Salut !

J'espère que vous allez bien. C'est bientôt la fin du mois et la date de sortie de Final Fantasy 7 Rebirth approche ! J'ai vu pas mal de gens essayer la version démo et affirme qu'il y avait des plus et des moins. Et vous ? Vous êtes plutôt old school ou la nouvelle version vous enthousiasme ?

Merci à Sebferga pour sa review.

Bonne lecture !

Disclaimer: Le Seigneur des Anneaux appartient à J.R.R. Tolkien. Et Final Fantasy 7 à Square Enix.


Chapitre 11 :

Une nouvelle vie

Assise sur un banc, dans l'un des wagons du train, Morwen écoutait Jessie lui parler de ses cours de théâtre.

« Tu devrais tenter ta chance pour rejoindre notre équipe ! Ton histoire de Lúthien et Beren était cool, tu pourrais la proposer comme pièce pour notre école et devenir scénariste », dit son amie.

Morwen lui répondit par un sourire poli. Elle n'était pas sûre qu'utiliser une histoire de la Terre du Milieu comme pièce de théâtre soit bien discret. C'était l'une des règles que Sephiroth voulait qu'elle respecte, tant qu'elle vivait avec lui à Midgar. L'enfant avait beau comprendre, elle se sentait parfois triste de ne pas pouvoir pleinement vivre sa nouvelle vie.

C'est comme à Mirkwood. Je cachais sans cesse mes pouvoirs et mes souvenirs. Ici, ce n'est pas si différent…

Non, il y avait quand même de grandes différences. Déjà, elle avait un tuteur qui savait tout d'elle et la traitait normalement. Et elle pouvait aller à l'école, se faire des amis de son âge… C'était un sacré changement par rapport à avant. Plus d'elfes méprisants ni méfiants, plus de secrets sur ses origines… Et en plus, elle avait droit à un confort technologique similaire à celui sur Terre : l'électricité, les ordinateurs, le téléphone, l'eau chaude… Oui, vraiment, la vie était bien meilleure !

« Je ne sais pas, il faut déjà que je rattrape mon retard dans certaines matières », dit Morwen.

Et c'était la vérité. Cela faisait deux semaines qu'elle avait démarré sa nouvelle vie et rejoint l'une des écoles réservées aux enfants d'employés de la Shinra. Même si elle se débrouillait bien dans les matières classiques telles que la littérature, les maths et les sciences, elle avait de sérieuses lacunes en histoire et géographie. Par chance, elle avait retrouvé Jessie et Ikura dans sa classe. Feyre était dans une classe supérieure et ignorait superbement les filles, malgré l'épreuve qu'elles avaient traversée ensemble dans les bois de Kalm.

« Bah, une fois que tes notes iront mieux, tu pourras essayer », dit Jessie, refusant d'abandonner son idée.

Morwen sourit. Jessie était une fille fort sympathique, toujours souriante et pleine d'entrain. Elle ne se laissait jamais démonter.

« Attention : nous arrivons à la zone de contrôle d'identité », dit une voix féminine dans les haut-parleurs du train.

Morwen et Jessie levèrent la tête par réflexe, mais ce n'était qu'un message automatique lancé par le train lorsqu'il arrivait à mi-parcours du Pilier soutenant le Plateau de Midgar.

Morwen regarda des rayons laser rouges balayer le wagon, passant à travers elle comme si elle n'était qu'un fantôme. Sephiroth lui avait expliqué que c'était une procédure de la Shinra pour maintenir l'ordre public. Ce système vérifiait toutes les données sur les gens scannés : date de naissance, lieu de résidence, antécédents…

Morwen n'aimait guère cela, mais elle ne pouvait pas expliquer à son tuteur qu'elle avait lu 1984 de George Orwell. En plus, même s'il était l'un des meilleurs éléments de la compagnie, la fillette sentait que Sephiroth n'aimait pas la Shinra. Le simple fait qu'il ait désobéi aux ordres et défié Hojo pour la sauver en était la preuve. Il valait mieux ne pas faire de vagues et profiter de cette vie autant que possible.

Mieux vaut faire comme ce train : suivre les rails de mon destin, pensa la fillette.

Enfin, le train les déposa au quartier résidentiel du secteur 7.

« Tu veux dîner chez moi, ce soir ? Ma mère va nous faire une pizza, sa Spéciale Midgar », proposa Jessie, tandis qu'elles remontaient la rue.

« Non, je ne peux pas, ce soir. C'est Genesis qui me garde », dit Morwen.

« Ah… Sephiroth est encore en mission ? »

« Mission, je ne sais pas, mais travail, oui. »

« C'est fou à quel point la Shinra le demande ! Je pensais qu'il aurait droit à un peu plus de temps libre, avec son statut », dit Jessie.

Morwen haussa les épaules. En effet, Sephiroth n'était pas toujours présent, mais elle savait qu'il n'était pas vraiment son père. Elle n'avait donc pas à exiger quoi que ce soit de lui.

« Allez, à demain ! » dit Jessie, avant de franchir le seuil de sa maison.

Morwen la salua, puis elle se dirigea vers chez elle. Lorsqu'elle vit Genesis adossé au chambranle de l'entrée, cela la surprit. D'habitude, il l'attendait dans le salon, plongé dans Loveless.

« Bonsoir », dit Morwen.

« Ah, t'es là ! » dit le Soldat.

Il jeta un coup d'œil de chaque côté de la rue.

« T'attends quelque chose ? » demanda la petite en enlevant son sac à dos.

« Oui, j'ai demandé à ce qu'on me livre un colis à cette adresse. Il est censé arriver aujourd'hui. »

Morwen voulut lui demander quoi, lorsqu'elle vit une camionnette se garer deux maisons plus loin. Un homme en tenue de livreur en sortit avec un carton. En voyant Genesis, il parut soulagé, puis s'approcha pour lui donner l'objet.

« Il me faut votre signature, vos initiales et votre empreinte digitale », dit l'homme en lui tendant un appareil électronique.

Genesis s'exécuta, mais il eut un léger sursaut lorsque l'homme pointa un deuxième appareil vers son visage pour scanner ses yeux. Il parut satisfait, puis lui souhaita une bonne soirée avant de repartir.

Inquiète, Morwen suivit le jeune homme dans le salon.

« Qu'est-ce que t'as acheté de si dangereux ? » demanda l'enfant, inquiète.

« Des piments. »

« Oh non, ne fiche pas ta vie en l'air pour… Hein ? Des piments ?! »

Genesis ouvrit le carton, révélant de petits compartiments bourrés de paille, sur lesquels étaient posés des piments de différentes tailles et couleurs.

« Oui, les scientifiques de la Shinra ont découvert que les piments modifient mon affinité particulière avec le feu. Regarde… »

Il prit un piment étiqueté « Face en fusion de Costa Del Sol » et en avala un petit bout, avant d'armer sa matéria Feu. Il jeta un sort dans le vide. Morwen s'attendit à voir une boule de flammes foncer dans le mur, mais à la place, il y eut un petit feu d'artifice. Admirative, elle regarda un bouquet d'étincelles bleues, rouges, jaunes et vertes sortir de sa main.

« C'est magnifique ! » s'écria l'enfant.

« Oui ! En voyant ça, les terroristes d'Avalanche ne sauront plus s'ils doivent crier de peur ou crier Bonne année ! »

« Mais pourquoi tu voulais te faire livrer ici ? »

« Angeal et Sephiroth n'aiment pas que je me serve de ces piments. D'après eux, ça risque de détraquer mes pouvoirs. »

« Ah… et donc, tu veux que je garde le secret, hein ? »

« Ce n'est que justice ! » dit le rouquin avec un sourire narquois.

Morwen eut un soupir fatigué. Il n'en avait pas conscience, mais Genesis ne connaissait qu'un seul de ses secrets. Il ignorait qu'elle venait d'un autre monde et se souvenait de sa vie antérieure. Comme Angeal, il savait juste qu'elle n'était pas une enfant ordinaire et qu'elle avait des pouvoirs liés aux végétaux.

Bien sûr, elle savait que Genesis n'était pas foncièrement méchant. Il s'était inquiété pour elle après ce qui s'était passé dans les bois de Kalm avec la Main Noire. Mais chaque fois qu'une occasion de lui faire une blague ou de l'embêter se présentait, il la saisissait, comme un gamin. C'était dans ces moments-là que Morwen se rappelait qu'elle avait encore une âme d'adulte et bien plus d'années en réserve que le Soldat Première Classe.

« Bon, je vais faire mes devoirs », dit Morwen.

Elle prit le chemin de sa chambre. L'endroit avait un peu changé depuis qu'elle s'était installée.

Il y avait désormais une mappemonde et des livres d'école sur le bureau, une couette bleue ornée de motifs de fleurs et quelques posters aux murs, qui présentaient un spectacle de dauphins à Costal Del Sol et des balades à dos de chocobo à Kalm.

Ce n'était que de modestes modifications, mais cela plaisait à Morwen. C'était pour elle une preuve de plus qu'elle avait une vraie vie dans ce monde.

Bien sûr, elle gardait aussi un carnet de dessins plus personnels dans un tiroir de son bureau. Dedans, elle avait dessiné des croquis de Faelwen, Radagast, Legolas et des endroits du palais de Mirkwood.

Une fois qu'elle eut bouclé ses devoirs, Morwen sortit le carnet et se mit à dessiner une esquisse de Talion et Celebrimbor. Elle venait de finir le diadème entourant le front du spectre lorsqu'un bruit lui parvint du salon.

Elle se dépêcha de ranger son carnet, puis elle alla dans le salon. Elle vit que Sephiroth et Angeal étaient là, face à un Genesis passablement énervé.

« Vous êtes là ! » dit Morwen.

Sephiroth resta de marbre, mais Angeal lui offrit un sourire, avant de reporter un regard sévère sur Genesis.

« Comment êtes-vous au courant pour les piments ? » demanda le rouquin.

Il lança un regard menaçant à Morwen, qui lui fit signe qu'elle n'y était pour rien.

« Lazard surveille nos comptes bancaires, tu te souviens ? » dit Angeal en brandissant son téléphone. « Il a vu que tu avais acheté des piments à l'étranger et il a eu la bonté de nous prévenir, au lieu d'alerter les Turks. »

« Combien de fois on doit te le répéter ? Tu ne dois pas faire ce genre de choses sans nous en parler avant ! » dit Sephiroth.

« Roh, mais si je vous parlais toujours de ce genre de choses, je n'aurais jamais pu me payer mon bateau à Junon ! »

« Tu as un bateau ?! » s'écria Angeal.

« … Ne changez pas de sujet ! » répliqua Genesis.

« Écoute, il y a une raison au fait que tu ne peux pas manger ces piments ! Il y a eu un autre Maître du Feu avant toi, quand le Soldat en était à ses débuts », dit Sephiroth.

« Exact ! Il a mangé des piments et transformé la forêt de Corel en désert de Corel », dit Angeal.

Ah, voilà qui explique un point en géographie, pensa Morwen avec amusement.

Sentant que leur dispute allait encore durer longtemps, elle retourna dans sa chambre.

Bientôt, les voix provenant du salon se turent. Il y eut un claquement de porte, puis elle entendit quelqu'un ouvrir la porte de sa chambre.

Se retournant, elle vit Sephiroth accoudé à l'encadrement.

« Alors, il est privé de piments ? » demanda Morwen.

« Oui, Angeal les a confisqués. »

L'enfant le regarda avec l'air d'hésiter. Sentant qu'elle voulait lui poser une question, le Soldat attendit.

« Sephiroth, ça fait un moment que je voulais te demander… »

« Oui ? »

« Qu'est-ce qui s'est passé à l'infirmerie, le jour de notre rencontre ? »

Le Soldat la regarda avec sérieux. Il se doutait qu'elle finirait par lui poser la question. Et peut-être qu'un jour, elle en poserait d'autres qui lui feraient réaliser à quel point elle était différente. Qu'elle n'avait pas un corps humain, pas de battements de cœur, que peut-être elle n'avait pas besoin de respirer comme lui et les autres… Mais pour l'instant, il préférait ne pas lui en parler. Mieux valait qu'elle découvre lentement les choses et qu'il réponde à ses questions lorsqu'elle serait vraiment désireuse d'obtenir des réponses.

« Je ne suis pas vraiment sûr. Lorsque tu as… paniqué, une tempête a éclaté en ville. Tous les meubles dans la pièce ont volé, puis… tets yeux ont commencé à changer de couleur. »

Morwen se crispa.

« Quelle couleur ? »

« Dorée, comme ton œil gauche. Après, je crois… il me semble avoir entendu quelqu'un dire que tu ne devais pas enlever ton collier. Une femme, je crois. Je t'ai empêché de le retirer, tu t'es débattue, puis tu as perdu connaissance. »

La fillette porta la main à son cou, où se trouvait toujours le collier offert par Galadriel. Elle avait donc failli succomber aux Ténèbres ? Sauron avait apparemment eu le dessus, lors d'un moment de faiblesse de sa part, et tenté de la convertir de force. Cette idée lui fit peur.

« Morwen ? »

Surprise, elle vit que le Soldat s'était agenouillé devant elle et la regardait avec une lueur d'inquiétude dans les yeux.

« Ça va, t'inquiète ! »

Elle savait qu'elle ne l'avait pas convaincu. Rien que le tremblement dans sa voix montrait qu'elle-même n'y croyait pas.

« Je… Je vais faire à manger », dit la fillette en se dirigeant vers la cuisine.

Sephiroth la regarda quitter la pièce en se maudissant pour son manque de réponse. Il aurait sans doute dû dire quelque chose, mais quoi ? Parfois, il ignorait comment s'y prendre avec elle.

Bien sûr, Morwen n'était pas comme les autres enfants, et pas seulement à cause de ses pouvoirs ou ses origines. Ses années d'expérience adulte la rendaient incroyablement sage et mature, des qualités qu'il appréciait et rendait leur cohabitation plus agréable.

La fillette insistait pour faire le ménage et la cuisine, puisqu'elle savait déjà faire tout ça et que Sephiroth n'avait pas le temps avec son travail. Refusant qu'elle soit la seule à faire des efforts, il avait insisté pour s'occuper de la lessive et des courses. Cela arrangeait Morwen, car elle n'était pas encore familière avec les produits de ce monde.

Par contre, Sephiroth était heureux de savoir qu'elle avait su s'intégrer à l'école. Elle était même devenue amie avec deux des filles de la mission en forêt.

Mais parfois, il était réveillé la nuit par les cris de l'enfant, qui faisait des cauchemars où elle se revoyait attaquée par des araignées ou la Main Noire.

Et parfois, il la surprenait assise sur la méridienne dans le salon, face à la fenêtre, regardant la lune avec l'air mélancolique. Se souvenir du passé n'était pas qu'un don, cela lui faisait se rappeler tout ce qu'elle avait perdu : ses parents humains, sa vie d'avant, ses projets d'avenir…

Sephiroth se demandait comment elle réagirait si elle apprenait que son nouveau corps n'était pas humain. Cela serait-il une perte supplémentaire pour elle ? De découvrir combien elle était différente de l'ancienne… elle ? Il espérait que non. D'autant que l'âme de l'enfant était foncièrement bienveillante, il en était convaincu après tout ce temps.

Mais cela rajoutait aussi un peu d'inquiétude au Soldat. Comment la protéger de la Shinra et du poids de la vérité ? Angeal aurait pu le conseiller, mais cela signifiait révéler tous les secrets de l'enfant. Sauf que ces secrets ne lui appartenaient pas. Morwen lui avait parlé des mauvais traitements infligés par les elfes à Mirkwood et combien elle avait souffert d'être différente.

« Tu étais pourtant en sécurité là-bas, non ? Je veux dire, avant. Tu vivais dans un palais », avait dit Sephiroth.

« Mais ça n'a pas duré. Et ce n'était pas ça que je voulais. Tout ce que je veux, c'est vivre une vie normale », lui avait dit l'enfant dans un soupir.

L'entendre dire ça avait éveillé un écho douloureux dans l'âme du Soldat. Lui-même sentait qu'il était différent depuis l'enfance, pas seulement à cause de la façon dont on le traitait ou de son physique si étrange. Il n'avait jamais trouvé d'explication, mais il pensait que peut-être il était né ainsi parce qu'il avait un destin spécial, quelque chose à accomplir… Et en un sens, aider Morwen lui donnait l'impression de l'aider lui-même.

« Sephiroth ? »

Clignant des yeux, le Soldat réalisa que l'enfant agitait la main dans sa direction depuis quelques secondes.

« Ça va ? Ça fait plusieurs fois que je t'appelle. »

« Oui, je réfléchissais. »

« À quoi ? »

« Le travail, rien de plus. »

Il n'eut pas besoin de regarder Morwen pour savoir qu'elle ne le croyait pas.

« Steak au chocobo et purée de pommes de terre, ça te va ? Moi, je me fais de la purée à part sans lait, avec de l'eau, et des légumes à la place du steak. »

« Ça me va. »

En voyant la petite lui offrir un sourire avant de quitter la chambre, la détermination du Soldat se renforça. Morwen pouvait être guidée pour devenir quelqu'un de bien, peut-être même meilleur que lui, il en était persuadé. Et il ne laisserait personne, ni Hojo ni la Main Noire, empêcher cela.

XxXxXxXxXxXxXxX

Deux ans plus tard…

« Eh, gamine, tu te grouilles ? Ou on risque de partir sans toi ! » cria Genesis.

« J'arrive ! » répondit Morwen.

La fillette de neuf ans bondit pour atterrir sur sa valise. Les deux parties enfin collées l'une contre l'autre, Morwen saisit le mousqueton et ferma la fermeture éclair.

Soulagée, elle se leva et traîna sa valise hors de sa chambre.

Lorsqu'elle arriva dans le salon, elle trouva Sephiroth, Angeal et Genesis avec leur propre valise.

Tout le monde se préparait pour une période de permission qu'ils comptaient passer à Banora, le village natal d'Angeal et Genesis.

Morwen était heureuse de quitter enfin Midgar pour visiter un endroit différent sur Gaïa. En plus, ce serait dans une zone en pleine campagne, sans réacteur mako ni pollution.

« C'est pas trop tôt », bougonna Genesis.

« Relax, nous ne sommes pas en retard », dit Angeal.

« En effet, mais si on tient compte de l'éventualité des embouteillages, on risque de rater l'hélicoptère », dit Sephiroth.

« Ah ? On n'y va pas en voiture ? » demanda Morwen.

« Oh non ! Ça nous prendrait des jours ! Et être un Première Classe a ses petits avantages », dit Genesis.

Morwen préféra ne pas l'interroger sur le sujet. Elle ne connaissait pas la vie de Soldat en détail, mais au cours des mois passés, elle avait découvert que Sephiroth devait souvent voir Hojo aux laboratoires et subir des injections. Il était parfois rentré nauséeux et s'était couché sans rien avaler. Heureusement, il se réveillait toujours le lendemain avec l'air normal. Mais Morwen était inquiète. Être un Soldat se limitait-il à des missions militaires, ou y avait-il plus que ça ?

« Allez, en route ! » dit Angeal.

Sortant de ces sombres pensées, Morwen suivit les hommes dehors, où une voiture les attendait.

Au bout d'une demi-heure de route, ils arrivèrent au Bâtiment Shinra. Morwen ne s'y était pas rendue depuis son premier jour sur Gaïa, et elle appréhendait ce passage en ces lieux.

Heureusement, personne ne fit attention à elle. Ils traversèrent le hall et prirent l'ascenseur. Tandis que l'habitacle de verre montait, la jeune fille regarda Midgar au-dehors.

Même après deux années passées ici, elle s'émerveillait encore des lumières qui illuminaient la ville. Cet endroit lui rappelait New York, la ville qui ne dort jamais.

Enfin, l'ascenseur déboucha sur la plate-forme de décollage, où un hélicoptère faisait déjà tourner ses pales, prêt à les emmener.

Une fois à bord, elle vit que le pilote était un homme brun en costume de bureau sombre. Un Turk… D'après Sephiroth, ils étaient les agents chargés de recruter de futurs Soldats et d'autres choses moins reluisantes. Des espèces d'agents secrets, en somme.

Lorsque l'hélicoptère s'éleva dans les airs, Morwen s'agrippa en réflexe à sa ceinture. Elle n'était encore jamais montée en hélicoptère, et les secousses se faisaient bien plus sentir qu'en avion.

L'appareil s'éleva ans le ciel nocturne et se mit à voler à travers un océan de nuages noirs.

Bercée par le ronronnement du moteur, Morwen finit par s'endormir.

Cette nuit-là, elle rêva qu'elle était de retour à Mirkwood. Elle évoluait à travers les couloirs du palais, qui était mystérieusement vide.

Cette absence de vie lui procura une sensation d'angoisse. Elle se mit à courir en appelant quiconque pouvait l'entendre.

Soudain, elle heurta quelqu'un au détour d'un couloir et tomba sur les fesses. Levant la tête, elle ressentit de l'angoisse en reconnaissant l'elfe en armure qui se tenait devant elle.

Ces yeux d'un bleu glacial, dépourvus de chaleur… Cet air condescendant…

Lorsqu'il leva la main, Morwen sentit une bouffée de panique qui la fit se réveiller.

« Est-ce que ça va ? » demanda Sephiroth, assis à côté d'elle.

Surprise, Morwen mit quelques secondes à reconnaître l'habitacle où les trois Soldats et elle se trouvaient.

Il faisait jour, les nuages laissaient passer la lumière du soleil à travers les vitres.

« Oui, je… Un mauvais rêve, c'est tout. »

Elle le pensait sincèrement, mais trouvait bizarre d'avoir rêvé de son passé à Mirkwood après si longtemps. Elle avait fini par ne plus beaucoup y penser, tant elle était prise par sa vie normale et paisible sur Gaïa.

Elle avait fini par remonter ses notes et suivre un cursus normal comme tous les enfants de son école. Et elle avait même rejoint l'équipe de théâtre de Jessie où elle dessinait les costumes et aidait à l'élaboration des scénarios.

Pourquoi ce rêve ? Pourquoi maintenant ?

Soudain, elle sentit le mouvement de l'hélicoptère changer. L'appareil se mit à descendre.

Lorsqu'il fendit la couche de nuages, elle aperçut un groupe de maisons au milieu d'un océan de verdure.

Face à l'immense étendue d'herbe et les arbres qui parsemaient la région, Morwen étouffa un cri admiratif. Après deux passés à Midgar, elle avait presque oublié à quoi ressemblait la vie en pleine nature.

L'hélicoptère se posa aux abords de la ville. Tandis que Sephiroth discutait avec le pilote et que ses amis déchargeaient les valises, Morwen lâcha la sienne pour s'approcher d'un arbre.

Il avait une forme bizarre. Bien que pourvu d'écorce et de feuilles, il était courbé de telle sorte que le tronc formait une arche et son feuillage touchait le sol.

Elle rejoignit le plus proche et posa la main sur son tronc. En sentant la vie qui palpitait en lui, un sourire fleurit sur ses lèvres. Cela lui rappelait ses leçons avec Radagast, qui lui avait appris à s'ouvrir aux plantes et aux animaux.

Une fois l'hélicoptère parti, Angeal et Genesis menèrent leurs deux amis vers l'auberge de la ville.

Les maisons de Banora étaient à colombage, avec des murs blancs et des poutres brunes.

L'intérieur de l'auberge était pittoresque : des murs et des meubles en bois sombre, des tapis colorés couvrant le sol et des lampes à abat-jour en verre couleur émeraude. Cet endroit plaisait à Morwen, cela lui rappelait les petites villes en pleine campagne, sur Terre.

« Bien le bonjour, messieurs ! C'est un honneur de recevoir des héros de la Shinra… Une minute ! Angeal et Genesis ? Waouh, vous êtes devenus des Premières Classes ? » dit l'aubergiste, une femme rousse d'une cinquantaine d'années.

Les deux derniers répondirent par un hochement de tête, mais leur sourire trahissait leur amusement face à la réaction de l'aubergiste.

« On a réservé pour nos amis, Sonja », dit Angeal.

« Oh oui ! Monsieur Sephiroth et sa fille, Morwen. »

La concernée baissa pudiquement les yeux. Quand il était devenu son tuteur, Sephiroth l'avait prévenue : il était une star aux yeux des gens et elle risquait d'en faire les frais. Des magazines et des journaux avaient beaucoup écrit au sujet de son statut de fille adoptive. Certains avaient émis l'hypothèse qu'elle était le fruit d'une liaison secrète entre le Soldat et une inconnue, d'autres se demandaient d'où elle venait…

« Voici les clefs de vos chambres. Si vous avez besoin de quoi que ce soit, n'hésitez pas à nous le demander », dit l'aubergiste.

Morwen remercia la femme en prenant sa clef. Cette dernière lui offrit un sourire rayonnant, apparemment flattée qu'elle lui adresse la parole.

Une heure plus tard, Morwen quitta l'auberge avec l'intention de visiter Banora. Sephiroth lui avait dit qu'elle pouvait sortir seule, mais qu'elle ne devait surtout pas quitter la zone habitée, car les monstres pullulaient en pleine nature.

L'enfant regarda autour d'elle avec ravissement. On était à la fin du mois d'octobre, les gens préparaient la Récole d'Automne.

Des citrouilles grimaçantes jalonnaient les rues, certaines placées à l'entrée des maisons, d'autres au pied des arbres. Des gens montés sur des escabeaux s'occupaient d'attacher des guirlandes lumineuses et des lampions dans les rues.

On se croirait la veille d'Halloween, pensa Morwen avec nostalgie.

Comme à chaque fois qu'elle était triste, elle porta la main à son collier, qui ne l'avait jamais quitté. Même si elle s'était faite à l'idée de ne jamais revoir sa famille humaine ni la Terre, leur souvenir n'avait jamais quitté son esprit.

« Alors, prête à faire la fête ? »

Morwen se tourna vers la source de cette voix et vit qu'il s'agissait de Genesis.

Elle se rappela ce qu'elle avait appris sur cette fête, qu'on appelait aussi le Festival des Citrouilles.

Cette fête servait à se préparer pour l'arrivée de l'Armée des Ténèbres, qui annonçait la venue de l'hiver. L'Armée venait tuer des gens, aussi la population se déguisait en monstres pour tromper les vrais.

Mais cela faisait des années qu'on n'avait pas vu cette fameuse Armée. La fête était devenue une tradition basée sur de vieilles légendes.

« Tu comptes te déguiser ? » demanda le Soldat.

Morwen fit la moue.

« Non, je n'ai pas pris de costume. Venir ici et voir cette fête me suffit. Et toi ? Tu vas te déguiser ? »

« Non. »

Face au ton sec de sa réponse, Morwen fut inquiète. Il semblait sur les nerfs depuis leur arrivée. Il n'avait pas été enchanté déjà, il y a une semaine, quand Angeal avait proposé qu'ils viennent tous passer leurs vacances ici. Mais Morwen avait été si enthousiaste à l'idée de passer du temps à la campagne qu'il avait cédé.

« Tu veux jouer avec moi, avant le dîner ? » proposa Morwen.

« Jouer à quoi ? »

« Cache-cache, en dehors de la ville ? »

L'idée de s'éloigner des maisons parut plaire au Soldat, qui accepta de la conduire au verger.

« Bon, je veux bien jouer avec toi, mais c'est toi qui commences à compter », dit le Soldat.

« Ça marche », dit Morwen.

Elle s'approcha d'un arbre et enfouit son visage dans ses bras.

« Un… deux… trois… »

Bénissant son entraînement de Soldat, Genesis s'éloigna sans un bruit et grimpa dans un arbre. Là, perché sur une branche, il sauta pour passer dans un autre arbre, plus éloigné. Il doutait que Morwen ait appris à pister quelqu'un, mais même si elle parvenait à suivre ses traces, elle ne trouverait pas l'arbre puisqu'il s'était déplacé en sautant. Cela rendrait le jeu plus amusant.

De toute façon, il ne portait pas son uniforme de soldat, mais il avait mis un jean noir et une chemise rouge, ce qui le rendait plus facilement repérable.

Enfin, Morwen eut fini de compter. Il la regarda fouiller derrière les buissons et les arbres. Il crut qu'elle allait abandonner, quand il fut surpris de la voir coller son oreille à un tronc, puis un autre, comme si elle écoutait quelque chose. Il la regarda répéter son manège jusqu'à s'arrêter sous son arbre. Elle leva les yeux vers lui et sourit.

« Trouvé ! »

Genesis sauta de l'arbre et la regarda avec curiosité.

« Comment tu as su ? Je ne t'ai pas vue examiner les traces au sol. »

L'enfant parut gênée. Elle regarda autour d'elle avec embarras, quand une voix les héla tous les deux.

« Genesis ! Morwen ! Où êtes-vous ? »

Ils se tournèrent vers Angeal et Sephiroth, qui s'approchaient d'eux.

« Que faites-vous là ? » demanda Angeal.

« On jouait », dit Morwen.

Gênée par ce qui venait de se passer, elle prit congé des trois hommes et courut rejoindre sa chambre à l'auberge.

Là, elle se jeta sur son lit et se prit la tête dans les mains. Quelle idiote ! Elle avait utilisé ses pouvoirs sans réfléchir. Bien sûr, Genesis savait qu'elle avait un lien spécial avec la nature, mais tout de même… Et si quelqu'un d'autre l'avait vue ?

Quelle idiote !

Pourtant, depuis qu'elle était rentrée en contact avec la nature, elle se sentait différente. C'était comme si, en vivant à Midgar, un organe s'était atrophié dans son corps. Mais à peine arrivée, il avait retrouvé toute sa vitalité et l'obligeait à se réadapter à ce changement.

Elle porta la main à son médaillon, mais n'en tira aucun réconfort. Être ici lui rappelait des choses qu'elle avait aimées à Mirkwood : le chant des oiseaux dans les jardins des elfes, le parfum des fleurs, le chant des ruisseaux et des cascades…

En arrivant à Midgar, elle avait fait des efforts pour s'adapter à cette nouvelle vie. Petit à petit, elle avait oublié cette part magique et végétale en elle. Mais voilà qu'ici, tout lui revenait en pleine figure.

Finalement, elle en eut assez. Elle se leva et alla à la fenêtre. Elle regarda les gens qui allaient et venaient dehors, déguisés en monstres. Il y avait de tout : des épouvantails avec une tête de citrouille, des gens vêtus de noir avec des cornes de démon sur la tête, d'autres vêtus de longues capes…

Elle n'eut guère envie de sortir. Et si jamais elle faisait à nouveau quelque chose de bizarre et gâchait le festival de ses amis ?

Non, mieux valait rester ici… Ou bien sortir déguisée ? Ainsi, même si elle commettait une bourde, personne ne pourrait l'identifier. Sauf qu'elle n'avait pas de déguisement.

Mais si elle restait à l'intérieur, les autres trouveraient bizarre qu'elle les délaisse. Et si jamais Genesis reparlait de la partie de cache-cache… Non, mieux valait agir aussi normalement que possible.

Décidée, elle sortit de l'auberge et se mêla à la foule. Elle fut heureuse de voir que certaines personnes étaient déguisées, mais d'autres non. Ainsi, elle ne serait pas si seule.

Elle cherchait ses amis des yeux, quand une délicieuse odeur de soupe au potiron lui parvint. Elle réalisa qu'elle n'avait rien mangé depuis plusieurs heures et Sephiroth lui avait donné un peu d'argent pour le festival.

Elle se dirigea donc vers une table où des gens servaient des bols de soupe. Elle en acheta un, puis alla s'asseoir pour déguster son repas. Elle venait d'en avaler la moitié, quand quelqu'un la bouscula. Ce geste lui fit perdre sa cuillère.

« Eh ! » dit-elle à l'impoli, qui s'éloignait sans s'excuser.

Il s'arrêta au son de sa voix et se tourna vers elle. En voyant son visage maigre et ses traits tirés, elle eut peur. Que lui arrivait-il ? Cet homme semblait en proie à un terrible désespoir.

Elle réalisa qu'il saignait aux bras. Lorsqu'il lui tourna le dos, elle vit avec horreur qu'il s'était entaillé les veines.

Paralysée par la surprise et la peur, elle le regarda tomber par terre. Des gens s'approchèrent aussitôt pour lui venir en aide, quand ils reculèrent face à une étrange créature.

Morwen n'en avait jamais vu de telle. On aurait dit une citrouille dotée de tentacules violets. La créature les agitait comme des ailes, ce qui lui permettait de voler.

Elle s'arrêta devant le malheureux, puis planta ses tentacules dans ses plaies, pour aspirer son sang.

Aussitôt, un mouvement de panique prit la foule. Tout le monde se mit à courir dans tous les sens, quand il y eut un éclat de lumière et un bruit de métal.

Morwen se mit debout sur son banc et vit, avec soulagement, Sephiroth armé de Masamune. Le monstre gisait à ses pieds, coupé en deux.

En voyant cela, la foule se calma et cessa lentement son mouvement de panique.

Un mouvement de soulagement et d'allégresse se forma, tandis que les gens applaudissaient le héros de la Shinra.

Morwen fendit la foule pour le rejoindre. Ignorant les remerciements et les félicitations des habitants, Sephiroth lui prit la main et se dirigea vers l'auberge, où Genesis et Angeal l'attendaient. Ils avaient aussi pris leurs épées, dont la lame était tachée de sang de monstre.

L'enfant comprit que le festival était annulé. À la place, la chasse aux monstres était ouverte.


Et voilà !

La semaine prochaine, je compte publier un nouveau chapitre le jeudi 29 février, en hommage à cette date, qui tient une certaine importance dans cette histoire. Et si jamais il y a des lecteurs nés un 29 février, eh bien, ce sera mon petit cadeau d'anniversaire pour eux ! ^^

N'hésitez pas laisser un commentaire, ça fait toujours plaisir.

Bon week-end !