Hello hello hello...

Oui, voilà, je sais que vous ne l'attendiez plus et je me demande moi-même si ça a encore du sens de continuer cette histoire... En fait, je pense qu'elle me hantera tant que je ne l'aurais pas terminée donc, ça avance doucement mais je ne lâcherai pas :)

Je ne vais pas tergiverser 106 ans, ce chapitre on l'a déjà assez attendu comme ça donc bonne lecture à toutes et tous !

Ah si, petite question avant de commencer : comme je mets beaucoup de temps entre 2 chapitres, est-ce que vous pensez que c'est une bonne idée de mettre un petit résumé des épisodes précédents en intro ou ce n'est pas nécessaire ? N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez en review ;)

Enjoy !


** Eclaircie **

"Salut Aom-... Mais… Mais qu'est-ce que tu fous comme ça ?"

Son sourire venait de se faner, laissant place à la stupéfaction : Aomine était allongé sur sa table de massage, complètement nu, bras croisés derrière la tête.

Enfin, petite rectification, il n'était pas totalement nu… Frileux, monsieur avait gardé ses chaussettes.

"Quoi ? Qu'est-ce que je fous comme ça ?" répéta Aomine d'une voix plus aiguë… tentative douteuse d'imiter la jeune femme face à lui.

"Ça paraît évident, reprit-il. J'suis venu pour mon massage ! C'est bien pour ça que Satsu m'a cassé les couilles toute la journée, non ? Alors voilà, j'suis là !"

Kat senti une vague de colère la submerger. L'attitude d'Aomine, sa réponse, le ton employé… Il ne la prenait pas au sérieux et ne s'en cachait même pas. Elle se sentait furieuse contre lui, mais aussi contre elle-même. Elle se rendait compte à présent combien elle avait été naïve de s'attendre à autre chose qu'à de la provocation et de l'arrogance de sa part.

Après avoir consacré tant d'efforts et de sacrifices à ses études, être réduite au statut d'esthéticienne était douloureux pour elle. Elle n'avait rien contre cette profession, elle-même fréquentait régulièrement les salons de beauté, mais bordel, elle ne pouvait pas accepter d'être considérée ainsi. La mâchoire crispée, elle fit un effort pour ne pas lui sauter à la gorge sur le champ.

Si Kat avait choisi ce métier, c'était pour prendre soin des gens et des corps. Elle aimait fondamentalement ça. Et, même si parmi ses patients, certains se montraient difficiles, elle savait qu'elle devait faire avec. On ne pouvait décemment pas commencer à ne pas soigner les cons… La population mondiale risquait d'en prendre un coup ! Mais, malheureusement, les cons n'étaient pas du genre à souffrir en silence…

Elle le regarda. Sourire satisfait sur le visage, il était visiblement content de sa connerie.

"6 months… It only lasts 6 months… There are so many good things aside… Don't let him waste your experience here… Think about Taiga, Think about Japan, Think about your diploma…You need to get along… at least when you're here…"

Après tout… S'il voulait un massage… Pourquoi pas ? Kat relativisa, se disant que de toute façon cette première séance servait à briser la glace et qu'elle pourrait ainsi observer son corps, sa souplesse, ses réactions. Elle soupira, résignée.

Préférant garder le silence, Kat enleva son manteau, son écharpe et son bonnet, les accrocha près de son bureau avant d'aller se laver les mains.

"Tu fous quoi ?" demanda sèchement Aomine à son tour.

"Il fait moins 3 degrés dehors, je ne suis pas sûre que tu apprécies de te faire masser avec des glaçons à la place des mains…"

Aomine fut surpris de cette réponse. Ses actions n'avaient pas eu l'effet escompté et cela le déstabilisait un peu. Il s'était attendu à se faire rembarrer… Il avait volontairement joué la carte de la provocation dans l'espoir de la faire sortir de ses gonds et de pouvoir rentrer chez lui en la rendant responsable de cette situation.

Il hésita un instant à pousser le bouchon un peu plus pour la faire disjoncter et rentrer. Mais, même si cette idée était tentante, son voyage en Corée avait été mouvementé et se laisser dorloter pendant une heure était une option tout aussi séduisante… Mais devait-il se laisser masser dans ces conditions ? Rien ne lui garantissait que Kat ne profiterait pas de la situation ou même qu'elle était réellement compétente ! !

Ses précédentes expériences avec les kinés du club lui avaient d'ailleurs démontré que les massages pouvaient être douloureux. Il se rappelait notamment du sourire sadique qu'affichait l'un d'entre eux à chaque fois qu'il faisait craquer ses articulations.

De plus, sa cheville le faisait encore souffrir malgré ce qu'il racontait à qui voulait l'entendre

"Mets-toi sur le ventre, je vais commencer par ton dos… Et enlève tes chaussettes au passage."

Kat avait hésité à lui demander de remettre son boxer en même temps qu'il enlevait ses chaussettes, mais elle s'était ravisée. Non seulement la nudité ne la dérangeait pas, bien au contraire, mais de surcroît, elle ne voulait pas lui donner l'impression qu'il avait de l'emprise sur elle, cela aurait été céder à ses provocations. Si elle y réagissait, leur relation ne s'améliorerait jamais.

Aomine fut étonné de constater que la voix de Kat était douce et posée. Les rares fois où ils avaient échangé, elle s'était montrée sarcastique et moqueuse. Il s'était attendu à de l'agressivité de sa part, mais au contraire, ce soir, elle avait quelque chose de chaleureux.

Il la regarda avec scepticisme, mais finit par obéir, quelque peu déstabilisé par cette situation qui n'évoluait pas comme il avait imaginé.

Il se positionna comme demandé, enfonçant sa tête dans le trou de la table de massage et ferma les yeux.

"J'ai l'habitude de bosser en musique… are you OK with that ?" demanda-t-elle sur le même ton en lui installant un drap fin sur le corps.

"Ça dépend, tu vas nous mettre quoi ? Des chants d'oiseau et des cloches tibétaines ?"

Kat avait l'habitude de ce genre de cliché et préféra faire comme si elle n'avait pas entendu la question.

"J'ai différentes playlists suivant les soins que je pratique… Mais vu l'heure, je pensais en effet à quelque chose de zen… T'as quelque chose contre trip hop ?"

"J'y connais rien trip machin… fais-toi plaisir… tant que ça m'agresse pas les oreilles… "

Alors que les premières notes de guitare résonnaient, Aomine sentit à travers le drap la chaleur des mains de Kat se posant sur son dos. Elle commença à les promener sur son corps dans un mouvement fluide et peu appuyé, lui apportant un soulagement instantané.

"Normalement, je ne fais pas ce genre de massage. Les modelages relaxants, tout ce genre de trucs…" Bien qu'ayant accepté la requête d'Aomine, Kat tenait à cette petite mise au point.

"Mais bon, ajouta-t-elle, disons que les circonstances sont exceptionnelles…"

Le joueur ne répondit rien, conscient que Kat se montrait là plutôt magnanime. Bien qu'il soit considéré comme un connard arrogant par beaucoup, il n'était pas stupide pour autant.

Non, ce qui le préoccupait était les motivations cachées de Kat. Elle devait avoir un intérêt à agir ainsi. Cela semblait suspect...

Rattrapé par la fatigue, il décida de remettre sa réflexion à plus tard. D'autant plus que ce massage commençait bien.

Les mains de Kat quittèrent les épaules d'Aomine pour descendre sur ses reins, ses fesses, ses cuisses, ses mollets… En arrivant sur ses chevilles, Kat le sentit se tendre.

"Je n'y toucherai pas ce soir, le rassura-t-elle. On y reviendra bientôt."

La cheville était effectivement encore gonflée. Il fallait absolument qu'elle trouve un moyen de l'immobiliser… et qu'il se montre coopératif !

Elle remonta le long de ses jambes, jusqu'aux épaules, puis redescendit dans les bras jusqu'à la pointe de ses doigts.

Dire qu'Aomine était tendu était un euphémisme. Ce premier effleurage avait permis à Kat de faire un point rapide sur l'état dans lequel se trouvait le corps de son patient. Elle se dit que finalement un massage relaxant n'était pas une si mauvaise idée, un traitement efficace serait difficile avec autant de contractures.

Elle recommença ces effleurages plusieurs fois puis s'éloigna de quelques pas pour attraper un flacon d'huile posé sur le radiateur.

"Ça chlingue ton truc ! C'est quoi ?" s'exclama le jeune homme alors que Kat lui en versait une bonne quantité sur le dos après avoir rabattu le drap sur la moitié inférieur de son corps.

"De l'huile d'arnica. C'est pour détendre les muscles."

Disant cela, elle étala l'huile sur le dos d'Aomine et se mit à travailler ses trapèzes et sa nuque.

"Et tu pouvais pas en prendre une qui sent bon ?"

"J'utilise la meilleure, peu importe l'odeur… Et puis j'trouve que ça sent bon moi !"

"Ouais… Ça confirme juste que tu as des goûts de merde…"

"Pardon ?" Demanda Kat, surprise.

"Tu t'es quand même tapé Wakamatsu !" ricana Aomine.

Un léger sourire se dessina sur le visage de Kat, elle ne voulait pas répondre à cette remarque qui sonnait davantage comme provocation qu'une réelle agression. Le massage commençait à faire effet, la panthère se montrait moins véhémente dans ses attaques. Pour la forme, elle se contenta de soupirer bruyamment, signifiant ainsi son désaccord à Aomine sans pour autant entrer dans un débat stérile.

Sous les mains expertes de Kat, les muscles d'Aomine se relaxaient petit à petit. Il retint un gémissement de plaisir, refusant de lui donner la satisfaction de savoir qu'elle arrivait à l'apaiser. Il se contenterait de rester impassible quoi qu'il arrive.

Après la nuque et les trapèzes, Kat continua vers ses épaules, son dos et enfin ses bras puis ses mains. Aucun muscle, aucune articulation, mais surtout aucun nœud n'échappait aux doigts doux et précis de la jeune femme. Sous la chaleur des mains de Kat, son corps devenait de plus en plus lourd. Il avait oublié à quel point un bon massage pouvait faire du bien. La colère qu'il ressentait quelques minutes plus tôt était en train de s'estomper, remplacée par une agréable sensation de détente. Il décida de profiter pleinement de ce moment, ferma les yeux et se laissa emporter par les sensations.

Aucun des deux ne prononça plus un mot.

Kat était concentrée sur ses gestes, Aomine sur le bien-être physique qu'il n'avait pas ressenti depuis bien longtemps.

La musique résonnait dans la pièce, les mains expertes de Kat glissaient sur le corps musclé de l'athlète. Si pour elle tous les corps étaient beaux, elle devait reconnaitre que ceux des sportifs avaient quelque chose de spécial. Bien que dotés des mêmes muscles et organes que le commun des mortels, certains chanceux, dont Daiki faisait incontestablement partie, avaient été gâtés par la nature. Travail acharné et hygiène de vie saine aidant, ils en avaient fait de véritables armes de pointe pour exceller dans leur discipline.

Kat remonta délicatement le drap pour couvrir le dos d'Aomine et s'occuper du bas de son corps. L'air frais sur ses fesses maintenant découvertes fit frissonner le jeune homme. Un filet d'huile tiède et les mains chaudes de la jeune femme calmèrent très vite cette sensation désagréable.

Minutieuse, Kat reprit son massage en ne négligeant aucune zone. Des fesses jusqu'aux orteils, chaque centimètre carré du corps du joueur eut droit à une attention particulière. Seule sa cheville douloureuse fut volontairement évitée.

Le pied est l'une des mécaniques les plus importantes du corps humain. Non seulement chaque pied se compose de très nombreux os et glandes, mais 7 200 terminaisons nerveuses les relient au cerveau. Et pourtant, c'est également l'une des zones des plus négligées. Dans son métier, Kat voyait passer beaucoup de pieds malmenés et ceux d'Aomine ne faisaient pas exception. Elle leur apporta donc le plus grand soin en commençant par travailler les voutes par de légères pressions des pouces afin de délier les points de tension. Elle se concentra ensuite sur chaque orteil, utilisant ses doigts pour étirer délicatement les articulations. Enfin, elle passa aux talons, utilisant ses paumes pour effectuer des mouvements doux, mais fermes, soulageant ainsi la tension accumulée dans cette région.

"Aomine… tu peux te mettre sur le dos maintenant"

Aucune réponse.

Il avait fini par s'endormir.

S'il n'avait pas été aussi tard, Kat l'aurait laissé se reposer. Mais malheureusement pour lui, elle devait le réveiller.

"Aomine, répéta-t-elle doucement en le secouant légèrement au niveau de l'épaule. Aomine, hello, il faut se réveiller…"

Relevant lentement la tête, le jeune homme rassemblait ses idées pour essayer de se souvenir de ce qu'il faisait ici.

"Je n'ai fait que la moitié… est-ce que tu veux continuer ou est-ce que ça te va pour aujourd'hui et on se dit à demain ?" demanda Kat, amusée par le regard vide face à elle.

Aomine hésita un instant. Même s'il ne l'admettrait jamais à haute voix, le massage de Kat avait été au-delà de ses espérances. Bien que chiante et peu gâtée par mère nature, elle était douée de ses mains.

"Nan, c'est bon… J'vais rentrer avant que je n'arrive plus du tout à bouger…"

Kat sorti alors de la pièce pour rejoindre Satsuki, le laissant se réveiller en douceur et se rhabiller.

Une fois seul, Aomine se laissa glisser de la table de massage et commença à s'étirer. Il se trouvait dans un état de profonde ambivalence. Parfaitement détendu, il se sentait léger et souple. Le massage lui avait fait un bien fou. Cependant, cela le mettait également en colère. Il aurait préféré que Kat soit nulle dans cet exercice. Cela lui aurait donné une excuse pour continuer à se comporter comme un connard, la faire virer et retrouver sa vie tranquille.

Aussi, une idée désagréable avait germé dans son esprit : peut-être que Satsuki avait raison… Et si Kat pouvait réellement l'aider à revenir rapidement sur le terrain ?

Mais, au lieu de le réjouir, cette perspective le terrifiait. Et s'il était déçu une fois de plus ? L'idée de dépendre de quelqu'un d'autre était pour lui une situation insupportable. Surtout si ce quelqu'un d'autre était cette fille débarquée des États-Unis et qui s'était déjà montrée si décevante. Il se retrouvait face à un tumulte d'émotions contradictoires, sans savoir quoi penser. S'il n'avait pas été si fatigué, il serait bien allé faire quelques paniers, cela l'aurait aidé à réfléchir. Malheureusement, maintenant qu'une bonne partie de ses tensions s'était dissipée, son articulation blessée se rappelait douloureusement à lui. Surtout quand il voulu prendre appui sur son pied droit. Le joueur grimaça et accéléra le rythme. Plus vite il serait rentré, plus vite il irait se coucher et moins il se poserait de questions.

Lorsque Satsuki et Kat arrivèrent quelques minutes plus tard, c'est une pièce vide qu'elles trouvèrent.


Quand Aomine pénétra dans le gymnase vers 14h30, il fut d'abord surpris de ne trouver personne sur le parquet. Il se rappela alors que son équipe avait un match important samedi. Riko et ses coéquipiers devaient certainement être dans la salle de réunion en train de discuter et de préparer minutieusement la tactique pour affronter l'équipe adverse.

Comme à son habitude, il songea à faire demi-tour… À quoi bon rester ? De toute façon, il ne jouerait pas, assister à la préparation ne ferait qu'exacerber sa frustration.

Pourtant, quelque chose le retenait : il n'avait simplement rien de mieux à faire.

Il s'était réveillé en fin de matinée, reposé et de bonne humeur. Il avait alors essayé de ranger son appartement… Essayé. Après avoir déplacé trois boîtes de pizza vides de la table basse au comptoir de la cuisine, il errait à la recherche d'une éponge quand il réalisa la véritable ampleur de ce qu'il venait d'entreprendre. Il s'arrêta net. Cette activité était de la pure torture pour lui, comment une telle idée avait-elle pu germer dans son cerveau quelques minutes plus tôt ?

Une chose était sûre, il avait envie de bouger. Les bars, magasins et salles d'arcade ne le tentaient pas. Et si pour une fois il allait s'entrainer ? Bien que cette pensée le surprit lui-même, l'alternative de se rendre à l'entraînement était finalement beaucoup plus séduisante que de rester enfermé chez lui. Sans trop réfléchir, il prit une douche, enfila un short propre et appela un taxi pour se rendre au gymnase. Avec sa cheville blessée, il ne se voyait pas prendre les transports en commun (et leurs trop nombreuses marches), ni conduire sa voiture, trop sensible pour être utilisée prudemment. Une tentative malheureuse le mois dernier l'avait d'ailleurs presque conduit à écraser un piéton, faute de pouvoir freiner correctement.

Alors qu'il s'apprêtait à quitter la salle d'entrainement vide pour essayer de voir qui de ses potes était libre à cet instant (Kise et Kagami avaient tous les deux des emplois du temps atypiques, il y en aurait forcément un prêt à descendre deux ou trois bières avec lui… ), une troisième option fit son apparition dans le coin de son esprit. Et avant de changer une nouvelle fois d'avis, il se dirigea, inconscient du sourire en coin qu'il affichait à cet instant, vers le bureau de Kat.

"Salut." lâcha-t-il d'un ton impassible en poussant la porte.

La jeune femme leva les yeux des papiers étalés devant elle. Dire qu'elle était surprise était un euphémisme. Satsuki avait laissé entendre qu'il ne fallait pas s'attendre à le voir arriver avant 17 heures, heure à laquelle il se présentait habituellement… Quand il daignait seulement se présenter. Visiblement, le massage de la veille avait un petit goût de reviens-y.

"Salut." répondit-elle alors sur le même ton en s'efforçant de garder une expression neutre, dissimulant tout signe de contentement.

Ils se regardèrent ainsi quelques secondes en silence.

Les secondes semblaient s'étirer, mais aucun des deux ne voulait céder du terrain. Aomine attendait une réaction de Kat... Il savait très bien ce qu'elle pensait, et il savait qu'elle jouait délibérément à ne rien laisser paraître. Le simple fait de le savoir aurait dû lui suffire pour éprouver une sensation de petite victoire, mais avec Kat, cela ne le satisfaisait pas assez. Il voulait la voir flancher. Il voulait réussir à la faire réagir de la même manière qu'elle avait réussi à le faire lors du mariage de son frère.

Kat, consciente des attentes du joueur, éprouvait un plaisir malicieux à ne pas lui donner cette satisfaction. C'était un jeu subtil de pouvoir, de domination, dont elle ne semblait pas disposée à se départir.

Le face-à-face se prolongeait, et chaque seconde qui passait ajoutait une intensité nouvelle à leur duel silencieux. Aucun des deux ne voulait être celui qui baisserait les armes le premier. Leur connexion naissante était faite d'affrontement, d'ambiguïté, et d'une volonté farouche de garder, voire de prendre, le contrôle.

Cependant, Kat dû mettre son égo en sourdine pour revenir à son rôle de soignante. Aomine avait fait l'effort de venir tôt, elle pouvait bien battre en retraite pour l'instant pour s'occuper de sa cheville. Et puis, comme elle se l'était répété maintes fois les jours précédents, elle était là pour ça et elle tenait à mener sa mission à bien.

"Bon alors ? On la soigne cette entorse ?" demanda-t-elle d'un ton plus chaleureux en se dirigeant vers la table de massage installée en position assise. Sans répondre, Aomine alla s'y caler, enlevant ensuite sa chaussure et sa chaussette avec prudence.

Si l'hématome avait disparu depuis longtemps, la cheville était encore un peu enflée.

Kat attrapa le pied du joueur avec délicatesse et commença à tester l'articulation en faisant lentement pivoter le pied sous différents angles.

"Dis-moi si je te fais m-"

"Tu me fais mal."

"Désolée… ça ira, j'en ai assez vu de toute façon. Entre ta façon de marcher et l'inflammation encore présente, pas besoin d'être chir orthopédique pour comprendre que tes ligaments ne sont pas encore guéris."

Elle se tue un instant, avant de reprendre.

"La question est… à quel point sont-ils amochés ?"

"Comment veux-tu que je le sache ?"

"J'attendais pas de réponse… Je réfléchis à haute voix… De quand date ta dernière IRM de la cheville ?"

"C'est quoi ça ?"

"Une IRM ! Un gros tunnel qui fait du bruit à l'hôpital… Ils ont dû t'en faire le jour de l'accident ?"

"Euh… non. Juste une radio… Pourquoi ?"

"Pour la faire courte, c'est pas normal que tu ne sois pas encore guéri. Alors soit ils sont passés à côté de quelque chose à l'imagerie… Soit, il s'est passé un truc entre temps."

"Quel genre de truc ?"

"Combien de temps as-tu porté ton attelle ?"

"Le machin en plastique avec les scratchs ? Le truc qui colle et qui gratte ?"

"Celui-là même."

"J'en sais rien… J'dirais 4 ou 5 fois."

"4 ou 5… fois ? C'est pas des fois que je demande, c'est le nombre de semaines où tu l'as portée…"

Kat commençait à sérieusement s'inquiéter.

"Ah bah mis bout à bout je dirais 2 ou 3 jours max."

Kat n'en revenait pas. Elle resta sans voix.

"J'la mettait quand Satsuki venait me voir, reprit-il, parce que sinon elle me cassait les couilles encore plus que d'habitude… Et j'ai dû la mettre aussi quelques fois au début quand je suis allé taper une balle sur le terrain de street en bas de chez moi… Quoi ? C'est quoi cette tête ?"

"Tell me it's a fucking joke…"

"Quelle blague ? J'suis très sérieux là ! Est-ce que j'ai l'air de rigoler ?"

Kat savait que les réactions psychologies face à une blessure sportive pouvaient être surprenantes. L'athlète, réalisant la précarité de sa situation et l'incertitude quant à son avenir, pouvait se mettre à adopter tout un tas de comportements déviants… Cependant, elle n'avait jamais vu un sabotage d'une telle ampleur !

Continuer à mener sa vie comme si de rien n'était, ne s'accordant ni de vrai repos ni les soins basiques nécessaires à son rétablissement, c'était s'engager à coup sûr vers une retraite prématurée à seulement 23 ans. Était-ce qu'il souhaitait ? Aomine répétait à qui voulait l'entendre qu'il était le meilleur joueur du Japon et que son retour imminent sur les parquets marquerait les esprits. Et en même temps, il faisait tout ce qu'il ne fallait absolument pas faire pour optimiser ses chances de guérison rapide et complète.

La dissonance entre son discours et ses actes était glaçante…

Kat se sentait partagée entre la compassion pour son état et la frustration face à cette autodestruction. Elle avait déjà vu des sportifs éprouver des moments de doute et de vulnérabilité suite à une blessure, mais chez Aomine, c'était d'une tout autre dimension. Sa conduite imprudente semblait presque délibérée, comme s'il cherchait à saborder lui-même ses chances de rejouer un jour.

Kat prenait conscience de toute la complexité de la situation et de l'ampleur de la tâche que Satsuki lui avait confié. Mais, elle savait aussi que, malgré tout son savoir-faire et son engagement, elle ne pourrait pas l'aider s'il ne décidait pas lui-même de se battre pour sa propre guérison.

Alors comment faire pour le convaincre ? Elle était kiné, pas psy ! Devait-elle faire appel à un professionnel pour l'aider dans ce domaine ? Vu le profil du joueur, elle risquait surtout de le braquer et d'aggraver la situation.

De leurs échanges précédents, Kat en concluait que Aomine était quelqu'un de cash. Si elle voulait réussir à l'impliquer dans sa guérison, elle allait devoir être directe et transparente avec lui, encore plus qu'avec tous les patients dont elle s'était occupée jusqu'alors.

"Bon, reprit-elle après avoir rassemblé ses idées, j'vais pas y aller par quatre chemins. Ça pue. Ta cheville est dans un sale état et ton comportement ces dernières semaines a juste aggravé la situation. Tu peux faire l'autruche et penser que je te dis ça pour te faire chier… et crois-moi, j'ai toutes les raisons du monde de le faire… Mais à un moment faut arrêter les conneries et voir les choses en face. Soit, tu réagis, soit, tu dis adieu au basket de haut niveau."

Aomine ne répondit rien. Ce n'était pas la première fois qu'il entendait un tel discours, Satsuki et Riko avaient déjà tenté le coup… Mais aujourd'hui, les mots de Kat résonnaient différemment. C'était peut-être son visage et son ton un peu trop sérieux… qui sait ? Une chose était claire pour lui à cet instant : elle ne se foutait pas de lui. Elle en avait quelque chose à faire. Vraiment. Cela le troublait profondément et il sentit son estomac se nouer.

Le jour de l'accident, le Docteur Tsukishima s'était montré plutôt rassurant et pourtant, il en était là aujourd'hui… Aomine avait-il pris le problème un peu trop à la légère ?

Étrangement de la part du joueur, l'idée de remettre en cause les compétences du jeune médecin ne lui effleura pas l'esprit. Au contraire, pour la première fois depuis longtemps, il commença à se défaire du voile derrière lequel il se cachait. Il ne saurait dire par quelle sorcellerie Kat arrivait à ça, mais c'était comme si les mots que Satsuki lui répétait en boucle depuis des semaines faisaient enfin sens.

Les premiers jours d'arrêt, il était resté chez lui, prétendant aller bien et répétant à qui voulait l'entendre qu'il profitait d'un rab de vacances. Cependant, l'angoisse avait progressivement pris racine dans son esprit. Ce sentiment, il ne le connaissait que trop bien. Et malgré les années et le travail sur lui-même, ses vieux réflexes avaient profité de son état de faiblesse et il avait préféré se raconter des histoires. Il en avait conscience, mais affronter la réalité se révélait plus dur à faire qu'à dire.

"On fait quoi du coup ?" demanda-t-il soudain. Son instinct lui soufflait qu'il devait aller de l'avant, s'il commençait à trop réfléchir, il n'avancerait pas.

"J'suis pas médecin, c'est normalement pas mon rôle de te dire quoi faire… Mais perso, je plâtrerais."

"Quoi ?"

"Ouais… visiblement, tu as du mal avec l'atèle et j'te comprends, le plastique en contact direct avec la peau, c'est pas ouf niveau confort… Mais tu ne peux pas te permettre de laisser ta cheville comme ça. Il faut vraiment l'immobiliser. Totalement. Pendant au moins trois semaines."

"Trois semaines ?!"

"L'idéal serait un mois, voire un mois et demi. Mais si on fait ça tu vas perdre au niveau de la sensibilité sous ton pied et on aura un plus gros travail à faire en rééducation pour éviter la récidive… Et puis comme ton entorse a déjà quelques mois, j'ose espérer que malgré tout tes ligaments ont déjà un peu cicatrisé."

"Trois semaines… Aomine restait songeur, assimilant doucement la nouvelle. Mais qu'est-ce que je vais foutre pendant tout c'temps moi ?! Déjà que j'me fais chier comme un rat mort, si en plus j'peux pas aller taper la balle…"

À ces mots, Kat comprit que le joueur acceptait sa proposition… Mais que la situation restait fragile. Son léger soupir, en prononçant ces mots, témoignait sa résignation mais également un certain agacement. Elle savait qu'elle devait rester attentive à chaque nuance de ses réactions, car bien que la décision semblait prise, le voyage ne faisait que commencer.


Après avoir discuté de la situation avec Satsuki, cette dernière s'arrangea pour leur obtenir un rendez-vous le jour même. Aomine allait recevoir un "plâtre" dernier cri, l'un de ces modèles en matière composite imperméable, lui permettant de se laver, se gratter et même de se baigner.

Kat et Aomine se rendirent donc à l'hôpital où ils furent accueillis par Takao (évidement) qui les accompagna au service d'imagerie médical avant de les conduire auprès d'un médecin qui posa le plâtre en question. Aomine avait d'abord râlé du fait que Kat l'accompagne, mais celle-ci avait répondu vouloir s'assurer qu'il ne change pas d'avis à la dernière minute et qu'il s'éclipse à l'autre bout du monde. Le jeune homme s'était alors surpris plusieurs fois dans l'après-midi de trouver sa présence rassurante… Même s'il ne l'avouerait jamais.

La nuit était tombée quand ils sortirent de l'hôpital. Tous deux étaient fatigués d'avoir trop attendu dans un silence parfois gênant.

Son pied maintenant immobilisé, Aomine fut reconduit chez lui par un taxi tandis que Kat s'engouffra, à contrecœur, dans le métro tokyoïte pour rejoindre l'appartement de son frère et Satsuki.

Une fois chez lui, Aomine se repassa le fil de la journée et se demanda s'il avait bien fait de suivre les recommandations de Kat. Après tout, elle l'avait dit elle-même : elle n'était pas médecin. D'un autre côté, Midormia, qui avait réussi à se libérer quelques minutes pour passer le voir, avait eu l'air de valider l'idée… Mais bon, strictement parlant, lui non plus n'était pas médecin… Pas encore du moins.

Il regarda autour de lui, son appartement était dégueulasse. Il n'y avait pas de mot plus approprié. Et c'est d'ailleurs cette raison qui l'avait poussé à faire un peu de rangement le matin même avant de renoncer faute de réussir à sortir l'aspirateur de sa cachette. Malgré tout, il avait pris le temps d'ouvrir ses volets restés clos depuis des mois, et ce soir, il profitait d'une vue exceptionnelle sur la skyline de Tokyo.

Il avait la chance de vivre dans un penthouse au cœur de la capitale nippone. À son retour des États-Unis, il avait réussi à négocier, en plus d'un salaire indécent, de vivre ici aux frais du club. Même s'il n'y était resté qu'un an, son passage en NBA avait pesé en sa faveur au moment des négociations avec le président du Club.

Le fait que Satsuki et Riko soient déjà à la tête de l'équipe avait également fortement joué pour lui mais Aomine ne le reconnaîtrait jamais, préférant s'attribuer à lui seul le mérite de sa réussite. Après tout, quel mal y a-t-il à soigner son égo ?

Avec le recul et même s'il appréciait beaucoup son appartement, Aomine aurait préféré vivre dans un quartier plus traditionnel. Les lumières artificielles et le bruit permanent, bien qu'atténués par la hauteur de son logement, avaient tendance à le rendre irritable. Il préférait les endroits plus calmes et, contrairement à ce que son intérieur ultra-moderne pouvait laisser penser, il préférait les maisons traditionnelles. Pendant son année aux États-Unis, son grand-père était décédé, laissant derrière lui une petite maison dans le nord du Japon. Et, plutôt que de la laisser décrépir, Aomine avait préféré la racheter à sa mère et à ses oncles, aucun d'entre eux ne pouvant l'assumer financièrement. Il se dit qu'aux beaux jours, il irait bien y passer un peu de temps.

Après avoir fait un détour par le frigo pour prendre une bière, Aomine se laissa tomber dans son canapé, se demandant comment occuper sa soirée. La télé et les jeux vidéos ne le tentaient pas et son plâtre rendait toute expédition nocturne compliquée.

Entre deux gorgées, il attrapa machinalement son téléphone pour aller se perdre dans les tréfonds des réseaux sociaux. Le scrolling infini lui faisait certes perdre quelques neurones, mais il avait le mérite de faire passer le temps. Et puis, il fallait reconnaître que les algorithmes avaient réussi à bien cerner ses goûts : la majorité des profils qui lui étaient suggérés étaient ceux d'idoles aux courbes généreuses et aux tenues minimalistes. Au bout de quelques minutes, son entrejambe lui rappela que la réalité pouvait s'avérer bien plus captivante. C'est ainsi que, d'un geste presque mécanique, il bascula vers son application de rencontres préférée, en quête de compagnie pour la nuit.


Vers midi le lendemain, la sonnerie stridente de son téléphone le tira violemment de son sommeil.

Bordel… quel est le con qui m'appelle aussi tôt ? pensa-t-il en ouvrant péniblement les yeux.

Satsuki.

Ah.

Il hésita un instant à l'envoyer directement sur son répondeur, mais maintenant qu'il était réveillé, autant prendre l'appel. Il savait qu'elle le harcèlerait jusqu'à ce qu'il décroche.

"Allo." répondit-il d'une voix enrouée.

"Salut Dai-chan. Désolée de te réveiller, mais comme je te connais, tu as dû oublier alors je préfère t'appeler avant que Riko le fasse."

"Hein ? Mais de quoi tu parles ?"

"Ta séance de 14h. Vu la vitesse à laquelle tu te prépares habituellement, je te conseille de commencer maintenant !"

"Nan mais tu as pris quoi au p'tit déj? J'te rappelle que j'ai la jambe dans un putain de plâtre là, pas vraiment idéal pour m'entraîner aux dernières nouvelles !"

Bien que contrarié par la situation, Aomine venait de réaliser que le tableau n'était pas si noir. Il avait maintenant l'excuse idéale pour rester au lit les prochains jours. Certes, le temps allait peut-être lui sembler un peu long, mais bien accompagné, cela devrait le faire !

"C'est bizarre que tu me dises ça, normalement Kat a dû te briefer hier, elle et Riko ont établi un programme sur mesure pour que tu puisses t'entrainer quand même. Elle ne t'en a pas parlé ?"

Aomine se souvint vaguement qu'elle en avait fait allusion à un moment, mais, trop concentré à observer le décolleté des collègues de Takao, l'info ne l'avait pas marqué plus que ça.

"Elle m'a rien dit, menti-t-il éhontément. Elle a dû oublier…"

"Ce n'est pas grave." Satsuki n'était pas dupe, mais préféra ne rien relever pour s'assurer de la venue du joueur à l'entraînement. "On est à la salle de muscu, tu veux que je t'appelle un taxi ou je te laisse gérer ?"

Le joueur râla légèrement, mais finit par se lever et se préparer pour rejoindre son équipe.


Nichée dans l'un des quartiers les plus tendance de la capitale nippone, la salle de musculation se situait à proximité de leur gymnase. Lumineuse et parfaitement équipée, elle était depuis quelques années le lieu de prédilection des plus grandes équipes de la ville, tous sports confondus. La réputation du père de Riko, gestionnaire émérite de l'établissement, n'était plus à faire, et la salle était rarement déserte.

Aomine fut accueilli par sa coach. À l'intérieur, le reste de l'équipe s'adonnait à divers exercices sur les appareils dernier cri. L'effervescence régnait, chacun se consacrant à son entraînement. Kat, quant à elle, se déplaçait de joueur en joueur, ajustant postures et mouvements au besoin. Une harmonie dynamique régnait dans cet espace, entre l'énergie débordante des sportifs, le bruit caractéristique des haltères et le parfum d'effort qui flottait dans l'air.

La jeune femme avait troqué sa blouse pour une tenue de sport près du corps et Aomine ne put s'empêcher de constater à nouveau à quel point elle était filiforme. Son legging mettait ses fesses en valeur, attirant l'attention de manière non négligeable, comme en témoignaient les regards appréciateurs des joueurs présents. Ce constat noua le ventre d'Aomine et lui inspira du dégoût pour ses coéquipiers. Même si ces derniers essayaient d'être discrets, leur attitude l'irritait.

Bande de charos…

Ses yeux se dirigèrent de nouveau vers la jeune femme, scrutant le haut de son corps. Le constat était sans surprise : décevant. Aucun changement notable depuis l'été. La poitrine manquait cruellement de volume. Cependant, son regard fut happé par ses épaules et ses bras fins mais musclés, superbement dessinés. À cet instant, il se dit que les filles au physique athlétique avaient aussi leur charme… Abstraction faite de leur poitrine.

"Quand tu auras fini de mater, va te changer et installe-toi sur le rameur, Kat va venir te montrer comment t'installer pour ne pas solliciter ta cheville."

Aomine roula des yeux, prétendant que lui n'était pas "comme ça" et que jamais, ô grand jamais, il ne materait Kat car "de toute façon il n'y a rien à mater". Riko se contenta d'acquiescer en rigolant avant de s'éloigner. Un peu gêné d'avoir été pris en flagrant délit, il se changea en bougonnant, puis alla s'installer sur la machine indiquée, bientôt rejoint par la kiné qui n'avait rien entendu de leur échange.

L'après-midi se déroula sans encombre. Aomine effectua les exercices demandés, exprimant quelques fois son mécontentement lorsque les positions ne lui convenaient pas, mais il ne dépassa jamais les bornes. Malgré tout, se dépenser et travailler son corps lui faisait le plus grand bien.

Il quitta la salle plutôt satisfait de sa journée.

Une fois que tous les joueurs eurent quitté les lieux à leur tour, les trois femmes prirent un moment pour discuter des événements avant de s'en aller.


Kagami n'étant pas de garde ce soir, Satsuki et les jumeaux passèrent la soirée ensemble autour d'un bon repas cuisiné par le jeune pompier.

Fatigués de leur journée, ils optèrent pour une bonne nuit de sommeil dès que la table fut débarrassée.

Dans l'intimité de sa chambre, Kat repensa au déroulement de la journée. Elle réfléchissait aux exercices à mettre en place pour aider les joueurs à progresser et à corriger leurs gestes afin de prévenir les blessures. Malgré l'attitude toujours aussi peu amicale d'Aomine, elle reconnaissait qu'il avait fait des efforts. Pensive, elle se demandait si leur entente cordiale pourrait perdurer, ce qui constituerait un bon signe pour sa guérison.

Plongée dans ses pensées, Kat fut soudainement tirée de ses réflexions par des bruits très équivoques qui résonnaient depuis la pièce voisine.