Hello folks
Voici ENFIN un nouveau chapitre!
Bon, celui-ci aura mis un peu plus de temps que les autres… Je pourrais vous sortir 25 excuses plus ou moins crédibles pour justifier mon retard (même si j'avais prévenu de mon rythme de parution plus qu'irrégulier hein!) mais la raison principale est l'OS / défi de février qui m'a totalement déconnectée de cette histoire et j'ai mis beaucoup de temps à m'y remettre…
De plus, j'ai tenté d'écrire en point de vue interne (ouais désolée, je gâche la surprise) et là encore, ça ne m'a pas aidé car c'est super frustrant en fait et pas si évident…
J'ai eu la chance d'avoir 2 super bêtas pour la relecture / correction de ce chapitre et j'en profite encore pour les remercier (et pour vous dire d'aller lire leurs fics si ce n'est pas déjà fait!). Mocchi et Kuro Hagi vous avez été super! Vraiment merci. Un poilou pointilleuse Kuro mais c'est ce qu'il me faut pour me sortir de ma zone de confort donc ne change rien.
Sinon, ce petite aparté 3615 My Life (désolée pour les plus jeunes d'entre vous, ceci fait référence au Minitel oui oui, ce truc d'un autre âge que vous n'avez pas connu… un peu comme les K7 audios quoi!) donc ce petit aparté étant fait, j'espère que ça vous plaira.
Je pars du principe que si je dois mettre un mode d'emploi pour lire, c'est que j'ai raté un truc, qu'il y a quelque chose de mal fait... Donc je vous laisse découvrir.
Enjoy.
Mais quel gros naze! Cette fois c'est bon, je lâche l'affaire…
Suite à la déclaration désespérante d'Aomine, Kuroko se tourna vers Kat, curieux de voir sa réaction tout en croisant les doigts pour que celle-ci ne soit pas trop forte.
Maintenant qu'il savait que son amie était aussi la soeur jumelle de sa lumière, il comprenait mieux certaines réactions pour le moins exagérées qu'elle avait pu avoir lors de leur séjour dans la grosse pomme en février dernier. Kise et lui avaient séjourné deux semaines chez Kat et sa colloc et il avait pu constater que la rouge avait tendance à s'emballer pour un rien. Son énergie débordante, si elle n'était pas canalisée par de longues séances de sport, finissait par la submerger et tout prenait des proportions surprenantes pour qui n'était pas habitué. Un peu comme la fois où elle avait voulu leur faire plaisir en allant voir un match des Nets : pour être à l'heure elle avait abrégé son jogging quotidien mais une fois dans les gradins, le trop plein d'énergie s'était vite fait sentir. Non seulement elle ne tenait pas assise, mais quand l'équipe de Brooklyn avait commencé à perdre tout s'était accentué. Kuroko avait alors grandement enrichi son répertoire d'insultes anglophones… tout le monde en prenait pour son grade : l'arbitre, les joueurs adverses mais également leurs voisins de tribune qui n'osaient plus lui demander de se calmer de peur que la furie s'en prenne à eux. A ce moment là, Kise avait même avoué à son homme que pour une fois il enviait son don de misdirection...
Mais, à la plus grande surprise du jeune instituteur, Kat, incrédule, se contenta de fixer le métis en clignant des yeux. Probablement la fatigue du voyage, pensa-t-il. Elle semblait ne pas savoir comment réagir, se demandant certainement si c'était une blague (de très mauvais goût) ou si Aomine était sérieux. En quête de réponse, elle se tourna vers son frère.
"Hey… Taï… is this fucking dork a friend of yours ?"
"Yeah… I would've loved to tell you we found him on a roadside… but to be honest he's one of my besties..."
"Oh gosh ! So what's wrong with him… is he on drugs or something ?"
"Well... listen…"
"AOMINE DAIKI! Viens par là j'ai à te parler!"
Kuroko n'aurait donc jamais l'explication de Taiga quant au comportement du basketteur. Dommage. Il était désireux de savoir comment le rouge allait essayer d'arrondir les angles mais pour l'instant il préférait se concentrer sur ce qu'il se passait entre les deux amis d'enfance.
Satsuki, furieuse, venait d'attraper Aomine par le bras pour s'éloigner un peu. Nul doute qu'il allait passer un sale quart d'heure. Momoi ne s'emportait pas souvent mais cette fois elle semblait vraiment contrariée. De là où il était, Tetsuya ne pouvait pas entendre leur conversation mais le regard énervé de la jeune femme, ainsi que son débit de parole, suggérait qu'elle lui disait tout le bien qu'elle pensait d'une telle entrée en matière. Aomine étant de dos par rapport à lui, Kuroko ne pouvait pas lire les expressions de son visage. Cependant la posture et de les bras gesticulants du grand brun laissaient à penser qu'il ne se laissait pas faire. Le jeune instituteur imagina alors quels arguments foireux le basketteur pouvait bien être en train d'invoquer pour justifier sa goujaterie. Au bout de quelques minutes, le visage de la rose se radoucit et elle sourit. Kuroko s'en amusa. Satsuki pouvait bien prétendre le contraire, elle était vraiment beaucoup trop complaisante avec son frère de coeur. Elle recommença à parler, visiblement plus joyeuse, sautillant presque sur place. Le jeune instituteur la connaissait par coeur et ce comportement ne pouvait signifier qu'une seule chose : elle avait une bonne nouvelle à annoncer. Soudain, le coeur de Kuroko se serra en voyant le visage de son amie se crisper de frayeur. Daiki venait de balancer un coup de pied dans un fauteuil à proximité et s'avançait dangereusement vers son amie d'enfance figée face à lui.
Mais qu'est-ce qu'il fabrique encore ?
Kuroko s'approcha un peu pour essayer de mieux comprendre et surtout ajouter le son à l'image.
"PUTAIN SATSU ! MAIS TU LE FAIS EXPRÈS ?"
"Mais Dai-chan…"
"NAN C'EST BON, J'VEUX PAS ENTENDRE LA SUITE, J'AI BESOIN DE PRENDRE L'AIR… ET NE PENSE MEME PAS A ME SUIVRE!"
"Oi! Ahomine ! Ne lui parles pas comme ça ! Va faire un tour si ça te chante mais Satsuki ne t'a rien fait !" Kagami s'était approché et avait attrapé le basané par l'épaule.
Et tel un preu chevalier, Bakagami vole à la rescousse de sa princesse...
Sur cette pensée, Kuroko se tourna vers son conjoint qui avait interrompu sa discussion avec Kat et regardait fixement le métis, comme tous les présents d'ailleurs. Le blond pétillant aurait-il le même comportement que Kagami si quelqu'un s'en prenait un jour à sa personne ? Même s'il n'avait pas la même verve que l'Américain, nul doute que Kise savait montrer les crocs quand on s'en prenait à quelqu'un de cher à son coeur. Il l'avait déjà fait et le jeune enseignant savait qu'il le referait si la situation l'exigeait. Tetsuya sentit son coeur se réchauffer… mais préféra ne rien montrer. En effet, si le mannequin connaissait le fond de la pensée de Kuroko à cet instant, il se sentirait obligé d'en faire des tonnes et le plus petit en aurait pour des jours à devoir gérer les élans chevaleresques de son homme.
Il fut tiré de sa rêverie lorsque le basketteur se dégagea brusquement de la prise du pompier et lança un regard plein de haine à Kat. Celle-ci paraissait complètement perdue et dans l'incompréhension totale des raisons du comportement d'Aomine envers elle. Elle ne semblait pas être la seule d'ailleurs. Alors qu'Aomine s'éloignait sous les regards médusés de l'assistance, Kuroko s'approcha discrètement de Momoi chez qui le trop plein d'émotions s'évacuait sous forme de larmes. Kagami la tenait dans ses bras et lui caressait doucement les cheveux.
Au moins celui-là aura retenu quelque chose...
"...snif… je ne pensais vraiment pas qu'il réagirait comme ça...snif… c'est pire qu'un gamin… snif… déjà quand il est arrivé… heureusement que ta soeur a bien réagi… snif… je savais qu'il pouvait se comporter comme un idiot mais là… snif… Tai, tu crois que je dois le re-changer de chambre ?"
"Nan, laisse tomber honey. Il va aller se calmer sur le terrain, j'irai lui parler après et tout va bien se passer."
"Mais...snif... si il s'en prend à Wa-"
"Nan c'est bon j'te dis" coupa le rouge avant que sa fiancée n'émette d'autres suppositions dramatiques. "Tu t'es déjà donnée assez de mal comme ça… là il est temps pour toi de profiter. Et puis s'il n'est pas content il peut toujours aller dormir sur la plage!"
"Kagami-kun."
"Oi Kuroko ! Arrête d'apparaître dans le dos des gens!"
Jamais.
"Je vais aller lui parler, occupe toi de tes invités."
"Tu ES mon invité Kuroko… et lui aussi, c'est à moi d'y aller."
Certes. Mais vous êtes deux idiots et vous allez finir par vous battre si je te laisse y aller.
"Désolé d'insister Kagami-kun mais vu l'état d'Aomine-kun, je pense qu'il est préférable que j'y aille pour éviter les débordements."
"Oi Tetsu, t'as qu'à dire que je ne suis qu'un homme des cavernes tant que t'y es! Mais...rahh... fais c'que tu veux..."
Vu sous cet angle…. y'a de l'idée...
"J'y vais." déclara alors Kuroko sans le contredire pour autant. Puis, leur adressant un regard réconfortant, il s'éloigna dans la direction empruntée par Aomine un peu plus tôt.
Pour être déjà venu à plusieurs reprises, Tetsuya connaissait parfaitement les lieux.
Et a fortiori le trajet jusqu'au terrain de basket.
Comme prévu, c'est là qu'il trouva son ancienne lumière qui enchaînait rageusement les dunks.
Il le laissa se défouler un moment, se contentant de le regarder jouer. C'était toujours un réel plaisir de le voir un ballon à la main. Le spectacle était fascinant. Kuroko avait toujours admiré son ami, envié sa facilité à marquer quelle que soit sa position. Même pendant leur passage à vide à la fin du collège et jusqu'à ce que Kagami lui remette les idées en place, Kuroko n'avait jamais cessé de s'émerveiller à chaque fois qu'il avait pu voir le métis sur un terrain.
Après un énième alley-oop en solo, Daiki se pencha en avant, mains sur les genoux, peinant à reprendre son souffle. Kuroko en profita pour aller ramasser la balle et tenter un tir.
Raté.
Il entendit alors un petit rire familier derrière lui.
"Oi Tetsu ! C'est moi ou c'est pire qu'avant ? J't'avais pourtant appris à tirer! T'as régressé mon pote !"
Il a raison. Il faudrait peut-être que je joues plus souvent… je pourrais demander à Ryota-kun… hummm c'est pas le moment de penser à ça.
"Dis, Aomine-kun, c'est quoi ton problème ?"
"Qu'est-ce qui te fait dire que j'ai un problème ?" répondit nonchalamment le plus grand en se mettant en position de lancer-franc.
C'est ça, prends moi pour un con...
"Tu as fait pleurer Momoi-san."
La balle toucha l'anneau métallique et retomba à côté.
Loupé ? Je ne me souviens pas t'avoir déjà vu rater un panier... ça confirme bien ce que je pense… allez, raconte à Kuroko-sensei ce qui t'arrive… humm, pas sûr que ça fonctionne comme à l'école...
"Et ce qu'elle m'a fait à moi on en parle ?" éructa Daiki en se tournant vers Kuroko, de la colère plein la voix. Puis, il se dirigea vers la balle, la ramassa et se remit en position de tir.
En fait si, c'est tout à fait comme avec mes élèves…
Kuroko ne répondit rien mais il sentait que son ami avait besoin de vider son sac. Il s'assit tranquillement au bord du terrain. Le soleil de fin de journée était agréable alors il ferma les yeux en s'appuyant contre le grillage qui entourait l'aire de jeu.
Il n'eut cependant pas à attendre bien longtemps car ayant raté son deuxième tirmi-distance, chose ô combien inconcevable pour le grand Aomine Daiki, le basketteur avait fini par aller dunker d'énervement avant de s'affaler à côté du petit bleu.
"Elle lui a demandé d'être son deuxième témoin et elle lui a filé ma chambre. T'y crois ça ? MA chambre!"
"Et c'est pour ça que tu t'énerves ?"
"Attends, ce n'est pas tout… devine dans la chambre de qui elle veut que j'dorme ?"
Tout à coup, Kuroko repensa aux paroles de la future mariée un peu plus tôt.
"Et s'il s'en prend à Wa-"...
Il écarquilla les yeux… Cela avait du sens pourtant... Momoi ne devait pas avoir d'autre choix pour coller ces deux-là dans la même chambre... Mais quand même, elle savait mieux que personne le risque encouru de voir la chambre retournée par une bagarre entre ces deux-là.. Non, il devait y avoir erreur.
"Wakamatsu ?" tenta tout de même le petit passeur.
"Parfaitement, ce gros connard de grande gueule de flic de Wakamatsu!"
"Il est devenu policier ?"
"Ouais... Et devine qui est son chef depuis quelques semaines? Quand j'te dis que le destin s'acharne sur moi…"
"Quand même pas… ta mère ?"
Aomine hocha la tête, défaitiste.
"Elle n'en a pas parlé pendant le voyage…"
"Comme on s'est déjà bien pris la tête à cause de ça, elle a interdiction formelle de prononcer son nom devant moi… Quand il est arrivé dans son service, elle n'a pas arrêté de me saouler avec… Wakamatsu ceci, Wakamatsu cela… A l'écouter c'est le flic parfait… J'suis sûr qu'elle aurait préféré avoir un fils comme lui!" la dernière partie de la phrase avait été prononcée d'une voix triste à peine audible.
"Aïe Tetsu! Je peux savoir pourquoi tu me frappes maintenant ?"
"Je vois bien que ce n'est pas la grande forme pour toi ces derniers temps mais ne doute jamais des sentiments de ta mère à ton égard. Tu es tout pour elle et je sais qu'elle est très fière de ce que tu es devenu… Même si en ce moment ce n'est pas facile."
"Qu'est-ce que t'en sais ?"
"J'en sais que j'étais assis entre Ryota-kun et elle dans l'avion et qu'on a discuté pendant que tu dormais."
"Nan, pas ça... Qu'est-ce que t'en sais que c'est pas la forme ?"
"Tu te conduis comme un con."
"Tu dis tout le temps ça, ça ne doit pas changer de d'habitude."
"Si. C'est pire."
"Ah."
"Tu veux en parler ?"
"Hummm..."
Kuroko aurait aimé que son ami lui parle. Cette situation lui rappelait douloureusement le passé et il n'avait pas envie de revivre tout ça.
"Aomine-kun, je ne ferai pas deux fois la même erreur. Cette fois je ne te lâcherai pas, il faudra bien que tu parles à un moment donné…"
Les deux hommes restèrent un moment sans parler. Kuroko se demanda s'il devait pousser Aomine plus loin mais se ravisa. Quand Daiki sera prêt à parler, il parlera, mais le presser n'avait jamais rien donné de bon. Il décida donc de changer de sujet.
"Tu vas faire quoi pour ta chambre ?"
"Je crois que je n'ai pas trop le choix, je vais devoir supporter les ronflements du décoloré... ou sinon je me trouve une demoiselle sensible à mes charmes…"
Bonne idée ça !
"Tu peux aussi tenter de récupérer ta chambre…"
"Hein ?"
"Tu parlais d'une demoiselle sensible à tes charmes… Tu vas voir Kitty-san, tu t'excuses, tu lui fais ton numéro habituel et c'est bon…"
Aomine manqua de s'étouffer.
"Si je comprends bien… Tu es en train de me dire que je dois me taper la plate pour récupérer ma chambre… T'en as d'autres des comme ça Tetsu ?"
"Pourquoi ?" demanda alors le fantôme un sourire faussement innocent sur le visage. Son plan avait pourtant le mérite d'être simple et efficace.
"Allo ? Tetsu ? Elle a pas de seins ! Me dis pas que t'es aveugle… ELLE N'A PAS DE LOLOS! C'est juste pas possible !"
"Et toi tu as levé les yeux au moins ? Ryota-kun a raison, Kitty-san est vraiment canon et c'est une super fille… Parfaite pour toi… Je suis sûr que vous vous entendriez parfaitement."
"N'insiste pas… Elle est peut-être sympa mais les planches à repasser c'est pas mon truc… Même la sœur de Midorima a plus de nichons qu'elle…"
Oh mon dieu, je suis ami avec un vrai pervers.
"Aomine-kun… "
"Quoi ?"
"La sœur de Midorima-kun a 14 ans !"
"Tu vois ! Même une gamine de 14 ans à plus de poitrine que cette limande."
"Aomine-kun, ne me dis pas que tu mates les seins d'une fillette de 14 ans…"
"Oh quoi ? C'est bon, je fais rien de mal... Il est où le problème ?"
"Tu ne vois pas où est le problème ? Dans ce cas tu ne verras pas d'inconvénient à ce que j'en parle à Midorima-kun ?"
Aomine pâlit soudainement.
"Ouais nan évite… Fais pas ça, j'ai compris…"
Les deux anciens co-équipiers se turent et restèrent à contempler le ciel de fin de journée. C'est Kuroko qui rompit le silence.
"Quoiqu'il en soit, tu dois quand même t'excuser auprès de Satsuki-san et Kitty-san. Elle n'a peut-être pas tous les arguments pour te plaire mais elle n'a rien fait pour mériter un tel accueil de ta part. Et penses à Kagami-kun aussi… Non seulement à peine arrivé tu pourris son mariage mais en plus tu as insulté sa soeur."
"..."
Bon, ça a l'air de faire son chemin, on va peut-être pouvoir passer le week-end sans drame.
"Aomine-kun, si tu es calmé on pourrait peut-être y aller ?"
"Attends Tetsu… Pour Satsu je vais gérer mais pour l'autre j'suis supposé lui dire quoi maintenant… J'ai dû passer pour un gros con, j'rattrape ça comment ?"
Et c'est maintenant que tu t'en inquiètes… et puis ça veut dire quoi de l'appeler "l'autre" ?
"Déjà, 'l'autre' comme tu dis, elle a un prénom : Kat."
"Comme si j'allais l'appeler par son prénom!"
"Elle n'aime pas qu'on l'appelle par son nom de famille et elle est Américaine alors c'est différent d'ici."
"Kagami j'l'appelle pas Taiga à c'que j'sache!"
"Tu pourrais, je pense qu'il ne s'en offusquerait pas."
"Et puis quoi encore ?"
"Ce n'est pas le sujet Aomine-kun, je suis sûr que tu trouveras bien quelque chose… Et pour en revenir à Kitty-san, tu pourrais commencer par lui dire 'Bonjour' et quelque chose comme 'Désolé pour tout à l'heure, j'ai laissé mon cerveau au vestiaire je ne sais plus ce que je dis, tes seins sont magnifiques'..."
"TETSU! Non mais sérieusement, ça m'aide pas vraiment ça…"
"Moi je pense que ça se tente."
Comme Aomine ne répondait rien, se contentant de regarder ses mains, Kuroko se tourna vers lui pour mieux l'observer.
Nooooon…. Il a compris que c'était de l'humour ?… Il me connaît mieux que ça ? Il ne va quand même pas… Quoique... ça pourrait être drôle…
"Oi! C'est bon, me regarde pas comme ça… Il est hors de question que je dise un truc pareil… Je veux bien m'excuser mais pas plus… J'ai pas envie de lui parler, pas envie d'la connaître… Rien à faire que ce soit la soeur de Bakagami ou la reine des Etats Unis... Va pas falloir qu'elle me chauffe, sinon j'me la fais…"
Non mais sérieusement, il ne se rend vraiment pas compte des mots qu'il emploie.
Kuroko était habitué à ce que son ancienne lumière parle sans réfléchir mais ce qui l'intrigait le plus était l'animosité qu'il manifestait sans raison apparente à l'égard de l'Américaine. Il ne la connaissait pas, c'était même la première fois qu'ils se voyaient. Alors pourquoi ? Le jeune instituteur se dit qu'après tout, sa relation avec Kagami avait également commencé ainsi. Cela devrait vite lui passer. Il décida donc de soulever un problème beaucoup plus grave.
"Les Etats-Unis n'ont pas de reine mais un président, Aomine-kun."
"Rien à carrer, c'est pareil."
"Oui c'est vrai, ce n'est pas comme si tu y avais vécu un peu plus d'un an…"
Se retenant d'afficher un sourire moqueur, Kuroko se leva. Il regarda le métis attendant qu'il fasse de même.
"Cette fois c'est bon, on peut y aller ?"
"Ouais...c'est bon Tetsu, j'te suis."
Aomine se leva et commença à avancer. Tetsuya, qui avait pourtant initié le mouvement, était resté sur place et fixait son ami.
"Aomine-kun, un dernier truc d'abord."
Tetsuya n'avait pas lâché le métis du regard et ce dernier semblait perplexe, ignorant, comme toujours, ce que le plus petit lui voulait.
"Aomine-kun, sérieusement, promets-moi que tu vas arrêter tes pitreries et que tu vas tout faire pour passer un bon week-end."
Après une petite hésitation,qui n'échappa pas au passeur, Daiki se remit en route, sourire aux lèvres.
"Ouais…. j'vais essayer…"
En arrivant dans le lobby, Kuroko remarqua que, entre temps, de nombreux invités étaient arrivés. Voulant s'assurer que le métis ne se soustraie pas à son devoir et aille s'excuser en bonne et due forme, il chercha la rouge du regard.
Comme il ne la voyait nulle part il se mit en quête du futur marié, qu'il trouva en pleine discussion avec… son père. Aïe! Tous deux arboraient un air contrit et Kuroko en déduisit que les retrouvailles inattendues entre le père et la fille ne s'étaient pas tout à fait passées comme dans les sitcoms affectionnées par le mannequin .
Il s'approcha pour tenter d'en savoir un peu plus mais la présence de Daiki ne lui permit pas de passer inaperçu. Satsuki les intercepta, mains sur les hanches et sourcils froncés, attendant visiblement un repentir de la part du plus grand.. Elle ne disait rien, se contentant de fixer Aomine clairement gêné et qui cherchait ses mots.
"Euh… Satsu… Comment dire ?… Désolé pour tout à l'heure…"
En voyant le visage de la manager se radoucir, Tetsuya décida de les laisser en tête-à-tête et continua son chemin vers les deux Californiens.
A présent seul, le père et le fils ne le virent pas approcher.
"... c'est pas grave Taiga, c'est une bonne chose que vous vous soyiez retrouvés, j'espérais ça depuis longtemps. Satsuki est vraiment quelqu'un d'exceptionnel…. Pour toi mais pour toute la famille également, il faudra que je pense à la remercier."
"Ouais, elle l'est… Mais pour Kat, je n'aurais jamais imaginé qu'elle réagirait comme ça, je pensais qu'elle serait contente de te revoir…J'aurais peut-être dû lui dire que tu serais là mais pour moi c'était logique."
"Ne t'en fais pas, je vais essayer de me faire discret pendant les prochains jours et j'attendrai qu'elle veuille bien me parler. Je crois que je vous dois des explications… Mais on verra après les festivités, d'accord ? On va éviter de remuer les choses douloureuses maintenant, profites de la fête mon fils, je répondrai à toutes vos questions après…"
"Toutes ?"
"Oui, toutes… Ecoutes, je me rends bien compte que vous avez grandit tous les deux… Tu es sur le point de te marier Taiga et je n'ai pas envie de te voir répéter les erreurs que j'ai pu commettre avec ta mère. Alors oui, je répondrai à toutes tes questions en espérant que ça puisse t'aider à avoir un mariage heureux."
"Satsuki n'est pas comme maman!"
"Tu sais… Ta mère n'a pas toujours été aussi terrible que j'ai pu te le laisser entendre… Mais on en parlera plus tard. Pour l'instant tu devrais peut-être aller chercher ta soeur, elle n'avait pas l'air bien quand elle est partie..."
"Ouais… J'vais y aller… Même si je n'ai aucune idée d'où elle a pu aller."
"Moi j'en ai une. Cherches du côté de la salle de sport. Bonsoir Kagami-san."
"Kuroko ! Fuck ! Ça fait deux fois de suite là!"
Taiga, la main sur le coeur, s'était encore laissé surprendre par l'arrivée, a priori fortuite, de Kuroko.
"Bonsoir Tetsuya ! Tes apparitions me surprendront toujours… Comment sais-tu que Kat est à la salle de sport ?"
"C'est ce qu'elle fait quand elle est énervée, ou contrariée, ou surexcitée…"
"Kise, Kuroko et Kat sont amis Dad!"
"Oh! Amazing! C'est incroyable ce que le monde est petit, il faudra que vous me racontiez tout ça! Bon je vais vous laisser, il faut que j'aille saluer votre ami Akashi et que je le remercie pour son accueil.…Hey! Salut Daiki, tu étais où ? Je ne t'ai pas vu en arrivant..."
Alors que Kuroko regardait le père de Taiga serrer chaleureusement la main d'Aomine, il se prit à sourire intérieurement en imaginant la tête qu'aurait fait monsieur Kagami si effectivement il avait été présent lors de leur arrivée. Toute l'affection qu'il éprouvait pour le métis se serait-elle envolée en l'entendant s'en prendre ainsi gratuitement à sa fille ? De tous les amis du tigre, c'était Daiki que son père connaissait le mieux. Pendant son année aux Etats-Unis, il était souvent venu se réfugier chez Taiga. C'est quelque chose que peu de personnes savaient car il ne voulait pas donner du grain à moudre à ses détracteurs. Ces diffamateurs se seraient fait une joie de le salir un peu plus s'ils avaient su que le Japonais passait autant de temps chez un adversaire. Mais, comme les deux lumières en profitaient généralement pour appeler leur ancienne ombre, Kuroko était bien entendu dans la confidence. C'est ainsi que le métis s'était régulièrement retrouvé autour de la même table que le père de famille venu chez son fils partager avec les deux jeunes un repas typiquement japonais préparé par Taiga. Les deux profiteurs étaient depuis très complices.
A contrario, Akashi était le seul des amis de Taiga que son père n'appelait pas par son prénom, ni ne tutoyait. Pourtant, l'homme d'affaire avait souvent à faire à de gros requins de la finance et sa carrure, presqu'aussi imposante que celle de son fils, aurait largement justifié de ne pas se laisser impressionner. Mais non, le jeune empereur avait ce petit truc en plus faisant que que même des hommes, comme monsieur Kagami, le traitaient avec déférence.
Alors que Taiga s'apprêtait à partir à la recherche de sa jumelle, Kuroko l'interrompit :
"Kagami-kun, si tu veux Ryota-kun et moi pouvons venir avec toi."
"Hummm… Ouais… Ouais, venez, c'est une bonne idée..."
"Oi! Tetsu ! Vous allez où là ?"
"Désolé Aomine-kun, je reviens bientôt avec Kitty-san, réfléchis à ce que tu vas lui dire en attendant."
"Mouais, ne t'attends pas à un truc extraordinaire non plus… Et puis elle est partie où d'abord ? Genre ça veut dire quoi de planter les gens comme ça ? Et après on dit que c'est moi qui en fais des tonnes!"
Irrécupérable...
Cinq minutes plus tard, les trois hommes trouvèrent Kat où Tetsuya l'avait prédit. Casque sur les oreilles, elle courait comme une dératée, comme si sa vie en dépendait, regardant droit devant elle. Elle n'avait pas pris le temps de se changer et c'était donc pieds nus qu'elle tentait de battre un nouveau record du monde… Du moins c'était ce qu'en avait conclu Kuroko après avoir jeté un un oeil au compteur de la machine. Voir son père avait dû particulièrement la remuer pour se mettre dans un tel état : elle avait le visage aussi rouge que ses cheveux, transpirait à grosses gouttes et frôlait l' que Kagami et Kise affichaient un air ébahi et restaient figés dans l'entrée, Kuroko continua son chemin jusqu'à la joggeuse. Il appuya sur le bouton 'STOP' de l'appareil sans lui demander son avis. L'Américaine planta alors un regard assassin dans celui imperturbable de Tetsuya, mais comprenant qu'il ne la laisserait pas tranquille, elle abdiqua. Elle ralentit l'allure et enleva son casque.
Kagami et Kise s'approchèrent. Tandis que le pompier semblait chercher ses mots, le mannequin tenta à sa manière de détendre l'atmosphère :
"Ma chérie, je ne pensais pas ça possible mais, je dois t'avouer que, là, tu es tout sauf sexy… J'aurais presque envie de prendre une photo pour me réconforter les jours où je trouve que j'ai une sale tête..."
"Fais... toi... plaiz… regarde… j'prends… même... la pause!" répondit Kat, peinant à retrouver son souffle, majeurs fièrement dressés devant elle.
La voir réagir ainsi rassura Kuroko. En effet ces deux-là passaient la moitié de leur temps à se provoquer et à se chamailler gentiment, l'autre moitié étant consacrée aux commérages et aux papouilles. A cette dernière pensée, sa mâchoire se crispa mais il ne montra rien… Il faudra cependant qu'il pense à avoir une conversation avec Kat à ce sujet, petite piqûre de rappel sur les limites à ne pas dépasser.
Lâchant son ami du regard, Kat se tourna vers son frère, un air coupable sur le visage, s'attendant certainement à quelques reproches.
"Heu… Kat… J'suis vraiment désolé… J'aurais dû te prévenir qu'il serait là-"
"Nan mais Tai, pourquoi tu t'excuses ?" coupa la jeune femme chez qui, visiblement, la surprise et le soulagement venaient de remplacer une légère angoisse.
"C'est plutôt à moi de m'excuser ! Je n'avais pas à réagir comme ça… J'aurais du m'en douter… Tu m'as dit que vous avez de bonnes relations tous les deux alors c'est normal qu'il soit à ton mariage…"
"Hummm... Mais quand même... Avec c'qu'on a vécu, j'aurais du y penser… J'imagine que si je devais tomber sur maman là tout d'suite ça m'ferait un choc…"
"Ouais… Mais ce n'était pas une raison pour vous dire ça… Je suis vraiment désolée Taï… J'suis en train de gâcher ton mariage, mais ne te prends pas la tête, ça va passer... Tu devrais être avec tes amis là, va plutôt les rejoindre…"
"Psss mon coeur, on devrait peut-être les laisser tous les deux" glissa discrètement Kise à son amoureux.
"Vas-y toi si tu veux, moi si je reste ils ne s'en apercevront pas… Mais avant dis-moi ce qu'elle a dit au juste ?" répondit Kuroko tout aussi discrètement.
"Un truc comme 'qu'est-ce que tu fais là ?... Ne me parles pas, tu en as perdu le droit il y a vingt ans'..."
"Je vois…"
"Mais elle l'a dit en anglais histoire de ne pas trop attirer l'attention à mon avis."
"Je vois…"
"Mais c'était raté car on a tous compris ou presque…"
"Je vois…"
"Et-"
"Shhhhh tais-toi un peu mon coeur, j'essaye de suivre…"
"Racontes pas de conneries, c'est toi l'invitée d'honneur Kat…" continua Kagami à l'attention de sa soeur et à qui la conversation parallèle échappait totalement.
Enfin c'est surtout l'invitée de Satsuki-san…
"Et donc tu peux réagir comme tu veux."
Ooooh le grand frère modèle…
"Mais surtout si ma p'tite soeur a besoin de moi…" continua Taiga d'un ton solennel et en gonflant le torse.
...ou un peu trop modèle pour le coup! C'est quoi ça ? Toi aussi il faut que tu arrêtes les séries...
"Oi! C'est moi l'ainée!" répondit Kat affichant maintenant un vrai sourire mais ne manqua pas d'asséner à son frère un petit coup dans les côtes… Histoire de le faire redescendre sur Terre et l'empêcher de finir sa phrase. Sans doute avait-elle compris que seule une connerie pouvait suivre.
"Aïe… merde Kuroko, c'est toi qui lui a appris ça ?"
Moi ? J'ai quoi à voir là dedans moi ?
"Même pas Kagamicchi ! Ça c'est un truc qu'elle faisait avant même d'avoir rencontré Tetsuyacchi ! Si tu savais ce que je prends..."
"On va te plaindre Ryota-kun… Et euh non, je n'y suis pour rien… Je ne vois vraiment pas pourquoi tu imagines des choses comme ça Kagami-kun."
"Mouais, j'me comprend… Et Kat t'es p'être plus vieille de quelques minutes mais c'est moi le plus grand !"
"A peine trois p'tits centimètres…"
"Oi! Au moins dix ! Et puis c'est pas le sujet… On est venu voir comment tu allais et savoir si tu veux bien revenir."
"Ouais, t'inquiètes, j'avais juste besoin d'évacuer un peu. Je ne compte pas me cacher pendant tout le mariage… Mais je n'ai quand même pas très envie de lui parler pour l'instant…"
"J'crois que ça on avait compris! Rassure-toi, on a parlé lui et moi… Et il a dit qu'il n'allait pas insister, il va attendre que tu sois prête… Apparement il a des choses à nous raconter."
"Hummm…. J'sais même pas si j'ai envie d'entendre tout ça…"
"De toute façon c'est pas pour ce soir… Y'a une fête qui s'prépare à c'qui parait!"
"You're right."
"Et puis y'a encore plein de monde à qui je veux te présenter, Tatsuya et Alex ont dû arriver… Tu viens ?"
"J'espère qu'ils ne sont pas tous comme l'autre… Aomine c'est ça ?"
"Nan rassure toi Kittycchi, lui c'est… Un cas à part. Tous les amis de ton frère ne sont pas comme lui!"
"Ou comme toi!" plaisanta alors le pompier.
"Ouiiiin Kagamicchi tu es méchant!" pleurnicha le blond avant d'ajouter, tout sourire "Mais je ne t'en veux pas parce que tu as enfin reconnu officiellement que je suis ton ami!"
Kise avança alors les bras tendus en direction de l'Américain : "CA-LIN!"
"Hummm t'emballe pas… Tu sais que c'est pas mon truc!" répondit le concerné tout en reculant et agitant les mains devant lui.
"Sauf quand c'est Aominecchi!" ajouta alors le blond visiblement vexé, une moue boudeuse sur le visage.
"..."
Oh mon coeur mais réfléchit un peu avant de parler des fois… Y'en a vraiment pas un pour rattraper l'autre aujourd'hui...
Après plusieurs secondes de silence, Kat se rendit compte du malaise.
"Heu… Vous avez tous l'air bizarre là… Bon Tetsu c'est normal, mais vous deux j'ai l'impression qu'il y a un truc pas net… Il s'passe quoi là ?"
Moi ? Bizarre ? Vaut mieux entendre ça que d'être sourd mais quand même...
"Oh non… Rien d'important ma chérie… Et… Heu… Désolé Kagamicchi"
"Si c'est rien, pourquoi tu t'excuses ? Taï, what's going on ?"
"Nothing important, I'll tell you later… Kise, si tu pouvais éviter ce genre de remarque devant Satsuki ça serait cool… J'ai pas hyper envie qu'elle change d'avis demain."
"D'accoooooord je vais faire attention… Et puis de toute façon, elle ne peut pas se rétracter, vous êtes déjà mariés!"
"Ah bon ?" demanda Kat qui allait de surprise en surprise.
"Ouais, enfin non, enfin si… C'est compliqué mais pour faire court, on a dû aller signer des papiers la semaine dernière car il faut être mariés légalement avant la cérémonie… Mais ça ne compte pas vraiment…."
"Bien-sûr que ça compte Bakagami-kun! C'est même le plus important!"
"Ah bon ? Mais c'est pas ce que m'a dit Satsuki."
Je t'ai pourtant déjà dit de ne pas la croire sur parole… Tu ne t'es jamais demandé comment elle avait réussi à manipuler Aomine-kun tout ce temps ?
"Je ne sais pas ce qu'elle t'as raconté Kagamicchi mais Tetsuyacchi a raison, vous êtes mari et femme depuis plusieurs jours déjà… Hey ! Ne me regarde pas comme ça, j'y suis pour rien moi ! Et ce n'est pas comme si tu allais te dégonfler demain de toute façon… Hein ?"
Kise avait réussi à retourner la situation, malgré sa boulette initiale, et ses yeux dorés brillaient de malice. Tel un chat, il avait le don de toujours retomber sur ses pattes. C'est quelque chose que Kuroko appréciait beaucoup chez son homme, trouvant même cela sexy quand ce n'était pas utilisé contre lui. Bien évidemment, Kagami n'y vit que du feu et réagit immédiatement à la provocation.
"Comme si c'était mon genre !"s'emporta-t-il en s'approchant du blond un air de défi sur le visage.
Comment est-ce que ce genre de truc peut encore fonctionner après toutes ces années ?
"C'est bien vrai ça! Tu devrais pourtant savoir qu'on est pas du genre à fuir devant l'adversité dans la famille!"
Et voilà la deuxième qui s'y met… Je vais peut-être y aller moi… De toute façon ils ne remarqueront rien avant un bon quart d'heure…
"Hiiii Kittycchi! Ne t'énerve pas ma chérie, je disais ça pour taquiner ton frère, même si c'est lui qui a commencé… Je sais bien que vous n'avez pas froid aux yeux tous les deux… Quitte à c'que ça tourne mal d'ailleurs… Mais passons, on y va maintenant ? Les autres doivent déjà être en train de boire un p'tit cocktail là."
Joignant le geste à la parole, Kise initia le mouvement et se dirigea vers la sortie du centre de fitness. Il fut vite rejoint par Kagami puis Kuroko mais Kat resta sur place, secouant son t-shirt et enfilant ses chaussures.
"Hummm ouais, j'vous suis mais j'm'arrête prendre une douche au passage… J'ai l'impression de puer un peu là…" dit-elle, avançant à son tour.
"Je confirme… Aïe! Et ce n'est pas en me tapant que ça va s'arranger… Allez va vite te laver princesse, on a du monde à te présenter!"
Kise se frottait le crâne et Kuroko regarda Kat s'éloigner en rigolant et adressant un nouveau doigt d'honneur au blond malicieux. Il se demanda comment une fille aussi jolie pouvait faire preuve d'autant de vulgarité ?
Comme Kise l'avait présagé, les trois jeunes hommes retrouvèrent leurs amis attablés au restaurant de l'hôtel, profitant de leurs retrouvailles autour d'un verres sous le doux soleil de fin d'après-midi. Ils s'installèrent avec tout le monde et prirent le train des différentes conversations en cours. Kuroko était heureux de revoir son équipe du lycée, arrivée ce soir, ainsi que la génération des miracles au grand complet. Après avoir passé la journée dans les transports et géré deux psychodrames, il pouvait enfin souffler un peu… Après tout, c'était supposé être des vacances et non une version '+18' de la cour de récréation qu'il avait quitté il y a quelques semaines. Aomine, assis à coté de lui, semblait s'être détendu et discutait joyeusement avec le père de Taiga qui lui faisait face.
Une grosse demi-heure passa et ne voyant pas l'Américaine revenir, Tetsuya missionna son homme pour aller voir ce qu'elle pouvait bien fabriquer. Le blond revint seul un quart d'heure plus tard. Il lui expliqua l'avoir trouvé endormie sur son lit, enroulée dans une serviette de bain. Il n'avait pas eu le coeur de la réveiller, elle devait être épuisée à cause du décallage horaire et c'était un problème qu'il connaissait bien. Il s'était donc contenté de la mettre sous les draps. Kuroko savait son homme prévenant mais fut un peu jaloux de savoir que ses attentions ne lui étaient pas toujours exclusivement réservées. Il ne put se retenir de demander sur un ton sarcastique s'il l'avait également mise en pyjama.
"Mais tu sais bien qu'elle dort sans rien!"
Oui c'est vrai… même si je préférerai ne pas savoir…
Partageant sa vie avec un mannequin, Kuroko savait très bien que le manque d'intimité dans les coulisses des défilés et sur les plateaux photos développait chez les modèles une certaine absence de pudeur. Cependant, Kat avait poussé le concept un peu loin et, même s'il n'était pas totalement ignorant sur le sujet, l'anatomie féminine n'avait (presque) plus aucun secret pour lui depuis son séjour à New York.
"Ouais, enfin c'est pas comme si y'avait quoiqu'ce soit à mater…"
Merci Aomine-kun pour cette intervention… Maintenant tourne un peu la tête et regarde l'homme en face de toi…
Et, comme si il avait lu dans les pensées de Kuroko, le basketteur se tourna vers son vis-à-vis qui les regardait tous les trois avec de grands yeux. Même si sa fille était une inconnue pour lui en cet instant, elle restait néanmoins sa fille, et la conversation entre les trois miracles semblait soulever chez lui un certain nombre de questions… Questions auxquelles ils allaient devoir répondre de toute évidence. Kuroko prit alors les devants, au grand soulagement de ses amis qui ne savaient visiblement pas comment avancer sur ce terrain glissant.
"Kagami-san, ça vous intéresse de savoir comment Ryota-kun et moi avons connu Kitty-san ?"
De sa position, Kuroko pouvait observer chacune des personnes présentes. Et il ne s'en priva pas. La cérémonie, dans le pur respect de la tradition Shinto, bien qu'assez courte, était plutôt ennuyeuse. Alors, le jeune instituteur s'adonna à son loisir favori : stalker son entourage.
Il était assis à gauche d'Himuro, du côté de Kagami. Ils faisaient face à Kat et Aomine qui siégeaient quant à eux pour Momoi. Les quatre témoins, même s'ils n'avaient aucun rôle à jouer dans la célébration de ce matin, s'étaient vu attribuer les places d'honneur, au plus près des jeunes mariés. Les parents de la jeune femme étaient assis à la gauche de l'ancien as de Too, face à Alex et au père des jumeaux. Enfin, Akashi, Kise, Midorima et Murasakibara s'étaient répartis de part et d'autre afin de respecter la symétrie du lieu, sans pour autant que leur place ne reflète une quelconque préférence entre les deux mariés. La pièce n'était pas très grande et les pupitres et petits sièges étaient disposés de manière à ce que tout le monde voit confortablement l'office. Cela arrangeait bien Tetsuya qui n'avait donc pas besoin de se tordre le cou pour espionner l'assistance.
Si la majorité des invités se concentrait sur le déroulement de la cérémonie, Kuroko avait remarqué que ce n'était pas le cas de tout le monde. Aomine et monsieur Kagami avaient en effet leurs regards qui convergeaient vers la jeune thérapeute.
Le père de famille faisait visiblement de son mieux pour se focaliser sur l'union de son fils et de Satsuki mais son attention déviait irrésistiblement vers sa fille. Kuroko pouvait lire dans ce regard un mélange de tristesse, de culpabilité mais également de fierté et d'administration. Même si elle refusait pour l'instant de lui parler, Kuroko avait l'intuition que l'homme d'affaire était fier de la femme que Kat était devenue. D'autant plus fier, après avoir appris par les confidences de Kuroko la vie qu'elle avait dû mener pour réaliser son rêve de devenir kinésithérapeuthe.
Kat, quant à elle, ne perdait pas une miette de la cérémonie. Elle regardait droit devant elle, et n'avait pas tourné la tête une seule fois. Kuroko se demandait si c'était pour éviter de voir son père ou bien l'homme assis à côté d'elle.
En effet, Aomine qui semblait s'ennuyer autant que le passeur (mais le cachait beaucoup moins bien) ne se gênait pas pour dévisager l'Américaine à intervalles réguliers, quitte à se provoquer un torticolis. Déjà ce matin, quand tout le monde s'était présenté dans le lobby de l'hôtel avant de se rendre au sanctuaire, Daiki avait marqué un temps d'arrêt à l'arrivée de sa co-témoin. Elle portait un magnifique furisode rouge qui mettait sa beauté en valeur, et le basané n'avait pas pu empêcher sa mâchoire de descendre un étage plus bas. Sur le moment, il s'était vite ressaisi, pensant certainement que personne ne l'avait vu, exception faite de Kuroko à qui rien n'échappait. Mais son comportement actuel n'aurait pas pu passer inaperçu même pour un aveugle. Il la scrutait de haut en bas. Revenant régulièrement à sa poitrine, il fronçait alors les sourcils. Puis, en remontant vers son visage, il se lénifiait, pour finalement faire une drôle de moue, signe de réflexion intense.
Vas-y doucement Aomine-kun, tu risques l'hémorragie cérébrale là… Et arrête de te voiler la face, elle te plait… Tu ne le sais juste pas encore mais moi si…
"Messieurs, dames, je vous remercie de votre attention, nous allons pouvoir nous diriger vers la sortie. Je vais passer en premier, puis viendront les mariés. Les invités sortiront en dernier dans l'ordre qui leur convient. Monsieur et madame les mariés veuillez bien me suivre."
Tout en avançant, Kuroko se rapprocha d'Aomine qui continuait de jeter des oeillades trop peu discrètes à l'Américaine marchant devant eux.
Quand Kat fut à bonne distance, il lui glissa doucement : "Aomine-kun… Si tu continues comme ça, elle va finir par le voir."
"Si je continue quoi ?"
Oh non mais c'est une manie chez toi ? Je vais finir par mal le prendre…
"Si tu continues de regarder Kittycchi ! Même moi je t'ai vu ! "ajouta le blond qui accéléra le pas pour rejoindre la jeune femme dont il était question.
"N'importe quoi, tu dis ça pour donner raison à ton mec…"
"Nan nan, je confirme, tu n'incarnes pas tout à fait la discrétion et la subtilité Aomine… on t'a tous grillé, tu mates ! " Ajouta Himuro à son tour alors qu'il s'était arrêté quelques secondes pour attendre son cher et tendre.
"Tsssss… Mais n'importe quoi! Vous délirez les mecs… Et puis tu peux me dire toi comment tu fais pour y voir clair avec un seul oeil?"
"Si c'est nous qui délirons, peux-tu m'expliquer pourquoi tu n'as même pas remarqué qu'Alexandra ne porte pas de soutien-gorge sous son kimono ?" coupa enfin Akashi pour clore définitivement le débat.
"QUOI?"
"Dai-chan! Chuuuut!"
"Mais… 'tin les gars… Vot' faute ça…" marmonna Daiki entre ses dents en accélérant le pas pour se mettre à la hauteur de l'ancienne joueuse de WNBA.
Un truc à vérifier Aomine-kun ?
Alors que Kuroko s'amusait du comportement du basketteur, son regard se posa sur le duo de mannequins qui marchait bras dessus bras dessous devant lui. Et il repensa à la première fois qu'il avait entendu parler de la demoiselle.
A chaque fois qu'il était en voyage pour son travail, Kise avait pour habitude d'appeler son homme resté au Japon avant d'aller se coucher. Même si, bien souvent, Kuroko ne l'écoutait que d'une oreille, il devait reconnaître aimer leur petit rituel et, quelle que soit l'heure du jour ou de la nuit, s'il n'était pas avec ses élèves, il répondait présent pour entendre le blond pétillant lui raconter sa journée.
A cause du décalage horaire entre Tokyo et New York, Kuroko s'était attendu à passer sa pause déjeuner pendu au téléphone. Il avait donc pris les devants et était parti se promener dans un parc à proximité de l'école maternelle où il travaillait, afin de pouvoir discuter librement, loin des oreilles indiscrètes de ses collègues. L'homosexualité étant toujours tabou au Japon, le jeune instituteur ne voulait pas prendre le risque de nuir à leurs carrières respectives. Mais, à son plus grand étonnement son téléphone était resté désespérément silencieux et ce, toute la journée durant. Kuroko n'était pas du genre à s'inquiéter pour si peu, cependant depuis le début de leur relation, jamais Kise n'avait omis de l'appeler… Du moins, jusqu'à ce jour. Après avoir passé la soirée à lui trouver des excuses dans un premier temps, à s'inquiéter dans un second et à élaborer la pire façon de se venger dans un troisième, Tetsuya avait fini par s'endormir d'un sommeil agité.
Ce fut vers trois heures du matin que la voix trafiquée de Bribri le tira du lit… Womanizer...Quelle idée avait-il eu de laisser Kise choisir sa propre sonnerie ? Il s'apprêtait à lui passer le savon du siècle, quand la voix d'outre tombe qui s'adressa à lui le coupa dans son élan… Kuroko n'avait entendu cette voix qu'à de rares occasions. Et il savait mieux que personne que seule une nuit festive et très (très) arrosée en était la cause. Alors c'était ça, Kise était sorti, avait bu comme un trou et l'avait oublié…
"Kise Ryota, j'espère pour toi que tu as une bonne explication."
"C'est pas c'que tu crois mon coeur…" avait alors commencé le blond.
Kuroko n'en revenait pas que son homme ose lui sortir ce refrain. L'ancien joueur de Kaijo n'avait pas dû y aller de main morte sur les mojitos pour penser que ce genre d'entrée en matière puisse convenir au bleuet. Dans d'autres circonstances, Tetsuya aurait pu en rire. Mais au milieu de la nuit et après avoir passé la soirée à imaginer tout un tas de scénarios catastrophes, son sens de l'humour équivalait à celui de Midorima une nuit de garde aux urgences derrière lui. Clairement, à cet instant Kuroko était déçu et énervé… Mais, alors qu'il pensait le pire derrière lui et qu'une bonne engueulade suffirait pour faire revoir ses priorités à Kise, il entendit une voix féminine ajouter sur un ton enjoué "Mais si! C'est tout à fait ce qu'il croit!".
Douche froide.
Envies de meurtre.
C'est ainsi que Kat et son humour douteux venaient de faire leur entrée dans la vie de Kuroko.
Kise avait ensuite galéré pendant des semaines pour rattraper l'affaire. Il avait eu beaucoup de mal à faire entendre à son homme que oui, les coups de foudre amicaux pouvaient aussi arriver (même à moitié nu sur un plateau photo) et que non, il n'était d'aucune manière attiré par l'Américaine.
Kuroko avait fini par accepter cette amitié soudaine. Malgré tout, la jalousie et la méfiance venaient lui serrer le coeur à chaque nouveau voyage de son amoureux vers les Etats-Unis. Il se donnait beaucoup de mal pour ne rien montrer, cependant Ryota était un petit ami beaucoup plus attentif et attentionné que ce qu'il pouvait laisser paraître et il finit par s'en rendre compte. Il fit alors des pieds et des mains pour les faire se rencontrer et que son conjoint arrête de voir la rouge comme un être maléfique le poussant à la débauche.
Une fois n'était pas coutume, Kuroko dû reconnaître que Kise avait eu raison d'insister. Quand il débarqua à New York, il avait d'abord été surpris que Kat en sache autant à son sujet. Elle lui avait alors expliqué, devant un Kise rougissant, que le blond parlait de lui vingt-quatre heure sur vingt-quatre. D'ailleurs, elle trouvait adorable le sourire parfois enfantin, parfois coquin qu'il arborait dans ces moment là. Puis, petit à petit, Kuroko était tombé lui aussi sous le charme brut de Kat et une grande complicité s'était instaurée entre eux.
En repensant à tout ça et en la regardant marcher à la suite de son frère, Kuroko comprit pourquoi le contact avec Kat s'était avéré si facile et naturel et surtout, pourquoi il avait eu, à l'époque, l'impression de la connaître depuis des années.
De retour à l'hôtel, un repas léger fut servi aux invités déjà présents. Ceux revenant du sanctuaire portaient encore leurs tenues traditionnelles tandis que ceux restés sur place et les derniers arrivants étaient vêtus de manière beaucoup plus décontractée.
Le repas se déroula joyeusement et, après que les cafés et thés furent servis, tout le monde se dispersa pour profiter du resort en attendant la cérémonie païenne, qui déroulerait sur la plage en fin d'après-midi.
Kuroko entendit certaines personne parler de piscine, d'autres de spa et de massage, d'autres encore de balade à vélo… lui, avait un projet complètement différent. Kise portait encore son kimono et Tetsuya le trouvait particulièrement beau ainsi vêtu. Les regards appuyés de son amant pendant le déjeuner avaient réveillé sa libido et savoir qu'ils étaient tous les deux sur la même longueur d'onde lui donnait des bouffées de chaleur. Cependant, ils allaient devoir attendre un peu avant de pouvoir s'adonner à leur activité favorite.
En effet, Mitobe et Koganei venaient d'arriver, l'ancienne équipe de Seirin était à présent au complet et les retrouvailles s'éternisaient quelque peu. Tout le monde se réjouissait du mariage entre leur ancien As et la jolie manager de leur rivaux de toujours, Too.
Perdu dans ses pensées, Kuroko ne prêtait pas vraiment attention à toute cette agitation. Pour autant, il ne pouvait pas non plus feindre la surdité totale, surtout quand le même nom revenait sans cesse. Kat était sur toutes les lèvres. D'après les bribes de conversation qui lui parvenaient, le jeune instituteur comprit que tout le monde était curieux de connaître la mystérieuse soeur jumelle sortie de nulle part. Et comme il s'y attendait, Tetsuya ne put que se désoler d'assister à la querelle entre Kise et Kagami. Ils se disputaient gentiment pour se l'accaparer à coup de "c'est MA soeur" et de "c'est MA copine", laissant les gamins qu'ils étaient restés au fond d'eux s'exprimer librement, sans se soucier de passer pour de parfaits guignols. Ils furent cependant tous deux rappelés à l'ordre par leur moitiés. Pour ne pas faire de jaloux, Kat fut "confiée" à Kiyoshi pendant que les deux garçons allaient se reposer et les futurs mariés s'assurer que tout était en ordre pour la suite des événements. Le doux géant fut ainsi chargé de lui présenter tout le monde et de s'assurer qu'elle ne soit pas importunée… au moins avec lui, elle ne risquait rien ?
"Ah bon ? Mais pourquoi ?" demanda discrètement Kat, limite déçue, au jeune passeur avant qu'il ne s'en aille.
"Désolée Kitty-san mais tu n'as pas ce qu'il faut là où il faut."
"Ah non mais ne t'y mets pas toi aussi!"
"Euh non, je parles pas de ça, tu n'as vraiment pas ce qu'il faut... d'ailleurs si tu comptes draguer va falloir que je te briefe."
Kuroko entreprit alors de lui expliquer rapidement qui de leurs amis pouvait se révéler ou non sensible à ses charmes. La liste était assez conséquente mais Kat se montrait attentive. Il l'avait déjà vu à l'oeuvre lorsqu'elle les avait traînés en boite à New York, et il ne pouvait pas dire que la rouge faisait dans la subtilité et la nuance… Alors autant lui éviter de se mettre dans une situation embarrassante ce soir. Il s'éclipsa ensuite avec son amoureux histoire de profiter (enfin!) d'un peu d'intimité avant la grosse soirée qui les attendait tous.
Pour les quatre témoins, le rendez-vous avait été fixé à 17h30 dans le hall de l'hôtel. Ils devaient rejoindre ensemble les familles et amis qui attendaient sur la plage où la cérémonie aurait lieu. Arriverait ensuite Taiga, puis enfin Satsuki au bras de son père.
Kuroko et Himuro, en adultes responsables qu'ils étaient (ou pas, disons que ça dépend de ce dont il est question), s'étaient retrouvés un peu en avance, histoire d'être sûrs de ne pas manquer l'heure.
Kuroko portait un pantalon de costume et un veston en lin blanc, surmontant une chemise azure qu'il n'avait pas boutonné entièrement. Ce bleu mettait bien ses yeux en valeur. Du fait de la chaleur ambiante, il avait roulé ses manches jusqu'aux coudes lui donnant un air chic et décontracté.
Himuroavait également opté pour le lin mais chez lui le gris perle était de mise. Le veston avait été remplacé par une veste dont les manches, également remontées, laissaient apparaître ses nombreux tatouages. Sous la veste, un t-shirt gris anthracite largement décolleté, ne cachait pas grand chose non plus des dessins ornant sa poitrine ni l'anneau qu'il portait au cou depuis tant d'années.
Après s'être assurés mutuellement qu'ils n'avaient oublié ni l'alliance ni les voeux, ils se mirent à spéculer sur le retard d'Aomine et quels châtiments corporels la future mariée lui ferait subir si jamais il s'était endormi dans un coin oubliant totalement la cérémonie.
"Oi les gars! Désolé d'vous décevoir mais ce n'est pas aujourd'hui qu'Satsu va m'étripper… j'suis à l'heure!"
"Tu as quand même dix minutes de retard Aomine-kun."
"C'est c'que j'dis, j'suis à l'heure!" répondit le basketteur vêtu quant à lui d'un costume bleu nuit taillé sur mesure, près du corps, soulignant ainsi sa stature et sa ligne féline.
A cet instant, et même s'il était très amoureux de son conjoint (après tout, regarder n'a jamais fait de mal à personne), Kuroko se dit qu'il était bien dommage que son ancienne lumière ne jure que par les vagins. Il le trouvait particulièrement sexy et la proposition que lui avait faite son homme l'après-midi même, à savoir profiter du mariage et l'ambiance légère pour explorer de nouveaux horizons en invitant quelqu'un à partager leur couche, lui revint en mémoire. Son désappointement n'en fut que plus grand.
"Tu as pensé à la bague ?" intervint alors Tatsuya venant ainsi combler le manque de réaction apparente d'un Kuroko perdu dans ses pensées.
"Ouais… C'est bon. On y va ?"
"Aomine-kun, nous devons encore attendre Kitty-san."
Manifestement agacé par la réponse, le métis se mit alors à faire les cent pas dans le lobby mais ne dit rien. Kuroko était heureux des efforts du brun pour ne pas faire de scène, respectant ainsi l'engagement pris la veille pour un mariage paisible. Il se demandait néanmoins ce qui pouvait bien retenir Kat et s'apprêtait à aller la chercher lorsqu'Aomine atteint sa limite.
"Tetsu! J'veux bien faire un effort mais quand même, elle abuse là!" commença t-il alors avant d'enchaîner avec un monologue sur la nécessité d'être à l'heure, ne se préoccupant pas une seconde de la crédibilité d'un tel discours dans sa bouche.
Visiblement absorbé par son allocution, il ne se rendit compte de la présence de Kat que lorsque celle-ci passa un bras autour de son cou et lui glissa à l'oreille : "Un problème Aho-mi-ne ?"
