Hello !
C'est officiellement l'avant dernier chapitre de cette fiction.
Pas d'inquiétude d'autres fictions arriveront pas la suite ! Quand, je ne sais pas mais je peux vous dire que le vote entre mes trois propositions a été très surprenant pour moi.
Si vous avez un peu de curiosité, vous pouvez retrouver les résumés des histoires sur mon Instagram dans l'onglet "Projet" des stories à la une sur mon profil.
Comme d'habitude vous m'avez régalé avec vos commentaires et vos enthousiasmes. D'ailleurs, pour info, je ne reçois plus de mail m'indiquant qu'un nouveau review a été posté. Je ne m'en aperçois que si je vais regarder les infos/statistiques de l'histoire. Qui sont d'ailleurs assez déroutants, il y a un minimum d'une centaines de personnes qui lit cette histoire.
Enfin bref !
A mercredi pour le dernier chapitre (il devrait être poster dans la matinée)
Bonne journée mais surtout
BONNE LECTURE !
Partie V
The Late Night Show with Eric Yorkie - Lundi 15 janvier 2024
"D'ailleurs, l'annonce de la naissance de votre première enfant fait partie des photos les plus likées sur Instagram. Et pourtant, à ce moment-là, il n'y a aucune photo officielle de ton épouse et toi-même apparaissant à visage découvert."
"C'est vrai, elle reste une personne assez timide et réservée qui a pour adage que pour vivre heureux, il faut vivre caché. C'est d'ailleurs pour cela que nous n'avons jamais révélé le prénom de nos filles. Elles ont aussi le droit à leur intimité. De plus, mon épouse estime que c'est sur ma carrière que je dois être jugée et non sur elle et notre famille."
"On peut facilement comprendre sa réticence ! Quand on voit les dizaines de comptes qui ont mené leur enquête tels des Sherlock Holmes des temps modernes, je pense que nous pouvons tous comprendre votre besoin d'intimité." déclara Eric au moment où l'on pouvait revoir les fameuses vidéos d'enquête. " Surtout quand on voit l'acharnement qu'il y a pu avoir sur Rosalie Hale quand certains ont décrété qu'elle était ta femme."
C'était d'ailleurs l'une des situations qui avait poussé Bella à accepter de communiquer un peu plus sur leur vie privée. Elle avait été choquée par la vague de cyber-harcèlement que le modèle et actrice avait pu subir. En réponse au rumeur, il avait posté une photo en noir et blanc d'eux deux dansants lors de leur petit mariage. Bien sûr, il n'avait pas dit qu'il s'agissait de leur mariage et la robe de Bella une simple robe crème satinée ne pouvait pas donner un seul indice.
Bella avait été d'accord pour poster une telle photo à la condition qu'on ne voit pas son visage. Ce qui avait été possible, car l'une des photos de leur première danse en tant que mari et femme, était lui de face et elle de dos. Il ne fallait pas être un génie pour comprendre que sa femme n'était absolument pas la sculpturale Rosalie Hale.
"D'où le poste de notre photo de mariage pour démentir la rumeur et aider Rosalie à sortir de ça…"
"Attends, attends !" coupa Eric brusquement. "Tu veux dire que cette photo-là." ajouta-t-il en montrant la photo en question. "Était une de vos photos de mariage."
Emmett rigola et acquiesça.
"En effet, c'était un petit mariage avec la famille et les amis très proches. À la fois à cause des restrictions sanitaires, mais aussi parce que c'était l'envie de ma femme. Toujours est-il que nous avons bien rigolé suite à la publication de la photo de voir des comptes comparer la taille de Rosalie avec la mienne et de dire qu'il était impossible que ça soit elle sur la photo même sans talons, car ma femme sur la photo était bien trop petite. Et pourtant, je peux vous dire qu'elle portait une paire de talons des plus impressionnante de hauteur."
"Eh bien, c'est vraiment la soirée des révélations, les amis ! Vous semblez être un couple très uni sans nuage gris."
Ce qui fit rire Emmett.
"Aux contraintes, j'ai épousé l'une des femmes les plus têtues et indépendantes de la planète."
Samedi 11 janvier 2020 - Appartement d'Isabella Swan - Seattle
L'appartement était en effervescence.
Jessica déménageait définitivement à Forks et quittait ainsi la colocation.
Laissant Bella, seule.
Elle allait être seule pour la première fois de sa vie. Rien que d'y penser, elle devait retenir ses larmes. Larmes de joie pour sa demi-sœur. Après tout, elle était nouvellement fiancée à son amour de lycée. Elle avait réussi à trouver un nouveau travail qui consistait à remplacer Madame Cope secrétaire du lycée alors que son fiancé, Mike, reprenait l'entreprise de ses parents. Et elle allait retrouver la vie qu'elle préférait. Car même si Jessica était un papillon social et d'un dynamisme à toute épreuve. Elle se sentait plus à l'aise à Forks qu'à Seattle.
Mais en même temps, cette joie pour elle, était aussi teintée d'un sentiment plus sombre qui lui laissait un goût tellement amer en bouche. Même si Jessica avait promis de lui envoyer le loyer dû avant leur fin de bail en mars, elle se demandait comment elle allait faire pour trouver un autre endroit par la suite. Seattle était une ville chère, son métier n'était pas le plus lucratif, mais surtout, elle devait encore rembourser son crédit qu'elle avait dû faire pour payer ses études.
Crédit que personne ne connaissait. Pas même ses parents ou sa demi-sœur. Ils pensaient naïvement qu'elle avait réussi à avoir une bourse complète pour ses études. Alors qu'elle n'en avait eu qu'une partielle. Et que les boulots qu'elle occupait depuis l'âge de dix-sept ans n'étaient qu'un plus pour avoir de l'argent de poche.
C'était d'ailleurs à cause de son crédit qu'elle s'était retrouvée dans l'école dans laquelle elle enseignait. Le salaire y était plus élevé en plus de l'avantage de pouvoir travailler avec sa meilleure amie. Alors rien que pour le salaire, elle était prête à supporter les remarques de ses supérieurs même si progressivement sa patience et sa résilience commençaient à s'épuiser.
"Hey, ça va ?"
La voix de Jessica l'a surpris dans ses pensées.
"Ouais." répondit-elle après s'être raclé la gorge. "Ça me fait juste bizarre de me dire qu'à partir de ce soir, je serais seule ici."
"Oh, aller, pense à l'avantage ici, tu vas pouvoir laisser ton magnifique petit ami se balader nu sans même avoir peur qu'il soit surpris par ta géniale sœurette."
Ce qu'elle ajouta à sa déclaration, un petit coup de hanche taquine pour la faire sourire.
"Ce qui est d'ailleurs dégueulasse car sans moi pas de mec digne de Photoshop dans ta vie."
"Hey !" s'écria Mike, les surprenant. "C'est méchant pour moi !"
"Oh mon pauvre petit chou." roucoula Jessica en s'approchant de lui. "Tu sais que ce n'est pas la même chose avec toi. Toi, tu es mon parfait petit roulé à la cannelle !"
La seconde suivante, elle lui sauta de dessus et parsema son visage de baisers avec les bruits exagérés qui allaient avec. Ce qui fit rire tout le monde dans la pièce surtout quand Mike essaya de fuir cela et commença à râler quand la tentative de fuite échoua.
Alors rien que pour cela, Bella ne pouvait pas rester trop longtemps à broyer du noir. Ce qui comptait le plus c'était que sa Jess soit heureuse et peu importe les sacrifices qu'elle allait devoir faire pour cela.
Dimanche 09 février 2020 - Maison d'Emmett Cullen - Seattle - Broadmoor
Il fallait qu'elle trouve une solution, peut-être prendre un second emploi si elle voulait pouvoir rester dans ce quartier. Il avait l'avantage de n'être qu'à vingt minutes en voiture de l'école, mais ce quartier était hors de prix, bien sûr moins que celui de l'école. Et même si elle se décidait à prendre les transports en commun cela ne la ferait qu'économiser que très peu. Surtout si on y ajoutait le fait que les vingt minutes devenaient quasiment une heure de transport en commun.
Elle avait réduit la majorité des dépenses superflues. Disant adieu pour le moment au système de streaming, à l'achat de livre, aux produits de meilleures qualités. Si cela continuait, elle allait redevenir l'étudiante typique qui ne se nourrissait que de nouilles instantanées. Du moins, si elle voulait continuer à rembourser son prêt le plus rapidement possible pour ne pas avoir trop d'intérêt.
On pouvait ajouter à cela, les appartements qu'elle avait pu visiter dans sa gamme de prix. Rien que d'y repenser, elle avait des frissons d'effroi.
"Bella, ça va ?"
"Hein ?" fit-elle surprise.
Pour la énième fois ces derniers temps, elle s'était perdue dans ses pensées. Et même la douce fourrure de Rey n'avait pas réussi à l'accrocher à la réalité.
"Tu es sûr que ça va ?" demanda à nouveau Emmett.
"Oui, oui, désolée, je pensais à autre chose. L'école, tu sais, enfin ce n'est pas grave." conclut-elle avec un rire gêné.
Gênée de s'être fait prendre et de ne pas être dans le film qu'ils regardaient cet après-midi. Elle essayait toujours de se focaliser sur Emmett un maximum quand ils pouvaient se voir. Heureusement pour eux c'était de façon régulière puisque son film était toujours en post-production et qu'il n'avait pas de projet pour le moment, juste une pile de scénario à consulter.
"Tu me le dirais si tu avais un problème, n'est ce pas."
Elle releva le visage une nouvelle fois vers lui, son visage transmettait toute l'inquiétude qu'il pouvait avoir pour elle. Ce qui fit pincer son cœur, elle ne voulait pas l'inquiéter.
"Bien sûr." souffla-t-elle doucement avant de l'embrasser avec douceur.
Un mensonge, mais parfois, il valait mieux ça que la vérité.
Dimanche 15 mars 2020 - Maison d'Emmett Cullen - Seattle - Broadmoor
Son cœur pompait à cent à l'heure, des frissons traversaient sa colonne vertébrale. Elle essaya de reprendre sa respiration qui s'était coupée sous le choc de l'annonce.
"Eh, eh, eh, ça va aller d'accord." promit Emmett.
Ses mains parcouraient son dos alors qu'il l'avait réfugié contre sa poitrine. Les informations continuaient de tourner en boucle en arrière-plan. Emmett avait eu raison. Le gouvernement avait pris la décision de confiner la population.
"Nous sommes ensemble, c'est ce qui compte le plus, d'accord ?"
Elle pouvait sentir ses lèvres se poser régulièrement contre son crâne alors qu'elle ne pouvait pas s'empêcher de serrer de toutes ses forces son t-shirt.
"Je sais que tu penses à ta famille, mais ça va aller pour eux et pour les miens aussi. Ils sont tous intelligents pour comprendre que la situation est grave et pour prendre soin d'eux."
"Et mon travail ? Qu'est-ce que je vais faire ? Comment les enfants vont apprendre correctement ?"
Et son prêt si elle perdait son emploi ? Comment allait-elle faire ? Elle savait pertinemment que l'argent qu'elle allait donner à Emmett pour partager les frais de maison était bien en dessous de leur valeur réelle et rien que pour cela, elle lui était reconnaissante. Mais elle n'avait pas d'argent sur le côté. Et si à la fin de ce confinement, ils n'étaient plus ensemble et qu'elle n'avait plus de travail, comment allait-elle faire ?
Lundi 20 avril 2020 - Maison d'Emmett Cullen et d'Isabella Swan - Seattle - Broadmoor
Elle retira la pince qui retenait ses cheveux et la posa sur son bureau avant de commencer à masser son crâne. Elle commençait à avoir mal à la tête et la coiffure qu'elle avait adoptée pour sa visio avec ses élèves n'avait rien arrangé. Rien que de penser à la montagne de travail qui l'attendait pour le reste de la journée lui donnait envie de se cacher sous la couette.
Naïvement, elle avait pensé que le fait de faire cours à distance allait pouvoir alléger un peu son emploi du temps. Mais il n'en était rien, chaque jour, elle devait fournir deux fois plus d'énergie pour la visio quotidienne d'une heure avec ses petits élèves et quand elle enseignait en présentielle. Et on ne parlait pas des devoirs et des activités qu'elle devait créer pour tenir occuper ses têtes blondes chez eux. C'était le prix à payer pour garder son travail.
"Il faut que tu arrêtes."
La voix d'Emmett gronda derrière elle, ses deux mains se posèrent sur ses épaules avant de commencer à les masser.
"Est-ce que tu vois dans l'état que tu te mets ? Cela fait à peine un mois et j'ai l'impression de vivre avec un fantôme."
"Je n'ai pas le choix, Emmett !"
Ses mains quittèrent ses épaules, la seconde, il fit pivoter sa chaise de bureau pour lui faire face. Les traits de l'homme qu'elle aimait étaient dur et rongé par l'inquiétude. Elle ne l'avait jamais vu comme ça. Ce qui la fit culpabiliser encore plus qu'elle ne l'avait fait pour le moment. C'était à peine si elle avait pu passer du temps avec lui ces dernières semaines. En plus, elle lui devait sa survie. C'était lui qui lui préparait ses repas, qu'il lui rappelait de manger, de se coucher, allant même parfois à la coucher lui-même quand elle s'endormait sur le canapé devant la télévision.
"Oh, mais tu vas avoir le choix, ma belle ! Soit tu continues comme ça et tu flingues la santé, soit tu arrêtes de te mettre autant de pression et d'investissement pour répondre à des critères d'une femme au foyer mal baisé."
"Emmett !" fit-elle abasourdi.
"Tu as des cernes, tu dors mal, tu manges peu, tu as même perdu du poids, mais surtout, tu n'es pas heureuse ! Et je ne suis pas le seul à m'inquiéter ! Jackson et par extension Alice aussi ont trouvé que tu as changé ! Et tu n'imagines même pas les parents des autres enfants !"
"Je ne peux pas perdre mon travail, Emmett."
"Et tu ne le perdras pas ! Ce n'est pas parce que tu vas ralentir les choses que cela fait de toi une enseignante négligente, d'accord ? Parce que je peux mettre ma main à couper que tu es la seule qui t'investit autant et à qui on fout trop de pression. Angela me l'a assuré."
"Je…" commença-t-elle avant que les premières larmes ne commencent à couler.
Bien trop rapidement et facilement, elle se retrouva debout dans ses bras. Son visage se pressait contre son torse, son endroit préféré.
"Chut… Ça va aller, ma chérie." chuchota-t-il.
Cela lui avait manqué d'être pressé ainsi contre lui. Bien sûr, ils étaient ensemble 24h sur 24, mais c'était la première fois depuis qu'elle avait emménagé qu'elle se sentait réellement proche de lui. Leur intimité lui avait tellement manqué.
"Est ce le bon moment pour t'annoncer que tu as une vision avec tes parents d'élèves dans 10 minutes pour parler de ton nouveau rythme ?"
"Tu as organisé ça pour moi ?" demanda-t-elle émue.
"Avec l'aide d'Alice ! Ils s'inquiètent tous pour toi et c'est aussi compliqué pour eux de continuer avec le rythme que tu imposes."
"Vraiment ? Ils ne sont pas contents ?"
"Non, ils sont contents de ton travail, mais pas des revendications de Volturi. Une minie révolution est en marche, ma chérie ! Slogan : on emmerde Volturi !"
Elle ne put s'empêcher de rire face à son enthousiasme. Oubliant le fait qu'il avait pris la décision pour elle sans même la consulter afin de réduire sa charge de travail. Mais est ce qu'elle pouvait vraiment lui en vouloir surtout après avoir vu son inquiétude sincère pour elle. Qu'est-ce qu'elle pouvait l'aimer !
C'était comme ça qu'une heure plus tard, elle était à nouveau dans ses bras pour apaiser ses larmes de soulagement. Ses parents d'élèves avaient réussi à créer un planning qui convenait à tout le monde pour les prochaines semaines. Il n'y aurait plus qu'une visio par semaine et lui avait demandé d'avoir moins de devoirs, mais plus d'activités comme les enfants pouvaient avoir actuellement, car les parents adoraient participer avec leurs enfants. Et la meilleure chose, Alice Whitlock avait promis de s'occuper personnellement de Jane Volturi, devant ainsi son propre super héros !
Vendredi 10 juillet 2020 - Maison d'Emmett Cullen et d'Isabella Swan - Seattle - Broadmoor
Cela faisait trois fois qu'elle calculait. Mais rien n'y faisait, c'était toujours le même résultat. Ajoutez à la fatigue et aux nausées. Elle ne devait pas se faire trop d'illusion. Elle était enceinte.
Comment cela avait pu arriver ?
Elle prenait une contraception, ce qui réduisait quasiment à cent pour cent ses chances de l'être.
Qu'est-ce qu'elle allait faire ?
Mille pensées traversaient son esprit. Comment mener une grossesse dans ces conditions ? Qu'allait-elle faire avec son travail ? Comment Emmett allait-il le prendre ? Allait-il penser qu'elle le piégeait ? Parce que c'était ce qu'on pouvait penser immédiatement. Ils n'étaient ensemble que depuis fin novembre, n'étaient même pas mariés (quoi que ce n'était pas vraiment un critère important), elle n'était même pas sûr de continuer à vivre avec lui une fois la crise sanitaire terminée.
"Bella ?" interrogea-t-il après un coup à la porte de son bureau. "Tu as besoin de quelque chose en plus pour les courses ?"
"Je… Non, c'est bon normalement."
"Pas de tampons, tu es sûr ? Parce que j'ai regardé dans la salle de bain et il n'y en avait plus."
Elle sentit son visage blanchir sous la remarque. Il avait remarqué ça avant elle. Elle n'avait pensé qu'à l'absence de son cycle pas au manque de protection. Devait-elle lui demander un test de grossesse maintenant ou alors le commandait de son côté, le passer et se rendre compte qu'il était négatif et qu'elle n'avait ses symptômes parce qu'elle couvrait une grippe.
"Oh…" fit-il.
Un silence gênant se créa temporairement entre eux alors que la panique commençait à prendre plus d'ampleur en elle.
"Est-ce que je dois commander un test de grossesse ?" demanda-t-il à voix basse.
Il allait être en colère, elle en était sûre. Alors malgré son angoisse, elle acquiesça. Elle vit ses mains si fortes trembler sur le téléphone alors qu'il le manipulait pour finir par le ranger dans la poche arrière de son jeans.
"Je suis désolée." chuchota-t-elle.
Il releva la tête vers elle, surpris.
"Désolée pour quoi ?"
"Je…. De…. De te mettre dans cette situation. Je ne voulais pas."
"Viens ici." dit-il en tendant la main.
Il avait pris entre-temps place sur l'un des fauteuils présent dans la chambre qui lui faisait office de bureau depuis qu'elle avait emménagé avec lui. Elle quitta donc sa chaise de bureau pour le rejoindre. Il lui donna une impulsion pour qu'elle s'installe au travers de ses genoux.
"Alors à moins que tu aies des talents dignes de Breaking Bad, je suis persuadé que la pilule que tu prends consciencieusement chaque soir est un contraceptif plus que correct. Deuxièmement, même si cela peut arriver alors j'aurai dû porter un préservatif en connaissance de cause. Et dernier point, nous ne sommes pas sûres."
"Il y a de grandes chances quand même."
"Peut-être. Et si c'est le cas, alors c'est comme ça !"
"Ça ne te dérange pas ? Tu n'es pas en colère contre moi."
"Au dernier nouvel, il faut être deux pour faire un enfant, Bella. Et est-ce que ça me dérange ? Oui… Mais attention, pas dans le sens que tu l'entends. J'aurais aimé faire les choses bien, si je peux dire ça comme ça. J'aurais aimé qu'on ait plus de temps ensemble, te proposer et t'épouser."
Elle fondit sous ses mots et sous la tendresse de ceux-ci.
Mercredi 12 août 2020 - Maison d'Emmett Cullen et d'Isabella Swan - Seattle - Broadmoor
"Tu veux vraiment reprendre ? Es-tu sérieuse ?"
"Oui, tu veux que je fasse quoi ? Je ne suis pas malade, Emmett, je suis simplement enceinte !"
Il lâcha un rire désabusé avant de passer une main sur son visage.
"Je n'arrive pas à y croire. Tu veux risquer ta santé, et par la même occasion celle de notre bébé, pour un boulot que tu fais dans un environnement que tu détestes ?" dit-il avec colère. " Tu veux vraiment reprendre ce cycle d'épuisement, de pleur, de stress que tu as connu avant que je ne te pousse à ralentir ? Parce que là, clairement, je ne pourrais pas le faire dans ta putain de salle de classe."
"Je n'ai pas le choix." répondit-elle en détachant chaque mot pour insister.
"Si tu as le choix ! Tu restes là avec moi, à profiter de ta grossesse plutôt qu'à ne pas la vivre pleinement !"
"Je ne peux pas, Emmett !"
"J'adore quand tu es têtue, mais là Bella, tu me tues vraiment. Je n'arrive vraiment pas à te comprendre. Je ne te demande pas d'être femme au foyer, mais de simplement attendre que la situation soit mieux pour reprendre dans un endroit qui soit meilleur pour toi."
"Je n'ai vraiment pas le choix, Emmett. Je ne peux pas tout quitter comme ça."
Il poussa un énorme soupir et arrêta d'arpenter le salon pour s'asseoir sur la table basse juste en face d'elle.
"Alors, explique-moi pourquoi. Sans mensonge ou demi-vérité."
Elle grimaça sous la demande. Bien sûr, si elle le pouvait, elle arrêterait tout pour être avec lui et profiter de cette aventure qu'il était en train de vivre. Elle pouvait sentir ses joues rougir sous la gêne des vérités qu'elle allait sortir. Elle se racla la gorge pour se donner le courage de lui expliquer.
"Premièrement, l'assurance."
"Faux argument, je peux te faire passer sur mon assurance quand je veux."
"Seulement si nous sommes mariés."
"Alors faisons-le. Marions-nous, tu seras sur mon assurance et tu pourras arrêter temporairement."
Elle lâcha un rire désabusé.
"Ouais et ensuite, tu me rendras visite en prison, car je n'aurai pas été capable de terminer de payer mon foutu prêt étudiant et que je n'ai actuellement aucun argent, aucune possession qui ne pourrait être saisie pour remboursement !"
Il la regarda incrédule.
"Ce n'est qu'une question d'argent ?"
"Et pas que ça ! Que se passe-t-il si un jour, tu te réveilles et que tu découvres que tu ne m'aimes plus. Je serais seule, avec un enfant, sans rien, mais avec une tonne de dette !"
Il se pencha pour saisir ses mains.
"Ce qui n'est pas prêt d'arriver, ma petite tête de mule ! Je t'ai trouvé, je te lâche plus !" gloussa-t-il un peu plus relaxé avant d'afficher un grand sourire. "Attends, j'ai une idée."
Elle le regarda partir rapidement vers son bureau pour en ressortir quelques secondes plus tard avec un bloc-notes, un crayon et une calculatrice. Il retourna s'installer cette fois-ci à côté de lui.
"Alors, je ne sais pas combien il te reste à rembourser, mais je vais le faire, peu importe la somme."
"Emmett, non, j'aurai vraiment l'impression de profiter de toi !"
Il secoua la tête tout en continuant d'écrire sur son bloc-notes.
"Nope, parce que tu vas te rendre compte à la fin que c'est moi qui vais profiter de toi." expliqua-t-il. "Imaginons dans notre scénario que tu arrêtes d'enseigner et qu'à la place, tu restes à la maison pour élever nos enfants."
"Nos enfants ?"
"Parce que tu crois que je n'en veux qu'un ?" demanda-t-il avec un sourire amusé. "Petite naïve va !"
Elle se mordit la lèvre pour ne pas rire face à sa bonhomie retrouvée.
"Ok, ça veut donc dire que tu vas faire certaines tâches : en premier le ménage, même si nous avons une femme de ménage, elle n'est pas là tous les jours. Elle est payée environ 25 dollars de l'heure. Tu vas devoir acheter des choses pour le bébé et la maison. Donc une paie d'environ 300 dollars par jour pour un personale shopper. Ensuite la cuisine et la pâtisserie, car tu ne vas pas vouloir que notre bébé consomme des choses industrielles et que jamais nous n'aurons de chef privé. De ce fait, nous sommes à 200 dollars par jour. L'enseignement privé, car tu vas vouloir apprendre à notre bébé à parler. Ce qui vaut environ 35 dollars de l'heure. Et enfin chauffeur, il faudra conduire le bébé aux rendez-vous médicaux, chez nos parents, ici, je suis à 180 dollars la journée."
Durant son explication, il avait commencé à remplir un tableau qu'il avait fait sur son bloc-notes.
"Bien, si on multiplie tout ça par le nombre d'heures par jour pendant un mois. Ça nous donne donc un salaire de 13 290 dollars. Ça, ma chérie, c'est ce que je te devrai si tu décides de rester à la maison et de prendre soin de notre bébé, de la maison et de nous pour un mois et je n'ai même pas compté le dog-sitting. Alors tu vois me laisser te rembourser, ton prêt me ferait faire de sacrées économies."
Elle le regarda avec des grands yeux admirateurs de son génie pour présenter finalement un argument plus que convainquant. Bien sûr, le fait de ne plus jamais revoir les personnes qu'elle détestait à son travail était aussi un énorme plus.
"Oh, bien sûr, tu vas m'épouser aussi ! Non-négociable." ajouta-t-il.
Elle éclata de rire à en pleurer. Pour la première fois, depuis longtemps, elle avait l'impression que le poids qui pesait sur ses épaules était fin parties.
"T'ai-je déjà dit que je t'aimais aujourd'hui ?"
Vendredi 15 août 2020 - Maison d'Emmett Cullen et d'Isabella Swan - Seattle - Broadmoor
D'un geste nerveux, elle caressait la fourrure de Kylo qui avait trouvé refuge entre ses jambes alors qu'elle était installée à son bureau. Aujourd'hui, sa vie allait changer pour de bons.
"Votre décision est irréfléchie, mais à quoi pouvais-je m'attendre de votre part ?" gronda Madame O'Sullivan
Elle avait reçu la veille un message lui demandant d'être présente pour une visio avec le corps administratif de l'école. Une dizaine de personnes la regardait en lui demandant des comptes pour sa décision de quitter son emploi. Jane Volturi semblait jubiler du savon que sa désormais ex-patronne lui passait.
"À vrai dire, j'aurais pu simplement vous envoyer ma notification pour ne pas renouveler mon contrat et ne pas accepter cet entretien. Légalement, je n'en ai aucune obligation. Mais il me semble important de le faire."
"Et pourquoi Mademoiselle Swan ?" demanda Victoria Hunters.
Celle-ci s'était révélé une alliée surprenante durant la période du confinement notamment en envoyant un message pour rappeler aux professeurs que tous les enfants ne pouvaient pas avoir accès à un ordinateur et que tous les parents ne pouvaient pas être des professeurs particuliers, car eux aussi devaient continuer de travailler en distanciel. Cela avait eu le don de faire définitivement la bouche de Jane Volturi.
"Dans un premier temps, parce que je viens d'apprendre que je suis enceinte et que je ne compte pas mettre ma santé et celle de mon bébé en danger."
Suite à l'annonce, elle reçut une vague chaleureuse de félicitations la coupant dans son élan. Toutefois, cela eut le mérite d'attendrir une grande partie de son public et de faire voir qu'elle avait une raison valable de ne pas revenir.
"Puis dans un second temps, vous devez savoir qu'il a été très difficile pour moi de travailler à la fois à l'école ainsi qu'à la maison ces derniers mois. Non pas que les élèves étaient difficiles, au contraire même. Mais je ne sais pas si vous le savez, mais j'ai subi énormément de pression de la part de Madame O'Sulivan ainsi que de Madame Volturi. Elles n'ont cessé de remettre en cause ma pratique pédagogique depuis le premier jour où j'ai démarré. Et son allée jusqu'à m'imposer certaines choses durant cette période de confinement."
Elle entendit O'Sulivan renifler dédaigneusement.
"Ne vous êtes-vous jamais dit qu'il y avait une raison à ça ?" demanda l'un des membres du conseil d'administration.
"Non, je sais de source sûre et j'ai même des preuves que je suis la seule enseignante à qui on a imposé un rythme inhumain durant la période du confinement." expliqua Bella calmement. "Je vais même ajouter qu'il s'agit ici d'un cas de harcèlements envers ma personne de ces deux personnes. Et qu'actuellement, mon avocat est en train d'étudier le dossier pour déposer plainte auprès d'un juge."
Par avocat, elle voulait dire quasi-beau-frère. C'était le grand frère d'Emmett, Edward qui lui avait proposé de l'aide quand elle avait annoncé à la famille d'Emmett lors d'une visio qu'elle ne serait pas là pour la rentrée, s'il y avait une rentrée scolaire. Bien sûr, elle n'avait pas dit que c'était principalement parce qu'elle était enceinte. Cette annonce, Emmett et elle voulaient la garder pour un peu plus tard. Alice avait supposé que c'était par rapport à ses conditions de travail. Ce qui n'était pas faux en un sens et donc sa famille avait compris son choix.
"Je pense que nous ne sommes pas obligés d'en venir à cela, Mademoiselle Swan." dit un autre membre du conseil d'administration. "Il semblerait que votre demande, de quitter votre poste soit tout à fait légitime et nous ne pouvons que vous souhaiter beaucoup de bonheur pour cette nouvelle étape de votre vie."
"Monsieur Duncan a raison ! D'ailleurs, nous n'avons plus besoin de vous pour le reste de cette visio, nous vous remercions de nous avoir accordés un peu de temps dans votre journée."
Une vague d'au revoir se fit entendre avant que la conversion se coupât de son côté. C'était la prise de congé la plus étrange qu'elle n'avait jamais vécu.
"Eh bien, si c'était aussi facile, j'aurais dû te mettre enceinte bien plus tôt."
"Emmett !" râla-t-elle.
Il avait été présent durant la visio, se cachant dans un angle de la pièce pour ne pas être vu. Mais entre lui et Kylo, elle avait eu un sacré soutien émotionnel.
"Allez, ma belle, suit le conseil de ces vieux râles, profitons du bonheur de cette nouvelle aventure."
Elle sourit et le rejoignit. Il avait raison, ce nouveau chapitre serait placé sous le signe du bonheur.
Ai-je à minima soulagé votre soif de vengeance contre Jane Volturi et sa super copine ? :)
