Bonjour !
J'ai oublié de vous dire que l'histoire originale était illustrée par de nombreux dessins que je n'ai pas pu ajouter dans ma traduction. Je vous invite à aller voir directement les illustrations dans les chapitres de l'histoire en anglais.
Second point, j'avance vraiment bien dans la traduction, je vais donc être en mesure de publier deux chapitres par semaine, le lundi et le jeudi.
Je vous souhaite une bonne lecture et je vous dis à jeudi pour la suite !
SoleneSwann
Chapitre 8 - La réception / Les orphelins, ou quelque chose comme ça
Le mois de Mars se termina avec un temps froid et humide et ce fut le jour de la réception des Delacroix. L'occasion fut rappelée à Drago quand sa sieste de l'après-midi fut interrompue par Henriette, l'elfe de maison.
Alors que Drago bâillait avec une langueur délicieuse, Henriette commença à l'interroger sur sa tenue de soirée.
"Ce violet serait tellement beau sur vous, Monsieur," dit Henriette, tenant des robes luxueuses en l'air pour que Drago les inspecte. "Comme un empereur romain, non* ?
"Les robes noires, s'il te plait," dit Drago.
"Les argentées peut-être . Avec vos yeux, ce serait si charmant."
"Les noires, Henriette."
Pas découragée, Henriette fit apparaître les robes de soirée noires, mais aussi d'autres bleu nuit constellées d'étoiles. "Ou peut-être… ?" demanda-elle, levant la bleue un peu plus haut.
"C'est ma mère qui t'as demandé ça ?" demanda Drago en regardant l'elfe insistante.
Les grandes oreilles d'Henriette tressaillirent vers l'arrière. "Madame a suggéré que vous seriez peut-être d'humeur à choisir quelque chose d'autre. Madame aimerait que vous n'ayez pas l'air de vous rendre à des funérailles."
"Ça me plait de ressembler à un ordonnateur de pompes funèbres. Les noires - laisse-les sur le lit."
"Comme vous voudrez, monsieur," soupira Henriette, étalant les robes sur le lit.
Elle fit une révérence et transplana.
Henriette était une elfe française à l'élocution soignée et à la formation parfaite, mais beaucoup plus insistante et opiniâtre que les elfes anglais avec lesquels Drago avait grandi et s'était habitué dans son enfance. Cependant, sa mère l'adorait et Drago devait admettre que sa cuisine était bien meilleure que les plats indigestes préparés par ses cousins britanniques.
Drago se doucha, parfit ses cheveux, enfila les robes noires durement gagnées, parfit de nouveau ses cheveux et s'observa dans le miroir pour confirmer qu'il était terriblement beau.
Il l'était.
Ce qui était excellent car ce soir, Drago était en chasse. Ça faisait bien trop longtemps depuis sa dernière baise (une sorcière au dernier anniversaire de Pansy, d'après ses souvenirs) et il ressentait le manque d'action de ces dernières semaines.
Il était temps de rectifier le tir. La fête des Delacroix ferait une excellente opportunité. Il y aurait plein de sorcières - peut-être Mademoiselle Rosalie Delacroix elle-même, si elle était intéressée, médita Drago en s'appliquant de l'eau de Cologne.
Satisfait de sa toilette*, Drago descendit dans le petit salon de la Cheminette.
"Henriette, est-ce que ma mère est déjà partie ?" appela-il alors qu'il jetait la poudre de Cheminette dans l'âtre.
"Oui, elle est partie*," dit Henriette. "Elle est partie il y a deux heures, Monsieur. Je crois qu'elle pensait que vous suiviez peu après."
Oups, pensa Drago. "Le Seneca," dit-il à haute voix, et il entra dans les flammes.
Drago s'épousseta sur la pierre de l'âtre du Seneca, assisté par un jeune à l'air prétentieux qui portait un plumeau enchanté.
Un moment plus tard, il se trouvait accosté par Théodore Nott.
"Il y a ceux qui sont élégamment en retard, et il y a toi," dit Théo. "Proche de l'impolitesse, je pense : il est huit heures et demi et tu as raté les discours."
"Quel insouciant je fais," dit Drago, lissant ses robes. "Résumé ?"
"Très beaux mots de sincère gratitude magique, et aussi, donnez de l'argent s'il vous plaît."
"Je ne peux pas croire que j'ai raté un discours aussi capital."
Un reniflement les interrompit. "Ah, les canailles habituelles."
Zabini avait remarqué Drago et Théo alors qu'ils se frayaient un chemin dans la Chambre des Roses, ou les petits canapés circulaient parmi une foule apprêtée.
"Je ne savais pas qu'ils laissaient les racailles de ton genre entrer," dit Zabini. Ses robes de soirée étaient impeccablement taillées - possiblement encore mieux que celles de Drago.
Drago et lui se fixèrent durement du regard jusqu'à ce que le visage de Zabini se fende d'un grand sourire. "C'est bon de vous voir tous les deux - les seuls courageux qui ne sont pas mariés et n'ont pas lancé une production de mioches."
"Toujours là pour se joindre à toi pour une soirée de débauche," dit Théo avec un salut élégant. "Quels sont nos plans pour la soirée, messieurs ? Chaos et grabuge ?"
"Boire, danser, et trouver une charmante dame à câliner," dit Zabini, promenant son regard dans la salle bondée.
"Pareil que lui, mais plus de sexe et moins de câlins," dit Drago, observant également la foule alentours.
"Hé," dit Zabini. "Laisse-moi les brunes."
"Très bien," dit Drago, pendant vaguement à Rosalie et ses attributs. "J'ai envie de quelque chose de blond de toute façon."
"Les rousses pour moi, dans ce cas," Théo soulagea un serveur de trois martinis corsés et les leur fit passer. "Cul sec - ceux-là vous défriseront les poils de nez. Le barman est généreux sur la vodka."
Ils burent, ils badinèrent, ils passèrent de groupe d'amis en groupe d'anciens ennemis. Drago appris qu'en fait, la collecte de la soirée était au bénéfice de la construction d'une nouvelle aile à Sainte Mangouste - quelque chose en rapport avec la vie de Delacroix senior qui avait été sauvée, changeant son état d'esprit guerrier en quelque chose qui se voulait plus philanthrope. Donc, pas d'orphelins. Pour ce que ça changeait.
Les lumières s'assombrirent et au centre de la pièce un espace fut libéré pour danser. Drago trouva Rosalie et tenta de lancer la conversation, mais Rosalie était en train de glousser, et semblait collée au bras d'un sang-pur français dont Drago ne se souvenait plus du nom. Il admit que c'était une cause perdue et reprit sa quête.
Deux ou trois autres sorcières que Drago connaissait le croisèrent pendant qu'il faisait son tour. Elles étaient charmantes, battant des cils et apparemment intéressées, mais il ne sentait pas l'étincelle (ou, moins romantiquement, le tressaillement un peu plus bas dans son pantalon.)
Il se débarrassa d'elles une par une, enregistrant de façon lointaine que toutes attirantes et intéressées qu'elles soient, il les trouvait plus collantes et ennuyeuses que quoi que ce soit d'autre. Mademoiselle Luella Clairbone était particulièrement tenace. Drago dut lui mentir, racontant que sa mère l'appelait pour pouvoir s'enfuir.
Qu'est ce qui n'allait pas chez lui ? Luella aurait adoré lui faire une fellation rapide derrière un rideau, probablement, mais ce n'était pas ce qu'il voulait. Pas plus qu'il ne voulait la ramener chez lui. Ni la prendre dans l'une des chambres luxueuses du Seneca. Alors que voulait-il, exactement ? Pas elle en tout cas. Aucune d'entre elles.
Pour donner du crédit à son mensonge, Drago rejoignit sa mère parmi le cercle des supérieurs de Sainte Mangouste. Narcissa regardait ostensiblement le compagnon français de Rosalie en pinçant les lèvres au lieu de dire, Voilà, tu vois ? Toutes les bonnes sont prises et toi, mon fils, tu vas mourir tout seul.
Drago n'avait pas de problème avec l'idée de mourir tout seul. À ce moment précis, il voulait simplement trouver une sorcière qui réveillerait quelque chose en lui, coucher avec elle une ou deux fois et se débarrasser de son exaltation.
Une chose mince dans une robe au dos décolleté ne cessait d'attirer son regard alors qu'il se frayait un chemin dans la pièce. Elle papotait avec un groupe mélangé d'anciens Poufsouffles et d'employés haut placés au Ministère, mais son visage ne cessait de se dérober à sa vue derrière les mouvements de ses interlocuteurs. Les lumières étaient si basses que tout ce qu'il pouvait voir était la courbe de son dos, le mouvement gracieux d'une main tenant un verre, la vision furtive d'une cheville délicate dans une chaussure à lanières.
"Hé," dit Zabini, se matérialisant au côté de Drago. "J'avais dit de me laisser les brunes."
"Mon premier choix a trouvé un maquereau français," dit Drago.
"Tu dis ça comme si tu n'étais pas le plus grand maquereau français dans la pièce."
Drago gratifia Zabini d'un regard noir. "De toute façon, partager et aimer vont de pair."
"Très bien. Tu peux l'échauffer pour moi. J'aurais l'air particulièrement délicieux après que tu te sois grossièrement présenté."
Drago finit son verre et le donna à Zabini. "Regarde moi."
Il se fraya un chemin jusqu'au groupe, prenant bien soin de saluer quelques connaissances alors qu'il marchait, incluant un signe de tête pour Potter. (Et pourquoi Potter était là, d'abord ? Pour une raison en rapport avec les orphelins, probablement.)
Ernie Macmillan, béni soit-il, agita la main en direction de Drago de sa façon ostentatoire habituelle. Le garçon joufflu du temps de Poudlard était devenu un homme robuste, large d'épaules, qui présidait maintenant le Département de la Coopération Magique Internationale.
"Macmillan," dit Drago, lui serrant la main. "Comment vas-tu ? Présente moi à ton a-"
L'adorable femme se tourna vers Drago alors qu'il parlait.
C'était. Cette. Satanée. Foutue. Granger.
Le choc de Drago fut tel qu'il en vomit presque son martini.
Mais c'était elle. Ses cheveux désordonnés étaient coincés dans un élégant chignon à la base de sa nuque. Son accoutrement habituel était remplacé par une longue robe verte, probablement de provenance Moldue, mais néanmoins joliment coupée. Son regard intense l'était rendu encore plus par l'ombre noire d'un cosmétique autour de ses yeux.
"Qu'est ce que tu fais là, toi ?" demanda Drago, complètement perturbé parce qu'il avait imaginé le dos et les fesses de cette femme dans diverses intéressantes positions pendant le dernier quart d'heure et c'était cette foutue Granger.
Littéralement. Cette foutue. Granger.
Sa question était impolie. Macmillan se rapprocha de Granger (ce qui d'une certaine façon, l'ennuya encore plus), et dit, "Hermione a été personnellement invitée par Monsieur Delacroix, avec tous les Guérisseurs qui l'ont aidé. N'as-tu pas entendu le discours ?"
"Ah," dit Drago, se sentant stupide.
Granger leva un sourcil inquisiteur. "Je ne me serais pas attendue à te voir ici non plus. Je ne pensais pas que le domaine de la santé était en phase avec tes intérêts."
Macmillan, qui semblait avoir pris le rôle de médiateur entre eux, s'approcha de Drago. "J'ai cru comprendre que les Malefoy avaient donné une contribution plutôt substantielle pour la nouvelle aile." Il tapota pompeusement l'épaule de Drago. "Des bons gars finalement, ces Malefoy, n'est ce pas ?"
Granger fit à Macmillan un de ses sourires figés.
Dans le même temps, Drago hocha la tête comme s'il était parfaitement au courant de cette grosse contribution, ce que, maintenant qu'il y pensait, sa mère aurait pu lui mentionner deux ou trois fois, s'il y avait prêté attention.
"Bien sûr," continua Macmillan, "nous n'avons pas encore trouvé l'identité du contributeur anonyme, qui va doubler le montant récolté ce soir, Gallion pour Gallion. Je parie sur l'un de ces vieux types français de l'entourage de Delacroix. Lemaire possède la moitié des vignobles bordelais…"
Macmillan s'interrompit à la vue d'un grand sorcier passant près de leur groupe. "Ah - j'ai repéré Finbok. Excusez-moi, s'il vous plaît. Je dois le harceler à propos d'une nouvelle législation qu'il essaie de faire passer - peut être que si je le fais boire un peu plus…"
Il laissa Drago et Granger seuls, à la limite d'un plus grand cercle de convives. Granger observait toujours Drago avec un sourcil levé, ce qui le fit réaliser qu'il le regardait bouche bée comme un crétin.
Néanmoins, il n'y avait aucune façon de dire Désolé, c'est juste que j'ai passé le dernier quart d'heure à fantasmer que je te prenais par derrière sans avoir l'air d'un encore plus gros crétin.
Pour masquer son ennui, Drago dit, sèchement, "Tu es censée m'informer quand tu te rends à des événements publics. Maintenant je ne peux même plus m'amuser - je dois te surveiller."
C'était maintenant au tour de Granger de s'irriter "Me surveiller ? Qui va m'attaquer ? Mes collègues ? La famille de l'homme que j'ai aidé à tirer des griffes de la mort ? Delacroix a loué les services de la meilleure sécurité qu'on puisse acheter, et n'as-tu pas remarqué les autres Aurors ? As-tu fait autre chose que mater des fesses depuis que tu es arrivé ? Et en plus je t'ai informé que je venais - il y a deux semaines !"
Il y avait pas mal d'accusations à son endroit dans cette tirade. Drago répondit sélectivement à certaines d'entre elles. "Je suis venu pour mater des fesses - c'est la seule raison de ma présence ici. Et la sélection de fesses, pour ta gouverne, est plutôt nulle, à part quelques-unes - heu - de toute façon, ça n'a été qu'une énorme perte de temps. Et tu ne m'as certainement pas dit que tu venais. Je m'en serais souvenu, parce que ça m'aurait ennuyé, parce que te surveiller interfère avec le matage de fesses."
Granger croisa les bras. "Je te l'ai dit de façon tout à fait certaine. Vérifie ton Carnet."
Drago sortit son Carnet sous son regard méprisant, un doute germant dans son esprit. Il fut un peu lent à le faire. Granger émit un son impatient et se pencha vers lui pour tourner les pages elle-même. (Drago nota qu'elle sentait bon, encore : un léger parfum de quelque chose de doux et aérien ce soir-là.)
Ils tournèrent quelques pages des messages de Granger, jusqu'à ce que -
"Ah," dit Drago.
Il s'avéra que Granger lui avait en effet dit deux semaines plus tôt - un peu après qu'il ait stupéfixé son Carnet.
Le Carnet se ferma dans un claquement.
Granger avait l'air indigné, bien qu'elle tentait de garder un langage corporel neutre pour ne pas faire de scène.
"Tu vois ? Comment oses-tu me sermonner comme une enfant pas sage ?" siffla t-elle dans un murmure fier. "Je suis censée être ici. Je suis une invitée d'honneur !"
Un ange ou un autre truc du genre vint à la rescousse de Drago en appelant Granger pour qu'elle aille rencontrer une cohorte de Guérisseurs français. Elle partit, mais pas sans un regard noir à Drago par dessus son épaule qui lui promettait que ça n'était pas terminé.
Drago fit une retraite stratégique vers Zabini et Théo d'un pas moins fanfaron que d'habitude.
Zabini mâchait délicatement une brochette de caille. "On dirait que ça s'est bien passé."
"Va te faire foutre," dit Drago.
"Mon pauvre garçon, tu as besoin d'un peu plus d'alcool dans le sang," dit Théo, faisant signe à un serveur de remplir leurs verres. "Bois ça, Drago, et arrête de fixer Granger comme un idiot béant. Je n'ai pas envie que Potter vienne défendre son honneur."
"Je n'avais pas réalisé que c'était cette foutue Granger," dit Drago, se sentant complètement pris à contre pied par toute cette affaire.
"Moi non plus," dit Zabini. "Elle a évolué en quelque chose de plutôt sympa, n'est-ce pas ?"
"Je travaille avec elle," dit Drago. Il prit une gorgée fortifiante de cette substance qui brûlait la gorge que Théo leur avait donnée.
"Ah oui ?" Théo avait l'air intrigué. "Qu'ont les Aurors à voir avec les Guérisseurs ?"
"Top secret, donc tu peux aller te faire foutre aussi," dit Drago.
"Intéressant," dit Zabini, étudiant Drago d'un peu trop près pour qu'il soit à l'aise.
Il tourna de nouveau son attention vers Granger, qui était maintenant en grande conversation avec les Guérisseurs français. "Pourquoi n'est-elle pas encore maquée et en train de faire des enfants ? N'était-elle pas fiancée au plus jeune Weastiti ?"
"Je pense que si," dit Théo. "Mais souvenez-vous que Granger roulait des pelles à un joueur de Quidditch international à l'âge de quatorze ans. Les hommes doivent se lever tôt pour l'avoir."
"Tout doit paraître nul après Krum et son balai," ricana Zabini.
"Nous autres ploucs n'avons pas plus de chance qu'un glaçon en enfer."
"J'aime le challenge," dit Zabini. "Et j'aime aussi les brunes. Les brunes avec un cerveau sont une toute autre histoire."
Drago était tombé dans un silence mutique pendant la durée de cette conversation. L'objet dont elle était question l'irritait profondément, bien qu'il ne sache pas pourquoi. Il avait entendu - et participé à - des milliers de versions de ces plaisanteries par le passé, mais ce soir…
Narcissa interpella Drago pour lui présenter à des amis chers de la famille Delacroix. Un patriarche amical, son élégante femme, et leurs deux charmantes filles, âgées respectivement de 26 et 28 ans. Drago était conscient, alors qu'il parlait à la femme, qu'il aurait pu faire plaisir à sa mère en montrant de l'intérêt pour l'une des filles, et aussi se faire plaisir en atteignant son but de trouver une sorcière à mettre dans son lit.
Cependant, il se trouva désintéressé par leur conversation et distrait par la foule autour de lui, quand il voyait occasionnellement un morceau de robe vert foncé. Il se dit que maintenant qu'il était conscient de la présence de Granger, il la voyait de nouveau comme sa Cible et par conséquent gardait un œil sur elle.
On demanda à Drago s'il aimait danser, il dit oui d'un air absent, et se retrouva sur la piste de danse avec la plus jeune des deux sœurs, toujours distrait.
Granger dansait avec Potter.
"Je ne savais pas que tu étais du genre silencieux," gloussa la femme dans les bras de Drago. Quel était son nom déjà ? Amandine ? Amandine ferait l'affaire.
"Mmh," dit Drago, toujours en train de regarder Potter et Granger.
"Est-ce que c'est Harry Potter ?" demanda Amandine, suivant son regard. "J'en ai entendu parler un peu, je crois."
"Seulement un peu ?" demanda Drago. (Bénis soient les français et leur désintérêt total pour les affaires anglaises.)
"Je crois qu'il a été impliqué dans votre dernière guerre, non* ? Un héros."
"Ouais. Quelque chose comme ça."
"Et la femme avec lui aussi ?"
"Oui." dit Drago.
"Ils sont plutôt beaux ensemble," dit Amandine, regardant Potter rire à quelque chose que Granger lui disait. "On peut voir leur complicité-"
"Il est marié," coupa Drago. "Ils ne sont pas ensemble."
"Ah. Hé bien - l'amitié est un lien tout aussi solide."
Drago laissa Amandine bavarder sur ses opinions à propos des liens de l'amour et de l'amitié. La chanson touchait à sa fin. Si voulait jauger son intérêt pour un autre genre d'activités nocturnes, c'était maintenant ou jamais. Il pouvait glisser une main dans son dos, plonger son visage dans son cou, lui demander ce qu'elle avait prévu après la soirée.
Les étapes étaient claires et la sorcière, vu la façon dont elle se pressait contre lui, était intéressée. Cependant, Drago se rendit compte qu'il n'en avait pas envie.
La chanson s'acheva et une autre plus lente commença. Drago relâcha sa prise sur la taille d'Amandine. Il la raccompagna jusqu'à ses parents avec un commentaire poli sur la soirée et à quel point il avait été enchanté de faire leur connaissance à tous.
Il déambula vers le bar, où Théo et d'anciens Serpentard et Serdaigle avaient élu domicile.
"Zabini est parti," dit Théo alors que Drago approchait. "Il a pris l'autre sœur avec lui. Il a dit qu'il te laissait la moins expérimentée. Mais on dirait que ça n'a pas marché pour toi. Tu perds la main, mec ?"
"Pas d'étincelle," dit Drago avec un haussement d'épaules.
"Il reste toujours Granger," dit Théo. "Elle a l'air de vouloir te brûler vif - voilà une profusion d'étincelles."
Drago jeta un coup d'œil vers l'endroit où Granger se tenait parmi d'autres Guérisseurs. Il était vrai que ses regards dans sa direction étaient du genre ardent.
"Mais je suppose que tu ne veux pas mourir ce soir," dit Théo. Il fit de la place pour Drago au bar.
"Elle est hors de portée pour à peu près cent raisons différentes, même si j'avais un penchant pour le masochisme."
"Comment s'entend-elle avec ta mère ?" demanda Théo. "Juste comme ça."
Les yeux de Drago s'écarquillèrent. Il regarda par-dessus son épaule. Théo rigola. Ils observèrent le petit groupe de Narcissa Malefoy dériver vers les guérisseurs français avec lesquels Granger parlait.
Drago n'était pas certain que sa mère et Granger se soient adressées la parole en personne depuis les procès, quinze ans avant. Ils avaient été une affaire tendue, mais le témoignage de Granger avait été d'une aide précieuse pour laver le nom de Narcissa Malefoy. Granger avait été (affreusement) honnête dans son récit de son séjour au manoir, mais avait été claire sur le fait que Narcissa Malefoy avait été une spectatrice réticente et impuissante, et que ses actions après ça avaient sauvé la vie de Harry Potter.
Granger avait, cependant, été moins généreuse dans son témoignage sur les actes de guerre de Lucius Malefoy, et ses dépositions s'étaient ajoutées à la substantielle pile de preuves qui avaient mené à la peine de prison à Azkaban de l'aîné des Malefoy.
Drago n'était pas certain du rang de Granger dans la liste de sa mère des personnes à blâmer pour le déclin de Lucius et sa mort à Azkaban. Pas plus qu'il ne savait quel impact avait eu dessus la liberté de Narcissa, ainsi que celle de Drago, dans laquelle Granger avait aussi joué un rôle.
Drago était trop loin pour entendre ce qui fut dit entre les deux groupes. Il vit le dos de Granger se raidir devant l'approche de Narcissa, mais son expression resta neutre. De même, les épaules de sa mère étaient raides, mais son habituel sourire poli était fermement en place. Elles se serrèrent chacune le bout des doigts et retournèrent rapidement à leur conversation avec les autres.
"Pff." Théo fit tourner les glaçons dans son verre. "Je m'attendais à quelque chose de plus intéressant."
"N'as tu pas des rousses à chasser ?" demanda Drago, mimant un fusil.
"Si," dit Théo. "Mais d'abord, du courage liquide. C'est une des femmes de la délégation française. Et certainement trop bien pour moi."
Théo pointa le menton vers le groupe de Guérisseurs de Granger. Narcissa avait bougé et une adorable sorcière rousse était maintenant aux côtés de Granger."
"Je ne suis même pas sûre qu'elle parle anglais," dit Théo.
"Essaie voulez-vous coucher avec moi*," dit Drago.
Théo répéta la phrase avec une grande application, bien que son accent soit épouvantable. "Un peu direct, je pense. Mais peut-être que j'essaierai. Je te le mettrai sur le dos quand ça tournera mal. Je dirai que tu m'as dit que ça voulait dire qu'elle avait de beaux cheveux."
"Ne prononce surtout pas mon nom devant Granger. Je préférerais qu'elle oublie mon existence."
"Trop tard," dit Théo, s'éloignant du bar. "J'aime ce plan. Ça me fait passer pour un gentil innocent et toi pour une tête de nœud -"
Drago tendit la main pour l'arrêter mais la manche de Théo glissa entre ses mains.
"- ce qui est la vérité, de toute façon," dit Théo par-dessus son épaule.
Drago évalua l'éthique d'un rapide sortilège de Bloque-Langue dans le dos de Théo alors qu'il se dirigeait vers sa cible rousse.
Le problème avec la morale, c'est que ça vous faisait perdre du temps. Théo était déjà à côté de la sorcière rousse, s'étant procuré d'une façon ou d'une autre deux verres de vin, un qu'il lui offrit, et l'autre pour Granger, qui déclina, car elle avait encore du champagne.
Théo dit quelque chose qui fit rire les deux Guérisseuses. Il eut l'air théâtralement en détresse. Puis il se tourna et pointa Drago du doigt avec des gestes exagérés. La sorcière rousse secoua la tête dans sa direction. Granger n'eut pas l'air impressionné.
Drago sentit qu'il devait aller défendre son nom. Il attrapa son propre verre et se mit en route.
"Ne croyez pas un mot de ce que dit cet homme," dit-il alors qu'il s'approchait d'eux.
"Drago m'a assuré que ça voulait dire que j'admirais vos magnifiques cheveux," dit Théo, la main sur le cœur. "Je ne dirais jamais quelque chose de si indigne, Mademoiselle."
La sorcière rousse parut amusée. En même temps, Granger regardait Théo avec une bonne dose de scepticisme. Au moins, elle n'était pas dupe de cette mascarade, elle.
"Comment dit-on, 'veux-tu danser' ?" demanda Théo.
"Voulez-vous danser avec moi*," dirent Drago et Granger en même temps.
"Ce qu'ils ont-dit," dit Théo.
La sorcière rousse regarda Théo pendant un long moment. Finalement, elle dit "D'accord*."
Théo tendit galamment son bras, dit quelque chose de gentil à propos des étrangers dans les pays étrangers, et emmena sa nouvelle compagne vers la piste de danse.
"Bonne baise" marmonna Drago
"Hypocrite, plutôt," dit Granger. "Je ne peux pas croire que ça ait marché sur Solange."
"Peut-être que Solange veut du bœuf anglais, pour changer," dit Drago.
"Il faudra que je lui demande un retour sur la qualité du bœuf demain matin," dit Granger avec un regard cynique vers Théo qui s'éloignait.
"Il faut que tu me le dises si c'est médiocre," dit Drago.
"Pourquoi ?" demanda Granger.
"Munitions."
"Vous êtes des amis lamentables l'un pour l'autre." Granger étudia Drago par-dessus son verre. Puis elle sembla se ressaisir. "Je suis toujours fâchée contre toi. Va t'en."
"Très bien," dit Drago. Il y avait une douzaine de sorcières qui appréciaient sa compagnie, il ne voyait pas pourquoi perdre son temps avec celle qui le méprisait.
Cependant, avant qu'il n'ait pu replonger dans la foule, Granger demanda, en français. "Depuis quand parles-tu français ?"
La question avait été posée de manière irritante, comme s'il lui devait une explication sur ce point.
"Depuis quand toi tu parles français ?" répondit Drago, aussi en français, parce que si quelqu'un devait une explication, c'était elle.
"J'ai de la famille en Haute-Savoie," dit Granger.
"Les Malefoy viennent de la région de la Loire."
"Hm," Granger prit une gorgée de champagne, le regardant avec des yeux plissés.
"Quoi ?" demanda Drago.
"Ça explique beaucoup de choses," dit Granger, repassant à l'anglais.
"Comme quoi ?"
"Juste - " Granger fit un signe qui englobait Drago dans son ensemble " - Tout."
Drago n'était pas certain de ce qu'elle impliquait mais il sentait que ce n'était pas un compliment.
"La Haute-Savoie explique beaucoup également," fut sa riposte.
"Qu'est ce que c'est censé vouloir dire ?" demanda Granger, se hérissant immédiatement.
Drago fit un geste vers Granger, comme si elle était entièrement faite de raclette et de Vermouth.
Granger mit une main sur sa hanche. "Possèdes-tu un château ?"
"Oui," dit Drago.
"Tu vois," dit Granger, triomphalement, parce qu'apparemment ça expliquait tout.
"Pff - tu fais probablement cette chose moldue - le truc sur les longues pagaies de pieds."
Granger regarda Drago avec une expression faussement vide.
"Arrête de jouer les idiotes. Ça ne te va pas."
"Mais je n'ai aucune idée de ce à quoi tu fais allusion" dit Granger.
"Tu sais exactement ce dont je veux parler. Ksier ? Scier ?"
Granger dit de son mieux pour avoir l'air de ne pas comprendre. (Ce n'était pas une expression à laquelle elle était habituée - elle le fit très mal.)
"Skier !" dit Drago, pointant le doigt vers le visage de Granger.
Granger fit diversion en buvant.
"Je le savais," dit Drago. Il ouvrit la bouche pour lancer de nouvelles calomnies sur sa personne sous la forme de questions sur son gîte* dans les Alpes et sa descente de génépi, mais une main molle caressa son avant bras pour attirer son attention.
C'était une des ces sorcière sang-pur aux cils papillonnants d'un peu plus tôt : Luella. "Drago, tu as à peine dansé."
Cela ressemblait beaucoup à une invitation, et en tant que sorcier bien élevé, la réponse de Drago aurait dû être d'inviter Luella à danser. Cependant, la seule pensée de la main langoureuse de Luella sur sa manche était exaspérante, tout comme les étoiles dans ses yeux.
Il n'avait juste pas envie.
Le retard de la réponse de Drago fut remarqué par Luella, qui regarda derrière son épaule pour voir Granger. Granger étudiait Luella de l'un de ses airs analytiques.
"Oh," dit Luella avec un halètement poli à la vue de Granger. "À moins que tu ne sois déjà -"
"Non," dit Granger, en même temps que Drago disait "Oui - nous étions sur le point de..."
"Non, non," dit Granger, reculant. "Dansez tous les deux. S'il vous plaît, amusez-vous bien."
"Oh, mais je ne pourrais pas vous prendre votre partenaire," dit Luella avec un sourire sans conviction. "Je suis tellement désolée de vous avoir interrompu - c'est bête de ma part, je ne vous avais pas vue."
"Mais - "
Luella coupa les protestations de Granger d'un geste de la main et se dirigea vers le bar.
"Que fais-tu ?" siffla Granger alors que Drago lui prenait le bras et le plaçait sur le sien. Il lui prit son verre de champagne à moitié fini et le posa sur un plateau flottant.
"Tu m'en dois une," dit Drago. "Ou as-tu oublié que je t'ai sauvé de ce Dr. Machin."
Drago conduit Granger vers la piste de danse. "Une danse pour me garder hors de ses griffes."
"Ta mère est là," dit Granger, regardant autour avec un malaise évident.
"Et ? Je suis censé faire des choses bien. Créer des liens et toutes ces bêtises."
"Mais - mais nous ne sommes pas censés être en bon terme, normalement - sait-elle seulement que tu travailles avec moi ?"
"Non. Et c'est toi qui travailles avec moi," corrigea Drago.
"Tu es assigné à moi."
"Exactement."
Granger émit un son d'irritation, comme si Drago était la créature la plus frustrante du monde entier. Elle avait tort, cependant - ce titre lui revenait.
"Harry est là," fut son objection suivante alors qu'ils arrivaient en vue de la piste de danse.
"Parfait. Je dirais à Potter que je voulais te surveiller de plus près. Quelque chose de suspect était à l'œuvre."
"Qui ?" demanda Granger, parce que, évidemment, il fallait qu'elle interroge Drago sur chaque aspect de son plan.
"Théo," dit Drago sans hésitation.
Théo était actuellement en train d'embrasser la sorcière rousse quelques mètres plus loin. Granger observa ce fait puis demanda ce que Nott était exactement en train de faire de si suspicieux ?
"C'est une technique de diversion," dit Drago. "Ne le sous-estime pas."
"La seule chose que j'ai sous-estimée était le goût de Solange pour la saucisse du Lincolnshire," dit Hermione, regardant Solange peloter l'entrejambe de Théo.
"Vas-tu la fermer et danser ?" demanda Drago. Il glissa ses mains sur sa taille et exerça une brève pression, qui servit à lui rappeler que ses mains étaient censées être sur ses épaules. Avec une réticence évidente, elle les y plaça.
"Mets-y de la sincérité, Granger," grogna Drago dans un souffle. "J'ai prétendu être un pilote pour toi pendant six heures dans ce bar. Ce n'est qu'une foutue danse."
"Tu as aimé prétendre être un pilote !" chuchota Granger. "Je n'aime pas faire semblant d'être ce que je fais semblant d'être pour ton amie et ce à quoi tu joues avec elle."
À son honneur, elle essaya d'atténuer la tension évidente dans sa façon de se tenir, mais Drago pouvait sentir la rigidité qui persistait dans ses hanches. "Ne peux-tu pas te détendre ?"
"Non, je danse avec Drago Malefoy," gronda Granger. "Il n'y a rien de relaxant là dedans."
Drago se permit un grand soupir dramatique. "Aussi, ce n'est pas un jeu. Fais en sorte que ça ait l'air réel. Si ma mère soupçonne que j'ai esquivé une danse avec une sorcière très convenable pour une fausse danse avec toi, j'en entendrai parler pendant des jours."
Granger le dirigea vers le mur à l'arrière de la piste de danse, utilisant d'autres couples pour les masquer à la vue.
"Pourquoi l'as-tu éconduite ?" demanda-elle. "Elle avait l'air d'être ton genre."
Hé bien, c'était présomptueux. "Quel est mon type, Granger ?"
"Riche (j'imagine), sang-pur (j'imagine aussi), blonde, belle à couper le souffle… possédant aussi probablement quelques châteaux dans la vallée de la Loire…"
Cela irrita Drago que cette liste soit à peu près correcte. Elle avait négligé certains autres attributs féminins sur lesquels il gardait un œil, mais bon, elle était rarement vulgaire.
Voyant que Drago ne lui répondait pas, Granger lui jeta un regard inquisiteur. "J'ai faux ? Tu vas me dire que je fais de très mauvaises suppositions ?"
"Non."
"Alors pourquoi ?"
"Ce ne sont pas tes foutues affaires," dit Drago, parce qu'il ne lui devait aucune explication ou quoi que ce soit. Et aussi parce qu'il ne pouvait pas mettre des mots dessus lui-même.
"Hum," dit Granger.
Une fois de plus, Drago se retrouva sujet à l'un de ses regards évaluateurs, de ceux qu'elle réservait aux problèmes particulièrement intrigants.
"Arrête de me regarder comme si j'étais un théorème de maths," dit Drago.
À la surprise de Drago, cela lui valut un sourire de la part de Granger. Cela illumina ses yeux et fit apparaître une fossette sur sa joue. Il disparu aussi vite qu'il était apparu. Drago cligna des yeux - cela lui avait paru comme un rayon de soleil.
"Le paradoxe de Malefoy," dit Granger, plus pour elle-même que pour lui.
"Je te demande pardon ?"
"Rien."
La sorcière dans ses bras devint silencieuse et pensive. Alors qu'elle était là - la soie sur sa taille était chaude sous ses mains, ses poignets faisaient de petites pressions sur ses épaules - elle était aussi absente. Son regard était distant
Granger réfléchissait. À lui. C'était inquiétant.
Il y avait au moins un bon effet secondaire, qui était qu'avec son esprit occupé ailleurs, le corps de Granger se relaxa un peu plus contre lui, et il se sentit moins comme s'il tenait une planche, et un peu plus comme s'il dansait avec une femme.
Ce qui était inquiétant dans un autre registre, car cette sorcière était plus agréable sous ses mains qu'aucune autre sorcière de la soirée, et les soupçons* occasionnels de son parfum qui dérivaient vers lui quand ils bougeaient étaient plus délicieux que le puissant parfum qui accompagnait Luella et les autres du même acabit. Ce qui était bien beau, mais c'était Granger, pour l'amour du ciel.
Drago tendit les bras pour que Granger soit littéralement à un bras de distance. Elle revint à elle avec un froncement de sourcils, comme si elle nourrissait une pensée troublante
"Salut," dit la voix de Potter, faisant sursauter à la fois Drago et Granger. Un moment plus tard, la tête échevelée de Potter était entre eux deux. "Excusez-moi, mais qu'est ce qu'il se passe ici, bordel ?"
Drago ne laissa pas le temps à Granger de répondre. "Dégage et laisse-moi faire mon travail, Potter."
Jamais enclin à dégager sur demande, Potter persista. "Pourquoi la surveilles-tu de si près ? Tu as vu quelque chose ?"
"C'est not-" commença Granger.
"Exactement - c'est Nott," dit Drago, pointant le menton vers Théo. "Comportement suspect, il fouine."
Potter se tourna pour observer le sorcier en question, dont le visage était quelque part dans le cou de la sorcière rousse. Il fronça les sourcils. "Je vais m'occuper de lui."
"Harry, c'est not-" dit Granger avec frustration.
"C'est Nott, oui," interrompit Drago avec bienveillance.
"Je suis sur le coup, Hermione," dit Potter, battant en retraite pour ce qu'il considérait sans doute comme une position discrète derrière Théo.
La prise de Granger sur les épaules de Drago était en train de se déplacer vers son cou et trahissait une envie d'étranglement. "Tu es le pire…" dit-elle dans un murmure exaspéré.
"Tais-toi - je veux regarder ça," dit Drago, les faisant pivoter pour qu'ils puissent tous les deux voir Potter.
"Pourquoi Nott ?" demanda Granger.
"Pourquoi un aut' ?"
"Je vais te tuer."
"Très bien," dit Drago. "Mais d'abord, laisse-moi savourer ma vengeance."
Dans les cinq minutes qui suivirent, Drago profita de la vue très amusante de Potter observant Théo, lui rentrant 'accidentellement' dedans, renversant sa boisson sur lui, et étant dans l'ensemble une présence hostile toujours près de lui, peu importe où il se déplaçait. Potter pouvait être une figure plutôt intimidante quand il le voulait, appuyé par les légendes de ses exploits comme héros de guerre et comme Auror, et Théo commença à remarquer qui le harcelait et lâcha un juron.
Enfin, Théo relâcha sa prise sur Solange et s'excusa auprès d'elle. Puis il chancela vers Draco, ivre, et lui demanda d'être honnête, car il avait beaucoup bu, mais était-il réellement en train d'embrasser une rousse française ou était-ce la femme de Potter, la fille Weasley, avec qui il se serait retrouvé par hasard ? Et Potter était-il du genre à jeter des sorts à un homme dans le dos, ou pourrait-il quitter la soirée indemne ?
Drago lui pointa magnanimement la sortie et dit qu'il couvrirait ses arrières de la colère de Potter, ne t'inquiètes pas, mon gars.
"Tu es horrible," commenta Granger quand tout fut fini et que Théo fut parti, sans sorcière et frustré.
Drago dit "Bien joué," à Potter, qui leva les pouces vers Drago et disparut dans la foule.
"J'adore Potter," soupira Drago. "Tu le chauffes, tu lui pointes une direction et -"
"J'espère que tu me trouves moins facile à manipuler," dit Granger.
Drago préféra ne pas répondre à cette question en particulier. Il bougea ses hanches dans une direction, puis dans l'autre. "Pas trop mal," dit-il. "Un peu raide, peut-être qu'il te faudrait un autre champagne."
"Je voulais dire métaphoriquement, comme tu le sais très bien," dit Granger, devenant encore plus rigide entre les mains de Drago.
"Je ne pense pas que tu sois aussi facile que Potter," dit Drago. (Et c'était bien dommage.)
"Mais quand-même un peu."
"Tu es trop nerveuse," suggéra Drago.
"Je ne suis pas nerveuse," dit Granger d'une voix nerveuse. Après une pause, elle corrigea sa phrase par, "Tu me rends nerveuse. Tu es exaspérant."
"Fadaises," dit Drago. "Je suis charmant et débonnaire. Magnétique. Je ne peux même pas traverser une pièce sans que des sorcières me tombent dessus."
"Tss."
"C'est vrai. Regarde autour de toi."
Granger regarda et se rendit compte que c'était en effet la vérité, Amandine, Rosalie, Luella et d'autres sorcières qui dansaient près d'eux lançaient de longs regards à Drago.
"Veulent-elles ton nom, ton argent ou le plaisir innommable de ta compagnie ?" demanda Granger.
"Les trois. Je suis un trio-gagnant."
"Tout à fait," dit Granger. Avant que Drago ne puisse être flatté, elle compta jusqu'à trois sur ses doigts. "Migraines, palpitations cardiaques et chaos général. Trio perdant plutôt."
Drago ricana. "Si tu ne t'étais pas amenée avec des abats dans tes poches pour marchander avec des harpies, je ne serais pas si contraignant. C'est toi qui me donne la migraine. Pourquoi tes activités ne peuvent-elles pas te mener à prendre sagement le thé et faire des réunions pour les orphelins."
Ce fut au tour de Granger de ricaner. "Prendre sagement le thé ? Tu as fui le dernier thé de ta mère, as-tu oublié ?"
"Je n'ai pas oublié, non," grimaça Drago. "D'un repaire de harpies à un autre."
Granger prit un air pensif. "Cependant - si ma prochaine activité implique un thé et des dames, ça me garantirait ton absence, et je pourrais enfin t'éviter."
"C'est quand ?"
"Beltane," dit Granger.
"Où ?"
"Manoir Malefoy. Le salon du thé."
"Il n'y a pas de salon du thé au manoir."
"Non ?"
"Non."
Granger fit un geste de la main. "Un endroit où les dames se rassemblent en grand nombre avec le plus d'orphelins possible. Tu crois que je devrais la breveter ?"
"Breveter quoi ?"
"Ma recette de Répulsif à Malefoy. Je pense qu'il pourrait y avoir un marché pour ça."
"Ce marché serait entièrement constitué par toi. Je crois qu'il y a une plus grande demande pour de l'Attractif à Malefoy, mais bonne chance pour trouver la formule."
Granger jeta un regard furtif vers la ribambelle de sorcières qui regardaient longuement Drago. "Tu pourrais avoir raison."
"J'ai toujours raison."
"Des fesses," dit Granger.
"Je te demande pardon ?"
"Pour la formule de l'Attractif."
"...oui," dit Drago.
"Des fesses, et ne pas t'inviter. Deux composantes majeures pour s'assurer que tu vas te pointer. Et enlever les systèmes de localisation. Et te dire de t'en aller. Tu as un trouble de l'opposition très prononcé. Je me demande toujours comment tu m'as retrouvée dans l'Uffington sans la bague d'ailleurs."
"Avec des baguettes de radiesthésie."
Cela amusa Drago que Granger ne repousse pas immédiatement cette éventualité. Cependant, après un moment de réflexion, elle dit, "Menteur."
"Parles-moi de Beltane," dit Drago.
"Tu es vraiment, extrêmement, intensément invité à te joindre à moi. Je donnerais tout pour que tu viennes. Rien ne me rendrait plus heureuse," dit Granger, essayant sa nouvelle théorie de psychologie inversée.
"Excellent," dit Drago.
"Je vais enlever ma bague pour m'assurer de ta présence."
Là, Drago se figea, mais les yeux de Granger pétillaient de malice.
"Tu te crois drôle," dit Drago. "Si tu casses encore mon travail pour rendre la bague à sens unique, je pourrais me fâcher et ne pas la réparer."
Granger lui jeta un regard interrogateur. "Tu dis ça comme si c'était une terrible menace."
"C'en est une."
"Comment-ça ?"
"Veux-tu réellement sentir toute altération de mon rythme cardiaque à travers cette bague ?" demanda Drago.
"Je pensais que tu l'avais calibrée pour ne sentir que les extrêmes dangereux ?"
"Sais-tu comment calibrer la tienne ?"
"Non."
"Exactement. Tu ne veux pas ressentir chacun de mes efforts et te demander ce que je suis en train de faire - ni avec qui."
"Eurk," dit Granger, se redressant. "C'est noté."
La chanson sur laquelle ils avaient plus ou moins dansé se changea en silence. La voix amplifiée d'Augustin Delacroix résonna depuis quelque part au milieu de la salle, les remerciant pour leur présence.
"De quoi l'avez-vous soigné, au fait ?" demanda Drago.
"Secret médical," répondit Granger. "Je ne peux pas te le dire."
Drago, qui avait posé la question par pure curiosité, fut intrigué de remarquer que les yeux de Granger avaient perdu leur brillance. Elle occludait à nouveau.
Delacroix continua son discours. Il indiqua, sous le son des applaudissements, qu'entre la contribution philanthropique de sa famille et les bénéfices de la soirée, ils avaient doublé leur objectif initial. L'aile Delacroix allait voir le jour.
Des centaines de verres de champagne se matérialisèrent à hauteur de tête pour que les invités les attrapent et les lèvent parmi les exclamations des Santé !
Puisque Granger se trouvait commodément à côté de lui, Drago fit tinter son verre contre le sien.
Un groupe de Guérisseurs entoura Drago et Granger et il y eut beaucoup de bises claquantes et de tintements de verres. Granger s'extasia, avec d'autres Guérisseurs surexcités de Sainte Mangouste, à quel point c'était magnifique, comme la nouvelle aile serait belle, combien de vies ça allait changer, etc, etc.
Drago se retira en silence, laissant Granger et ses collègues à leur célébration.
La dernière image qu'il vit de Granger fut son sourire alors qu'elle tapait dans la main d'un autre Guérisseur et tournait sur elle-même. Elle avait les yeux brillants, était joyeuse et adorable dans la douce lumière.
