Beaucoup de choses à apprendre

Bobby était assis en tailleur le sol.

Buck était installé entre ses jambes et Bobby l'aidait à déballer ses cadeaux. Il était bien conscient que le bébé se fichait éperdument de ce que contenait les paquets cadeaux et qu'il était surtout intéressé de faire quelque chose avec lui mais il ne pouvait pas s'empêcher de tout lui montrer.

– Qu'en penses-tu ? On l'ouvre ?

Bobby déchira le paquet cadeau et Buck éclata de rire.

Il le regarda, avant de reporter son attention sur le papier et de s'agiter, tout excité par le bruit. Bobby réitéra et de nouveau Buck éclata de rire en le regardant.

Bobby adorait sa réaction.

Il attendait impatiemment qu'il recommence et s'esclaffait de bonheur. Buck était si plein de vie qu'il avait de la peine à croire qu'il ait faillit mourir avant d'avoir pu profiter de sa toute jeune existence. Il se demandait encore quels genres de monstres avaient pu donner naissance à un enfant aussi parfait et adorable que lui.

Bobby s'arrêta de déchirer le papier quand Buck se lassa et Bobby se rendit compte qu'il allait devoir nettoyer ce qui ressemblait à présent à de minuscules confettis.

Buck bailla et Bobby lui sourit tendrement.

Il aimait déjà tellement ce gosse.

– Une petite sieste ? lui proposa-t-il.

Il se releva et l'emmena dans la chambre pour le changer. Il échappa au jet d'urine de justesse en rabattant sa couche juste à temps et le remit en pyjama, une fois propre.

– Est-ce qu'on retente le berceau ?

Il se pencha pour le déposer mais Buck se remit à pleurer et il le récupéra en soupirant. Il le berça pour le calmer.

– Tu vas devoir t'y faire, tu sais. Tu ne vas pas pouvoir dormir avec moi éternellement et j'ai besoin d'un bon et vrai sommeil réparateur pour être d'attaque pour le travail.

Loin de s'en préoccuper, Buck se cala contre lui, s'accrochant désespérément à son pull.

– Je sais que ça n'a pas été simple pour toi, murmura-t-il. Mais je te promets que tu es en sécurité maintenant. Je ne vais pas t'abandonner. Je ne laisserai plus jamais personne t'abandonner. Tu es en sécurité.

Buck n'était pas décidé à le lâcher alors il quitta la chambre pour ne pas le stresser davantage. Il rejoignit le salon lorsqu'on frappa à la porte.

– Mais qui ça peut bien être, s'amusa-t-il en en ayant une bonne idée.

Buck bougonna dans son cou et Bobby ouvrit la porte pour découvrir Marcy avec un petit sac en papier dans la main.

– Joyeux noël, s'exclama-t-elle. Est-ce que j'arrive au mauvais moment ?

Buck chouinait contre son cou et Bobby soupira en la laissant entrer. Elle fronça les sourcils et posa son sac sur le sol, avant de retirer son manteau tandis que Bobby refermait la porte.

– Buck a sommeil mais il ne veut pas aller dormir dans son lit.

– Il a besoin d'être avec toi, comprit-elle.

– Je sais, c'est pour ça que je n'insiste pas. Il n'est avec moi que depuis une vingtaine d'heures. On va y arriver.

– On pourrait essayer quelque chose, si tu es d'accord.

– A ce stade, je suis prêt à tout essayer, rit-il nerveusement.

– C'est ton oreiller ? demanda-t-elle en le saisissant.

Bobby acquiesça et elle le dépouilla de sa taie, avant de le reposer sur le canapé. Elle la remit à l'endroit, avant de se tourner vers lui.

– Est-ce que tu as une grande serviette de toilette ?

– Bien sûr, dans la salle de bain.

Bobby la précéda vers la salle de bain et lui montra où les trouver.

Puis, ils allèrent dans la chambre de Buck. Le bébé dormait déjà à poings fermés contre son épaule. Bobby regarda Marcy déplier la serviette et la rouler en boudin avant de la fourrer dans la taie d'oreiller, en formant un « U ».

Elle posa le tout dans le lit et se tourna vers lui.

– Mets-le bien au milieu, lui conseilla-t-elle.

Bobby s'exécuta.

Buck ne bougea pas et il lui donna son doudou. Buck le serra dans son petit poing. Bobby vit son nez se retrousser et un petit sourire de bien être se dessina sur ses lèvres. Marcy lui fit signe de la suivre et ils quittèrent la pièce silencieusement.

– C'est mon odeur, c'est ça ? lui demanda-t-il.

Elle acquiesça avec un sourire et il se laissa tomber sur le canapé.

– Je suis un idiot, souffla-t-il en songeant qu'il aurait pu faire ça la nuit dernière déjà. Merci.

– Tu me remercieras quand tu seras sûr que ça fonctionne.

– Il n'y a pas de raison que ça ne fonctionne pas.

– Ça va l'aider à dormir tout seul et il devrait te laisser en dehors de sa vue quand il se rendra compte que tu reviens toujours le chercher.

– Ça serait bien étant donné que je vais devoir reprendre le travail un jour, s'amusa-t-il. Qu'est-ce que tu as apporté ?

– C'est pour Buck, répondit-elle en le récupérant pour le lui donner. Enfin, évite de le lui montrer.

Bobby ouvrit le sac et en sorti un doudou identique à celui que Buck serrait dans sa main actuellement.

– Je ne comprends pas, admit-il.

– C'est un doudou de rechange. Pour que tu puisses laver le sien, sans que ça ne fasse un drame.

– Oh... oui, bien sûr.

– Ne le lui montre pas en même temps que l'autre. Il risquerait de vouloir les deux en même temps ou au contraire de les repousser tous les deux, ce qui serait compliqué à vivre pour vous deux.

– J'ai encore tant de choses à apprendre, soupira-t-il.

– Tu t'en sortiras, le rassura-t-elle.

– Merci Marcy, pour tout ce que tu as fait pour nous, pour ce que tu fais. Nous avons de la chance de t'avoir dans notre vie.

Marcy se leva du canapé, soudain mal à l'aise et Bobby fronça les sourcils.

– Est-ce que tout va bien ? s'inquiéta-t-il.

– J'ai quelque chose d'important à te dire mais je n'ai encore pris aucune décision à ce sujet. J'avais même complètement oublié tout ça.

– D'accord, lâcha-t-il prudent. De quoi s'agit-il ?

– Il y a six mois, j'ai postulé pour un poste d'interne dans un grand hôpital de Vancouver. Il y a très peu de places et j'étais sur la liste d'attente, en cas de désistement. J'étais en troisième position et c'est vraiment une chance unique. Je n'avais aucun espoir d'être prise.

– Mais... Tu as été prise, c'est ça ?

– Je viens de l'apprendre, admit-elle.

– Vancouver, répéta-t-il abasourdi.

C'était si loin de St Paul.

Complètement à l'opposé et Bobby savait que leur relation naissante ne résisterait jamais à une telle distance. Ce n'était vraiment pas de chance. Mais il était conscient qu'il ne pouvait pas gagner sur tous les tableaux. Il avait eu Buck, il fallait bien une déconvenue en contrepartie.

– Je suis désolée.

– Non, sursauta-t-il. Marcy, si c'est une chance unique et que tu veux y aller, tu ne dois pas hésiter.

– Bobby, je te jure que si j'avais su que j'avais une chance, même infime, je n'aurais jamais...

– Ce sont les aléas de la vie, lui sourit-il vaillamment. Marcy, ne sacrifie pas ton rêve pour moi. Nous commençons à peine tous les deux, nous ne savons pas si ça fonctionnera dans la durée et puis j'ai Buck aujourd'hui. Il est ma priorité.

– Je sais.

– Ta carrière doit-être la tienne.

Elle acquiesça en retenant ses larmes et récupéra son manteau, avant de se tourner vers lui.

– Ça aurait pu marcher entre nous, affirma-t-elle avec conviction.

– J'en suis convaincu, lui répondit-il.

– Au revoir, Bobby.

– Au revoir, Marcy.