux Erine. « Miss Lupin – ou Potter selon son humeur – m'autorisez-vous à tuer votre petit frère ? » Vio ne lui donnerait jamais ! Même sous la torture !
— Nous n'en savons rien... Dumbledore y a songé, mais il est persuadé que la solution n'est pas envisageable, répondit Remus.
Tant de questions et d'incertitudes. Tant de peine et de colère. Violet ne savait plus où donner de la tête, où devait-elle focaliser sa pensée ? Elle aurait pu avoir mille et une questions, elle aurait pu s'inquiéter pour leur futur à Harry et elle, mais aussi sur celui qu'elle n'aurait pas avec Olivier et ses amis. Ces pensées la traversèrent, seuls quelques mots s'échappèrent de la barrière de ses lèvres, d'une voix blanche et tout juste audible :
— Donc tu m'as menti.
— Cela est moins évident que tu ne le réalises... se défendit son père bien qu'elle n'ait prononcé aucun nom. Toute cette histoire...
— Je m'en fiche ! le coupa-t-elle. TU M'AS MENTI ! Tu aurais pu omettre cette vérité, mais tu n'aurais JAMAIS dû me dire que j'étais chez toi ! Tu n'aurais JAMAIS dû cacher le fait que j'ai vu ma mère mourir et mon frère se faire attaquer aussi ! Qui sait ce que j'ai vu sur mon père ! Tu n'aurais JAMAIS dû me mentir, car je t'ai exprimé mes craintes l'année dernière ! J'avais l'impression de devenir folle ! J'ai l'impression de devenir folle ! Je n'ai aucun souvenir, que des sensations de déjà-vu et j'ai peur !
Sa voix se brisa et Violet explosa en larmes. Elle essuya son visage avec sa manche et éclipsa les regards autour d'elle.
— Pourquoi ne me souvins-je de rien ? ajouta-t-elle, bouleversée.
Son discours était basé sur des reproches et n'importe qui aurait pu s'en trouver blesser. Son père depuis quinze ans, son parrain depuis dix-huit ans n'était pas n'importe qui. Son père encaissait tout et il la connaissait. Il discerna la détresse dans sa voix et malgré l'ouragan qui la traversait, il répondit avec calme :
— Tu avais trois ans, ma Violet... Tu peux… ne pas être en mesure de te souvenir de tels événements aussi traumatiques qu'ils soient. D'autant plus que le sortilège bloque les souvenirs.
— MA VIE EST UN CHAOS ! JE N'AI AUCUN SOUVENIR AVANT MES TROIS ANS ! AUCUN ! ET VOUS MOURREZ TOUS ! VOUS MOURREZ TOUS ! La vie de mon frère dépend de moi ! Je vais mourir ! Harry va mourir ! ON VA TOUS MOURIR !
De chaudes larmes s'écoulaient sur ses joues et s'écrasaient sur ses genoux en cascade. Son pantalon collait à sa peau. Violet inspira. Elle était fatiguée. La panique l'assommait.
Le reste de l'assemblée était silencieux, alors qu'elle s'écroulait petit à petit.
Une partie de son cœur se brisa quand elle constata qu'Olivier pâlissait à chaque seconde. Violet ne pouvait imaginer tout ce qui traversait son esprit. Elle aurait voulu le prendre dans ses bras et le rassurer, mais c'était beaucoup trop dur pour elle. Cela aurait été mentir et elle était incapable de lui mentir, contrairement à une autre personne qui n'avait fait que cela pendant quinze années.
— Tu m'as menti ! Depuis toujours !
— Tu ne te rends pas compte, ma Violet...
— ALORS EXPLIQUE-MOI !
Elle s'était levée avec tant de brutalité que sa chaise tomba dans un bruit qui les fit tous sursauter. Harry la suivit. Il n'avait toujours pas participé – à sa grande surprise – mais qu'avait-il à dire ? Il lui murmura quelques mots qu'elle n'entendait pas. Toute son attention était portée sur son père, Violet voulait comprendre. Alors sans un regard et de son plus grand calme, il la désigna de sa main :
— Poppy, montrez-lui. C'est le moment.
Pourquoi madame Pomfresh était-elle concernée ? Cela n'avait aucun sens. Cependant, madame Pomfresh s'approcha d'elle, d'un sourire à la fois conciliant et peiné. Madame Pomfresh pointa sa baguette sur elle et formula un sortilège qu'elle ne connaissait pas, elle était incapable de le répéter.
Des lumières crépitèrent dans de timides lueurs, puis elles s'élevèrent jusqu'à jaillir de Violet. Elles formèrent une boule devant elle : une confrontation de noir et de blanc, un mélange d'obscurité et de lumière, un équilibre parfait. L'émerveillement la traversa, si merveilleux qu'il en était effrayant. Son père profita de son moment d'égarement pour reprendre la parole.
— Tu es la boîte de Pandore, ma Violet. Ta mort libérerait tous les maux, plus qu'elle n'apporterait déjà...
Elle réalisa. La goutte de trop, celle qui faisait déborder le chaudron, celle qui l'abattit. Violet fondit en larmes, une main devant la bouche.
Violet avait accepté d'être la sœur de l'Elu, du Survivant. Comment pouvait-elle accepter d'être celle qui pouvait donner le pouvoir à Voldemort de le tuer ? C'était impossible, pourtant une idée la traversa. Une que personne n'avait mentionnée.
— Et si... Et si je ne meurs pas de la main de Voldemort. Est-ce que... Est-ce que le sortilège meurt avec, ou le bouclier tiendra indéfiniment ?
— Nous ne le savons pas et je n'ai pas envie de le savoir, répliqua son père, comprenant très bien quelle était son intention.
— Tu n'as pas d'autres idées tordues ? intervint Fred et il s'agissait de la première fois où elle le voyait si sérieux.
Violet estima préférable d'éviter leur regard, ses yeux tombèrent sur Olivier. Une forte peine la frappa quand Olivier baissa la tête, mais après tout, elle le pensait. Si cette possibilité pouvait sauver son frère, elle était prête à y recourir. Elle était capable de tout pour Harry.
— Si je peux sauver Harry…
— N'y pense même pas ! l'interrompit Harry, il chercha à capter son regard, elle le fuit.
— Ma Violet, non... réfuta son père.
— Violet chérie, ce n'est pas la solution, se précipita Madame Weasley.
— JE ME MOQUE DE VOS « MA VIOLET » ET DE VOS « VIOLET CHERIE » ! La vie de mon frère compte plus que tout ! Vous m'apprenez tout cela, qu'on m'a menti toute ma vie ! Que ma vie est liée à Harry, que si je me fais tuer il peut mourir. ET VOUS ME DEMANDEZ DE RESTER CALME ? LAISSEZ-MOI ! VOUS M'AVEZ MENTI ! Vous avez tout minimisé en estimant que c'était plus simple pour nous, pour moi de ne pas savoir ! Mais si j'avais su peut-être, je dis bien peut-être, je ne me serai pas lancée dans la Bataille du Ministère ! Je ne suis déjà pas bien brave, mais j'aurais peut-être eu l'intelligence de rester à l'écart ! POUR HARRY ! Et peut-être même que Sirius serait encore là ! JE VOUS DETESTE TOUS !
C'en était assez. Violet enjamba les chaises qui lui barraient le chemin se moquant des tentatives de la retenir. Elle en avait assez entendu, leurs voix l'insupportaient.
Violet claqua la porte de la cuisine, la brise estivale balaya ses cheveux. L'angoisse l'envahit, provoquant une crise de larmes qu'elle n'avait plus connue depuis longtemps. Elle marcha jusqu'à l'arbre — qui l'avait accueillie quelques semaines plus tôt – et s'y maintint.
Ses jambes tremblaient et elle s'accrocha plus fort au tronc, elle ne devait pas flancher. De gros sanglots la secouèrent et elle inspirait d'un sifflement à chaque moment où l'oxygène désertait son corps. C'était douloureux. Physiquement, mentalement, émotionnellement.
Une personne enroula un bras autour de ses épaules. Qui de Tonks ou Bill avait été envoyé pour la calmer ? La personne l'enveloppa totalement et elle l'accepta, n'importe quelle étreinte aurait pu lui faire du bien. La voix de Harry résonna dans l'obscurité et elle culpabilisa de ne pas avoir pensé qu'il puisse venir à elle.
— Je suis désolé pour les mots que je t'ai dits en troisième année et ceux...
— C'est leur faute, Harry, pas la tienne, le coupa-t-elle, refusant qu'il se sente coupable de quoi que ce soit.
— Non, en effet. C'est pour cela que je refuse que tu perdes ta vie pour espérer sauver la mienne.
Elle acquiesça d'un hochement de tête et craqua, encore.
— Je ne veux pas que tu meures...
— Et moi, je ne veux pas que, toi, tu meures. Et je préfère penser que je ne mourrai pas et toi non plus. On l'aura, Violet, bien avant qu'il nous ait.
— J'aimerais être aussi confiante que toi, murmura-t-elle.
— Papa et maman sont morts pour nous, ce n'est pas un hasard. On les vengera ensemble. On le vaincra ensemble.
— Quand est-ce que tout cela sera fini ?
— Bientôt… J'espère.
Harry et Violet partagèrent une étreinte qu'on leur avait trop longtemps privé. Ils avaient maintenant le droit de respecter la demande de leurs parents.
Il paraissait que l'espoir faisait vivre, jusqu'à quel point était-ce réaliste ?
Sans un mot, Olivier et Violet retrouvèrent leur appartement. Ni l'un, ni l'autre ne s'était adressé une quelconque parole depuis les révélations de la soirée. Olivier était resté proche d'Erine qui n'avait cessé de lui répéter des murmures, Violet n'avait pas pris la peine d'essayer d'entendre. Toute la soirée, elle avait été bien assez préoccupée par le reste.
Après Harry, Bill et Tonks avaient pris le relais. Elle les avait écoutés sans pour autant leur répondre, parce qu'elle n'avait eu aucune idée de ce qui était pertinent ou non. Finalement, son père était revenu vers elle. Malgré toute sa rancœur, Violet avait été moins fulminante.
Il avait posé les deux mains sur ses joues, comme si elle était toujours une enfant, elle savait très bien pourquoi il l'avait fait. Ainsi, elle n'avait pas eu d'autres choix que lire dans son regard et voir à quel point il était sincère.
— Fais attention, ma Violet, je t'en prie, lui avait-il. Pardonne-moi… J'ai fait ce qui me semblait le mieux pour toi, comme je l'ai toujours fait. S'il te plaît, n'imagine plus perdre la vie de ta propre main.
— Je veux juste le mieux pour Harry, avait-elle chuchoté, la gorge nouée.
— Je sais, je sais, lui avait souri son père. Ce n'est pas la meilleure solution pour autant. Et s'il te plaît, épargne-toi la culpabilité de la mort de Sirius. Tu n'as pas le droit de penser que ta présence ou ton absence aurait eu un effet sur sa vie.
Son père avait ravalé toute signe de triste pour ajouter :
— Il nous a quitté trop, mais aucun de nous n'est responsable. Aussi tristes, que nous sommes, nous n'y sommes pour rien.
Elle avait acquiescé – à contre cœur. Sirius lui manquait, peut-être que son absence aurait eu un effet différent tout de même. Son père avait déposé un baiser sur son front et ne l'avait pas quittée jusqu'à son retour chez elle.
Olivier et elle avaient tous les deux eu le soutien qu'ils méritaient. Mais ni l'un, ni l'autre n'avait eu celui de l'essentiel. Aucun d'eux n'avait eu le soutien de l'autre.
Maintenant rentrés, Olivier et Violet continuaient de s'ignorer, malgré l'envie de se parler, malgré l'envie de se prendre dans leurs bras. Les pensées étaient encore trop fortes et les mots difficiles à poser.
Lumière éteinte et proche de dormir, ni l'un ni l'autre n'aurait pu trouver le sommeil. Violet gigotait, les yeux ouverts. Que pouvait-elle dire ? Olivier fut le premier à briser la glace, on reconnaissait facilement le Gryffondor dans ces moments.
— J'ai conscience que tu souffres, Violet. J'ai conscience que tu portes une lourde responsabilité. Je le comprends, crois-moi. Mais je ne peux pas supporter une nouvelle idée comme celle que tu as proposée. Je ne le peux pas.
— C'était une solution pour Harry... se défendit-elle.
— Et pour Holly ? Et pour Erine ? Et pour Fred et George ? Et pour ton père ? Et pour moi ? énuméra-t-il. Nous sommes là, nous aussi. Je suis là... Pense à moi... Je ne veux pas imaginer un monde sans toi. Je ne peux pas être sans toi, Violet.
— Lumos !
Violet illumina la pièce et s'adossa au mur. Il était hors de question qu'ils poursuivent une telle conversation dans l'obscurité, ils avaient besoin d'observer le visage de l'autre. C'était nécessaire.
— Nous n'avons aucune échappatoire, déclara-t-elle. Je m'excuse, Oli, mais si Voldemort m'a... Je n'aurai pas le choix.
— C'est autre chose... s'agaça-t-il et elle s'en voulut de le voir si touché. Je parle de toi !
Olivier se prit le visage entre les mains en expirant très fort. Il se redressa et lui fit face :
— Tu ne peux pas décider de partir. Je... Peu importe ta souffrance, peu importe tout ce que tu vivras, peu importe ce que tu subiras, je serai là. Je ne te lâcherai jamais, j'ai bien assez attendu je ne prendrai pas le risque de te perdre. Je serai toujours là.
— Oli...
— Je sais, je n'ai pas le droit de l'exiger, mais je te le demande. Je conçois que tu veuilles sauver ton frère, mais ne serait-ce pas trop simple si le bouclier demeurait ? elle acquiesça, car il n'avait pas tort. Je veux juste que tu le saches, je suis là. Malgré toutes les souffrances que tu as vécues et celles que tu es en train de vivre, je suis là. Ce sera toujours toi et moi. Tu le comprends ? Je ne serai pas capable de vivre. Pas sans toi.
Violet le blottit contre elle et il en profita pour la serrer plus fort contre lui, comme s'il l'avait déjà crue partir. Elle n'avait pas imaginé qu'il soit autant touché, Erine avait dû s'accrocher pour le rassurer.
— Eh… Regarde-moi.
Tout son ventre se retournait, partagée entre Olivier et Harry. Partagée entre deux choix qu'elle était incapable de prendre. Violet déposa ses mains sur les joues chaudes et rouges d'Olivier. Elle arrêta une larme de son pouce et plongea ses yeux marron dans ceux d'Olivier. Boumboumboum. Son cœur s'emballa, comme toujours.
— Je sais que tu es là, Oli. Tu as toujours été là, depuis le début. Depuis ce premier septembre 1989, tu as été exceptionnel. Je le sais. Ce sera toujours toi et moi, je te le promets.
— Je t'aime, mon cœur, chuchota-t-il.
— Je t'aime aussi. Énormément.
Tout son plan était remis en question.
Elle était partagée entre la vie d'Harry et le bonheur d'Olivier. Au fond d'elle, Violet avait conscience qu'Olivier détenait la vérité.
Et bien, voilà... Vous avez les réponses à vos questions. :)))
Je tenais à ce que Violet et Harry récupèrent ce qui avait pu appartenir à leurs parents. J'ai longtemps hésité sur la cohérence étant donné qu'on parle de Violet, et non d'Elizabeth... Cependant, il est clair que les gobelins ne sont pas mêlés à tout cela, donc j'imagine qu'ils savent plutôt tout. De plus, comme dit par Bill, je trouvais logique qu'Harry puisse le récupérer même si sa soeur n'était pas là, vous voyez ?
Alors qu'avez-vous pensé de cette scène de découvertes ? De la lettre Lily et James ? :(
Venons-en au Terrier... Ai-je besoin de poser des questions...? Bref... Petit coup au moral, cela me fait mal au coeur aussi... Mais... C'est ce qu'il y a de plus logique :(((
Et notre Violivier...? Qui veut faire un gros câlin à ces deux-là ?
Au prochain chapitre "Un magnétisme inattendu" : Un peu de mélancolie. Un déménagement. Un parfum de rose. Un dérapage. Une comédie romantique. Une image décisive. Un sourire qui détrône tous les autres.
A bientôt !
Blue.
