L'enquête de Paul et de ses amis avançait, et celui-ci avait décidé de parler de la prophétie aux centaures sous les conseils de Bill et de Rowan.
Deux élèves avaient déjà été pétrifiés, il fallait donc faire vite.
Ils arrivèrent donc doucement à la forêt avant de lancer un sortilège de fumée rouge dans le ciel.
Quelques secondes après, Torvus, un jeune centaure, arriva.
« Salut Torvus, j'ai besoin de ton aide et de celle des centaures pour déchiffrer une prophétie. Tu penses que vous pourriez m'aider ? » demanda Paul.
« Moi non, mais les autres centaures du troupeau eux devraient pouvoir t'aider », répondit Torvus.
« Super ! Tu pourrais m'y emmener ? ».
« Même si je t'y emmène, ils ne te laisseront pas entrer. Si tu veux entrer, tu as besoin de faire des offrandes pour la tribu », expliqua le centaure d'un air dur, montrant l'importance du sujet évoqué.
« Ah bon ? Et quelles types d'offrandes ? »
« Je ne peux pas te le dire, désolé. Sur ce coup là, tu devras te débrouiller tout seul », admit Torvus.
« Très bien, merci quand même de ton aide », dit Paul en s'inclinant, bien que le froncement de sourcil sur son visage marquait sa déception.
Paul reprit son chemin vers le château quand il vit au loin Ben, seul, baguette en main, les sorts s'enchaînant à une vitesse effrayante et s'écrasant sur un pauvre mannequin d'entraînement.
« Salut Ben, tu t'entraînes déjà ? J'espère que tu as déjeuné au moins », déclara Paul en regardant le Gryffondor..
Ben se retourna, surprit de l'interruption, avant de froncer les sourcils et de lever sa baguette. Il regarda Paul un instant avant de s'écrier: « En garde Paul ! ».
« Qu'est ce que ?! Ben pourqu- », mais avant de finir sa phrase, Ben lui avait déjà jeté un sort qu'il put à peine bloquer à temps.
« Très bien, si c'est ce que tu veux ! » s'exclama Paul.
Le jeune prodige de Serdaigle leva sa baguette à son tour et lança successivement trois sorts de stupéfiction sur Ben. Il connaissait le Gryff. Les attaques de Ben étaient très puissante, et les parer demandait trop d'effort. Il devrait alors esquiver.
"Bombarda !" cria Ben en pointant les pieds de Paul qui dû rouler rapidement sur sa gauche. Il n'eut pas le temps de riposter que Ben en avait déjà envoyé un autre. Cela continua pendant encore quelques secondes avant que Ben ne ralentisse la cadence, l'épuisement commençant à se montrer sur son visage. "Avec l'énergie déjà dépensée dans son entrainement, c'est logique qu'il s'épuise en seulement quelques sorts", pensa Paul. Ce dernier, conscient de son avantage, se releva d'un coup et envoya son propre bombarda au pied de Ben, qui, bien qu'il se protégeait avec un Protego, fut aveuglé par la terre volant dans ses yeux. Paul enchaîna rapidement avec un incendio, suivi d'un incarcerem. Il envoya le premier sort sur Ben qui esquiva sur la droite, droit dans le second. Paul profita des cordes qui bloquaient son ami pour le désarmer, remportant alors le court duel. Il coupa alors les cordes, et tendit la baguette de Ben à son propriétaire agenouillé au sol.
Ben ramassa sa baguette et s'écroula de fatigue.
« Pourquoi ?! Pourquoi c'est toujours toi qui gagne ! » cria-t-il en fixant Paul qui répondit simplement « Je peux te parler un instant ? Sans que tu m'attaques je veux dire ».
Celui-ci soupira avant de se relever: « Oui, je suppose. Tu veux quoi ? » demanda Ben qui avait l'air de s'être calmé.
« J'ai besoin de ton aide pour jeter un œil à la salle de mon frère. Je suis sûr qu'on a loupé quelque chose, » expliqua le Serdaigle en étirant son épaule endolorie par le duel.
« Très bien, je te suis », dit Ben en hochant la tête.
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Les minutes passèrent tandis qu'ils arrivèrent devant la salle des artefacts. A peine furent-ils entrés qu'ils virent Merula entrain de fouiller la pièce également.
« Salut Merula, tu as trouvé quelque chose ? » salua Paul.
« Oui. J'ai trouvé une plume noire. Mais, peu importe ce que je fais, je n'arrive pas à la démétamorphoser », répondit-elle, semblant peu surprise de la présence de son compagnon au bal céleste.
« Je m'en occupe », répondit Paul à son tour en levant sa baguette. Il concentra le plus de magie possible, pointa sa baguette vers la plume et s'exclama " Réparifagex !". La plume trembla quelques instants avant de se déformer, de s'étirer et de s'aplatir, révélant la forme d'un petit bout de papier blanc. Il l'attrapa, et vit du texte écrit dessus. Il se retourna vers ses camarades et lu à haute voix: « Nous avons des choses à nous dire Jacob Zélini. Rejoignez moi ce soir dans le bosquet de la forêt interdite. Signé R ».
« Attend, ton frère parlait avec R ? » demanda Merula, choquée de la tournure. « Je sais pas, on va le savoir ce soir, » répondit Paul en tremblant. Cela ne pouvait pas être possible. Avec tout ce que R leur a fait. Toutes les fois où il a failli mourir, et où l'école a failli être maudite. Jacob ne pouvait pas faire partie de ce groupe de fous furieux.
« Très bien. Dans ce cas, si tu y vas, alors je viens avec toi. On se rejoint ce soir au bosquet de la forêt et on voit si il y a des indices sur quoi que ce soit », lança Ben sur un ton qui ne laissait pas place à la discussion. Paul se tourna vers Merula qui hocha la tête, montrant qu'elle viendrait elle aussi pour participer aux recherches.
Aussitôt dit aussitôt fait, ils se séparèrent. La journée passa lentement... très lentement. Paul comptait les minutes, jetant encore et encore un œil à sa montre en espérant que cela ferait passer le temps plus vite.
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Après l'équivalent de trente-sept éternités selon Paul, le soir arriva et il put enfin aller au bosquet de la forêt accompagné de ses deux compagnons d'infortune.
« Bon, on se sépare. Si quelqu'un voit quoi que ce soit, il prévient les autres OK ? » expliqua Paul à voix basse. Merula soupira longuement, semblant se retenir de dire quelque chose, et commença à chercher. Le bosquet était un petit terrain où seul un arbre était encore debout. Les rayons de la lune se reflétaient sur la terre encore humide des pluies récentes.
« Il fait froid, vous ne trouvez pas les gars ? » questionna Ben en se frottant les mains pour se réchauffer. Paul, qui sentit le froid, eut à peine le temps d'acquiescer à la déclaration de Ben qu'il vit près d'une dizaine de détraqueurs, sortir des arbres de la forêt et se rapprocher d'eux. Les trois se rassemblèrent le plus rapidement possible et se mirent en cercle, entourés par les monstres flottants .
« J'ai un patronus, mais il y en a trop ! Je pourrais jamais tous les repousser ! » s'exclama Paul, effrayé. La peur montait déjà en lui, mais il arrivait à la contrôler, bien que difficilement. Il remerciait tous les dieux qu'il en avait déjà rencontré un, et qu'il avait donc pu apprendre comment contenir ses émotions devant ces êtres maléfiques. Alors que les détraqueurs se rapprochaient de plus en plus, un patronus en forme de tigre surgit de nul part devant eux et repoussa tous les détraqueurs. Paul poussa un long soupir un commença à chercher leur sauveur.
Cependant cette joie fut de courte durée lorsqu'il vit que leur sauveur était en réalité Patricia Rakepick. Elle leur lança un sort les mettant tous les trois à terre et leur dit, de son ton arrogant: « Bonjour M. Zélini. Vous avez l'air d'avoir bonne mine. Excusez-moi de l'interruption, mais je ne voulais pas que les détraqueurs vous tuent. Ce droit me revient à moi et à moi seule ! ».
Avant même que Paul ne puisse répondre Ben se releva et lança un sort explosif sur Rakepick. « Je ne vous laisserai pas leur faire du mal ! » s'écria-t-il.
Le duel faisait rage, mais malgré la ténacité ardente de Ben, c'était clair pour le Serdaigle que Rakepick avait l'avantage. Paul voulait vraiment aider Ben mais sa baguette avait volé près de Rakepick lors d'un échange de sorts entre les deux combattants. Il dû se mordre la langue pour éviter de crier lorsqu'il vit son ami subir plusieurs sorts de couleur inconnue. Le duel se poursuivit encore un peu, jusqu'à ce que Ben lance un nouveau sort de sa concoction: "Flipendo Maxima", qui blessa Rakepick et la fit tomber. La victoire fut cependant de courte durée car cette dernière se releva, du sang coulant sur le côté de son visage, et lança sur un ton glaçant: « Grrr, vous apporterez votre arrogance dans votre tombe Monsieur Cooper ! AVADA KEDAVRA ! ».
A la suite de ces mots tout se passa si vite pour Paul que même des années après, il aurait encore du mal à tout décrire en détail. Il vit Rowan soudainement sortir de derrière un arbre, sprinter droit sur le Gryffondor et le pousser hors de la trajectoire du sortilège de mort instantanée. Malheureusement le sortilège le toucha et l'envoya voler dans les airs. Rakepick lâcha un petit sourire narquois, épuisée par l'utilisation du sortilège impardonnable.
« Votre dette a été payée Monsieur Zélini. Au revoir », lança-t-elle avant de transplaner aussitôt.
Le petit groupe de trois se rapprocha de Rowan, mais c'était déjà fini. Personne ne pouvait plus rien faire. Il fallait s'y résoudre. Rowan était mort.
Paul ne put cacher sa tristesse et des larmes coulèrent de tout son corps tandis qu'il prenait le corps de son vieil ami dans ses bras. C'était fini. Il avait payé sa « dette ». Enfin Rowan l'avait payé. Ben ne disait rien, ses blessures et la fatigue couplée à ce qu'il venait de se passer avait fait taire le Gryffondor impétueux. Merula, quant à elle, semblait plus triste de la souffrance du Serdaigle que de la perte de Rowan. Ils n'étaient pas de grands amis, alors cela pouvait être compréhensible. Paul, quant à lui, était dévasté. Il n'arrivait pas à comprendre comment ils en étaient arrivés là.
Triste, mais pas seul dans cette nouvelle épreuve imposée par la vie, il souleva le corps de son ami, le regard vide, et dans le silence, les trois prirent la route vers Poudlard. Dans sa poche reposait le badge de Maugrey, totalement oublié par le jeune homme désormais en deuil.
