Bien que le fait de se réveiller à côté de Merula lui manquait, Paul appréciait beaucoup leur nouvelle relation. Mais bien sûr, comme souvent dans la vie de Paul, le moulin à rumeur qu'est Poudlard s'est remis en marche.

« Salut Paul, je peux te parler un instant ? » demanda la jeune Poufsouffle.

— Salut Penny, en quoi je peux t'aider ? répondit Paul, perplexe.

— Et bien... Comment pourrais-je expliquer ça ? Je sais que tu n'écoutes pas les rumeurs... mais... En ce moment, il y en a une nous concernant qui est en train de faire le tour de l'école... » avoua timidement Penny.

Paul, encore perplexe, posa sa fourchette et laissa son repas pour regarder Penny. Il allait lui demander de quoi elle parlait lorsque Ben arriva et grommela: « Alors c'est vrai ? Penny et toi ... ?».

Le Serdaigle, sentant les problèmes arriver, se leva, attrapa le bras de Penny et s'éloigna avec elle en maugréant: « OK Penny, je sens qu'on va devoir discuter parce que là... ». Penny balbutia: « Je vais t'expliquer ! Mais je te jure que j'y suis pour rien ».

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« Penny, que voulait dire Ben par "Penny et toi ?" » demanda Paul une fois qu'ils s'étaient suffisamment éloignés de la Grande Salle. Cette dernière, confirmant ses soupçons, rétorqua « Une rumeur tourne comme quoi on serait en couple ! » un léger rougissement montant sur ses joues. Paul bouillait de colère et lança: « Hein ?! C'est quoi ces conneries ? Ça sort d'où ça encore ? ».

Paul, bien qu'affichant de la colère et de l'incompréhension, était terrifié. Il savait que ce genre de chose pourrait causer de gros soucis dans son couple. Paul fixait Penny, qui, alors qu'elle allait répondre, fut brusquement coupé par quelqu'un arrivant derrière eux: « Hum... Alors... Vous êtes ensemble ou pas ? » questionna Ben en essayant de reprendre son souffle, sa question montrant qu'il avait entendu l'échange précédant. « Bien sûr que non ! Le prend pas mal Penny, mais je te vois comme une sœur », expliqua Paul, visiblement agacé.

"Je ne le prends pas mal, ne t'en fais pas. Pour moi aussi cette rumeur est... gênante..." admit-elle en jetant un regard discret vers le Gryff. Paul se retourna vers Ben, mit sa main sur son épaule et le rassura: "On n'est pas ensemble. C'est une rumeur sortie tout droit du cul du monde. Je dois parler à Penny cinq minutes, ça te dérangerait de nous laisser seul".

Ben hocha bêtement la tête, incapable de cacher à quel point il était rassuré, et s'en alla, non sans jeter un dernier regard vers Penny qui lui sourit en retour.

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Quelques minutes plus tard, Paul, s'assurant que personne ne les interromprait cette fois-ci en lançant un sort de silence, reprit la parole: « Bon, je pense que tu devrais m'expliquer ce qu'il se passe », suggéra Paul après avoir calmé ses nerfs.

« Paul, écoute, ce n'est pas de sa faute, mais tu te rappelles je t'ai enlacé quand tu as accepté de m'aider pour le Bal ? Et bien, à ce moment, Béatrice était là. Et, je ne sais pas pourquoi, mais elle l'a raconté à Ismelda qui a fait tourner la nouvelle dans toute l'école », souffla la Poufsouffle, clairement agacée par la Serpentard.

Alors que Paul réfléchissait de la marche à suivre, il aperçut derrière Penny une silhouette qui le figea sur place. Merula les regardait. des perles d'eau se formant dans ses yeux écarquillés.

« Euh Penny, je dois te laisser ! J'ai... euh... J'ai un truc à faire. Essaie de trouver une solution pour la rumeur ! » s'exclama Paul en partant à toute vitesse derrière Merula qui s'éloignait en courant. Paul courut du mieux qu'il pouvait, remerciant intérieurement les entraînements de Quidditch pour avoir amélioré son endurance, et rattrapa Merula,« Merula écoute moi s'il te pl-

— Va t'en ! J'avais confiance en toi ! ». Paul avait été stoppé net avant même de pouvoir s'expliquer. Son choc à la dureté de son ton était tel qu'il ne put même pas ouvrir la bouche. Au moment où il avait repris ses esprits, elle était déjà loin. Paul prit une grande inspiration et essaya de remettre ses idées en ordre: « Bon, soyons méthodique. J'ai vécu pire. La meilleure solution pour résoudre un problème, c'est d'aller à la base du problème. Donc première étape, aller voir Ismelda ».

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Il avait passé le reste de la journée à chercher Ismelda. Elle était introuvable. Il avait essayé de reprendre contact avec Merula, mais en vain. Elle l'avait évité comme la peste, et une fois le dernier cours de la journée passé, avait aussi disparue. Il marcha alors de couloir en couloir, de salle en salle, avec pour seul objectif: trouver Ismelda. Et finalement, après une journée entière de recherche et approximativement cent trente-cinq couloirs, il la trouva, seule, appuyée contre un mur, un livre dans la main.

Il calma ses nerfs du mieux possible et s'approcha d'elle. « Salut Ismelda, lança-t-il.

— Tu veux quoi ? rétorqua la fille de son ton arrogant habituel. Bon sang comme il détestait ça. Mais il devrait faire avec.

— Pourquoi t'as fait ça ? interrogea-t-il, sa politesse se transformant en des menaces sous-jacentes.

— Fait quoi ? Aaaah oui ! Tu veux dire révéler au grand jour ton couple ? Toutes mes excuses, se moqua-t-elle. Paul inspira, imaginant toutes les manières de faire disparaître un corps pour se calmer.

— Ne te moque pas de moi Murk. Tu sais très bien que c'est faux, grogna-t-il, sa magie commençant à faire pression sur la fille.

Sous la pression, il la vit lâcher son livre et commencer à sortir sa baguette. En un clin d'œil, il mit un coup de genou dans sa baguette qui s'envola et plaça la sienne sur le torse de la Serpentard désormais bloquée contre le mur. « Rend moi ma baguette ! » cria-t-elle, la panique montant sur son visage. « Parle ! Pourquoi as-tu fait ça ?! Tu trouves ça drôle ?! » gronda le Serdaigle, relâchant toute la colère qu'il avait accumulée.

« Pour que tu paies ! C'est de ta faute ! Tu me l'as prise ! Tu n'avais qu'à rester dans ton coin ! » s'écria Ismelda, hystérique. Il ne l'avait encore jamais vu comme ça. Il n'avait aucune idée de ce dont elle pouvait bien parler. Il n'avait rien volé qui "appartenait" à Ismelda. Enfin... à moins qu'elle ne parle de... « Qui ça ? Merula ? » entonna-t-il en voyant son regard changer à sa compréhension. « Tu ne te foutrais pas de ma gueule ? Elle ne t'appartient pas ! Et à moi non plus ! C'est une grande fille qui fait ce qu'elle veut ! Elle n'a aucun compte à te rendre ! Et moi non plus ! » rugit Paul en retenant son envie croissante de la maudire Ismelda commença à bafouiller, se tordant dans tous les sens. Elle avait l'air d'avoir perdu la raison. Son livre était depuis longtemps oublié par terre.

Paul, fatigué de toute cette situation, recula. Il ramassa la baguette de la fille, la lui lança et partit d'un pas rapide vers son dortoir. Il avait une lettre à écrire. la lâcha et partit tout droit vers son dortoir.

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Il claqua la porte derrière lui et s'assit sur son lit. A peine s'était-il assit que Ben, Barnabé et plusieurs autres de ses amis entrèrent en trombe et lancèrent à Paul: « C'est vrai Paul ? C'est vrai que tu as agressé sans aucune raison une Serpentard ? ». Ben avait l'air perdu, mais les autres regardaient Paul avec déception. Il bégaya et essaya de former une réponse, mais avant de pouvoir comprendre ce qu'ils foutaient dans les dortoirs de Serdaigle, ils firent demi-tour.

Il soupira. Sa journée ne pouvait pas être pire ! Enfin, c'est ce qu'il pensait. Alors qu'il s'apprêtait à se coucher pour pouvoir réfléchir à comment désamorcer toute cette situation, il vit un hibou arriver par la fenêtre de sa chambre. « Qu'est-ce tu fais là mon grand ? » demanda le jeune garçon, épuisé.

L'animal s'approcha de lui, largua une lettre dans ses mains et alla se poser près de son hibou qui venait de se réveiller de l'autre côté de la pièce. Il ouvrit la lettre, déplia le message à l'intérieur et se mit à lire dans sa tête:

J'ai une bonne nouvelle mon garçon, Rakepick et certains de ses 'alliés' ont été aperçus au bosquet de la forêt interdite. J'aimerais les attraper tant qu'ils sont là-bas. Mais pour ça je vais avoir besoin de ton aide. Les aurors ne peuvent pas se mouiller sans tout raconter à Dumbledore et si Albus apprend tout, tu seras renvoyé de l'école dans la minute, et j'aurai le ministère au cul pendant des mois pour ne pas avoir réussi ma mission. Rejoins-moi tout de suite au bosquet de la forêt. Si tu peux ramener tes amis, c'est encore mieux. Sinon, on fera ce qu'on peut à deux. Désolé de te prévenir à aussi court préavis mon garçon, mais on ne sait jamais quand une occasion se présente.

Vigilance constante !

PS: Prends aussi mon petit cadeau. Il est enchanté avec un sort de bannissement. Il te suffit juste de le pointer vers quelqu'un et il s'envolera plus vite qu'un Nimbus. Tu peux aussi le rappeler vers toi. C'est utile pour prendre tes ennemis par surprise.

Paul reposa la lettre, et vérifia une dernière fois l'enveloppe pour y trouver un petit couteau dans un étui. "Eh bien... Je pars en guerre je suppose", marmonna-t-il en s'habillant rapidement.

Merula était dépitée. Elle ne s'était pas sentie aussi trahie depuis l'arrestation de ses parents. Alors qu'elle entrait dans la salle commune, Ismelda salua Merula et l'appela: « Tu as les yeux rouges. Tu pleurais ? ». « F-Fous moi la paix ! » s'exclama-t-elle en retour à la fille intrusive. « En tout cas, ce Zélini est définitivement taré. Il est venu jusqu'ici, m'a menacé, m'a même plaqué contre le mur. Je ne sais pas pourquoi tu passais autant de temps avec lui, ce type a un grain », raconta Ismelda.

« Qu-quoi... Pourquoi est-ce qu'il a fait ça ? s'étonna-t-elle totalement décontenancée.

— J'en sais rien ! Il a pété un câble parce que j'ai soi-disant lancé la rumeur de son couple avec Haywoods.

— Attend, c'est toi qui a lancé cette rumeur ? » gronda Merula.

— Oui, enfin j'ai juste rapporté les faits... en quelque sorte, avoua Ismelda. Et puis de toute façon on s'en fiche de ce gars, n'est ce pas ?

Merula secoua la tête, ne répondant pas à l'autre Serpentard. En réalité, elle se posait beaucoup de questions. Elle savait qu'Ismelda pouvait être perfide quand elle le voulait. Elle sentit une petite peur monter. Et si tout était faux ? Et si elle avait crié sur Paul pour rien ? « Je suis fatiguée, bonne nuit », lança-t-elle brusquement à ses camarades avant de rejoindre son dortoir.

Arrivant enfin dans sa chambre, elle se posa sur son lit et se mit en pyjama, quand soudain, un patronus de loup entra par la fenêtre. Elle le reconnut aussitôt, c'était le patronus de Paul. Elle fut encore plus surprise quand une voix sortit du Patronus.

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Paul arriva un peu en avance et pensa que si tout tournait mal, il voudrait au moins que Merula puisse savoir la vérité. « Bonsoir mon garçon. Tu es en avance alors désolé, mais il faut que je vérifie quelques détails avant qu'on puisse partir », déclara Maugrey en arrivant rapidement malgré sa démarche boiteuse. « Dites Maugrey, comment on fait pour invoquer un patronus qui parle ? » demanda le jeune garçon.

«Tu sais invoquer un patronus ? Impressionnant gamin. Il suffit juste de penser très fort à ce que tu veux que ton patronus dise et que tu le lances où tu veux qu'il aille », expliqua l'homme avant de retourner à ses activités. Paul le remercia, puis sortit sa baguette et se concentra le plus possible: « Salut Merula, c'est moi Paul, enfin mon patronus. Je sais que tu m'en veux beaucoup pour ce qui s'est passé et pour les rumeurs, mais je maintiens le fait qu'elles sont fausses. Oui, j'ai menacé Ismelda car je lui en voulais d'avoir foutu la merde pour des raisons connes. J'ai exagéré et je m'en excuse. Je t'aime et tu es la personne à qui je tiens le plus dans ce monde actuellement. Tu peux demander à Penny si tu le souhaites. Elle te racontera toute l'histoire et tu comprendras à quel point c'est des conneries. Ce soir, il va se passer quelque chose. Dans le cas où tout se passe mal, je voulais juste que tu saches que je t'aime ».

« Pourquoi tu veux savoir ça en fai- » mais Maugrey ne put finir sa phrase.

« Expecto Patronum ! » s'exclama Paul dans un mouvement exagéré de baguette. Un grand filet argenté en forme de loup sortit de sa baguette et se dirigea droit vers le dortoir de Serpentard. « Ah je vois. Très beau patronus Zélini. Allez, allons-y ! »

Paul et Maugrey s'enfoncèrent alors dans la forêt et se cachèrent. Ils avaient le bosquet en vue. Baguette en main et prêt à attaquer si besoin est, il patientèrent derrière des arbres. « Je n'aime vraiment pas cet endroit, il me rappelle beaucoup de mauvais souvenirs », chuchota Paul à l'homme.

Il surveillèrent la zone en faisant bien attention mais, après une heure d'attente sans rien voir, décidèrent de s'avancer. Quelle erreur ! Paul eut à peine le temps d'entendre un craquement derrière lui que Maugrey cria « A TERRE ! ».

Paul s'exécuta et vit deux jet de lumière passer juste au-dessus de lui avant d'être dévié par Maugrey. « Bonjour M. Zélini ». Paul reconnut la voix aussitôt et se retourna pour lui faire face. Devant lui, il y avait deux sorciers: Rakepick et un sorcier en blanc. Le sorcier en blanc se tenait droit, baguette levée en direction de Fol'oeil qui se tenait prêt également. Rakepick, quant à elle, était en face à face avec Paul. Ils se fixèrent tous dans les yeux pendant quelques secondes. Puis, en un instant, la bataille commença.

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Le duel faisait déjà rage depuis de longues minutes tandis que Paul esquivait les sortilèges de mort et renvoyait des maléfices. Il balaya sa baguette, déchirant le sol de terre devant lui pour s'en couvrir. Il avait vite compris que pour s'en sortir il devrait y aller à fond, peu importe s'il souffrait d'épuisement magique après coup. Les sorts de Rakepick s'écrasèrent sur le bouclier en terre que Paul bannit aussitôt vers elle. Elle lança un sort de vent pour renvoyer la terre, puis invoqua une flopée d'oiseaux qu'elle lança sur lui. Elle ne s'arrêta cependant pas à cela, et, se déplaçant sur le côté, envoya plusieurs sorts contondants.

Paul se concentra et canalisa le plus puissant bouclier qu'il pouvait conjurer pour bloquer les sorts de Rakepick, mais fut blessé par les oiseaux qui lui plongèrent dessus. De multiples coupures apparurent sur tout son corps. Il se prépara, et, gardant la sorcière dans son champ de vision, fit tomber son bouclier et lança un incendio qui brûla la majorité des oiseaux.

Paul était très doué en métamorphose, bien au-delà du programme scolaire. Il allait donc se servir de cela au maximum. Il conjura des chaînes en fer qu'il envoya sur son ennemi pour la distraire, puis lança un sort de coupe sur un arbre à proximité qui commença sa chute vers elle.

Il profita ensuite de la distraction de la rousse pour transformer les gravats à proximité en centaines de petits insectes qu'il projeta sur la femme. S'étant débarrassée de l'arbre et des chaînes, elle lança un autre sort de vent pour renvoyer les insectes. Cependant, cela laissa le temps à Paul de crier "Dépulso". Le sort envoya la femme voler en arrière et s'écraser contre un arbre.

Il profita de ce temps de répit pour surveiller le combat entre le sorcier blanc et Maugrey. Le combat se passait globalement bien pour le vieil auror qui avait l'air de bien s'en sortir. Néanmoins, alors qu'il allait rejoindre l'homme au combat, il fut désarmé par derrière. Il se retourna rapidement et vit son ancienne professeure, se tenant le ventre, sa baguette pointée sur lui. Il atteignit aussitôt sa jambe et attrapa le couteau qu'il se prépara à projeter sur Rakepick. Cependant, celle-ci sembla prendre conscience de quelque chose et visa le couteau dans la main de Paul: « Finite incantatem ! ».

Le couteau ne bougea pas de sa main, mais l'enchantement de bannissement était partit. Paul, désarmé, se prit une rafale de sortilège. Il fut projeté et s'écroula d'épuisement. Il saignait. Il avait mal.

Rakepick, qui boitait et tenait toujours son ventre, s'approcha lentement de Paul. Elle mit sa baguette contre sa gorge et grommela: « C'est fini Zélini. Tous vos amis vont payer pour vous, vous y comprit ». Le jeune homme sourit effrontément, ses yeux semblant avoir accepté sa mort probable: « C'est peut-être fini pour moi Patricia... et pour toi aussi ! ». Canalisant toute sa force restante, il leva son bras subitement et planta le couteau qu'il avait toujours en main dans la gorge de la femme. Celle-ci, cria et tituba en arrière avant de tomber, morte, son visage à jamais figé dans une expression de choc et de terreur. Paul se sentait... bien. Il avait pris une vie certes, et cela le marquerait à jamais s'il s'en sortait vivant. Mais il n'avait pas le choix. C'était sa vie ou la sienne. Rakepick n'avait pas hésité à prendre la vie de Rowan, à torturer Merula, et était sur le point de prendre la sienne. Il n'avait aucun regret. Il jeta un coup d'œil à Maugrey qui semblait avoir réussit à ligoter le sorcier en blanc. Cependant, avant qu'il ne puisse dire quoi que ce soit, ses forces le quittèrent, et il s'évanouit.

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Merula avait écouté attentivement le message du patronus de Paul et en avait informé tout le groupe. Enfin sauf la partie où il a dit qu'il l'aimait, bien évidemment. Alors que le groupe composé de Ben, Penny, Tulipe, Tonks, Barnabé, Charlie et elle-même était à l'infirmerie avec Dumbledore, Rogue et Madame Pomfresh, en train de leur raconter toute l'histoire, la porte de l'infirmerie s'ouvrit avec fracas. « Poussez vous ! » rugit Maugrey en poussant tout le monde. « Alastor ? Que fais-tu ici ? Et qui est cette personne ? » ajouta Dumbledore en voyant le jeune homme ensanglanté dans les mains de l'auror.

Maugrey ne répondit pas et posa le corps du garçon dans le lit. « Pourquoi êtes vous tous les deux recouverts de sang ? Et qui c'est ? » insista Merula apeurée et se souvenant du dernier message de Paul. Pomfresh se glissa à côté du lit où Maugrey avait posé le garçon et s'écria « Oh mon dieu ! Paul Zélini ! Il est dans un sale état ! Qu'est ce qui s'est passé ? ». Tout le monde se figea lorsqu'ils entendirent le nom de Zélini. Ils se retournèrent tous vers Maugrey. « Tout ce que je voulais éviter... Bon, je vais tout vous expliquer », soupira Maugrey.

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Après de longues minutes où Madame Pomfresh lançait différents sorts de soins sur le corps de Paul, qui, bien que vivant pour le moment, était toujours inconscient. « ... Il s'est défendu et a planté Rakepick », acheva Maugrey.

Dire que le groupe était choqué était un euphémisme. Certains d'entre eux se sentaient encore coupables d'avoir accusé Paul de l'agression d'Ismelda. Sans Merula qui les avait prévenus de ce qu'il s'était passé en détail, ils auraient pu commettre l'irréparable et abandonner leur ami.

Ben prit la parole: « Donc Rakepick est morte, le sorcier en blanc dans les cellules du ministère et Paul vivant mais au bord de la mort ». Ils se regardèrent en silence, seulement pour être interrompu par l'infirmière qui quitta le lit de Paul pour venir vers eux: « Il devrait s'en remettre. Allez dormir les enfants ».

« Mais... » commença Merula. Le sentiment de culpabilité qu'elle ressentait dépassait de loin celui de ses camarades. Paul était son monde, et elle l'avait ignoré au profit de... rumeurs. Au lieu d'agir avec maturité et d'aller lui en parler, elle s'était isolée, et l'avait abandonné. Elle avait l'impression d'être une personne affreuse. "La meilleure sorcière de Poudlard... tu parles !" pensa la jeune fille en colère contre elle-même.

« Il n'y a pas de "mais", Madame Pomfresh a raison, tous dans vos dortoirs ! » ordonna Rogue froidement. Ils sortirent tous à contrecœur et rentrèrent dans leurs dortoirs, voulant éviter la colère du professeur de potion.

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Lorsque Merula arriva le lendemain matin, Paul était déjà réveillé. Elle s'approcha tout doucement du lit de Paul et, avant qu'il ne puisse ouvrir la bouche, s'effondra: « Je suis désolé Paul ! J'étais tellement en colère que je n'ai même pas pris le temps de t'écouter. Moi aussi je t'aime, et tu représentes tout pour moi. J'ai agit comme la pire des imbéciles ! ». Paul ne s'attendait certainement pas à voir Merula, de tout le monde, venir s'excuser et se rabaisser à son réveil. Terrifiée de la possible réaction du Serdaigle qui n'avait toujours pas ouvert la bouche, elle se retourna et commença à partir.

Cependant, avant de pouvoir faire le moindre pas, elle sentit quelque chose attraper sa main. « Reste avec moi s'il te plaît. Je me sens mieux quand je suis à tes côtés », avoua Paul faiblement.

Elle le regarda, et après une courte bataille interne, lui fit un grand sourire avant de se mettre sur la chaise à côté de lui . Il était, quant à lui, assis sur le dossier du lit. Aucun des deux ne parla alors que leurs corps se rapprochèrent et que leurs lèvres entrèrent en contact. « Je t'aime », chuchota t-elle. « Moi aussi », lui répondit-il alors qu'ils entraient dans un baiser chaleureux.

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« Tu savais depuis longtemps toi ? » demanda calmement Tonks qui les observait depuis la porte de l'infirmerie à Tulipe.

« Bien sûr. Je les ai vu s'embrasser un soir dans la tour d'astronomie. Laissons-les en paix », répondit-elle.