Hi girlz !

Postage in extremis pour à la fois vous souhaiter LA BONNE ANNEE et up mon chapitre du mois ! Perso, je suis contente car j'ai réussi à bien tenir mes résolutions de 2023... même si 2024 ne démarre pas forcément super bien pour moi hélas...

Mais bref, on s'en fout et sur ce, je ne vous spoile pas, just enjoy ;) (Je préciserai simplement que nous avons à faire à un beau bébé (mastodonte) de 28000 mots et des brouettes, accouché dans la douleur et MEME PAS COUPE EN DEUX OLALALA JE SUIS IMPARDONNABLE !)


Ainsi que cela a déjà été mentionné au chapitre précédent, Kise avait horreur de la violence. Non, plus que cela même : il l'exécrait carrément. La violence, mais aussi l'injustice. Et là, il venait d'être témoin malgré lui de ces deux intolérables débordements, de cette doublette infernale, en simultané. S'en prendre aux plus faibles, à ceux qui sont incapables d'assurer seuls leur défense, ça avait le don de le révolter. De le foutre en rogne, lui, le soleil des Miracles.

Mais le soleil, aussi lumineux soit-il, peut brûler les mécréants avec ses rayons vengeurs également... Voici pourquoi il se désignait souvent volontaire pour endosser le rôle de porte-parole sur les plateaux de tournage, assumant les revendications des uns et des autres auprès de directions sourdes aux doléances de leurs travailleurs, la plupart du temps. Ce genre d'attitude lui avait d'ailleurs déjà valu boycotts de la part de certaines marques et autant de recadrages de son agence, mais Kise n'en avait cure.

Se faire le porte-étendard d'une cause qu'il estimait juste comptait davantage pour lui que l'impact potentiellement négatif sur sa réputation. De toute façon, dans la majorité des cas, les retombées s'avéraient positives et la situation évoluait dans le bon sens après qu'il ait poussé son coup de gueule. Cela lui valait également le respect de ses pairs, ceux-là même qui n'avaient pas le courage de s'exprimer personnellement, mais en comparaison avec ses collègues, Kise avait moins à perdre. Lui, bénéficiait en effet déjà d'une certaine notoriété qui lui permettait et bien justement, de se permettre davantage de choses qu'un péquin lambda.

Enfin du moins, c'était ainsi que cela fonctionnait au Japon...

Mais ici, il n'était personne.

Et à plus forte raison, loin du cocon familier et protecteur des plateaux.

Tel un poisson hors de l'eau, un mannequin hors de son bocal sécurisé.

Que se serait-il passé si ce type colérique face à lui avait décidé de lui coller son poing dans la tronche, par exemple ?

Kise n'en aurait pas mené large, c'est sûr...

Son geste spontané aurait donc pu être considéré comme étant... inconsidéré, justement.

Irréfléchi.

Mais il avait agi par instinct avant tout.

Dans l'urgence de l'instant et ainsi que les circonstances l'exigeaient sur le moment.

Peut-être parce qu'il... portait les fringues d'Haizaki...

Alors il ne se rendait plus très bien compte de ce qui lui était permis ou non.

Car mine de rien ce tout petit détail changeait tout.

Lui donnant courage et assurance.

Mais surtout, l'impression d'être quelqu'un d'autre.

Une personne fougueuse, invincible, prête à en découdre pour rabattre le caquet de cet Américain vulgaire et décidément bien mal fagoté, à mieux y regarder ! (Ou de plus près, du moins...) Non mais c'est vrai, quoi ! Avec son clinquant costume d'un blanc immaculé qui appelait l'attention et sa contrastante chemise rouge pétard à gros col, tous deux piqués à la garde-robe de John Travolta dans « La Fièvre du Samedi Soir », Kise ne le trouvait plus si élégant que ça, tout compte fait...

Mais plutôt carrément RINGAAAARD !

Ok, il s'agissait d'un Armani dans un style rétro, de la haute couture donc, mais Kise l'avait déjà vu sur Nash auparavant (la fois où lui et ses copains s'en étaient pris à Kuroko en boîte de nuit avant leur match...), donc adieu effet de surprise et de pour ne rien arranger, non décidément, il n'en était toujours pas fan, le trouvant même parfaitement banal. Sans doute avait-il connu des jours meilleurs et pour couronner le tout, Nash ne savait clairement pas le porter. Car ce costume ne lui allait même pas si bien que ça, pour une raison que le jaune ne s'expliquait pas... Peut-être la coupe ? Le modèle ? La couleur ? Hmm... A croire qu'il n'en possédait qu'un seul et qu'il n'avait pas assez de fric pour s'en payer un neuf et plus dans l'ère du temps...

Même un cintre l'aurait mis en valeur, c'était dire le désastre visuel et stylistique que constituait l'ensemble...

Cependant...

Kise ne pouvait nier que malgré son accoutrement dépassé et des plus flatteurs, se dégageait de son (ex) prince (pas) charmant, quelque chose d'animal.

A la fois viscéral, irrévérencieux, sauvage, indomptable et donc par essence, profondément attirant...

Assez semblable à Haizaki en fait...

Haizaki... Comme quoi, on y revenait toujours finalement... Du moins, de la manière dont les choses se profilaient et se répétaient, Kise y paraissait condamné en tout cas... Inlassablement. Mais à bien y repenser, c'était peut-être justement leur (toute relative) similitude qui l'avait attiré chez cet homme infecte...

Car ne dit-on pas justement que « Le meilleur moyen de résister à la tentation, c'est d'y céder » ? (Oscar Wilde tout ça, merci la très profonde et intellectuelle émission « L'Ile de la Tentation » pour avoir popularisé cette citation !) Or, s'il succombait au jumeau (faux ?) blond d'Haizaki (séparés à la naissance ? Après tout, ce serait presque possible étant donné que seuls cinq jours d'écart séparaient les deux hommes... oh et une année, également... Nash étant le plus âgé des deux.), ce serait comme de succomber à Haizaki en personne, mais sans que ce ne soit lui.

OUAIS HEIN.

BONJOUR LE NŒUD A CERVEAU ! (Bon... en même temps, on pardonnera volontiers Kise, loin d'être l'outil le plus brillant du cabanon...)

PAIE TA LOGIQUE TORDUE !

Mais quelque part, cette réflexion faisait sens... A tout le moins, pour Kise. Cela représentait à la fois pour lui une solution alternative et viable, mais surtout sa meilleure chance de passer à autre chose. De se défaire de son attachement, non, de son OBSESSION envers Haizaki, sans pour autant lui tomber dans les bras.

CQFD !

Sauf que mon cher Kise... Le Pepsi a beau ressembler à du Coca Cola, tu apprendre que ça n'en est pas pour autant. (Mouef, moi je suis plutôt team Pepsi, donc bon ! Et si, je vous ASSURE il y a bien une différence de goût et de composition entre les deux, même subtile ! L'un est plus gazeux pour commencer (le Coca) et l'autre plus pétillant (le Pepsi). Mais surtout, l'un est fabriqué à base d'arôme de vanille (le Coca, d'où un goût caramélisé plus prononcé.), tandis que son concurrent repose sur un mélange d'agrumes. (Le Pepsi, plus acidulé, donc.) Et puis, ne dit-on pas que « La nuit, tous les chats sont gris » ?

Wow... décidément, même pas mille mots écrits depuis le début de chapitre et déjà DEUX citations éculées déclamées en si peu de temps, ça commence fort ! Sans compter que de loin, le caca aussi ressemble à s'y méprendre à du chocolat... (Je vous laisse déterminer par vous-mêmes qui d'Haizaki ou de NASH – Oups ! On dirait bien que j'ai fini par vendre la mèche toute seule... :p enfin, comme si vous n'aviez toujours pas deviné que c'était de lui dont il s'agissait avec tous les indices que j'ai pu laisser en ce sens... – incarne le « caca » ou le « chocolat »...

Chacune ses goûts les filles, promis, je ne jugerai pas vos préférences en matière de « bad boys » ! J'ai par exemple toujours été moi-même plus team Drazic – avec son petit piercing à l'arcade sourcilière graaaouuuuh, c'était le summum de la badassitude dans les années 90/00' - d'« Hartley Cœurs à Vif » que Johnny Depp dans « 21 Jump Street ». Oui, encore des références de vieilles, mais débrouillez-vous avec ça car je n'ai rien de plus contemporain à vous offrir hélas ! Et puis, flemme de chercher un peu, donc si d'autres exemples actuels vous viennent spontanément en tête, n'hésitez pas à les proposer en commentaires !)

Et puis, à la décharge de Kise et pour conclure sur ce petit volet comparaison par piqué des hannetons, je conclurai simplement en disant qu'avoir des « similitudes » ne signifie pas exactement être « pareils »...

Or, le blond angélique n'allait sans doute pas tarder à le constater...

... S'il parvenait à passer outre leurs troublantes ressemblances physiques.

Non mais bon sang, ce n'était que la stricte vérité et en aucun cas une nouvelle affabulation de sa part ! (Dictée par la faim...) Ou peut-être qu'il se voilait la face et cherchait des similarités partout où il pouvait, même là où il n'y en avait pas... Quoi qu'il en soit, à présent que Kise se tenait devant adversaire/prétendant/futur amant, (on ne sait encore quel statut relationnel choisir à ce stade...) cela le frappait encore plus, comme une « Ignite Pass » de Kuroko en pleine tronche !

Bon, déjà rien que dans l'attitude (de connard...), il y avait CLAIREMENT un truc...

Mais même niveau purement physique...

Même taille, même gabarit, même stature, même musculature...

Même double piercing à l'oreille, tatouages pour les deux, la façon de bouger, de s'exprimer, ce côté prédateur...

Oui, Kise avait l'impression d'avoir à faire au « négatif » d'Haizaki, comme en photographie.

Un miroir déformant.

Le blond et le brun.

L'Alpha et l'Omega.

Le Yin et le Yang.

Haizaki avec une PERRUQUE BLONDE !

« Oi ! Qui t'a permis d't'asseoir le macaque !? » Maugréa Nash, en le voyant tirer la chaise vide vers lui.

Ouhhh ça n'avait même pas encore commencé, qu'il sortait déjà les crocs, le bougre ! Et bien, ça promettait ! Sans doute une petite crise de masculinite aigue... Que Kise allait vite lui faire passer.

« Moi. Oh et pour ta gouverne, sache que je n'ai besoin de l'autorisation de personne. » Répondit-il calmement sans courber l'échine pour autant, ni cesser de soutenir son regard. « Et certainement pas celle d'un type que j'ai déjà battu à plate couture au basket. » Et biiiiim prends ce petit rappel gratuit dans les canines au passage ! « Tu n'croyais quand même pas que j'allais rester debout pour tes beaux yeux, pendant que toi tu es assis ? »

Kise n'aimait pas cette position. Le décalage physique de niveau entre eux. C'était comme si l'un adoptait une posture hautaine par rapport à l'autre.

Alors contre l'avis de Nash, il s'installa le plus confortement possible face à lui, ne pouvant réprimer un frisson (d'excitation ? Bien possible.) A la place précédemment occupée par l'ancienne proie féminine du Californien.

TACLE A LA GORGE DIRECT pour bien marquer le coup d'envoi, donc.

« 'Battu à plates coutures', rien que ça ? Ha ! Je m'disais bien que ta jolie petite trogne m'était familière, en revanche tu m'excuseras de ne pas t'avoir reconnu tout de suite mais d'habitude je ne m'embarrasse pas à r'tenir mes adversaires... Surtout quand ils sont originaires d'un pays de babouins... »

« Ohhh pas même quand ils gagnent ? Tu m'en vois déçu... d'autant que c'est plutôt pas mal pour de simples macaques, tu n'trouves pas ? » Continua sur sa lancée Kise en ronronnant et minaudant exagérément. « Alors singes peut-être, mais singes savants alors ! »

« Hé le macaque blond, soit t'es très sûr de toi, soit complètement suicidaire pour me provoquer comme ça... Non mais est-ce que t'es au courant d'à qui tu as à faire là au moins ? » Heuuu... Au hasard, le petit-fils du Président des U.S.A... ? Non, c'est pas ça ? Parce que vu l'melon, on n'devait pas en être loin... « Tu sais quoi ? J'étais vraiment d'humeur massacrante au moment tu as débarqué, mais on dirait qu't'as d'la chance, ton culot me plaît bien finalement ! Et puis, on n'va pas se l'cacher : ça change de tous ces bouffons qui me mangent dans le creux de la main ici et n'osent jamais me contredire. Enfin, si tu estimes que c'est en t'asseyant que tu vas protéger ton cul, il ne tient qu'à toi d'y croire. »

En effet waouhhh quelle « chance », le requin (Funfact : il arborait réellement une dent de requin accrochée autour du cou – emmêlée dans un dédale de chaînes en or à gros maillons, ce qui contrastait pas mal avec l'ensemble hein on n'va pas s'mentir - à peine dissimulée sous sa chemise. Et pas une fausse en résine, hein, au cas où vous poseriez la question...) semblait prêt à se contenter d'un renard au lieu d'une biche, aussi se rasséréna t-il assez vite.

Dans son propre intérêt, évidemment. Ne dit-on pas qu'il faut faire varier son terrain de chasse et son alimentation ? Après tout, quand on a vraiment faim, il est recommandé de sortir de sa zone de confort habituelle. D'ailleurs, en bon prédateur opportuniste, Nash l'avait bien compris. Pour survivre, il fallait savoir s'adapter à ce qui pénétrait dans son champ de vision et donc, sur son territoire. Sans faire la fine bouche.

« Tu vois que tu peux te montrer raisonnable quand tu veux ! » Encore un maso, géniiiial ! (Heu... là, tu en rigoles, mais en réalité, tu n'crois pas si bien dire Kise !) Il les collectionnait ces derniers temps... « Bon... et sinon, tu attends quoi pour m'offrir un verre ? Qu'il se mette à neiger sous les tropiques ? C'est qu'il commence à faire sacrément soif par ici... Tiens, figure-toi que je suis de la vieille école et que, par conséquent, quand quelqu'un veut mon cul, je suis plus habitué aux invitations à dîner préalables, mais pour ce soir disons que je suis prêt à revoir mes espérances à la baisse et juste picoler comme un trou en ta compagnie ! Estime-toi chanceux, parce que c'est réellement une fleur que j'te fais là ! D'ordinaire, je ne transige pas avec mes principes... »

Quel incommensurable générosité de sa part en effet, alalala, d'accepter de faire mettre ainsi ses idéaux de vie de côté ! Kise comptait donc sur l'autre blondin pour réaliser la portée hautement symbolique et significative de cette faveur. Et d'ailleurs en parlant de « trou », Nash s'empressa d'intercepter la balle au (re)bond... Une passe d'une telle qualité, ça ne se laissait pas filer...

« Excellente idée ! On discutera mieux en étant bien hydratés, d'autant qu'c'est pas agréable de s'faire sucer par quelqu'un qui a l'gosier sec... » HEUUUUUUUUU... ! Il en était déjà là, lui !? Wow, décidément, ce Nash allait plus vite que la musique ! « ... et en plus, j'aurai davantage de facilités à te baiser si t'es suffisamment bourré, donc l'un dans l'autre, exactement comme nous d'ici quelques minutes, ça m'arrange ! »

Et en parlant de territoire tout à l'heure... Affirmer que le squale se trouvait ici chez lui, n'était pas un vain mot...

Comme il le prouva en claquant des doigts et aussitôt, un serveur se pointa, rappliquant à vitesse grand V avec non pas un, mais deux verres de Champagne sur un plateau. Probablement du genre hors de prix. A « vue » de nez et d'odorat surtout, sûrement du Dom Pérignon. (Oui, Kise s'y connaissait en la matière, il avait en effet déjà participé à plus de cocktails mondains dans sa vie qu'un consul Suisse...) Le problème, c'est que Kise avait déjà pas mal bu avec Sakurai, enfin, selon sa propre tolérance à l'alcool en tout cas car il ne le tenait pas des masses... En plus d'avoir l'ivresse à retardement d'après Haizaki...

Alors poursuivre sur ce chemin quelque peu pentu ET glissant pourrait bien s'avérer dangereux... Après tout, l'alcool était connu pour amoindrir réflexes et inhibition, alors déjà que sa queue le démangeait horriblement... Cependant, Kise était encore assez sobre pour se convaincre qu'il se passerait bien d'offrir sa libido en spectacle aux convives... En particulier, si le squale venait à le remarquer lui aussi... Car il tenterait dès lors d'exploiter cette faiblesse et d'en tirer avantage pour fondre sur l'autre blondin, en faisant ainsi de facto sa proie toute désignée...

Et accessoirement outrageusement consentante...

« Hey mais c'est qu't'as l'air d'avoir une bonne descente ! J'aimerai pas devoir la r'monter à vélo celle-là ! Remarque, j'aurai p't'être dû te payer à dîner, tout compte fait... c'est qu'tu n'dois pas être du genre à coûter bien cher en bouffe, j'parie qu'un anorexique dans ton genre doit plutôt être du genre à se contenter en tout et pour tout d'une feuille de salade par jour, non ? Mais ne t'en fais pas, si d'aventure ce grand cru venait à t'ouvrir l'appétit, ma proposition précédente tient toujours : je me ferai une joie de te partager un morceau de mon dessert maison pour la fin de soirée... »

Ah oui exact, du... comment ça s'appelait déjà ? Mince... (Heu non, il était TOUT sauf mince ce plat-là !) Banana Split, ouais voilà ! Un truc long, épais, étouffant, badigeonné de crème lactée, beaucoup trop sucré pour sa ligne et de fait, totalement indigeste... Kise en eut un haut le cœur rien que d'y penser. Alors si un bon breuvage pétillant et alcoolisé pouvait faire passer sa nausée actuelle... pourquoi pas ? Il n'était plus à cela près, de toute façon. Enfin, ce n'était pas ce qui allait aggraver son cas/état, disons...

Et puis avec un peu de chance, être beurré comme une tartine pourrait même avoir pour effet de rendre les propos aussi insipides qu'indécents de Nash plus supportables, qui sait... ? Kise avait bon espoir que ce soit le cas dans le fond. Comme pour désavouer cette possibilité, l'horripilant Nash se passa la langue sur la lèvre supérieure en signe de gourmandise et Kise soupira de lassitude. Il se sentait déjà affreusement soulé et l'abus de boisson n'avait rien à voir là-dedans. Bon au moins, cette langue-ci n'était pas trouée, contrairement à celle d'Haizaki... même si elle semblait tout aussi bien pendue que sa comparse...

« On verra... » Finit par lâcher le renard, pas franchement convaincu, mais pas totalement opposé non plus à cette perspective. Restait à voir si le requin saurait s'y prendre avec lui pour le charmer... « Laisse-moi d'abord me remettre du choc que c'est de t'avoir recroisé ici, sur un banc de sable blanc perdu en plein milieu de l'océan... ça alors, si je m'y étais attendu... Le monde est réellement petit finalement, ce n'est pas qu'une expression vaine de sens... » Il marqua une pause avant de boire une lampée du liquide... doré, à leur effigie, tiens donc, simple coïncidence ? « Et puis comment ça s'fait qu'tous les gens semblent être à ta botte ici ? C'est toi qui signes les chèques à la fin du mois ou quoi ? »

Oh malinx le lynx !

Malinou le Malinois !

C'est qu'il y en avait dans cette charmante tête de linotte blonde !

« Presque, t'es pas très loin d'la vérité. » Admit Nash, d'un air énigmatique s'amusant à faire tourner les glaçons dans son verre. « Malin comme un singe (ah oui, aussi...) décidément ! Mais pour faire simple, disons que... ouais, c'est effectivement bien mon nom qui se trouve sur les chèques de salaires... »

« Gné ? »

Ah ben v'la autre chose maintenant...

Qu'est-ce qu'il voulait dire par là cet empaffé ?

« Enfin, pas moi directement, mais c'est tout comme... Nan en fait, c'est mon vieux. Vu qu'on partage le même blase, forcément... La confusion est facile. En fait, il possède pour ainsi dire l'entièreté de cet atoll paumé au beau milieu de nulle part... Au sens littéral, hein. »

« Vraiment ? »

« C'est comme j'viens d'te l'dire. Ici, la majorité des locaux bossent pour lui. C'est la très chère et généreuse famille Gold qui les nourrit tous les autochtones tire-au-flanc du coin. Sans nous pour faire fructifier le business hôtelier dans les parages, ce gros caillou qui flotte aurait déjà coulé depuis bien longtemps... Et toute cette graine de chômeurs en puissance seraient sans doute clodos à l'heure qu'il est ahaha ! Déjà qu'ils en ont la dégaine... »

Ah ben d'accord...

Hé bah !

Toujours aussi charmant l'ancien basketteur reconverti en... homme d'affaires, apparemment et selon ses propres dires.

N'empêche, il pouvait parler de dégaine, lui ! Avec la sienne qui n'avait rien à envier aux racailles des bas quartiers du Bronx, dont il tenait davantage qu'un noble héritier né avec une cuillère en argent (non, en OR Kise !) dans le bec...

« D'où ma présence ici, j'suis pas simplement v'nu pour m'faire dorer la pilule, si tu vois c'que j'veux dire. Faut bien que j'surveille la rentabilité des placement d'ma famille et que j'la représente... »

Mais plutôt côté commercial ou service après-vente ? Dans les deux cas, ils étaient mal barrés avec un aussi détestable personnage que Nash pour défendre et mesurer les investissements familiaux...

« Hmm... » Se méfia Kise qui avait du mal à en croire ses oreilles. « Sans vouloir me montrer indiscret oh et puis après tout si, je me fous de l'être, d'où il vous vient tout ce fric ? Parce que se targuer de faire vivre un village entier, c'est pas rien quand même ! Ça représente quoi, une centaine de familles... ? »

« A peu près. Et ouais, ici, tu apprendras qu'ils bossent bien TOUS pour nous, sans exception. Bon, sauf leurs mômes. Pas encore l'âge et donc, pas moyen de les employer légalement. Mais nos avocats sont activement en train de plancher dessus et alors c'est possible, sois sûr qu'on trouvera bien comment en faire nos esclaves également hahah ! » Se vanta sans surprise cet odieux personnage peu scrupuleux de la protection de l'enfance... « Mais pour te répondre, ce pognon, il est dans ma famille depuis plusieurs générations, c'est mon arrière-arrière grand-père qui l'a amassé en arrivant d'Irlande dans les années mille-huit cent et des poussières. Apparemment, il aurait débarqué sur le Nouveau Continent avec la ferme intention de vivre le rêve Américain avant l'heure et il a fait fortune en tombant par hasard sur une veine aurifère dans le Grand Ouest... D'ailleurs si tu veux tout savoir, c'est précisément de là que provient mon nom de famille 'Gold'. Mon arrière-arrière grand-papi a pu changer le sien et a choisi celui-ci exprès pour faire écho à sa trouvaille. »

Ah ? Tiens donc, l'ex-Jabberwock n'était finalement pas l'un de ces odieux rednecks Texans consanguins... ? Dommage, Kise en aurait mis sa main à couper pourtant. Mais pour autant, ce n'était pas ce qui le protégeait de l'appellation « white trash », amplement méritée de l'avis de notre renard... même si le Copy Cat aurait plutôt parié sur l'industrie pétrolière, en guise de manne financière pour la famille Gold a priori.

« Et 'Nash'... ? C'est quoi la signification ? Il existe une histoire PASSIONNANTE derrière ton prénom aussi ? » Fit mine de s'intéresser l'ironique Kise.

Papoter lui permettait toujours de gagner du temps et de faire son petit numéro de charme, histoire de détourner l'attention... D'autant qu'il était vraiment doué pour alimenter les conversations, même les plus banales et désuètes. Remplir le vide avec encore plus de vide. Flatté dans son ego surdimensionné, Nash tomba évidemment dans le panneau sans se méfier. Ou plutôt, il sauta carrément à pieds joints dedans...

« Nash, c'est juste le diminutif de 'Nashville'. » AH OUAIS LE NOM DE LA VILLE LA PLUS CONNUE DU TENNESEE, TRANQUILLE QUOI ! Bonjour la mégalomanie dans la famille ! Mais était-ce bien étonnant, finalement venant de la dynastie au nom de matière précieuse ? Ce qui le fut davantage par contre, c'est que tout à coup l'autre blond marqua une pause dans son récit qui s'annonçait pourtant sans nul doute EPIQUE, visiblement embarrassé, avant de reprendre en marmonnant et en évitant le regard (ébahi et plein de jugement) de Kise. « ... Mon grand-père était fan du King et de la Guerre de Sécession... Paraît que c'était une ville importante pour ces deux événements... Il a appelé mon père pareil, d'ailleurs... D'où le « Junior », pour moi... »

...

Oh putain...

Alors là, il ne s'y attendait absolument pas !

Elle était bien bonne celle-là et...

Nashville Senior et son petit Nashville Junior, donc... Pratique quand tu couches avec le père et le fils en même temps, remarque : tu n'as qu'un seul et même prénom à retenir...

Et à crier au lit, sans risquer de vexer personne...

N'empêche, on était sur quel NIVEAU de narcissisme, là au juste, pour donner le même nom à son unique rejeton !? Hé bahhh il aurait pas été dans le caca Nash SENIOR si son fils avait été une fille au final... quoique... « Nashville », ça sonne plutôt unisexe...

Enfin bref, dans tous les cas...

Ça ne manqua pas...

Passée l'incrédulité, Kise éclata aussitôt de rire suite à cette confession pour le moins incongrue.

Un rire sonore.

Cristallin.

Et moqueur...

« Bwahahaha ! Le King, tu veux dire, Elvis ? Roooh la honte ! Oh bon sang, c'est tellement ringard et ridicule ahaha, j'y crois pas ! Tes parents ne devaient vraiment pas t'aimer pour avoir osé t'appeler comme ça ! »

Apparemment, les Golds beaufs' de génération en génération !

Pas étonnant qu'avec un prénom pareil, le Ricain ait opté pour un diminutif légèrement plus décent...

Malheureusement le petit Nashville DONC, ne goûta que très peu la crise de rire suivie de larmes qu'occasionna sa révélation. D'un air mauvais, il tapa du poing et du verre sur la table pour faire autorité, faisant même sursauter Kise.

« Ferme ta gueule, j't'interdis d'te moquer d'mon prénom ! Et puis d'abord, c'est quoi l'tien !? Cheetah ? Comme le fidèle chimpanzé de Tarzan ? J'crois vaguement m'souv'nir qu'c'était un truc avec un « a » à la fin en tout cas... Quoiqu'il en soit, assurément l'homonyme d'un macaque... Non parce que si tu penses m'avoir fait suffisamment forte impression pour me rappeler comment tu t'appelles, bah laisse-moi te dire que tu t'fourres le doigt dans l'cul jusqu'à l'œil... »

Se redressant pour se donner plus de stature, Kise décida de ne pas se laisser dominer. Déjà qu'avec Haizaki, il ne gardait pas sa langue dans sa poche quand il s'agissait de lui faire savoir ses quatre vérités, avec ce n'était pas avec sa doublure au rabais que Kise allais commencer à se taire...

« Heu... sans vouloir te vexer, ni avoir l'air de donner des leçons de grammaire... (Surtout de la part d'un cancre comme Kise, un COMBLE lol !) c'est dans l'autre sens l'expression normalement... mais bref, même si cette soudaine amnésie de ta part ne m'étonne pas franchement, tu aurais tout de même pu faire l'effort de te retenir le nom de l'une des sept personnes au monde à avoir accompli l'exploit de vous humilier, toi et toute ta bande de guignols ramasseurs de balles... » L'attaqua de front le fort peu impressionnable mannequin, un rictus confiant aux lèvres. « Enfin... Si tu comptes toujours arriver à me baiser tout à l'heure, tâche de ne pas l'oublier cette fois, c'est Ryota. Ry-o-taaaaa. Et sache que, dans ma langue, ça veut dire « rafraîchissant », comme mon sourire. » Appuya t-il en souriant justement. Jusque-là, pas de problème, ça collait assez à la réalité. Mais la suite de l'explication étymologique (et non « éthylique ») fut nettement plus... hasardeuse... « ... Et « épais », comme ma b*te ! » Wooooow d'où ça sortait ça !? La modestie ne pourrait jamais étouffer Kise apparemment, contrairement à la taille de son chibre... « Alors, comme tu ne tarderas pas à t'en rendre compte par toi-même, tu constateras bientôt à quel point je le porte bien et avec fierté... Dommage pour toi, mais je peux aisément comprendre que tu sois jaloux parce que ton nom n'a pas une signification cachée aussi classe que le mien... »

...

Wokéééééééééé...

Kise déjà rond comme une queue de pelle... ?

CONFIRMED.

A moins que la faute n'en incombe encore à la fameuse chemise prêtée par Haizaki...

Parce que là... il se sentait pousser des ailes, le petit poussin jaune ! Encore une fois, c'était presque comme si le Grand Méchant Loup parlait à sa place et s'exprimait à travers lui, son audace naturelle déteignant dangereusement sur son colocataire...

Pas sûr que Nash goûte cet élan de rébellion par contre...

Mais l'autre blond eut une réponse plutôt inattendue...

« Non, ce qui est réellement dommage et crois bien que je suis le premier à en être désolé, c'est de devoir doucher tes espoirs... Parce que comprends bien que je n'ai aucune intention de m'asseoir dessus pour vérifier si elle est aussi épaisse que tu l'dis et quand bien même elle le serait... Au risque de te décevoir, celui qui va la mettre à l'autre, c'est moi et non l'inverse... Et sache également que je ne tiens pas d'Elvis que le nom de sa ville, mais aussi son célèbre déhanché dévastateur... »

Ohhh ? Joli ! Bien rattrapé !

Voilà qui se révélait très intéressant, tout à coup...

Enfin, si c'était vrai bien évidemment...

Restait donc à s'en assurer.

« ... Et si tu me montrais plutôt c'que tu vaux dans ce domaine, cher mythomane ? Parce que les belles paroles et la vantardise, ça va bien cinq minutes, mais j'ai déjà eu ma dose pour la journée... J'veux d'l'action à présent ! Et c'est plutôt toi qui n'as pas intérêt à m'décevoir avec toutes tes promesses en l'air, va falloir charbonner maintenant et me sauter comme il faut... » Hoqueta Kise, en se penchant vers son interlocuteur de manière fort séductrice.

« Patience, laisse-moi finir mon verre joli singe et je m'occupe de toi juste après... » Sourit-il, carnassier, sentant son entrejambe le démanger à nouveau à la simple évocation de la partie de jambes en l'air endiablée qui lui tendait les bras... enfin les cuisses... ?

De son côté, Kise ne savait pas vraiment ce qui lui avait pris de formuler une proposition aussi débridée à brûle pour point. Sûrement... le « mood », l'humeur particulière du moment... La frustration... L'envie de se venger d'Haizaki. De se le sortir de la tête, de l'oublier dans les bras d'un autre, même juste l'espace d'une minute... Sans doute un mélange d'un peu tout cela...

Le top model INTERNATIONAL - S'IL VOUS PLAIT ! – (Et au cas où vous l'auriez malencontreusement oublié...) ne put s'empêcher de ricaner devant la réponse provoquante de l'alter ego du loup. Il n'en croyait pas un mot en réalité, mais... l'espoir fait vivre, il paraît ? Qu'avait-il donc à perdre en essayant... ? Au pire des cas, une mauvaise baise ferait office de somnifère bienvenu...

« J'ai hâte de voir ça ! N'empêche, qui l'aurait cru ? Qu'en plus d'être raciste comme pas deux, tu étais également un fils à papa misogyne par-dessus le marché... ? Toi, on peut dire que tu les cumules... Décidément, t'as tout pour plaire... » Fit-il en repensant à la fille croisée un peu plus tôt. « Non mais plus sérieusement : c'était QUOI ce cirque auquel j'ai assisté tout à l'heure ? »

D'un geste vif, Kise avala cul sec (... en espérant qu'il ne s'agisse pas d'un signe annonciateur de ce qui l'attendait au lit avec Nash également...) le contenu plus très conséquent de son verre.

Mais comme d'habitude, l'Amerloque avait une bonne excuse qu'il n'hésita pas à dégainer...

« Cette poufiasse l'a bien cherché ! De toute façon, elle était indigne de confiance à l'image de la plupart des femelles... »

Wow, juste wooow, non mais la violence décomplexée de l'affirmation quoi ! Surtout comme ça, gratos... !? Cela donna immédiatement envie à Kise d'en savoir plus.

« Et qu'est-ce qui t'incite à dire ça au juste... ? » Il plissa les yeux, comme pour mieux « voir » où Nash voulait en venir. « Tu m'as l'air bien sûr de toi, avec tes affirmations toutes faites... »

« Toutes les mêmes, j'te dis ! On n'a pas besoin de ces sales bonnes femmes, en réalité ! » ... Heu si, rien que pour se reproduire, déjà ! Les hommes ne pratiquant pas encore la parthénogénèse comme certains insectes ou plantes, capable de se féconder seuls... « Regarde, j'en suis la preuve vivante : j'ai grandi sans mère, au sein d'un entourage exclusivement masculin et viriliste et pourtant, j'ai absolument pas mal tourné ou quoi ! Comme tu peux l'voir, j'ai une mentalité de vainqueur, saine et parfaitement équilibrée ! » Heuuuu ouiiiii si tu l'dis hein mon brave Nash ! « Alors bon, le soit disant irremplaçable amour maternel ou même celui d'une femme, à d'autres hein ! Y qu'les faibles qui en ont besoin ! »

« Ah ouais... t'es pas du tout aigri en fait, toi... Incroyable, un gars aussi CHARMANT et BIEN ELEVE avec des mommy issues... ? C'est tellement original et surprenant que j'aurai dû m'en douter depuis l'début... Et pourtant j'ai rien vu... »

Tu m'Elton, John...

A peine croyable, en effet...

Commençant à voir double, Kise secoua la tête, les joues rosies. L'alcool était en train de lui monter au cerveau...

« Et sinon, pour quelle raison l'avoir payée au final cette nana ? Je ne comprends pas, j'étais persuadé que les mâles alphas toxiques de ton espèce se croyaient tellement irrésistibles, qu'ils basaient leurs discours sur le fait de ne pas être obligés d'avoir à allonger le moindre bifton pour s'offrir les faveurs de quiconque justement... »

« En temps normal, peut-être mais... » Il termina enfin de vider le contenu de son verre, avant de se lancer dans des explications. « Tout s'achète en ce bas monde... » Tiens, tiens, encore des paroles bien connues car déjà débitées par Haizaki... « Et payer pour du sexe permet de repousser éventuelles les limites de son partenaire... De... s'assurer en quelque sorte qu'il coopérera bien si tu as envie d'un truc un peu différent ou exotique pour changer, par exemple... Histoire de... Varier les plaisirs, si tu préfères... »

« Genre quoi ? » Insista le Miracle, perdu.

« Ce qui te branche, ça peut être n'importe quoi. N'importe quoi d'autre que du sexe vanille en gros, c'est ça qu'ça veut dire en substance... »

Hein ? Que ? De quoiiii ? Pardon ? Plaît-il ? Kiçékiaéteintledécodeur ? Kise encore plus plissa des yeux, si c'était encore possible. (Il allait finir par carrément les fermer à ce rythme-là...) Qu'est-ce qu'essayait de lui dire en subtance ce con de Nash ? Mais surtout, qu'avait-il bien pu demander à cette pauvre fille pour qu'elle lui colle direct une baffe en guise de négociation, puis détale comme une levrette !? (La femelle du lièvre, cette fois, ou même du lévrier ne soyons pas trop regardants sur l'espèce animale à laquelle elle appartient...) Non parce que d'accoooooooord, sa drague avait été bien nulle, en plus d'être crasse et irrespectueuse, qu'on soit d'accord. Mais de l'avis de Kise, cela ne méritait pas plus qu'un verre d'eau froide (et les glaçons qui allaient avec...) dans la gueule histoire de calmer ses ardeurs et basta.

« Ouais baaaah... dans c'cas... j'espère sincèrement pour toi qu'tu n'l'avais pas déjà payée alors... »

« Ben si, justement. Ça s'fait toujours d'avance ces trucs-là et puis sur le moment, elle était d'accord pour fournir la prestation que je lui demandais ! Pfff... j'aurai dû lui demander son consentement par écrit maintenant que j'y pense... J'me suis faire avoir comme un bleu, plumer comme une dinde de Noël... Raaaahh quand je te disais que c'était toutes des sal*pes... même Maman... »

« ... Heu... sans vouloir avoir l'air d'enfoncer le clou, j'suis pas sûr que prenne en charge ce genre de litiges... Et ce, même si t'avais payé cash à l'aide de ta carte... Gold LOL... à mon avis, tu peux faire une croix sur un éventuel remboursement... Navré d'avoir à te le dire, mais tu as peu d'chance de revoir ton argent... »

Restait plus qu'à espérer que Nash n'avait pas claqué tous son PEL (Ou bien disait-on « PNL » ? Non pas le groupe Kise...) d'un seul coup...

Erf... et maintenant Kise devait bien s'avouer curieux et intrigué de savoir ce que Nash avait exigé de la part de cette fille... Et qui, selon toute vraisemblance, valait son pesant de cacahouètes pour les singes qu'ils étaient tous aux yeux du riche héritier... Parce que nul doute, criard comme il l'était dans son comportement, que l'ancien leader des Jabberwocks avait dû mettre le prix pour s'attacher les (ser)vices d'une telle travailleuse... heu non professionnelle du sexe, même... Tsss... à tous les coups un truc bien sordide... du type... « Golden Shower ». Ouais, Kise voyait ça d'ici... narcissique comme il l'était, l'ami Nash n'avait sans doute pas hésité bien longtemps avant de proposer une pratique aussi déviante faisant directement référence à son nom de famille. Une sorte d'hommage quoi. Brrrr... rien que d'imaginer ça, Kise n'avait plus tellement envie de coucher avec ce type finalement... Mais... pas sûr que Nash laisse filer sans rien dire...

Mais bon.

Le fait qu'elle ait accepté dans un premier temps selon les dires de Nash, pour ensuite se rétracter, paraissait foutrement illogique.

Alors c'était ça ou...

« D'un côté, j'ai vraiment envie de savoir ce que tu voulais lui faire... mais de l'autre, j'ai bien trop peur de ce que je pourrai découvrir en l'apprenant, pour oser poser la question... donc par prudence, je vais me montre raisonnable et éviter de te le demander je crois... »

« 'Lui faire' ? Hein, mais qui a parlé d'lui faire quoi qu'ce soit ? Espèce de primate dégénéré, c'était pas moi qui devais lui faire quoi que ce soit, mais elle, nuance ! »

Ohhh mais alors ça changeait toute sa compréhension de l'énigme, cette info !

« Hiiin bon bah dans c'cas cherche pas, je l'ai l'explication toute trouvée : à la base, je pensais ça pour plaisanter, mais à mon humble avis je crains fortement que ce ne soit ta façon d'lui conter fleurette qui lui ait gravement déplu en fin de compte... »

Ce qui se révélait encore plus insultant, quelque part... Parce que c'était diiiiiiire le niveau de nullité pour qu'elle ne s'offusque pas de la demande peu orthodoxe/catholique/halal/casher (choisissez votre religion préférée.) de Nash, mais bel et bien de son incapacité pathologique à entretenir un flirt...

« Comment ça, ma façon d'conter fleurette !? Qu'est-ce qu'elle a ma manière d'draguer !? » S'emporta à nouveau Nash.

QUOI, IL EST PAS FRAIIIIIS MON POISSON !?

Bon.

... S'il devait sérieusement se lancer dans un cours de séduction digne de ce nom, autant commencer par se donner le courage nécessaire car Kise ne tiendrait jamais sinon...

Le renard chopa à nouveau le pauvre serveur qui repassait dans leur sillage et il le délesta carrément de sa bouteille cette fois...

... A laquelle il but directement au goulot.

« ... Disons qu'elle peut s'avérer très... déconcertante quand on n'y est pas habitué... Mine de rien, ça demande un léger temps d'adaptation. »

Ou comment pratiquer l'art ancestral de la langue de bois... Mais Nash étant de toute évidence d'un naturel... violent ou disons pour le moins « emporté », mieux valait prendre des pincettes avec lui si on voulait éviter de terminer en terrine de crabe. D'autant qu'ici tout le monde semblait habitué à exécuter ses quatre volontés. Le richissime blond n'avait donc selon toute logique pas l'habitude d'essuyer des refus.

Inspirant profondément, Kise rassembla tout le COURAGE dont il disposait, bien décidé à prendre le problème à présent identifié à bras le corps :

« Bon d'accord ermmm... vas-y, essaie de me draguer pour voir comment tu t'y prends ! »

« Hein ? Là, maintenant, tout de suite ? Mais pour quoi faire !? » Protesta le cobaye non consentant de l'expérience.

« S'il te plaît. C'est pour l'exemple. »

« Hé ! J'drague pas les mecs, moi ! J'les baise juste ! Les mots doux enrobés de sucre dégoulinant, c'est juste bon pour piéger les gonzesses ! Pas d'ça entre nous ! »

« Voui voui, c'est ç'la bien-sûûûûr, réservé aux filles tintintin ben voyooons... » Marmonna Kise dans sa barbe (inexistante). ET MON C** C'EST DU KFC !? Mais bon, il avait pris la décision de venir en aide à Nash tout seul et cela impliquait de ne surtout pas s'énerver. Même si ça pouvait s'avérer tentante face au flot ininterrompu de conneries qu'il débitait à la minute... « Mais je t'en prie, essaie quand même. Tu n'as qu'à t'imaginer que je suis une fille et procéder exactement de la même façon dont tu t'y prendrais avec elle ! »

« Ah ! Ça n'devrait pas trop difficile, ça ! Vue ta tronche de fiotte... »

Encore une fois, Kise fit sciemment le choix de ne pas relever. Histoire de relever le niveau, justement. Or, c'était précisément dans ce genre de cas que la pratique régulière du yoga lui sauvait la mise...

« Ok, c'est parti, admire l'artiste à l'œuvre ! Tiens-toi bien, parce que tu n'vas pas en r'v'nir ! »

« Heu merci de m'prév'nir... » Approuva Kise, en se calant bien au fond de sa chaise de bar et en s'agrippant littéralement à ses accoudoirs pour suivre le conseil de Nash.

Par principe de précaution.

« Tu vois cette magnifique ROLEX (insert trademark here) à mon poignet ? Et bien, elle est spéciale et unique, car elle ne fait pas que donner l'heure... »

« Ah oui, vraiment ? Tiens donc, tu m'en diras tant... et que fait-elle de si exceptionnel, dans ce cas ? »

« Elle est capable de voir à travers la matière... et grâce à elle, je suis donc en mesure de constater et avec joie, que tu ne portes aucun sous-vêtement en cet instant même... »

« ... N'importe quoi... elle est complètement bigleuse ta montre ! A mon avis, tu t'es fait arnaquer... »

« Oh... mais c'est parce que j'ai oublié de te dire qu'elle est en avance d'une heure, c'est pour ça... » Ponctué d'un grand sourire pervers. Très appuyé. Wow, quel humour décidément ! Enfin, Nash se revendiquait de ceux qui pouvaient prévoir l'avenir sur le terrain, donc pas étonnant qu'il en soit de même en matière de sexe... « Bon et sinon trêve de plaisanteries, à part ça vraie question : tu suces ?! »

...

MAYDAY MAYDAY NAVIRE EN PERDITION !

Honnêtement, à ce stade, oui, Kise resta effectivement sans voix. (Chose extrêmement rare chez lui, il faut le souligner.)

Et même en s'était préparé au PIRE, il avait réussi à se faire surprendre par la nullité ABYSSALE de Nash, n'ayant subitement plus la foi, plus la force, ni même la volonté.

Mais Nash attendait visiblement un retour de sa part quant à sa prestation, alors il se fit violence pour le lui retranscrire le plus... fidèlement et neutrement possible. Heureusement que le goupil était assis, parce qu'il y avait fort à parier qu'il se serait cassé la binette par terre sinon face à une telle déferlante de romantisme !

« Oulaaaaa, je... » Erf mais par où commencer... ? Y A RIEN QUI VAAAA ! ÇA FAISAIT BEAUCOUP LAAAAA QUAND MÊME, NON ? ON PARTAIT DE VRAIMENT LOIN ! Genre au bas mot de la planète Mars... ! (Ça tombe bien vu que c'est généralement la planète associée aux MÂLES, les vrais, ceux avec du poil au torse et au menton !) Même avec toute la meilleure volonté du monde ! N'empêche, comment répliquer après un tel SEISME ? « Doucement hein, tu d'vrais y aller mollo sur les tirades poétiques de ce genre, si tu n'veux pas qu'ta dulcinée tombe amoureuse peu trop bite et... heuuummm je voulais dire trop VITE,naturellement ! »

Lapsu(ce)s révélateur, quand tu nous tiens...

N'empêche, Kise croyait bien que... non, non pas de doute possible, il en était carrément SÛR et CERTAIN en fait même, que Nash...

... était encore plus irrécupérable qu'Haizaki dans ce domaine...

Déjà que le décoloré ne brillait pas par sa subtilité, ni son lyrisme...

Restait cependant encore à les départager sur d'autres sujets et Kise ne put s'empêcher de se demander à quel point ils étaient semblables... ou différents sur certains points...

Cependant, il existait bel et bien une différence bien qu'infime entre les deux Scorpions, rien qu'à ce niveau-là.

Si, si, je vous assure : elle était subtile, mais néanmoins réelle !

Par exemple, Haizaki n'aurait jamais posé ce genre de question de but en blanc...

Oh pas parce qu'il n'aurait pas osé, non...

Parce que lui, il n'aurait pas présenté une telle demande sous forme d'interrogation, mais plutôt de manière affirmative. « Hé ma mignonne, tu suces ». Voilà, pas le choix tout simplement, pris pour acquis ! Et ne s'exposant donc ainsi à aucun refus, bah oui, puisque de base, cela ne requérait aucune réponse.

C'était juste déclamé comme une vérité universelle.

CQFD.

A ce stade, Haizaki 1 – 0 Nash, donc. (Heu... comment ça, Haizaki gagnait un point alors qu'il était tout aussi horrible, voire même PIRE que Nash !?)

Mais le match (Pas le match Grindr hein, plutôt le Jeu des Sept Différences ici...) était loin d'être terminé entre les deux faux frères... Tiens au fait, Haizaki n'avait-il pas confié récemment à Kise qu'il ignorait tout de son géniteur ?

HAN !

Si ça s'trouvait... Oh non par pitié, ne me dites pas que...

OMG ! Kise se devait de vérifier cette possibilité à présent, afin de pouvoir l'écarter...

« Dis donc... Ton père s'rait pas déjà venu au Macaquistan par hasard... ? »

« Hein ? »

« Ermm j'veux dire au Japon ! Purée, r'garde c'que tu m'fais d'jà balancer comme dingueries... A peine dix minutes que j'te côtoie et ça y est, ton suprémacisme blanc à la noix déteint sur moi... »

A ce rythme-là, à lui la théorie de l'eugénisme d'ici deux jours à tout péter ! (et non de « l'Eugénie », c'pas tout à fait pareil...)

« Nan, ça j'peux t'assurer qu'il n'y a jamais foutu les pieds, dans vot' sale pays d'bouffeurs de riz... »

« Ah ouufffff ! » C'était déjà ça d'gagné, mine de rien... Quoique, se taper les membres d'une même fratrie, Kise n'avait jamais fait. Ça pourrait être assez excitant en fin de compte. « J'ai eu peur l'espace d'un instant, tu m'en vois rassuré ! »

Hmm... Enfin, il était peut-être un peu tôt pour se réjouir, car rien ne garantissait que la mère d'Haizaki, elle, n'avait pas voyagé aux Etats-Unis... Donc... la possibilité que les deux idiots soient frères ne pouvait encore être écartée... Il faudrait penser à poser la question à Haizaki, tiens... Mouais, naaaan... peu de chance que le père se soit tapé une autochtone, raciste comme le revendiquait ouvertement son rejeton... il y avait fort à parier que Papounet soit du même du tonneau...

« Pourquoi ? » Demanda naïvement Nash, interrompant sa réflexion.

« Oh pour rien... juste une petite vérification d'usage qui me taraudait l'esprit... »

« Tu préférerais pas plutôt que ce soit ma queue qui te taraude... ? Le cul hein, pas l'esprit évidemment... »

...

Ok.

Kise l'admettait.

S'envoyer le pauvre et innocent Sakurai avait été une regrettable erreur de parcours et il en avait par conséquent payé les pots cassés.

En effet, le petit bolet n'était pas assez « Haizaki » à son goût et par logiquement, leur petite sauterie avait d'office été vouée à l'échec.

Mais alors Nash, lui !

On était en revanche là dans l'excès inverse : il faisait EXPLOSER l'« Haizakio'mètre » !

Trop, peut-être trop Haizaki, justement !

Or, Kise était-il HUMAINEMENT capable d'en supporter autant... ?

Hmm... le renard d'or allait sans doute en avoir la confirmation dans un avenir proche...

Car ne dit-on pas qu'il faut au moins essayer avant de se prononcer ? C'est comme pour la nourriture, on se doit de goûter avant de clamer haut et fort « C'est dégueula... » heuuu « J'aime paaaaas ! » Cependant, le bel Eurasien savait qu'il n'avait aucune garantie de ressortir indemne d'un potentiel corps à corps avec son homologue blond... Dès lors... fallait-il vraiment s'y risquer ?

Pourtant... plus il entendait l'autre déblatérer ses scandaleuses insanités et plus Kise se sentait étrangement fondre... Cela faisait trop longtemps qu'il se refusait à Haizaki et bien qu'il ait des raisons parfaitement recevables (de son propre point de vue en tout cas...) de continuer à le faire, son corps, à l'instar de son cerveau, commençait à montrer d'alarmants signes de fatigue.

De lâcher prise.

Preuve qu'il était prêt à céder.

Alors peut-être que s'il acceptait en toute simplicité de se laisser refaire l'arrière-train par Nash, en lieu et place d'Haizaki, cela pourrait suffire à le soulager. A le guérir. Après tout, cela reviendrait peu ou prou au même que de coucher directement avec Haizaki, une perruque blonde et un fort accent sudiste en plus, non ? Et ainsi, sa grosse fringale s'en trouverait enfin apaisée.

Au final, tout le monde serait content !

Assurément, il s'agissait donc du meilleur choix qui s'offrait à lui. Alors pourquoi continuer à lutter ? Ok, pour la forme et aussi pour se chauffer, en guise de préliminaires aussi. Mais nul besoin de continuer à retarder l'inévitable plus longtemps. De toute façon, Kise savait pertinemment qu'il allait céder et passer à la casserole. Après tout, c'était bien le but de sa petite escapade nocturne, non ? Il l'avait su dès qu'il avait posé les yeux sur cet homme, dès qu'il avait entendu son irrésistible « prose ».

Car il fallait se rendre à l'évidence qui s'imposait à Kise : le mannequin se sentait au bout et à bout, surtout... Au départ, il avait fait son possible pour tenir bon et instaurer un semblant d'échange verbal entre lui et son prétendant, mais à quoi bon, quand tout ce à quoi pensait Nash était plutôt leur futur échange de fluides... ?

Mais finir au pieu avec Nash... ne serait-ce pas... comme TROMPER Haizaki, tout bien considéré ?

OULA TOUT DE SUITE LES GRANDS MOTS !

On posait les termes là !

...

Hmm...

Non.

Kise s'interdisait de penser ainsi.

Car pour commencer, lui et Haizaki... ne représentaient rien l'un pour l'autre. Et certainement pas un couple. Un hypothétique « nous deux » n'existait pas entre eux. C'était la stricte vérité. Alors oui, certes, le brun lui avait bien déjà fait part de ses propres sentiments et expressément demandé de se préserver pour lui. Ou du moins, une certaine partie de son corps. Mais il fallait se rendre à l'évidence : Sakurai n'avait pas suffi à épancher sa soif de sexe et la virilité du renard n'avait pas désenflé de tout son dialogue avec Nash et pourtaaaaaaaaaaant Paco Rabanne (soit l'équivalent de Dieu aux yeux de Kise...) savait à quel point l'Eurasien avait souffert de la lourdeur des paroles débridées de l'Américain...

Aucune vergogne, aucune classe, aucune retenue. Ça aurait dû le refroidir direct et pourtant... c'était tout l'inverse, son sexe tressaillait même d'anticipation à l'idée de se faire dévorer tout cru par cet homme si abject ! Ah c'est sûr... si Haizaki apprenait que son goupilou d'amour avait fauté, il allait piquer une colère noire mais... en cet instant, Kise s'en moquait comme de l'an non pas quarante, mais soixante-neuf. (Position qu'il espérait bien explorer avec Nash au passage...) Plus tard, les conséquences. Là, maintenant, tout de suite, à l'instant présent, il avait juste envie de se faire démonter certes, mais d'une toute autre manière.

Démonter comme une commode Ikéa au nom imprononçable ! (BIG UP au pays d'origine de Maman !)

Nash était répugnant.

Mais bizarrement excitant aussi...

Quel drôle de mélange...

Attirant, mais repoussant à la fois.

Insolite...

Encore une fois, cela ne fut pas sans lui rappeler l'aversion qu'il éprouvait pour Haizaki. Aversion qui s'était peu à peu transformée en attraction souveraine.

Mais de toute façon, que ce soit clair : il ne devait rien à Haizaki...

Et pouvoir tomber ainsi sur son jumeau, son sosie quasi parfait au détour d'un bar à l'autre bout du monde, était un cadeau inespéré de la part des puissances divines. Providentiel. Comme si enfin, quelqu'un, là-haut, avait entendu et répondu à ses prières assidues.

Alléluia !

Avec un peu de chance, en acceptant de faire la bête à deux dos avec Nash, il serait guéri.

Enfin débarrassé !

Terminée l'« Haizaki Dépendance » ! Après cette soirée mouvementée, Kise serait libéré pour l'éternité, le charme définitivement rompu. Le carrosse redeviendrait l'horrible citrouille qu'il avait toujours été malgré une illusion d'optique plutôt convaincante, il fallait bien l'avouer. Et dès demain matin, à nouveau, Haizaki dégouterait Kise comme il l'avait toujours fait auparavant, ainsi que le voulait l'ordre naturel des choses. Car c'était bel et bien de cette manière que l'Univers fonctionnait.

Ainsi que la Terre était ronde et tournait autour du soleil. Or, tomber sous la coupe d'Haizaki, c'était çaaaaa et pas autre chose, qui n'était pas normal depuis l'début ! Là où le bât blessait, là où un truc clochait carrément ! Et s'il ne voulait pas devenir FOU, Kise avait bien compris qu'il avait tout intérêt à se faire passer l'envie de copuler (frénétiquement) avec Haizaki, puisque nulle autre solution ne semblait pouvoir combler cet accès de libido incontrôlable !

Et pourtant, il avait touuuuuut essayé pour faire passer cette fièvre irrépressible ! Vraiment tout ! Mais la tension sexuelle permanente qui existait entre sa personne et Haizaki avait fini par avoir raison de lui. Raison de sa raison. De ses bonnes résolutions. De son entêtement. Et pire encore... de sa dignité. Esclave de ses sens, le jeune homme était devenu la marionnette de ses pulsions les plus sombres et basses. Or, ça ne lui ressemblait définitivement pas. De la honte, voilà un sentiment jusqu'ici inconnu avec lequel il était devenu familier dernièrement, une honte impérieuse qui le hantait constamment, le rongeant de l'intérieur.

De toute façon, à l'heure qu'il est, tous ses amis le prenaient déjà pour un taré, bon pour l'asile. Alors un peu plus ou un peu moins... il ne se sentait plus à cela près... Néanmoins, Kise ne pouvait pas leur en vouloir de ne pas comprendre ce qu'il pouvait bien trouver au schizophrène capillaire de service. Car le véritable schizophrène, c'était peut-être bien lui tout compte fait. En tout cas, il était indubitablement en train de le devenir, étant donné que lui non plus, le célèbre Kise Ryota, chantre de la beauté et du bon goût, ne comprenait pas davantage ce qui était en train de lui arriver. A quel moment avait-il pu tomber aussi bas ? Baisser à ce point-là ses critères ? Bon sang, à bien y réfléchir, un tel comportement défiait même toute logique !

Une malédiction, oui, un ensorcèlement, voilà ce qui s'était vraisemblablement abattu sur lui, peu cherrrrr !

Une pauvre victime du sort, voici ce qu'il était.

Lui, n'avait rien demandé à la base.

Et certainement pas à recroiser la route de son plus ancien et tenace rival.

Ce dégénéré du bulbe chevelu, qui changeait de coupe et de couleur de cheveux comme de plan cul !

Graaaah n'aurait-il pas pu le laisser dans son coin, à se morfondre d'amour pour Aomine, sans avoir besoin de foutre son nez dans sa vie sentimentale foirée !?

De l'avis de Kise, il était donc grand temps de mettre un terme à toute cette mascarade.

Finissant de vider la bouteille de Dom P, Kise s'essuya les lèvres d'un revers dédaigneux de la main et il se leva d'un air déterminé...

« ... Bon, c'est pas tout ça mais elle se trouve à quel étage ta piaule, qu'on en finisse ? »

... En titubant.

Il était fait, mais aloooors faiiiiiiiiiiiiiiiiiit ! Olalala, plus fait que lui, ça n'existait pas, à moins d'être directement une barrique d'absinthe ! C'était même un miracle (mais pas un de la GOM...) que Kise parvienne encore à tenir debout et aligner plus de trois mots sans bégayer. Et trois pas de suite à peu près droits. Mais à ce niveau-là, il pourrait toujours se servir de Nash comme d'une béquille pour le soutenir. Mouais parce qu'il ne fallait peut-être pas trop compter non plus sur le porteur du Belial Eye pour le porter avec la délicatesse d'une jeune mariée ou d'une princesse jusqu'à la chambre conjugale...

Et puis aussi... hors de question de remonter à la sienne, actuellement occupée par Haizaki. Et Kise se voyait mal l'envoyer faire un stage nocturne chez cette garce d'Astrid ! Elle en serait trop ravie, celle-là ! Hmm... non. Pas moyennnnnn ! Kise devait être le seul à s'amuser ce soir ! Après tout, Haizaki l'avait bien cherché, c'était SON idée (pourrie) à la base ! La prochaine fois, Monsieur le voleur de techniques y réfléchirait à deux fois avant d'envoyer son ex-rival au taillage heuuu non, au CASSE pipe... !

« Elle est pas ici, ça n'va pas non !? Qu'est-ce que tu crois ? Je n'accepte que le meilleur pour moi, pas un attrape-touristes de seconde zone tel que celui-ci ! »

Ah...

._.

Ceci expliquait cela... les problèmes de tuyauterie entre autres et le côté plutôt... atypique du lieu. Enfin, typique plutôt, mais pas de cette partie-là de la planète. Plutôt le genre d'hôtel qu'on trouve à la chaîne d'habitude, n'importe où, de ceux qui se ressemblent tous, avec leur horrible moquette hors d'âge et leurs tapis usés rouges dans les couloirs et jusque sur les marches, poussiéreux et décolorés. Pas vraiment un hôtel de standing, quoi... Mais la construction en béton bien moche et lourde, qui obstrue le ciel et fait tâche dans le paysage paradisiaque... Apparemment, Nash avait cependant mieux à proposer et Kise avait selon toute logique hâte de voir cela.

Enfin, pété comme il l'était, il ne risquait pas de se rappeler grand-chose demain matin, même si l'autre blond l'emmenait dans un PALACE... Alors tant qu'il pouvait se poser et que le décor pouvait arrêter de tourbillonner autour de lui aussi... Kise ne demandait pas plus. De toute façon, il n'avait pas accepté de suivre Nash pour faire du tourisme ou se la jouer critique sur Trip Advisor... Nan, ça, c'était le job du Ricain, tandis que lui, était venu pour se faire dégommer...

A chacun son rôle !

Et en guise de palace... waouh !

Il ne fut pas déçu !

Kise en écarquilla ses globes oculaires, n'en croyant pas l'image que lui renvoyaient ses mirettes !

Nash avait sorti le grand jeu et effectivement, on pouvait affirmer sans se tromper que l'autre blondin ne se complaisait pas dans la médiocrité ! Très peu pour lui !

Mais jugez-en plutôt par vous-même :

Une magnifique paillotte traditionnelle en bois et paille ! Comme une mignonne petite hutte, mais la version de luxe, avec équipement moderne, climatisation et tout le tintouin hein...

Alignée en rang d'oignons avec plusieurs autres, montées sur pilotis et donnant directement sur l'océan ! Sacrée vue... avec toit en paille tradi et tout ! Le genre qu'on voyait sur tous les prospectus d'agences de voyages se respectant un minimum et qui faisaient fureur auprès des jeunes mariés en quête d'un nid d'amour romantique pour se la donner grave au son des vagues... Hmm... et Kise s'y voyait déjà très bien, justement, à taper sa meilleure sieste, bercé par le ressac... Sauf que l'heure n'était pas encore à pioncer comme un bienheureux... mais à se faire déglinguer salement d'abord !

Par un ancien ennemi par-dessus le marché, qui l'eut cru Lustucru ?

En tout cas, le cadre de leurs futurs ébats enflammés plaisait beaucoup à Kise, le mettant d'ores et déjà dans d'excellentes dispositions.

Un bon point, donc.

« Ça t'dit un bain d'minuit dans l'jacuzzi ? »

QUOIIIIII ? Avait-il prononcé le mot magique là ? JACUZZIIIII !? Mais bien-sûr que ça disait à Kise ! Et plutôt deux fois qu'une ! « Moi j'suis dans mon jacuzzi et toi t'es tout seul dans ta jalousie ! » ahaha comme qui dirait ! Kise se mit à fredonner joyeusement cet air bien connu de tous les influenceurs et autres starlettes de la téléréalité, tout en retirant ses vêtements (enfin, ceux prêtés par Haizaki) devenus bien encombrants, dans le même temps.

« Mets-toi à l'aise, je reviens tout de suite... » Fit Nash en lui susurrant à l'oreille, son souffle chaud et ses lèvres s'attardant un instant dans son cou. « Et par te mettre à l'aise, je veux bien-sûr dire complètement à poil... Enlève tout Bébé... »

Tu r'tires tout, y compris l'Tampax ! » Pour celles qui auront cette réf hautement qualitative...)

Encore un atteint de la « Bébéite » aigue ! Une épidémie décidément bien sévère et contagieuse qui sévissait chez les beaufs' de tous horizons dernièrement... Mais Kise ne releva même pas à vrai dire. Et pour cause : pour une fois qu'un gars le traitait ENFIN avec les égards qu'il méritait et qui lui étaient dus ! Bon nonobstant le fait que ledit gars en question voulait juste le sauter hein et se donnait donc par conséquent simplement les moyens d'y parvenir le plus rapidement possible. Cependant, quoi qu'il en fut des réelles intentions de Nash, Kise ne s'en préoccupa pas le moins du monde, pas plus que de le voir disparaître à l'intérieur de la cahute hors de prix, trop concentré qu'il était déjà à barboter dans l'immense baignoire ronde à ciel ouvert.

Hmm... tiens, c'est vrai... le Penthouse de Miss R. aussi disposait d'un jacuzzi dans les souvenirs du mannequin, mais hélas, Kise n'avait pas pu en profiter, aussi, était-il bien décidé à se rattraper aujourd'hui ! Ah ça non, PERSONNE ne viendrait interrompre sa baignade délassante dans le lac au(x) requin(s) ! Nan mais rendez-vous compte : on pouvait pour ainsi dire NAGER là-dedans, tellement le bassin était profond en son centre et d'une raisonnable circonférence ! Le bonheur, le pied TOOOOOOOTAL !

Kise piqua donc quelques brasses bienvenues, histoire de se dégourdir les muscles en vue de ce qui allait suivre. Et inutile de le nier : ça faisait un bien fouuuuu ! D'autant qu'il était aux Maldives pour le travail et ne savait donc pas s'il aurait réellement le temps d'aller faire trempette – même en vitesse - durant son séjour... Quel dommage de ne pouvoir profiter d'un cadre aussi idyllique... Enfin, le doré vivait à L.A. toute l'année, il avait pour ainsi dire la plage à portée de mains mais il ne s'y rendait que très rarement... à peine pour peaufiner son bronzage... mais jamais pour nager.

Pourtant, Kagami avait bien tenté de le motiver à se mettre au surf et à l'accompagner dès son arrivée, mais Kise n'avait pas accroché. Oh, bien-sûr grâce à son don pour la copie, il était assez rapidement parvenu à maîtriser les rudiments de ce sport, cependant... dompter les forces de la Nature n'était clairement pas son truc... Quant à Aomine... ah ! Kagami l'avait également initié à l'art de la glisse mais...

Si la panthère était réputée pour son sens de l'équilibre et ses cabrioles légendaires, dignes d'un acrobate Chinois sur un terrain de basket, lorsqu'il s'agissait de chevaucher des vagues (à défaut d'autre chose, au grand regret de son tigre d'ailleurs...), c'était loin d'être brillant... Déjà que le grand couillon bleu s'avérait incapable de se redresser plus de quelques secondes, alors ne venez même pas lui parler d'arriver à se mettre complètement debout sur une planche ! Parce c'était tout bonnement au-dessus de ses forces !

Hmm... n'empêche, que pouvait bien être parti chercher Nash... ? S'il s'agissait de capotes, Kise avait encore en sa possession toute la cargaison confiée par Haizaki, dont il avait lui-même hérité d'Astrid. Enfin « toute »... façon de parler... Mine de rien, il avait déjà bien tapé dedans avec Sakurai... tu m'étooooonnes, ils avaient fait ça combien de fois au juste ? De tête, bien sept ou huit fois... et encore, Kise ne prenait pas en compte la fin, au moment où Sakurai lui avait donné l'autorisation de se soulager sur son visage... directement donc, sans le sacro-saint capuchon protecteur...

Et nu comme Kise l'était en cet instant, à nageouiller sur le dos, on aurait pu croire qu'un AILERON TENDU vers le ciel perçait la surface de l'eau, tant il était encore... atrocement enflé. Alors notre brave requin-renard (Ben quoi ? Les requins-taureaux existent bien ! Alors pourquoi pas les requins-renards et pour votre gouverne, sachez que je viens tout juste de vérifier et c'est effectivement le cas yeaaaaaaay !) priait silencieusement pour que Nash n'en ait pas pour trois heures et qu'il allait vite revenir s'occuper de lui, comme promis...

Par chance, celui que l'on surnommait le « Magicien » sur le court, sembla entendre sa complainte muette puisqu'il revint seulement vêtu d'un... très saillant peignoir couleur OR bien flashy sous lequel il devait sans nul doute être nul comme un ver. Du moins, il fallait l'espérer. Tenant à la main une énorme bouteille toute neuve de Dom P. Ahhh... ce type avait beau être détestable et tout ce qu'on voulait la plupart du temps, il savait comment s'y prendre pour se faire aimer lorsqu'il le désirait vraiment ! Kise l'accueillit sans attendre avec les égards qu'il méritait, en venant s'appuyer contre le rebord tel une gracieuse sirène, d'un air curieux.

Connaissant Nash – qui ne semblait cesser de vouloir repousser les limites de la beaufitude – il serait bien capable de se pointer en SLIP DE BAIN MOULE BURNES LEOPARD sous son peignoir en satin chatoyant ! Du genre à porter une étiquette à son nom, cousue de fils d'or... Heureusement, Kise constata avec soulagement qu'il n'en était rien au moment où l'autre blondasse tomba enfin la robe de chambre de DSK pour venir se glisser avec lui dans le jacuzzi, dont les nombreux remous paraissaient faire écho à l'excitation de Kise. Kise qui fut d'ailleurs celui qui débarrassa son altesse l'Amerloque de sa parure, en tirant sur la ceinture de cet intriguant peignoir. (Qui se portait IRONIQUEMENT à la manière d'un kimono traditionnel.)

Ben quoi ? Il avait hâte de déballer sa surprise !

Qu'il espérait bien... GROSSE pour ne rien gâcher. Et encore une fois, la chance et les Dieux semblèrent lui sourire conjointement puisqu'en effet, l'attirail de l'autre blond se révéla... fort juteux, visuellement parlant. Ne restait plus qu'à espérer qu'il le soit tout autant en bouche, sans fondre trop vite... Comme quoi, Nash n'avait finalement pas que de la gueule : il existait bel et bien quelque chose de tangible (entre ses jambes) pour appuyer ses paroles de vantard patenté. Bon, ce n'était pas tout d'être pourvu d'un bel équipement et d'avoir été gâté par la Nature, encore fallait-il savoir s'en servir également...

...

... Et COMME DE PAR M'HASAAAAARD, ses mensurations n'étaient pas sans rappeler celles d'un certain... Shogo H., de Tokyo, encore une fois ! Raaaaaaaaah merci pour ce sympathique rappel, dont il faut préciser que Kise se serait passé bien volontiers ! Bref, non seulement la théorie de la malédiction semblait se confirmer à vue d'œil mais... si en plus, ça ce n'était pas la preuve ultime qu'elle s'acharnait toujours à le poursuivre...

« T'as oublié les coupes à l'intérieur, il me semble... »

« Hein ? »

« Les flûtes à champagne. Pour boire ! C'est quand même plus pratique avec... »

« Oh... ça alors j'ai pas du tout fait exprèèèèès dis donc... et maintenant que j'suis dans ce foutu jacuzzi, flemme d'en r'sortir. »

Il étendit les bras de chaque côté des bords et rapprocha Kise de lui.

« On dirait bien qu'il va falloir faire sans... »

« Qu'est-ce que tu proposes pour compenser ? »

« Et bien... je crois que seules deux options s'offrent à nous dans un tel cas de figure... »

« Ah oui ? Lesquelles ? » Fit mine de s'intéresser Kise.

« La première... c'est d'utiliser nos corps en guise de récipients. »

HEUUUUUU...

BON CHANCE... ?

Ah ! Il ne l'avait pas vue venir, celle-la ! Parce que là, comme ça, à brûle pour point et sans transition, Kise ne voyait pas vraiment comment ils étaient censés s'y prendre. Mais Nash ne tarda pas à lui faire une démo privée de ce qu'il avait en tête et... ma foi, ce n'était pas si mal comme méthode ! L'autre blond se saisit en effet de la bouteille – qu'il déboucha au préalable et dont une gerbe de mousse d'échappa droit dans le jacuzzi... si bien que Kise ne sut plus si c'étaient les bulles des jets d'eau qui lui chatouillaient le fessier ou celles du champagne pétillant... – et il en versa le contenu ambré sur le torse de Kise, s'empressant ensuite de venir laper ce qui coulait directement à la source, entre les sillons creusés par les pectoraux musclés de son futur partenaire.

Ce qui ne manqua pas d'arracher quelques gémissements à la victime de ses attentions linguales (linguistiques... ?) et pour cause, Kise se sentait HORRIBLEMENT sensible en cet instant. La frustration y était sans doute pour beaucoup... mais force était de reconnaître que cette dégustation se révélait très agréable également. La peau de Kise le picotait juste comme il fallait et il se mordilla même la langue inférieure pour montrer son contentement, à tel point qu'une excroissance sensible, se trouvant malencontreusement sur le chemin de cette cascade d'or, se redressa subitement en signe d'appréciation également...

... Excroissance que Nash s'empressa de venir gober, la tétant avec appétit. Non, férocité, même.

Ah et bien... finalement...

Peut-être que Kise n'allait pas passer une si mauvaise fin de soirée, tout bien considéré !

Quelle plaisante surprise !

Ça semblait plutôt prometteur là, niveau hors-d'œuvres ! Et puis, le plat de résistance paraissait également assez consistant. Wow... se pourrait-il qu'il ait... MAL JUGE Nash !? Naaaaaaan impossible, allons ! Ce n'était pas DU TOUT son genre d'évaluer autrui et certainement pas d'émettre des JUGEMENTS A L'EMPORTE PIECE, alloooooooooons !

...

Erm... ok, il ne trompait personne – pas même lui – en s'évertuant à tenir de tels propos. (Dans sa tête et pas à voix haute, fort heureusement) Et pour cause : « bitcher » figurait en bonne place parmi les activités favorites du top model pour passer le temps, au coude à coude avec le sacro-saint shopping...

« Ok... j'approuve cette première façon de boire. » Rougit-il un peu. « Et la seconde ? »

« Comme ça ! »

Et hop, directement au goulot comme Kise tout à l'heure au bar !

« Héééé ! J'en veux moi aussi ! » Quémanda le Kitsune.

Ah non HEIN !

Nash n'allait quand même pas monopoliser la bouteille et tout picoler seul !

PAS QUESTIIIIIIIION ! Un si bon champagne, ce serait du gâchis !

Sensible cependant à ses protestations, le beau Nash vint aussitôt souder ses lèvres contre celles de Kise mais au lieu de lui rouler une pelle, il transvasa le liquide pas encore avalé dans la bouche de l'autre blond. Un léger filet doré s'échappa même du coin des lèvres de Kise. Waouh... et bien, et bien... Nash savait y faire, finalement et contre toute attente... A tel point que Kise se renfrogna pour la forme, mais docilement tout de même :

« Hmmpffff... Pas très hygiénique tout ça quand même... Regarde-moi ça, tu m'en as mis partout, je suis tout collant maintenant... »

SANS MAUVAIS JEU DE MOTS HEIN.

« Pas encore assez à mon goût... Mais ça va v'nir, t'inquiète donc pas pour ça... Chaque chose en son temps... »

A ces paroles pleines de sous-entendus graveleux, Kise piqua un fard encore plus fort.

Nash se moquait bien que son jacuzzi finisse davantage rempli de champagne que d'eau apparemment. Mais bon, pourquoi pas après tout ? Cléopâtre prenait bien des bains de lait... chacun son truc... Pour autant, Kise craignait que niveau lubrification, déjà que l'eau n'était pas des plus indiquées, le Mousseux ne soit encore pire pour la glisse... Mais pas le temps de trop se poser de questions, car déjà, Nash rejouait les possessifs en l'attirant sur ses genoux pour poursuivre leur corps à corps. Ou plutôt l'initier réellement...

Or, Kise ne pouvait nier que c'était agréable.

Les caresses pressantes de Nash...

Son souffle chaud dans son cou...

Il se sentait désiré et désirable. Or, n'était-ce pas justement là le souhait ultime de tout bon mannequin qui se respectait ?

Un bel homme musclé à sa disposition.

Dans un beau jacuzzi à la belle étoile, avec pour plafond les astres lumineux.

Un ballet charnel arrosé de bon champagne.

Sur le papier, cela ressemblait à une soirée parfaite, idéale.

Kise n'aurait pas pu rêver mieux, sur le papier...

...

Alors pourquoi ne parvenait-il pas à lâcher totalement prise ?

« J'vais tellement bien m'occuper de toi Bébé, que j'te garantis qu'à la fin, il n'y aura pas que l'eau du jacuzzi qui sera mouillée ! »

... HEIN ?

QUOI ?

PARDON ?

PLAIT-IL ?

COMMENT DONC QU'EST-CE ?

Qu'était-ce censé vouloir dire ?

Kise sursauta légèrement. Il avait bien entendu là !?

« Heu... encore une fois, je ne voudrai surtout pas avoir l'air de te manquer de respect ou de remettre en cause tes connaissances, mais... t'es certain de savoir d'quoi tu parles là ? »

« Ben ouais, pourquoi ? »

« Parce que... au risque de devoir m'improviser prof de biologie niveau collège, les mecs ne « mouillent » pas... contrairement aux filles. C'est physiologiquement impossible ! »

« Mais si, tu vas voir ! J'vais t'faire mouiller comme une vraie fontaine grâce à mon doigté j'te dis ! Tu vas vite comprendre pourquoi on me surnomme 'Le Magicien' ! »

OH MY GOD(E) !

Kise ne se sentait plus aussi confiance tout à coup. Ça avait pourtant bien commencé, mais Nash venait de lui prouver que c'était trop beau pour être vrai... Bon... pas de panique, au pire, avec tout ce qu'il avait ingurgité niveau binouze, Kise n'aurait probablement pas mal même si l'autre décidait d'y aller à sec. Enfin, pas trop quoi.

Supportablement, disons.

Mais tout de même... mieux valait une certaine confirmation, avant de poursuivre :

« Heuuu ôte-moi d'un doute : t'as d'jà fait ça avant, non ? »

« De quoi, avec un autre mec ? Nan, jamais, tu s'ras l'premier, alors j'espère que tu mesures la chance, non que dis-je, le privilège même, que ça représente ! Mais de toute façon, j'imagine que ça n'doit pas être bien différent d'avec une gonzesse... »

...

« Pas bien différent », dit-il... ?

Ahem...

Bon.

Il était sans doute trop tard pour crier au secours et prendre ses jambes (de coton) à son cou... en laissant Nash sur la GROSSE béquille que Kise pouvait d'ores et déjà sentir tambouriner ardemment contre les portes de son Paradis...

Okayyyyyy...

Mais alors comment faire ? Kise n'avait jamais été confronté à une telle situation auparavant... Il y avait peut-être de l'espoir cependant, n'enterrons pas trop vite la perspective de se faire sauter convenablement... Nash avait sans doute déjà bien dû emmener son petit Charlie visiter la Chocolaterie... même par accident disons, ne serait-ce qu'en se trompant de chemin à l'intersection de Minouland ? Non parce que... Kise était d'accord pour que l'autre grande gigue refasse la tapisserie des murs de son délicat studio à la peinture BLANCHE, certes, mais pas pour se faire détruire un mur porteur afin d'agrandir le couloir y menant ! D'autant qu'il était, je le rappelle, toujours en rémission à ce stade, pauvre choupinet !

Alors... tout bien réfléchi, peut-être était-il encore temps de procéder à un rapide cours d'anatomie... ? En tout cas, il serait clairement dans l'intérêt de Kise de le faire... Un simple exposé pourrait lui éviter bien des désagréments... en plus de casser tout le charme du moment mais... en restait-il seulement une once... ? Par péché d'orgueil, Kise décida cependant de taire sa fibre professorale. Nan il pouvait encaisser... un grand garçon comme lui, il en avait vu d'autres... et puis, Nash n'était pas totalement puceau non plus. Sans compter qu'il existait bien quelques... similitudes entre hommes et femmes, l'autre blondin ne serait donc pas totalement en terrain inconnu. Alors docilement, Kise se cala bien sur ses genoux et il l'enlaça tendrement pour mieux s'arrimer à son amant du jour.

Il avait besoin de ça pour se libérer...

Pour passer enfin à autre chose, alors ce n'était pas la perspective d'un peu de douleur ou de maladresse qui allait suffire à l'effrayer... ou même le conduire à revoir ses plans pour la soirée. Oui, si c'était le prix à payer pour se débarrasser à jamais de sa honteuse addiction envers l'ancien délinquant, ainsi soit-il ! D'autant qu'à présent, Kise avait atteint son pic d'alcoolémie, alors quoi ? Au pire, ce serait le plus effroyable et abominable (homme des neiges LOL) coup de sa liiiiife, et dooooonc ?

Etait-ce supposé le dissuader ? Bof, non. Oh pas qu'il ait le moindre scrupule à chauffer Nash pour ensuite le laisser en plan (il ne lui devait rien à ce crétin !), mais... s'il s'arrêtait en si bon chemin, tout ce pour quoi il avait accepté de suivre cet horrible Amerloque volerait alors en éclat. Et ça, ça valait bien toute la culpabilité et l'agonie du mooooonde !

Sans y consacrer davantage le temps de la réflexion ou de la... rétractation, Kise décida de s'encourager un peu. En embrassant Nash. Ah ouais, lui il était toujours hyper câlin pendant l'acte, à quoi bon sinon ? On n'est pas des zanimos, que diantre ! Alors toutes lèvres dehors, il fondit sur celles de Nash et lui roula le palot du siècle !

Et...

Attends une seconde, là...

...

Oh bordel, quelle erreur !

MONUMENTALE !

Non pas que Nash embrassât comme un pied, ça, à la limite, Kise aurait largement préféré !

Mais...

Raaah putain mais NAAAAAAAAAN ! (Façon Luke Skywalker quand il découvre que Dark Vador est son paternel.) Impossible ! Non, non, non et re-non ! Kise devait se tromper, oui, voilà, ce n'était qu'un malencontreux malentendu. Dans la précipitation du baiser (?), il avait confondu et puis c'est tout ! Ça arrive à tout le monde hein, même des gens très bien ! Alors dans l'optique de se rassurer, (si tant est que cela soit encore possible...) Kise le plaqua contre le bord du bassin et lui grimpa fermement dessus tel un vagabond sur un train de marchandise, comme pour l'empêcher de s'enfuir et à nouveau, il lui roula une galoche bien humide.

...

Or, lorsque sa crainte ULTIME se confirma et horrifié, il eut un mouvement de recul !

Mais il était déjà trop taaaaaaard !

« Qu'est-ce qui s'passe ? » L'interrogea Nash, les lèvres enflées. «Quoi, mes baisers ne sont pas à ton goût non plus ? C'est différent avec les mecs ça aussi ?»

« N-non... Tu embrasses... super bien, c'est pas ça l'problème, enfin si justement, mais... »

Il se toucha doucement les lèvres, pensif.

« Mais quoi... ? Bon sang, c'est qu'est-ce qui va pas encore !? »

« Tu embrasses exactement comme lui... Comme Shogo... » Reconnut Kise, le cœur battant.

Haizaki... décidément, tout lui faisait penser à Haizaki, tout le temps, partout... Comme si son rival prenait un malin plaisir à ruiner sa vie en toutes circonstances. (Surtout les plus agréables...)

« Shogo ? Qui c'est ça ? Ton frère ? »

« Mon fr-... ! » Notre beau mannequin manqua de s'étouffer, sous le choc d'une telle insinuation... « Ça n'va pas ou quoi !? Beurk ! Et puis, comment pourrai-je savoir de quelle manière mon propre frère – à supposer que j'en ai un – embrasse !? T'es pas bien toi ! » S'offusqua le mannequin en éclaboussant un peu Nash par vengeance.

« Ben quoi ? Une fois, j'ai roulé une pelle à une nana et c'est mot pour mot c'qu'elle m'a répondu ! »

AH DAKOOOOOOOR. (A prononcer à voix haute en montant dans les aigus !)

Le truc tout à fait normal quoi.

« ... Et elle ne venait pas d'Alabama cette fille, par hasard ? » Supposa t-il les yeux plissés, dubitatif.

« Bah si, comme t'as d'viné !? »

OH LE BORDEL...

Facepalm. (Mental, puisqu'il avait toujours les bras passés autour du cou de Nash.)

Alabama, terre de consanguins de tous bords...

« Un conseil : cherche pas, ça vaut mieux... »

Comme quoi, certains clichés ont la peau dure et n'en sont pas totalement non plus ahem... L'Alabama, terre de racistes et de consanguins. A croire que ces deux tares allaient forcément ensemble...

Brrr... rien que d'y penser...

... QUE SHOGO PUISSE ÊTRE SON BROR, MAIS AAAAAAARGH !

Encore celui de Nash, ça se tiendrait quelque peu, mais le sien ? LOL mais achevez-le notre top model international ! Rien que d'imaginer qu'il ait pu mélanger sa salive (entre autres fluides corporels...) avec quelqu'un de son propre sang, ça le débectait bruuuuh ! Et puis, lui et Shogo ne se ressemblaient même pas (physiquement), d'abord ! Bon ooooook ils avaient un pouvoir, un talent, assez similaire en commun maiiiiis... ça s'arrêtait là ! Paie ton hérédité ! Et ça ne constituait absolument pas une preuve ! Pas plus que le fait que Zaki ne connaisse pas l'identité de son géniteur !

Celui de Kise était fidèle et heureux en ménage, naaaaaan mais qu'allez-vous chercher encore bande de mauvaises ? En plus, rien que de penser qu'il ait pu mettre leurs deux mamans enceintes à peu près en même temps, pouaaah c'était vraiment dégoûtant et IMMORAL ! Et le sacrement du mariage, alors !? Ça ne signifie plus rien par les temps qui courent !?

Sans compter que Kise se complaisait parfaitement dans son rôle du petit dernier de la fratrie, il n'avait pas du tout envie de jouer les grands-frères et certainement pas avec ce gamin insolent d'Haizaki ! Quoique... le connaissant, ce serait capable de l'exciter cet ex-délinquant à la petite semaine, que Kise l'appelle « Lil bror » au pieu raaaah ! (Nan, Kise, sans vouloir remettre en question ta capacité de jugement, je crois qu'il aurait une nette préférence pour que tu l'appelles « GRAND frère », plutôt...)

...

Oui... et c'est ainsi que ni vue ni connue, je viens de gagner environ dix lignes de chapitre à déblatérer sur la peur de l'inceste de Kise.

NE ME REMERCIEZ SUUUUUUURTOUT PAS, ça s'appelle grappiller du temps de lecture et c'est gratuit ! (c'est que j'y tiens mine de rien à mon quota de mots !)

Mais bref, revenons-en plutôt à nos deux anciens basketteurs. (chose qu'on oublie un peu il est vrai dans cette histoire aha !) Nash ne se laissa pas franchement déstabiliser par le reproche de Kise et puisque son homologue jaune poussin n'aimait apparemment pas sentir ses lèvres sur les siennes, il opta donc pour les poser dans son cou et lui apposer un magnifique suçon des familles. Merde alors... juste quand ceux d'Haizaki commençaient enfin à disparaître...

Hélas, il y en avait un qui n'allait pas être ravi de constater cela, c'est sûr, quand toute cette histoire serait parvenue à se frayer un chemin jusqu'à ses oreilles... Malgré tout, cette diversion bienvenue sembla faire effet. Cependant... Dès que Kise rouvrit les yeux en se mettant à gémir un peu trop fort sous les attentions de son partenaire – qui venait d'empoigner son tuba sous l'eau – il tomba nez à nez, enfin « nez à bras » plutôt, avec le tatouage de Nash situé à cet endroit.

Au même endroit que...

Et qui ne fut donc pas non plus sans lui rappeler...

Bingooo, vous l'avez bien deviné, je vous le donne en mille :

HAIZAKIIIIIIIIII !

« Gnnhh... Shogo aussi a un genre de tatouage tribal sur le bras, comme toi snif... »

Encore ce « Shogo » ?

C'était quoi la signification de son nom en Japonais, à ce péquin ? (nan, c'est Chinois, Pékin...) « Casse-Couilles ? » (Nope, désolée de te décevoir Nash mais ça veut dire « Victoire, Gagner » et « Moi ». Donc en gros : « Moi le gagneur » ! Classe, hein ?) Parce que Nash avait beau être patient (non) et compréhensif (raté aussi...), se faire comparer (en permanence et à la moindre occaz') à un autre mec, ça allait bien cinq minutes ! Encore, si le gars en question avait réellement été le bro de Kise (LOL...), il aurait pu le tolérer... (encore pire...) mais lààààààà, il en allait de son honneur de mâle (ALPHA) quand même HO ! (et non pas « Hoe », dont je vous laisse chercher seules la signification.)

« Mais c'est qui c'gars à la fin !? Ton ex !? »

« Heu non même pas... »

Bah quoi ? Techniquement, il s'agissait de la vérité ! C'était peut-être bien le plus pitoyable d'ailleurs, dans toute cette triste affaire. Continuer à faire une fixette dessus sans parvenir à entrer dans une phase de deuil alors qu'ils ne furent et ne seraient jamais...

« Ton actuel, alors ? Ecoute, sache que moi en tout cas ça m'dérange pas l'adultère et tout ça. Et puis j'suppose que si tu te retrouves en train de le tromper aujourd'hui, c'est qu'il a bien dû l'mériter ! Alors je t'encourage à le faire : vas-y, venge-toi de cette petite b*te sur moi, tu as ma permission ! »

Heuuu... Nash, tu viens de te traiter tout seul de kiki rikiki là sans l'savoir, étant donné que vos mensurations sont les mêmes, mais passons cet infime détail... (après tout, nous ne sommes plus à cela près...)

Quelle abnégation tout de même ! Ou plutôt, quel besoin inaliénable de tirer sa crampe... Nash semblait vraiment prêt à tout pour parvenir à ses fins... même à se laisser appeler par le prénom d'un autre pendant le seske... Sauf que bien évidemment, Kise ne l'entendait pas de cette oreille. (l'autre étant sans doute aussi bouchée que la mienne au moment où je tape ces mots sur mon clavier...)

« Mais non justement... c'est bien ça le pire : il n'a strictement rien fait pour que je m'acharne à ce point sur lui, au contraire... et... snif... snif... »

OULA.

Ça commençait à sangloter méchamment FORT, là non ? Et à intervalles réguliers !

Laissant présager d'une future crise de larmes imminente... Décontenancé, Nash se cala bien au fond de sa piscine à bulles, agrippant les rebords pour se maintenir en vue de la déferlante qui menaçait de s'abattre sur lui à tout moment.

Et Kise de s'écrouler sur lui, tel l'iceberg qui coula le Titanic...

« Je suis vraiment une horrible personne ouiiiiiiin ! Dire que lui, il m'attend sagement dans notre chambre tandis que moi je... moi je m'envoie en l'air avec le premier v'nu qui lui ressemble un tout p'tit peu ! La version bas de gamme en plus sniiiiif ! Non mais qu'est-ce qui ne va pas chez moi hein !? Lui, il ne veut que mon bien-être, simplement que je m'amuse un peu pour relâcher toute cette vilaine tension sexuelle entre nous, tension qui n'existe d'ailleurs que parce que j'ai trop de fierté pour avouer que... et succomber... aaaaaaaaaaah ouiiiin ! »

Terrorisé, le malheureux Nash n'osait plus bouger. Tétanisé, même !

Peut-être que s'il restait parfaitement immobile, Kise s'arrêterait de lui-même, sa vision étant basée sur le mouvement, tel un Tyrannosaurus Rex ?

Car Kise était présentement en train de lui chialer, de lui morver dessus ! Indigne d'un mannequin dont la priorité absolue était d'être beau et physiquement irréprochable en permanence... Mais que voulez-vous, il craquait le pauvre bichon ! A force de s'enfoncer dans le déni, ça devait bien finir par arriver... Kise s'était effondré en direct. De même que sa libido, mais à ce stade, c'était totalement accessoire, non ? Tremblant d'angoisse, Nash n'eut d'autre choix que de le laisser pleurer de tout son soûl.

Jamais il n'avait été confronté à ça et pris au dépourvu, il ne voyait pas comment agir autrement pour « soulager » Kise. Parce que se soulager lui bah heuuu du coup, il avait carrément fait une croix dessus ! Bon techniquement au moins, la « bonne » nouvelle dans tout ça, c'est que suite à cet événement incongru, Nash pourrait fanfaronner auprès de ses copains et futures conquêtes d'être parvenu à faire LARMOYER quelqu'un au pieu ahaha... errmm... ben quoi ? On se console comme on peut, non ?

Au bout d'un moment, Kise aussi sembla s'être bien consolé lui aussi, puisqu'il arrêta de chouiner et de bégayer des trucs incompréhensibles empreints de culpabilité... De toute façon, l'esprit de Nash s'était déconnecté par instinct de survie après trois phrases, donc... Malgré tout, il tenta une approche pour mettre fin à cette situation saugrenue... Ben ouais, comprenez-le aussi, mais deux mecs aussi canons qu'eux, entourés de flotte et d'alcool, sans s'envoyer en l'air ? C'est lui qui allait finir par pleurer si ça continuait... Alors il ne devait pas laisser filer l'occasion, la brèche dans laquelle s'engouffrer s'il restait encore un espoir, même infime, pour que cette soirée se termine bien...

« Heu... c'est bon ? Tu t'es calmé ? Tu t'sens mieux maintenant ? »

« Snif... snif... Je crois, oui... »

« Ça veut dire qu'on peut reprendre notre activité là où elle en était et que je peux enfin espérer te baiser ou c'est définitivement mort d'après toi ? »

« Non, je... je suppose que ça d-devrait aller... » Hoqueta t-il entre deux sanglots encore tenaces.

La goutte au nez et les yeux aussi rouges que ceux d'un lapin atteint de myxomatose.

Très sexy, en somme.

Or, après un tel fiasco, comment Nash pouvait-il bien encore avoir la moindre envie de lui mettre une cartouche hein, me demanderez-vous ? Ben quoi, il fallait bien R-E-N-T-A-B-I-L-I-S-E-R la très belle suite et la très bonne bouteille pour lesquelles il n'avait pas payé certes, mais à supposer que ce soit le cas... et pour le principe...

Une occasion de tirer sa crampe reste une occasion de tirer sa crampe, aussi douteuse soit-elle ! Et puis, peu importait à Nash que Kise pense à un autre pendant l'acte, parce que ça ne changerait rien au fait que c'était LUI qui serait en train de le fourrer comme un chausson aux pommes ! Et c'était tout ce qui compte !

Brusquement, Kise sentit quelque chose de conséquent tenter de s'introduire en lui sans prévenir, ni davantage de sollicitude... Se raidissant, il resserra ses cuisses autour de la taille de Nash et fit de même avec ses bras autour de sa nuque, yeux fermés. Ça allait vite, trop vite et sans réelle préparation... mais... c'était peut-être mieux ainsi... Rapidement consommé, rapidement débarrassé. Il ferma les yeux... et inspira profondément, tentant d'ordonner à ses muscles de se détendre pour mieux faciliter le passage de la fusée Nash...

Et tout à coup, ce fut le trou noir... (tant qu'à rester dans les métaphores spatiales...)


De leur côté, la fine équipe toujours composée d'Haizaki, Astrid et... Midorima (à distance, donc...), arriva au bar de l'hôtel où Nash et Kise s'étaient fortuitement croisés un peu plus tôt. Bon apparemment entre temps, ils avaient « oublié » Sakurai à l'arrière de la bagnole. Le pauvre champignon avait besoin de récupérer de son choc auditif, de toute façon, sa présence n'était donc pas requise pour la suite de l'expédition. Une fois parvenus à bon port, Astrid et Haizaki se séparèrent pour chercher plus facilement Kise.

Mais... impossible de le localiser... aussi durent-ils se résoudre à interroger d'éventuels témoins. Heureusement, Haizaki avait toujours dans son portable la photo de Kise au zoo, celle où il donnait le biberon à un bébé panda roux absolument trop kiki. Cela faciliterait toute identification formelle contrairement à une description approximative et sommaire, bien qu'Haizaki doutait tout de même que les blonds asiatiques pullulent sur cette île...

Et effectivement, le barman le reconnut. En même temps, rappelons que Kise avait vidé une bouteille de son champagne le plus CHER directement au goulot ! Quel affront, pas le genre de truc qu'on oublie de sitôt ! Sacré Ryota, n'empêche... Ah ça, ça faisait des manières pour lui rouler une pelle après s'être fait pomper le dard, mais ça buvait au goulot des bouteilles comme un camionneur ! (Heuu... il s'agit de deux pratiques TRES différentes, y compris hygiéniquement parlant, tu t'en rends compte tout de même, Haizaki... ?) Et apparemment, le gars savait même où il était allé ! Ah ! Parti accompagné, en prime... Hmm... il fallait s'en douter : un joli petit lot comme Ryota n'avait pas manqué d'attiser les convoitises...

Sauf que le malandrin refusa de cracher le morceau, pour une raison inconnue...

Et comme il fallait s'y attendre, Haizaki qui n'avait jamais été connu pour sa patience, menaça de lui coller une mandale pour le forcer à parler.

Mauvais plan.

Il fallut toute la diplomatie françaiiiiiise du Quai d'Orsay pour l'en dissuader. (c'est-à-dire Astrid s'accrochant fermement à son bras pour empêcher le coup de partir tout seul.)

De son côté, Midorima vociférait au téléphone, exigeant un point complet de la situation, dont il ne parvenait à capter que des bribes et encore une fois, Astrid fut contrainte de prendre les choses en main. (et pas celle qu'elle désirait par-dessus tout, à son plus grand malheur... Mais patience ! Si elle continuait à aider de la sorte les deux zigotos, elle était persuadée qu'elle finirait bien par parvenir à ses fins en guise de récompense...) Attrapant le téléphone d'Haizaki sans perdre le nerveux brun du regard, elle s'appliqua à faire un résumé à Midorima, dans un anglais à peu près aussi atroce et approximatif que celui-ci du médecin légiste. (L'accent français et japonais se valant ici, étant aussi HORRIBLE l'un que l'autre...)

« Bon... » Admit le vert. « Il est réellement possible que cet employé ne sache pas où a filé cet énergumène de Kise... Mais si nous pouvions au moins savoir avec qui, cela nous avancerait peut-être un peu dans nos recherches. »

« Justement, ça coince aussi à ce niveau-là... »

« Oui, et c'est bien cela qui est d'autant plus étrange... On pourrait presque croire que le barman connaît cette fameuse personne et que pour une raison inconnue bien que tout sauf hasardeuse, il s'évertue à protéger son identité... »

« Si seulement on pouvait le contraindre à avouer ! » Se désespéra Astrid.

Ce qui semblait carrément mission impossible, même en faisant appel à Tom Cruise... Cependant, Midorima n'était pas homme à s'avouer vaincu. Après tout, il avait une réputation d'éminence grise au sein des Miracles – uniquement surpassée par Akashi en personne – à défendre. Aussi, se devait-il d'improviser une solution. Et vite, de préférence, avant qu'Haizaki ne perde définitivement patience et se mette à tout saccager dans le bar...

Hmm... tiens donc... Serait-ce que l'ex-argenté éprouvait de l'inquiétude pour le godichon blond ? Sans doute. Ç'en était presque... mignon, quelque part. Mais Midorima n'avait pas le temps de s'attendrir de la romance naissante – bien que contre nature – entre ses deux anciens coéquipiers écervelés. Mais dans tous les cas, Haizaki restait extrêmement fébrile, faisant les cent pas, mâchoire et traits crispés. Peut-être se sentait-il responsable des errances sexuelles et affectives de son camarade ? Et pour cause : c'était lui qui l'avait poussé à aller se faire tringler par le ou les premiers venus ! Par fierté, évidemment mais... ce n'était pas une excuse, d'autant que maintenant, il s'en mordait allègrement les doigts. Comment allait-il réagir s'il trouvait Kise dans les bras d'un autre, en train de gémir et d'en redemander ?

Mieux valait le pas y penser, car très honnêtement, Haizaki lui-même ne savait pas de quoi il serait capable si un tel coup du sort arrivait, mais il y avait fort à parier que ce ne serait vraisemblablement pas très joli-joli... Disons que... le pauvre gars risquait de s'en souvenir. Oh, mais en aucun cas il ne s'agissait de jalousie, allons, allons, pensez-vous ! Les loups sont juste des animaux territoriaux par essence et ils n'apprécient donc pas qu'on empiète dessus. Rien de plus, rien de moins. Mais il serait préférable d'éviter de formuler cette pitoyable excuse devant Midorima, qui ne manquerait sans doute pas de lui exploser de rire à la tronche... Ouais, vachement crédible... D'autant que connaissant le binoclard, il se ferait un plaisir de mettre cette idée à la con sur le compte de son masochisme notoire, par-dessus le marché !

Merde... pour quelle raison cette situation l'affectait autant ? Il devrait s'en foutre plutôt, non ? D'autant plus que Kise n'était même pas sa proie dévolue... Alors pourquoi ? C'était à n'y rien comprendre... Secouant la tête pour chasser ces pensées parasites, il reporta son attention sur la pétillante Astrid. Celle-ci venait justement à sa rencontre, lui rendant son téléphone.

« Sho, écoute-moi ! Ton ami Japonais vient d'avoir une super idée ! Remontre la photo à ce vilain barman récalcitrant en prétextant qu'il est mineur cette fois ! »

« Hein quoi, le serveur ? »

« Mais non abruti ! Ryota ! Dis-lui que c'est pour ça qu'on a absolument besoin de savoir où il se trouve ! En apprenant que le gars qu'il protège vraisemblablement a embarqué un non-majeur, ça risque de lui délier la langue s'il ne veut pas avoir de problème avec les flics pour détournement de mineur!»

Oooooh, dans ce sens-là alors !

Pas mal... ça pouvait fonctionner...

Mais il subsistait cependant un hic à ce plan génial en apparence...

« Heu ouais, sauf qu'il ne faut pas s'leurrer : jamais ce maudit moustachu ne va croire que Kise a dix-sept ans... »

« Bof, la majorité est fixée à vingt et un an dans certains pays, ça va en vrai, Ryota n'a que vingt-six ans, ça passe crème... »

« Bientôt vingt-sept. Dans une moins d'une semaine... » Reprécisa Haizaki, décidément bien observateur et au courant !

« Mouais enfin peu importe, d'autant que par miracle, il fait très jeune ! C'est une chance pour nous ! Allez, il faut absolument tenter et ne pas la laisser filer, d'autant qu'il s'agit de notre seul espoir ! A moins que tu n'aies une meilleure suggestion à faire ? »

« Pas franchement là... Ok, t'as raison... Dans ce cas, je vais tâcher de me montrer convainquant. Sur un malentendu, ça peut marcher. »

Par chance, Haizaki savait mentir. Et même plutôt bien. Il avait érigé cette pratique au rang d'art.

Regonflé à bloc, il se dirigea d'un par sûr vers le barman et l'attrapa par le col de son gilet sans manche peut-être un peu trop... brutalement aaaahem et lui colla le visage contre la vitre de son téléphone sans sommation. Ou l'inverse, on ne sait plus très bien, faisant bondir Astrid de terreur. Un peu musclée comme méthode, je vous l'accorde, mais s'il voulait être crédible, Haizaki devait se montrer le plus alarmiste possible.

« Putain mec ! Je sais qu'il n'en a pas l'air, mais ce gars que ton pote compte baiser jusqu'à plus soif est mineur en réalité ! M-I-N-E-U-R, tu comprends c'que ça veut dire espèce d'arriéré !? Ayé, ça percute dans ton p'tit cervelet de collabo !?Lui et toi, vous allez avoir de sacrées emmerdes si les poulets s'en mêlent!»

« C-comment ça mineur !? Et m-moi... je n'ai rien fait ! C'est pas moi qui suis p-parti avec ! »

« Ben voyons ! Jure sur la vie d'ta mère et sans trembler des g'noux qu'tu lui as pas servi d'alcool !? Nan parce que ça aussi, c'est répréhensible par la loi j'te signale... »

« ... »

« Ah... ! J'en étais sûr... Tu fais moins l'malin hein maintenant... Et t'as même pas pensé à vérifier sa carte d'identité en plus j'parie, bien qu'ça n'aurait servi à rien de toute façon, vu qu'elle est aussi fake que ce gamin, elle aussi... »

Wow ! Incroyable ! Ça avait l'air de fonctionner ! L'intelligence cérébrale de Midorima couplée à la force de conviction plus... physique d'Haizaki, faisait merveilles !

La tête et les bras !

Duo ultime contre lequel rien ni personne ne pouvait se dresser !

« J-je regrette, cependant, je ne suis pas en mesure de vous indiquer où ils sont partis pour la simple et bonne raison que je l'ignore ! C-c'est la vérité, je n'en ai aucune idée ! S-s'il vous plaît... » Pleurnicha le type qu'Haizaki n'avait toujours pas lâché... « Je vous en conjure, vous devez me croire ! »

« Et merde... ! » Maugréa l'ancien délinquant au coup de poing facile.

Si près du but... ! D'autant que le serveur n'avait plus aucune raison de leur mentir à ce stade... ce n'était donc pas lui coller rageusement ses phalanges dans les gencives qui pourrait lui rafraîchir la mémoire...

« Qu'est-ce qu'on fait maintenant ? » Se lamenta à son tour la Frenchie, comprenant qu'ils se trouvaient à présent dans une nouvelle impasse.

« Haizaki, tu m'entends ? Ecoute-moi... tout n'est peut-être pas encore perdu... demande-lui au moins de te révéler l'identité du type avec qui Kise s'est éclipsé et surtout, à quoi il ressemble. On ne sait jamais. Ça pourrait nous être utile. »

« T'es sûr que ça va nous m'ner à quelque chose ? »

« Fais-moi confiance. Si mon intuition est juste, il s'agit très probablement d'un gros bonnet. D'une sommité locale en quelque sorte et de là, on pourra sûrement prendre des renseignements auprès de quelqu'un d'autre. »

« Ok, j'peux toujours essayer ça n'coûte rien. » Il relâcha enfin le pauvre barman tout froissé. « Hé toi, dis-moi au moins de qui il s'agit ! Promis, on n'le dénonc'ra pas à la police. Mais si tu refuses de parler, alors dans ce cas, tu n'me laisseras pas l'choix, c'est toi que je dénoncerai à sa place, alors moi je serai toi, je coopérerai sans broncher. Sauf si tu tiens à aller dormir derrière les barreaux ce soir... »

Pas certain que ça les avance réellement, cependant, l'homme se sentait au pied du mur alors il avoua, mais non sans leur avoir fait promettre au préalable de ne rien dire de sa trahison au principal concerné...

« N-Nash Gold Junior... »

« Gné ? » Fit Haizaki, à qui ce nom était totalement inconnu.

C'était qui encore celui-là ? Avec un blaze pompeux pareil, certainement un de ces vacanciers Américains pétés de tunasse à ne plus savoir quoi en faire ! Mais disons que là comme ça, ça ne lui évoquait rien de plus.

Par contre...

Il y en avait un autre, toujours en ligne, à qui ce nom rappelait bien des souvenirs... (fort désagréables, au passage...)

Et qui ne se gêna donc pas pour le manifester !

« Oh bon sang de bonsoir de putain de bordel de merde, j'y crois pas... »

« Wow M-Midorima !? C'est bien toi qui viens d'jurer à l'instant !? Oo » S'offusqua immédiatement Haizaki, décontenancé. « Oi reprends-toi, mec ! »

Même niveau qu'un « kiçékapété » là !

C'est que... ça peut surprendre de la part du si modéré médecin légiste !

Mais le vert ne releva pas.

« C'est pire que tout ce que j'avais pu imaginer... ! Je n'arrive pas à croire que cet imbécile de Kise ait pu accepter d'avoir des relations sexuelles sans doute non protégées et avec l'un de nos pires ennemis, par-dessus le marché ! »

Non mais on était sur quel niveau d'inconscience et de dalle surtout, là pour s'abaisser à une hérésie pareille !?

« Attends... t'es en train d'me dire que tu connais donc bien c'gars ? Et que c'est l'un de vos ennemis en prime ? Tu veux dire, à toi et aux autres Skittles ? Et qui a, si je comprends bien, même l'honneur de figurer parmi les pires ? Hé bah il m'apparaît tout à coup extrêmement sympathique ce mec ! Je suis convaincu qu'il est même tout à fait charmant ! Pour tout te dire, j'ai hâte de faire sa connaissance ahaha ! Comment ça s'fait qu'vous n'me l'ayez jamais présenté avant !? Vraiment, je n'comprends pas ! « L'ennemi de mes ennemis est mon ami » et tout ça, c'est trop bête, que de temps perdu ! »

« M'est d'avis que tu le trouveras instantanément moins sympathique lorsque tu le trouveras le PHALLUS planté dans le RECTUM de Kise ! » S'égosilla Midorima.

« Roooh tout de suite les mots sales et graphiques ! » Soupira Haizaki pour toute réponse. « Tu m'déçois Mido ! »

Enfin, il s'agissait plutôt la formulation des termes scientifiques de rigueur... Ce qui, de la part de l'introverti Midorima, était déjà BEAUCOUP mine de rien. Mais il n'en demeurait cependant pas moins que les vilains mots qui fâchaient avaient été prononcés... A tort ou à raison, à bon escient ou non... ne restait qu'il seule façon de le savoir...

« Mais c'est une possibilité à ne pas écarter, en effet. You never know... » Reconnut Haizaki.

Bonne question, n'empêche. Comment réagirait Haizaki s'il tombait nez-à-nez sur Kise en train de se faire casser les pattes arrières par un autre mec ? N'aurait-il, lui, pas envie de lui casser autre chose en retour ? Au gars concerné comme à Kise, d'ailleurs hein, pas d'jaloux ! Hmm... mieux valait ne pas y penser, encore une fois... tant la réponse pourrait être redoutée et redoutable...

« Quoi qu'il en soit, tu ferais quand même mieux de t'y préparer. Juste au cas où. Psychologiquement, comme physiquement. » Recommanda le docteur des morts.

« Baaaah si jamais j'dérape, au pire quoi ? Je t'expédierai le cadavre pour autopsie et puis voilà, comme ça tu pourras m'couvrir en trafiquant le rapport, qui conclura à un décès pour cause naturelle ! »

« ... S'il y a des traces de coups constatées, j'aurai quand même bien du mal à faire passer le décès pour accidentel, au même titre qu'une rupture d'anévrisme impossible à anticiper par exemple. Et de plus, je me permets de te rappeler en passant que je ne verse pas dans la complicité pour meurtre, quelle qu'en soit la justification et la légitimité... je tiens en effet à mon intégrité morale et à mon professionnalisme, car je suis un honnête citoyen, moi, contrairement à toi ! Qui paie ses impôts et est du genre à toujours traverser aux passages piétons et uniquement lorsque le feu est vert ! Alors trouve quelqu'un d'autre de moins scrupuleux pour maquiller tes frasques, je te prie ! »

Mouais... Le pire, c'est qu'il avait potentiellement ça sous le coude, aussi choquant et surprenant que cela puisse paraître. Mais ça, Midorima n'avait pas besoin de le savoir... Enfin, s'il butait – à l'insu de son plein gré ou non – un mec pour avoir osé toucher Kise, Asami accepterait probablement de le sortir de la panade. Du moins, on pouvait supposer que le yakuza serait en capacité de comprendre, alors ne restait plus qu'à souhaiter qu'il le fasse.

Car à mesures désespérées, moyens désespérés !

« Hmm... crois bien que je suis ravi d'avoir appris que tu étais en règle vis-à-vis du Trésor Public, mais tout ça ne nous dit toujours pas où l'trouver n'empêche... » Fit Haizaki en se passant une main sur le menton, embarrassé.

« Et vu l'identité du gros poisson en question, je doute que les locaux coopèrent... »

« A c'point là ? »

« Et comment... Je suis actuellement en train de faire des recherches sur Internet à propos de notre cher ami Nash... et c'est encore pire que je ne le craignais en réalité. Figure-toi que l'île où tu te trouves en ce moment même, appartient dans sa quasi-totalité à la famille de ce tyran des beaux quartiers... Par conséquent, il y a fort à parier que personne ici n'acceptera de te dire où se situe son lupanar attitré... »

Mouais.

Donc autant oublier tout de suite pots de vins et autres plans à base d'Astrid exhibant ses nichons pour soutirer des infos aux habitants...

Que faire, dès lors ?

Haizaki se sentait coincé... et Midorima l'était tout autant.

« Je suis navré... mais je dois bien m'avouer à court d'idées là... »

Hmm...

Ils ne pouvaient se permettre d'abandonner Kise à son sort ainsi...

Pourtant, à bien y regarder, ils semblaient avoir tout essayé... épuisé toutes les possibilités à leur disposition...

Tout paraissait perdu...

A moins que...

Oui, peut-être que ça pourrait fonctionner... En tout cas, ça n'pouvait pas faire de mal de tenter !

...

« Bouge pas Shintaro, j'crois que j'viens d'avoir une idée. » Ohhh comme tu es modeste Haizaki ! Une idée de génie, même ! Que dis-je, une révélation, une épiphanie ! « J'te mets en attente deux minutes... J'dois passer un double-appel... »

« Hein ? Et qu'est-ce que tu comptes faire au juste crétin des Alpes ? » Protesta le vert, sceptique quant aux capacités intellectuelles de son comparse. (et non complice, suivez un peu !)

« Patience, tu verras. »

Sur ce, il pianoté un numéro sur son téléphone – celui de la dernière chance - priant intérieurement pour que son mystérieux destinataire réponde... Bon... vu l'heure et le décalage horaire de treize heures existant entre les Maldives et L.A., pas sûr qu'à midi là-bas, l'autre feignasse patentée soit réveillée ! A plus forte raison s'il ne bossait pas ce jour-là ! Pourtant, Haizaki se devait s'y croire...

« Allez, décroche putain... » Incanta le brun.

« ... Allô ? » Fit alors une voix familière, mais pas celle que Zaki attendait.

« Heu... T-Taiga, c'est bien ça ? »

« Hmm oui ? Mais qui est à l'appareil ? Daiki a simplement indiqué 'Connard' comme nom dans son répertoire... C'est du moins celui qui s'affiche à l'écran. »

Ce qui n'avançait pas beaucoup notre tigre pourtant si perspicace, vous en conviendrez, tant ce pseudonyme pouvait désigner bien des personnes !

AH.

BEN SYMPA EN TOUT CAS !

...

Bon... quoiqu'Haizaki ne pouvait pas vraiment se targuer d'avoir fait beaucoup mieux, puisque chez lui, Aomine se nommait « Aominus ». Enfin, c'était déjà légèrement moins pire qu'« Enfoiré » qui avait longtemps été l'alias du bleu chez lui...

« Quoi, tu n'l'devines pas ? Il en connaît tant qu'ça des connards... ? »

« Hein ? »

« Heu non rien, j'voulais dire, c'est Haizaki bien-sûr ! »

Comme si ça coulait de source et que c'était d'une logique imparable ! Quoique pour Aomine et le principal concerné, ça l'était sans doute en quelque sorte. Mais pour Kagami en revanche, beaucoup moins...

« Oh... Qu'est-ce que tu veux ? »

« Comment ça s'fait qu'c'est toi qui réponds ? » S'intéressant tout d'abord « Connard », donc en changeant de sujet.

« Dai dort. »

« Hiiin ceci explique cela en effet... Mais pourquoi ça n'm'étonne même pas ? Quelle grosse flemme celui-là alors ! Faut lui s'couer les puces, il est midi, c'est l'heure de grailler chez vous ! »

« Ne m'en parle pas ! J'ai déjà essayé, mais impossible de le faire émerger... Baaah il ne doit pas encore avoir assez faim ! En général, c'est la seule chose qui parvient à le pousser hors du lit... »

« Normal... étant donné que se branler et baiser, ses deux activités favorites, il peut les faire sans même avoir à quitter son pieu... Enfin... même pisser en vrai il pourrait techniquement... »

« Ahhh mais bordel c'est dégoûtant ! Ne va surtout pas lui donner une idée pareille ! »

« Ça va dépendre de toi, ça... Passe-moi Daiki, réveille-le par tout moyen nécessaire, je m'en fous pas, mais fais en sorte qu'il émerge. C'est pour une urgence. »

« Vu l'ampleur de ta requête, la moindre des choses serait au moins de me tenir au courant de ce qui se passe ! »

« Crois-moi, tu es bien mieux sans le savoir... »

« Ça, c'est plutôt à moi d'en juger mais... » Il soupira, baissant les armes. « Ça a l'air suffisamment grave pour que je passe outre... Pour le moment, disons... Bref, bouge pas, je te le ramène. »

« Il peut rester couché si ça peut aider hein ! Tant qu'il est en mesure de me dire ce que j'ai besoin de savoir... »

Haizaki sentit la pression monter brusquement. Devoir tout miser sur Aomine était très certainement un pied de nez du Destin. Être obligé de s'en remettre à cette tête de cochon ne l'enchantait guère, surtout quand le bleu avait le pouvoir de déterminer son avenir... Car dans le cas présent, le sort de Kise dépendait entièrement de lui, ni plus, ni moins.

Et après quelques minutes qui lui semblèrent une éternité...

La lumière au bout du tunnel, enfin.

« ... P'tain Haizaki, tu fais chier j'étais tranquillement en train d'pioncer làààà ! Et on n'est pas potes, au cas où tu l'aurais malencontreusement oublié ! Alors d'où tu m'appelles !? T'as rien d'mieux à faire ? Personne d'autre à emmerder de bon matin !? »

« Impossible d'oublier une inimitié pareille j'te rassure, tronche de cake ! Mais vu qu'ça concerne Kise, j'ai estimé qu'il s'agissait d'un cas de force majeure et puis j'me suis dit que peut-être hein, enfin à tout hasard, tu aimerais bien être mis au courant de la situation ! »

« Ouais, j'ai cru comprendre que c'était urgent... Enfin, c'est plutôt Taiga qui me l'a fait comprendre quoi... »

« Mais avant que je n'me lance dans de rocambolesques explications : dis-moi plutôt comment s'y est pris le tigre au juste pour te réveiller aussi vite ? »

« Hinhin... » Ricana Aomine. « Crois-moi : pour ton propre bien et la préservation de ton innocence, t'as aucune envie d'le savoir... Mais disons... qu'un gros appétit comme le sien possède... certains avantages indéniables... »

« Beurk... Comment peut-on HUMAINEMENT avoir envie de te sucer la queue... ? Ça m'dépasse complètement, surtout quand on a ne serait-ce qu'une vague idée de ton manque d'hygiène chronique... »

« Qui a parlé d'ma bite ? Nan, c'est autre chose qu'il m'a sucé... et j'dois bien avouer que c'était étrangement agréable, contre toute attente... »

« Encore pire, merde ! » « Merde », c'était le cas d'le dire AHEM... « Je me disais bien que c'était SUCE PET tout ça... »

Heu « Suspect » tu voulais dire Zaki, je suppose...

« Pfff... tu dis uniquement ça parce que t'es jaloux ! J'parie qu'personne n'a jamais voulu t'le faire à toi, nana ou mec y compris ! »

« Grmbl on s'en fout, c'est pas la question ! » Se vexa néanmoins légèèèèèrement le loup, signe qu'Aomine avait mis le doigt (dans) sur un sujet sensible. « On n'est pas là pour parler des irresponsables prouesses sexuelles de Tiger, mais de Ryota ! J'ai b'soin qu'tu l'localises pour moi ! Comme tu t'y étais pris la dernière fois, à partir de son téléphone. Tu penses pouvoir le faire ? »

« Quoi, ne m'dis pas qu'tu l'as encore perdu ? Mais il est pire qu'un clébard fugueur ma parole, j'vais finir par croire qu'tu fais exprès d'l'inciter fuir ! Va sérieusement falloir penser à investir dans un collier et une laisse à c'rythme-là... »

« A mon avis, lui tatouer mon numéro de téléphone derrière l'oreille sera plus efficace... »

« Choisis la méthode que tu veux, j'en ai rien à battre, mais fais quelque chose par pitié ! Parce que ça n'va plus et un jour, on va définitivement finir par le perdre ! Bon... c'est pas tout ça, mais qu'est-ce que tu as bien pu lui dire encore cette fois pour qu'il se tire la queue entre les jambes ? Croise les doigts pour qu'il ait au moins gardé son portable allumé cette fois, parce que sinon c'est mort de chez mort pour l'retrouver... »

« Je l'sais putain, pas la peine de m'mettre la pression ! Et pour le reste... ça n'te r'garde pas... »

« Mouais... Ça, c'est vite dit... Parce que sache que je commence à en avoir marre de devoir constamment repasser derrière-toi pour essuyer ta merde... »

« Heuuu et cite-moi quand tu aurais fait ça exactement ? A titre d'exemple, hein... Car ma mémoire me fait peut-être défaut, mais à moi, il me semble quand même bien que c'est l'inverse... A la base, j'te rappelle que c'est uniquement parce que t'as chié dans la colle que Ryota est v'nu habiter chez moi... »

« Peut-être... » Ne put nier le principal coupable. « Mais en attendant, si tu continues comme ça toi, ça va être un retour à l'envoyeur vite vu ! Ça t'pend au nez mon gars, chépa si tu t'en rends compte ! »

...

A les entendre ainsi se chicaner au sujet de Kise, on aurait pu croire deux pères indignes se disputant la garde de leur moufflet... Et c'était sans doute un peu le cas, quelque part...

« J'aurai jamais cru me prendre une leçon de morale de la part d'Aomine Daiki... J'dois vraiment être tombé bien bas mais... attends une seconde, si tu t'sens obligé m'filer des conseils, dois-je en déduire que ça signifie que tu t'es fait à l'idée que Ryota et moi on-... »

« Ne termine pas te phrase, enfoiré... » Le coupa t-il sèchement. « Et ça, c'est bien un véritable conseil. Le seul et unique que tu recevras d'ma part, d'ailleurs... Que ce soit clair : j'valide rien du tout vous concernant toi et Kise, alors va pas t'faire d'illusion surtout ! C'est juste que j'ai aucune envie d'le récupérer en miettes et qu'il me revienne dans les pattes façon boomerang, par la faute de ta débilité congénitale... Tu l'as voulu, t'as fait des pieds et des mains pour l'avoir, bah maint'nant tu t'démerdes avec, ni repris, ni échangé j'veux rien savoir ! »

Sympaaa ainsi donc, tous les « pseudo » amis de Kise semblaient s'être ligués contre lui en ayant unanimement décrétés qu'il était un boulet fini... que chacun se refilait de temps à autres...

« Wow... quel ami fidèle et à toute épreuve tu fais... j'en suis tout ému et retourné... Mais bref ! Encore une fois, on s'en tape de ta nullité affligeante en tant que pote, dis-moi juste si tu arrives à le localiser, c'est tout c'qui compte ! Et dépêche-toi, putain ! Y a l'feu au lac là, au cas où tu ne l'aurais toujours pas capté ! »

« A c'point-là ? Merde, t'as dû sacrément te chier... Mais malgré ça, non seulement Monsieur se permet d'interrompre mon royal sommeil réparateur, mais en plus d'être exigeant et impatient, la totale pffff... »

Commençant à en avoir passablement ASSEZ de se faire insulter à tout va, Haizaki décida de lâcher le poisson. L'anguille sous roche. Tant pis, c'était Aomine qui l'aurait voulu, avec ses insinuations continuelles et déplacées...

« Magne-toi d'm'indiquer où il se trouve, de préférence avant que Nash Gold Jr n'ait eu le temps de trouver où se situait sa prostate, c'est tout c'que j'ai à dire... Sinon, tu s'ras l'seul responsable ! »

« Q-quoi !? Nash !? Fuck, t'es pas sérieux, c'est avec lui que Kise s'est fait la malle !? Oh bordel, mais qu'est-ce que t'as foutu Haizaki d'mes deux !? »

« Ta gueule, j'te signale que si tu avais traité Ryota avec les égards qui lui étaient dus au départ au lieu de jouer avec ses sentiments, on n'en s'rait pas là ! »

« Raaah tu soules... Ce Nash... c'est pas n'importe qui, j'te préviens... mais un enc*lé de première... »

« Je sais, merci. Shintaro m'a déjà fait l'topo, inutile de r'commencer de te donne pas cette peine. »

« Midorima ? Il est au courant lui aussi ? Et bah... c'est vraiment grave alors... Attends ! J'crois que j'capte un signal ! Hmm... ok c'est bon, j'ai une adresse qui s'affiche à l'écran. J'pensais pas que ça fonctionnerait d'aussi loin, il s'est carrément pas fichu d'moi mon pote hacker... Heu INFORMATICIEN j'voulais dire ! » Se rattrapa le bleuté.

« Mouaiiiis... un simple informaticien, dis-tu ? Qui ne fait donc que des trucs parfaitement légaux, évidemment... En vrai, t'sais quoi ? J'm'en tamponne le coquillard avec le pinceau d'l'indifférence, dépêche-toi juste de m'envoyer l'adresse, y a plus d'temps à perdre ! »

« C'est transmis. Mais... j'peux savoir c'que tu comptes faire au juste une fois qu'tu s'ras face à eux ? »

« J'en sais rien encore, ça dépendra de mon inspi du moment je suppose ? »

« Fais gaffe. Pas que j'en ai quoi que ce soit à foutre de toi mais... Kise est sensible, lui. Et impressionnable... »

« Sensible », ben voyons... C'était surtout pour ne pas avoir à dire le mot qui fâche : « fragile ». Mouef, Haizaki comprenait parfaitement le topo : tâcher de ne pas se faire tabasser devant Monsieur Ryota le grand pleurnichard !

« Et pour une raison que je ne m'explique toujours pas, il semble tenir à toi. Alors fais pas l'con, même si tu sais pas agir autrement... »

Mais bien-sûûûr et maintenant, v'la t'y pas que Kise tenait à luiiiii ! Non mais on croirait rêver ! Haizaki secoua la tête et décida de couper court à cette discussion à sens unique de toute façon. Parler trop longtemps, ou plutôt écouter Aomine déblatérer tout seul trop longtemps avait toujours tendance à lui filer de l'arthrose. Ou de l'arthrite, il ne savait plus très bien la différence. Principalement au niveau du zgeg, d'ailleurs. Allez savoir pourquoi, mais la voix de la panthère avait toujours eu cet effet sur lui... comme si ses bijoux de famille craignaient une castration imminente dès que Daiki ouvrait la bouche...

Enfin bref, une fois débarrassé de l'Aho de service, il s'empressa de faire part de ses nouvelles informations à Astrid et Midorima, sagement resté en ligne. Tous les trois convinrent de l'urgence de se rendre sur les lieux de la roucoulade, dans l'espoir fou d'interrompre un coït dont ils souhaitaient tous à l'unanimité qu'il n'ait pas encore été consommé ni même n'ait débuté. Heureusement, le baisodrome privé de Nash ne se situait pas très loin d'ici, il fut donc décidé pour des raisons purement pratico-pratiques de s'y rendre à pattes. Par chance, pas grand monde n'arpentait l'île à cette heure-ci, personne ou presque ne remarque donc qu'Astrid semblait avoir confondu « robe » et « T-shirt », tant celui-ci, malgré sa longueur somme toute louable, peinait à lui couvrir entièrement les fesses...

Hélas, une fois parvenus devant les lieux du (futur) crime (peut-être pas encore commis, on y croit !), après avoir littéralement commis l'exploit de simplement traverser la rue au niveau du passage piéton pour s'y rendre, les trois joyeux lurons se heurtèrent à deux vigiles fort peu sympathiques et compatissants, taillés comme des gorilles. Encore, si cela avait été des orangs-outans, Haizaki aurait pu les prendre en un contre un, mais là... surtout à deux... c'était risqué et il pourrait bien y laisser quelques plumes notre coq-loup (et non pas « cock »...) de combat...

« Non mais tu ne peux juste pas leur en coller une, uniquement parce qu'ils refusent de nous laisser passer, enfin ! Ils ne font que leur travail ! En plus... sans vouloir te vexer, je doute que tu aies la moindre chance contre eux... » Tenta de le raisonner Astrid, face à leur refus.

... Ah ouais, tout bien considéré, ça s'était peut-être plutôt passé ainsi...

Mais le résultat final restait le même !

Et le résultat, c'était que Kise était toujours en danger, enfin, son intégrité anale du moins...

« Le seul moyen d'entrer, c'est d'essayer de négocier. »

« Et tu comptes faire comment ? Tu l'as bien vu : ils ne veulent rien entendre ! »

« Je sais, mais il faut continuer à essayer ! C'est la seule solution ! J'sais pas si tu l'réalises, mais tu vas juste te faire éclater à plate couture si tu les défies ! Il faut que tu comprennes que la violence ne résout pas toujours tout ! »

Oh bordel, mais ça le rendait FOU d'entendre ça ! Kise se trouvait littéralement juste derrière cette foutue palissade ! A seulement quelques mètres d'eux, si ça se trouve, il les entendait même ! Si proche et pourtant si loin, quelle insupportable frustration !

« Ecoute... fais comme bon te semble, mais moi je refuse catégoriquement de rester planté là à parlementer avec deux armoires à glace dépourvues de matière grise, surtout sans la moindre garantie que cela about... »

« ... Et sinon, tu peux m'expliquer ce qu'il y a entre vous deux exactement ? » L'interrompit Astrid, bras croisés sur sa poitrine en signe de fermeté. « Toi et Ryota, vous êtes plus que des amis, n'est-ce pas ? »

Ah baaaah enfin elle commençait à se poser les bonnes questions cette cruche, il était temps ! Purée, si ça ne tenait qu'à Haizaki, il bazarderait bien la française encombrant auprès des deux grands singes pour pouvoir passer... Oui, c'était dire à quel point il était déterminé.

« Comme je viens de te le dire, ok, toi tu n'as qu'à faire ça si ça te chante... Nan, tu sais quoi ? J'ai même mieux : c'est loin d'être une si mauvaise idée que ça au final... Non, non, j'plaisante pas... ça pourrait même finir par marcher, si tu réussis à les avoir à l'usure. Et pendant qu'toi tu les tiens occupés par tes palabres en faisant diversion, moi, j'en profite pour me faufiler à l'intérieur. Ça m'paraît être un plan tout à fait correct même. »

« Tu n'as pas répondu à ma question Sho. »

ATTENTION : CRISE DE JALOUSIE EN APPROCHE !

Ah bon sang. Fichue bonne femme ! Astrid semblait bien décidée à ne pas laisser filer cette fois... Qu'à cela ne tienne, tant pis pour elle, après tout, c'était Mademoiselle le grand top model qui avait insisté pour savoir. D'autant que ça sautait aux yeux et se passait d'explication normalement... Pas de la faute d'Haizaki si elle était aveugle, cette fille ! Enfin bref, en gros, pas moyen d'esquiver l'interrogation fatidique...

Alors autant jouer cartes sur table et cesser de tourner autour du pot pour pisser droit, non ?

« Qu'est-ce que tu veux que j'te dise ? Ouais, c'est vrai, ça nous est déjà arrivé de baiser ensemble. Mais rien n'garantit qu'ça s'inscrive dans l'temps, ni qu'ça n's'reproduise de sitôt. »

« Fuck buddies ? Sexfriends ? » Demanda t-elle, à peine surprise, en guise de précisions. « Quelque chose dans ce goût-là ? »

« Nan, rien d'tout ça. C'est... beaucoup plus épisodique entre nous. Et puis, Ryota n'aime pas tellement qu'on mette un label sur notre relation... Disons que c'est plus... une forme de dépannage mutuel, ouais, c'est ça... »

« Et c'est tout ? Rien de plus ? T'es bien sûr de ça ? »

« Puisque j'te l'dis. J'sais pas moi... c'est du même ressort que le dépanneur de photocopieuse qui n'intervient que quand il y a un bourrage papier quoi... »

...

Non mais n'importe quoi ! Qu'est-ce que c'était qu'cette comparaison à la mords-moi l'nœud !? Sans compter qu'il ne trompait personne en affirmant cela... Et certainement pas lui... Aaaahh mauvaise foi quand tu nous tiens ! Mais tout ça, c'était de la faute de Kise ! Pas la sienne, encore une fois ! Parce qu'il refusait d'admettre la véritable nature de ce qui subsistait entre eux... alors Haizaki en faisait autant, il n'avait pas d'autre choix que de s'enfoncer dans le déni, à l'image du blond. Pour mieux se préserver...

Parce que... malgré l'interdiction mortelle qui pesait sur sa tête, planant au-dessus de lui de manière menaçante, Haizaki ne pouvait s'empêcher d'être mordu. Et s'il se montrait tout à fait honnête envers lui-même, il avouerait qu'il l'était depuis des lustres déjà... ça remontait à quand toute cette mascarade ? Au temps du collège... ouais... Bon, au départ, il avait trouvé le blond chiant et pleurnichard, pas terrible comme première approche mais très vite, Haizaki s'était attaché à lui.

Et qui pourrait le lui reprocher ? C'est vrai qu'il était attachant le blondinet dans son genre... Mais Haizaki n'était pas une bonne personne à ce moment-là... Pas une fréquentation honorable. Ohhh... je sais ce que vous allez me dire, bande de mauvaises : qu'Haizaki ne l'était pas plus encore aujourd'hui... Encore moins aujourd'hui, même, avec l'histoire d'Asami qui lui collait aux basques...

Mais...

Ah bref, on ne refait pas l'passé...

Il faut savoir assumer ses erreurs et en tirer les enseignements qui s'imposent. C'était peut-être aussi pour cela qu'il se laissait maltraiter impunément et rejeter constamment par Kise... Et ce, malgré des désirs de vengeance au moins aussi grands que ceux du mannequin à son égard... Parce qu'il y en avait du ressentiment entre le loup et le renard, ohhh ouiii vous pouvez m'croire sur parole ! Mais finalement, cette rancœur ne pesait pas grand-chose dans la balance face à l'attirance irrésistible qui les unissait contre leur gré...

Astrid, quant à elle, soupira. Bordel, même elle, qu'il ne connaissait ni d'Eve, ni de la pomme d'Adam, il ne parvenait pas à la tromper ! Il n'y avait que Kise qui était assez stupide pour le croire ! Croire qu'Haizaki se contrefoutait de lui comme de la Saint Glinglin ! Trop fier, sans doute, pour accepter les sentiments du brun servis sur un plateau, car cela le conduirait irrémédiablement à reconnaître les siens dans le même temps...

« Si tu l'dis... Après tout, ce n'est pas mon problème... Moi, tant que ça m'laisse une p'tite place entre vous deux... Au contraire, ça m'arrange même. Je ferai d'une pierre deux coups, comme ça haha c'est encore mieux ! Bah quoi ? J'ai l'droit d'y croire moi aussi, non ? Deux mecs ensemble, ça m'rebute pas, très loin de là... Vous êtes tous les deux sacrément canons chacun dans votre genre, alors pourquoi ça devrait être un souci pour moi de devoir partager ? »

Oh wow... Haizaki cligna des yeux quelques instants, le temps de bien intégrer toutes ces paroles et leurs implications... Le temps que ça monte jusqu'au cerveau, aussi. Mais woooow la seule conclusion à laquelle il parvint fut qu'elle le prenait étonnamment bien, la Frenchie !

« En plus, il se trouve que je m'suis déjà envoyé Ryota une fois avant un défilé, je sais c'qu'il vaut comme ça, aucun risque de mauvaise surprise ! »

« Et bah... quelle franchise... et t'as survécu... ? Enfin, j'veux dire, bien-sûr que c'est l'cas, sinon tu serais pas là aujourd'hui pour en parler et surtout, tu ne tiendrais pas à r'commencer... »

Kise aurait-il donc été un jour un bon coup ? Ou alors Astrid était trop bourrée/droguée/crevée pour se souvenir du désastre. C'était peut-être il y a fort, fort longtemps aussi qui sait ? Genre... dans une autre vie, carrément. A moins que l'esprit de la brune n'ait purement et simplement décidé d'effacer toute la prestation du blond – probablement lamentable - dans le but de la préserver...

« Hmm ? Qu'est-ce que tu insinues par-là ? Non, ne me réponds pas. En vérité, je m'en fiche. Moi, tout ce que je retiens et ce sur quoi je désire me focaliser présentement, c'est le fait que tu ne m'aies pas clairement repoussée ! Ça signifie donc que j'ai une chance de voir mon souhait se réaliser, de voir une issue favorable à ma requête de plan à trois hihi ! »

Et bien... elle en avait de la suite dans les idées, la petite ! Mais Haizaki ne pouvait pas lui en vouloir. Probablement qu'à sa place, il agirait exactement de la même façon. C'est que... deux beaux gosses comme Kise et lui (à défaut d'être des bons coups certifiés, enfin, pour l'un deux du moins...), ça ne se croisait pas à tous les coins de rue... Alors autant joindre l'utile à l'agréable. Le professionnel aux loisirs... Et puisqu'ils se trouvaient tous les trois réunis au même endroit au même moment, autant en profiter pour faire ce que toute personne censée et consentante ferait : s'envoyer en l'air comme une bête en rut !

Ricanant légèrement à cette perspective qui n'était pas pour lui déplaire finalement, bien qu'il ne lui serait jamais venu à l'idée de l'envisager auparavant, Haizaki hocha de la tête en direction de sa partenaire, en signe d'entente tacite. Les conditions étaient claires et précises : si Astrid parvenait à détourner l'attention des gardes suffisamment longtemps pour qu'Haizaki fasse le mur, alors ce dernier se chargerait d'exaucer son vœu de double-déboitage en règle. Bon... Kise risquait de se montrer beaucoup moins enthousiaste que lui et peut-être même réticent à cette proposition dans un premier temps, mais Haizaki était certain de réussir à le convaincre.

Suffisait de trouver les bons mots, le bon angle d'attaque et le tour serait joué ! Après tout, à aucun moment, Astrid n'aurait démérité et ce, jusqu'au bout, même quand tout semblait perdu, alors... elle méritait justement bien au moins ça, vu tous les efforts fournis. Et puis franchement, qui était Kise pour refuser une bonne partie de jambes en l'air avec deux aussi sublimes créatures ? Haizaki n'aurait sans doute pas besoin de chercher longtemps les arguments pour le convaincre de céder à ce léger caprice...

Ne restait donc plus qu'à espérer qu'Haizaki soit plutôt à la hauteur du sacrifice de sa collègue et du numéro de charme qu'elle s'apprêtait à sortir à ces deux Bachi-bouzouks...

Et à la hauteur du foutu mur qu'il s'apprêtait à franchir, pour commencer...


« Aaaah fuck... tu fais ça tellement bien ma petite s*lope blonde ! » (Oui, je me sens obligée de censurer certains passages pour rester correcte malgré la vulgarité de nos chers protagonistes et ainsi épargner vos fragiles petits nœils !) Grogna le blond californien, appréciateur.

Vautré – non mais littéralement – dans son jacuzzi, Nash profitait de la prestation de service offerte, apparemment, de qualité. Manquerait plus que ça, tiens ! Qu'on le suce incorrectement... ce serait le pompon ! Ah ça, il se serait fait un plaisir de dégager à grands coups de pompes... celui ou celle qui s'aventurerait à mal le pomper justement ! Que quiconque ose et il n'allait pas être déçu du résultat ! Ah, pas d'ça avec lui hein ! Et d'ailleurs, cela lui fit penser que maintenant qu'il avait bien testé son tour de palais, il testerait bien la longueur d'apnée de son partenaire de bassin... C'est que ça compte dans l'appréciation finale, ces choses-là ! Et puis, une gorge profonde sous l'eau, il n'avait jamais essayé, ce serait donc une première ! Certains sont naturellement doués pour le sexe aquatique, paraît-il... alors Nash ne demandait rien de mieux qu'en faire l'expérience et voir par lui-même.

Aussi, d'un coup sec, il enfonça fermement la tête de la personne qui lui faisait du bien avec sa bouche, sous l'eau. Gémissant d'aise. Un grand sourire satisfait au lèvre, pendant que l'autre se débattit de surprise sans doute, pendant quelques secondes. Prendre au dépourvu, il n'y a que cela de vrai. Où est le plaisir quand on n'impose pas le sien à l'autre ? Saisir ce que l'on convoite, par la force, se passer de l'accord de son amant, c'est CA qui est jouissif !

Ça et rien d'autre ! Ce sentiment primal de toute puissance, de pouvoir et de virilité. Alors Nash en profitait sans se même soucier du fait qu'il faut être deux pour danser le tango... Pourquoi faire ? Pour quelle raison s'embarrasser des émotions d'autrui ? Il avait déjà bien assez des siennes et tout le reste n'étaient que des considérations bonnes pour les faibles !

« Oooooh... vas-y, comme ça ! Je sens que ça viiiient ! Continue ! Ne t'arrête paaaas ! » Encouragea t-il en rejetant la tête en arrière et en se mordillant la lèvre inférieure, sans se soucier du fait que l'autre se cramponnait désespérément à lui de peur de glisser au fond du bassin et lui griffait les avant-bras pour l'avertir de son manque d'oxygène criant...

Alors oui...

Forcément...

Dans un tel contexte...

Cela lui fit tout drôle lorsque quatre phalanges bien dures (au moins autant que lui...) et serrées vinrent rageusement percuter sa mâchoire sans même avoir pris le temps de s'annoncer. De toute manière, il n'aurait rien vu venir, les paupières closes pour mieux se consacrer à son impérieux plaisir. Et de façon toute aussi inattendue, passé le choc, passée la surprise...

« Espèce d'ordure ! » Vociféra son agresseur, un brun aux cheveux mi-longs plutôt bien gaulé d'ailleurs, (objectivement parlant, bien entendu...) que Nash n'avait pas l'honneur de connaître. « Je sais que Ryota est avec toi, inutile de l'nier ! »

... Fit-il en le saisissant par son collier, celui avec la dent de squale (véritable) qui se balançait au bout... puis en zyeutant vers le fond du bassin pour désigner la personne qui s'y trouvait présentement en train de faire une gâterie au jeune futur PDG...

... Bassin duquel émergea aussitôt non pas un siROI (sisi, ça s'appelle bien comme ça pour les mâles...), mais bel et bien une sirène essoufflée...

... S'étant à moitié étouffée avec la purée qu'avait craché Nash dans sa bouche en grande quantité, dès lors que le poing d'Haizaki était venu présenter ses hommages à la face de l'homme-requin...

... Laissant Haizaki bouche bée et à court de réplique devant cette révélation à laquelle il ne s'attendait guère...

Ainsi donc, le mystérieux invité de Nash, celui qui partageait avec lui ses jeux aquatiques, n'était autre qu'unE mystérieuSE invitéE en réalité ? Oups... sacrée erreur de calcul de la part du joueur Japonais ahaha... enfin, malencontreuse erreur de sexage, surtout ! Ça arrive à tout le monde, même aux meilleurs paraît-il...

Quoi qu'il en soit réellement, la pauvre fille (dont le menton dégoulinait encore de l'offrande de Nash...) prit peur devant la violence de cet intrus et ce ne fut d'ailleurs pas la seule chose qu'elle prit, puisque ce fut également le cas de ses jambes à son cou et c'est ainsi qu'elle détala entièrement nue et en hurlant à travers le jardin pour s'enfuir le plus loin possible.

Aïe...

Comme entrée en scène, on avait connu mieux...

Plus subtil...

Là, Haizaki venait surtout de mettre les pieds dans l'plat bien comme il fallait.

En se prenant bien les pieds dans l'tapis, par-dessus l'marché...

De son côté en revanche, Nash restait étonnement calme pour un mec qui venait lui tout juste de se faire casser la gueule par erreur... Après avoir s'être délesté d'un mollard ensanglanté dans son bain, il attrapa de façon musclée le poignet d'Haizaki. Poignet relié à la main du brun, elle-même toujours reliée à Nash via son pendentif.

La tension monta instantanément d'un cran...

Même les criquets planqués dans les buissons fermèrent leur clapet...

« Dis-moi tête de con, ce s'rait pas toi l'fameux Shogo dont j'arrête pas d'entendre parler, à tout hasard ? »

« Heu si, pourquoi ? Comment ça s'fait qu'tu connaisses mon nom ? »

« Tsss... Bah j'vois absolument pas c'qu'on a en commun... » ... Dixit celui qui venait de jouir parce qu'une prostituée lui avait (fortement) mordu le gland par inadvertance... « Si tu veux mon avis, il débloque complètement ce maudit ouistiti blond... »

« Ki... Ryota était donc bien avec toi !? »

« Hey là l'babouin, c'est moi qui parle et qui pose les questions ici pour le moment... D'autant qu'à cause de toi, non seulement j'ai pas pu l'baiser, mais en plus, j'viens d'dire adieu à une escorte de luxe à trois mille dollars ! »

« Oh arrête, tu vas m'faire chialer... Demande un remboursement, si t'en as eu que pour cinq minutes à lui gicler dans la bouche, j'suis sûr qu'elle s'ra ravie d'te faire un calcul au prorata, un aussi bon client qu'toi... Et précoce en plus, c'est du pain béni pour elle si elle est payée à l'heure ! »

« Hahah t'es un marrant toi... » Ricana Nash en se massant la mâchoire qu'Haizaki avait failli déboîter. « Déjà que quand t'es pas là j'ai toutes les peines du monde à m'vider les burnes, mais alors quand tu t'amènes c'est carrément mission impossible... »

« J'y peux rien si t'as pas réussi à t'faire Kise quand t'en avais l'occasion... » ENCORE HEUREUX, OUIII ! « J't'ai pourtant largement laissé l'temps d'passer à l'acte avec lui... » Et ouiii son cerveau avait bien retenu cette information cruciale déjà tout à l'heure et encore plus à présent que Nash venait de la répéter... « Quant à la fille, arrête de mentir : je l'ai bien vu que c'était uniquement grâce à mon intervention que tu avais réussi à prendre ton pied, on y s'rait encore sinon à l'heure qu'il est... elle avait l'air très douée entre nous, tu t'es fait arnaquer je pense... Et je suis donc d'autant plus intimement convaincu que tu parviendras à avoir gain de cause si jamais tu sollicites une ristourne commerciale pour la prochaine fois. Allez, j'suis sympa : j'suis même prêt à t'servir de témoin si t'as besoin ! »

Ben quoi ? Il était tellement heureux d'avoir appris que Nash n'était pas parvenu à ses fins avec Kise que ça avait tendance à le rendre nettement plus conciliant envers un bro dans la panade ! Même s'il aurait adoré le re-voler à Nash ensuite pour le geste... Mais trêve de plaisanterie, Haizaki était venu ici dans un but bien précis à la base et non pas pour taper l'amitié avec Nash Gold Jr, l'ennemi de ses ennemis, ou plutôt ex-amis, si tant est qu'un jour ils le furent... D'autant qu'il avait toujours Midorima au bout du fil, bien planqué au fond de la poche de son short de plage...

« Mais ça suffit les bavardages de courtoisie : dis-moi plutôt où se trouve Ryota actuellement. Et si j'apprends qu'tu lui as fait quoi que ce soit, je te jure que je... »

« Du calme Roméo. » Trancha Nash. « J'l'ai pas touché ton Ryota d'malheur pour ainsi, enfin, à peine. Ou si peu. Parce qu'au moment où j'ai eu l'idée de génie d'lui forcer l'entrée d'la tirelire avec mon grand chauve à col roulé, il s'est mis à sauter au plafond pire qu'une puce cocaïnomane montée sur ressors... Quel douillet celui-là alors... »

« Ah ça, m'en parle pas vieux... une vraie calamité... » Répondit instinctivement Haizaki à voix basse, plus pour lui-même.

En repensant notamment au coup du Tabasco...

« ... Après quoi il m'a généreusement remercié pour cette charmante soirée en me dégobillant sur le torse, avant de s'évanouir. »

...

WHAAAAT ?

SERIOUSLY !?

Naaaan, Kise n'avait quand même pas osé... se soulager les intestins sur ce mec... !?

Hahah, Haizaki aurait sûrement éclaté de rire si seulement il y avait cru...

« Quoi, tu veux dire ici, pendant qu'vous barbotiez dans c'jacuzzi ? »

« Ben ouais. Il a dû trop picoler. Complètement torché au Dom Pérignon... »

« ... Et donc, toi t'as continué à macérer dans c'bassin OKLM après ça, comme si de rien n'était... ? »

« Ben ouais, pourquoi ? »

« Non, non, pour rien... c'était donc ça cette étrange couleur dorée... et l'odeur acide bizarre qui s'en dégageait. M'est d'avis qu'y a pas qu'l'eau qui fait des bulles actuellement dans c'bassin... Un vrai bouillon d'culture ! Hmm... naaaan mais t'as raison hein ! Après tout, du si bon champ', faudrait surtout pas l'gâcher ! De toute façon, j'suis sûr que Ryota n'avait même pas eu l'temps de complètement l'digérer avant d'le régurgiter, alors ça va encore... » Se moqua Haizaki, ironique.

En tout cas, la conversation se passait beaucoup mieux qu'il ne l'aurait espéré. Presque amicale. Si ça continuait ainsi, Haizaki allait finir par se faire inviter à la partouze hebdomadaire que Nash organisait pour ses amis riches, en compagnie de quelques péripatéticiennes triées sur le volet...

Sauf que le loup ne devait pas perdre de vue son objectif actuel et alors qu'il s'apprêtait justement à reprendre le cours de son interrogatoire, Astrid choisit cet instant pour débouler à son tour dans le jardin. Bon, elle n'était pas passée par le même endroit que lui, qui avait dû escalader la palissade pour atterrir ici, signe que la jeune femme était parvenue à passer les gardes. Comme quoi, elle en avait sous l'pied la gamine malgré ce que son mini gabarit pouvait laisser supposer ! Sacrément débrouillarde la p'tite !

« Sho ! » L'interpela t-elle justement pour se signaler à lui.

Ah merde, il ne faudrait surtout pas que Miss Germain de Latour le voit faire ami-ami avec le Grand Requin Blanc ! Ça la foutrait mal, quand même ! D'autant qu'elle risquait d'aller tout cafter à Kise, la gourgandine ! Alors mieux valait que le blondin continue à s'imaginer qu'Haizaki s'était BATTU pour lui, tel un authentique prince charmant chargé de défendre son honneur bafoué par ce vil Américain raciste !

Désolé Nash, rien de personnel... c'est vraiment pas contre toi, bro ! Peut-être que dans une autre vie et dans d'autres circonstances, les deux prédateurs auraient pu devenir best friends for life et se trouver bien d'autres points communs que leur amour pour le sexe (masochiste) et leur haine des Skittles, mais pas ici, ni maintenant...

Alors pour la forme, mais surtout pour garantir sa crédibilité de prétendant trompé et éconduit, Haizaki le secoua une nouvelle fois, le tenant toujours par le collier.

« Pour la dernière fois tronche d'anus, dis-moi c'que t'as fait d'Ryota et dépêche-toi d'cracher l'morceau avant que je n'décide de m'mettre en colère ! »

Il lui adressa même son plus beau froncement de sourcils ET son regard de méchant pour enfoncer le clou. Nash le fixa de manière dubitative, semblant ne pas croire une seule seconde à ce revirement grotesque. Côté schizophrénie, on restait en effet bien loin d'Akashi, que Nash avait déjà eu le privlège de pratiquer par le passé. Et peut-être même à plus d'un titre... Mais ceci est une autre histoire bande de curieuses !

« Rassure-toi, je l'ai bien sagement ramené cuver à l'intérieur de ma suite personnelle et à l'heure qu'il est, il doit être en train d'patauger comme un bienheureux dans ses propres sucs gastriques sur mon plumard, en rêvant de ma grosse queue sans s'douter de rien. Bien-sûr, j'aurai pu profiter qu'il soit dans les vapes pour le sauter, comme n'importe qui d'autre l'aurait sans doute fait à ma place, mais les culs avinés, c'est pas mon truc... ça à tendance à m'faire débander aussi sec... J'me respecte moi tu sais, j'ai des standards élevés ho ! »

...

Dixit encore une fois le mec qui baignait toujours dans la gerbe de Kise (avec classe et distinction) ahem...

Cherchez l'erreur...

Cependant, Haizaki éprouva comme un étrange soulagement... bien qu'il voulait entendre confirmation de ces allégations de la bouche de Kise également... histoire d'être bien sûr. Pourtant, il aurait dû s'en moquer, tout ceci n'était que du faux... mais...

A ces mots que le riche héritier n'eut pas besoin de répéter deux fois, Haizaki fit un signe de la tête à Astrid qui fonça à l'intérieur pour vérifier. D'après les dires de Nash, le squale n'avait pas eu le temps de conclure avec Kise et par chance, la porte-fenêtre n'était pas verrouillée si bien que la Frenchie put entrer facilement. Pendant ce temps, Nash continuait à soutenir le regard d'Haizaki, paraissant chercher à y déceler quelque chose... Peut-être le pourquoi du comment de toute cette petite comédie improvisée... ? On ne pouvait cependant lui enlever qu'il restait bien stoïque pour un mec qui venait de se faire agresser par un pseudo petit-ami jaloux... et dont le pénis portait à présent les marques de dents d'une fille de joie, à l'hygiène sans doute loin d'être irréprochable...

Mais ce combat de regards ne dura que quelques secondes à peine, car déjà, Astrid émergeait triomphante, telle un sapeur-pompier bravant les flammes, Kise dans ses bras. Ou plutôt, l'un des bras de ce dernier passé autour de ses épaules à elle, pour le soutenir. C'est qu'il tenait à peine debout notre soulard et roupillait toujours à moitié. Il était dans un de ces états, le pauvre... Ça allait sûrement piquer demain au réveil... d'autant que le renard écrasait complètement la malheureuse mais néanmoins vaillante Astrid et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il pesait son poids (mort) l'animal ! Mais n'allez surtout pas le lui répéter, il le prendrait mal, injonctions sociétales de rester mince obligent...

« Gnnh... ayé, c'est mon tour de passer au maquillage pour le shooting ? » Marmonna Kise, totalement à l'ouest. « Tiens, Shogocchi ? » Parut-il le reconnaître. « Depuis quand t'as un frère jumeau ? » Acheva celui qui voyait tout en double.

« Ryota ! Est-ce que ça va ? » Lui cria Haizaki, inquiet, à l'autre bout du jardin.

Soulagement.

A part le fait d'être un peu palot, Kise semblait aller à peu près bien... Du moins, de prime abord, Nash ne paraissait pas l'avoir maltraité, Dieu merci.

« Gnaaaa beugle pas comme ça Shogocchi, tu vas faire fuir tous les p'tits zoizos qui se cachent dans les arbres en faisant cuicuiiii... » Pleurnicha t-il en tentant de se boucher une oreille avec sa main libre.

« Erk... Pouaaah en tout cas, il sent pas la rose, ça non ! Notre si élégant Ryota empeste l'alcool et je crois qu'il s'est même un peu vomi dessus... »

RIP les fringues choisies avec soin par Haizaki... Kise allait avoir besoin d'une bonne douche en rentrant... Mais l'heure n'était pas aux lamentations matérielles. Manquerait plus qu'il se mette à dégobiller sur Astrid maintenant... Non, ne parlons pas de malheurs... Ils avaient tous eu leur compte pour la soirée.

Mais tandis que la miss se dirigeait prudemment avec un Kise claudiquant vers Haizaki, qui, entre temps, avait ENFIN lâché Nash pour s'en éloigner et réceptionner le colis, ce dernier se leva de son glorieux jacuzzi privé, dans toute sa glorieuse nudité, dégoulinant d'eau et autres liquides tous plus ou moins douteux du strict point de vue de l'hygiène...

« Hé là minute papillon... On peut savoir qui vous a donné l'autorisation d'me fausser compagnie comme ça ? »

Tiens donc... Qu'est-ce qu'il voulait celui-là maintenant ? Enfin il se réveillait et réalisait ce qui était réellement en train de se passer ? C'est-à-dire qu'il allait dormir sur la béquille... ? Nonobstant que cela ait pu lui prendre comme une envie de caguer... La situation était pourtant on ne peut plus limpide : deux personnes avaient fait irruption chez lui, dont une par effraction, pour interrompre son coïtus superbus...

Et vous comprendrez donc aisément qu'il n'était donc pas question pour lui de les laisser partir comme des fleurs, comme si de rien n'était, sans leur avoir au moins tapé sa plus belle crise d'autoritarisme aigu juste avant ? Question d'honneur. Pour le geste, la réputation et tout ça... Erf Haizaki s'en voulut immédiatement d'y avoir cru. Il aurait dû s'en douter, ça avait été beaucoup trop facile jusque-là... Un vrai jeu d'enfant ou presque...

Il se mit alors à renifler l'air tel un fin limier, avant de décréter d'un air hautain et provocateur :

« J'viens tout juste de l'remarquer... mais vous la sentez, vous aussi, cette douce odeur de pauvreté... ? Le parfum rance et âcre caractéristique de la merde ? »

Naturellement adressé à Haizaki (de manière totalement gratuite) qu'il interpelait du regard, le fixant droit dans les yeux sans crainte de représailles.

Ah d'accord, et bien puisque c'était comme ça...

Finies les politesses à deux yens et autres affinités naissantes, c'était la GUERRE à présent ! Nash voulait se la jouer mâle Alpha ? Qu'à cela ne tienne ! Ben quoi ? Encore une fois, Nash s'estimait être dans son bon droit en tant que propriétaire des lieux. C'était davantage eux qui n'avaient pas le droit de débarquer chez lui de la sorte, sans la moindre excuse valable. Alors ses chers invités indésirables n'espéraient tout de même pas s'éclipser avec sa prise du soir, pour pas un rond ?

C'est qu'à cause d'eux, Nash allait devoir roupiller le chargeur encore plein... Enfin, pas tout à fait, mais le but avoué était ici de le leur faire croire, histoire de pouvoir les accuser d'un bon scandale bien culpabilisant, car qui serait Nash s'il manquait à tous ses devoirs d'héritier tête à claques en passant même une seule nuit sans emmerder la plèbe... ?

Sauf que, fidèle à ses principes, Haizaki n'était pas cabot à se laisser mater et ce, même par un riche propriétaire terrien. Il avait déjà donné avec Asami, qui n'était alors parvenu à le faire obéir que très brièvement. Et partiellement encore. Pas question donc, de recommencer avec Nash et de se laisser soumettre à nouveau par le pouvoir, la peur et l'argent... Le sexe et la violence débridés, également...

Car n'en déplaise à certains, l'ex-argenté était un loup.

Prêt à montrer les crocs lorsque les circonstances l'exigeaient...

Alors d'un rictus narquois, il répliqua :

« Oups, ça va je t'ai pas fait trop mal en te marchant dedans... heu dessus, j'espère... ? »

Sous-entendu, c'est toi le gros cacakakicoléocucukipu.

Dire que Shogo venait tout juste de récupérer Kise... bon bah retour à l'envoyeur ! Le brun s'en délesta sur Astrid et retroussa ses manches, signe qu'il était prêt à en découdre physiquement avec le mec à poil qui osait le provoquer aussi impunément. Non mais tu parles d'une scène surréaliste, toi !

En tout cas, plus personne n'osait respirer... de peur que l'atmosphère ne s'embrase à la moindre étincelle, au moindre souffle...

Cette fois, la tension dans l'air était si palpable qu'on aurait presque pu la peindre !

Et ça aurait sans doute donné un fort impressionnant tableau animalier, digne d'un épisode de Saint Seiya.

Avec d'un côté Haizaki, une aura féroce de loup dans son dos, contre le requin carnassier représentant Nash.

MEGALODON VS ALPHAWOLF : FIGHT !

...

Cependant et contre toute attente, Nash répliqua en ricanant à son tour. Il prit même la peine de se couvrir avec son peignoir doré. C'est quand même plus pratique de ne pas avoir le service trois pièces bien en évidence et à la portée des coups, si l'on compte se battre... Encore une fois, il se mit à toiser Haizaki de loin. Il avait du répondant ce sale gosse... ça lui plaisait bien. Ouep, décidément, ils auraient pu être d'excellents amis, comme des frères, dans une autre vie... Purée, quand on y pense, ça peut sembler surréaliste, mais c'est qu'ils avaient bien failli devenir potes, ces deux benêts-là ! Et pour cause : aussi tête brûlée l'un que l'autre et apparemment, certains goûts non négligeables en commun...

Dont celui des jolies choses...

Et à ce sujet d'ailleurs...

« Hé, toi, la fille ! » La siffla presque Nash, comme s'il s'agissait d'une vulgaire chienne. (l'animal domestique, hein...)

« Qui ça, moi ? » Hasarda Astrid en se pointant avec l'index, pas sûre qu'on parle d'elle tant la discussion semblait être passée du coq à l'âne tout à coup. (et non du coke à l'âme...)

Elle regarda par réflexe à gauche, puis à droite.

Mais non, personne, aucun autre humain de sexe féminin à signaler à part elle dans leur entourage direct !

« Ça t'dirait d'baiser ? »

Bah heu c't'à dire... là, maintenant, tout de suite ? Sans possibilité de réflexion, ni droit de rétractation ? C'est que Nash exigeait une réponse immédiate et il n'avait pas l'air d'humeur patiente le bougre... Alors la brunette interrogea Haizaki du regard pour commencer, avant d'oser formuler le fond de sa pensée avec des mots plus consistants. Et nettement plus équivoques, également :

« Dis-moi Sho, juste pour que je sois bien sûre et que je n'ai pas le moindre regret dans l'expression de mon choix, que le tien va forcément influencer : il n'y a strictement aucune chance pour que le fameux plan à trois dont j'ai émis le souhait tout à l'heure, se produise entre nous dans le courant de la nuit déjà bien entamée, on est bien d'accord ? »

« Non, en effet je suis bel et bien au regret de devoir casser ton trip en te le confirmant officiellement. Ryota n'est clairement pas en état de faire quoi que ce soit de physique là, hormis pioncer et encore, j'ai quelques doutes. Désolé donc, mais ce n'sera pas pour ce soir quoi qu'il arrive. »

Déjà qu'il se demandait comment il allait obliger Kise à marcher pour rentrer, tant il semblait incapable de mettre un pied devant l'autre sans se casser la margoulette l'autre tanche ! Heureusement que leur hôtel était situé juste de l'autre côté de la route et donc, pas très loin d'ici, sinon j'vous raconte pas quelle galère mémorable ça aurait été...

« Oh... » Pointe de déception légèrement perceptible dans la voix. « Et bien alors dans ce cas... » Elle se tourna vers Nash, tirant pudiquement sur sa robe-T-shirt bien trop courte pour la morale chrétienne. « Avec plaisir... »

Mouais... et un peu de réticence, quand même ! Mais Nash n'en prit pas ombrage, puisqu'il tendit son bras à la demoiselle qui l'attrapa tel celui d'un chevalier servant.

« Je n'vous raccompagne pas, les vermines dans votre genre retrouvent toujours leur ch'min ! » Décréta Nash en rentrant dans le cabanon de luxe avec sa compagne. « Allez suis-moi Poupée, j'vais t'faire danser au sommet d'mon gros baobab ! »

« Tsss... quel gland celui-là... « gros baobab », c'est un pléonasme... ! » Marmonna Haizaki dans sa barbe.

Vexé, le loup ? Hmm... Disons simplement qu'il n'appréciait guère d'avoir à partager ses proies, même les potentielles. Et dire que l'autre abruti avait encore l'empreinte dentaire d'une autre fille sur le bout d'la queue... Alala... pauvre Astrid, elle avait bien du courage n'empêche, encore une fois. Il faudrait vraiment songer à la remercier à la hauteur de ses déjà (trop) multiples sacrifices. Mais l'urgence du moment serait plutôt de ramener Kise au bercail... Il tenait à peine sur ses deux jambes, si bien que quand Haizaki eut enfin retrouvé le chemin de la sortie – c'est-à-dire en défonçant une palissade à grands renforts de coups de pieds – le brun prit son ancien rival en pitié et décida de le prendre sur son dos pour le porter. Ce que Kise accepta fort volontiers en se serrant contre lui.

« T'as le dos tout chaud... » Approuva le goupil-torché, nouvelle espèce sur le marché. « J'me souviens quand tu m'as porté comme ça à Okinawa... »

« Navré de te décevoir, mais je n't'ai jamais pris sur mon dos à Okinawa, ni même porté... » Se désola Haizaki, cependant désireux de rétablir la vérité.

« Oh... t'en es sûr ? J'ai dû confondre alors... »

Mais il n'insista pas, retournant coller son nez contre la nuque d'Haizaki pour humer sa bonne odeur rassurante. Avec ça, comment voulez-vous que l'ex-natté puisse encore éprouver la moindre colère à l'égard du niais de service ? Dehors, la nuit était belle. L'océan calme. Les étoiles brillantes. Wow, on va chercher loin là côté descriptions romantiques, vous n'trouvez pas ? Toujours était-il que l'atmosphère ambiante semblait propice aux confidences et autres rapprochements physiques ou sentimentaux...

« Ouuuh... ma tête... qu'est-ce que ça taaaangue... » Il ferma les yeux et se tint le front. Du verbe « tenir » et non « teindre », évidemment...

« Oi ! Bah Retiens-toi d'me gerber d'ssus, par pitié, c'est tout c'que j'te d'mande ! Et si jamais tu sens qu'ça vient, préviens-moi au moins avant, que j'ai l'temps de t'reposer par terre. » Fit Haizaki, en ralentissant par acquis de conscience.

Courageux, mais pas téméraire notre lupin...

« Hmm... Zaki... où est-ce qu'on va... ? »

« On rentre à l'hôtel, rassure-toi, par chance tu n'es pas allé erré très loin... On arrive bientôt... »

« Non je... ooooh... » Il se resserra contre Haizaki. « Bon sang... »

« Qu'est-ce qu'il y a ? Tu t'sens mal ? »

« Rappelle-moi de ne plus jamais avaler une seule goutte d'alcool de ma vie, surtout... »

« T'es bien sûr qu'il n'y avait qu'ça dans c'qu'il t'a servi... ? »

C'est qu'à Okinawa, Kise avait déjà été drogué alors... comme ça semblait être le truc à la mode chez ces satanés Ricains, la méfiance était de mise ! (CF la mésaventure de Momoi à la fac également !)

« Ouais... t'inquiète pas... c'était juste... ça... Mais vu qu'j'ai fait la grève de la faim toute la journée et que j'avais frôlé l'insolation juste avant... »

« ... et que tu avais manqué de te noyer aussi... » Le coupa adorablement Haizaki pour lui rafraîchir la mémoire.

« ... Gnnnh pas la peine d'en rajouterrrr aaahh... j'ai l'impression qu'mon crâne va exploser... »

« Peut-être, va savoir. En tout cas, ce serait amplement mérité si ça arrivait ! »

« Wow... toi alors... on t'a déjà dit que tu n'avais pas ton pareil pour remonter le moral des gens... ? On peut même dire que tu sais vraiment t'y prendre pour que quelqu'un se sente tout de suite mieux avec tes paroles... Mais... »

Il enfonça son visage dans les cheveux d'Haizaki. Ils sentaient le sable chaud, le sel, l'air marin... Sauf qu'au lieu de lui donner des hauts le cœur, ces embruns le berçaient efficacement.

« J'ai pas envie d'regagner ma suite maint'nant... s'il te plaît... j'crois que j'préférerai passer la nuit dehors en fait... »

« Dehors ? Tu veux dire, sur la plage ? »

« Ouais... c-comme à Okinawa... T-tu crois qu'on pourrait... ? »

« Ben... c'est sûr que l'air pur et frais de la mer te ferait pas d'mal dans ton état... »

« C'est vrai alors, tu-tu veux bien ? »

« On va s'trouver un coin tranquille... et après j'nous f'rai un feu d'camp pour pas qu't'attrapes froid, la nuit s'est pas mal rafraîchie depuis qu'on est sortis... »

« Ohhh tu vas l'allumer comme dans Koh Lanta ? » S'enthousiasma le crédule blondin.

« Mais nan crétin ! J'ai mon briquet ! »

« Pfff comme c'est tout pourri comme méthode... Aucun romantisme... »

« Ouais bah si t'es pas content, t'as qu'à l'faire toi-même ducon ! » Avant de se reprendre et de tiquer : « Attends... t'as bien dit « romantisme » ? C'est quoi l'rapport là ? »

« ... Disons simplement que j'avais très envie de jouer avec toi aux naufragés seuls au monde, coincés sur leur île déserte... si tu vois c'que j'veux dire... »

...

OH QUE OUIIII IL VOYAIT, IL VOYAIT MÊME TRES BIEN EN FAIT !

Tous les deux en mode Robinson Crusoé, avec pour unique vêtement un pagne de fortune taillé dans une feuille de palmier, à siroter des noix de coco au soleil couchant... en se réchauffant mutuellement pour la nuit... collés serrés sur leur paillotte improvisée...

...

Et doooonc, Kise voulait vraiment jouer à ça, maintenant, avec lui !?

Mais heuuu il était peut-être (bien qu'Haizaki espérait secrètement que ce n'était pas le cas...) indemne de Nash au niveau du nunus, mais ça ne l'empêchait pas d'être encore en rémission... Du coup, Haizaki s'engageait sans doute encore pour une nouvelle nuit de couilles bleues...

GIVE THIS MAN A COOKIE ! (or a « poupée gonflable » au moins !)

Erf...

Mais la requête de Kise était tellement mignonne...

Dès lors, impossible de refuser...

Et puis, le cadre, la situation... tout lui rappelait Okinawa... Okinawa... où Kise s'était montré si mignon, docile et tendre... ARGH ! Foutue tentation ! A croire que Kise le faisait exprès de lui imposer des trucs pareils, de mettre à l'épreuve son envie de le secouer sévèrement... de le faire grimper aux cocotiers, à défaut de rideaux...

Oui... sous ses dehors innocents... peut-être était-ce réellement le cas...

Peut-être que le filou renard savait en réalité parfaitement ce qu'il faisait pour pousser le loup à bout, éprouver sa libido et l'inciter au crime passionnel...

« Hmm... tu sais Zakicchi... » Rougit Kise, comme pour le décider à céder. « J'étais persuadé que tu viendrais me chercher... t'es toujours là pour me sauver dernièrement quand j'ai des ennuis. C'est pour ça que j'avais pas peur... j'étais sûr que tu saurais me retrouver, comme d'habitude... »

...

GMAMPDPPEPSP !

Non mais, comment voulez-vous dire non à çaaaaaa ? Ce petit discours aussi adorable qu'innocent ?

« Oh sacrebleu, ça suffit, c'est moi qui vais vomir là si vous continuez vos singeries dégoulinantes de guimauve ! »

?

Huuu ?

Cette voix... ?

Oh mince !

« Ah merde ! Shintaro, t'étais toujours en ligne ? »

« BIEN SÛR IMBECILE ! J'attendais toujours que tu me passes Kise ! »

« Ouais bah si tu m'avais écouté que tu avais raccroché dès le départ, tu n'aurais pas eu à entendre tout ça... quoique... si ça s'trouve, c'est exactement c'que tu cherchais hein ? Et là, j'parie même que t'espérais te faire oublier de nous, afin de nous épier en train de faire des choses cochonnes, espèce de pervers... Si tu crois qu'j'vois pas clair dans ton jeu ! »

« N'IMPORTE QUOI ! Calomnies ! Diffamation ! »

« Bah porte plainte mon pote, qu'est-ce que tu veux que j'te dise ? Mais en tout cas, n'espère pas parler à Ryota tout de suite, il est totalement à l'ouest là... Encore une fois, tu aurais dû m'écouter et ne pas insister pour lui parler ce soir. Rappelle demain... quand il sera en état de mener une conversation mais va t'coucher putain ! Et si t'arrives pas à dormir, branle-toi un coup en pensant à ce que nous on va faire cette nuit à la belle étoile huhu... Sers-toi d'ton imagination, autant que de ton poignet Shin' ! »

Aussitôt la bombe larguée, aussitôt raccroché. Laissant un Midorima vexé et gueulard à l'autre bout de la ligne, mais sans plus personne pour entendre ses moult griefs. A part les morts. Si tant est qu'il puisse les réveiller en beuglant ainsi...

Cependant, une fois calmé – c'est-à-dire ayant épuisé tout le contenu de son dictionnaire des synonymes pour traiter Haizaki de noms d'oiseaux bien sentis – il soupira et rangea le contenu de ce qu'il avait trouvé et imprimé pour Kise. A sa demande.

Un rapport sur l'analgésie congénitale...

Empoignant une dernière fois son téléphone, il envoya un SMS au Parrain... Au Padre.

Hmm... il se sentait de devoir agir ainsi. Pour le bien de Kise. Pas qu'il aime particulièrement jouer les balances ou les indics', mais il devait penser avant toi à la sécurité du jaune trop crédule pour sa propre survie...

« RAS. Haizaki semble sincère vis-à-vis de Kise, Akashi. Il apparaît que nous nous sommes mépris sur ses véritables intentions, Kuroko disait vrai. »

Mais était-ce seulement le cas... ?

Le décoloré, le-Miracle-qui-ne-fut-pas, n'était-il pas simplement en train de se jouer d'eux, une fois de plus... ? Après être parvenu à tromper Kise et à déjouer sa vigilance en gagnant son cœur, ne s'apprêtait-il pas à réaliser le hold up du siècle sans personne pour l'arrêter ?

Non, décidément, malgré les paroles rassurantes de Midorima et sans pour autant remettre en cause sa capacité de jugement affutée, Akashi ne pouvait se permettre d'y croire...

Kise... Kuroko... Momoi... Midorima... et même Aomine – pourtant fervent détracteur - avait fini par craquer également...

Tous semblaient faire confiance à Haizaki à présent.

Rassurés sur ses sentiments.

Rassurés par ses belles paroles.

Par sa dévotion totale.

Par ses actes en apparence désintéressés.

Mais pas lui.

Oh non.

Jamais.

Jamais Akashi ne donnerait son approbation à ce vaurien. Il était peut-être parvenu à duper tous les autres, mais lui il continuerait à s'opposer farouchement à cette union. Dusse t-il foutre en l'air ce ridicule embryon de romance factice lui-même...

Contrarié et méfiant, il soupira. Akashi ne pouvait s'empêcher de sentir le sapin, le coup fourré... L'héritier en mettrait sa main à couper : Haizaki mijotait définitivement quelque chose de pas net concernant Kise, même s'il ne savait pas encore quoi et manquait cruellement de preuves pour le moment...

Avec Aomine, il avait tardé à réagir à l'époque, quand l'ambiance s'était délitée au sein de l'équipe. Avec Murasakibara, il avait fait preuve de laxisme tout d'abord face à sa rébellion. Puis, ensuite avec Kuroko également, il s'était planté. Même avec Haizaki, d'ailleurs, il avait trop attendu avant de l'expulser de l'équipe et ce, à la demande de Nijimura qui avait imploré sa clémence.

Mais pas cette fois.

Il se l'était juré.

Cette fois, il parviendrait à protéger Kise des griffes avides de cet escroc.

Car le rouge n'avait pas dit son dernier mot, foi d'Empereur...

Même si cela signifiait qu'il devrait rester l'ultime bastion se dressant contre la perfidie d'Haizaki...


CHAPTER END !

- Et oui... c'était bien Nash ! Depuis le temps que je voulais le caser celui-ci ahaha ! Je suis bien contente d'y être parvenue, j'espère que son intervention rendra comme espéré ! Ahhh Nash, physiquement et mentalement, le "lovechild" de Kise et Haizaki... (avouez : quand on le regarde, on se dit que ces deux-là pourraient être ses parents tellement il leur ressemble !) Evidemment, il fallait que j'appuie très fort sur ses similitudes avec Zaki, pour le bien du scénario... et ce que cela dit de Kise...

- Astrid aura t-elle son plan à trois ? N'hésitez pas à me dire en commentaire si vous pensez qu'elle a une chance aha !

- Oui, Nash devait forcément être un requin pour moi avec son physique de surfeur californien !

- Tiens, un Akashi (PAKONTAN) sauvage apparaît en fin de chapitre ? Je me demande bien ce que cela peut présager pour la suite...

- Haizaki serait-il jaloux ou fait-il semblant ? Well...

- Et Kise ? Toujours aussi insensible à son coloc' ou l'alcool a t-il finalement réussi à délier sa langue ?

Wait and see :)

Merci de m'avoir lue en tout cas et à bientôt j'espère ! (je risque d'être assez occupée prochainement !)

Des bisous.