Commentaire d'auteur :
Bonsoir les ptits loups ! J'espère que vous allez bien ! Tout d'abord, désolée de cette publication un peu tardive ! Pour tout vous dire, j'ai carrément oublié que je devais écrire ce chapitre (non c'est pas une blague) et quand je m'en suis rappelé, on était déjà jeudi ! Puis j'ai eu du mal à me mettre à l'écriture, et c'est seulement après une sieste jusqu'à 19h aujourd'hui que j'ai trouvé la motivation de le finir ! Cependant je me rattrape car ce chapitre est plus long que d'habitude d'un bon tiers (4000 mots au lieu de 3000) et je pense que vous allez beaucoup l'apprécier héhé
BREF je n'en dis pas plus, je vous laisse lire et on se retrouve en bas !
PS : comme d'habitude, merci de ne pas faire remarquer les fautes d'inattention, je n'ai pas le temps ni l'envie de corriger :)
Réponse aux reviews visiteurs :
kazu : Salut ! Je suis super contente de te revoir dans mes reviews après ma longue pause ! On est bien d'accord qu'il fallait quelqu'un pour corriger la vue de notre pauvre Harry ! J'espère que ce chapitre te plaira, bonne lecture !
CHAPITRE HUIT
Harry fronça les sourcils, fixant le reflet que lui renvoyait le miroir face à lui. La robe de sorcier qu'il portait était extravagante, à l'opposé de tout ce qu'il avait toujours porté à son époque. Le tissu noir était d'une douceur folle, d'une matière qu'il ne connaissait pas, semblable à du velours moldu. Les bords étaient brodés d'oiseaux aux plumes émeraude prenant leur envol, et le pli du tissu, ainsi que sa coupe, avait d'indéniables origines asiatiques.
- J'ai l'air ridicule, maugréa le Gryffondor, le nez plissé.
- Tu as l'air d'un héritier d'une des familles de Sang-purs les plus influentes du pays, corrigea Voldemort.
Tous les deux dans le bureau, bientôt prêts à partir, le mage noir était penché sur du parchemin couvert d'inscriptions noires. Le plus jeune soupira et roula des yeux en le voyant faire, abandonnant son reflet pour le rejoindre.
- Encore en train de travailler, même à cette heure ? demanda-t-il.
- Le savoir n'attend pas, Hadrian. Tu devrais le savoir mieux que quiconque.
Une grimace traversa le visage du survivant et il passa une main frustrée dans ses cheveux, les ébouriffant encore davantage. Il n'avait pas besoin du rappel plus que douloureux de son némésis - il savait qu'il jouait dans une course contre la montre avec le Temps lui-même... et qu'il perdait, peu à peu.
- Je ne veux pas être en retard au bal des Malfoy et faire mauvaise impression. Ils sont déjà assez coincés comme ça !
Un rictus amusé traversa le visage de Voldemort. Il se leva, abandonnant ses recherches en cours pour rejoindre son fils au milieu de la pièce. La magie d'Harry semblait instable, et le mage noir devina sans mal l'appréhension qui l'habitait, même si il s'efforçait de ne pas le montrer. Cependant, il ne fit aucune remarque et se contenta de lui présenter son bras.
- Allons-y.
Harry n'hésita qu'un instant avant de poser sa main sur lui, et Voldemort les transporta d'un brusque mouvement d'Apparition.
Ils arrivèrent la seconde suivante devant le gigantesque manoir de la famille Malfoy. L'endroit était grandiose, si beau et imposant qu'Harry se rendit compte qu'il avait l'air à sa place avec la tenue qu'il portait. Il leva ses yeux délivrés de sa paire de lunettes et observa la façade de pierre taillée à la main, les jardins soigneusement entretenus criant de magie qui faisait scintiller l'air, et écouta le murmure des rires et des conversations qui s'échappait des portes restées entrouvertes.
- Est-ce que même à cette époque, ils ont des paons blancs dans leur jardin ? demanda le Gryffondor.
Il laissa sa main sur le bras du mage noir alors qu'ils avançaient en direction de l'entrée, remarquant du coin de l'oeil le rictus moqueur de son némésis.
- Je vois que l'amour de cette famille pour le clinquant n'a pas d'âge.
- Je suppose que ça veut dire oui, devina Harry en roulant des yeux.
Ils arrivèrent devant la porte d'entrée et tombèrent nez à nez avec nulle autre qu'Abraxas Malfoy en train d'attendre quelqu'un. Il semblait mal à l'aise, les mains crispées sur sa robe de sorcier blanche et or, jetant des regards répétés à l'intérieur.
- Abraxas, salua Voldemort en arrivant à sa hauteur. J'aurai pensé te voir à profiter de tes invités. N'es-tu pas celui qui a organisé ce bal ?
Le blond sursauta avant de s'incliner bien bas, jetant un regard dévorant de curiosité en direction d'Harry. Ce n'était pas surprenant - tout le cercle des fidèles du mage noir étaient sûrement au courant de son existence grâce à Orion, et Abraxas ne serait pas le dernier de la soirée à fixer le Gryffondor avec avidité.
- C'est ce que je faisais jusqu'à peu, Lord Serpentard, mais nous avons un léger... problème, avoua-t-il.
Il semblait horrifié à l'idée d'annoncer quelque chose à son maître. Le prenant en pitié, Harry avança et posa une main rassurante sur son épaule.
- Que se passe-t-il ?
Le Serpentard eut un coup d'oeil mauvais en voyant son fils agir de manière si familière avec un autre Sang-pur mais se retint de faire la moindre remarque. Il préféra reporter son attention sur Abraxas dont le visage était blanc - presque autant que sa robe de sorcier hors de prix et ses paons occupés à roucouler dans les jardins.
Abraxas tenta d'effacer la grimace étalée sur son visage et posa un regard reconnaissant sur le plus jeune avant d'avouer :
- Dumbledore est ici.
Aussitôt, Harry sentit la magie de Voldemort enfler à ses côtés, sombre et furieuse, sifflante. Il se figea, jetant un regard incertain en direction du mage noir. Il ne comprenait que trop bien la haine qu'il pouvait goûter dans l'air - il ressentait la même chose. Le directeur de Poudlard ne valait pas mieux que ceux qu'il avait tenté de détruire. Harry n'avait été qu'un pion sur un échiquier entre ses mains, renvoyé aux Dursley chaque année comme un animal galeux, dans l'attente de sa mort prochaine.
Pourtant, c'était différent ici. Dumbledore ne le connaissait pas, en 1958 - il n'avait certainement rien de plus que les rumeurs sur le fils de Voldemort comme preuve de son existence. Pour Harry, c'était suffisant - pour changer les choses, pour ne plus jamais se laisser manipuler comme il l'avait été durant de si longues années.
D'un geste un peu brusque, il se tourna vers le mage noir, ignorant la figure tremblante d'Abraxas qui bredouillait des excuses, incapable de trouver le coupable ayant osé invité Dumbledore en tant que 'plus un' au milieu du nid de serpents.
- Nous devrions entrer. Il serait impoli d'obliger notre hôte à rester ici dans le froid, souffla Harry.
Voldemort posa les yeux sur lui, contemplant un instant son regard émeraude brillant de fureur, et d'une détermination si simple à lire. Son fils refusait de reculer face à Dumbledore, de fuir comme d'autres l'auraient fait. Il savait que le Gryffondor avait déjà eu affaire à cet homme dans le futur, et la colère qui se dégageait de lui était légitime.
- Il n'osera rien faire en présence de tant de sorciers, continua le plus jeune. Il est certainement venu depuis que nous avons croisé Fleamont Potter... il se demande certainement si je peux être recruté à sa cause.
Une grimace de dégoût traversa le visage des deux autres sorciers. Harry se retint de rire face à leurs réactions et préféra s'assurer que sa tenue n'avait pas le moindre mauvais pli.
- Allons montrer à ce vieux sénile que c'était une erreur de venir se jeter dans la fosse aux reptiles, siffla Voldemort avec un rictus.
Harry lui rendit son sourire et se planta à ses côtés, suivant Abraxas qui leur fit signe de les suivre à travers sa gigantesque demeure. Les lourdes portes en bois vernis se refermèrent derrière eux, et Harry sentit les sorts protecteurs entourant la maison lui effleurer la peau.
Leurs pas résonnaient sur le marbre importé qui s'étirait dans l'entrée. De magnifiques peintures et tapisseries étaient étalées sur les mur avec un goût certain, tout comme les vases ou les anciennes armes magiques posées dans des vitrines chargées de protections magiques.
- Vous avez une magnifique demeure, Lord Malfoy, salua Harry.
Abraxas s'inclina bien bas - ce qui s'avérait compliqué alors qu'il marchait - et lui adressa un sourire simple, mais honnête.
- Je suis ravi qu'elle soit à votre goût, héritier Serpentard. Si vous avez besoin de quoi que ce soit durant cette soirée, n'hésitez pas à venir me solliciter, moi ou ma femme. Nous serons ravis de vous aider.
Voldemort roula des yeux sans rien dire, amusé de voir l'un de ses plus fidèles alliés ramper de la sorte face à son fils. C'était presque risible - il avait souvent écrasé ces gens de sa force et son autorité, jouant sur la peur primale qui les habitait tous jusqu'à obtenir leur respect... mais Harry n'avait pas besoin de ça. Malgré ce qu'il semblait avoir vécu dans le futur, et malgré la noirceur de sa magie et de ses mots, il restait profondément bon - et Abraxas, ainsi qu'Orion, semblaient l'avoir vu, eux aussi. Voir ses laquais se ranger aux côtés du Gryffondor sans y réfléchir à deux fois était extrêmement satisfaisant.
Après de longues minutes à arpenter les couloirs du manoir des Malfoy, ils arrivèrent finalement jusqu'à la salle de bal. Le murmure des conversations était devenu bien plus élevé, tout comme le bruit des verres de gens en train de trinquer. Une musique entraînante semblait secouer la foule, poussant les couples à danser.
- Ne t'éloigne pas, siffla Voldemort en voyant son fils jeter un regard circulaire autour de lui, prêt à se jeter parmi les invités.
Le Gryffondor se tourna vers lui, un rictus au coin des lèvres.
- Peur que le grand méchant mage blanc décide de me kidnapper et me lave le cerveau à coups d'Imperio ?
Un ricanement grave monta de la poitrine d'Harry, mais le Serpentard était loin de trouver cela aussi amusant que lui - tout simplement parce qu'il savait que Dumbledore était capable d'arracher quelqu'un à sa famille sans rien de plus qu'une minuscule pointe de remords.
Jetant un dernier regard à Abraxas, il lui adressa un signe de tête avant de se glisser dans la foule, s'assurant de suivre Harry alors qu'il se glissait plus loin dans la salle.
- Que fais-tu, Hadrian ? réclama-t-il.
- Je cherche Orion, expliqua le jeune homme avec un sourire radieux. Après tout, c'est grâce à lui que je suis ici.
Le mage noir pinça les lèvres. Qu'Orion soit là où pas, les Malfoy les auraient invités à un moment donné pour avoir le droit de poser les yeux sur son fils et en savoir plus à son sujet sans être insistants ou présomptueux. Harry ne semblait pas se rendre compte de l'importance qu'il avait aux yeux de ses fidèles et de tout ceux soutenant la cause de Lord Voldemort. Ce n'était peut-être pas plus mal - les sourires éblouissants qu'il adressait à leurs alliés en passant à côté d'eux ne faisait que jouer en faveur du mage noir.
Après de longues minutes à arpenter la salle de bal, Harry reconnut enfin cette silhouette si semblable à Sirius.
- Héritier Black ! s'exclama-t-il avec enthousiasme. Je vous cherchais !
Le sorcier se retourna, absolument ravi d'entendre une chose pareille, avant d'effacer le sourire de son visage et de baisser la tête en voyant Voldemort aux côtés de son fils. Satisfait, le mage noir les rejoignit, continuant de garder l'oeil ouvert - il n'avait pas encore aperçu Dumbledore au milieu des invités.
- Je crois vous avoir demandé de m'appeler Orion, rappela le jeune homme. A moins que vous préfériez en revenir à nos titres, Harry.
Le sourire du Gryffondor s'accentua et il secoua la tête.
- Non, non, bien sûr ! Je suis ravi de vous voir ici ce soir, avoua le plus jeune.
Il jeta un regard empressé autour d'eux avant de baisser la voix et d'ajouter sur le ton de la connivence :
- Je ne connais pas grand-monde ici à part vous.
Flatté d'être le centre de son attention, Orion sembla totalement oublier la présence de Lord Serpentard, présentant son bras à l'héritier face à lui.
- Que diriez-vous que je vous présente quelques personnes ici ? Pour que vous preniez vos marques pour la prochaine fois, se justifia Black.
Harry posa sa main sur son bras, arrachant un grincement de dents à Voldemort. Comment son fils pouvait-il être si naïf ? Il était évident que Black était ravi d'être vu avec le fils de leur leader au bras. Ce que le mage noir ne comprenait pas, c'est qu'Orion ose le défier si ouvertement. Souhaitait-il seulement grimper les échelons de leur communauté en se posant en proche d'Harry... ou avait-il véritablement envie de le connaître ?
A sa plus grande stupéfaction, tout semblait désigner la seconde raison - Orion venait de se lancer dans une discussion animée avec le Gryffondor, arrachant un rire à ce dernier, les éloignant au milieu de la foule. Ils étaient en train d'échanger des anecdotes d'enfance... quelle aberration. Parler de soi menait à des ouvertures, des faiblesses... il était au-dessus de discussions si puériles.
Il lâcha un long soupir et décida d'en profiter pour aller chercher quelque chose à boire, marmonnant à voix basse. Il ne pouvait pas empêcher Harry de s'amuser, de voir du monde... il avait déjà perdu ceux auxquels il tenait dans le futur. C'était même une bonne chose de le voir se lier à des gens ici en 1958... cela rendrait son départ plus douloureux... peut-être même impossible.
Déjà loin de Voldemort, Harry s'était laissé entraîner sans réfléchir, écoutant avec bonheur les anecdotes d'Orion durant sa scolarité à Poudlard - à sa plus grande surprise, l'homme face à lui était tout aussi facétieux que Sirius.
- ...et il a retrouvé des écailles dans ses affaires pendant des semaines ! expliqua Black en ricanant.
- Quoi ? Et il n'a jamais su que c'était vous ? s'étonna le brun.
- Ah, bien sûr que non ! Abraxas était persuadé que les écailles venait du serpent de compagnie de Lord Serpentard, il n'aurait jamais osé se plaindre auprès de lui ! Le voir retrouver des écailles dans ses chaussettes et les plis de son lit était particulièrement cocasse, continua Orion avec un grand sourire.
- Je suis surpris que vous ayez réussi à garder le secret. J'aurai eu du mal à ne pas lui rire au nez en l'entendant se plaindre. Je suis certain qu'il voulait en parler à son père !
- Oh, vous n'avez pas idée ! Vous semblez connaître Abraxas et sa... propension à geindre auprès de son paternel.
Harry retint un ricanement - si seulement Orion savait que c'était de famille ! Draco n'avait jamais été mieux sur le sujet, au point où ça en était ridicule... dommage qu'il n'ait jamais eu l'occasion de se moquer pour de bon de cet idiot quand il en avait l'occasion.
- Je parie que son fils Lucius prendra le même chemin, ainsi que son petit-fils, devina Harry avec un rictus moqueur.
- Trois générations ! Ne nous portez pas malheur ! s'indigna Black.
Harry éclata de rire. Il n'avait même pas remarqué à quel point ils étaient bruyants tous les deux - assez pour attirer toute mauvaise sorte d'attention.
- Hadrian Serpentard, je présume ?
A ces mots, le Gryffondor se figea, le souffle court. Orion lui jeta un regard inquiet en sentant sa main se crisper sur son bras, avant qu'ils ne se tournent tous les deux pour faire face à leur nouvel interlocuteur.
- Lord Dumbledore, salua Harry.
Sa voix était sèche lorsqu'il salua son ancien directeur. L'homme face à lui était différent de celui qu'il avait connu, du moins physiquement. Sa barbe, plus courte, était rousse et commençait à peine à être mouchetée de blanc, tout comme ses cheveux. Les rides autour de ses yeux se creusaient lentement, mais il n'y avait aucune douceur dans son regard. Il était à des années de l'homme à l'allure de grand-père qu'il avait rencontré à l'âge de onze ans. Ce n'était pas si surprenant - Dumbledore avait toujours joué un rôle en sa présence, et c'était inutile aujourd'hui, alors qu'il avait face à lui le fils de l'ennemi.
Pourtant, Harry remarqua sans mal le sourire rassurant que lui renvoya le professeur de Poudlard, son regard brillant poser sur lui. Pensait-il l'héritier Serpentard stupide pour tomber face à une façade de gentillesse inventée ?
- Oh, mon garçon, vous pouvez vous contenter de m'appeler Albus, insista le plus vieux.
- Il est pourtant de bon ton de respecter le titre de chacun, lui rappela Harry. Je ne pense pas vous avoir donné l'autorisation de m'appeler "mon garçon".
Les dents serrées, de plus en plus furieux, il peinait à contenir sa magie qui s'agitait autour de lui comme une murène prête à mordre.
Le professeur perdit légèrement son sourire, l'observant d'un coup d'oeil calculateur qui lui arracha un frisson. Harry devina sans mal ce à quoi pensait Dumbledore - comment parvenir à le calmer, et avoir une discussion pour commencer à planter une graine de doute à propos de Voldemort... c'était ridicule.
- Excusez-moi, héritier Serpentard. Je suis souvent en présence de jeunes sorciers à Poudlard, voyez-vous, et j'en oublie vite tous ces titres...
- Ça se voit, répliqua sèchement Harry.
Comprenant qu'il ne parviendrait pas à calmer la colère du jeune homme face à lui, Albus perdit définitivement son sourire. Il se redressa davantage et fixa les deux sorciers face à lui. Son petit coup d'oeil plein de dégoût et de jugement en direction d'Orion - qu'il avait d'ailleurs refusé de saluer - ne passa pas inaperçu aux yeux du Gryffondor.
Black resserra à son tour sa prise sur le plus jeune. Si il laissait Dumbledore faire quoi que ce soit à son fils, Lord Serpentard le tuerait. Et puis... il ne pouvait que sentir la magie d'Hadrian, sifflante et noire de colère, agissant comme une barrière autour de lui. Inconsciemment, le plus jeune semblait déterminé à le protéger du mage blanc, se plaçant en bouclier. Une telle preuve de loyauté à la famille Black alors qu'ils se connaissaient à peine était importante. Plus que tout, elle était la preuve d'une dévotion dont Harry n'avait pas conscience lui-même.
- Je ne pense pas qu'il soit nécessaire d'agiter votre magie de la sorte. Cet étalage de force est de mauvais goût à un bal, n'est-ce pas ? lâcha Dumbledore sur le ton de la conversation.
Harry crissa les dents si fort qu'Orion l'entendit distinctement. Il s'apprêtait à lâcher une insulte et oublier où ils étaient et tous les sorciers en train de les observer en chuchotant, lorsqu'une main réconfortante se posa sur son épaule.
- Hadrian.
Aussitôt, le corps crispé du Gryffondor sembla se détendre. Il sentit distraitement Orion le lâcher et reculer, laissant place au mage noir. Il leva les yeux, croisant le regard carmin de Voldemort, lui adressant un sourire. La magie du plus vieux étouffa la sienne avec douceur et il se rendit compte qu'il pouvait enfin respirer un peu mieux.
Le mage noir leva les yeux vers Dumbledore. L'animosité sur son visage était lisible, mais cela ne fit pas reculer le professeur, loin de là.
- Tom, quelle heureuse surprise.
Harry sentit la main du Serpentard se crisper légèrement. Entendre ce prénom qu'il détestait, qui le ramenait à cet orphelinat répugnant... c'était une insulte, rien de moins. Dumbledore savait où il l'avait renvoyé chaque été sans le moindre scrupule, et s'amusait de le lui rappeler à chaque rencontre avec ce prénom honni, ces trois lettres trop banales pour être associées à l'héritier de Serpentard qu'il était.
- Mon fils vient de vous faire un rappel à l'ordre sur nos titres, il me semble. A moins que vous soyez déjà sénile, il serait sage de s'adresser à nous comme le conviennent les usages, répliqua le mage noir.
Le rictus de satisfaction étalé sur le visage de Voldemort s'effaça lorsque Dumbledore répondit, ignorant sa remarque :
- Tom, je ne te pensais pas aveugle au point de penser que ce garçon est ton fils.
Harry se figea complètement, sous le choc. Voldemort le sentit lui aussi, sa main toujours posée sur lui.
- Pardon ? souffla le Serpentard d'un ton glacial.
Les chuchotements continuèrent d'enfler autour d'eux. Leur petit trio attirait l'attention, et aucun d'eux n'avait jeté un sort pour éviter d'être écoutés. Un sourire satisfait traversa le visage du professeur, comme si il savait quelque chose que Voldemort ignorait - ce qui semblait le ravir plus que tout. Il se pencha en avant jusqu'à ce que sa voix ne soit plus qu'un murmure à peine audible lorsqu'il avoua :
- C'est évident. Il se comporte comme un né-moldu, ce que tu n'aurais jamais laissé arriver à ta propre progéniture. Il est donc arrivé dans ta vie, du jour au lendemain. Tu n'es pas son père.
Harry perdit toute couleur. Il voulait avouer la vérité à Voldemort depuis déjà des jours, mais pas comme ça !
- Hadrian est mon fils, répliqua le mage noir.
Même si son ton était sans appel, Dumbledore remarqua sans mal l'hésitation qui s'y était glissée, rien qu'une seconde, et il en profita :
- Avoir la même âme ne fais pas de quelqu'un ton fils, Tom.
Avec horreur, Harry comprit que le professeur parlait de horcruxes. Comment savait-il ?! Il avait toujours pensé que Dumbledore l'avait appris bien plus tard, au milieu de la guerre qu'ils menaient peu de temps avant sa mort en 1997. Qu'il l'avait découvert le jour où Harry avait résisté au Avada Kedavra, cette fameuse nuit d'octobre.
Si il savait depuis tout ce temps et qu'il n'avait rien fait, alors... cela remettait beaucoup de choses en question... et Harry avait envie de hurler et de se jeter sur lui. Comment avait-il deviné qu'Harry était un horcruxe, ici en 1958 ?
- Taisez-vous, siffla-t-il finalement d'un ton venimeux - espérant le faire taire avant que le mage noir ne comprenne la vérité.
Il se détourna de Dumbledore et posa un regard émeraude, presque désespéré, dans celui carmin de Voldemort.
- Père, tenta-t-il.
Le mensonge lui semblait affreux à présent, trouant sa langue comme de l'acide. Le mage noir le fixa un instant, et son regard se posa une seconde de trop sur la cicatrice à son front. Ses traits devinrent durs et froids. Impénétrables, et Harry comprit qu'il ne le croyait plus. Une pierre sembla tomber au fond de son estomac. Il se sentit soudain vulnérable.
- Ça ne change rien, siffla-t-il en Fourchelang. Je te promets que ça ne change rien.
Un murmure impressionné traversa la salle en l'entendant parler la langue sacrée de Serpentard - mais Voldemort s'en moquait. Il recula, et le froid se glissa là où sa main s'était trouvée un instant plus tôt. Son regard carmin, brûlant, était teinté d'une méfiance qui n'avait encore jamais été là entre eux jusqu'alors... et Harry repéra, tout au fond, une pointe de peine. Peut-être l'avait-il imaginée.
- Qui es-tu, Harry ?
Commentaire d'auteur :
Et voilà pour ce chapitre huit ! J'espère tout d'abord qu'il vous aura plu et que vous ne me détestez pas trop pour cette fin de chapitre mouahahaha ! A la base je comptais couper avec l'arrivée de Dumbledore et faire leur discussion dans le chapitre neuf mais je trouvais ça dommage qu'on ne finisse pas sur un tel cliffhanger, donc voilà ! Alors, comment va bien pouvoir réagir Voldemort maintenant qu'il sait la vérité, d'après vous ? :P
Le chapitre neuf devrait arriver dimanche prochain si tout va bien (je serai au zoo le samedi normalement, donc je pourrais pas poster) par contre le chapitre dix me prendra sûrement deux semaines :) Je bosse beaucoup sur les réseaux sociaux et il y a une sortie de livre extrêmement attendue pour le 7 février donc je vais plus passer du temps à créer du contenu (et le lire, évidemment !). Néanmoins je ne vous oublie pas, et j'ai hâte de continuer cette histoire !
Je pense avoir fait le tour, merci encore d'avoir lu et on se voit le week-end prochain :)
