Hello folks!

Voici (enfin!) la suite. Comme c'est ma première fic je ne me rend pas compte si un mois et demi c'est long ou si c'est plutôt la norme... Je suis toujours ébahie par ces auteurs qui publient toutes les semaines… mais malheureusement mon quotidien ne me le permet pas.

J'espère donc que ce chapitre vous plaira.

J'en profite pour remercier celles et ceux qui me lisent et prennent le temps de me laisser des reviews. Pour l'instant que du positif (je prie pour que ça dure ^^) mais si quelque chose vous chagrine n'hésitez pas, l'idée étant de toujours m'améliorer.

Je pense avoir répondu à tout le monde mais là tout d'suite j'ai comme un doute… alors si ce n'est pas le cas, vraiment désolée… j'essaierai d'être moins tête en l'air pour la suite.

Merci aussi aux 2 supers nanas qui scrutent mon orthographe et ma syntaxe de leurs yeux de lynx (ouais, carrément!)

Bonne lecture! Enjoy!


Cela faisait bientôt trois quart d'heure que Satsuki et Taïga roulaient, mais la future Madame Kagami refusait toujours de dire à son amoureux où ils allaient.

Son comportement avait été des plus étranges ces derniers jours et cela semblait aller de mal en pis. Déjà, trois jours plus tôt, quand il était rentré de sa petite soirée improvisée, il l'avait trouvé surexcitée au téléphone en train de planifier ce qui semblait être un voyage, puis elle avait raccroché subitement en s'apercevant de sa présence. Elle avait ensuite passé toute la fin d'après midi à chantonner et à tourbillonner dans l'appartement, préparant leurs valises avant de se rendre à l'aéroport. Le rouge avait tenté de savoir ce qui la rendait de si bonne humeur mais elle avait botté en touche évoquant le bonheur imminent de devenir sa femme.

Cette explication, bien que douteuse pour n'importe qui d'autre, convint au tigre et il n'en chercha donc pas d'autre. Ah! Kagami et sa naïveté légendaire… la rose n'aimait pourtant pas en abuser mais là, c'était un cas de force majeure.

Une fois arrivés à l'hôtel, les agissements étranges de la jeune femme n'avaient pas cessé, au contraire, elle avait commencé à chambouler tout ce sur quoi ils étaient tombés d'accord. Elle avait voulu revoir le plan de tables, la répartition des chambres et quand Akashi, suivi de sa femme et de Mayuzumi, était arrivé à son tour Momoi et lui s'étaient isolés à plusieurs reprises et ne voulaient voir personne. Quand il avait proposé son aide, Taïga s'était gentiment fait écarter et il avait donc passé les deux derniers jours à profiter de la plage ou aller faire des petites courses à droite et à gauche. Et finalement, même s'il aurait aimé participer plus, cet emploi du temps allégé lui convenait assez, d'autant plus que sa bien aimée semblait en effet plus épanouie que jamais

Le soleil était couché depuis longtemps et pour une fois Momoi conduisait. C'est pourquoi Kagami n'avait pas reconnu la route qu'il avait pourtant emprunté quelques jours plus tôt. Cependant, au fur et à mesure de leur avancée, les nombreux panneaux annonçant la proximité de l'aéroport ne laissait plus de place au doute.

"L'aéroport ? On va chercher qui ? J'croyais que les premiers invités n'arrivaient que dans deux jours et qu'ils se débrouillaient tous seuls pour venir à l'hôtel"

"Désolée, je ne peux rien te dire, c'est une surprise!" répondit gaiement Satsuki.

"Une surprise ? Franchement, t'es bizarre depuis quelques jours, il se passe quoi là ?"

"Sois un peu patient mon coeur, tu auras la réponse bien assez tôt."

"Mouais, mais tu sais que je n'aime pas trop les surprises… ça a un rapport avec Akashi ? C'est pour ça que vous ne vouliez pas de moi quand vous discutiez ?"

La jeune femme fut un peu surprise de la réaction du rouge, elle avait été tellement absorbée par les derniers préparatifs du mariage et l'arrivée de son invitée surprise qu'elle ne s'était même pas demandée comment son cher et tendre pouvait se sentir pendant ce temps.

"Désolée si tu t'es senti mis à l'écart, j'avais pensé que tu préférerais te reposer un peu avant que tout commence… c'est de ma faute… mais ne t'inquiète pas, tout est sous contrôle. Et puis, pour ce soir… je te demande encore quelques instants… je ne peux vraiment rien te dire mais sois sûr que la surprise sera à la hauteur!"

"Mouais… y'a intérêt…" répondit le rouge toujours un peu bougon.

"Y'a intérêt ?" demanda la rose avec amusement.

"Parfaitement! Y'a intérêt."

Ca y est, la bonhomie habituelle de Taïga était revenue et un large sourire fendait son visage.

"Je prends le risque!... Mais juste par curiosité...quelle serait la sanction si jamais ma surprise s'avérait… décevante ?"

"Hummm j'sais pas… tu pourrais peut-être me faire un massage."

"Comme si je ne t'en faisais jamais! Je passe ma vie à te masser!"

"Oui, mais ça ne dure jamais assez longtemps… là je voudrais un massage d'au moins une heure!"

"Rien que ça ? Monsieur est exigeant… et puis ce n'est pas de ma faute à moi si ça ne dure pas... si tu vois ce que je veux dire…". L'apparente innocence de cette remarque contrastait cependant avec le sourire coquin qu'affichait Satsuki à cet instant.

Kagami ne répondit rien et se contenta de rougir. Ce n'était pas de sa faute non plus si son corps réagissait comme ça à chaque fois que la rose posait ses mains sur lui. Certes, il aimait les massages, mais il aimait encore plus leurs corps à corps incandescents. Satsuki n'était que douceur et volupté et dès qu'elle commençait à le masser la température montait automatiquement et les caresses se faisaient de plus en plus appuyées. Kagami ne pouvait alors se retenir de lui sauter dessus. Au plus grand plaisir de la rose. C'est d'ailleurs à se demander si elle ne le faisait pas exprès. Elle connaissait parfaitement le corps de l'élu de son coeur et savait exactement sur quel bouton appuyer pour le faire réagir...

C'est lorsqu'elle se lança dans une troisième tentative de créneau, pestant contre un ennemi imaginaire qui l'empêchait de se garer aussi facilement que d'habitude (même si d'habitude rimait plutôt avec jamais car la demoiselle refusait de conduire dans Tokyo), que Taïga sortit de sa rêverie. Ils étaient enfin arrivés à l'aéroport.

Malgré l'heure tardive, le hall des arrivées était bondé. Des avions en provenance de tous les pays déversaient leur flux de voyageurs. Bagages à la main et coussins gonflables autour du cou, les touristes se pressaient vers les portes de sorties pour aller ensuite s'engouffrer dans des minibus multicolores qui les conduiraient alors vers l'un des nombreux resorts que comptait l'île principale.

A contre courant, le jeune couple semblait un peu perdu. D'autant plus que ni Kagami, ni Momoi ne savait à quoi ressemblait la personne qu'ils venaient chercher.

Comme Kat n'avait finalement pas pu venir dès que Momoi l'avait appelé, les deux jeunes femmes avaient eu le temps de s'envoyer de nombreux textos afin d'organiser la venue de l'Américaine mais jamais aucune photo.

"Bon, tu peux me dire maintenant ? On attend qui ?"

"Patience…" la jeune femme répondit vaguement, les yeux rivés sur l'écran des arrivées

"Tu peux me dire au moins si c'est un mec ou une fille ?"

"Une fille." dit-elle simplement en se dirigeant vers la porte qui indiquait un vol en provenance de Taïwan

"Taïwan ? Mais on connaît qui à Taïwan ?"

Là, Taïga se sentait de plus en plus largué. Il scrutait fébrilement la foule mais aucun visage connu à l'horizon. Sa grande taille, comparé à celle de sa fiancée qui se hissait sur la pointe des pieds pour essayer d'y voir quelque chose, aurait pu être un bel avantage, si seulement il avait su qui chercher. Commençant à s'agacer, il se tourna vers Momoi.

"Non mais tu es sure que tu ne veux rien me dire ? Parce que là j'ai un peu l'impression de perdre mon temps"

Elle ne répondit rien. Elle souriait. L'un des sourires les plus radieux que Taïga eut l'occasion de contempler jusqu'alors. Mais un détail le perturba, les yeux de sa douce brillaient également un peu plus qu'à l'accoutumé.

Il se tourna alors pour savoir ce qui lui provoquait cet émoi et le temps sembla s'arrêter.

Kat.

Sa soeur.

Sa jumelle.

Elle était là.

Ca ne devait pas se passer comme ça. L'un de ses potes avait donc craché le morceau… le traître! Il aurait dû s'en douter, il aurait dû s'y attendre mais pourtant c'était tellement… inattendu.

Kagami réalisa alors qu'en fait, il avait souhaité ce moment toute sa vie.

Et soudainement, il se sentit soulagé. Soulagé d'un poids invisible, qu'il portait seul depuis tant d'années. En une fraction de seconde, son fardeau avait disparu.

Le rouge ne pouvait pas dire qu'il avait été malheureux pendant tout ce temps. Au contraire, il avait connu des moments de joie intense, quelques déconvenues et déceptions, un gros passage à vide, mais s'il devait faire un bilan, il n'avait globalement pas à se plaindre.

Non,malheureux, il ne l'était pas, simplement incomplet.

Les liens entre les membres d'une fratrie sont quelque chose que rien ne peut être défait. Malgré la distance, le temps, les embrouilles, la célébrité, la déchéance et même la mort… absolument rien ne peut changer ce que la vie a décidé. Un frère et une soeur, et a fortiori jumeaux, sont condamnés à être et rester frère et soeur pour l'éternité.

Et là, enfin, devant lui, la pièce manquante à sa vie.

Kagami avait envie de courir et de la serrer dans ses bras. Il avait envie de sentir le parfum sucré qu'elle exalait quand ils avaient trois ans. Il avait envie d'entendre son rire s'envoler et les battements de leurs coeurs se synchroniser comme lorsqu'ils s'effondraient l'un sur l'autre sur le tapis du salon après avoir couru comme des dératés, pourchassés par le chien des voisins. Mais à l'heure actuelle, ses jambes ne répondaient pas. Il était figé. Il ne pouvait que la regarder.

Elle ne semblait pas les avoir vu. Elle était un peu dans le vague et avait l'air fatigué. Ses longs cheveux rouges, du même rouge que son frère, étaient complètement emmêlés et lui donnaient l'air d'un enfant qui se réveille juste de sa sieste. D'ailleurs, c'était peut être le cas vu qu'un masque de nuit lui servait de serre tête. Vêtue d'un jogging sarouel gris anthracite et d'un vieux débardeur blanc, surmonté d'une veste de costume noire, elle dénotait un peu dans le paysage coloré des chemises à fleurs des touristes venus profiter du climat tropical d'Okinawa.

En même temps, il était difficile pour elle de passer inaperçu, quand bien même elle aurait opté pour une tenue plus locale : elle dépassait la foule d'une bonne tête. Du haut de son mètre quatre-vingt, elle était plus grande que toutes les autres femmes ici présentes ainsi que de nombreux hommes. Ses vêtements un peu loose ne permettaient pas de se rendre compte de sa carrure mais elle avait définitivement une allure sportive. Le détail qui attira encore plus l'attention de Kagami, fut la paire de basket de sa sœur : des Air Jordan.

Rouges.

Se pourrait-il que sa jumelle soit elle aussi une accro de la balle orange ? Ce serait tellement… parfait!

Le regard toujours fixé sur les chaussures il entendit le crissement caractéristique d'une semelle de basket qui pivote. Il leva la tête et tomba sur le regard carmin de Kat qui le fixait. Ainsi, yeux dans les yeux, à plusieurs mètres de distance, une étrange conversation silencieuse s'engagea. Ca non plus, ça n'avait pas changé. Ils n'avaient pas besoin de se parler pour se comprendre. La joie, la tristesse, le soulagement, l'amour… si on savait regarder, on pouvait lire tous les sentiments que s'échangeaient ces deux là à travers leurs regards.

C'est Kat qui bougea la première. Alors que des larmes commençaient à perler au coin de ses yeux, elle s'élança en courant vers son frère, laissant sa valise et tout ce qui l'encombrait sur place. Arrivée à son niveau, elle ne ralentit pas, elle se jeta sur lui, l'enlaça vivement puis vint cacher son visage dans son cou, avant d'éclater en sanglot. Kagami ne put retenir ses larmes et la serra de toutes ses forces. Il ne se demanda pas un seul instant s'il pouvait lui faire mal, tout ce qu'il savait c'est qu'il avait besoin de ce contact. Elle lui avait tellement manqué et maintenant qu'elle était là, c'est comme s'il avait peur qu'elle disparaisse à nouveau.

Ni l'un ni l'autre n'aurait pu dire combien de temps ils étaient restés comme ça mais quand ils relevèrent la tête, pour enfin se regarder de plus près, il n'y avait presque plus personne autour d'eux. D'un geste d'une grande douceur, Taïga essuya avec son pouce les dernières larmes qui s'accrochait aux joues de Kat tandis que celle-ci attrapa son visage des deux mains pour mieux le contempler. Et après avoir autant pleuré, ils se mirent à rire. Ils ne savaient pas trop pourquoi et se fichaient pas mal de passer pour des fous au yeux des quelques personnes alentours. Ils riaient comme lorsqu'ils étaient petits. Ils riaient comme avant la séparation, comme lorsque leur préoccupation principale dans la vie était de savoir qui serait le premier à gravir les escaliers ou à finir son assiette…

"Ca fait du bien!" finit par dire la rouge alors qu'elle reprenait son souffle avant d'ajouter : "tu m'as manqué!"

"Tu m'as manqué aussi Kat!"

Seuls sur leur petit nuage, ils n'avaient pas vu Momoi s'approcher et sursautèrent lorsque celle-ci s'adressa à eux.

"Bonsoir Kat, je suis Momoi Satsuki. Heureuse de te rencontrer."

Puis elle se pencha afin de saluer sa future belle-soeur de la manière la plus conventionnelle possible… telle la parfaite Japonaise qu'elle était.

De manière plus surprenante, Kat l'imita.

"Heureuse de te rencontrer moi aussi"

Puis quand les deux jeunes femmes se relevèrent, la grande ajouta "oh et merde!" avant de prendre la plus petite dans ses bras et de lui faire à son tour un énorme hug à l'américaine.

"Merci." lui dit-elle alors doucement. "Merci pour tout!"

"Tu n'as pas à me remercier, quand je vous vois tous les deux comme ça, j'ai déjà ma récompense."

Kat allait répondre quelque chose quand un énorme gargouillis se fit entendre. Son ventre venait de parler à sa place.

"Tu as faim ? Moi aussi j'ai un p'tit creux, on pourrait s'arrêter quelque part en rentrant à l'hôtel ? T'en pense quoi Satsuki ?"

"Comme vous voulez… Kat-san, j'ai mis ta valise et ton sac à dos dans la voiture si c'est ce que tu cherches, j'ai essayé de vous le dire tout à l'heure mais de toute évidence vous ne m'entendiez pas"

En effet, Kat s'était subitement souvenu qu'elle avait laissé ses affaires en plan pour se réfugier dans les bras de son frère et ne s'en était absolument pas préoccupé jusqu'alors.

La petite rose avait tout récupéré pendant que le frère et la soeur savouraitent leurs retrouvailles et avait même eu le temps d'aller les ranger et de revenir tranquillement en attendant qu'il reposent les pieds sur Terre.

"Oh merci Satsuki! Je peux t'appeler Satsuki ? J'ai du mal avec les noms, je ne sais pas comment vous faites pour vous appeler par vos noms de famille…"

"Ne t'en fais pas, tu peux même m'appeler Satsu si tu préfères! J'ai l'habitude qu'on m'appelle comme ça. Et puis, tu fais partie de la famille!"

"Alors appelle-moi juste Kat, s'il te plait!"

"Bon les filles, c'est pas tout mais on pourrait pt'être aller manger là ?" Kagami s'impatientait et son estomac commençait également à se manifester bruyamment.

"Je ne sais pas si c'est de famille Kat, mais ton frère est un ventre sur pattes!"

"Oi! C'est complètement faux, c'est vous tous qui avez un appétit d'oiseau…"

"Bah, je ne sais pas si je suis moi aussi un ventre sur pattes mais comme je n'ai rien mangé depuis que je suis partie il va me falloir quelque chose de plutôt conséquent là…"

"Hein ? Mais comment ça se fait, ils ne t'ont pas servi à manger dans l'avion ?" s'inquiéta son frère pour qui tenir une nuit complète sans manger relevait déjà de l'exploit.

"Si si, mais je ne pouvais rien avaler… j'étais trop nerveuse, j'avais l'estomac noué! Mais là il est temps, je me sens un peu flagada…"

"Depuis New York ? Ca doit faire une vingtaine d'heure ça, m'étonnes pas que tu ne te sentes pas bien! Allez on y va, j'ai vu un petit restaurant sur la route, je vous y conduit."

Sans attendre la réponse, la petite rose se plaça entre les deux rouges, glissa ses bras sous les leurs et les entraina vers la sortie. Les deux grands s'échangèrent alors un sourire et la suivirent sans protester, trop contents à l'idée d'aller manger.

Installée à l'arrière de la voiture, et malgré sa faim grandissante, Kat était heureuse. Elle se sentait bien avec ses deux hôtes. Elle se sentait à l'aise, comme si elle avait passé les 20 dernières années en leur compagnie. Sa relation avec son frère n'avait pas changé et même s'ils allaient avoir beaucoup de choses à se raconter elle se réjouissait déjà de leur complicité. Le contact avec Momoi avait était facile Elle avait l'impression de la connaître depuis des années elle aussi, et félicitait intérieurement son frère de l'avoir choisi pour épouse. Elle ne les avait pas rencontré depuis une heure que déjà elle trouvait qu'ils formaient un très beau couple. Kat n'était pas une adepte de la guimauve et des bons sentiments mais force était de constater que ces deux là étaient vraiment faits l'un pour l'autre et qu'ils donnaient envie, tant leur amour était palpable quand on les regardait.

"Tu aimes les ramen Kat ?" Momoi venait couper le fil de ses pensées

"Oh tu sais je ne suis pas difficile moi, j'aime tout! Du moment qu'on ne me demande pas de faire la cuisine!"

Satsuki éclata de rire tandis que Kagami sembla essayer de fusionner avec son siège…

"Tu vois Taï-chan, ce n'est pas anormal de ne pas savoir faire la cuisine, même ta soeur ne cuisine pas. Désolée Kat mais ton frère est entouré de femmes qui ne savent pas même pas faire cuire une omelette. Moi, il m'a carrément interdit de mettre les pieds sur SON territoire. Il a peur que je l'empoisonne!"

"Pas mieux pour moi, Jade, ma colloc, planque ses ustensiles et ses casseroles. Je n'ai le droit de toucher à rien, elle dit que je vais mettre le feu à l'appart un jour."

"Tu vis en colloc ? C'est cool ça! Vous êtes dans Manhattan ?"

"Non, les loyers sont beaucoup trop chers. On habite à Brooklyn. Vous êtes en appart' aussi ou en maison ?"

"Oh je rêve d'avoir une maison mais à Tokyo c'est inconcevable! On arrive, je propose qu'on continue à l'intérieur"

Ils venaient de se garer sur le parking d'un petit shokudo dont la façade traditionnelle en bois, agrémenté d'un noren rouge, était complètement défigurée par l'énorme bol de soupe en néons fluorescents la surplombant. Définitivement, d'Hokkaido à Kuroshima, le Japon était un beau mélange de traditions séculaires et de modernité... et où la faute de goût semblait totalement assumée.

Une fois installés à l'intérieur la discussion reprit de plus belle…

"Et donc la colloc, ça fait longtemps ?"

"Ca va faire… waou presque 5 ans… oh shit ça passe vite!"

"M'en parle pas, j'ai l'impression que c'était hier que je débarquais au Japon…"

Un serveur arriva alors pour prendre leur commande. Si Momoi se contenta d'un thé, les jumeaux commandèrent chacun deux bols de yaeyama soba enrichis d'une double ration de viande...

"Pourquoi, tu as grandi où toi ? Maman… hummm ça m'fait bizarre de l'appeler comme ça… elle m'a dit que vous étiez restés au Japon… mais avec le recul j'imagine que c'était des conneries."

Kagami se rembrunit soudain, cette conversation, ils allaient bien devoir l'avoir à un moment donné… il aurait aimé profiter encore un peu de l'insouciance de ces retrouvailles mais puisque la discussion était lancée autant y aller, ils pourraient alors passer plus vite à la suite.

"J'ai vécu à Los Angeles avec mon pè… avec papa jusqu'à mes 15 ans, puis je suis rentré au Japon pendant un peu plus de deux ans, là, j'habitais tout seul. Puis de nouveau L.A. avec papa pour finir le lycée au centre de formation, puis après tout seul quand je suis passé pro puis de nouveau Tokyo mais là avec Satsuki…"

"Centre de formation ? Pro ?"

"Ton frère a joué en NBA pendant près de trois saisons !"

"Awesome! "

"Mouais, c'était cool… mais c'est du passé tout ça…"

"Pourquoi ? Tu ne joues plus ? Qu'est-ce qu'il s'est passé ?"

"Y'a deux ans, je me suis blessé pendant un match…"

"Laisse moi deviner… rupture des croisés genou droit ?"

"Comment tu sais ?"

"It's my job honey! C'est une blessure assez courante au basket mais surtout tu as gardé une légère asymétrie, je le vois quand tu marches! Tu as été opéré par contre je ne sais pas qui s'est occupé de ta rééducation… désolée mais ça a été bâclé…"

"Oi mais c'est quoi ça? T'as des supers pouvoirs?"

"Ahahaha j'aimerai bien mais nan… j'suis kiné… mais j'comprends pas, ça se répare bien, t'aurais pu reprendre si ça avait été fait dans les règles de l'art… qu'est-ce qu'il s'est passé ?"

"J'étais encore qu'un rookie et comme j'en avais pour au moins un an sans jouer, ils ont rompu mon contrat. Ils ont dit que l'investissement n'en valait pas la peine et du coup ils ne m'ont même pas payé l'opération... 'tain j'y crois pas t'es kiné, c'est super!"

"Those fucking bastards! Sérieux ? Ils t'ont viré comme ça ?"

"Ouais... comme ça! Welcome to the magic word of professional sport! Tu rapportes pas, tu dégages… désolé, mais on pourra en reparler plus tard ? J'ai plutôt envie de me concentrer sur des choses positives là… comment ça t'es venu de faire kiné ?"

"Long story… j'te fais la version courte : j'ai eu un accident de voiture quand j'avais 16 ans, j'ai passé pas mal de temps à l'hôpital et en rééducation et voilà, j'avais trouvé ma vocation…"

"Ca prend combien de temps pour devenir kiné ? T'es diplômée où il te reste des années ?" s'intéressa Momoi à son tour

"Diplômée depuis juin! Mais je rempile pour un an en septembre, je fais une formation complémentaire en traumatologie du sport… avec 3 ans de retard apparemment!"

"Mesdames, monsieur, votre commande" Le serveur venait de déposer devant eux 4 énormes bols de ramen très appétissants ainsi qu'une petite théière en fonte avec sa tasse aux motifs assortis

"Bon appétit!" lança Kat avant de se jeter sur sa nourriture les yeux brillants, ne se préoccupant pas un instant des règles de bienséance locale.

"Bon ap'! Tu sais, je ne sais pas si ça aurait changé grand chose… en tout cas si c'est le boulot de tes rêves j'suis heureux pour toi… ta mère doit être super fière!" Rayon bonnes manières, Kagami, même s'il avait fait quelques progrès depuis qu'il partageait la vie de la rose, semblait avoir repris ses mauvaise habitudes américaines au contact de sa soeur.

"Ou pas… et puis c'est ta mère aussi…"

"Pourquoi tu dit ça ?"

"Tu m'as dit TA mère… on a la même j'te rappelle!"

"Ouais je sais, mais j'ai du mal à la voir comme ça… va m'falloir un p'tit temps d'adaptation. Sinon... pourquoi tu dis qu'elle n'est pas fière de ta réussite?"

"Elle voulait que je sois avocate. Comme elle… 'tin c'est trop bon!"

"Et ?" Kagami sentait que cette explication n'était tout à fait complète

"Et... quand je lui ai dit que non, je n'irai pas en fac de droit et que je voulais devenir kiné, ça a dégénéré et elle m'a foutu à la porte. J'avais 18 ans."

"Tu déconnes là ?"

"A ton avis ? Taïga, t'as vu ce qu'ils nous ont fait ? Alors un peu plus ou un peu moins… elle n'a pas hésité longtemps quand il a fallu se débarrasser de la petite ingrate que je suis selon ses propres mots!"

Kagami et Momoi étaient sans voix. La relation entre le rouge et son père avait toujours été un peu spéciale mais il savait que son père n'aurait jamais fait quelques chose comme ça. Au contraire, même si Taïga lui en avait toujours voulu, il voyait bien que son père essayait de faire tout son possible pour lui faire plaisir. Il l'avait toujours soutenu dans ses projets… du moins d'un point de vue matériel et financier. Kat avait,de toute évidence, eu beaucoup moins de chance à la loterie des parents. Il essaya d'imaginer un instant si leurs places avaient été inversées… serait-il avocat aujourd'hui ?

Momoi qui semblait lire dans ses pensées le ramena gentilment sur Terre en lui chuchotant doucement à l'oreille "pour ça, il aurait fallu travailler un peu plus à l'école mon coeur" avant de reprendre à l'attention de Kat

"J'ai cru comprendre que la vie et les études coûtent cher aux Etats Unis, comment tu t'es débrouillée ?"

"Heureusement pour moi, elle n'a pas touché à mon compte, j'avais de quoi tenir un peu. J'ai squatté chez des potes à droite et à gauche mais leurs parents n'étaient pas vraiment chauds pour m'héberger trop longtemps. La mère d'une copine bossait dans le social et elle m'a trouvé une place en foyer. C'est là que j'ai fait la connaissance de Jade. Elle avait 22 ans et venait de perdre son job et de se séparer, son ex l'avait mise à la porte elle aussi donc on était un peu dans la même galère. On a tout de suite accroché. Jade, c'est plus qu'une colloc, c'est aussi ma meilleure amie une sorte de grande soeur…"

"Ouais, j'vois c'que tu veux dire…"

"Taïga a également un grand frère de coeur, Himuro Tatsuya… et il a vécu aux Etats-Unis lui aussi, tu vas bientôt le rencontrer c'est l'un des témoins…"

"Really ? Il me tarde!"

"Oh j'suis sûre que vous allez vous entendre… mais continue ton histoire s'il te plait…"

"J'en étais où?…ah! oui! Donc Jade est photographe, j'dis pas ça parce que c'est ma pote mais elle est vraiment balèze. Elle a retrouvé du boulot assez rapidement dans un magazine de mode… et elle m'a aussi aidé à trouver un p'tit job. Pas le taf de mes rêves mais y'a un emploi du temps plutôt souple et je gagne suffisamment pour m'assumer et payer mes études. Puis dès qu'on a pu, on a emménagé ensemble, j'ai jonglé avec la fac, mon job d'appoint, les stages et voilà, here I am!"

"Wahoo impressionnant! Tu peux être fière de toi! Tu as réussi toute seule!"

"Pas vraiment quand même… sans Jade, je serait certainement toujours en foyer ou maquée avec le premier crétin potable de passage que j'aurais bien voulu suivre pour me sortir de là…"

"Dommage que je n'aie pas su tout ça avant, elle aurait pu t'accompagner ici!" Satsuki regrettait sincèrement de ne pas avoir pensé à demander à Kat si elle souhaitait venir accompagnée

"Je suis sûre qu'elle aurait adoré! Mais ne t'en fais pas, de toute façon elle est en voyage pour son boulot… elle n'arrête jamais!"

Kagami qui venait de finir son deuxième bol de pâtes se décida alors à poser la question qui lui trottait dans la tête depuis l'aéroport.

"Dis, j'ai envie de te poser une question depuis tout à l'heure… ça n'a rien à voir mais j'suis trop curieux… tes basket…tu joues toi aussi ?"

"Non, désolée pour cette fausse joie. C'est un cadeau de Jade, elle les trouvait assortie à mes cheveux alors elle me les a offert!"

"Ah, dommage. Ca aurait pu…"

"Tu dis ça parce que je suis grande mais je t'assure je suis une grosse naze avec un ballon dans les mains!"

"Enfin, tu n'es pas que grande, tu as l'air assez sportive aussi…" renchérit Momoi curieuse.

Depuis qu'ils s'étaient installés dans le restaurant, Kat avait enlevé sa veste et son débardeur ne laissait plus de place au doute quant à sa condition physique. Ses épaules dessinées, ainsi que ses bras fermes et musclés, bien que restant très féminins, témoignaient de ses nombreuses heures d'entraînement par semaine.

"Oui! Je suis une vraie accro au sport. J'adore ça mais surtout si je n'en fais pas tous les jours je deviens vite insupportable!"

La rose n'avait aucun de mal à l'imaginer. Quand Kagami avait atterri chez elle à son retour des Etats-Unis, complètement déprimé et un genou en vrac, sa priorité, avant même de lui trouver un chirurgien, avait été de lui faire reprendre une activité sportive afin de désamorcer la bombe de nerf qu'il était devenu faute de pouvoir se dépenser. Il devait faire très attention à cause de son genou blessé et elle avait donc dû déployer toute sa diplomatie pour le convaincre d'essayer le yoga… ce sport de mamies et de femmes enceintes… Mais une fois la première session passée, il avait reconnu se sentir mieux et au fur et à mesure des séances, son humeur s'était rapidement améliorée…

Ils avaient ensuite pu se consacrer à sa guérison en bonne et due forme.

"C'est quand même incroyable de voir à quel point vous vous ressemblez… je m'y attendais un peu mais à ce point... c'est surprenant!"

A cette remarque, le frère et la soeur lui adressèrent un sourire radieux et la rose ne pu alors que constater, encore une fois, l'exactitude des paroles qu'elle venait de prononcer.

La discussion continua encore jusqu'à la fermeture du restaurant, puis dans la voiture pendant tout le trajet, puis dans l'un des nombreux canapés du lobby de l'hôtel…

Parce qu'elle commençait à s'endormir sur place, Momoi décida de laisser les jumeaux papoter et d'aller se coucher. De toute évidence ils avaient très envie de rattraper le temps passé loin l'un de l'autre… et la conversation s'annonçait infinie. Elle salua Kat, déposa un baiser timide sur les lèvres de Taïga puis se dirigea vers la Suite qu'elle occupait avec son futur mari.

L'établissement de luxe ayant été privatisé pour l'évènement, et la grande majorité des invités n'étant pas encore présente, ils pouvaient profiter de tout l'hôtel et discuter à voix haute, sans avoir peur de déranger qui que ce soit. Taïga proposa donc à sa soeur de faire un tour de la propriété.

Déambulant dans les jardins, les salons ou sur la plage, ils parlèrent de leurs passés respectifs, des bons comme des mauvais souvenirs, de leur "famille", de leurs amis, de leurs amours, de sport, un peu de basket, de cinéma, de musique, de reconversion professionnelle, de rencontres, de voyages… chacun voulant en savoir davantage sur la vie de l'autre. Aucun des deux n'avait envie que la nuit ne finisse et chaque nouvelle anecdote relançait le conversation de plus belle.

Le soleil qui commençait à poindre à l'horizon les ramena à la réalité : des invités à accueillir et un mariage dans 2 jours pour l'un et un voyage de plus de 20 heures et un jet lag ahurissant pour l'autre.

Kagami accompagna sa soeur jusqu'à la chambre que sa fiancée lui avait attribuée, l'une des plus belle de l'hôtel avec son bain à remous privatif installé sur une grande terrasse à l'abri des regards indiscrets. Après un long câlin chargé en émotion, les deux rouges consentirent à se séparer pour quelques heures afin de recharger les batteries.

Kat pris une douche rapide et se glissa sous les draps de l'immense lit king size. Elle s'endormit en une fraction de seconde, plus sereine que jamais et un large sourire collé au visage.

Taïga entra dans la Suite sur la pointe des pieds. Les rayons du soleil levant filtraient à travers les volets et la chambre baignait dans une douce lumière rose dorée. Satsuki semblait dormir paisiblement. Le rouge qui avait commencé à se déshabiller, s'arrêta un instant pour la contempler.

Seule au milieu de ce grand lit, elle semblait si petite et si fragile. Et pourtant, Kagami avait encore eu la preuve qu'elle pouvait soulever des montagnes.

Depuis que leurs chemins s'étaient à nouveau croisés il y a deux ans, elle n'avait cessé de le surprendre. Elle l'avait accueilli à son retour des Etats-Unis, le mode de vie presque marginal du bleu l'ayant empêché de s'installer cher lui, et elle l'avait porté à bout de bras jusqu'à ce qu'il soit rétabli. Même si son emploi du temps ne lui laissait pas beaucoup de temps libre, elle lui avait trouvé un médecin, l'avait accompagné à chacun de ses rendez-vous et avait été la première à son chevet après l'opération. Elle l'avait poussé à ne pas négliger sa rééducation malgré la volonté du rouge de mettre un terme à sa carrière. Et bien que n'approuvant aucunement son choix, Momoi l'avait soutenu dans sa reconversion et l'avait encore une fois aidé dans ses démarches. Au bout de presque six mois, il était à nouveau apte à vivre seul et avait entrepris de se chercher un petit appartement pour ne pas la déranger plus longtemps. Quand il lui avait annoncé, elle avait semblé un peu déçue mais, à cette époque, il n'avait pas su interpréter correctement sa réaction. Les recherches du nouveau logement étaient à peine entamées lorsqu'ils furent tous les deux invités au mariage de l'Empreur.

Tous leurs amis avaient pu constater au fil des mois que Taïga et Satsuki étaient tombés amoureux mais que ni l'un ni l'autre ne s'en étaient rendu compte. Ils avaient donc profité de l'occasion et tout mis en oeuvre pour leur faire ouvrir les yeux. Momoi fut la première à mettre un nom sur ses sentiments mais, ne voulant pas l'effrayer, elle attendit que le rouge prenne l'initiative. Malheureusement pour elle, Kagami n'était vraiment pas doué pour ce genre de choses et sans l'intervention d'Aomine elle serait certainement toujours en train d'attendre. Le bleu avait en effet dû mettre les pieds dans le plat pour faire réagir son éternel rival. Personne ne sut jamais précisément ce qu'ils s'étaient dit mais le métis avait réussi à lui faire avouer ses sentiments, lui signifier son consentement et lui promettre les pires représailles si jamais le tigre devait briser le coeur de sa meilleure amie.

Les recherches du nouveau logement reprirent quelques jours après l'évènement mais pour quelque chose de plus grand que prévu...

Repensant à tout ce qu'elle avait fait pour lui, Kagami se sentit comme l'homme le plus chanceux du monde. Finissant de se déshabiller à la hâte, il n'avait plus qu'une envie, la rejoindre et se blottir contre le femme de sa vie pour respirer son doux parfum.

Une fois nu, le roux se glissa derrière sa belle endormie et l'enlaça doucement de ses bras puissants. Après sa nuit blanche, il tombait littéralement de fatigue.

Cependant, au contact de la peau chaude de la jeune femme, il sentit sa virilité se réveiller. Il savait que ce n'était pas raisonnable, qu'il devait vraiment dormir, mais la tentation était trop forte. Il commença alors à lui caresser les épaules tout en lui déposant de tendres baiser dans le cou. Satsuki frissonna mais ne se réveilla pas pour autant. Taïga glissa donc sa main sous la nuisette en satin turquoise qu'il lui avait offert pour son dernier anniversaire et la fit remonter jusqu'à sa poitrine qu'il commença à masser amoureusement. Ses seins lourds et fermes avaient le pouvoir de rendre fou le jeune pompier qui ne se lassait jamais de leur rendre hommage. Et cette fois n'y fit pas exception.

Totalement dur et ne pouvant plus faire machine arrière il se plaqua complètement contre la petite manager. Au contact de son sexe contre les fesses rebondies de sa compagne, une décharge de plaisir lui traversa le corps et un léger gémissement franchi la barrière de ses lèvres. Cette fois, la rose se réveilla. Comprenant immédiatement ce qu'il lui arrivait, elle enclencha alors un très subtil mouvement de bassin, afin d'intensifier le contact entre leur deux corps. Nouveau gémissement de la part du rouge. Ils continuèrent ainsi quelques minutes, profitant du corps de l'autre et des sensations qu'il avait à offrir, mais n'y tenant plus, le tigre enjamba sa partenaire pour se placer à quatre pattes au dessus d'elle. En appui sur une main, il parcourait de l'autre ce corps qu'il connaissait pourtant si bien. Et pour apprécier d'autant plus la sensation, il ferma les yeux.

Satsuki en profita pour observer le visage détendu de son compagnon au dessus d'elle. La main de la rose descendit lentement le long du ventre de Taïga pour aller caresser le membre de son amant dont les avant-bras commençaient à trembler sous l'effet de la fatigue et du plaisir. Elle ferma les yeux à son tour, heureuse de lire le bonheur sur le visage du pompier. Peut-être les événements de la soirée y étaient-ils pour quelque chose mais en tout cas, elle avait l'impression que son prince charmant s'approchait doucement du nirvana ce matin.

Entendant son souffle s'alourdir contre son oreille, Momoï en profita pour accélérer ses mouvements, ce qui lui valut un gémissement rauque qui troubla sa propre respiration. Kagami déposa sa tête dans son cou pour la couvrir de baisers et la petite manager se cambra légèrement.

Les mouvements de hanche du rouge devinrent bientôt fébriles et Satsuki sut qu'elle en voulait elle aussi davantage. Elle suspendit son geste sur le sexe palpitant de son amant et lorsque celui-ci releva la tête, les yeux embrumés de désir, elle l'embrassa passionnément. Taïga y répondit avec fougue, l'enserrant puissamment dans ses bras.

Momoi mit fin au baiser bien malgré elle quelques dizaines de secondes plus tard pour récupérer son souffle, sa poitrine gonflée par l'émotion. Taïga se rendait-il compte de l'intensité de chacun de ses geste ce matin ? Pas sûr au vu de son regard trouble qui semblait l'implorer de reprendre où elle s'était arrêté…

La jeune femme répondit donc immédiatement à sa demande, se sentant elle-même transportée. Elle remonta ses jambes sur les hanches du rouge, lui signifiant qu'elle était prête. Taïga ne perdit pas de temps et glissa sa main entre ses cuisse puis la pénétra de ses doigts sans la quitter des yeux. La rose retint sa respiration devant son regard embrasé et rapidement, elle fit comprendre à son conjoint qu'elle ne pouvait plus attendre.

Il approcha alors son membre de l'intimité de Satsuki et après un dernier regard pour l'en informer, il la pénétra lentement jusqu'à ce qu'il soit entièrement en elle. Pour les deux, la sensation était délicieuse. La rose avait le souffle court, mais elle ne savait plus si c'était à cause du plaisir qu'elle ressentait ou de l'intensité des émotions qu'ils partageaient à cet instant. Remarquant son émoi, Kagami se pencha vers elle et déposa un léger baiser sur ses lèvres.

Enfin, la jeune femme noua ses jambes autour de la taille de son conjoint pour lui intimer de bouger et celui-ci s'exécuta aussitôt, ses mains se perdant dans la douce chevelure rose et les yeux rivés sur les lèvres entrouvertes qui laissaient échapper des gémissements de plus en plus intenses.

Taïga finit par enfouir son visage entre les seins de sa compagne qui lui enfonçait ses ongles dans le dos, alors qu'il accélérait ses mouvements de hanche rendus précipités par l'imminence de l'orgasme. Celui-ci ne tarda pas à les terrasser tous les deux, les laissant s'échouer l'un sur l'autre, la respiration saccadée et le corps luisant de sueur.

Dans un dernier effort, il se glissa à ses côtés tout en lui murmurant un "je t'aime" à l'oreille avant reposer sa tête contre l'oreiller et de fermer les yeux. Émergeant difficilement quelques instants plus tard, Satsuki embrassa tendrement son bien aimé au coin des lèvres, se leva et parti en direction de la salle de bain une sourire illuminant son visage.