Les vacances d'été venaient de se terminer et Paul arrivait à la station accompagné de Merula. Le couple avait décidé de ne plus cacher leur relation, leurs amis étant de toute façon déjà au courant. Le retour à Poudlard marquait à la fois le début d'une nouvelle année, et la fin d'une ère, cette année étant leur dernière avant d'entrer dans le monde du travail.
Paul et Merula posèrent leurs bagages au sol, profitant de la courte pause pour reprendre leur souffle. Paul prit Merula par la main qui lui sourit en retour.
Après avoir récupéré, ils reprirent leurs affaires et approchèrent de leurs amis qui s'étaient rassemblés dans un coin de la gare. « Salut tout le monde ! » s'exclama-t-il. Ceux-ci firent les saluèrent en retour, mais leurs yeux se concentrèrent rapidement sur Merula. « Merula, oh mon dieu, ça va ? Tu es toute pâle ! » remarqua Penny. « J-Je vais bien. Tu t'inquiète pour moi maintenant Haywoods ? » rétorqua Merula d'une manière étrangement peu convaincante.
En effet, pour Paul qui avait vu la fille tous les jours depuis ces derniers mois, ce n'était pas forcément évident. Néanmoins, pour quiconque ne l'ayant pas vu depuis la fin de l'année scolaire, c'était différent. Les yeux de la jeune fille semblaient plus sombres, et son teint avait considérablement pâli. « Peu importe. Comment s'est passée vos vacances les tourtereaux ? » envoya Tonks, tentant d'égayer l'ambiance. « Oui, ça s'est bien pa- Attend, vous saviez qu'on passait l'été ensemble ? » questionna Merula, ses yeux écarquillant légèrement.
« Si on savait ? Vous nous prenez pour des idiots ou quoi ? Paul te cherchait partout à la gare. Et comme si ça ne suffisait pas, Tulipe vous a vu partir ensemble main dans la main », rétorqua Ben. « D'accord, bon... Au moins on aura rien à expliquer. C'est déjà ça », lança Merula en jetant un coup d'œil à Paul qui hocha la tête distraitement.
En effet, ce dernier s'était stoppé à la remarque de Penny. Son cerveau tournait à pleine vitesse pour essayer de trouver la raison de sa pâleur. Parce que oui, c'était évident que ce n'était pas normal. Il lui avait fallu une remarque extérieure pour s'en rendre compte, mais il se demandait sérieusement comme il n'avait pas pu voir cela avant. Il savait que la jeune fille n'était pas enceinte. Ils avaient utilisé le charme à chaque fois, et Merula n'avait eu aucun autre symptôme qui aurait pu correspondre à cela. Mais alors, qu'est ce qui affligeait la jeune Serpentarde ?
Les conversations de leurs amis dérivèrent au fur et à mesure que leurs camarades arrivaient. Cependant, presque tous ont commenté l'anormal pâleur de la fille, à tel point que cela commença à l'inquiéter sérieusement. Malgré tout, il décida de garder tout commentaire pour lui jusqu'à ce qu'il ne soit plus que tous les deux.
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Après le trajet en train habituel, ils arrivèrent enfin à Poudlard pour ce qui serait leur dernière année. Y aurait-il des dangers cette année ? En effet, Rakepick était morte et le ministère (enfin, plutôt l'équipe de Maugrey) avait réussi à arrêter la majorité des membres de " R " pendant l'été. Toutes les caves maudites avaient été scellées et Merula et Paul étaient en couple. Alors, si tous ses ennemis étaient soit mort ou arrêtés, " ou en couple avec moi ", pensa-t-il avec amusement, cela signifierait-il qu'ils pourraient avoir une année tranquille ? Enfin ?
Il écouta d'une oreille la cérémonie d'ouverture, et essaya de retenir vaguement les noms des nouveaux Serdaigles de cette année. En effet, Dumbledore avait pris la décision de le nommer préfet en chef. Il avait hésité à accepter le rôle au début, mais décida, en l'honneur de Rowan qui convoitait le poste, de le prendre. Tout au long du repas qui suivit, il fixa Merula, cherchant mentalement la raison de sa faiblesse apparente. Son inquiétude n'avait cessé d'augmenter depuis leur arrivée à la gare, et se rapprochait grandement de la limite que Paul avait fixé avant de " péter un câble d'inquiétude ". Il essaya de mettre tout ça dans un coin de sa tête et, une fois le repas terminé, demanda aux nouveaux élèves de le suivre lui ainsi que les autres préfets en direction des dortoirs.
Puisque c'était le premier soir, il était de garde toute la nuit. D'habitude, il se serait plaint, mais pour une fois, il était sincèrement reconnaissant. Pourquoi ? Car il devait s'occuper de surveiller les cachots, lui donnant une chance de parler avec Merula de toute la situation sans avoir à retourner à l'école comme il avait dû le faire lorsqu'il était parti à la recherche d'Ismelda.
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Il avait commencé sa garde depuis maintenant une heure, et, jusqu'ici, n'avait eu aucun problème en dehors d'un jeune Serpentard qui avait essayé de lui jeter un sort. Une fois le jeune garçon réprimandé et servi à Rogue sur un plateau qui semblait moins que ravi d'être réveillé à cette heure-ci, il n'eut aucun autre incident du reste de la soirée.
Le temps passa, et alors que le couvre feu était déjà dépassé depuis deux heures, Merula arriva. Éclairé par les torches murales, il remarqua immédiatement la blancheur de ses traits. Il glissa silencieusement vers elle en essayant d'éviter de réveiller l'entièreté du château.
« Salut Mer, tu vas bien ? » lança-t-il en la prenant dans ses bras. Celle-ci sourit, fatiguée, et répondit: « Oui ça va, je suis juste très fatiguée. Désolé, bonne nuit Paul ». La phrase semblait lui avoir coûté toute son énergie, et elle tituba jusqu'à l'entrée de sa salle commune sans jeter un regard en arrière. Si Paul était inquiet avant, il était maintenant terrifié. Il savait que ce n'était pas une maladie. Elle n'aurait eu aucune raison de le lui cacher. De plus, Madame Pomfresh aurait soigné cela en un instant. Non, quoi qu'il se passait, c'était beaucoup plus grave.
Heureusement le lendemain serait son premier entraînement de Quidditch de cette année, et, maintenant que Skye était la capitaine, il pouvait oublier les longs monologues parfois ennuyant d'Orion. Avec cette pensée en tête et sa garde terminée, il se dirigea vers son dortoir et se laissa paresseusement tomber sur son lit, ses traits marqués par l'inquiétude qu'il portait à sa petite-amie.
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Le réveil n'était pas aussi agréable que d'habitude. Cela faisait maintenant deux mois qu'il se réveillait dans les bras de la fille qu'il aimait. De revenir d'un coup à ce lit monoplace, seul, mit un petit coup à son moral.
En dépit de tout ça, il s'habilla et alla vers le dortoir des garçons de première année. « Debout tout le monde ! Aujourd'hui, c'est votre premier jour de cours alors tâchez de faire bonne impression en arrivant à l'heure » cria-t-il, faisant sursauter les pauvres Serdaigles paisiblement couchés dans leur lit. Ils se levèrent tous à leur rythme, et se préparèrent à aller prendre leur petit déjeuner.
Paul attendit patiemment, et une fois qu'il était sûr qu'il ne manquait personne, descendit dans la Grande Salle pour prendre son petit déjeuner. Il profita du fait que Merula était seule à sa table pour aller manger avec elle. Il s'approcha puis se laissa tomber à coté d'elle et chuchota: « Coucou Mer , bien dormi ? ». Celle-ci se contenta d'un faible « Bien et toi ? » avant de reprendre son petit-déjeuner. Paul répondit " Oui ", et, devant le comportement évasif de Merula, demanda: « Euh... Mer, ça va ? J'ai dit quelque chose de mal ? Est-ce qu'il s'est passé quelque chose ? ». Celle-ci se raidit et lâcha le morceau de pain qu'elle tenait pour se tourner vers Paul avec un sourire. Il connaissait ce sourire. C'était un faux. Elle avait utilisé le même dans le passé quand elle n'avait aucune information sur les caves maudites mais qu'elle ne voulait pas l'avouer.
Finalement, elle s'exprima sur ce même ton fatigué qui l'inquiétait: « Nan, tout va bien. Pourquoi ça n'irait pas ? ». Décidant que, le temps qu'il trouve un plan d'attaque, il valait mieux laisser tomber l'affaire, il lui suggéra: « Écoute, fais ce que tu veux. Mais, s'il te plaît, va voir Madame Pomfresh. Bon sang tu es aussi pâle qu'un vampire, ça m'inquiète ».
« Rassure toi Paul, c'était déjà prévu. J'irai la voir après les cours ce soir ».
« Ouf ! Tant mieux. Bon, je te laisse, j'ai cours. Si tu as besoin de moi ce soir, je serais sur le terrain de Quidditch. N'hésite pas à venir ou à envoyer quelqu'un me chercher », précisa-t-il avant de l'embrasser sur le front et de se lever. Légèrement rassuré, il fit son chemin vers la Grande porte, se préparant mentalement à sa première journée de cours.
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Les cours passèrent lentement. Il se doutait que l'année serait compliquée, considérant qu'ils auraient leurs A.S.P.I.C à la fin de cette dernière, mais de là à commencer aussi fort. Lorsque le soir fut venu, il poussa un grand soupir de soulagement et se dirigea vers le terrain de Quidditch. Il était le deuxième arrivé, Skye étant la première.
Il se changea assez rapidement, prit son balai et s'avança vers elle. Cependant lorsqu'il arriva à quelques centimètres d'elle, il remarqua qu'elle avait la tête baissée et l'air très stressée. La dernière fois qu'il l'avait vu dans cet état, c'était lors de la venue de son père à Poudlard.
« Salut Skye, comment tu vas ? » salua-t-il poliment, « Enfin, tu préfères peut-être que je t'appelle capitaine maintenant ? » ajouta t-il avec un sourire.
Elle ne répondit pas. " Qu'est ce que j'ai avec les femmes distantes moi en ce moment. Je suis maudit ou quoi ? " grogna-t-il intérieurement en jetant inconsciemment un regard agacé à la nouvelle capitaine de l'équipe de Serdaigle.
Finalement, après quelques secondes d'attente de plus, elle répondit.
« Dis moi honnêtement, tu penses que je devrais être capitaine ?
Paul comprit rapidement qu'elle avait peur de ne pas être à la hauteur. Réprimant son agacement précédent, il tenta de l'encourager:
— Bien sûr que oui. Je te rappelle que c'est grâce à toi qu'on a remporté la coupe l'année dernière. Rajoute à ça que c'est grâce à toi si je suis dans l'équipe aujourd'hui. Sans compter que si j'ai ce niveau, c'est aussi en partie grâce à toi.
Allez... capitaine, relève toi, ils vont arriver. Tu devras montrer pourquoi tu es notre capitaine pendant les tests. Tu seras leur modèle, rappelle toi ! » ajouta t-il.
Ses mots semblèrent faire effet, et elle releva la tête en le frappant dans l'épaule: « Ne m'appelle pas comme ça. Enfin pas toi. On est dans l'équipe ensemble depuis trop longtemps, et tu es meilleur que moi sur un balai. D'ailleurs, ça te dirait d'être mon second ? proposa-t-elle en ayant repris son ton habituel.
— Euh et bien je... Oui je présume. Ce sera quoi mon rôle en gros ? questionna le jeune homme, curieux.
— C'est simple, tu as autant d'autorité que moi sur l'équipe et si je devais m'absenter lors d'un match pour une blessure ou quoi, et bien ce serait toi qui aurait le rôle de capitaine. Paul sentit une poussée de joie monter en lui et s'exclama:
— Oui ! Bien sûr ! Avec plaisir !
— Tant mieux, tiens reprends ton balai, ils arrivent ».
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Jusqu'ici, les tests se passaient bien. Skye, Paul et le reste de l'équipe de Serdaigle initiale s'étaient présentés. Paul et Skye avaient même réussi à trouver leur nouveau poursuiveur. Cependant, alors que Skye allait annoncer les résultats, le professeur Flitwick vint tout interrompre.
« Désolé de vous déranger, mais je dois vous emprunter Monsieur Zélini de toute urgence ». Paul, la boule au ventre, répondit: « Monsieur, on ne peut pas attendre juste quelques minutes que Skye finissent l'annonce ? ».
Celui-ci secoua sa tête. Paul, trop inquiet pour se battre plus longtemps, fit un signe à Skye qui lui fit un sourire rassurant et le congédia.
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Il garda la boule au ventre tout le long du trajet et ne releva la tête seulement lorsque le petit professeur de sortilège lui demanda d'entrer dans une pièce. Il se rendit compte que c'était l'infirmerie et repéra rapidement Madame Pomfresh ainsi que le professeur McGonagall qui discutaient avec... Merula.
Une vague d'inquiétude colossale le submergea à la pensée que Merula soit potentiellement blessée. Il se déplaça à grand pas et atteignit le lit de sa petite-amie en un instant, malgré la fatigue accumulée pendant les essais de Quidditch.
« Bonjour M. Zélini, nous vous avons appelés en urgence car nous sommes face à un problème... déconcertant à vrai dire » avoua l'infirmière. Paul essaya d'ouvrir la bouche pour demander ce qu'il se passait, mais fut coupé par le professeur McGonagall qui répondit à sa question. « Il s'avère que... mademoiselle Snyde est en train de perdre sa magie. Si cela arrivait... elle pourrait perdre la vie », expliqua lentement la professeur âgée en cherchant les bons mots.
Paul se figea sur place et lança un regard vers Merula qui baissa la tête. Il ne savait pas quoi répondre. Il pensait qu'ils pourraient enfin être heureux, être en paix. Mais, comme toujours, quelque chose venait finalement troubler cette paix. Il n'avait aucune idée de ce qu'il se passait. Alors qu'il s'apprêtait à demander pourquoi elle perdait sa magie, il entendit les portes de l'infirmerie s'ouvrir à nouveau. Il se retourna pour voir entrer le professeur Dumbledore, l'inquiétude marquée dans ses traits.
« Bonsoir Monsieur Zélini. Je suis désolé que l'année commence de cette façon. Mais allons droit au but. Le temps nous est compté. Mademoiselle Snyde, s'il vous plaît », lança-t-il, son ton calme apaisant momentanément le cœur affligé de Paul. Merula baissa la tête à nouveau et commença à parler en fixant ses mains.
« Lors de l'arrestation de mes parents, le ministère n'avait aucune idée d'où m'envoyer. Je n'avais pas d'autre famille, et personne ne voulait de la fille d'une famille de Mangemorts. La seule personne qui pouvait me prendre était ma tante, qui était fermement contre. Finalement, le ministère est parvenu à un accord. Je devrais faire un serment inviolable comme quoi je resterai fidèle et que j'obéirai à ma vraie famille jusqu'à ma mort ». Elle fit une pause, prenant le temps de relever la tête pour regarder Paul qui transpirait.
«Je n'avais pas le choix, alors j'ai fait ce foutu vœu. Cependant, le premier ordre qu'elle m'a donné à l'époque serait qu'elle serait celle qui choisirait le bon match pour moi quand je serais plus âgée. A l'époque, cela m'importait peu, alors j'ai accepté sans trop y penser. Mais je paie cette ignorance aujourd'hui. Bon sang, si j'avais un retourneur de temps, je serais allé frapper cette vieille folle à la seconde où elle a proposé ce putain de vœu », expliqua-t-elle. Le regard d'incompréhension sur le visage de Paul la fit presque sourire un instant, avant qu'elle ne reprenne son explication.
« Ces derniers mois avec toi étaient formidable. Probablement les meilleurs de toute ma vie. Mais, en me mettant avec toi, je suis allé contre le serment. Je me suis mis avec quelqu'un qu'elle n'a pas choisi. Heureusement, puisqu'elle ne s'est pas opposée, le vœu ne m'a pas tuée sur le coup. Malgré tout, je sens depuis maintenant quelque temps que ma magie s'affaiblit. Depuis qu'on a révélé notre couple à tout le monde, c'est encore pire. Pour être honnête, la seule raison pour laquelle je ne suis pas une cracmol, c'est parce que Poudlard est un lieu extrêmement magique, et qu'il remplit mes réserves constamment » acheva-t-elle.
Paul était dévasté. Elle ne lui avait jamais parlé de ce vœu. Il n'avait jamais pris en compte que se mettre en couple avec la femme qu'il aime pourrait lui coûter la vie.
Le directeur observait le visage du jeune homme se décomposer. Il avait déjà vu la mort de sorciers et sorcières qui rompaient des vœux, et il savait que ces derniers n'avaient en général pas eut une bonne fin. Cependant, si sa longue vie lui a appris quelque chose, c'est le pouvoir des mots. Chaque mot dans un vœu pouvait être contraignant. Mais si l'on ne faisait pas attention, des échappatoires apparaissaient.
" Monsieur Zélini, mademoiselle Snyde. J'aimerais vous dire qu'il y a une solution évidente, mais il n'y en a pas. Enfin, à première vue. Pouvez-vous répéter exactement le serment que vous avez fait ce jour-là s'il vous plaît mademoiselle ".
" Je jure sur ma vie et ma magie que je resterai à jamais fidèle à ma vraie famille et que je lui obéirai jusqu'à ma mort " récita la jeune fille épuisée. Le professeur s'arrêta un instant, puis fit un sourire triste à Paul qui le regardait avec un microscopique soupçon d'espoir.
" Le vœu qu'a réalisé votre petite-amie n'a jamais précisé qu'elle serait fidèle à sa tante, mais à sa 'vraie famille'. Comprenez-vous ce que je veux dire ? " lança-t-il au Serdaigle.
"Cela veut dire que... Si elle reconnaît quelqu'un d'autre comme sa vraie famille... alors... On pourrait la sortir de là ? " demanda-t-il avec espoir.
" C'est exactement mes pensées ", admit le directeur. Merula, écoutant attentivement l'échange, décida à son tour de prendre la parole. " Je vois ce que vous voulez dire. Mais je vous l'ai dit, je n'ai pas d'autre famille. La chose la plus proche que j'ai d'une famille... c'est... c'est toi Paul ", avoua-t-elle.
Paul prit une grande inspiration, sentant son cœur battre plus fort à la déclaration de la jeune fille. Il n'était malheureusement pas un parent de sang, alors il ne pou... Attendez un instant ! Le vœu ne précise jamais que la personne doit être de sa famille de sang. Cela voudrait dire que...
" Et si on se mariait ? Aux yeux de la magie, Merula serait reconnu comme ma femme, et on serait de la famille. Merula elle-même vient d'avouer qu'elle me considérait comme la chose la plus proche d'une famille, ce qui vaut pour moi aussi. Vous en pensez quoi, professeur ? "
Dumbledore se gratta la barbe, pensif. " Je suppose que oui. Si vous signez un contrat de mariage, vous serez reconnu comme mari et femme, et par conséquent, Monsieur Zélini, vous serez reconnu comme de la famille et pourrez annuler les ordres de sa tante. Vous seriez d'accord mademoiselle Snyde ? "
Paul tourna son regard vers Merula. Celle-ci, voyant la chaleur dans les yeux de Paul, le regarda, choquée. " Sérieusement Paul ? Tu es prêt à lier ta vie à la mienne pour l'éternité simplement pour me sauver ? Je... Je... Je ne sais pas quoi dire ".
Paul s'approcha du lit de la jeune Serpentarde affaiblie et prit sa main dans la sienne. Il se mit sur un genou, plaçant sa tête près de la sienne, et demanda: " Merula, tu es la plus belle fille que j'ai jamais rencontré. Chaque jour passé à tes côtés est un plaisir, oui, même quand tu m'insultes et essaies de m'assassiner. Je serais heureux de passer le restant de mes jours avec toi. Merula Snyde, veux-tu m'épouser ? "
Merula pensait qu'elle allait s'évanouir, et pas à cause de la fatigue. Elle n'hésita même pas une seconde. Bien sûr, sa vie était en jeu, et si elle voulait survivre, elle n'avait pas le choix. Mais même sans y être forcé elle aurait dit oui. De toute façon, elle comptait déjà, avant que sa situation s'aggrave, discuter avec Paul à propos du mariage. Cela ne faisait qu'avancer les choses.
" Bien sûr que je veux t'épouser imbécile ! " s'exclama-t-elle en roulant des yeux. Il se releva et l'embrassa. Il s'en fichait que les professeurs les regardaient. Ils continuèrent jusqu'à ce que le manque d'air force Merula à reculer. " Désolé, je n'ai pas encore de bague. Je t'en trouverai une magnifique, je te le promet ! ".
"J'espère bien ! Le meilleur pour la meilleure sorcière de Poudlard " taquina-t-elle faiblement. Paul lui fit un grand sourire avant de se tourner vers le directeur qui les regardait avec bonheur, semblant ravi de voir l'amour s'épanouir dans son établissement.
" Dans ce cas, attendez-moi un instant. Fumseck ! " cria-t-il avant de disparaître dans un éclair de feu. Ils attendirent en silence quelques minutes avant qu'un second éclair de feu ne retentisse, indiquant le retour du professeur. Il tenait à la main un morceau de parchemin. Il le tendit aux étudiants avant de les prévenir: " Désolé du retard. J'ai dû faire jouer une faveur au ministère, mais me revoilà. Tenez, vous n'avez qu'à faire tomber une goutte de sang et répéter la phrase écrite en bas du parchemin ".
Paul attrapa le contrat et le lit à voix haute. Cela disait juste que les deux se juraient fidélité, et resteraient ensemble quelque soit les épreuves de la vie. Il prit sa baguette et lança le plus faible sort de coupe qu'il pouvait sur le bout de son doigt. Il laissa une goutte de sang tomber sur la feuille avant de refermer la blessure. Il posa ensuite le parchemin sur les jambes de Merula qui leva avec effort sa main au-dessus. Il lança le même sort sur le doigt de Merula, et observa avec douceur la goutte de sang qui les lierait à vie tomber sur le parchemin. Il referma la blessure, et observa le parchemin briller d'une couleur argenté avant de regarder Merula. Ils hochèrent la tête et commencèrent à réciter en chœur:
" Moi, Merula Snyde/Paul Zélini, jure sur ma magie vouloir être ton mari/ta femme pour les jours et les années à venir. Je m'engage à t'accompagner dans tes bonheurs et à te soutenir dans les épreuves, à grandir à tes côtés et à veiller sur notre famille. Je te laisserai m'apprendre tout ce que tu sais et me transmettre ta force et ta quiétude. Que la magie elle-même m'en soit témoin, je te serais fidèle et t'aimerai jusqu'à la fin. C'est mon choix, et il est définitif ! "
Cette fois, le parchemin brilla d'une lumière dorée qui illumina la pièce, forçant Paul et Merula qui étaient à côté à se couvrir les yeux. Quand Paul rouvrit les yeux, c'était pour voir une Merula souriante le fixer avec ses beaux yeux violets. Sa pâleur avait disparu, et la fatigue précédemment écrasante visible sur son visage n'était plus. Elle était de retour. Elle était en vie.
" Félicitations ! Je pense que nous devrions nous retirer ", déclara le professeur Dumbledore en faisant un signe de tête à ses collègues. Madame Pomfresh s'approcha de Merula et lança quelques sorts de diagnostics pour vérifier que la fille était en bonne santé. Les résultats vinrent rapidement. Elle était totalement guérie. Paul, voulant s'assurer que le vœu ne poserait plus problème, affirma: " Merula, tu es libre de choisir les personnes que tu aimes. A l'avenir, toi et toi seule décidera de qui tu aimes comme une sœur, comme un frère, comme un parent, comme un enfant, comme un ami, et enfin et surtout... comme un mari ".
La jeune fille le serra dans les bras tandis que les différents enseignants se retiraient silencieusement de la pièce. Seule Madame Pomfresh restait. "Allons-y, Madame Zélini ", lança Paul d'un ton taquin. Elle hocha la tête, descendit du lit, et après quelques pas tremblants, les deux sortirent de l'infirmerie main dans la main.
Ils n'avaient aucune idée de ce que la vie leur réserverait. Mais quoi qu'il arrive, ils l'affronteraient ensemble. Et pour Paul, c'était tout ce qui comptait.
