Hello folks!
Si pour le dernier chapitre le temps avait semblé long... là on peut dire que c'était une éternité ! Je ne vais pas vous faire un redit de ma vie mais c'est compliqué de trouver du temps cette année... j'espère que d'ici quelques mois ça ira mieux et que je pourrais publier plus régulièrement. Alors encore une fois, merci de votre patience.
Merci également Kuro-Hagi (qui me l'a confirmé depuis la dernière fois n'a pas de clône, c'est ouf!) de trouver du temps (et beaucoup de temps quand je vois l'ampleur de travail) à me consacrer pour que cette fic s'améliore de chapitre en chapitre. Merci encore une fois Futae qui effectue un travail de fond pour m'encourager à écrire quand ça fait trop longtemps que je ne l'ai pas fait et que je n'ai plus tellement l motivation. Tes petites images régulières me rappellent que j'ai du pain sur la planche et surtout pourquoi j'aime tant cette bande de dégénérés ^^
J'essaye de répondre quand vous me laissez des reviews mais si jamais j'ai oublié, ou au contraire je vous ai répondu deux fois... j'en suis désolée et vais essayer de ne pas me mélanger les pinceaux e coup-ci :p
Bonne lecture.
Et si des parents solos passent par là : vous êtes des héros.
À ces paroles, Kat se tendit et serra les poings. Elle n'avait pas besoin de regarder pour savoir qui venait de parler.
Elle savait que ce moment finirait par arriver, elle avait simplement espéré que cela soit le plus tard possible, comme il s'y était engagé.
"Excuse moi de te déranger Kat, je ne veux pas te mettre mal à l'aise… J'avais dit que j'attendrai alors, si tu ne veux pas, je comprendrais… Mais en te voyant... Je me suis dit que… Enfin, c'était l'occasion... Mais si tu n'es pas prête..." La voix était hésitante.
Lentement, la jeune kinésithérapeuthe se retourna vers son père. Lorsqu'il était arrivé à l'hôtel, elle avait trouvé refuge dans la salle de sport afin d'évacuer son trop plein d'émotion. Epuisée et troublée, elle s'était ensuite effondrée dans son lit, délaissant son frère, Satsuki et leurs amis. Depuis, elle avait pris grand soin de tout faire pour ne pas le croiser, allant même jusqu'à éviter son regard pendant les deux cérémonies de ce grand jour. Mais, maintenant qu'il se tenait si près, elle n'avait pas d'autre choix que de lui faire face.
Vingt ans s'étaient écoulés depuis qu'ils s'étaient quittés pourtant Kat ne le trouva pas tellement différent. Malgré de légères rides aux coins des yeux et quelques mèches grises perdues au milieu de sa chevelure noire, son père était aussi beau que dans ses souvenirs, aussi grand, dégageant une sorte d'aura chaleureuse et protectrice.
Elle nota néanmoins une différence qui la bouleversa. Kagami Ishiro avait toujours aimé jouer et passer du temps avec ses jumeaux dès que son emploi du temps chargé le lui permettait. Plus que la nature de leurs jeux, le souvenir que Kat en gardait était le regard pétillant et complice de son père. Cependant, la culpabilité et les regrets avaient depuis longtemps remplacé cette lueur malicieuse et seule la tristesse transparaissait aujourd'hui.
Elle en était bouleversée mais également très contrariée par sa propre faiblesse.
Enfant, elle avait imaginé des centaines de fois leurs retrouvailles, élaborant de nombreux scénarios plus ou moins loufoques, pour réunir sa famille. Un jour, alors qu'elle entrait dans l'adolescence, lasse d'espérer et de souffrir inutilement, elle avait pris la décision de l'oublier, d'agir comme si il n'existait pas, comme s'il n'avait jamais existé. Elle s'interdisait de penser à lui, s'obligeait à refouler ses sentiments, pensant ainsi s'immuniser et protéger son coeur. Elle s'était persuadée que si un jour elle devait croiser sa route, elle serait alors suffisamment armée pour rester indifférente. Ce moment était finalement arrivé et elle ne put que constater son échec. C'était tout simplement au dessus de ses forces.
Ne sachant comment réagir, quoi répondre, elle détourna le regard un instant pour croiser celui d'Aomine qui la fixait avec attention. Curiosité malsaine ou réelle empathie, elle n'aurait su le dire. Mais, tout comme son père, le basketteur semblait être dans l'expectative.
Elle repensa à leurs échanges durant le repas et réalisa que lui aussi devait se traîner quelques casseroles pour être autant à fleur de peau. Elle se demanda alors quelle image elle même pouvait bien renvoyer. Voulant se donner des airs de 'grande', de femme forte et indépendante, ne semblait-elle pas être tout simplement une fille paumée au caractère un peu trop affirmé ? Cette idée l'effraya. Elle décréta alors que non, elle ne voulait pas ressembler à ce type arrogant et suffisant qui se tenait non loin d'elle. Il était temps de faire la paix avec son passé.
Comme elle mettait du temps à répondre, monsieur Kagami décida la laisser tranquille et se résigna à partir.
"Attends… C'est d'accord, allons danser."
Alors qu'il tournoyait avec sa femme, imperméable aux événements extérieurs, Taiga fut instantanément sorti de sa bulle. Il les regarda rejoindre la piste et, même s'il ne dit rien, Satsuki le sentit se tendre. Heureux de les voir se rapprocher, il restait néanmoins sur ses gardes. Sachant à quel point sa soeur été affectée par leur passé, il préférait ne pas se réjouir trop vite.
Comme s'il l'avait deviné, le DJ abandonna les Black Eyed Peas pour un morceau plus lent, permettant aux couples de se rapprocher... Ou aux familles déchirées de recoller les morceaux.
Timidement et très délicatement, monsieur Kagami passa un bras dans le dos de Kat tandis que son autre main venait attraper celle de sa fille. Par son métier, la jeune femme savait l'importance du toucher dans les soins, apportant bien être physique et émotionnel. Elle ne pu que constater que cette vérité s'étendait également aux relations familiales tant ce simple geste venait d'effacer toutes ses tensions. Elle était à présent certaine d'avoir pris la bonne décision en acceptant cette danse.
Au rythme du piano, les deux cavaliers profitaient de l'instant sans oser amorcer la discussion qui pourrait mettre un terme à ce moment fragile. Cependant, Kat avait besoin de réponses. Alors que son père semblait chercher ses mots, elle prit l'initiative et parla la première.
"Pourquoi ?"
"Pourquoi quoi ?" La question n'était que pure rhétorique. Il savait très bien ce que sa fille voulait savoir.
"Pourquoi Taiga et pas moi ? Pourquoi tu l'as choisi lui ?"
"Avant de te répondre, commença le père des jumeaux peu sûr de lui, je voulais que tu saches à quel point je suis désolé. Sincèrement désolé. Aucun parent de devrait avoir à faire un tel choix... C'est comme si une partie de moi était morte ce jour là."
Kat ne répondit rien, se contentant de le regarder dans les yeux, attendant la suite.
"Quand votre mère m'a demandé de choisir… Il n'y avait pas de bonne solution… Je… J'ai…"
Monsieur Kagami marchait sur des oeufs et cherchait ses mots. Il lui devait la vérité mais l'idée de lui faire encore plus de mal l'effrayait.
La détresse et la douleur de son regard n'avaient pas échappé à Kat. Elle l'encouragea en resserrant sa prise sur sa main, lui signifiant qu'aussi douloureux soient ses mots, elle était prête à les entendre, qu'elle avait besoin de les entendre. Il n'était plus question de fuir.
"Quand vous étiez petits, c'était toi la plus forte. Tu étais plus grande et plus dégourdie que ton frère. Quand il y avait des embrouilles avec les autres enfants, c'est toi qui le protégeait, qui allait au front. Alors, quand elle m'a demandé de choisir, j'ai pensé que si je le laissais, elle allait le détruire. J'ai pensé que toi tu saurais lui faire face, que tu avais le caractère assez affirmé pour ne pas te laisser écraser..."
"Pourquoi tu ne nous pas pris tous les deux ?"
"Ce n'était pas possible. C'était sa condition. Soit je gardais l'un de vous deux, soit personne. Tu sais à quel point elle est redoutable dans son métier... Je ne pouvais rien faire. Je suis tellement désolé."
"Pourquoi tu n'as jamais écrit ou tenté de me voir ?"
"J'ai essayé. Du moins, de t'écrire… Comme je n'avais pas votre adresse j'écrivais chez tes grands-parents. Mais à chaque fois les lettres me revenaient…"
"Facile à dire !"
"Je sais que c'est difficile à croire mais je les ai toutes gardées. Elles sont chez moi, dans un coffre avec toutes tes affaires."
"Toutes mes affaires ?"
"Les cadeaux de Noël et d'anniversaire. Je pense que certains ne te seront pas très utiles maintenant mais je n'ai jamais pu les jeter..."
Kat fut sidérée par cette révélation. Après quelques secondes sans réagir, elle porta sa main à son visage. Sentant des larmes sous ses doigts, elle réalisa qu'elle pleurait.
"Oh chaton, my sweet heart... Ne pleure pas… Si tu savais comme je m'en veux… Je sais que je ne pourrai jamais réparer ce que je t'ai fait... Mais si tu veux bien, j'aimerai qu'on fasse connaissance. Ma maison à Los Angeles est aussi la tienne, comme elle est celle de ton frère. Alors peut-être que tu accepterais d'y passer quelques jours avant de rentrer à New-York."
Kat ne répondit pas. Sans jamais oser l'admettre, c'était tout ce dont elle rêvait. Retrouver son père. Passer du temps avec lui. Avoir une vie… Normale !Elle s'était cachée derrière ses illusions pendant tant d'années, se mentant à elle même, croyant ainsi se protéger... Mais y avait elle vraiment cru un jour ?
Les silences de sa fille mettaient à mal Kagami Ishiro, accentuant ses doutes. Bien-sûr que sa fille ne pouvait pas lui pardonner aussi facilement. Il en demandait trop. Elle devait avoir tellement de rancoeur. Il connaissait sa femme et se doutait qu'elle n'avait pas dû lui donner une vie facile.
"Désolé, c'est un peu précipité. J'imagine que tu dois me détester..."
"No."
"Je compr-"
"No dad…", le coupa-t-elle à nouveau.
Kat, la gorge nouée, fit une pause. Submergée par l'émotion, elle avait presque du mal à respirer et les mots refusaient de sortir.
"I don't hate you, poursuivit elle la voix étranglée, après quelques secondes. I really tried but I can't… And… Actually… It's quite the opposite..."
Elle avait prononcé ces derniers mots dans un murmure, les yeux clos, trop effrayée pour faire face à la réaction de son père devant qui elle venait de se mettre à nu comme jamais elle ne l'avait fait jusqu'à présent. Même Jade, sa colocataire et soeur de coeur avec qui elle partageait absolument tout, ne l'avait jamais vu aussi vulnérable. Elle était soudain redevenue la petite fille de quatre ans aux genoux en sang et bermuda déchiré, qui cherchait le réconfort des bras de son père après s'être fait une grosse frayeur en tombant de vélo.
Et tout comme lorsqu'elle avait quatre ans, les bras paternels vinrent la réconforter, l'enveloppant de ce cocon protecteur que seuls les parents savent offrir et qui lui avait tant manqué toutes ces années.
"Love you too sweet heart." lui chuchota-t-il en retour.
A sa voix tremblante, Kat devina qu'il pleurait aussi.
Pendant ce temps, quelque part dans un coin sombre de l'hôtel, quatre hommes s'étaient réunis pour discuter d'un problème de la plus haute importance.
"Oh les mecs, vous pouvez me dire ce qu'on fabrique dans les vestiaires ?"
"On pourrait peut-être allumer la lumière, c'est pas comme si quelqu'un allait avoir l'idée de nous chercher ici de toute façon !"
"Oh non ! Moi j'aime bien dans le noir !"
"Si vous avez encore des idées chelous tous les deux, j'vous préviens que ça va pas le faire… La dernière fois qu'j'vous ai suivis dans vos conneries, Shin-chan a boudé pendant trois jours et j'vous raconte pas ce que j'ai dû lui faire pour qu'il me parle à nouveau !"
"Oh si Takaocchiiii raconte nous !"
"Ryota-kun ! On n'est pas là pour ça…"
"Mais mon coeur…"
"Merci de votre présence Himuro-kun et Takao-kun. Si je vous ai demandés de venir c'est parce que l'heure est grave…"
"Grave ?"
"C'est à propos de Kitty-chan et Aomine-kun."
"Et ?"
"J'ai bien analysé le comportement d'Aomine-kun et je pense qu'il a eu un coup de foudre... "
Tandis que Takao demeura coi de stupéfaction, Himuro explosa de rire.
"Un coup de foudre ? Rien que ça ? Tu es pourtant la voix de la sagesse Kuroko d'habitude mais là je penses que tu dérailles complètement…." souffla le brun mystérieux en séchant les larmes qui venaient de se former au coin de ses yeux.
"Pas du tout. Je connais Aomine-kun depuis longtemps et je commence à avoir l'habitude de son mode de fonctionnement. Je pense que Kitty-chan lui plaît beaucoup… Mais qu'il est trop bête pour s'en apercevoir. Il est dans le déni total."
"Hein ? Mon coeur…. Je suis plutôt d'accord avec Himurocchi… Tu as bien vu tout à l'heure à table…. Ils ne s'entendent pas !"
"Et alors ? Ça ne vous rappelle personne ? Souvenez vous la relation entre Aomine-kun et Kagami-kun quand nous étions au lycée…"
"Maintenant que tu le dis… Ils n'arrêtaient pas de se chercher…"
"Et de se trouver !"
"Dommage qu'ils soient hétéros, ils auraient fait un si beau couple !"
"A d'autres qu'ils sont hétéros ! Ils ont toujours été attirés l'un par l'autre. C'est pas un hasard si ça a finit dans l'arrière cuisine au nouvel an…. Kise, pourquoi tu pleures ?"
"Himurocchi… Tu es cruel ! Kagamichi et Momoicchi forment un si joli couple !"
"Je ne dis pas le contraire et je suis certain que Taiga est très amoureux de sa femme… Mais tu ne m'enlèveras pas l'idée qu'il y a cette espèce d'attirance entre ces deux idiots… Et je pense même qu'ils en ont tout à fait conscience eux aussi."
"Himuro-kun a raison mais c'est pas le sujet. Kitty-chan plaît à Aomine-kun et je pense qu'elle est la candidate idéale pour Aomine-kun !"
"Euh... J'ai peur de comprendre où tu veux en venir Kuroko-kun…"
"Tu as très bien compris Takao-kun, je veux les mettre ensemble."
Un silence de plomb s'abattit sur l'assistance. Takao ouvrit et referma plusieurs fois la bouche sans qu'aucun son n'en sorte. Ce fut Himuro, avec son franc parler habituel, qui tira tout le monde de sa stupeur.
"Oh bordel ! Je sais que tu aimes jouer les marieurs Kuroko mais là j'le sens pas… On a l'habitude des plans foireux avec ton mec mais toi ? Pourquoi tu fais ça ? C'est quoi l'idée ?"
Kuroko ne répondit pas et baissa le regard. Ce n'était pas tant la véhémence du brun qui l'avait touché mais plutôt le sentiment d'être incompris dans ses intentions. Etait-il vraiment le seul à se faire du soucis pour leur ami ? Il était certes plus proche du basketteur que bon nombre d'anciens joueurs de la Génération des Miracles mais même pour eux il devait être évident qu'Aomine n'allait pas bien ces derniers temps. A moins que ça ne leur fusse égal...
"Je crois savoir pourquoi…" dit alors doucement Kise en passant une main dans le dos de son conjoint, effaçant par ce geste tous les doutes de ce dernier. Non il n'était pas seul à s'inquiéter.
"Et ?"
"Et quoi ?" demanda le mannequin comme surpris par la question.
"Bah éclaire nous !"
"Ah çaaaa… Ça serait long à expliquer, mais pour faire court, Tetsuyacchi veut simplement qu'Aominecchi connaisse à son tour le bonheur d'être en couple, comme nous tous."
C'était en effet un raccourci mais oui, Kise avait compris que, sous couvert de se mêler de tout, Kuroko ne souhaitait que le bonheur de leur ami.
"Mouais... Je continue de trouver ça étrange. Mais comme ça peut être fun je veux bien te suivre dans ton délire. Si jamais tu devais avoir raison, je veux pouvoir dire que j'en étais… Par contre qu'est-ce qui te fait dire que Kat serait "la bonne" pour l'autre caractériel ?"
"Hummm…. Niveau tempérament pourquoi pas. Kittycchi a suffisamment de répondant pour se faire respecter… Mais y'a en effet un problème mon coeur."
"Oui ! Kise-kun a raison tu oublies LE problème principal... Jamais l'autre obsédé des gros bonnets ne voudra reconnaître qu'il peut être attiré par des p'tits seins !"
"C'est ce que je pense aussi pour être honnête. Et c'est ce qui expliquerait en partie son comportement depuis hier. Les différentes parties de son cerveau ne sont pas d'accord entre elles et il y a comme un court circuit."
"Mais oui ! Si mon Shin-chan était là il dirait qu'Aomine-kun est dans une situation de stress extrême et que son cerveau réagit en le rendant agressif."
"Gné ?"
"Oui, sous l'effet du stress, notre cerveau libère du cortisol ce qui provoque trois réactions : la fuite, le figement, ou l'agressivité. C'est une question de survie. Le fait qu'Aomine-kun se montre agressif sans raison démontre bien qu'il est en fait stressé. CQFD !"
"Vous devez passer des soirées passionnantes Midorima et toi…"
"Parce qu'avec ton géant ça vous arrive de parler d'autre chose que de basket ou de gâteaux ?"
"Tu serais surpris par l'étendu du savoir d'Atsushi ! Et ce dans plein de domaines… C'est juste qu'il a la flemme de discuter la plupart de temps."
"Gné ? Comment on peut avoir la flemme de discuter ? Comment tu arrives à le faire parler alors ?"
"Disons que je sais comment le motiver !"
"Shhh… Ryota-kun ! Himuro-kun ! On n'a pas toute la nuit."
"Oh c'est bon, Aomine est en train de mater les serveuses en picolant et Kat en train de danser avec son père, ils ne vont pas s'envoler !"
"Dire que pour une fois tu avais accepté de danser avec moi mon coeur… J'espère que ça va aller pour Kittycchi. Elle avait l'air un peu bouleversé…"
"Ne t'inquiètes pas Ryota-kun, tu pourras aller la consoler après mais là il nous faut un plan pour les rapprocher !"
"Quoi ? Ce soir ? C'est pas un peu rapide ?"
"Himurocchi a raison. Pour Kittycchi, je pense que c'est mort pour ce soir. Elle a beau être complètement maso, je la vois mal engager quoi que ce soit avec Aominecchi et encore moins céder à ses avances si jamais il décidait de faire le premier pas, tu sais comment elle est."
"C'est pour ça que j'ai besoin de vous, pour forcer le destin. C'est le moment de faire marcher vos neurones. Qu'est-ce qui pourrait les pousser l'un vers l'autre ?"
Les quatre hommes se regardèrent les uns les autres quelques secondes, fouillant dans leurs souvenirs de sitcoms à l'eau de rose ou faisant tourner leur imagination à plein régime. Ils s'efforçaient sincèrement de trouver LA bonne idée qui conduirait Brenda dans les bras de Dylan.
Ce fut encore Himuro qui se lança le premier.
"Le truc classique, on les fait boire !"
"Impossible, Kittycchi ne boit pas et Aominecchi est bien trop résistant."
"On peut les enfermer quelque part, l'enfermement ça rapproche ! Y'a pas un ascenseur dans cet hôtel ?"
"Bonne idée Takao-kun ! Il y a effectivement un ascenseur dans le bâtiment principal… Mais je doute qu'Akashi-kun nous laisse provoquer un court circuit…"
"Oh dans ce cas, il y a aussi les caves, les placards à balais, les bureaux vides, la salle de pause du personnel, la morgue… Je suis sûre qu'un taré comme Akashi doit avoir une morgue dans chacun de ses hôtels !"
A l'enthousiasme de Takao ne fit écho que le silence de ses amis qui ne savaient pas s'ils devaient être choqués par l'étonnante perspicacité de sa suggestion ou par la diversité des lieux où les deux hommes à blouse blanche semblaient s'amuser à l'hôpital.
"Dis moi Takao-kun, à quoi vous passez votre temps Midorima-kun et toi quand vous êtes au travail ? Je n'ai pas l'impression que ça soit à soigner les gens."
"Je comprends mieux pourquoi vous avez mis une heure à étudier la radio du genou d'Atsushi la dernière fois !"
"En même temps il vient tous les quinze jours ! S'il avait vraiment un problème au genou on le saurait. Il ne vient que pour pouvoir faire une sieste tranquille et vider la réserve de sucettes du service de traumatologie. "
"Ah… Vous aviez compris…"
"Faut pas avoir inventé l'eau chaude pour comprendre. Un coup c'est au genou gauche qu'il a mal, un coup c'est au droit… Des fois ça change en cours de consultation ! D'ailleurs si vous avez besoin de plus de temps tous les deux faut m'le dire j'aimerai bien tester les réserves de la pharmacie mais c'est à l'autre bout de l'hôpital et Shin-chan dit toujours qu'on a pas le temps…"
"Mon cœur, il se passe des trucs étranges dans cet hôpital… Tu ne voudrais pas qu'on aille y faire un tour à l'occasion ?"
"Ryota-kun… Ça dépendra de toi ! Trouves moi une idée géniale pour ce soir et je veux bien étudier la question."
"Yiiiihaa ! C'est pour ça que je t'aime toi !" s'enthousiasma le mannequin, enlaçant Kuroko et lui déposant un baiser dans le cou.
"Hummm hummm…. J'croyais qu'on n'avait pas le temps Kuroko..." leur rappela le brun au grain de beauté qui voulait que les choses avancent pour retrouver son doux géant au plus vite.
"Tu as raison, on s'égare là… On pourrait peut-être les droguer, les mettre dans le même lit et leurs faire croire le lendemain qu'ils sont mariés depuis deux ans ?" suggéra alors l'ancien passeur en se dégageant gentiment de l'étreinte de son conjoint.
"C'est pas un peu too much ? Et puis je n'ai pas pris l'ordonnancier de Shin-chan… Ça va être coton de trouver des médocs assez puissants pour altérer leur mémoire !"
"Nan mais c'est pas con de les mettre à poil… Les mecs, j'crois qu'j'ai une idée viable… Pas le truc le plus original mais ça peut marcher…"
"On t'écoutes Himuro-kun."
Dans les bras l'un de l'autre, Kat et son père s'étaient figés au milieu de la piste, oubliant de danser et savourant simplement de leurs retrouvailles. Quand ils ouvrirent les yeux et revinrent à la réalité, ils réalisèrent que tous les observaient. Un peu gênés, ils se séparèrent pour profiter de la soirée chacun de leur côté. Ils aurait bien d'autres occasions de passer du temps ensemble les prochains jours.
Encore très chamboulée, la jeune kinésitérapeuthe prit le chemin de la terrasse où le calme et l'air frais l'aideraient à retrouver un peu de sérénité. Elle y fut rapidement rejointe par Kise. Pour la réconforter, le blond lui avait apporté une énorme assiette de choux au chocolat qu'il avait vaillamment arrachés des griffes de Murasakibara. Ce dernier s'était en effet autoproclamé surveillant officiel de la pièce montée, refusant de s'en éloigner et regardant d'un mauvais oeil les téméraires qui osaient venir se servir. En bons basketball junkies, Taiga et Satsuki avaient souhaité que le croquembouche mesure précisément trois mètres zéro cinq. Ils auraient dû se douter qu'un tel monument ne ferait qu'alimenter les fantasmes les plus sucrés du doux géant.
"Désolé princesse, j'ai été retenu…Un truc suuuuper important ! Ne me demande pas ce que c'était je ne peux rien te dire… Mais tiens, mange ça va te faire du bien. Et approche un peu que je te refasse une beauté, on dirait que tu viens de passer dans une machine à laver !"
Elle le regarda curieusement. Habituellement, elle ne l'aurait pas laissé s'en sortir si facilement et l'aurait cuisiné pour le faire parler. Elle était douée pour ça, Kise ne savait pas lui résister. Mais ce soir, elle décida de l'épargner, préférant le réconfort immédiat offert par la pâtisserie et les doigts de fée de son ami. Elle se contenta donc de savourer la montagne de choux tout en se laissant pomponner par Kise. Son assiette terminée et son maquillage de nouveau impeccable il l'emmena danser comme il s'y était engagé.
La musique avait retrouvé un tempo plus dynamique et Kat, tourbillonnant dans les bras de son ami, sa jovialité habituelle. Bien qu'elle n'ait absolument aucun sens du rythme, l'Américaine adorait danser. Elle s'amusait et c'est tout ce qui comptait. Kise, d'ordinaire bon danseur, semblait être atteint du même syndrome que sa comparse et se laissait aller à des déhanchés douteux. Le spectacle offert par les deux mannequins valait le coup d'œil. Ils étaient ridiculement beaux et rayonnants, donnant le sourire et l'envie de se joindre à eux.
Sourire aux lèvres et verre à la main, Kuroko les regardait tout en peaufinant mentalement le plan machiavélique censé rapprocher les deux témoins de é l'air détaché de son amant, il savait que ce dernier prenait sa mission à coeur et qu'il ferait tout son possible pour 'occuper' Kat et ne pas la laisser finir la nuit dans les bras de n'importe qui.
Il reporta ensuite son attention vers Aomine et constata que ce dernier continuait de regarder la jeune femme aux cheveux rouges à intervalles réguliers. Et, ça ne manquait jamais, à chaque fois que Kat se tournait dans la direction du basketteur, ce dernier feignait de regarder ailleurs.
Kuroko se dit que finalement, la probabilité que leur plan aboutisse n'était pas si nulle. Il leurs suffirait de veiller à ce que l'un et l'autre ne fassent pas n'importe quoi pendant la soirée et de provoquer la chance lorsque tout serait apaisé le lendemain. L'idée d'Himuro n'était pas si mal après tout.
De son côté, las de n'être qu'un simple observateur, Aomine décida de passer à l'action. S'il ne voulait pas dormir seul à côté d'un Wakamatsu ronflant, il avait intérêt à se trouver une minette au décolleté bien fourni et peu farouche avec laquelle passer la nuit.
La tâche s'avéra plus ardue que prévue. En effet, la majorité des femmes présentes étaient mariées à d'anciens adversaires ou à ses actuels coéquipiers. Malgré son caractère de cochon, Aomine avait des valeurs et aller fricoter avec la femme d'un autre était pour lui une limite qu'il s'interdisait de franchir. Au grand regret de certaines qui ne se gênaient pas pour lui faire toutes sortes de propositions dans le dos de leurs maris.
Il jeta donc son dévolu sur une petite serveuse occupée à réapprovisionner le buffet. Elle n'était pas nécessairement beaucoup plus belle que ses collègues - étrangement Akashi avait toujours eu très bon goût en matière de femme, son personnel féminin semblait avoir été recruté dans une agence de mannequins - mais son chemisier tendu à l'extrême et son tablier de soubrette faisaient beaucoup d'effet au basketteur. Avec un peu de chance, elle accepterait de garder son uniforme pendant leur chevauchée sauvage.
Tandis qu'elle chargeait les assiettes usagées sur son plateau, il s'approcha doucement de la demoiselle. Ne l'ayant ni vu ni entendu arriver, elle sursauta lorsqu'il s'adressa à elle et fit tomber tout son chargement dans un immense fracas. Honteuse et effrayée à l'idée de se faire renvoyer, elle se dépêcha de tout nettoyer. Ignorant les excuses et le sourire désolé du joueur, elle disparut rapidement.
De mémoire d'Aomine, jamais il ne s'était pris un si gros vent. Il en venait même à se demander si toute cette histoire de mariage n'était pas un énorme coup monté pour se moquer de lui. Car oui, dépenser plus de six millions de yens pour lui faire une blague était tout à fait dans les moyens de ses amis…
Pour oublier cet échec cuisant, il décida d'aller offrir une coupe de champagne à la première femme de sa vie : sa mère. Au moins elle serait contente de passer du temps avec son fils adoré !
Alors qu'il s'avançait deux coupes à la main, il s'arrêta net, dépité. Il ne put que regarder Wakamatsu tendre un verre à sa supérieure, qui l'accepta tout sourire. Ce n'était décidément pas son jour. Aomine ne se laissa cependant pas démonter, il avala l'une de ses coupes d'une seule traite (il ne faudrait pas que sa mère pense qu'il lui arrive d'être un fils attentionné) et rejoignit les représentants des forces de l'ordre comme si de rien n'était.
"Désolé si j'vous ai fait attendre Inspect-"
"Wakamatsu !, le coupa vivement Madame Aomine. On n'est pas au travail, appelles-moi par mon nom !"
"D'accord Aomine-san... J'vais essayer."
"Et sinon,tu es sûr de n'avoir rien de mieux à faire que de rester discuter boulot avec ta chef ? Je t'ai vu regarder cette fille un peu plus tôt… Aaaah mais siiii ! Tu veux des conseils pour draguer... Faut pas avoir peur de demander !... Coucou mon chéri, tu passes une bonne soirée ? Viens par là j'allais justement donner un cours de séduction à Wakamatsu ! Tu en as besoin toi aussi !"
"Maman ! Tu sais c'que j'en pense de tes conseils moyenâgeux !"
"Inspec- Aomine-san... Sauf votre respect, pour une fois je suis assez d'accord avec votre fils... Salut Aomine !"
"Salut." répondit froidement le plus jeune.
"Au fait t'as vu ? On partage la même chambre. C'est un message tu ne crois pas ?"
"Un message de quoi ?"
"Eh bien... De Satsuki pour qu'on enterre la hache de guerre. C'est quand même un peu dommage ces vieilles rancoeurs."
"Et depuis quand je dois faire ce que décide Satsuki ?" demanda sèchement Aomine.
"Daiki !"
La mère de famille jeta un regard si noir à son fils que ce dernier ne put que battre en retraite.
"Okay… Pour toi maman je veux bien faire un effort…" se résigna Aomine qui, même s'il ne le reconnaîtrai jamais, avait lui-même été un peu surpris par sa propre agressivité.
"Cool."
"... Mais ça ne veut pas dire qu'on est pote toi et moi ! C'est clair ?" se dépêcha de compléter le basketteur.
"Oh mon fils ! Un pas en avant, douze en arrière ! Enfin, si on peut tous passer une bonne soirée c'est déjà ça. Et sinon, vous êtes sûrs que vous ne voulez pas un p'tit cours express sur l'art de la séduction ?"
"Oui ! Sûr et certain ! " dirent les deux plus jeunes en coeur, provoquant l'hilarité de la joyeuse quadragénaire et prouvant par là même pouvoir s'entendre sur certains sujets !
La discussion continua et dévia rapidement sur la passion commune des deux anciens de Too. Petit à petit le métis se détendit. Wakamatsu suivait de près la carrière de son ancien coéquipier et les superlatifs utilisés pour en parler ne pouvait que mettre du baume au coeur du scorer. Aomine aimait les compliments et finalement peu lui importait qu'ils viennent de quelqu'un qu'il avait détesté tant d'années.
Du côté des danseurs, une petite pause s'avérait nécessaire. Kat et Kise rejoignirent alors Kuroko qui siégeait près du bar où un serveur, champion du Japon de flair bartending, était à la disposition des invités afin de réaliser leurs cocktails préférés. Le jeune homme au cheveux cyan en était à son cinquième verre. Minimum.
"Ça va mon coeur ? Tu es sûr de ne pas vouloir danser un peu ?"
"Ça va parfaitement ! J'aime bien vous regarder et puis ces milkshakes sont vraiment délicieux."
"Milkshake ? Tu me fais goûter ?"
Kise se pencha alors vers la paille tendue de son amant et aspira une gorgée de liquide blanc. Lorsque ce dernier atteignit son palais, le mannequin écarquilla les yeux.
"Tetsuyacchi ! Ce n'est pas un milkshake ! C'est un White Russian à la vanille ! Oh mon dieu mon coeur lève le pied ou tu vas être malade…"
"Mais nooon, tout va bien !"
Et, pour prouver qu'effectivement il était au mieux de sa forme, Kuroko d'habitude si réservé, déposa un baiser sur la bouche de son homme.
Peu habitué aux démonstrations publiques de la part de son conjoint, Kise resta interloqué quelques instants, sourire aux lèvres. Cependant, inquiet de savoir Kuroko, qui ne tenait absolument pas la boisson, à la merci des ravages de l'alcool, il décida d'aller chercher de quoi limiter les dégâts. Il disparu sans laisser le temps à son homme de protester.
"Testu… T'as vraiment de la chance, Ryry est un mec en or !" remarqua Kat, laissant échapper un soupir tout en regardant s'éloigner son ami les yeux brillants.
"Je sais. Mais il est à moi alors bas les pattes."
"Oh come on ! C'est pas comme si tu risquais quoi que ce soit. Je trouve juste que vous êtes vraiment trop mignons tous les deux… Et que des fois j'me dis que ça pourrait être pas mal d'avoir quelqu'un pour prendre soin de moi comme ça."
L'heure était visiblement aux confidences. Kuroko, dont le cerveau commençait à tourner au ralenti, pensa alors que le moment était bien choisi pour entreprendre Kat au sujet du basketteur.Même si leur plan ne devait réellement se mettre en place que le lendemain, il se dit qu'il pouvait en profiter pour commencer à placer ses pions.
Cependant, connaissant le caractère affirmé de la jeune femme et vu ce qu'il s'était passé entre les deux témoins depuis leur rencontre, il allait devoir la jouer fine s'il ne voulait pas la braquer.
"Tu sais, si tu cherches quelqu'un…"
"Nan nan, j'te vois venir… Ne va pas tirer des plans sur la comète, je ne cherches personne."
Mince. Ça commençait mal. Mais c'était mal connaître Kuroko que de penser qu'il allait jeter l'éponge si facilement. S'il n'avait retenu qu'une chose de ses années passées sur un terrain de basket aux côtés de Kagami c'était bien le fait de ne jamais abandonner et de se battre jusqu'à la victoire. Alors il insista.
"D'accord, tu ne cherches personne… Mais disons que si jamais tu tombes par hasard sur un homme nu…"
"Un homme nu ?" Kat commença à le regarder avec méfiance. La question était tordue, même pour Kuroko.
"Oui, un homme nu... Et disons que toi aussi par le plus grand des hasards tu es nue… Et que vous vous retrouvez enfermés quelque part… Disons, par exemple, un sauna ou un hammam..."
"Tetsu… C'est quoi ce plan bizarre ? Tu es sûr que ça va ?"
"Oui j'te dis ! Ça va très bien ! Et il n'y a rien de bizarre. Je veux juste savoir ce que tu ferais si tu te retrouvais nue enfermée avec un homme dans un spa ?"
"Pourquoi tu me demandes ça ? Ooooooh ! Tetsu ! Ne me dis pas que…" Cette fois l'inquiétude était clairement visible dans le regard de la rousse.
"Que quoi ?" demanda à son tour Kuroko, surpris par l'expression soucieuse de son amie.
"Tu as trompé Kise... Avec un homme rencontré dans un spa ?" chuchota-t-elle alors, effrayée par sa propre question.
"Mais n'importe quoi ! Pourquoi tu me demandes ça ?"
Kuroko était choqué qu'elle puisse s'imaginer une telle chose.
"Bah t'as vu les questions que tu me poses ? Désolée de m'inquiéter mais c'est comme quand on pose une question en disant que c'est pour un ami genre 'j'ai un pote qui se demande si c'est normal de saigner du cul après une double pénétration anale', tu vois c'que j'veux dire ?"
"Tes amis sont bizarres Kitty-chan, ils se posent de drôles de questions. Mais ne t'inquiètes pas tout va bien avec Ryota-kun. Et pour répondre à ta question, non ce n'est pas normal, ton 'ami' devrait consulter un médecin. Maintenant réponds juste à la mienne s'il te plait."
Kat, sans se défaire de son air suspicieux, décida d'entrer dans son jeu malgré l'absurdité de leur conversation.
"Disons que ça dépend du mec… Mais s'il correspond à certains critères, je pense que je tenterai certainement un rapprochement."
Kuroko esquissa un sourire un coin et décida de pousser sa chance un peu plus loin.
"Si je te dis grand, cheveux sombres, peau mate, un corps à se damner, le regard ténébreux, un sourire ravageur… Est-ce que ça répond à tes critères ?"
A la description très précise de l'inconnu en tenue d'Adam, le regard de l'Américaine se durcit.
"Tetsu…"
A cet instant, Kuroko se sentit un peu fébrile. Il n'aimait pas la tournure que prenait leur conversation. Kat avait-elle compris ? Aurait-il posé la question de trop ? Il tenta de se rassurer en se disant que c'était impossible : on parlait de la soeur de Bakagami après tout ! Néanmoins, il ne se sentait pas rassuré.
"Kitty-chan ?" demanda-t-il en essayant de maintenir son air innocent.
Ce qui était normalement quelque chose de naturel, lui demandait à cet instant de gros efforts. Cela n'échappa évidemment pas à Kat qui explosa de rire.
"Tetsu ! Tu sais pourtant que je préfère les blonds !" lui rappela-t-elle lorsqu'elle eut fini de rire.
Le soulagement fut immédiat, elle n'y avait vu que du feu. Néanmoins, Kuroko se demandait maintenant s'il était envisageable de décolorer Aomine pendant la nuit. Il devrait en parler avec ses acolytes mais c'était réalisable...
"D'ailleurs, le coupa Kat dans sa réflexion, puisque tu as l'air de vouloir me caser pour la nuit… Parce que bon, j'suis pas totalement stupide, c'est ça ton projet, hein ?"
Kuroko cherchait ses mots mais fut devancé par Kat qui n'attendit pas la réponse pour poursuivre.
"Nan mais peu importe … Dis moi juste si le beau blond là bas, ouais, le mec avec qui Aomine discute. Tu sais s'il est libre et surtout si j'ai ce qu'il faut entre les jambes ? Parce que bon, je n'ai pas envie de me prendre un vent juste parce que je n'ai pas l'équipement requis..."
Alerte ! C'était très mauvais ça ! Il fallait absolument trouver quelque chose pour lui enlever cette idée de la tête. Si elle passait la nuit avec Wakamatsu, vu le passif entre les deux hommes (d'ailleurs, depuis quand arrivaient-ils à discuter sans se hurler dessus ces deux là ?), jamais Aomine ne voudrait la toucher. Ce n'était déjà pas gagné pour lui faire admettre qu'il pouvait être attiré par quelqu'un au physique athlétique - autre que Kagami - mais si en plus il apprenait que Kat avait batifolé dans les fourrés avec l'ennemi…
Voyant la catastrophe arriver, Kuroko tenta de gagner du temps priant intérieurement pour qu'une météorite s'écrase sur l'ancien capitaine de Too.
"Mais… J'croyais que tu ne cherchais personne."
"Bah j'ai changé d'avis…"
Kuroko repensa alors à ses parents. Quelques années plus tôt, après que sa mère ait refusé de repeindre le salon en vert comme son père le suggérait, ce dernier lui avait expliqué l'inutilité de se disputer avec une femme si elle refusait quelque chose. Il suffisait d'attendre qu'elle change d'avis. Effectivement, quelques semaines plus tard, les deux hommes avaient trouvé la mère de famille en train de passer le rouleau en chantant et constellée de gouttelettes de peinture vert olive. Chez Kat, le processus avait simplement été un poil plus rapide. Cela était de bonne augure pour leur plan du lendemain ! Cependant, dans un éclair de lucidité, il se dit qu'il était préférable d'assurer leurs arrières pour ce soir et de contrecarrer les projets nocturnes de son amie. Connaissant les goûts un peu particuliers de l'Américaine, Kuroko décida de miser tous ses pions sur la carte de l'intox.
"Wakamatsu-kun ? C'est le copain d'Imayoshi-kun, un homme très doux et romantique…"
"Ah… Dommage..." laissa-t-elle échapper, forcément un peu déçue.
Kise, à peine revenu, manqua de s'étouffer en entendant ce dernier échange. Ils s'étaient pourtant mis d'accord pour que Kat et Aomine passent la nuit sagement chacun dans leurs chambres en attendant le lendemain. Takao et Himuro étaient en charge de faire peur aux proies de la panthère et d'assurer son ravitaillement en alcool afin qu'il ne soit même plus capable de défaire seul sa boucle de ceinture, tandis que Kuroko et lui devaient assurer une surveillance étroite de l'Américaine… Il ne s'était absenté que cinq minutes, comment avaient-ils pu en arriver là ?
Alors qu'il s'apprêtait à mettre son grain de sel dans la conversation et remettre Kat dans le droit chemin, le personnel de l'hôtel annonça un lâcher de lanternes et invitait les convives à se rendre dans le jardin.
Toute excitée à cette idée, Kat s'élança sans attendre ses deux amis. Elle était un peu déçue de savoir le beau blond gay et casé. Vue sa carrure il aurait fait un partenaire de jeu idéal… Dommage.
D'humeur légère, elle regardait autour d'elle, à la recherche d'une lanterne et d'une potentielle nouvelle cible pour accompagner sa nuit. Maintenant que Kuroko lui avait mis l'idée dans la tête, elle ne pouvait se résoudre à la passer toute seule.
Perdue dans ses pensées, elle ne vit pas l'employé de l'hôtel lui tendre une lanterne et encore moins Wakamatsu s'avancer vers elle un sourire crispé sur le visage.
"Salut. Nous n'avons pas été présentés, je suis Wakamatsu Kôsuke, enchanté." Il avait essayé d'être décontracté mais était finalement resté très formel.
"Salut Wakamatsu Kôsuke. Je suis Kat, la soeur de Taiga." répondit tout aussi formellement la jeune femme surprise par l'initiative de Wakamatsu. La vie de mannequin lui avait appris à repérer les dragueurs et il paraissait clair à ses yeux que le jeune homme ne l'abordait pas dans le seul but de discuter poliment. Suite aux révélations de Kuroko, elle ne comprenait donc pas très bien pourquoi il l'interpellait ainsi.
Après un silence de quelques secondes, Kat lui demanda en souriant : "Et donc, Wakamatsu Kôsuke… Que me vaut le plaisir ?"
Dire que le jeune homme était déstabilisé était un euphémisme. Espérant trouver des informations utiles afin de lancer la conversation, il avait eut la bonne mauvaise idée de faire quelques recherches sur son portable avant de l'aborder. Malheureusement (ou heureusement) pour lui, il avait vite atterri sur le site de son agence de mannequin et il n'avait pas pu faire autrement que de consulter son book. Déjà très sensible à la robe minimaliste que portait Kat ce soir, le pauvre Wakamatsu avait frôlé la rupture d'anévrisme devant ses photos en lingerie fine ou en tenue de yoga ultra moulante. Et, si dans un premier temps les images lui avaient donné le courage de se lancer, maintenant qu'il était face à elle, elles lui revenaient sans cesse en tête et lui brouillent l'esprit.
"Heu… Désolé… C'est que…. Enfin...Il n'y a pas assez de lanternes pour tout le monde… Et heu… J'me demandais… Ça te dit qu'on en envoie une à deux ?" arriva-t-il à bredouiller.
Wakamatsu, dont les joues avaient pris une légère teinte rosée, se trouvait des plus pathétiques. Autant il faisait montre d'un enthousiasme débordant (et bruyant) dans de nombreux domaines, autant il se révélait plutôt discret dans celui de la séduction. A cet instant, il avait envie de disparaître.
"Et ton copain ? Ça ne le dérange pas ? Il ne risque pas de mal le prendre ?"
"Mon quoi ?!"
"Ton petit ami. Ima-euh… Désolée c'est très impoli, mais je n'ai pas retenu son nom."
En une fraction de seconde, l'humeur de Wakamatsu changea du tout au tout. La gêne laissa place à la colère et le rose de ses joues à un un rouge beaucoup plus marqué.
"Nan mais qui t'a raconté ça ? J'suis pas… Enfin j'ai rien contre eux mais c'est pas mon truc… Oh bordel mais ça sort d'où ? C'est Aomine qui t'a dit ça ?"
L'officier, dont le bégaiement avait maintenant disparu, faisait de son mieux pour se contenir et ne pas se ruer tout de suite sur le fils de sa supérieure. Dire que ce dernier avait prétendu un peu plus tôt vouloir faire des efforts et enterrer la hache de guerre… la bonne blague !
Mais pour une fois, Aomine n'y était pour rien.
Kat fut surprise de cette réaction. Surprise et contrariée en réalisant que Kuroko s'était joué d'elle. Pourquoi avait-il fait ça ? Le connaissant, il devait avoir une idée derrière la tête mais si cette idée impliquait de l'empêcher de s'amuser avec qui elle voulait, elle allait lui montrer qui aurait le dernier mot ! Sa décision était prise, elle avait (re)trouvé sa proie, ne lui restait plus qu'à la ramener dans sa tanière. Et vu comment le jeune homme la regardait, cela ne devrait pas être trop compliqué.
"Aomine ? Nan, du tout, j'ai du mal comprendre… A part Ryry et Tetsu c'est la première fois que je rencontre les amis de mon frère. J'ai encore un peu de mal avec les noms" esquiva Kat qui ne voulait pas mettre le joueur fantôme dans l'embarras vis à vis de Wakamatsu. Elle aurait tout le loisir de régler ses comptes avec lui le lendemain.
"Ryry ?"
"Oh pardon. Kise et Kuroko."
"Non sérieux ? Tu les connaissais avant ?"
"Oui ! J'ai rencontré Kise lors d'un shooting… Qui aurait pu deviner qu'il était pote avec mon frère ? C'est incroyable hein ?"
"Carrément… Le monde est si petit !"
"C'est clair ! Mais dis moi, pourquoi tu pensais que c'était Aomine qui m'avait dit que tu es en couple avec…"
"Imayoshi ?"
"Oui. Lui."
"Arf, disons qu'Aomine et moi avons eu quelques différends par le passé…"
"Tu ne l'aimes pas?"
"Nan c'est pas ça… Enfin, quand on jouait ensemble au lycée si j'avais pu lui exploser les dents crois moi je l'aurais fait avec plaisir ! Mais ça aurait été se tirer une balle dans le pied, des joueurs comme lui, et comme ton frère d'ailleurs, ça ne court pas les rues ! Il est hors norme, un putain de génie ! C'est dommage qu'il ne soit pas resté aux States, je suis sûr qu'il aurait pu faire une belle carrière."
"A ce point ? A t'entendre on dirait plutôt que tu l'admires..."
"Ouais, nan, faut pas exagérer non plus ! sourit Wakamatsu. C'est un joueur exceptionnel mais c'est aussi un con exceptionnel par moment ! C'est juste que de l'eau a coulé sous les ponts. J'ai arrêté de m'énerver pour rien. C'est pas comme si on pouvait faire quoi qu'ce soit pour son cas… Mais, pourquoi on parle de lui ? J'ai raté un épisode? Y'a un truc entre vous ?"
"Oula ! Certainement pas !" se défendit Kat. "Tu as raison, assez parlé de lui ! Faisons plutôt décoller cette lanterne. J'ai entendu dire qu'il fallait faire un voeu…"
"Ouais, c'est le principe."
Maintenant qu'il semblait un peu plus détendu, elle allait pouvoir passer aux choses sérieuses. Elle afficha donc son sourire le plus aguicheur avant de continuer d'une voix suave.
"Et vu qu'on en envoie une pour deux, je suppose qu'on doit faire le même voeux si on veut qu'il se réalise."
Wakamatsu, surpris, se figea quelques secondes.
"Euh… Oui, bonne idée." arriva-t-il à formuler, quand soudain on entendit Aomine se plaindre de s'être brûlé.
"Tssss celui-là… J'te propose de faire un voeux pour qu'il lui arrive un truc et qu'il nous foute la paix pour le reste de la nuit…"
Kat rigola gentiment, amusée par son innocence. Elle espérait cependant qu'il le serait moins quand ils se retrouveront seuls. Il risquait, sinon, d'avoir le choc de sa vie.
"Hummm… C'est tentant, mais j'avais pensé à quelque chose d'un peu plus... Personnel ?" proposa t-elle alors en se rapprochant dangereusement de lui.
Wakamatsu commençait à avoir chaud, ses mains étaient moites et sa déglutition difficile. Que suggérait-elle ? Se faisait-il des films ou avait-il bien compris ? Bien sûr, il l'avait abordée dans l'idée de la séduire cependant il s'était attendu à rencontrer un peu de résistance. Avec un physique comme le sien, Kat devait souvent se faire draguer. Il il s'était imaginé devoir ramer pour atteindre son but… Du moins, s'il l'atteignait ! Là, c'était limite trop facile. Etait-on en train de lui jouer un mauvais tour ?
Kat, très amusée par ses réactions, sentit néanmoins ses réticences et décida de ralentir le rythme. La tigresse devait prendre garde à ne pas effrayer la gazelle quand elle était si près de la dévorer.
Assistant de loin à la scène, les quatre comploteurs étaient dans l'expectative, ne sachant comment intervenir. Kuroko paraissait particulièrement touché. Il savait pertinemment qu'il avait une part de responsabilité dans la situation actuelle et n'osait plus interférer de peur de l'agraver. Il jeta un regard triste dans la direction d'Aomine persuadé d'avoir ruiné sa seule et unique chance de trouver chaussure à son pied.
Encore une fois, bien qu'un peu remonté par la maladresse de son conjoint (décidément boire trop ne lui allait pas du tout) Kise sentit son désarroi et lui caressa tendrement le dos. Il tenta de le rassurer comme il pu. Ils finiraient bien par lui trouver la perle rare, celle qui saurait voir que derrière son air méprisant et ses mauvaises manières se cachait un coeur qui ne demandait qu'à aimer. Encore fallait-il percer sa carapace et que le métis lui-même arrête de se mentir.
Tandis qu'Aomine se débattait avec sa lanterne, ses protestations furent interrompues par l'arrivée de Kiyoshi, tout sourire et visiblement une idée derrière la tête. Ce dernier méritait plus que jamais sa réputation de coeur d'acier : ce n'était pas la dizaine de râteaux pris au cours des derniers mois qui avaient altéré sa motivation. Au contraire. Son regard déterminé semblait dire : ces fesses je les veux et je les aurai ! Et, étrangement, Aomine ne s'enfuit pas à toutes jambes comme il avait l'habitude de le faire. Peut-être était-ce dû à son état d'ébriété avancé mais le fait est qu'il se détendit instantanément et accepta volontier l'aide de l'ancien pivot de Seirin.
Bien qu'un peu surpris par la tournure des événements, et même si rien ne présageait encore que Kiyoshi arriverait à ses fins, les quatre hommes s'adressèrent un regard entendu. Ils avaient eu la même idée. Pourquoi ne pas pousser leur ami dans les bras de Kiyoshi pour la nuit ? Il leur suffirait de faire en sorte que le basketteur ne se rende compte de rien pour Kat et Wakamatsu et ils avaient gagné : soit le basketteur appréciait l'expérience et de nouveaux horizons s'ouvraient à lui, soit il se réveillait avec la gueule de bois, le dos endolori et son son ego en miettes. Autrement dit : la fin du monde. Et dans ce dernier cas, le convaincre d'aller se consoler dans les bras de Kat (aussi mammairement décevante soit-elle) devrait s'avérer plus facile ! Un sourire démoniaque apparut alors sur leurs visages. Cette alternative ne venait absolument pas contrecarrer leur plan du lendemain, au contraire, une solution supplémentaire s'offrait à eux.
"Mesdames et messieurs, à mon signal vous allez pouvoir lâcher vos lanternes." intervint un membre du personnel de l'hôtel.
"Faut qu'on se décide, reprit Kat, j'veux dire, pour le voeux !"
"A toi l'honneur" répondit alors poliment Wakamatsu qui refusait toujours de croire en sa chance.
"Ecoute, commença la jeune femme en rapprochant jusqu'à poser sa main libre son bras musclé, tu es un grand garçon, je vais pas passer par quatre chemins..."
Buvant la moindre de ses paroles, Wakamatsu ne sentit pas immédiatement les doigts de Kat sur sa peau. Lorsqu'il réalisa qu'elle était en train de le toucher son coeur rata un battement. Comme pour beaucoup de Japonais, la proximité physique était quelque chose que le beau blond gardait pour son cercle familial et quelques amis très proches. Alors être touché, non caressé même (oulaoualoula… Pourquoi bougeait-elle sa main comme ça ?), par une quasi inconnue et en public de surcroît avait de quoi sérieusement le perturber.
"Je disais donc, reprit l'Américaine en se mordillant la lèvre, mon souhait pour ce soir serait de pass-"
"Alors Sergent… On se fait draguer ?" les interrompit madame Aomine, hilare d'avoir réussi à faire sursauter son jeune collègue.
En entendant la voix de sa supérieure, Wakamatsu sentit son estomac se nouer. Il aurait dû s'en douter, c'était trop beau pour être vrai… Volontairement ou non, la dynamique quadragénaire était sur le point de tout saboter et ce constat l'affolait complètement..
"Détends-toi Wakamatsu… Je ne suis pas venu t'embêter, je passais juste par là, je cherche monsieur Kagami ! Amusez-vous bien les jeunes et surtout protégez-vous !" lança-t-elle en s'éloignant après avoir capté la panique dans le regard de son poulain.
Toujours un peu fébrile, Wakamatsu se retourna vers l'Américaine dès sa chef eut disparu. Il s'apprêtait à excuser son comportement en bégayant mais la jeune femme l'interrompit avant même qu'il n'ait pu prononcé une syllabe.
"Sergent ? Tu es flic ?"
"Ouais... ça te pose un problème ?" répondit Wakamatsu sur la défensive.
Les seuls à lui poser cette question habituellement étaient les dealers qu'il appréhendait dans les rues de Kabukicho habillé en civil et ces derniers avaient la fâcheuse manie de partir en courant sans attendre sa réponse.
Mais, au lieu d'une course poursuite à en perdre haleine, c'est un immense sourire que Kat offrit au jeune homme.
"Oh mais pas du tout ! Au contraire…"
Etrangement, cette réponse ne tranquilisa pas le policier. Le sourire de Kat à cet instant lui rappelait beaucoup trop celui de son ancien capitaine à lunettes, un peu trop sadique à son goût. Elle ajouta plus doucement, presque en chuchotant :
"Et donc tu as des menottes ?"
"Euh oui… Pour-"
"Tu les as apportées ?" le coupa-t-elle, de plus en plus impatiente.
"Euh non… Quel genre de flic apporte ses menottes à un mariage ?"
"Un flic qui aurait envie de... S'amuser !" répondit la rousse d'un ton suggestif, laissant clairement entendre de quel genre de jeux elle voulait parler.
Les neurones de Wakamatsu mirent quelques secondes à se connecter mais une fois que l'information fut correctement assimilée, il resta hébété incapable de formuler une réponse intelligible. Non il n'hallucinait pas, c'était bel et bien son jour de chance.
"Hey, c'est pas grave, on trouvera autre chose… D'ailleurs ça va être le bon moment ! Dès que les lanternes s'envolent, on file. Tout le monde sera focalisé sur le ciel et personne ne nous remarquera..."
A peine Kat eut-elle fini sa phrase qu'un coup de sifflet retentit et des dizaines de lanternes commencèrent à s'élever dans le ciel étoilé. Kat attrapa la main de Wakamatsu toujours muet et l'entraîna rapidement vers l'hôtel.
"On va dans ta chambre. C'est quoi le numéro ?"
Aucune réponse. Wakamatsu n'avait toujours pas retrouvé la parole et se contentait de suivre la jeune femme, hypnotisé par les ondulations de ses hanches à chacun de ses pas.
"Ou si tu préfères on peut trouver un bureau vide si tu ne veux pas qu'on défasse ton lit… Regardes, il y a celui d'Akashi, j'y suis allée hier…"
En prononçant ces paroles, Kat poussa doucement la porte du grand bureau et, alors qu'elle s'attendait à entrer dans une pièce noire et vide, elle s'aperçut que c'était loin d'être les cas.
Au milieu de la pièce, à peine éclairée par une petite lampe posée sur le bureau, se trouvait Akashi, nu, les yeux clos, assis dans son fauteuil en cuir et savourant de tout son être la fellation prodiguée par son assistant personnel. Ce dernier, totalement dévêtu également, faisait preuve d'une dextérité certaine. Alors que sa bouche était affairée à lui procurer milles plaisirs, l'une de ses mains caressait amoureusement le corps pâle de l'empereur tout en se préparant pour la suite des événements. Un tube de lubrifiant était posé au sol.
Kat s'arrêta net et les contempla une seconde. Cependant, malgré tout l'intérêt qu'elle portait à la scène se déroulant sous ses yeux dont elle n'aurait pas été contre de voir la fin, elle se rappela qu'elle avait mieux à faire et fit demi-tour discrètement..
Ayant enfin repris ses esprits, Wakamatsu lui adressa un regard interrogateur. Il était à présent curieux de savoir ce qu'il se tramait dans cette pièce et inquiet qu'elle ait pu changer d'avis.
"Qu'est-ce qui s'passe?" demanda-t-il en essayant de camoufler son inquiétude.
Pour seule réponse, Kat le plaqua sans préavis contre le mur et l'embrassa sans plus de cérémonie. Très rapidement sa langue se fraya un chemin jusqu'à sa consoeur. Elle écrasa ses hanches contre celles de sa victime provoquant une réaction intéressante dans son pantalon.
Elle se recula et plongea son regard brûlant dans celui du jeune homme.
"Maintenant que j'ai toute ton attention, c'est quoi ton numéro de chambre ?"
Wakamatsu se concentra de toutes ses forces pour rester opérationnel et formuler sa réponse.
"308."
"Très bien sergent… Conduisez moi à la chambre 308 dans ce cas…"
Sans se demander pourquoi elle se mettait subitement à le vouvoyer, l'officier s'exécuta et la conduisit à destination. Alors que Wakamatsu s'apprêtait à ouvrir sa chambre avec sa carte magnétique, Kat lui arracha des mains et planta son regard carmin dans ses yeux surpris.
"Ecoute, je ne savais pas que t'étais flic quand je t'ai choisi mais maintenant que je le sais je ne vais pas me retenir… Tu as dû suivre des cours d'autodéfense ou tu dois pratiquer un sport de combat pour ton taf, nan ?"
"Humm... Ouais mais pourquoi tu veux savoir ça ?"
"Pour faire court, disons que j'aime bien quand ça fait mal…"
Face au regard ahuri du jeune homme, elle se sentit obligée d'apporter quelques précisions. Il ne faudrait pas qu'il se ravise maintenant.
"Nan mais pas trop non plus, hein ?"
Ceci n'était qu'un demi mensonge mais Wakamatsu n'avait pas besoin de le savoir. Du moins, pas tout de suite. L'essentiel était d'obtenir son consentement et de s'assurer qu'il joue le jeu.
"Donc, reprit-elle d'une voix plus suave que précédemment et en s'approchant de lui, si tu es d'accord, on va jouer un peu… Imaginons que je suis une dangereuse criminelle et que j'ai besoin d'être maîtrisée par un flic sexy… Et musclé…"
Tout en prononçant ces paroles elle promena ses doigts fins sur les bras puissants du jeune officier, lui provoquant des frissons de plaisir. Voyant que l'idée ne le rebutait pas complètement, elle descendit doucement sa main jusqu'à sa boucle de ceinture, détaillant en chemin chaque muscle de son torse à travers le tissu fin de sa chemise.
"Maîtrisée ?" demanda alors le blond la bouche sèche.
"Hum, hum… Mais je te préviens, ajouta-t-elle doucement sans le lâcher des yeux, je vais me défendre… Il va falloir… Me contenir. Si tu fais ça bien, je te promets un pied d'enfer…. Sinon, tu finiras juste avec quelques bleus… tu en penses quoi ?"
Wakamatsu n'avait jamais été chauffé comme ça. Même pendant ses rondes dans le quartier de Kabukicho, il n'avait jamais été 'sollicité' de la sorte par les filles de petites vertues qui s'y trouvaient à tous les coins de rues... Il était déboussolé. Il avait pourtant beaucoup observé la jeune femme pendant la cérémonie avant d'oser l'aborder, et non seulement elle était sublime mais elle avait tout ce qu'il aimait chez une fille : un air doux et… Normal ! Déjà, quand ils avaient commencé à discuter une petite alarme s'était allumé dans un coin de sa tête, mais jamais il n'aurait imaginé que c'était 'à ce point'. C'était quoi ce changement de personnalité ? A cet instant précis, il ne savait plus trop s'il devait fuir ou foncer.
Kat semblait lire dans ses pensées et comprendre son hésitation. Elle descendit alors sous la ceinture et vint flatter son érection à travers ses vêtements. Comme escompté, ce geste fit voler les dernières barrières du beau flic en éclat. La fuite n'était plus d'actualité.
"Okay okay j'ai compris, arriva-t-il à articuler. J'ai jamais fait ça mais je peux m'adapter… Dis-moi juste comment je saurais si ça va trop loin ?"
"T'inquiètes pas, tu sauras…" lui chuchota Kat, ravie, avant de venir l'embrasser. Un baiser torride. Elle le conclut en lui mordant la lèvre inférieure jusqu'au sang tandis qu'elle se reculait pour ouvrir la chambre. La serrure déverrouillée, elle le poussa à l'intérieur sans ménagement et claqua la porte derrière eux.
