Bonjour à toutes !
Voici la suite de cette réunion tout feu tout flamme ;)
Merci à celles qui me donnent leurs impressions au fur et à mesure des chapitres, ainsi qu'aux nouvelles venues qui la prennent en cours de route :)
Rar Sarah Maes : Merci pour ton commentaire, bonne lecture de ce chapitre !
La colère n'avait pas quitté Severus jusqu'à la fin de la réunion. Même une fois sortie de la salle des professeurs, alors que ses collègues s'éparpillaient dans diverses directions en fonction du programme de tout un chacun, elle était restée en lui, sourde et palpitante, attisée par l'humiliation cuisante dont il avait fait les frais.
Il ne savait pas bien au juste pourquoi il n'avait pas immédiatement regagné ses appartements, lui qui avait pourtant eu sa dose de sociabilisation pour la journée, entre les gamins empotés qu'il s'était farci toute l'après-midi et cette réunion interminable qui avait suivi.
Il s'était appuyé contre le pilier d'une imposante double arche en bois qui décorait l'intersection du couloir, à quelques pas de la salle de professeurs, et avait salué d'un bref signe de tête Filius et Pomona qui regagnaient leurs quartiers respectifs. Le son des dernières discussions lui était parvenu depuis la salle professorale encore ouverte, et il n'avait pu retenir un rictus en réalisant que, comme à son habitude, Miss-Bonnes-Idées-De-Pedagogie faisait du rab. Ne cesserait-elle donc jamais de vouloir toujours se démarquer ? Elle et son fichu ego de Gryffondor !
Il la trouvait tellement insupportable ! Dans sa façon de lécher les bottes de Minerva pour se faire bien voir, dans son insolence évidente qu'il était pourtant le seul à percevoir, dans cette manie de toujours vouloir avoir raison sur tout ! Et que dire de ces manières déplacées quand elle avait le malheur de manger un fruit !
Tellement insupportable.
Et pourtant, quand elle avait passé le pas de la porte de la salle des professeurs en finissant d'enrouler les anneaux dorés de son écharpe autour de son cou, il avait compris pourquoi il n'avait pas filé dès la fin de la réunion.
Il n'avait pas simplement attendu.
Il l'avait attendue.
Ce n'est que lorsqu'elle était passée devant lui, un sourire narquois flottant au coin de ses lèvres pleines, et avait ouvert la bouche pour lui souhaiter une bonne soirée de ce petit ton provoquant qu'elle ne réservait qu'à lui, qu'il avait compris. Que lorsqu'il l'avait vivement attrapée par le bras pour l'attirer derrière l'immense pilier de l'arche en chêne, dans le couloir transversal, lui arrachant un hoquet étouffé au passage, qu'il avait réalisé à quel point elle l'avait agacé. Que lorsqu'il s'était penché sur elle, la toisant de toute sa hauteur, pour plonger son regard noir dans le sien, déconcerté, qu'il avait su qu'elle ne s'en tirerait pas comme cela.
- Qu'est-ce que… ?
- Vous êtes satisfaite de votre petit numéro, j'imagine ? Avait-il sifflé d'une voix dangereusement basse.
Il n'avait fallu que quelques secondes à la Gryffondor pour reprendre ses esprits après la surprise de s'être ainsi faite attirer dans un couloir sombre par l'alchimiste. Il avait vu la stupéfaction s'effacer au profit d'un léger étonnement, alors qu'elle ne comprenait pas immédiatement où il voulait en venir. Puis l'éclat railleur qu'il avait appris à connaître ces derniers mois avait effacé les dernières traces de surprise, et le sourire moqueur s'était étiré tandis qu'elle soutenait son regard, franchement amusée, et visiblement pas du tout inquiète de sa situation, coincée entre le mur et lui, qui la dominait de presque une tête de plus qu'elle.
- Toujours aussi susceptible, à ce que je vois, avait-elle répondu, narquoise.
L'expression de Severus s'était durcie davantage.
- Ne jouez pas à cela avec moi, avait-il répliqué, acerbe. Minerva et tous les autres se laissent peut-être berner par vos airs de Miss-Parfaite, mais ce n'est pas mon cas !
Contre toute attente, la jeune femme avait incliné la tête sur le côté, et l'avait considéré avec curiosité. Vraiment, avec curiosité. Comme s'il était réellement une énigme qu'elle ne parvenait à résoudre, et qui la laissait tout à fait perplexe. Cette absence de culpabilité, à présent qu'elle se savait découverte dans son plan machiavélique de manipuler ses collègues, avait déconcerté Severus, qui s'était attendu à une autre réaction.
- Que diable ai-je pu donc bien vous faire pour que vous me détestiez ainsi ? Avait-elle demandé dans un murmure distrait.
Cette interrogation avait fini de désarçonner tout à fait le Serpentard, qui avait froncé les sourcils, sans réellement réussir à déterminer si elle se posait la question à elle-même ou si elle lui était destinée. Il avait froncé les sourcils, déstabilisé, et regardé sans comprendre le visage mutin qui lui faisait face. Les grands yeux curieux braqués sur lui, les lèvres encore entr'ouverte sur le point d'interrogation final, les mèches brunes qu'elle n'avait pas eu le temps d'ordonner, et qui étaient encore coincées entre deux tours d'écharpes, lui conférant un air encore plus espiègle que celui qu'elle affichait chaque fois qu'elle l'asticotait.
Pourquoi donc la détestait-il, déjà ? Il n'en savait fichtrement rien, tout d'un coup. En réalité, il la trouvait même tout à fait attirante, en cet instant.
Heureusement, son esprit pragmatique assurait toujours un service minimum qui l'empêchait de perdre totalement pied dans ce genre de situation à risque où il aurait pu, pour une fois, laisser libre cours à ses émotions et se laisser aller à un brin de folie.
- Vous avez lancé les hostilités avec ce fichu bocal de cornichons, avait-il répondu d'une voix sourde.
Les sourcils bruns s'étaient délicatement haussés tandis que l'étonnement reprenait le dessus dans les yeux couleur miel, et qu'elle considérait le Serpentard avec surprise. Le parfum de ses cheveux avait flotté jusqu'à lui lorsqu'elle avait machinalement replacé une mèche caramel derrière son oreille, dans ce tic qu'il lui avait découvert quelques semaines plus tôt. Contre toute attente, il ne s'agissait pas d'une fragrance fruitée, ce qui ne l'aurait guère surpris au vu de sa passion manifeste pour ceux-ci, mais d'une odeur plus discrète, plus subtile. Cela lui évoquait les douces fragrances de l'avoine qu'il utilisait parfois pour certaines préparations, avec une note d'amande ou de quelque chose de plus fleuri. Du coquelicot, peut-être.
Une chose était sûre, toutefois. Il aimait ce parfum.
Bon sang mais que lui arrivait-il ?
La jeune femme avait éclaté de rire soudain, le tirant brutalement de sa contemplation. Consterné, il l'avait regardée rire avec effarement, et s'était raidi lorsque qu'elle avait effleuré par inadvertance son bras de la main en portant ses doigts à sa bouche pour contenir son hilarité. Ainsi appuyée contre le mur à quelques centimètres à peine de lui, il avait presque pu sentir les soubresauts de son corps tandis qu'elle peinait à se calmer, ainsi que la chaleur étonnante qu'elle dégageait. Ou peut-être était-ce son propre corps qui montait ainsi en température, comme si le son chaleureux de ce rire impromptu repoussait soudain le froid glacial qui régnait dans les couloirs du château en cette saison.
- Vous en êtes toujours là ? Avait-elle finalement demandé, railleuse, après s'être quelque peu reprise. Bon sang mais combien de fois vais-je devoir vous répéter que je n'y suis pour rien ?
Le regard de Severus s'était aussitôt assombri à ces mots piquants, et il avait serré les dents sous la moquerie, de nouveau en proie à l'irritation.
- Que vous soyez directement impliquée ou non n'y change rien, je sais que vous y avez participé d'une façon ou d'une autre. Ce n'est qu'une question de temps avant que je ne trouve.
Les lèvres de la jeune femme s'étaient ourlées d'un nouveau sourire narquois, qui avait douloureusement agité les entrailles du Serpentard.
- Il me semble avoir déjà entendu cette affirmation dans votre bouche il y a quelques mois, et aux dernières nouvelles, vous êtes toujours bredouille, avait-elle répondu dans un souffle.
Ce disant, et visiblement lasse d'être ainsi coincée contre le mur froid et humide du couloir, elle s'était redressée avec l'intention évidente de se défaire de cette position inconfortable, ce qui l'avait amenée plus près encore du Serpentard, qui s'était raidi par réflexe, peu habitué à se tenir si près de quelqu'un d'autre, lui dont l'espace personnel était d'un diamètre très respectable. Dans l'atmosphère glaciale du couloir désert, Severus avait dû déployer des efforts considérables pour ne pas frémir sous la caresse de son souffle chaud qui avait balayé ses lèvres. Inconsciemment, son regard s'était porté sur la bouche rouge et pleine de la jeune femme, et il avait senti son cœur s'affoler soudain.
Par Merlin, quel sortilège était-ce là ?
Poussant l'audace jusqu'à se rapprocher davantage, réduisant le peu de distance qui les séparait à peau de chagrin, et s'amusant visiblement du trouble qu'elle suscitait chez lui, la jeune femme avait poursuivi, ses lèvres à quelques centimètres à peine de celles du directeur de Serpentard.
- D'autre part, et si toutefois vous persistez dans l'idée que j'y suis pour quelque chose, je ne pourrais que faire le malheureux constat que tous les cornichons ne sont visiblement pas en pot.
Encore enivré par sa proximité et le parfum entêtant de ses boucles brunes, Severus avait mis quelques secondes à percuter le sens de ces mots. La jeune femme avait soutenu son regard jusqu'à ce que l'étincelle révoltée ne vienne illuminer le noir obsidienne de ses yeux sombres. Puis elle s'était fendue d'un nouveau sourire en coin, satisfaite de constater que l'idée avait fait son chemin dans l'esprit cartésien et psycho-rigide du Serpentard. Enfin, comme la demoiselle était courageuse mais pas non plus téméraire, elle avait eu tôt fait de s'écarter en avisant les nuages s'amonceler dans le regard sombre du professeur, sachant pertinemment que l'orage n'était pas loin.
- Bonne soirée, Professeur Rogue, avait-elle soufflé, espiègle, avant de se glisser hors du recoin sombre et de disparaître dans l'obscurité du couloir glacial.
Quand les roulements du tonnerre avaient explosé derrière-elle sous la forme d'un cri furieux prenant la forme de son nom de famille, déformé par la hargne de cette voix si familière, la petite lionne était déjà bien loin.
Pour la première fois depuis une éternité, Severus s'était enfilé un verre de pur-feu en rentrant chez lui.
La brûlure du liquide dans sa gorge l'avait fait grimacé, mais avait au moins eu le mérite de donner une raison plus acceptable à la chaleur qui s'était diffusée dans son corps.
Une raison qui n'était pas brune aux yeux noisettes, avec un éclat rieur dans le regard, et un délicieux parfum d'avoine.
Une raison qui ne s'appelait pas Hermione Granger.
Au plus grand damne de Minerva, les jours qui avaient succédé la réunion de mi-année n'avaient pas vu les relations entre ses professeurs de métamorphose et de potions s'arranger. Bien au contraire. Elle ne s'attendait pas à ce que Severus mette de l'eau dans son vin, bien-sûr, puisque déjà du temps où elle avait elle-même enseigné, elle n'avait pas manqué d'occasion de se prendre la tête avec son homologue de Serpentard, et connaissait son opiniâtreté et son irritabilité.
Toutefois, elle n'aurait pas pensé que son intervention en faveur d'Hermione lors de la réunion mettrait l'alchimiste dans de si mauvaises dispositions pour la suite de l'année.
Jamais il ne s'était montré aussi irascible avec la demoiselle. Et pas que, d'ailleurs, car le Serpentard avait été d'une humeur massacrante avec la plupart des habitants du château dès le lendemain de la réunion.
Les pierres précieuses des sabliers, durement gagnées depuis le début de l'année, s'étaient volatilisées en quantités importantes en quelques jours à peine dans le hall du château, plombant le moral des petits sorciers et attisant la colère de leurs directeurs de maison respectifs, ce qui n'avait pas manqué mener à quelques échauffourées en salle des professeurs quand Pomona avait fait remarquer au vert et argent qu'il y avait d'autres moyens dans la vie de résoudre ses problèmes qu'en s'acharnant sur une bande de gosses innocents. Filius avait largement soutenu les propos de la botaniste, et nul doute que Rémus aurait partagé son avis s'il n'avait pas été alité en ce lendemain de pleine lune.
Alors que Minerva désespérait de pouvoir boire son thé au jasmin en toute quiétude, Hermione était entrée sur ces entre-faits, et avait immédiatement remarqué la tension qui régnait dans la pièce, l'expression revêche des représentants de Serdaigle et Poufsouffle et celle, tout aussi taciturne, de celui de Serpentard.
- Bonjour tout le monde, ne faite pas attention à moi, avait-elle glissé en se faufilant entre les deux parties qui se faisaient face pour aller déposer des copies dans son casier au fond de la pièce.
La vieille animagus, qui attendait que son thé infuse dans sa tasse préférée, n'avait pas manqué remarquer que Severus s'était crispé davantage quand la Gryffondor était passée devant lui, et s'était désespérée de ne jamais voir leur relation s'arranger si la simple proximité avec la jeune femme suffisait à le faire se hérisser ainsi. Ce qui était pour le moins regrettable, car elle ne pouvait que reconnaître l'excellent travail que chacun des deux enseignants réalisait dans sa matière respective, chacun à leur manière. Hermione avait pour elle la fougue de la jeunesse et la passion des jeunes enseignants, sans parler de sa bienveillance naturelle. Severus était fort d'une expérience de bientôt vingt ans dans l'art occulte des potions, qui avait toujours été son domaine de prédilection déjà du temps où il avait été l'étudiant de Minerva. Comme il était navrant de les voir se quereller en permanence, quand l'aîné aurait pu mettre son propre parcours de vie au service de la jeune femme qui débutait dans le métier, afin de l'aider à arpenter au mieux les premiers mois de cette nouvelle carrière.
Malheureusement, on était loin de ce schéma idyllique !
- Ah Hermione, vous tombez à pic ! L'avait apostrophée Pomona. Nous étions justement entrain de dire à Severus que nous apprécierions grandement qu'il calme ses nerfs autrement qu'en s'évertuant à vider de leur contenu les sabliers de nos maisons respectives !
- Oh ! Je…, avait commencé la jeune femme, prise au dépourvue par cette implication soudaine dans la querelle des trois sorciers.
- Cette discussion ne concerne en rien Granger, avait sifflé le Serpentard aussi sec, furieux. Aux dernières nouvelles, elle n'est pas directrice de maison !
- Elle n'en reste pas moins une Gryffondor ! Avait rétorqué Filius avec hauteur. Et en l'absence de Rémus, elle est tout à fait en mesure d'exprimer un avis pour défendre sa maison !
- Sans compter qu'ils sont des amis intimes, j'imagine qu'elle doit donc avoir connaissance de la pensée de Rémus sur la question ! Avait ajouté Pomona.
Severus s'était crispé derechef à ces mots, agacé malgré lui par ce rappel piquant que la jeune femme était proche de son ancien rival de classe.
- Elle n'a aucune légitimité à le faire ! A ce que je sache, personne ici n'a nommé de directeur adjoint à la présidence des maisons. Ce n'est pas parce que Lupin persiste à jouer aux grand méchant loup une fois par mois qu'il fera exception à la règle ! Avait-il répliqué, acerbe.
- Severus ! Avait grondé Minerva, exaspérée, en retirant avec précaution le sachet de thé de son infusion. Qu'est-ce que je vous ai déjà dit à propos de votre façon de parler de Rémus ?!
- Permettez-moi d'ailleurs de vous rappeler, professeur Rogue, que Rémus ne choisit nullement de se transformer, au cas où vous l'auriez oublié, était intervenue l'amie du lycanthrope avec sarcasme.
Alors même qu'elle n'avait pas encore pipé mot sur la discussion concernant les retraits de points abusifs, elle n'avait pas perdu de temps pour prendre la défense de son ami à poils, et ce constat n'avait fait qu'agacer d'autant plus le Serpentard, dont l'ego s'était vivement offensé de cette intervention sardonique à son égard.
- Vous pensez peut-être que je l'ignore, Granger ? Avait-il répondu avec hargne. C'est moi qui vous ai dispensé le cours sur les loups-garou, sombre idiote ! N'oubliez pas à qui vous vous adressez !
- Severus ! S'était de nouveau indignée la directrice, outrée.
- Oh mais n'ayez crainte, je ne risque pas de l'oublier. Il est tellement plaisant d'échanger avec vous, tant vous êtes toujours prompt à la...
- Hermione ! Par tous les Saints, n'en rajoutez pas, je vous prie…
- Navrée Minerva, mais je ne peux décemment pas le laisser ainsi dénigrer Rémus sans protester !
- Serait-il possible d'en revenir à la discussion première, s'il vous plaît ? Avait plaidé Pomona, toujours contrariée par le nombre de diamants dans le sablier de sa maison.
- Pas tant que cette petite impertinente ne sera pas sortie de cette pièce ! Avait sifflé Severus en foudroyant la concernée du regard.
Regard qu'elle lui avait rendu, évidemment, le noisette de ses yeux décuplé par le brasier ardent qui s'y était allumé lorsqu'il avait proféré les premiers mots à l'encontre de Lupin. Les yeux étincelants de colère et l'expression déterminée, elle avait soutenu son regard noir sans ciller, des flammes plein les yeux.
Par Salazar, Hermione Granger n'était jamais si belle que lorsqu'elle s'énervait !
Cette pensée avait été comme le grain de sable dans l'engrenage de l'esprit furieux de Severus, qui avait tiqué en réalisant quel chemin empruntaient ses pensées. Bon sang, mais d'où lui venait cette réflexion incongrue, qui n'avait rien à faire en pareille circonstances ?! Qui n'avait rien à faire là du tout, d'ailleurs, peu importe le contexte !
Cette demi-seconde de déconcentration avait suffi à amoindrir la noirceur de son regard, si bien que Granger avait semblé décidé qu'elle avait eu le dessus sur leur échange silencieux, car un sourire satisfait et hautain avait étiré ses lèvres, et elle avait détourné son attention de lui pour la reporter sur les autres sorciers présents dans la pièce. Severus avait dégluti sa rage en silence, furieux de s'être ainsi laissé submerger par ses propres pensées.
- Concernant cette histoire de sabliers, je ne peux, comme vous, que regretter l'acharnement certain dont le professeur Rogue fait preuve à l'égard de nos élèves, méprisant en toute conscience leurs efforts et leur investissement dans leurs études…
- Granger… , avait grondé Severus en serrant les poings, excédé.
- … Néanmoins, et même si la consolation reste mince, il semblerait que pour une fois il ait décidé de ne pas faire preuve de trop de partialité, contrairement à son habitude, puisque le sablier de Serpentard semble être affecté de la même manière que ceux de nos maisons.
- Taisez-vous, petite insol… !
- Il ne nous reste donc plus qu'à souhaiter que, lorsque sa période de moins-bon lui sera passée, et je garde espoir que ce moment arrive bientôt, il se montre tout aussi équitable dans l'attribution de nouveaux points, avait-elle achevé en ignorant les menaces du Serpentard fulminant.
Elle avait achevé sa tirade en fichant son regard brun dans celui, noir et furieux, de l'alchimiste, qui avait senti son sang s'échauffer sous cette nouvelle humiliation qu'elle lui infligeait, devant ses pairs qui plus est, car les trois sorciers avaient échangé des regards stupéfaits et admirateurs, saisis par la sagesse dont faisait preuve leur cadette.
L'ombre d'un sourire en coin avait étiré la commissure de ses lèvres lorsqu'elle avait constaté la rage qu'il peinait à contenir, et elle avait ajusté la lanière de son sac sur son épaule, visiblement sur le départ, comme il l'avait souhaité un instant plus tôt.
- Bonne après-midi à tous. Professeur Rogue, l'avait-elle salué tout particulièrement avant de sortir sans plus se retourner.
La porte de chêne s'était refermée sur elle, étouffant ses pas qui s'étaient éloignés dans le couloir. Le silence s'était étiré quelques secondes dans la salle des professeurs qui embaumait le thé au jasmin, jusqu'à être rompu par Minerva, qui avait fixé la porte par laquelle venait de sortir la demoiselle avec un mélange de tendresse et d'adoration qui avait suffi à donner la nausée à Severus.
- J'adore cette petite ! Avait soupiré l'animagus d'une voix rêveuse. Vous feriez bien d'en prendre de la graine Severus ! Je n'ai jamais vu quelqu'un se montrer si patient envers votre caractère exécrable, et pourtant Merlin sait à quel point vous lui menez la vie dure !
Par tous les Saints, cette petite peste voulait la guerre ? Elle allait l'avoir !
J'espère que ce chapitre vous a plu =) J'ai adoré écrire tous ceux de cette fiction mais celui-ci est un de mes préférés je pense !
A jeudi pour la suite ;)
