Bonjour à toutes et tous et surtout meilleurs voeux pour cette année 2018!
Que votre quotidien soit remplis de tous ces petits bonheurs qui rendent la vie tellement belle!
Voici un nouveau chapitre... et j'ai envie de dire ENFIN!
Encore une fois, j'ai volontairement choisi de ne pas traduire les passages en anglais, si vous trouver que ça gêne la lecture et la compréhension générale n'hésitez pas à me le dire, je traduirai en fin de chapitre.
Bonne lecture!
Aomine-san! Aomine-san! Un photo s'il vous plait ?"
"Aomine-san! Par ici! Auriez-vous 5 minutes à accorder à notre magazine s'il vous plait ?"
"Aomine-sama, les rumeurs disent que vous vous rendez au mariage de votre manager et meilleure amie avec votre ancien rival….comment le vivez vous ?"
"Tssss! Posez moi des questions concernant le basket ou foutez moi la paix…" coupa froidement le grand bleu
"Daïki chéri! Tu pourrais faire un effort, regarde Ryota! Lui sait se montrer poli et gentil avec les journalistes…"
"M'man! Moi mon job c'est de jouer au basket, pas de faire le guignol devant un objectif… lui il fait ça à longueur de journée, il est dans son élément là!"
"Aominecchi! Je t'entends et ça va se payer..." lui répondit le blond sans se défaire pour autant de son sourire ultra bright adressés aux reporters.
"Oh! J'ai trop peur, regarde je tremble!" Et pour appuyer son propos il mis sa main, parfaitement immobile, juste sous le nez du blond qui, yeux au ciel, la chassa d'un revers…
"Pffff…"
"Bon vous faites c'que vous voulez, moi j'vais m'enregistrer et m'poser au salon… " ajouta-t-il alors en s'éloignant.
Suivi de sa mère et de Kuroko, le basketteur se dirigea vers le comptoir d'enregistrement réservé aux voyageurs de business class. Une fois les formalités accomplies, il fila directement vers le lounge. Là, au moins, il aurait la paix.
Si le blond aimait les bains de foule et se prêtait volontier au jeu des journalistes, ce n'était pas le cas d'Aomine. Autant il appréciait la reconnaissance de ses pairs et des amateurs de la balle orange, autant se faire harceler par les paparazzis le rendait nerveux et agressif. Il avait déjà suffisamment donné il y a quelques mois et sans l'intervention d'Imayoshi il aurait fini par devenir violent avec certains de ces fouineurs avides de scandales. Dans une situation comme celle d'aujourd'hui il préférait donc battre en retraite et s'éloigner de tout ce tapage.
Une fois au calme, il remarqua un petit canapé un peu à l'écart. Il y abandonna son sac et sa veste puis parti en quête de nourriture. Tout en examinant le contenu du buffet à disposition des voyageurs fortunés, il marmonnait dans sa barbe l'air toujours aussi renfrogné. Alors qu'il s'apprêtait à aller se vautrer, snacks et bière à la main, il se fit interpellé par le petit instituteur.
"Aomine-kun, avant de retourner t'asseoir, tu pourrais demander à ta mère si elle n'a besoin de rien…"
"Tssss..." répondit le bleu sans se donner la peine de faire demi tour.
"C'est gentil de te soucier de moi mon petit Tetsuya… mais ne t'inquiètes pas, j'ai l'habitude avec cet ingrat…" répondit la brune, habituée aux frasques de son fils.
"Tu vois, elle a des jambes, elle peut aller se servir!"
"Aominecchi, que tu te conduise comme un muffle avec moi c'est une chose! Mais s'il te plait, fais un effort avec ta maman!"
Kise qui venait de les rejoindre était choqué des paroles de son ami envers sa mère. Il savait la relation chien-chat qu'entretenaient ces deux là mais ça ne l'empêchait pas d'être révolté à chaque fois qu'il entendait le bleu manquer de respect à celle qui l'avait élevé toute seule.
"Mais de quoi j'me mêle le playboy ?" s'agaça Aomine alors qu'il finissait de s'installer un sourire satisfait sur le visage… la canapé étant aussi confortable que ce qu'il s'était imaginé.
Malgré tout le bien qu'il pensait du grand bleu à ce moment là, Kise n'avait pas répondu à la provocation. Il n'aimait pas se prendre la tête avec le métis car généralement cela durait des heures et pouvait devenir très bruyant. Un comble pour celui à qui l'on reprochait souvent son enthousiasme débordant et ses envolées sonores. Il préférait botter en touche, feignant une surdité soudaine…nan, les joutes verbales à rallonges, il les laissait de bon coeur à Kagami qui dans ce domaine aussi semblait être le seul à pouvoir rivaliser avec Daïki.
"Daïki-chéri! Mais qu'est-ce qu'il t'arrive aujourd'hui ? Je te trouve un peu tendu…c'est de prendre l'avion qui te rend nerveux ?" tenta sa mère alors qu'elle prenait place à côté de lui.
Aomine expira bruyamment, enfonça ses points dans ses poches et pivota en direction de sa mère.
Oui, tendu il l'était. Et c'était d'ailleurs un euphémisme. Depuis qu'il était revenu de la villa d'Akashi, il ne tenait pas en place et avait l'impression que sa tête allait exploser. L'imminence du mariage de ses amis lui avait sauté au visage… lui rappelant sans cesse sa situation personnelle : sa vie sentimentale était un vrai désastre.
Suite à l'incident du nouvel an et sa rupture avec Yuki, la seule qui avait réussi à éveiller son intérêt plus de 6 mois, il n'avait pas souhaité se poser et repartir dans une relation sérieuse.
Il avait donc enchainé les conquêtes, faisant abstraction total d'un quelconque mal-être qui grandissait au fond de lui. Avec un physique comme le sien, il n'avait jamais eu de difficulté à se trouver une groupie au décolleté généreux avec qui passer une nuit. Une. Pas deux.
Les premiers mois avaient était comme une renaissance et il répétait à qui voulait l'entendre qu'il avait été bien bête de se priver d'autant de plaisirs en se contentant du corps d'une seule femme.
Mais peu à peu l'état de grâce était passé et avait laissé place à un certain malaise.
Il avait goûté à la vie de couple et au sentiment de sécurité qu'il procure. Il avait mis du temps, mais il avait fini par reconnaître que se savoir aimé était un sentiment agréable. Rentrer le soir ou dans la nuit, se glisser dans des draps chaud près de quelqu'un d'attentif à son bien être, faire des projets, avoir quelqu'un qui le comprenne...tout cela lui manquait terriblement.
Aomine se sentait seul et avait de plus en plus de mal à le supporter même s'il préférait garder tout ça pour lui pour l'instant. Il aimait infiniment ses amis mais aujourd'hui force était de constater qu'il les jalousait également et ne savait donc pas comment aborder le sujet tout en préservant sa réputation...
"Nan c'est rien... c'est juste…"
"Quoi c'est le mariage de Satsuki et Taïga ? Tu sais qu'il est parfait pour elle… et elle pour lui… tu devrais être content pour eux au lieu de bouder!"
"Nan, c'est pas ça... comme tu dis, ils sont parfaitement parfaits tous les deux… d'ailleurs quand je les vois j'ai des licornes à paillettes qui me sortent des yeux..."
Le ton était tranchant et sarcastique mais pour une fois qu'Aomine voulait être sérieux, sa mère ne lui laissait pas en placer une. Sans le savoir, elle avait mis le doigt dans le mille et c'était assez perturbant. Depuis quand était-elle aussi perspicace ? Lui qui commençait pourtant à se calmer, sentit alors le wasabi lui monter à nouveau au nez.
"Aomine-kun, tu pousses un peu le bouchon là… Ryota-kun avec qui tu discutes ?"
"Tetsuyacchi... tu ne devinera jamais!" répondit le mannequin sans lever les yeux de son téléphone et un grand sourire aux lèvres. Un vrai sourire, joyeux et malicieux. Pas comme l'un de ceux adressés un peu plus tôt aux photographes qui les avaient cueilli alors qu'il entraient à peine dans l'aéroport.
"Si tu le dis…" répondit laconiquement le dit Tetsuyacchi avant d'enchaîner tout aussi mystérieusement à l'attention du basketteur :
"Aomine-kun, j'ai peur de trop bien comprendre ce qui t'arrive…"
Merde… pourquoi a-t-il fallu que j'accepte de faire le voyage avec eux… et depuis quand Tetsu lit dans les pensées ?
"Oi! Tetsu! J'ai rien dit alors c'est bon…"
"Mon petit Tetsuya, peux tu m'en dire plus ? Tu sais bien que les réactions de mon grand bébé sont parfois un mystère pour moi…"
"M'man! Tu vois, c'est ça le problème!" éructa le bleu qui avait de plus en plus de mal à cacher son agacement...
"Ca ?" demanda sa mère un sourcil relevé...
"..."
"Je suis désolé Aomine-san, mais il semblerait que votre fils n'assume pas de voyager avec celle qui lui a donné la vie et à qui il doit tout…"
"TETSU! 'tain mais balance pas des conneries pareilles…"
Aomine était soulagé que son ancienne ombre n'aborde pas ce qui le tourmentait vraiment. Connaissant la perspicacité du jeune instituteur, il se doutait que celui-ci connaissait la raison de sa mauvaise humeur et lui était reconnaissant de le laisser tranquille avec ça pour l'instant. Mais, il soulevait néanmoins un point important qui le préoccupait depuis ce matin.
"Ose dire que ce n'est pas vrai!" renchérit Tetsuya.
"..."
"Daïki-chéri ?"
"..."
"Vraiment ?"
"Nan mais m'man, le prend pas mal, j't'adore et tout et tout mais merde, on va à un mariage là… comment j'suis sensé serrer si je viens avec ma mère ?"
"Oh … et dire que c'est moi qui ai élevé ça! Si ça peut te rassurer, je ne serai pas sur ton dos en permanence… Satsuki et Taïga ont prévu une table pour nous les vieux… je serai avec les parents… donc libre à toi de SERRER qui tu veux..."
"Oi! Dis pas des choses comme ça ou alors t'étonne pas si je parle comme je parle!"
"En tout cas, tu as largement dépassé l'âge que je te surveille, donc ne t'inquiètes pas pour ça…"
"Mouais… mais quand même… j'suis le meilleur joueur de basket du pays et j'suis pas foutu de venir accompagné à un putain de mariage…Oi! Kise! Arrête de t'foutre de ma gueule!"
Kise avait rigolé tout seul, les yeux toujours rivés sur son smartphone dernier cri.
"Ahahaha, désolé Aominecchi… c'était pas pour toi… je discute avec une copine! Tetsuyacchiiiii, ces 15 jours de vacances s'annoncent E-NOR-MES! Devine qui vient passer quelques jours à Tokyo la semaine prochaine ?"
"Ah maintenant il faut que je devine… tu avais pourtant dit que je ne devinerai jamais…"
"Hein ? Quoi ? Moi ? J'ai dit quoi ?"
"Non rien… je t'écoute… dis moi qui."
"C'est Kittycchiiiiii! T'entends ça, elle daigne enfin venir à Tokyo! J'aurais mis 6 mois, mais j'y suis arrivé!" le blond frétillait littéralement sur place.
"Es-tu sur que c'est toi qui l'a faite changer d'avis ?" Lui demanda Kuroko d'un ton qui se voulait neutre mais qui pourtant laissait clairement comprendre qu'il doutait fortement de ce que son compagnon venait d'affirmer.
"De qui vous parlez?" tenta Aomine qui avait l'impression d'avoir loupé un épisode.
"Evidemment, que veux-tu que ce soit d'autres ?"
"Quand tu l'as invitée en février, elle avait l'air plutôt formel en disant qu'elle ne mettrai jamais les pieds au Japon… ne me dis pas que tu l'as harcelée jusqu'à ce qu'elle craque ?".
Kuroko savait à quel point le blond pouvait être pénible quand il avait une idée derrière la tête et s'inquiétait de ce qu'il avait pu faire subir à leur amie.
"Naaaan tu me connais, je ne ferais jamais un truc pareil…."
"Justement!" coupa le petit bleu.
"De qui vous parlez les mecs ?"
"Tetsuyacchiiiiii tu me fais de la peine! En fait... j'ai arrêté de lui demander de venir depuis un peu plus d'un mois… elle m'a menacé de mettre en ligne les photo de notre soirée déguisée… pas que je n'assume pas, hein, mais je ne suis pas certain que mon manager soit ravi ravi…"
"Tu m'en diras tant…" Kuroko se permit un léger sourire en coin au souvenir de la dite soirée déguisée.
"Mon coeur, je pense que tout simplement qu'elle ne peut plus se passer de moi… je lui manque trop!"
"Oh... tu as très certainement raison…"
"OI! BORDEL! MAIS DE QUI VOUS PARLEZ?"
"Daiki! Parle moins fort et surveille ton langage!"
"Mais m'man! Tu as vu comme ils m'ignorent ?"
"Aomine-kun, peux-tu me dire quand est-ce que le meilleur joueur de basket du pays arrêtera de pleurer dans les jupes sa mère ?"
"MERDE TETSU!"
Puis se tenant l'arrête du nez, marmonna pour lui "'tain, je sens que ces prochaines heures vont êtres longues…"
Il essaya se calmer en pensant au bain qu'il allait prendre dans le jacuzzi sur la terrasse de la chambre qui l'attendait à l'hôtel… oui, c'est ça, un bon bain chaud, avec une bière… et s'il pouvait coincer une petite serveuse mignonne pour venir lui frotter le dos ça serait encore mieux…
Il ferma les yeux et se laissa porter par cette image de lui même en bonne compagnie... mais il fut vite ramené à la réalité quand il sentit le regard amusé de ses amis sur lui…
"Désolé Aomine-kun, mais il est vrai que tu es particulièrement susceptible aujourd'hui…"
"Allez vous faire f-" et voilà, il allait encore repartir au quart de tour mais encore une fois, il fut stoppé par sa mère de plus en plus scandalisée par le comportement et le langage de son fils unique.
"Daïki! Tu me désespère… tu as intérêt à mieux te tenir une fois qu'on sera là bas…"
"Sinon quoi ?"
Un peu plus et il lui tirait la langue.
"Non mais Aominecchi…. tu as quel age au juste ?"
"Mais regardez qui parle! Ce n'est pas moi qui ricane comme une adolescente en chaleur parce que sa meilleure amie va venir lui rendre visite…"
"On voit que tu ne la connais pas! Je te parle de Kittycchi là! Allo!"
"Et ?"
"Je ne la qualifierai pas de meilleure amie… elle n'est pas aussi importante pour moi que vous tous… mais c'est très rare de se faire des vrais amis dans le milieu de la mode, alors disons qu'elle est spéciale pour moi…"
"Et donc elle a quoi d'exceptionnel cette fille ?"
"Tu veux dire mis à part un corps de déesse, un visage d'ange, un sens de l'humour mordant et un amour démesuré pour la fête ? Bah ell-"
"Corps de déesse ? Depuis quand tu t'intéresses aux femme toi ?" le coupa le métis subitement beaucoup plus attentif, bien qu'il tentait de feindre l'indifférence.
"Aominecchi, ce n'est pas parce que je n'ai pas envie de mordre dedans que je ne sais pas reconnaitre quand une paire de fesses vaut le coup d'oeil… que ce soit chez un homme ou une femme…"
"Charmant...et toi tu ne dis rien Tetsu ?Ton mec mate des culs et tu bronches pas ?"
"Pour être honnête, je dois reconnaître que Ryota-kun a raison. Kitty-kun est une très belle femme… même si elle parle sans réfléchir, est complètement maniaque de la propreté, manque cruellement de bonnes manières et n'en fait toujours qu'à sa tête… Donc ce n'est pas comme si il allait me tromper ou quoi que ce soit.''
La voilà habillée pour l'hiver.
"Okay… "
Avec ce que venait de dire le passeur, Aomine tout de suite un peu moins emballé…
"Et... donc vous avez une copine canon dont vous ne m'avez jamais parlé…"
On a dit un peu moins emballé, mais quand il s'agit de belles créatures exotiques le basketteur peut tout à fait faire abstraction de leurs personnalités excentriques! D'ailleurs… si c'est pour s'amuser une nuit ou deux, pourquoi prêter attention à ce genre de détail ? Donc oui, recentrons le débat...
"Peut-être que si tu avais daigné venir à la soirée à notre retour de voyage en février tu aurais percuté plus vite…"
"Ah mais oui, j'me souviens… mais nan nan tu voulais encore nous coincer chez toi pendant 2 heures pour nous forcer à voir tes 3000 photos de voyage… merci mais non merci!"
"Bah te plains pas alors!"
"Et puis si je me souviens bien, personne n'est venu à cette soirée!"
"Si, si. Murasakibara-kun et Himuro-kun étaient présents."
"Ca c'est juste parce que Murasakibara voulait récupérer les bonbons que vous lui aviez rapporté…"
Kise failli s'étrangler… il se doutait bien qu'il devait y avoir quelque chose comme ça… Kuroko, ne souhaitant pas endurer cette épreuve tout seul, n'avait remis les sucreries au géant violet qu'une fois toutes les photos visionnées… Himuro l'avait regardé de travers toute la soirée mais le petit passeur ne s'était jamais laissé impressionner et avait tenu bon. Pour lui aussi, ces soirées étaient un supplice et il y en avait à chaque fois qu'ils rentraient de voyage.
"Et sinon t'as pas une photo dans ton téléphone Kise ?"
Aomine, mode chasseur bis, ne perd jamais le nord.
"Heu… attend, je vais essayer de me connecter à mon cloud…mince, la connection wifi n'est pas bonne…. ça n'a pas l'air de marcher…"
"Tiens, regarde Aomine-kun…"
Kuroko lui tendait son téléphone sur lequel s'affichait ce qui ressemblait à une y voyait Kise, vêtu d'un simple boxer noir, abdominaux saillants, allongé dans un lit regardant dans la direction d'une femme. Son sourire carnassier et son regard de braise ne laissaient pas de place au doute quant à ses intentions vis à vis de la jeune femme. C'est d'ailleurs pour ce regard précisément que Kuroko avait décidé de garder cette photo même s'il avait bien conscience que son homme y jouait la comédie… il le trouvait foutrement sexy. La femme, quant à elle, se tenait debout devant le blond. De dos, mains sur les hanches et
jambes légèrement écartées, elle faisait face à Ryota dans une pose plutôt aguicheuse.
Elle portait un ensemble de lingerie en dentelle noire ainsi que des bas et des escarpins de couleur assortie. Ses talons vertigineux ne faisaient qu'accentuer le longueur de ses jambes, interminables, et le galbe de ses fesses... et quelles fesses! Fermes, rondes, dorées… les qualificatifs ne manquaient pas pour les décrire et ce n'est pas le string que la demoiselle portait qui empêchait la contemplation. La photo ne permettait de voir ni son buste ni son visage mais la moitié inférieure de ce corps longiligne et musclé permettait déjà d'alimenter de nombreux fantasmes.
Aomine était comme hypnotisé par ce qu'il avait sous les yeux. Pour une fois, il se voyait très bien à la place de son ami et tout un tas d'idées lubriques se bousculaient dans sa tête. Il s'imaginait sur ce lit, appuyé sur les coudes, prêt à se faire chevaucher par cette belle amazone qui s'avançait lentement vers lui en roulant des hanches. Il se l'imaginait s'asseyant sur lui et commençant à lui caresser le torse, avant d'y déposer de délicats baisers… mais surtout, il avait très envie de la retourner pour contempler ses deux globes parfaits de plus près et de les pétrir sans ménagement.
"Oh putain, on a envie de mordre dedans…"
"Daïki-chéri! Tu sais ce que je pense de ce genre de réflexion… les femmes ne sont pas des bouts de viande!"
"Aomine-kun… tu as pensé à voix haute… fais attention, tu vas saigner du nez si tu continues à les fixer comme ça!"
"Ouais, t'as raison, mais c'est pas humain un cul pareil… c'est retouché ?"
"Pas le moins du monde darling! C'est Kittycchi j't'ai dit… cette fille est une vrai bombe!"
"Ok… j'veux bien m'dévouer pour la désamorcer… elle est mannequin ?"
"Oui et c'est sur ce shooting qu'on s'est connu… mon premier shooting lingerie! J'étais super stressé car d'habitude je ne me déshabille pas mais là mon manager avait dit que c'était pour une super marque et que c'était parfait pour ma carrière et donc Kittycchi était là et ell-"
"Et donc, tu me la présentes au retour du mariage c'est bien ça ?" le coupa le basketteur, les détails de cette rencontre ne l'intéressant pas vraiment.
"Mais troooop!" s'enthousiasma Kise… avant de sentir une vive douleur dans ses côtes.
"Aïe! Mais qu'est-ce qu'il t'arrive mon coeur ?"
Kuroko le regarda sévèrement mais comme son amoureux ne semblait vraiment pas comprendre, il se décida à parler...
"Il me semblait que tu avais d'autres projets pour septembre Aomine-kun"
Les yeux de Kise s'ouvrirent en grand! Ah, ça y est, il avait compris. Même si Momoï ne leur avait donné aucun détail il savait qu'elle avait fait le nécessaire et il y avait de fortes chances que la soeur de Kagami soit présente au mariage. Il regretta alors d'avoir parlé trop vite, Daïki n'avait pas besoin de s'éparpiller, il semblait déjà assez perturbé depuis un certain temps. (Oui, même Kise avait remarqué).
"Hein ? Ah oui, mais on peut bien s'amuser un peu d'ici là" répondit alors le bleu, ignorant totalement ce qu'il se tramait et tirant déjà des plans sur la comète. Car pour lui, d'un coté comme de l'autre, c'était déjà du tout cuit.
"Certes, mais il peut se passer plein de choses d'ici là… tu ne devrais pas courir deux lièvres à la fois…"
Malgré son heure de coucher plutôt matinale, Kat s'était levée vers 11h. Elle était ensuite allée à la plage histoire de nager un peu pour bien se réveiller. Ce petit moment rien qu'à elle à barboter dans les eaux turquoises de la mer de Chine lui avaient fait du bien. Même si le manque de sommeil se faisait sentir elle était revigorée, prête à rencontrer toutes ces personnes formidables dont son frère lui avait parlé cette nuit.
Sur le chemin du retour, elle fut interceptée par Momoï qui ne lui laissa pas le temps d'aller se changer, et l'entraîna à la rencontre du propriétaire des lieux. La veille, le pompier lui avait expliqué que l'hôtel appartenait à un ami, un certain Akashi Seijuro et que ce dernier avait insisté pour que le mariage se déroule ici. Il lui avait aussi expliqué que cet Akashi était un peu spécial et même s'il ne s'était pas épanché sur le sujet, elle avait vu la tension dans le corps de son frère à l'évocation du jeune empereur. Elle suivit donc la rose dans un grand bureau situé à proximité du lobby, où un jeune homme à la chevelure flamboyante était en train d'ouvrir du courrier avec une immense paire de ciseaux dorés.
L'activité, pourtant banale, paraissait le ravir… Alors que Kat suivait le ballet des deux lames brillantes entre les différentes épaisseurs de papier, elle sentit un regard se poser sur elle et releva les yeux. Sourire en coin, Akashi était en train de la détailler de la tête aux pieds en silence. L'américaine était troublée par l'aura que dégageait le jeune homme, à la fois chaleureuse et menaçante. Toujours sans un mot et sans lacher son outil, il se leva, contourna son bureau et s'avança vers les deux femmes.
"Satsuki, tu en as mis du temps!"
"Désolée Sei-kun, Kat n'était pas dans sa chambre, je l'ai rencontrée alors qu'elle revenait de la plage."
"Je vois ça…"
Kat, qui portait un simple short noir et un léger débardeur vert, sans rien en dessous puisqu'ayant enlevé son maillot mouillé, se sentait ainsi exposée. Le regard n'était pas vicieux mais la façon dont le jeune homme la scrutait lui fit penser que peu importe qu'elle soit nue ou vêtue d'une combinaison de ski, il voyait en elle et pouvait même lire ses pensées.
Bien que déstabilisée par un tel comportement, elle décida de soutenir son regard et lui adressa un sourire radieux. Satisfait de cette réaction, elle ne semblait pas avoir peur de lui même s'il voyait clairement qu'elle se posait de nombreuses questions, il lui rend son sourire.
"Vous n'êtes pas frères et sœur pour rien… Kat, je suis ravi de faire ta connaissance, allons déjeuner tous les six. J'ai fait dresser une table sur la terrasse, nous ferons connaissance en mangeant." ajouta-t-il, cette fois à l'attention de la kiné, tout en mettant les ciseaux dans sa poche. Sans plus de cérémonie, il se dirigea ensuite vers la sortie.
"Heu… enchantée… Akashi…-san…". Une fraction de seconde, elle avait envisagé de lui faire un hug à lui aussi… après tout il s'agissait d'un proche de son frère et de Satsuki, mais cette idée avait disparue aussi vite qu'elle était apparue. Elle repensa aux paroles de son frère et en effet, le jeune homme était assez particulier, le déroulement de cette rencontre en était la preuve. Elle avait donc opté pour une approche plus japonaise même s'il avait filé avant qu'elle n'ait eu le temps d'amorcer un salut.
Un peu sous le choc de cette rencontre atypique, elle sursauta en entendant des pas derrière elle et cru littéralement avoir une attaque en découvrant un jeune homme aux cheveux argentés lui sourire et s'avancer vers elles.
What the fuck ? Where the hell does this guy come from ?
"Oh bonjour Mayuzumi-kun ! Désolée je n'avais pas senti ta présence… je devrais pourtant être habituée…"
"Ne t'en fais pas Momoï-chan, tu sais que je ne me formalise pas. Et désolé si je t'ai surpris Wilson-san, je suis Mayuzumi Chihiro, l'assistant personnel d'Akashi-san… ne restons pas ici, le repas sera bientôt servi." Et comme son employeur l'avait fait quelques secondes plus tôt, il traça vers la porte.
"Heu… y'a pas de mal… " bredouilla la rouge
Weird.
Kat, toujours perturbée, suivit machinalement la rose et le jeune homme à l'extérieur du bureau mais se rappela soudainement qu'avant de tomber sur la manager elle s'apprêtait à rejoindre sa chambre pour prendre une douche, se changer et surtout récupérer son téléphone. Elle allait néanmoins devoir faire l'impasse sur le le lavage si elle ne voulait pas trop faire attendre ses hôtes.
Elle les abandonna donc et s'élança en direction de sa chambre tout en lançant haut et fort :
"Désolée, je reviens dans 5 minutes … et appelle moi KAT!"
Tout en courant, elle se disait que ce jeune homme mystérieux lui rappelait vaguement quelqu'un et cela lui donna des idées pour la suite de son séjour au Japon.
Comme promis, cinq minutes plus tard, Kat était de retour changée et rafraichie. Elle s'installa à côté de son frère, après avoir été présentée à la jeune femme qui lui faisait face. Il s'agissait de l'épouse du maître des lieux, Akashi Hinata. Cette dernière semblait sortir tout droit du manuel de la parfaite épouse japonaise. Cependant elle était d'une grande beauté et elle ne passait donc pas inaperçue malgré son tempérament discret.
L'américaine posa ensuite son regard tour à tour sur le jeune empereur et son assistant avant de revenir sur la femme brune.
Weird. So, so weird.
Les premiers plats ne se firent pas attendre, et l'ancien capitaine de Teiko, curieux d'en apprendre plus sur la nouvelle venue, lança la conversation. Passion commune à toutes les personnes ici présente, le sport mais surtout le basket fut naturellement le sujet de prédilection et Kat eut droit au récit des exploits sportifs des anciens basketteurs qui l'entouraient. Hinata ne parlait pas beaucoup et à quelques rares occasions, Kat eu l'impression de voir son masque se fissurer, laissant apparaitre un regard triste, surtout quand il était question de l'équipe de Rakuzan et de la façon dont son mari et Chihiro pouvaient interagir. Kat la regarda et se demanda quel genre de relation les deux hommes pouvaient bien entretenir pour qu'elle réagisse ainsi.
Seijuro capta alors son regard et ne la lâcha plus.
Cette fois elle en était sûre, il lisait dans ses pensées. Elle se figea.
Tout en continuant de discuter avec Momoï, il lui adressa un sourire des plus mystérieux et se mit à jouer négligemment avec l'un des couteaux disposés à côté de son assiette. Kat ne savait absolument pas comment interpréter tout ceci eu subitement très chaud.
So fucking weird.
Kagami, qui n'avait rien loupé de cet échange silencieux, chuchotta à sa soeur "Keep cool, he's kind of creepy, but he's nice when you get to know him…"
Kat se tourna vers lui, cherchant le regard rassurant de son frère et fuyant celui de l'empereur, beaucoup plus intimidant.
"I'd like to believe you.. but what's the matter with the three of them ?" demanda t-elle en chuchotant elle aussi.
Akashi se doutait bien des propos qu'échangent le frère et la soeur, mais il avait décidé de laisser un peu de répit à la jeune femme. Il avait retourné son attention à la manager qui lui expliquait maintenant qu'un nouveau joueur, très certainement un américain, aller rejoindre son équipe en septembre prochain. Il l'écoutait d'une oreille distraite tout en se demandant s'il devait oui ou non continuer à torturer ainsi la jeune femme… ce n'était pas très sympa de sa part et Kagami risquait de lui tomber dessus à un moment donné, mais elle réagissait si bien… il ne pouvait pas s'en empêcher...
"Don't ask, I'll tell you later… who are you texting to ?"
Depuis le début du repas, le dunker avait entendu le portable de sa soeur vibrer à plusieurs reprises et il était curieux de savoir avec qui elle pouvait bien discuter.
"Humm hummm… Taïga…" Momoï se rappella à eux alors qu'un serveur les débarrassait de leurs assiettes.
"I'll tell you later Taï… désolée Satsu."
"Oh mais je ne disais pas ça pour toi Kat… c'est juste que j'ai quelque chose à te demander"
"Ah moi ?"
Alors qu'on apportait enfin les desserts, Momoï prit un air très sérieux, respira un grand coup et se lança d'une traite, solennelle :
"Je sais que c'est assez soudain… on ne s'est réellement rencontré qu'hier… mais la famille c'est quelque chose de très important pour moi... Je ne sais pas comment tu vois les choses, mais pour moi tu es plus qu'une simple invitée...et heu… tu vois ton frère a deux témoins pour notre mariage et moi je n'en voulais qu'un seul… mais j'ai changé d'avis, je voudrais que tu sois mon deuxième témoin. S'il te pl-"
"Oui."
L'américaine, les yeux brillants, n'avait pas attendu la fin de la question pour donner sa réponse.
Satisfaite mais surtout soulagée, Satsuki relâcha alors le souffle qu'elle n'avait pas eu conscience de retenir alors qu'elle débitait ses paroles. Elle avait un peu hésité avant de se lancer, de peur que sa future belle soeur se sente accablée par une telle demande… mais vu le sourire de la rouge, elle se dit qu'elle avait bien fait.
Exception faite d'Akashi, tout le monde les regardait avec étonnement. Tant pour l'initiative de la rose, elle n'en avait parlé à personne, pas même pas à son futur mari, que pour la réponse instantanée de Kat. Comme son frère, elle ne semblait pas se poser trente six mille question avant de prendre une décision, elle fonctionnait à l'instinct.
"Par contre, je n'ai jamais fait ça… et encore moins pour un mariage japonais. Oh et d'ailleurs, je dois porter quoi ? Parce que j'ai juste apporté une petite robe…"
"Hinata va t'accompagner choisir un furisode et elle te briefera sur le déroulement de la cérémonie" coupa Akashi qui encore une fois voyait que le cerveau de Kat allait froler la surchauffe sous l'afflux soudain de toutes ces questions
"Hinata, vous n'aurez qu'à aller à la boutique de la vieille Aya. Tu feras mettre la note sur mon compte personnel."
"Hai, anata."
"Mais-"
"Laisse tomber Kat, c'est peine perdu" lança Kagami avant que sa soeur ne commette un impair.
"Mais-"
"Kat, une fois n'est pas coutume mais ton frère a raison… et tu t'en rendras vite compte, mes paroles sont absolues, il est inutile d'essayer de me contredire."
En pénétrant dans la boutique de kimono, Kat fut surprise par le décor minimaliste. Elle s'était rendue à plusieurs reprises, plus par curiosité que pour y dépenser son argent, dans les boutiques des grands couturiers de la Cinquième Avenue et avait été à chaque fois éblouie par les lustres en cristal, les nombreux miroirs, chromes étincelants, tissus précieux et autres surfaces en marbre. Le luxe qui régnait ici n'avait cependant rien à voir avec tout ce bling-bling. L'ambiance était feutrée, les traditionnels panneaux en papier filtraient les rayons du soleil pour baigner la boutique dans une douce lumière dorée.
Les meubles en bois clair semblaient vieux de plusieurs décennies et les vieilles photos en noir et blanc accrochées aux murs complétaient le décor. Sans la présence de la caisse enregistreuse près de l'entrée, Kat aurait vraiment l'impression d'avoir voyagé dans le passé. Hinata, qui avait l'habitude de fréquenter ce genre d'établissement, n'avait pas perdu de temps et s'était adressée à une jeune vendeuse. Cette dernière, était ensuite allé chercher une vieille dame, certainement la vieille Aya, qui se présenta à elles comme la gérante de la boutique, les remercia de leur visite puis leur indiqua qu'elle s'occuperait personnellement de leur demande.
La rouge se laissa conseiller et essaya plusieurs furisode. Du fait de sa grande taille, peu commune pour une Japonaise, les modèles tombant juste n'était pas nombreux mais la vieille dame se démenait corps et âme pour satisfaire ses clientes prestigieuses. Alors qu'elle passait machinalement un énième modèle, l'Américaine tomba sur une étiquette de prix, fit rapidement la conversion et resta sidérée par le montant.
"Et tu es sûre que ton mari veut me l'offrir ? C'est quand même super cher… ça fait presque 4000 $... ça me gêne!"
Kat semblait enfin avoir trouvé une tenue à sa taille mais elle se débattait un peu avec les longues manches.
"Ne vous en faites pas pour ça Wilson-san, si Akashi-sama a dit qu'il vous l'offrait c'est qu'il le fait de bon coeur et vous seriez mal avisée de refuser."
"En effet, j'ai l'impression que ce n'est pas quelqu'un à qui on peut dire non… mais Hinata pourquoi tu continues de me vouvoyer… on a le même âge! S'il te plait dis-moi TU et appelle-moi Kat… j'ai l'impression d'avoir 40 balais là!"
"Désolée...c'est juste que je ne suis pas habituée à une telle familiarité. J'ai été élevée pour épouser et servir Akashi-sama, et la bienséance veut que je m'adresse à ses amis avec respect."
"Même si c'est moi qui te le demande ?" répondit la rouge en la regardant à la manière du Chat Potté
"Je… vous… Kat-san ? Ca vous irait comme ça ? Je ne pense pas pouvoir faire plus…"
"Hummm…c'est un bon début! J'ai beau être aux trois quart japonaise, je crois que d'avoir grandi à New York m'empêche de comprendre toutes ces subtilités… z'êtes compliqués… ça va dans le dos ça ? Tu peux m'aider à l'attacher s'il te plait ?"
"Oui, comme c'est pour un mariage, l'obi se noue dans le dos… voilà! Maintenant il ne reste plus à mettre les tabi et les zori, à choisir un kanzashi et vous serez parfaite."
"..."
"Désolée Kat-san, je ne voulais pas vous mettre mal à l'aise… je parlais, des chaussettes, des sandales et d'une épingle à cheveux…"
"T'en fais pas Hinata, c'est juste que c'est nouveau pour moi… quand on sortira de là on ira boire un coup et manger un truc pour que tu puisse me briefer sur la journée de demain. En général ça ne me gêne pas de passer pour une touriste mais je ne voudrais pas gâcher le mariage de Taï!"
"Manger ?" s'étonna la jolie brune en lui passant le bijou de tête.
"T'as pas faim toi ? Là encore, j'sais pas comment vous faites… c'est super bon la bouffe ici mais ça tient pas au corps… y'a pas un fast food dans le coin ?"
Rassemblant ses cheveux en un chignon flou, l'américaine y accrocha le kanzashi. Une multitudes de petites fleurs rouges, dont les nuances allaient de l'écarlate au pourpre, ainsi que des minuscules étoiles blanches, vinrent se perdre au milieu des mèches flamboyantes.
"Je n'en sais rien, je ne suis jamais allée dans ce genre de restaurant mais je peux demander à Sakamoto-san de nous y déposer sur le retour…"
Une fois qu'elle eut tout enfilé, Kat se regarda dans le miroir et fut troublée par son propre reflet…
La femme face à elle (car ce ne pouvait décidément pas être elle, n'est-ce pas ?), portait un long kimono rouge et noir, orné de grosses pivoines et d'ipomées blanches et bronzes. Sa ceinture, l'obi, de la même couleur que les ornements floraux, accentuait la finesse de sa taille et lui donnait un port altier. Elle avait eu peur de se sentir comme déguisée et engoncée mais elle devait reconnaître que non. La soie fluide et légère, lui permettait une grande liberté de mouvement. Kat se sentait très à l'aise Elle se mit alors à tournoyer sur elle même et à jouer avec ses longues manches, les faisant onduler et virevolter autour d'elle.
"Tu me trouves comment ?" demanda-t-elle à Hinata, telle une petite fille s'adressant à sa mère après avoir revêtu son plus beau costume de princesse.
"Vous êtes magnifique Kat-san" tenta timidement la Japonaise qui venait de faire un énorme effort pour formuler ce compliment, son éducation ne lui permettant normalement pas une telle familiarité.
"Merci" répondit alors simplement la rouge les yeux brillants tout en retournant à sa danse improvisée.
Une fois leurs achats terminés, le chauffeur personnel d'Akashi déposa les deux femmes dans un fast food sur le chemin du retour. Une première pour Hinata... mais Kat sembla revivre. C'est elle qui se charga donc de passer commande, quelques burgers pour elle et une glace pour celle qui l'accompagnait, avant de la rejoindre sur la terrasse à l'ombre d'un parasol.
La petite brune lui expliqua alors comment la journée du lendemain allait se dé matin, les mariés, leurs familles et les amis proches, à savoir les membres de la génération des miracles, se rendront au temple pour une cérémonie shinto. S'en suivra un déjeuner simple avec tous les invités déjà présents. Le gros des troupes arrivera ensuite dans l'après midi pour assister la cérémonie païenne qui aura lieu sur la plage au coucher du soleil, avant de célébrer l'union des deux accros de la balle orange en bonne et due forme avec un buffet gargantuesque et une fête digne de ce nom.
Bon, ce n'est pas exactement en ces termes qu'Hinata avait formulé les choses mais c'est comme ça que Kat se les imagina.
Et elle avait hâte.
Elle avait également hâte de rencontrer ces fameux membres de la générations des miracles. Plus tôt dans la journée, la kiné avait déjà eu le plaisir de rencontrer leur ancien capitaine et si le reste de l'équipe était assortie, elle s'attendait à vivre des moments surprenants. Elle aurait tout aussi bien pu interroger la femme qui la regardait engloutir son dernier burger avec un étonnement à peine dissimulé mais Kat aimait les surprises et se dit qu'elle pouvait bien attendre quelques heures de plus.
"Désolée de vous presser ainsi mais si vous êtes rassasiée Kat-san, nous devrions y aller, les prochains invités ne devraient plus tarder"
Il n'en fallut pas plus pour que notre impatiente se mette en marche.
Quand la voiture s'arrêta devant l'hôtel, Kat remarqua un petit attroupement sur le perron. Il y avait Akashi et son assistant, Satsuki et bien sûr son frère qui semblait se prendre la tête avec un mec, plutôt pas mal, aussi grand que lui, à la peau mate et aux cheveux bleu nuit. Une femme, un peu plus âgée mais lui ressemblant beaucoup, exception faite de ses cheveux noirs, se tenait à ses cotés et le regardait d'un air blasé. Le regard de la rouge se posa ensuite sur la dernière personne composant ce petit groupe et elle sentit son coeur s'emballer dans sa poitrine! Un très beau blond était en train de gesticuler devant Akashi. Le sourire charmeur et tout à fait à l'aise… se pourrait-il…?
Ce que la rouge avait sous les yeux répondait pourtant parfaitement à la question qu'elle n'osait pas formuler…
Dès que le moteur fut coupé, Kat ouvrit la portière et se précipita hors du véhicule, sourire aux lèvres.
"RYRYYYYYYYYYYYYYY!"
En pleine discussion avec le jeune empereur, discussion qui ressemblait plutôt à un monologue à propos de leurs conditions de voyage et du comportement de Daïki, Kise s'arrêta net.
Il n'y avait à sa connaissance, qu'une seule personne pour l'appeler ainsi!
Il se retourna et découvrit avec joie une grande silhouette longiligne à la chevelure flamboyante foncer droit vers lui.
"KITTYCCHIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII!"
A son tour, il s'élança à la rencontre de la jeune femme qu'il intercepta dans sa course pour la serrer dans ses bras.
Il avait toujours été très tactile et mis à part avec Kuroko, et encore fallait-il qu'ils soient seuls, il ne pouvait absolument pas étancher sa soif de calins quand il était ici au Japon. Il essayait pourtant régulièrement de se coller à ses amis, ses cibles préférés étant Kagami et les membres de la génération des miracles, mais ces derniers le rembarraient sans ménagement. Seul Murasakibara ne disait trop rien cependant, comme le mannequin avait un peu peur d'Himuro, qui était connu pour avoir des réactions complètement imprévisibles, il ne s'y risquait pas souvent.
"Ryry! Je suis trop contente de te voir ? Comment tu m'as retrouvée ? Tu es venu tout seul ? Tetsu n'est pas avec toi ?"
"Je suis là, Kitty-san."
Evidemment. Elle aurait du s'en douter.
"Oh… désolée… je ne t'avais pas vu… mais qu'est-ce que vous faites là, vous n'alliez pas à un mariage ?"
Kuroko ne répondit pas. Elle ne l'avait pas vu, il n'allait pas se donner la peine de l'aider à comprendre.
D'ailleurs, personne à part lui ne semblait comprendre.
Tout sourire, Kat et Ryota étaient toujours bras dessus bras dessous quand ils réalisèrent qu'absolument tout le monde les regardait dans un silence de mort.
Choqués.
C'est Kagami qui pris la parole en premier
"Oi! C'est quoi le délire ? C'est une blague ? Akashi, elle est où la caméra là ?"
"Désolé Taïga mais il n'y en a pas…"
"Tu ne vas pas me faire croire que ces deux là se connaissent… genre Kise et ma soeur sont potes ?"
"Ta soeur?" demanda alors le blond avec des yeux grands comme des soucoupes.
Le regard de Kuroko passait de Kat à Kagami puis de Kagami à Kat et, instant rare, il laissa paraître un sourire.
"Tetsuyacchi ? On peut savoir pourquoi tu souris comme ça ? C'est mignon mais c'est flippant mon coeur..."
L'ancien passeur se demanda alors comment son amant et son meilleur ami faisaient pour être aussi longs à la détente. Dire qu'un jour on les avait qualifiés de lumière!
"Ryota-kun… Kitty, c'est Kat! C'est la soeur de Kagami-kun !"
"Pas possible, ils n'ont pas le même nom!"
Kise ou l'art de nier les évidences.
"Ryota-kun… Regarde-les, ça crève les yeux!"
"Oh fuck! Vous vous connaissez vraiment ?"
Kagami ou l'art de remettre en question les évidences.
Kat ne comprenait pas trop non plus ce qu'il se passait (décidément, c'est de famille!)
Elle tournait sa tête dans tous les sens mais elle devait se rendre à l'évidence (enfin!), ses deux amis japonais étaient aussi des amis de son frère.
The world is so fucking small! Awesome!
"Oh ma chérie comment c'est possible ça ? C'est vraiment ton frère ? Tu n'as pas le même nom ?"
"Je porte le nom de notre mère en fait…"
Kise se concentra un instant pour rassembler les souvenirs des moments passés avec la jeune femme, des conversations qu'ils avaient eu et les connexions semblaient se faire... et nombreuses!
"Oh…. mais…. oh… mais tellement de choses qui s'expliquent!"
"La famille Kagami aura réussi à me surprendre deux fois en l'espace d'une semaine… c'est historique…" même Akashi était abasourdi par la situation.
"Co-comment vous vous êtes connus ?" Momoï venait de poser la question qui brûlait les lèvres de tout le monde
"Sur un shooting bien sûr!"
"Hein ? Mais tu n'es pas kiné ?" s'étonna le dunker qui allait de surprise en surprise.
"Mais bien sûr que si! J'vous ai dit que j'avais un boulot d'appoint pour payer mes études...bon j'ai peut-être pas précisé de quoi il s'agissait… donc voilà, je fais des photos de temps en temps… c'est tout, c'est pas comme j'avais dans l'idée de faire carrière!"
Puis Kat se mit à rire doucement et plaçant ses deux mains sur les oreilles du blond et ajouta le plus sérieusement du monde :
"Ne lui dites pas, car sinon il va encore se mettre à pleurer... mais pour moi ce n'est pas un vrai métier!"
Cette remarque fit rire toutes les personnes présentes. Malgré la carrière internationale dont le blond pouvait être fier, beaucoup de ses proches avaient à peu près le même point de vue sur son gagne pain. Il en avait conscience mais ne leur en voulait pas. Il comprenait tout à fait qu'on puisse le penser, lui même ne prenant pas toujours son travail très au sérieux. Il avait toujours été doué pour ça, quelque chose de naturel, comme à peu près tout ce qu'il entreprenait d'ailleurs. Et, cette impression de facilité qu'il donnait laissait à penser qu'il s'agissait plus d'un passe-temps (très lucratif soit dit en passant) que d'une véritable profession. Cependant, il avait un rôle à tenir, une image à défendre..
"Ouiiiin! Kittycchiiii je t'ai entendue…. " répondit le blond, prétendument vexé, en se dégageant de la prise de son amie.
"Et tu es tellement cruelle… quelqu'un avec un corps comme le tien ne devrait pas dire des choses comme ça! Tu vas faire déprimer 90% des filles du milieu… tu te rends compte que certaines attendent tout leur vie pour faire les couvs que tu as fait ?"
Kat leva les yeux au ciel.
"Ryry, je te l'ai déjà dit, si Jade n'avait pas insisté je ne me serai même jamais présentée à ce casting…si je faisais ça c'est uniquement parce que ça payait bien et que je pouvais suivre mes études en même temps! Mais désolée je pense sincèrement que poser en maillot de bain devant un photographe libidineux n'est pas une activité normale! Et maintenant que je suis diplômée, ça fait parti du passé!"
"Ma chérie, tu ne peux pas arrêter comme ça…. et ils ne sont pas tous libidineux!"
"Non, tu as raison, ceux qui ne le sont pas... sont gays! "
"Oh tu exagère Ki-"
"Kitty-san! Ryota-kun! Vous reprendrez votre débat passionnant plus tard…"
Commes à chaque fois qu'ils avaient cette discussion, ils avaient oubliés où et avec qui ils étaient. Si Kuroko ne les avaient pas rappelé à l'ordre, la conversation aurait pu durer des heures. Ces deux là ne se lassaient jamais de papoter. Et, même si Kat critiquait ouvertement le monde de la mode, elle devait reconnaître que les potins qu'elle partageait avec Ryota l'amusaient beaucoup.
Taïga était ravi de constater que sa soeur était proche de deux de ses meilleurs amis. Mais, il eu un petit pincement au coeur en réalisant que ces derniers la connaissaient certainement mieux que lui à l'heure actuelle. Momoï le sentit et tout en lui caressant l'épaule lui glissa doucement :
"C'est une bonne chose qu'ils soient amis...et ne t'inquiètes pas, vous partagez quelque chose de plus fort, tu vas vite rattraper le temps perdu."
"Ouais, t'as raison.."
Malgré elle, Kat avait tout entendu et abandonna les bras du blond pou réconforter son frère elle même.
"Taï, Satsu is right. I spent so many good moments with those two… and so you do. But, I intend to spend a lot more with you…"
"Yeah, shouldn't be jealous…"
"It's okay… you know, actually I think I feel just like you right now…"
Elle déposa alors un bisou sur la joue de son frère qui se détendit instantanément. Ce genre de démonstration publique n'étant pas des plus courante par ici, le reste de l'assistance se sentit soudainement un peu mal à l'aise. C'est alors que la plus âgée tenta une diversion.
"Dis-moi mon petit Ryota c'est la jeune femme dont tu nous a montrée la photo ?"
"Ouiii! Natsuki-san c'est elle!" répondit l'interpellé du tac-o-tac.
Wait a minute.
Connaissant le blond, Kat commençait à s'inquiéter.
"Ryry...quelle photo ?"
"Heu... c'est pas c'que tu crois Kittycchi, c'est juste qu'Aominecchi voulait savoir avec qui je parlais et de fils en aiguille il a voulu voir une ph-"
"Ryry… quelle photo ?"
"Celle-ci Kitty-san" coupa Kuroko, téléphone tendu, avant que Kise n'ait le temps de répondre quoi que soit d'autres…
"Oh vous abusez les garçons! Je ne pense pas que ça soit une bonne photo pour faire une première bonne impression.."
"Depuis quand tu te soucies de l'impression que tu fais aux autres ?" questionna le petit bleu qui cherchait à noyer le poisson, plus trop sûr que montrer une photo de Kat presque nue était une bonne idée.
"Ok, tu marques un point Tetsu!"
Comme son frère, Kat était une proie facile pour Kuroko et ses talents de manipulateur.
"Et puis vu sa réaction, je ne pense pas que tu aies fait une mauvaise première impression… n'est-ce pas Aomine-kun ?"
Pas de réponse.
Aomine ? Vous avez demandé Aomine ?
Si il y'en a un que l'on n'avait pas entendu depuis l'arrivée de Kat, c'était bien le métis.
Etrange.
Lui qui ne ratait jamais une occasion de se faire remarquer, surtout auprès d'une représentante que la gente féminine aussi belle que la rouge, il était subitement très silencieux. Trop silencieux même. Tout le monde se retourna alors vers lui pour le voir, yeux exorbités, mâchoire serrée et penché en avant, le regard fixé sur le débardeur de Kat.
Il semblait affreusement contrarié, voire même carrément énervé et ce, sans raison apparente.
"Oi mec! Il t'arrive quoi là ?" questionna Kagami qui cherchait une explication logique à ce comportement des plus surprenant.
Alors qu'il se redressait, prêt à parler, Satsuki comprit ce qu'il lui arrivait.
"Daï-chan! NON!"
Trop tard.
"MAIS C'EST QUOI CES OEUFS AU PLAT BORDEL?"
