Bonjour à toustes,

Voici un texte que j'ai écrit il y a maintenant plusieurs mois et qui a été publié sur AO3. Désolée si certain·es l'ont déjà lu. Il s'agit d'une relation polyamoureuse, d'un pwp foursome avec une dynamique de light Dom/sub.

Ce texte est un OS écrit lors de la participation à l'ASPIC (Ateliers Scripturaux Promouvant l'Imagination et la Créativité) "ASS-PIC" organisé par le serveur Discord Potterfictions sur le thème de l'érotisme. Vous pouvez nous rejoindre via le lien dans mon profil.
Mon contexte imposé est : Avec magie
Contrainte de texte 1 : Aftercare
Contrainte de texte 2 : Bondage
Contrainte de texte 3 : Avec les yeux bandé

Bonne lecture !


Cadeau d'anniversaire

— Tu veux faire quoi cette après-midi ? me demande Drago alors qu'il pousse le portail du jardin.

— Hum… J'vais faire comme si j'étais pas au courant qu't'as organisé une surprise dans mon dos, hein !

Drago me regarde avec son sourire espiègle. Il ne peut rien me cacher, je vois toujours clair dans son jeu, et ce depuis des années. Elle est loin la façade froide des Malefoy qu'il arborait à une époque.

Drago déverrouille la porte de notre maison, la pousse et entre. Je le suis en sachant ce qui m'attend, après tout on ne fête ses trente ans qu'une seule fois !

— JOYEUX ANNIVERSAIRE !

J'ai du mal à distinguer les multiples voix les unes des autres, mais je reconnais vite les visages disséminés dans notre salon. Même si j'étais au courant, je me sens privilégié avec toustes mes ami·es auprès de moi. Je suis touché que Drago se soit démené pour organiser cela.

J'embrasse avec tendresse Hermione, Ginny et Luna sur les joues puis Ron m'enserre dans une accolade. J'adore le fait que mon meilleur ami n'ait pas arrêté d'être tactile avec moi, même après avoir appris que je n'aimais pas que les femmes. Et que je sortais avec Drago. Son regard n'a jamais changé et je lui en suis reconnaissant, parce que ça n'a pas été le cas de tout le monde.

Dean, Neville et Seamus me serrent la main avec chaleur et je n'arrive pas à cesser de sourire, cela fait longtemps que je ne les ai pas vus, je suis trop pris par le travail. Je me tourne vers Drago et son regard me réchauffe le cœur, je suis heureux qu'il ait réussi à réunir tout le monde, c'est devenu rare.

Je fais le tour du salon pour finir par tomber sur Théodore, assis tranquillement sur le canapé. Mon sourire s'agrandit et les habituels papillons dans mon ventre s'agitent. Théodore est dans notre vie depuis des années et il a été le partenaire de Drago pendant longtemps avant de devenir le nôtre beaucoup plus récemment. Il se lève et s'approche, pendant que je parcours son corps des yeux avec envie. Il porte un pantalon cintré, une chemise rose pâle et un veston noir brodé. J'aime la façon dont il s'habille, toujours très classe.

— Salut toi, me glisse-t-il en attrapant mon visage de ses paumes.

La chaleur de sa peau est si douce. Puis il pose ses lèvres sur les miennes et je le serre contre moi. Ses doigts coulent dans ma nuque puis dans mon dos et je frissonne. Quand je recule, je jette un œil autour de moi pour chercher les regards de mes ami·es. Tout le monde n'était pas encore au courant que Théodore est aussi devenu l'un de mes partenaires. Personne ne semble offusqué et cela me rassure. J'ai beau savoir qu'iels acceptent la situation, je continue à craindre des réactions négatives.

Mes proches me font ensuite venir à table et je souffle mes bougies. Le sourire sur le visage de Drago me transperce. Je suis si heureux d'avoir mes ami·es avec moi aujourd'hui. Il ne manque qu'une personne pour que tout soit parfait. Mais je sais que son travail l'empêche d'être là parfois. La distance reste un poids pour nous deux, mais nous sommes forcés de nous en accommoder.

Mes ami·es ont toustes quitté la maison et le soleil est en train de se coucher. Drago et Théodore rangent le salon et la cuisine pendant que je prends l'air dans le jardin de derrière. J'écoute les grillons qui stridulent encore, j'observe les abeilles butiner leurs dernières fleurs et je respire l'odeur de la terre qui se diffuse dans la pénombre qui gagne les cieux. Il fait bon, la chaleur de la journée disparait peu à peu.

J'entends un bruit de pas dans mon dos, des mains se posent sur mes épaules et un souffle me chatouille la nuque.

— Bon anniversaire, Harry… me chuchote une voix grave que je connais bien.

Mon cœur fait une embardée et je me retourne brusquement. Deux iris océan interceptent mon regard et un large sourire me fait fondre.

— Charlie !

Je me lève et je fais le tour de la chaise de jardin pour l'enlacer. J'enfouis mon visage dans son cou et je respire l'odeur du cuir qui imprègne sa peau en permanence. Ses bras forts se referment dans mon dos et je ferme les yeux, un indicible bonheur me transporte, je ne pensais pas le voir aujourd'hui…

— Tu viens d'arriver ?

— À l'instant. Désolé de ne pas avoir pu être là plus tôt.

— Peu importe, tu es là maintenant.

Je n'ai pas envie de le lâcher, je me sens si bien dans ses bras. Être dans les bras de Charlie a toujours été spécial, comme un monde à part. Charlie est la personne qui m'a fait comprendre, par sa seule présence, que je n'étais définitivement pas hétéro. Il m'a permis d'en parler et il est devenu un confident. Cela fait quelques années qu'il est aussi un de mes partenaires, mais il est avant tout un ami précieux. La pilule a eu du mal à passer auprès de Ginny et Ron, mais iels n'ont pas vraiment eu le choix. Si mes partenaires ont changé plusieurs fois au cours des dix ans qui viennent de s'écouler, Drago est là depuis le début et Charlie aussi dans un sens.

Quand je me détache enfin de son étreinte, je me sens bien, ressourcé. Un sourire fleurit sur mes lèvres et je lui prends la main pour rentrer dans la maison. Il y fait sombre, les lumières sont éteintes et des bougies ont été allumées ici et là. Charlie me tire à travers le salon et les escaliers, nous suivons le chemin des petites flammes jusqu'à notre chambre. Celle que je partage avec Drago quand il n'est pas chez Théodore.

Ici aussi, l'ambiance est feutrée. Les volets sont entrebâillés, la fenêtre est ouverte et une légère brise me parvient. D'autres bougies sont posées un peu partout et illuminent faiblement la pièce. Juste assez pour que je reconnaisse Drago et Théodore, tous deux assis sur les fauteuils dans un coin de la suite, tournés vers moi. Le souffle me manque alors que je parcours des yeux ce que j'arrive à distinguer dans la pénombre : Théodore a ouvert sa chemise de trois boutons et retiré son veston brodé, Drago est torse nu. Leurs pieds sont déchaussés et leurs mains sont enlacées sur l'un des accoudoirs.

Charlie me tire de nouveau, jusqu'au centre de la pièce. Sa paume chaude m'enserre les doigts avec douceur.

— On a encore une petite surprise pour toi, me dit-il de sa voix grave qui me retourne complètement.

— Tu as toujours rêvé de nous avoir tous les trois en même temps, il me semble.

Je fixe mon regard dans celui de Drago, je n'ose comprendre ce qu'il vient de suggérer. Il est trop loin pour que je puisse voir les reflets d'argent dans ses iris, mais je n'en ai pas besoin pour réaliser qu'il est sérieux. Je tourne la tête vers Charlie.

— Mais… Charlie… T'es sûr ?

Charlie est le seul qui n'a de lien qu'avec moi. C'est rarissime que je le voie quand je suis avec les autres, il préfère m'avoir pour lui seul. Il comprend et accepte mon polyamour, mais il préfère ne pas me voir avec mes autres partenaires. Encore plus s'il s'agit de sexe.

Il se penche vers moi et m'embrasse. Sa langue glisse sur mes lèvres et j'ouvre la bouche, le souffle déjà court. Puis il se recule avant même que j'aie eu le temps de le goûter, je retiens un gémissement de frustration.

— Oui, je suis sûr. Considère ça comme un cadeau de notre part à tous les trois.

Je frémis d'anticipation.

Charlie me lâche la main, Drago et Théodore se lèvent. Ce dernier joue avec sa baguette.

— Comme d'habitude, si jamais quelque chose ne te convient pas, tu as juste à le dire, me prévient-il.

Je tique. Ils n'ont pas prévu une scène tout de même ? Ce n'est pas du tout le genre de Charlie. Théodore est mon Dom – et celui de Drago – mais on ne fait jamais ça avec d'autres en dehors des clubs. Même Drago et moi n'avons jamais partagé cette expérience ensemble.

— Pas besoin de code couleur ou de grelot aujourd'hui, me précise-t-il. On s'adapte à Charlie et un simple stop suffira. Tu es d'accord ?

Sa voix a changé sur les derniers mots. Des mois d'habitudes m'ont conditionné à lui répondre d'une certaine façon et même Drago a frémi, je l'ai vu. Je sais qu'il n'attend pas la même obéissance que d'ordinaire, mais ma bouche s'ouvre toute seule et mon sexe tressaute.

— Oui Monsieur.

— Juste Théo pour aujourd'hui, Harry.

Je jette un regard en biais à Charlie, il est au courant de ma relation avec Théodore, mais je ne lui ai jamais parlé de la façon dont je m'adresse à lui quand il prend sa place de Dom et je crains presque une réaction de rejet. Mais il me sourit et je me détends.

— Oui Théo, je réponds avec docilité, c'est plus fort que moi.

Drago s'approche de moi à pas lents et me retire mes lunettes. Puis il m'embrasse avec légèreté. Je clos les paupières et je tends le visage vers lui alors que sa bouche est encore presque contre la mienne. Il recule. Bon… Je crois que je vais souffrir ce soir. Et pas de la façon dont j'ai l'habitude. Cela m'excite terriblement.

Je rouvre les yeux. Drago est à quelques centimètres de moi et me sourit d'un air espiègle, ce petit sourire que j'adore, qui me fait fondre. Il va poser mes lunettes sur ma table de nuit et je le suis du regard. J'entends un murmure du côté de Théodore et j'ai à peine le temps de tourner la tête dans sa direction qu'un tissu se plaque sur mon visage et me bande les yeux. Je le touche du bout des doigts, c'est doux comme de la soie, ça ressemble à une cravate de Drago. J'aime bien cette idée.

Le parquet grince sur ma gauche et des mains s'appuient sur mes épaules puis glissent sur ma nuque en un geste apaisant. Je suis presque sûr que c'est Charlie, il a le bout des doigts un peu écorchés et usés par le travail. D'autres grincements puis d'autres mains se posent sur ma poitrine. Elles descendent jusqu'à mon ventre, je sens la chaleur des paumes à travers le tissu, c'est excitant. Je ne sais pas à qui elles sont, mais elles attrapent le bas du vêtement et le passent au-dessus de ma tête.

Puis toutes les mains disparaissent.

J'attends.

J'écoute.

J'entends une respiration dans mon dos et une autre devant moi. De l'air est soufflé sur mes lèvres puis une bouche s'y pose. Je darde ma langue aussitôt, je n'ai pas envie qu'on me prive encore d'un baiser. Et cette fois la bouche s'ouvre pour moi, je sens le chocolat et le thé, c'est Drago. Je monte ma main à l'aveugle vers son visage et je la passe dans sa nuque pour le maintenir contre moi alors qu'il caresse ma langue de la sienne. Je respire l'odeur de son shampoing floral que j'aime tant, je caresse sa peau du bout des doigts et ses cheveux longs les chatouillent, je goûte sa bouche. Je suis presque entièrement dur maintenant.

Il y a de nouveaux grincements du parquet. Une main m'agrippe les cheveux à l'arrière de la tête et me tire gentiment. Ça, c'est Théodore. Je gémis entre les lèvres de Drago alors que le poing se referme sur mes boucles sans me faire mal. J'aime sentir le poids de ses doigts ainsi dans mes cheveux, j'aime l'idée qu'il puisse me posséder rien que de cette façon.

Des doigts se posent sur mes pectoraux et les caressent, je frissonne. D'autres mains tirent sur ma ceinture, je frémis. Je gémis contre la bouche de Drago, je suis certain que ce sont ses mains sur mon torse. Elles sont douces, elles sont chaudes, les ongles me griffent un peu. Drago a toujours les ongles longs, j'adore la façon dont cela embellit ses mains déjà magnifiques. Je les vois dans mon esprit, j'imagine ses longs doigts qui courent sur moi comme ils courent sur les touches de son piano et je bande encore plus. Ma deuxième main rejoint la première dans sa nuque, je veux le garder contre moi.

Je me rends à peine compte que mon pantalon est déboutonné qu'il glisse déjà le long de mes jambes et la relative fraîcheur de ce soir de juillet frappe ma peau nue. Je lève les pieds l'un après l'autre pour les aider à me déshabiller. Drago se recule alors et je me penche en avant pour retrouver ses lèvres, mais ses doigts se posent contre ma bouche. Je les lèche et j'entends son souffle qui se bloque. Je souris. Je joue avec ses doigts et il gémit. J'adore ce son et je pourrais jouir rien qu'en l'entendant assez longtemps.

— Sur le lit maintenant, me dit Théodore.

Tout le monde me lâche et une main me pousse dans le dos. J'avance à pas lents, les bras devant moi, et je bute bientôt contre le matelas.

— Sur le dos… Attends, on va t'aider.

Des mains me guident et m'installent. Un murmure à ma droite et mes poignets sont enserrés puis tendus sur les côtés. J'ai presque les bras en croix.

Des froissements de vêtements s'élèvent un peu partout autour de moi et je devine qu'ils se déshabillent. Ne pas pouvoir les voir est une frustration abominable, Théodore sait que j'aime regarder et il l'a fait exprès.

L'anticipation de ce qui va suivre m'excite.

Un petit courant d'air frais qui provient de la fenêtre me caresse la peau, la nuit doit être complètement tombée maintenant. Il n'y a plus aucun bruit dans la chambre.

Le matelas bouge autour de moi et trois paires de mains chaudes se posent sur mon corps, je reconnais chacune d'elles à la façon dont elles me touchent. Des doigts remontent de mes pieds à mes genoux et je me mordille les lèvres en attendant qu'elles arrivent tout en haut, c'est Charlie. D'autres jouent avec mes mains immobilisées puis descendent le long de mes bras et me chatouillent sous les aisselles. Je ris par réflexe, mais je déteste ça. Ça s'arrête rapidement et les doigts se posent sur mon visage. Ils parcourent mon front, mon nez, mes pommettes. Les ongles crissent sur ma courte barbe et j'en frissonne d'excitation, c'est Drago. Les troisièmes sont enfouies dans mes cheveux et me massent le crâne, cela me fait vibrer, c'est Théodore.

Une bouche se pose sur la mienne et me prend un baiser exigeant. J'ouvre les lèvres et je gémis contre la langue de Théodore, mon corps s'arque un peu, je tire sur mes liens. Le tissu est doux, je suis presque sûr qu'il s'agit d'autres cravates de Drago. Il en a une collection astronomique.

Les mains ont esquivé mon entrejambe et je grogne de frustration et d'excitation dans la bouche qui me harcèle. Je sens les doigts de Charlie courir dans mes poils, effleurer mes bourses et je me cambre à la recherche du contact. Mes genoux se relèvent et s'écartent d'eux même et je perçois un poids venir se glisser entre.

— Tsss, Harry. Sois sage, me reprend Théodore en abandonnant mes lèvres.

— Théo… Encore…

Un rire clair s'élève. Mon ventre se tord sous les papillons qui s'y agitent.

— OK, dit-il finalement. On va accélérer un peu les choses. Interdiction de jouir tant que je ne l'ai pas autorisé, d'accord ?

— Oui Théo, je réponds sans réfléchir, excité comme je l'ai rarement été par leurs caresses trop légères.

Je ne suis plus en état de refuser quoi que ce soit. De toute façon, Théodore connaît mes limites et tout ce qui se passe ce soir est bien plus soft que ce à quoi il m'a habitué. Il reprend ma bouche et je lève la tête vers lui pour mieux profiter du baiser, de ses lèvres, de sa langue. Les doigts de Drago glissent de mes joues à mes cheveux, je sens leurs mains s'entrelacer entre mes mèches. Je frissonne d'envie.

Les mains de Charlie poussent sur mes cuisses et je les ouvre avec obligeance pour lui. Ses doigts caressent ma peau avec une révérence que je devine. Charlie me touche toujours ainsi, comme si j'étais la huitième merveille du monde et c'est le sentiment le plus fabuleux qui soit.

Les doigts de Drago quittent mes boucles et j'entends quelques mots que je reconnais cette fois. Quelques secondes plus tard, une sensation de froid me couvre de chair de poule et les doigts de Charlie me pénètrent. Ils poussent à l'intérieur et se plient juste comme il faut. Je hoquette dans la bouche de Théodore, il ricane.

Quand il abandonne de nouveau mes lèvres, je lâche un gémissement de plaisir provoqué par les doigts de Charlie. C'est bon, c'est trop bon, j'ai chaud, j'ai si chaud.

Le matelas bouge autour de moi, j'entends Drago et Théodore chuchoter au-dessus de ma tête, sans les comprendre. Et les mains de Charlie quittent mon intimité. Elles remontent sur mon ventre puis mon torse. Ses doigts pincent avec douceur mes tétons et je me cambre sous son toucher. Mon ventre se contracte, le désir se déploie en moi.

D'autres mots sont échangés et le fourmillement habituel du sort de protection me traverse. Je déteste cette sensation, pendant quelques secondes j'ai toujours l'impression d'avoir la peau qui colle. Mais cela ne dure pas.

Je sens que l'on pousse contre mon intimité. Je suppose qu'il s'agit encore de Charlie qui ne semble pas avoir quitté sa position entre mes cuisses. J'ouvre davantage les jambes et je soupire en l'accueillant en moi. Il est doux, il est chaud, il prend de la place et j'aime ça.

— Ouvre la bouche, Harry, m'ordonne Théodore.

J'obtempère. Un sexe chaud se glisse entre mes lèvres. Je sors la langue puis j'ouvre plus grand encore. Je goûte l'amertume et je souris en le sentant s'enfoncer en moi. Pas trop, juste ce que je suis capable d'accueillir. Je suis certain qu'il s'agit de Drago, il est toujours précautionneux. Théodore n'a jamais autant d'égards, mais j'aime ça aussi et il le sait.

— Ça va, Harry ? me demande la voix de Charlie.

Je le sens au fond de moi, je suis serré autour de lui. Je suis rempli de sa chaleur, de sa raideur. Je suis bien. Je lève un pouce.

— C'est bon, Charlie, tu peux y aller, traduit Théodore pour moi.

Oh oui, il peut y aller. Drago de son côté me baise la bouche avec une délicatesse qui lui est propre et je ne peux retenir un geignement quand Charlie se retire et me reprend d'un coup. Mes dents raclent la peau douce entre mes lèvres et un soupir ravit mes oreilles.

Je ne sais pas combien de temps s'écoule alors que je suis rempli, étiré, écartelé des deux côtés. Le souffle de Charlie résonne dans la pièce au rythme de ses va-et-vient. Ses mains sont posées en douceur sur le haut de mes cuisses relevées. J'aime la façon dont il me touche, dont ses doigts caressent ma peau.

— Ah !

Le cri d'extase de Drago explose dans la chambre en même temps qu'un soubresaut fait presque sortir son sexe de ma bouche. Oh, Merlin ! Théodore a dû y aller fort. Je desserre les lèvres alors qu'il se retire presque entièrement de moi.

Ses gémissements prennent maintenant toute la place et je n'entends même plus Charlie respirer. Cela me rend dingue. Drago est toujours très vocal et j'adore ça, et pourtant ce n'est pas moi qui en suis responsable cette fois.

— Engorgio.

C'est la voix de Charlie. Je laisse échapper un cri étouffé quand je le sens grossir à l'intérieur de moi. Ses mouvements deviennent plus lents, mais maintenant je le sens partout et il me caresse juste pile où il faut à chaque coup de reins. Mes hanches accompagnent ses gestes et je gémis sans aucune pudeur alors qu'un feu me dévore. Drago gémit en écho, son sexe toujours en partie dans ma bouche.

Je n'en peux plus. J'ai envie de jouir, j'ai envie de les voir, j'ai envie de les toucher. Je dégage ma bouche en tournant la tête.

— Théo… Théo…

— Oui… Harry ?

Sa voix est essoufflée par l'effort. Je sens le sexe humide de Drago glisser contre ma joue en rythme, ce qui confirme que Théodore ne fait sûrement pas dans la délicatesse. Mais Drago aime ça, autant que moi j'aime ça. Les imaginer juste au-dessus de moi me rend fou.

— Le bandeau, Théo… S'te plait… Retire-le…

— Pourquoi ?

— J'veux… J'veux vous voir…

— Pourquoi ?

Je gémis alors que Charlie donne un coup de reins plus fort.

— Je veux… te voir… défoncer Drago !

— Finite.

Le bandeau se desserre et une main le retire. J'ouvre les yeux lentement, la pièce est sombre, mais pas autant que j'aurais pensé. Les petites flammes des bougies sont toujours là aux alentours.

Juste au-dessus de ma tête se trouvent Drago, à quatre pattes, et Théodore à genoux qui le prend sans douceur. Je suis immédiatement hypnotisé par les mouvements de balancier de Drago et le sexe de Théodore qui entre et sort à une allure folle. Une brusque bouffée de chaleur me dévore.

— Théo… Je peux… maintenant ?

La voix de Drago est étranglée, le plaisir suinte dans ses mots. Cela m'excite encore davantage. Je ne sais pas combien de temps je vais tenir à ce rythme-là…

— Oui… Vas-y.

J'ouvre la bouche pour demander de quoi ils parlent quand Drago referme ses lèvres sur mon sexe. Et me prend en entier. Je me sens enserré, au chaud, contre sa langue, dans sa gorge.

— Oh bordel !

Je suis au bord du gouffre, Charlie en moi et Drago qui me suce comme un dieu. Je sais ce que Théodore a dit, mais je ne vais pas tenir.

— Théo… je supplie. J'peux plus…

— Vas-y… Harry, me chuchote-t-il en haletant, quand… tu veux.

Comme si Charlie n'avait attendu que ces mots, il attrape mes hanches de ses grandes mains et il accélère. Mon bassin se soulève vers lui, je gémis et je serre mes poings immobilisés. L'orgasme monte et déferle bientôt en moi. L'extase me coupe le souffle, mes muscles se tendent, ma conscience s'évade.

Quand je reprends mes esprits et que je rouvre les paupières, la respiration encore saccadée, je constate que Drago a bougé. Il est toujours au-dessus de moi, mais Théodore l'a redressé sur ses genoux et ses bras l'enserrent pour le maintenir contre lui. Des plaintes s'échappent de ses lèvres. Je crève d'envie de les toucher et je regrette que mes mains soient inutilisables.

Je baisse les yeux et je croise le regard de Charlie, à genoux entre mes jambes. Il se caresse au-dessus de moi, une main posée sur le haut de ma cuisse. Je le contemple en souriant alors qu'il perd pied et se déverse sur mon bas-ventre. Derrière moi, les respirations de Drago et Théodore se bloquent. Un liquide chaud me gicle sur le visage et j'ouvre la bouche, la langue sortie.

Pendant un long moment, il n'y a plus que les bruits de leurs souffles haletants. Je ferme les yeux pour les écouter et j'attends. Le matelas bouge.

Enfin, mes poignets sont libérés et des doigts s'entrelacent dans les miens. Je serre un peu et je relâche. La sensation piquante d'un sort de nettoyage me parcourt.

— Salut, toi. Comment ça va ? souffle Théodore à mon oreille d'une voix douce.

— Bien, je réponds avec un sourire béat.

Je rouvre les yeux et je les cherche du regard. Drago prend mon bras et m'aide à me lever. Il me guide jusqu'à la salle d'eau attenante à la chambre. Le parquet grince un peu sous nos pas. Drago allume l'eau chaude, me pousse sous le jet et me rejoint. Charlie et Théodore font de même et bientôt trois paires de mains me cajolent, me caressent, me lavent avec douceur et amour. C'est délicieux, je ferme les yeux et je me laisse faire.

Je m'enroule ensuite dans une serviette épaisse et moelleuse et je les observe se laver à leur tour. Je suis lessivé, je n'ai plus la force de ne rien faire à part les regarder. Charlie s'occupe de lui-même et Théodore savonne le dos de Drago avec des gestes tendres. Leur complicité crève les yeux et j'aime en être témoin. Puis ils sortent et se sèchent.

Enfin, Charlie me guide jusqu'au lit, retire le drap qui y avait été posé pour le protéger et soulève la couverture pour moi. Je me glisse au milieu et je les fixe. Je tends un bras vers eux et ils me rejoignent. On est serrés tous les quatre dans mon lit king size, Charlie à ma gauche, Drago à ma droite, Théodore contre lui. Mais je suis bien.

Je ferme les yeux.

Je suis bien, j'ai chaud, je suis fatigué.

Je suis bien.

Je m'endors…