Bonjour à toutes et tous
J'ai bien conscience qu'une éternité s'est écoulée depuis la publication du dernier chapitre... Je ne m'étalerai pas ici du pourquoi du comment mais sachez que je suis désolée de ne pas pouvoir publier plus et plus vite, j'espère que vous n'aurez pas décroché depuis le temps et que vous apprécierez ce chapitre.
Pour vous éviter d'avoir à relire les chapitres précédents, voici un petit récap de ce qu'il s'est passé juste avant (vous n'en aurez peut-être pas besoin si vous découvrez cette fic mais tant pis :p )
Kagami a joué en NBA et s'est blessé, il a du rentrer au Japon. Il s'est marié avec Momoi quelques mois plus tôt. Le mariage s'est déroulé dans un hôtel appartenant à la famille Akashi du côté d'Okinawa. Nous avons fait la découverte de Kat, soeur jumelle de Taiga (quand leurs parents se sont séparés, notre tigrou préféré est parti vivre avec son père tandis que Kat est resté avec sa mère et a complétement disparu des radars). Kat, jeune diplômée en kinésithérapie vivant à New York, s'avère être amie avec Kise (sans savoir que ce dernier et son frère se connaissaient) puisque pour financer ses études elle était mannequin. La première rencontre avec Aomine s'est très mal passée. Il s'est comporté comme un goujat avec elle et elle le lui a bien rendu. A ce jour, on ne sait pas trop pourquoi Aomine a fait ça... il est mal dans sa peau depuis quelques temps... Dans le chapitre précédent, Aomine s'est blessé à la cheville et doit se reposser et faire de la rééducation...
Après ce résumé complétement claqué... je vous laisse savourer la suite.
Un immense merci à Kuro pour son œil de lynx et ses conseils avisés, les chapitres n'auraient pas tout à fait la même tête sans elle. 3
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23 décembre
Quand son pied se posa sur le terrain, le couinement familier des baskets sur le bois vernis résonna à ses oreilles. Le docteur Tsukishima n'avait pas menti, Aomine était de retour sur le parquet pour Noël.
A cette pensée, le joueur esquissa un sourire amer.
Alors qu'il reprenait sa marche, la douleur se réveilla, lui rappelant cruellement sa condition en lui arrachant une grimace.
Sur un coin du terrain, protégé par de la moquette bon marché, des tables avaient été dressées. Elles étaient garnies de petits fours, de décorations scintillantes et de coupes pleines de boissons en tout genre. Joueurs et membres du staff fêtaient ensemble cette fin d'année et le début de la trêve hivernale. Toute l'équipe était présente et chacun, sourire aux lèvres, semblait passer un bon moment.
Personne n'avait encore remarqué sa présence et Aomine se demanda pour la vingtième fois depuis qu'il avait quitté son appartement pourquoi il avait accepté de venir. Pendant une seconde, il pensa même à faire demi-tour et rentrer chez lui.
Malheureusement pour lui, la vivacité de son meneur ne lui en laissa pas le temps. De l'autre côté du terrain, Sakai venait de le repérer et agitait déjà les bras pour le saluer.
"Yo Aomine-sempai ! Ça faisait longtemps ! Ça fait plaiz de te voir !"
Aomine n'avait clairement pas envie d'être là ni la tête à faire la fête. Mais, Satsuki lui avait fait promettre de passer arroser la fin d'année avec son équipe… Et une promesse était une promesse.
Pour autant, il ne comptait pas s'attarder outre mesure. La jeune femme lui avait expliqué avoir une annonce à faire à l'équipe et que sa présence était requise, alors il était là. Mais, dès qu'il aurait entendu les banalités habituelles qu'elle avait à partager, il rentrerait rapidement chez lui continuer son marathon de séries, tout en faisant son marché sur la première application de rencontre qui lui passerait sous les doigts.
Alors qu'il s'avançait en boitant légèrement, les regards de ses coéquipiers se posèrent sur lui et les sourires se figèrent.
Si le jeune meneur, Hiroki Sakai, avait un enthousiasme à toute épreuve, ce n'était pas le cas de tout le monde et certains des joueurs ne savaient visiblement pas trop sur quel pied danser en présence de la star de l'équipe.
Riko sentit la tension monter subtilement à l'arrivée d'Aomine mais elle se réjouit de le voir. Il avait fait l'effort de venir et c'était un énorme progrès pour l'équipe. La dernière fois qu'il avait mis les pieds dans le gymnase, il y un peu plus d'un mois, sa visite avait marqué les esprits.
En plein soin avec le kiné du club, le joueur s'était emporté. Des cris s'étaient fait entendre, les insultes avaient fusé et le soignant avait quitté les lieux en claquant la porte pour ne plus jamais revenir. De son côté, Aomine était resté chez lui pour éprouver sa propre méthode de rééducation, persuadé d'obtenir ainsi de meilleurs résultats.
Bien que peu enthousiaste à l'idée de faire traîner le rétablissement de son meilleur joueur (le laissant une fois de plus obtenir ce qu'il voulait) la coach de l'équipe avait pourtant laissé faire, le temps pour elle de réfléchir à la situation.
Mais les jours passaient et aucune solution convenable ne lui venait. Ce n'est qu'une grosse semaine après la démission du kiné, que Satsuki lui avait présenté son plan de la dernière chance et Riko s'était laissée convaincre.
Même si la manager avait su trouver les mots pour la faire adhérer au projet, Riko n'était pas sereine pour autant. La situation l'inquiétait beaucoup et avait un impact non négligeable sur la qualité de son sommeil. Elle savait que si la solution proposée par Satsuki ne fonctionnait pas, une décision allait devoir être prise. Recruter un joueur pour remplacer Aomine devenait une hypothèse de plus en plus tangible… Bien que compliquée également.
En effet, les joueurs du calibre d'Aomine ne couraient pas les rues. Si seulement Kagami acceptait de se remettre au basket… Même diminué par rapport à son niveau en NBA, il dominerait le championnat japonais, elle en était persuadée.
Néanmoins, la question ne se posait pas encore et elle voulait rester optimiste. Elle avait choisi de faire confiance à Satsuki et à son intuition, alors autant aller jusqu'au bout. De toute façon, les choses allaient commencer à bouger de manière imminente.
Décidée à profiter de cette soirée, elle respira un grand coup pour évacuer son stress et salua Aomine arrivé à sa hauteur. Il lui répondit en marmonnant, visiblement plus soucieux de se trouver quelque chose à boire que de dire bonsoir à son équipe.
"Ça va mieux ? T'as pas pris tes béquilles ?" demanda Aoi, l'un des pivots.
"Pas besoin, j'suis presque guéri !" répondit Aomine avec véhémence entre deux gorgées de champagne.
Son interlocuteur lui lança un regard dubitatif. Todo Aoi n'était certes pas une lumière mais il n'était pas né de la dernière pluie. Il voyait très bien que son coéquipier était loin d'être guéri. En attestait, entre autres, sa démarche bancale. Cependant, le pivot préféra se taire plutôt que de se lancer dans un débat stérile avec le concerné. Qui sait comment Aomine pouvait réagir ? Passionné de jeux vidéo et sachant que le scorer passait beaucoup de temps sur sa console ces derniers temps, il préféra abandonner le sujet de la blessure pour celui des nouveautés vidéoludiques.
Après une demi-heure de discussion sans intérêt, Aomine commençait à s'impatienter de ne pas voir Satsuki arriver.
Sérieux... C'est elle qui a insisté pour que j'me pointe… Elle fout quoi là ? La moindre des choses quand on donne un rendez-vous à quelqu'un c'est de se pointer à l'heure ! Elle a intérêt à avoir une excuse en béton sinon elle va m'entendre…
De plus en plus agacé, il enchaînait les verres en se demandant une fois encore s'il ne ferait pas mieux de rentrer chez lui, et tant pis pour la promesse, Satsuki n'avait qu'à être à l'heure.
Sentant sa tension, Riko essaya de temporiser. Elle lui expliqua que Satsuki avait eu une course très importante à faire à la dernière minute et lui demanda d'être un peu patient, lui promettant une surprise de taille. La curiosité d'Aomine sembla alors l'emporter parce que cette histoire, bien qu'inventée de toute pièce, eut l'effet escompté. Néanmoins, malgré l'assurance affichée, Riko n'en menait pas large et espérait que la manager ne tarderait pas.
Les membres du staff, joueurs ainsi que leurs proches semblaient quant à eux s'amuser. Certains essayaient d'inclure Aomine dans leurs discussions mais, face au faible enthousiasme de ce dernier, elles tournaient court. Il répondait par oui ou par non et ne se gênait pas pour faire sentir à ses interlocuteurs que leurs opinions ne l'intéressaient pas.
Ce fut après sa septième ou huitième coupe de champagne qu'il décréta en avoir assez d'attendre et se décida à appeler un taxi, peu importe la taille de la soi-disant surprise qui l'attendait.
Il était en train de se connecter à l'appli quand il entendit la grande porte métallique du gymnase se refermer. Souriante, Satsuki se dirigea tranquillement vers eux… Suivie de près par une silhouette longiligne, emmitouflée dans une énorme doudoune noire et coiffée d'un bonnet assorti à son écharpe.
Tous les regards s'étaient tournés vers les deux nouvelles venues.
"C'est pas trop tôt" lâcha alors Aomine, acerbe et décidé à faire savoir ce qu'il pensait de l'arrivée tardive de son amie.
"Désolée Dai-chan… Il y avait des travaux sur la bretelle de sortie de Narita, on a dû faire un détour" expliqua simplement la jeune femme trop contente de le voir là pour l'envoyer balader après sa remarque déplacée. Elle n'avait pas à se justifier de son emploi du temps.
"Narita ? Qu'est-ce que tu foutais à l'aéroport ?" demanda-t-il curieux.
"Je…" hésita t-elle avant de reprendre fébrile, "Je suis allée chercher notre nouvelle kiné… Surprise !"
Malgré sa détermination apparente, son sourire crispé et son ton faussement joyeux trahissaient son appréhension. Elle retenait sa respiration, se demandant comment Aomine allait réagir.
"Comment ça, surp… "
La fin de la question mourut dans la bouche d'Aomine alors que son regard se posait enfin sur la deuxième personne. Elle enlevait son manteau. Puis son écharpe. Puis enfin son bonnet, laissant alors s'échapper une cascade de longs cheveux rouges.
"Oooooh... Non non non… Satsu… Dis moi que c'est une blague ? Dis moi qu'elle est juste venu passer Noël avec vous ?"
La voix d'Aomine tremblait, son regard était empli de colère et de tristesse. Poings et mâchoire serrés, il espérait sincèrement que cette blague de mauvais goût en était vraiment une. Ça devait en être une. Satsuki ne pouvait pas lui avoir fait ça…
Il attendit. Peut-être un "mais oui c'est une blague !" ou "oh tu verrais ta tête !"... N'importe quoi qui prouverait qu'il s'agissait d'une plaisanterie.
Mais rien ne vint. Satsuki resta simplement silencieuse.
Aomine eut alors l'impression que le sol se dérobait sous ses pieds. Un goût amer envahit sa bouche. Il avait envie de vomir. Il avait envie de hurler. Il avait envie de tout casser. Il sentait les larmes commencer à monter.
Sa fierté fût la seule à l'empêcher de s'humilier en cédant à sa colère et sa tristesse. Mais ce sentiment de trahison qui le submergeait petit à petit était bien plus douloureux que toutes les entorses du monde. Comment avait-elle pu ?
Depuis qu'il avait fait la rencontre de Kat, sa vie n'avait été qu'une succession de malheurs. Il ne savait pas ce qui clochait avec cette fille mais elle avait définitivement une aura diabolique… Pour preuve, la première fois qu'il avait posé les yeux sur elle, il avait senti comme une décharge électrique lui traverser le corps… Si ce n'était pas là la preuve d'une quelconque forme de sorcellerie, alors il n'y comprenait plus rien. Le basketteur était persuadé qu'elle lui avait jeté un sort et il la tenait pour responsable de sa blessure trois mois plus tôt. Il ne voulait pas d'elle dans sa vie, ni de près, ni de loin. Peu lui importait qu'elle était la sœur jumelle de son meilleur ami, elle était devenue un sujet tabou.
Le voyant blêmir, Satsuki se sentit soudain affreusement coupable et commença à douter de son plan. Bien-sûr, elle savait qu'il ne serait pas ravi de voir Kat mais elle ne s'était pas attendu à cette réaction. Pour ceux qui ne le connaissaient pas aussi bien qu'elle, il faisait juste son "Aomine". Mais elle, elle qui était près de lui depuis leur plus jeune âge. Elle qui était plus qu'une soeur. Elle qui l'avait vu souffrir pendant tant d'années. Elle venait de voir le reflet de son âme se briser dans ses yeux. Ce regard, dans lequel la douleur était si présente, elle le connaissait que trop bien… Daiki venait de sombrer. Par sa faute.
Cependant, si elle avait pris cette initiative c'est qu'elle n'avait pas d'autre solution. Elle avait retourné le problème dans tous les sens et au vu des circonstances, c'était le meilleur plan qu'elle avait pu mettre sur pied. Depuis cet été et surtout depuis sa blessure, elle voyait son ami sombrer de plus en plus profond dans les ténèbres… Il se refermait sur lui-même, passait de moins en moins souvent à l'improviste, ne répondait presque jamais à ses appels et devenait agressif à la moindre contrariété. La situation était préoccupante, plus encore que pendant leur adolescence. Il était en train de saboter sa carrière et toute sa vie avec.
Sans parler de son hygiène de vie inexistante et de son rapport aux autres au sein du club. En moins de trois mois il avait réussi à pousser à la démission les deux kinés en charge de l'équipe et ceux qu'ils avaient tenté de recruter pour leur succéder n'étaient guère restés plus de quelques jours, n'ayant aucune envie de s'occuper d'un joueur imbuvable, insultant et peu conciliant dans sa propre guérison. L'univers du basket professionnel étant petit à Tokyo, ils n'avaient ensuite réussi à recruter personne tant la réputation d'Aomine, et par extension du club, était atroce.
Alors, quand Kat l'avait appelée pour lui demander les coordonnées de Midorima afin de faire son stage de spécialisation au Japon, Satsuki avait échafaudé un plan. Elle avait proposé à l'Américaine de venir effectuer son stage au club en partenariat avec le centre d'entraînement familial tenu par le père de Riko.
Kat avait alors accepté sans trop se poser de question, trop heureuse de pouvoir exercer son métier dans un cadre moins formel et de passer du temps avec sa belle-soeur.
"Non Dai-chan, ce n'est pas une blague… Kat va rester avec nous jusqu'au mois de juin et l'une de ses missions est justement de te remettre rapidement sur pied" répondit enfin Satsuki la voix vacillante.
"Wait… Wait a minute…" intervint alors l'Américaine restée silencieuse jusqu'alors. "C'est lui le joueur dont je dois m'occuper en priorité ?"
A l'instar d'Aomine, Kat tombait des nues. Satsuki n'avait pas été des plus honnête avec elle non plus. Cependant, elle ne ressentait aucune colère, simplement une grande surprise.
Se demandant si elle n'avait pas raté une information dans les explications de sa belle-soeur, elle repensa aux discussions qu'elles avaient eu ces deux dernières semaines, ainsi que celles avec son frère.
Oui, elle savait qu'Aomine jouait dans l'équipe de Satsuki.
Oui, elle avait appris en septembre qu'il s'était blessé.
Mais non, à aucun moment elle n'avait fait le rapprochement entre sa venue au Japon et la situation d'Aomine !
Voyant cela, Satsuki avait bien fait attention à ne pas trop entrer dans les détails, espérant que la sœur de Taiga serait aussi naïve que lui…
"Holy shit !" lâcha-t-elle dans un souffle quand elle comprit enfin la situation.
Kat lança alors un regard blasé mais sans animosité à sa belle-soeur lui signifiant qu'une petite conversation entre femme s'imposerait plus tard.
Pour l'heure, même si l'évènement était informel, elle était sur son lieu de travail et elle tenait à se montrer professionnelle en présence de Riko, son employeur, ainsi que du reste de l'équipe, ses futurs patients. Elle avait travaillé trop dur pour en arriver là et refusait que son ressentiment à l'égard d'Aomine vienne ternir la fin de ses études.
Prenant une grande inspiration, la jeune femme s'arma de son plus beau sourire, celui qu'elle gardait habituellement pour les photographes, et s'avança vers Aomine.
"Salut. Désolée pour ma réaction qui a pu te sembler un peu déplacée… J'ai simplement été surprise… Et euh… J'suis un peu crevée du voyage… J'suis sûre qu'on va faire du bon boulot ensemble."
À côté d'elle, Aomine fixait toujours Satsuki, imperméable à ses paroles. C'est seulement quand elle lui tendit la main pour le saluer à l'occidentale qu'il réalisa qu'elle s'adressait à lui.
Il baissa alors les yeux vers cette main tendue. Regarda de nouveau Satsuki. Puis revint sur Kat. Satsuki. Kat.
Et sans un mot, il se détourna pour prendre la direction de la sortie.
Kat, comprenant qu'il ne lui serrerai pas la main, avait baissé la sienne mais était restée silencieuse. Si elle pouvait parfois manquer de lucidité, elle avait compris en croisant son regard qu'Aomine était profondément blessé. Bien que trouvant sa réaction excessive et un peu vexée d'avoir été ignorée ainsi, elle n'avait pas eu envie de titiller son égo. Ce n'était plus le moment de jouer. Même elle, ne tirait pas sur les ambulances. Elle le regarda simplement, décontenancée, marcher vers la sortie.
"Désolée pour ça… Tu dois m'en vouloir…" intervint Satsuki mal à l'aise.
Sachant que toute tentative de retenir Aomine à cet instant se solderait pas une réaction cataclysmique, elle avait préféré le laisser partir et se concentrer sur Kat.
La jeune femme ne répondit rien, ne lâchant pas Aomine des yeux. Lorsque la porte claqua elle se tourna enfin vers sa belle-sœur.
"Je sais que je commence que le deux mais est-ce que tu peux me passer son dossier médical avant… J'ai des choses à checker."
Voir Aomine partir en boitant avait éveillé sa curiosité de thérapeuthe. Occultant la fatigue, ce qu'il venait de se passer et son ressentiment pour le joueur, elle se laissa aller à ses réflexions cherchant déjà à diagnostiquer son patient.
"Hey ! Salut Kat ! Bienvenue parmi nous et désolée pour cet accueil un peu chaotique… J'espère que tu as fait un bon voyage !"
Kat mit quelques secondes avant de réaliser qu'on s'adressait à elle.
"Salut Riko et oui oui, thanks, tout s'est très bien… " répondit-elle de manière laconique.
Elle regarda autour d'elle et voyant tous ces visages qui la regardaient fixement, la réalité se rappela à elle. Le Japon, son frère, Satsuki, le stage, le basket et… l'équipe ! Les présentations n'avaient pas encore été faites. Tout était allé très vite et fatigue aidant, elle avait comme déconnecté quelques instants.
"Viens, je vais te les présenter… En plus cette année, nous avons un de tes compatriotes dans l'équipe !"
24 décembre
"Tu es sûr que tu ne veux pas prendre la chambre ? J'peux dormir sur le canapé, ça ne me dérange pas…"
"Oui, je suis sûr. Tu as toutes tes affaires, je ne vais pas te les faire ranger pour trois nuits et mon hôtel est à deux cent mètres…"
"Mais quand même… Si Tai m'avait dit que tu venais j'aurais attendu un peu avant de vider complètement ma valise ! Et j'aurais prévu un cadeau aussi..." répondit Kat en lançant alors un regard accusateur à son frère qui tentait de jouer les innocents.
"C'est moi qui lui ai demandé de ne rien te dire, je voulais te faire la surprise !"
Satsuki, Taiga, Kat et leur père fêtaient le réveillon de Noël tous les quatre dans l'appartement du couple. Kagami Ishiro avait voulu faire la surprise à sa fille et était arrivé de Los Angeles quelques heures plus tôt. C'était leur premier réveillon ensemble depuis presque 20 ans et l'homme d'affaires n'aurait raté ça pour rien au monde.
Kat était aux anges. En plus de la présence de leur père, Taiga avait pu prendre deux jours de congés et Satsuki leur avait prévu plein d'activités à faire en famille. Même si le temps perdu ne se rattrape jamais, ces fêtes de fin d'année avaient une saveur toute particulière pour les jumeaux et leur père. Kat aurait voulu que cette parenthèse enchantée dure un peu plus de deux jours mais les deux hommes ne pouvaient pas s'absenter plus longtemps de leurs activités professionnelles respectives. D'ailleurs, pour pouvoir bénéficier de ces congés exceptionnels, Taiga avait dû sacrifier son réveillon du nouvel an. D'astreinte ce jour-là, il ne pourrait donc pas participer à la fête à laquelle ses amis l'avaient convié. Il était donc prévu que Kat fêterait le nouvel an en compagnie de Kise et Kuroko, dans un club que le blond affectionnait particulièrement. Kise lui avait expliqué, clin d'œil à l'appui, que la soirée était organisée par son agence et qu'il y aurait beaucoup de mannequins avec lesquels il travaillait. Kat se demandait si elle devait en profiter pour se trouver quelqu'un avec qui finir la nuit ou si elle devait se montrer plus corporate avec ses amis condamnés à se la jouer "just friends" toute la soirée…
"Hey, les filles… À quoi vous pensez ?" demanda soudain Taiga.
Les deux jeunes femmes se tournèrent vers lui avant de se regarder, surprises.
Kat rigola et botta en touche. Elle n'avait pas envie de partager le fond de sa réflexion avec son frère ET son père…
"Rien d'important… Je pensais juste à la semaine prochaine et à la soirée à laquelle Ryry m'a invitée pour le réveillon. Les rares fois où je l'ai laissé choisir où sortir à New-York ça a été épique… T'es sûre que tu veux pas venir Satsu ? Ce n'est pas parce que Taiga est d'astreinte que tu dois pas sortir t'amuser… Hein Tai, dis lui toi ?"
"Mais j'lui ai déjà dit, qu'est-ce que tu crois ? Que j'suis le genre de mari jaloux à vouloir garder ma femme sous cloche ? J'te rappelle qu'elle passe son temps entourée de basketteurs et qu'elle ne se gène pas pour aller les voir sous la douche…"
"Taiga !" fit semblant de s'offusquer Satsuki en lui donnant une claque sur l'épaule.
"C'est gentil Kat, reprit-elle à l'attention de sa belle-soeur, mais je suis assez fatiguée ces temps-ci. Je vais profiter de cette semaine de pause pour me reposer et ça serait dommage de tout gâcher en me couchant un peu trop tard le 31, je veux être en forme pour la reprise, on a du travail !"
"Oui d'ailleurs, en parlant basket, des nouvelles d'Aomine ? Il ne devait pas être avec nous ce soir ?" demanda le père des jumeaux.
Une ombre passa sur le visage de Satsuki.
"Si si… Il devait… Mais tu le connais, il a eu un empêchement de dernière minute" mentit Kagami peu enclin à raconter toute l'histoire à son père. Ce dernier et le basketteur avaient beau bien s'entendre, Taiga savait que son ami n'apprécierait pas de savoir sa vie débattue dans son dos. Surtout ces derniers temps.
Kat savait que c'était un mensonge. Elle avait entendu Satsuki l'appeler le matin même, et s'engueuler avec lui par téléphone. Il n'était pas tout à fait dix heures mais il semblait déjà sérieusement imbibé. Satsuki avait essayé de le convaincre de venir passer la soirée avec eux mais la présence de Kat était rédhibitoire à ses yeux. Il ne voulait pas la voir. Il ne voulait voir personne. Il voulait rester seul. Se sentant coupable de cette situation, Satsuki avait accepté à contre cœur de le laisser tranquille quelques jours mais avait tout de même réussi à lui faire promettre, encore, d'être présent le 2 janvier, jour de la reprise.
2 janvier
Finissant de se brosser les dents en vitesse pour libérer l'unique salle de bain de l'appartement, Kat repensait aux dix derniers jours. De tout ce qu'elle avait connu dans sa vie, c'était ce qui ressemblait le plus à de véritables vacances en famille. Son père, son frère, Satsuki et elle avaient passé deux jours magiques à visiter les plus beaux sanctuaires de la ville et à en arpenter les ruelles décorées. Le père de famille avait décidé de gâter ses enfants, Satsuki compris, et un marathon gastronomique avait alors débuté, chaque repas étant l'occasion de découvrir une nouvelle cuisine dans une adresse étoilée. Mais si Kat ne devait retenir qu'un seul moment, il s'agirait sans conteste de ce footing matinal avec les deux hommes de sa vie. L'esprit de compétition des jumeaux s'était alors réveillé comme lorsqu'ils étaient bambins et leur course s'était alors terminée par un sprint sidérant les quelques courageux présents dans le parc à cette heure. La soirée du nouvel an avait également réservé son lot de surprises avec de nombreux artistes locaux et internationaux venus mettre l'ambiance. Le trio ne s'était quitté qu'au petit jour, fatigués et plutôt bien imbibés pour deux d'entre eux.
Une fois prêtes, les deux jeunes femmes avaient quitté l'appartement pour ensuite s'engouffrer dans le métro en direction du gymnase.
"Ça va ? T'as pas l'air bien… Toujours pas remise de ton réveillon avec Ki-chan et Tetsu-kun ?" s'enquit Momoi inquiète pour sa belle-soeur.
"Ouais... Non, non… C'est pas le réveillon, t'inquiètes… Les lendemains de fête ne sont jamais trop durs quand on ne boit pas. C'est juste que… le métro…"
"Le métro ?"
"Ouais, j'supporte pas ça… C'est plus propre qu'à New-York alors j'me suis dit que ça irait mais je m'attendais pas à ce qu'on soit aussi serrés. J'ai un peu de mal avec la promiscuité..."
D'une pâleur morbide, Kat prenait sur elle pour ne pas être malade. Heureusement, sa grande taille lui permettait de surplomber la foule et d'avoir un peu d'air.
"Tu veux qu'on descende ? On peut finir à pied si tu veux."
"On est loin ?" demanda Kat. Envisageant sérieusement cette option, elle n'allait pas pouvoir rester comme ça très longtemps.
"Deux stations."
"Nan ça va le faire, on continue, je n'ai pas envie d'arriver en retard pour mon premier jour… Mais va falloir que j'me penche sur un plan pour venir à pied ensuite… Parce que j'vais pas supporter ça tous les jours…"
Disant cela, elle sentit des mains lui toucher les fesses. Tout le monde était serré comme des sardines alors elle ne savait pas trop s'il s'agissait d'un accident ou de l'œuvre d'un pervers. Elle se raidit encore plus qu'elle ne l'était déjà et prit un peu plus encore sur elle pour ne pas faire d'esclandre de bon matin. Elle ne souhaitait pas non plus mettre Satsuki dans l'embarras. Décidément, le métro tokyoïte était un lieu charmant...
"Ça fait une trotte quand même, reprit Satsuki, je pourrais demander à Taiga de nous trouver une voiture mais il faut que je vois où la stationner dans notre quartier."
"Non mais vous n'allez pas acheter une voiture pour moi !"
"Ne t'inquiètes pas, ce n'est pas pour toi, rigola Satsuki, ça fait longtemps qu'on en parle, on s'dit que ça serait plus pratique pour certaines choses… Mais il faut d'abord qu'on trouve un endroit où la garer à proximité de chez nous…"
Devant l'air perplexe de Kat, elle s'expliqua : "À Tokyo il est obligatoire d'avoir une place où stationner sa voiture pour en acheter une, sinon on refuse carrément de te la vendre."
"Unbelievable… Mais quand on y pense… C'est pas co-"
Sentant de nouveau des mains sur ses fesses, elle s'interrompit avant de reprendre les dents serrées "c'est pas con…"
"Courage, c'est la prochaine station." l'encouragea Satsuki en voyant la détresse sur le visage de Kat.
Après l'épreuve du métro, les filles parcoururent à pied les derniers mètres nécessaires pour rejoindre la salle où Riko et ses joueurs les attendaient.
Sans grande surprise, Aomine manquait à l'appel.
Riko refit rapidement les présentations et donna ses consignes d'échauffement aux joueurs qui quittèrent rapidement les lieux pour aller courir dans un parc voisin.
Les deux jeunes femmes firent ensuite le tour des locaux en terminant par le cabinet de kinésithérapie dans lequel Kat allait passer une bonne partie de son temps.
"Je te laisse tranquille ce matin pour t'installer, libre à toi de bouger les meubles pour pouvoir exercer comme tu l'entends… Je t'ai mis les dossiers médicaux des joueurs sur le bureau là-bas et cet après-midi je commence à te les envoyer. Si tu as besoin de matériel spécifique, dis le moi, je verrai pour le faire acheter ou l'emprunter au centre d'entraînement de mon père" lui expliqua Riko.
"Ah oui… Satsuki m'en a parlé. Elle m'a dit que les joueurs y vont de temps en temps pour faire de la préparation physique spécifique et que je serais susceptible de les y accompagner. C'est cool !" s'enthousiasma Kat.
"Je ne sais pas si c'est cool mais oui tu vas certainement y passer aussi du temps. Il faut que je me cale avec mon père pour réserver des créneaux parce que beaucoup d'équipes l'utilisent. Il est fréquenté par de nombreux athlètes internationaux : des basketteurs, des volleyeurs et des joueurs de baseball… Il a aussi quelques sumos… Enfin, je t'en dis pas plus, tu auras vite l'occasion de voir tout ça !"
"Ça en fait du monde ! Faut pas traîner à réserver du coup..." sourit Kat.
"En vrai je suis associée à 50% avec lui donc j'ai la priorité. Mais il ne faut pas abuser non plus, la réputation de mon père et de l'établissement sont en jeu après tout."
Ayant grandi aux Etats-Unis, Kat avait du mal à appréhender à quel point ces notions d'honneur et de réputation étaient importantes ici, mais elle comprenait que la jeune femme avait tout intérêt à y faire attention.
"Bon allez, je te laisse, je vais retrouver les joueurs, s'il te manque quelque chose, tu me trouveras sur le terrain ou à la salle de muscu. Je ne vais pas les ménager ce matin, y'a du décrassage à faire ! Et en fonction de l'état de chacun je te les envois au compte goutte après manger" acheva Riko en s'éloignant déjà.
La matinée était passée à toute allure et Kat avait déjà vu trois joueurs quand Satsuki passa la tête par la porte pour prendre de ses nouvelles.
"Ça se passe bien ?" demanda-t-elle.
"Nickel ! j'ai vu Aoi, Suwabe et Allan, ils sont plutôt en forme bien qu'un peu raides. Ils ont eu le droit à un massage et Suwabe va devoir porter une épaulière pendant au moins deux semaines histoire d'éviter de se blesser… Il m'a dit avoir aidé un copain à déménager pendant les vacances et s'être fait légèrement mal en soulevant une armoire, rien de grave mais ça serait bête d'avoir un deuxième joueur sur le carreau pour ce genre de connerie."
"En parlant de joueur sur le carreau…"
Satsuki ne finit pas sa phrase.
"T'as réussi à le joindre ?"
"Ouais, j'ai réussi…" répondit Satsuki d'un ton las avant de soupirer bruyamment.
"Tu peux refuser, je comprendrais, reprit-elle gênée par ce qu'elle s'apprêtait à demander, je sais que c'est ton premier jour et je suis désolée de te demander ça mais est-ce que ça t'embête de rester un peu plus tard ce soir ?"
"Euh… Non. Ça ne me gêne pas, c'est pas comme si j'avais quelque chose de prévu…"
Taiga étant de garde à la caserne, les deux filles devaient passer la soirée tranquillement chez le couple devant un film ou une série.
"Si tu me demandes ça… J'imagine que ça a un rapport avec Aomine..." reprit Kat.
"Il a accepté de venir mais… Il n'arrivera pas avant 20h. Son avion se pose à 18h30 et à cette heure le taxi devrait mettre une bonne heure et demie à arriver jusqu'ici."
"Son avion ?"
"Ouais... Quand je l'ai eu, il quittait son hôtel à Séoul. Apparemment il est parti sur un coup de tête avec une fille rencontrée dans un bar. Il avait besoin de s'aérer la tête soit disant."
Le ton de Satsuki était amer. Elle était en colère contre lui. En colère de s'être, encore une fois, inquiétée pour lui alors qu'il était parti prendre du bon temps sans prévenir personne.
Sous le coup de l'émotion, son estomac se rappela à elle et elle sentit une remontée acide venir lui brûler l'œsophage. Elle s'obligea alors à respirer posément et à se calmer. Après tout, l'essentiel était qu'il rentre. Elle lui avait laissé jusqu'au deux, on était le deux. Il était en chemin. Les choses allaient enfin commencer à changer.
Kat ne dit rien. Après leur rencontre cet été, elle n'avait pas forcément cherché à prendre des nouvelles d'Aomine auprès de son frère ou de leurs amis communs. Il lui avait fait une très mauvaise première impression et elle ne souhaitait pas particulièrement apprendre à le connaître. Mais, elle était là en tant que kiné et c'est en professionnelle de santé exemplaire qu'elle avait choisi de se comporter. Il était hors de question pour elle de laisser son ressentiment affecter son travail. Il avait beau figurer dans son top trois personnel des pires cons qu'elle avait pu croiser, il n'en demeurait pas moins un con blessé. Et sa mission était de l'aider à se remettre sur pied et retrouver son meilleur niveau dans les plus brefs délais.
"J'imagine que je t'apprend rien mais les blessures ont aussi des conséquences psychologiques qui peuvent être lourdes. Je peux comprendre sa réaction. Il n'était déjà pas bien et me voir débarquer a pu lui faire un choc..."
"Oui, certainement… Mais c'est moi aussi… Je me dis que je n'aurais peut-être pas dû le lui cacher… Je ne sais pas ce qu'il se passe depuis un moment, je ne suis plus sûre de rien avec lui, je ne sais pas par quel bout le prendre et là, j'ai visiblement fait le mauvais choix. Il l'a vraiment vécu comme une trahison de ma part."
"Ne te blâme pas pour ça, ce qui est fait est fait. Je ne le connais pas assez pour te dire ce que tu aurais dû faire ou non… Et ne stresse pas trop pour ce soir, c'est pas grave de finir un peu plus tard."
Kat voulait se montrer magnanime : six mois c'était long alors autant les passer dans de bonnes conditions. Tant que cela n'entrait pas en contradiction avec ses valeurs, elle se montrerait souple envers les joueurs et ceci incluait Aomine.
"Merci Kat…"
"You're welcome ! sourit la jeune femme. Par contre, est-ce que je peux te demander de ne pas intervenir quand il arrive ?J'imagine que tu as des trucs à lui dire, et c'est normal, mais si ça ne t'ennuie pas, j'aimerai le recevoir d'abord."
Satsuki comprit entre les lignes que Kat voulait essayer de repartir sur des bases saines avec Aomine. Mais, malgré la bonne volonté de l'Américaine, Satsuki restait inquiète. Elle ne savait pas du tout si cette volonté était réciproque, si Aomine allait accepter de jouer le jeu… Même pour elle, il devenait de plus en plus imprévisible. En témoignait sa récente escapade en Corée…
À 19h45 les deux jeunes femmes se dirigèrent vers la sortie du petit restaurant où elles avaient dîné près de la salle. Le repas n'avait pas été des plus raffinés mais elles avaient préféré rester à proximité pour s'assurer de rentrer à temps pour l'arrivée de Monsieur Aomine.
Moins de cinq minutes plus tard, elles arrivèrent dans le gymnase. En l'absence de l'équipe et du staff, le lieu était étrangement calme. Seul le ronron de la cireuse se faisait entendre, poussée par un vieil homme ayant largement dépassé l'âge de la retraite mais beaucoup trop accros à son travail pour décrocher totalement.
Dans le couloir sombre, opposé à la porte d'entrée, on apercevait une faible lueur émanant du bureau de Kat. Ayant éteint la lumière et fermé la porte avant de partir manger, cela ne pouvait signifier qu'une seule chose.
Les deux femmes se regardèrent, hochèrent la tête et Kat se dirigea vers son bureau.
En la regardant marcher d'un pas décidé, la boule au ventre que Satsuki avait eu toute la journée s'estompa légèrement. On y était. Elle allait enfin savoir si l'intuition qu'elle avait eu en lui proposant de venir était la bonne.
Quand sa belle-soeur l'avait appelé pour lui demander les coordonnées de Midorima quelques semaines plus tôt, son instinct lui avait crié que Kat pourrait être celle qui fallait à Aomine. Pas forcément sur le plan sentimental comme Kise et les autres avaient pu le penser cet été mais elle sentait que la jeune femme avait un rôle à jouer, tout comme Kagami il y a quelques années. Elle n'arrivait pas à mettre des mots sur son pressentiment mais elle avait tout mis en œuvre pour la convaincre de venir.
"J'te fais signe quand on a fini…" lança Kat par-dessus son épaule en disparaissant dans le couloir.
Devant la porte entrouverte, Kat marqua un temps d'arrêt, prit une inspiration et entra, tout sourire.
"Salut Aom-... Mais… Mais qu'est-ce que tu fous comme ça ?"
Son sourire venait de se faner, laissant place à la stupéfaction : Aomine était allongé sur sa table de massage, complètement nu, bras croisés derrière la tête.
