Merci aux anciens et aux nouveaux qui suivent l'histoire ! On continue sur notre lancée ~

Beta lectrice : Tori Aoshiro


Réponses aux reviews :

Yuedra : Pour répondre à ta question sur la soudaine "bilingualité" de notre protagoniste : Non, ce n'est pas à cause d'un sort de traduction. C'était sûrement mal expliqué dans ma première version de la fic, mais en passant dans l'univers d'Harry Potter, Alia s'est retrouvée avec plusieurs langues gravées dans le crâne. Plus précisément, toutes les langues dans lesquelles les livres Harry Potter ont été traduits. Soit plus de 80 langues. On comprend mieux la migraine.

Anya Kristen : La panique continue encore un peu ici, mais promis, dans le prochain chapitre notre protagoniste se sera fait une raison XD


Une PotterHeart à Poudlard

Chapitre 3 : Une étrange soirée


L'intérieur du château était comme elle se l'imaginait. Des murs de pierre épaisse et robuste, des couloirs larges et des torches qui s'allumaient comme par magie dès qu'ils s'approchaient. Tout était si silencieux et... vide. Quelle heure pouvait-il être ? Minuit ? Et ce vent glacial qui s'engouffrait dans les couloirs... Cela ne ressemblait en rien aux nuits d'août du sud de la France.

Dans un sens, cette marche silencieuse fut salutaire pour notre protagoniste, lui permettant de se calmer et de mettre un minimum d'ordre dans ses pensées. Bien sûr, elle aurait bien souhaité pouvoir poser mille questions à Helena, mais le fantôme lui avait bien fait comprendre qu'elle avait suffisamment parlé pour la nuit. Voire pour la semaine.

La brune ne s'en plaignit pas... si cette femme était la vraie Helena, le fameux fantôme de Serdaigle surnommé "la Dame Grise" alors il était déjà miraculeux qu'elle lui ait adressé la parole.

La "vraie" Helena...

La brune secoua la tête à cette pensée plus que stupide. Elle ne comprenait pas ce qu'il se passait, mais il était impossible que ce "fantôme" soit vrai, n'est-ce pas ?

N'est-ce pas...

Elle frotta ses mains l'une contre l'autre, soufflant dessus pour la dixième fois de la nuit. Elle était frigorifiée... Le vent froid avait depuis longtemps chassé tout souvenir de la canicule marseillaise. Si elle avait su qu'elle serait kidnappée et traînée de force jusqu'en Écosse, elle aurait mis autre chose qu'un t-shirt et une salopette courte !

Elle rigola presque à sa propre plaisanterie. Comme si n'importe quelle personne sensée aurait pu imaginer pareil scénario.

Mais plus elle marchait... plus elle regardait les reflets argentés sur le corps translucide du fantôme... et plus elle savait que tout était réel.

À suivre ainsi la Dame Grise dans les couloirs, elle avait l'impression de rejouer à Harry Potter V sur Wii... Sauf que c'était Helena qui lui montrait le chemin et non Nick-Quasi-Sans-Tête... Et aussi, elle ne jouait pas Harry, mais était présente en personne... C'était... tellement étrange. Irréel.

La vivante et la morte montèrent plusieurs escaliers puis arrivèrent dans un couloir en tout point semblable à tous les autres avant, exceptée la statue d'aigle au fond. Statue que notre protagoniste reconnut sans peine et devant laquelle elle ne fut pas surprise de voir sa guide s'arrêter.

- Attendez ici, je vais prévenir le directeur.

Sans attendre de réponse, Helena s'éleva dans les airs et passa à travers le plafond, laissant notre protagoniste... Seule.

Elle continua de frotter ses bras, se demandant si cela vaudrait le coup d'ouvrir sa valise pour y récupérer les tissus de son projet couture pour s'enrouler dedans.

- Qu'est-ce que vous faites ici ?!

Se retournant en sursaut, la brune aperçut une nouvelle forme fantomatique derrière elle.

Encore un ? Au moins c'est pas Rusard...

- C'est une mode chez les fantômes d'apparaître dans le dos des gens comme ça ? » marmonna-t-elle plus pour elle-même que pour son interlocuteur.

Ce dernier flotta jusqu'à elle... Et un frisson parcourut l'échine de la vivante. Le premier n'étant pas dû au froid.

- Vous êtes... Le baron sanglant ? » demanda-t-elle sans réfléchir.

L'homme s'arrêta. Elle put voir tous les détails de son visage émacié et sévère, ses chaînes qui faisaient un bruit entre un murmure et un tintement métallique... et ses vêtements tachés de zones sombres.

- Lui-même. À qui ai-je l'honneur ? » répondit-il d'une voix d'une extrême froideur, comme si cette marque de politesse était plus une menace qu'une vraie question.

- Oh, je...

Ils furent interrompus au même moment lorsque la statue commença à bouger, tournant sur elle-même pour laisser apparaître un escalier.

Repassant à travers le plafond, Helena glissa jusqu'à eux. À l'instant même où les premiers plis de sa longue robe transparente apparurent, le Baron sembla s'être totalement pétrifié. Autant qu'un être mort depuis près d'un millénaire pouvait l'être.

Seule vivante prise en étaux entre les deux fantômes au passé chargé, notre protagoniste s'attendait à devoir subir un moment de flottement gênant (après tout, c'était des fantômes, les fantômes ça flotte.) mais au contraire. Helena était toujours proche du plafond lorsqu'elle reconnut son ancien prétendant. Et il ne lui fallut pas plus d'un dixième de seconde pour faire demi-tour et disparaître derrière le mur du couloir.

Dur...

La brune se retourna vers le baron, ne sachant trop quoi lui dire face à la réaction de la Dame Grise, mais ce dernier avait déjà oublié sa présence. Il émanait de lui une tristesse infinie. Poussant un soupir d'outre-tombe, il se retourna à son tour et passa à travers le mur opposé, le visage sombre.

- Euh...

Le silence qui suivit sembla souffler dans toute cette aile du château, refroidissant encore un peu plus l'ambiance.

- Bon... Ben, je suppose que je vais monter alors.

Et ni une ni deux, elle souleva sa valise en poids et s'engouffra dans l'escalier. Tout en montant les marches, elle essaya d'oublier l'histoire de ces amants maudits et de se concentrer sur ce qui l'attendrait une fois dans le bureau du directeur. De tout le trajet avec sa guide fantôme, elle n'avait rien vu qui aurait pu trahir une quelconque supercherie ou laisser penser qu'elle se trouvait dans une attraction ou autre. Tout continuait à lui crier que c'était bien réel. Le château était bien trop grand, les murs bien trop anciens et robustes. Aucun anachronisme comme une prise ou un câble mal dissimulé, une caméra de surveillance ou autre... Non, tout faisait vrai.

Elle arriva bien vite face à la lourde porte en chêne du bureau. Elle attrapa l'espèce de heurtoir en forme de griffon (décidément, la propagande de Gryffondor est partout.) et frappa trois fois.

- Entrez, » lui répondit une voix à travers la porte.

Le bureau derrière était... absolument extraordinaire ! Elle avait l'impression de se retrouver dans un parfait mélange du décor des films et de la description des livres. Tout était là, les petits bibelots argentés qui faisaient des bruits bizarres, de grandes étagères dont une avec un piédestal en or sur lequel se trouvait le fameux Choixpeau, la Pensine en pierre massive et son armoire vitrée pleine de souvenirs, la grande cheminée, les centaines de tableaux, l'épée de Gryffondor dans sa vitrine, le perchoir de Fumseck avec une boule de plumes immobile allongée sur la partie plate, et enfin l'immense bureau aux pieds en forme de serres qui trônait au centre de cette salle ronde.

Et debout derrière ce dernier, vêtu d'une robe de chambre aux couleurs criardes et d'un bonnet de nuit, se trouvait Albus Dumbledore.

Il lui sourit, ses yeux clairs et indéchiffrables semblaient à la fois l'inviter à s'approcher et aussi analyser chaque centimètre carré de son être. Il lui fit signe d'un geste pour venir prendre place sur la petite chaise en face du bureau et de son autre main, il agita sa baguette.

- Asseyez-vous, je vous prie. Ma très chère amie la Dame Grise m'a dit vous avoir trouvée à l'intérieur de l'enceinte du château.

Alors qu'il parlait, son sort informulé fit s'ouvrir la porte d'une de ses armoires et un nécessaire de thé s'envola jusqu'au bureau pour commencer à remplir deux tasses d'un liquide fumant et odorant.

- Tenez, cela vous réchauffera.

- C'est pas de refus, » lui répondit-elle en s'approchant.

Elle laissa sa valise et son sac de côté avant de s'asseoir sur la petite chaise, il en fit de même de son côté du bureau tout en attrapant sa propre tasse. Le thé qu'il venait de lui servir lui brûla un peu les lèvres, mais la sensation de chaleur qui en résultat fit pousser à la brune un soupir d'aise.

- Vous semblez bien peu vêtue pour sortir ainsi en pleine nuit, » continua le directeur. « Bien que nous soyons en plein mois d'aout.

- Ne m'en parlez pas...

Elle marqua une petite pause, regardant une nouvelle fois autour d'elle. Il la laissa faire en silence, semblant intrigué par ce qu'elle allait lui dire.

- Tout... Tout ça est bien réel, n'est-ce pas ? » demanda-t-elle. « Je ne rêve pas ? »

Il continua de l'observer pendant une petite seconde, semblant chercher ses mots. Ou se rendormir. Difficile à dire avec lui.

- Oui. Tout ceci est bien réel.

- Ha.

Elle but une nouvelle gorgée de sa tasse. Le liquide chaud lui picota l'œsophage tout en lui donnant un sentiment de réconfort.

- Actuellement, mes suppositions sur ce qui m'arrive sont, » dit-elle en commençant à compter sur ses doigts, « Je suis folle et je délire. Je me suis faite droguer et je délire. Je rêve et je délire. Dans tous les cas, tout semble bien trop réel pour moi.

- Puis-je vous demander... Mademoiselle ?...

- Alia.

- Alia... Avez-vous déjà entendu parler du monde des sorciers, mademoiselle Alia ?

Elle éclata de rire. Un rire mi-nerveux mi-sincère. Le directeur la regarda sans rien laisser paraître tout en buvant sa tasse de thé. Il attendit quelques secondes qu'elle finisse avant de rattraper sa baguette.

- Je vais vous ramener chez vous, mais avant ça, j'aurais quelques questions sur la façon dont vous êtes arrivée ici...

- Et après vous allez m'oublietter ?

À sa question, le directeur se figea dans son mouvement. Le regard qu'il lui lança alors n'était plus aussi indéchiffrable. Il semblait... surpris. Et intrigué.

- Comment connaissez-vous ce terme ?

- Ben... J'ai lu Harry Potter.

Désormais, son regard semblait complètement perdu. Alia le remarqua sans peine, en fait, elle attendait ce genre de réponse. Elle aussi essayait d'analyser cet homme en face d'elle comme elle le pouvait.

Elle reposa sa tasse avant de tendre la main vers la théière pour se resservir et se donner le temps de retrouver contenance. Enfin, c'était sans compter sur la théière qui s'anima avant qu'elle ne l'attrape pour reremplir la tasse d'elle-même.

- Pourriez-vous... M'expliquer ce que vous entendez par "lire" Monsieur Potter ?

Un petit rire échappa à la brune en réalisant.

- Pas dans ce sens-là ! » rigola-t-elle. « Je... Comment dire... »

Elle passa une main dans ses cheveux bruns, les ébouriffant un peu tout en réfléchissant.

- Vous me dites que tout est réel, ce qui est, soit dit en passant, exactement ce que dirait une hallucination. Mais admettons que je joue le jeu : je suis dans l'univers de Harry Potter... Ma première question est : on est en quelle année ?

- J'ai peur d'avoir du mal à vous suivre Mademoiselle. Nous sommes en 1994.

- En aout 1994... C'est cette année que va avoir lieu le tournoi des trois sorciers donc.

- Comment savez-vous...

- Mais du coup ça voudrait aussi dire que j'ai fait quoi... un bond de 20 ans dans le passé ? 22 ans même ! Est-ce que je pourrais aller voir mes parents ? À cette époque-là, je dois avoir 2 ans... Je pourrais me voir moi-même bébé ? Ou alors est-ce que je risque de créer un paradoxe temporel ? Mais j'y pense ! Grand-père était encore en vie à cette époque ! Je pourrais juste aller le voir sans qu'il sache que c'est moi...

- Mademoiselle ?

Alia s'arrêta soudainement, se rappelant d'où elle se trouvait et qui elle avait en face d'elle. Elle s'était perdue tellement loin dans ses pensées cette fois-ci... Et elle était presque sûre d'avoir encore une fois réfléchi tout haut.

Dumbledore l'observait, sa baguette toujours en mains comme s'il avait oublié pourquoi il l'avait attrapée.

- S'il-vous-plaît, calmez-vous. Expliquez-moi ce qu'il se passe. Je suis certain de pouvoir vous apporter mon aide. Après tout, je ne me suis pas encore présenté, mais je suis...

- Albus Perceval Wulfric Brian Dumbledore. Directeur de l'école de magie Poudlard et l'un des plus puissants sorciers de ce temps. Oui, je sais.

- De toute évidence... Vous n'êtes pas aussi perdue que semblait le croire notre amie commune.

- Si vous saviez.

- Alors dites-moi ce que vous faites ici.

Elle hésita, attrapant sa tasse et commençant à la tripoter pour essayer de se concentrer sur ses pensées. Jamais, au grand jamais, le monde d'Harry Potter ne pouvait être réel. Si c'était le cas, alors les sorciers auraient été découverts depuis bien longtemps, et jamais une saga littéraire n'aurait vu le jour pour en parler côté moldu. Encore moins des films, des jeux vidéo et bien plus.

Non, elle ne pouvait pas juste être remontée dans le temps et être apparue pile-poil aux frontières du château. Il y avait plus.

- Je pense... Que je suis tombée dans une dimension parallèle à la mienne.

Elle releva la tête pour le regarder dans les yeux. Y cherchant elle ne savait trop quoi. Peut-être que si elle se ridiculisait suffisamment en entrant dans le jeu, le type en face d'elle lui annoncerait que tout n'était qu'une caméra cachée super bien réalisée. On se serait un peu moqué d'elle, puis on lui montrerait la sortie du plateau et elle tournerait à gauche pour retourner dans le métro avec sa famille qui l'attendait en se payant sa tête. S'il fallait en passer par là, autant y aller à fond.

- Je viens d'un monde où "Harry Potter" est une saga littéraire fictive racontant les aventures d'Harry dans le monde des sorciers. Elle commence à sa première année et finit sur sa septième. Traduite dans presque toutes les langues sur terre. Et d'ailleurs, ça me rappelle un truc qui me chiffonne... On est bien d'accord qu'on parle en anglais depuis tout à l'heure ? Non mais parce que je n'ai jamais été suffisamment douée dans cette langue pour tenir un dialogue de ce niveau. Et là, j'ai l'impression que les mots arrivent dans mon cerveau avec une fluidité magique. C'est quoi, c'est un sort de traduction posé sur le château ?

- Comment… Non, il n'y a pas de sort de... Attendez, attendez. Vous allez trop vite ! Vous venez de parler de "monde parallèle" ?

- C'est ça ! Il y a encore une heure, j'étais sur le quai du métro à Marseille, en France ! Il était quoi... midi à tout casser. Et surtout les sorciers, la magie, Poudlard, vous ou même Harry Potter étaient juste des éléments imaginaires ! Donc là, vous voyez, c'est votre dernier moment pour faire tomber le masque et m'annoncer que tout n'est qu'une farce avant que je ne devienne vraiment folle et ne vous fasse un procès pour les séquelles mentales que je vais finir par avoir face à tout ce bordel ! Où est le fil qui fait voler cette théière ?!

Elle avait commencé à s'agripper les cheveux, se recroquevillant de plus en plus sur sa chaise tout en hurlant ces dernières phrases comme si cela pourrait la ramener à la réalité. Sa respiration s'emballa à nouveau. Elle qui aurait tout donné en temps normal pour vivre ce rêve de se faire transporter dans l'univers d'Harry Potter, vivait beaucoup moins bien l'expérience que prévu.

Elle sentit alors une douce chaleur effleurer son bras. Relevant les yeux, elle croisa deux petits yeux ronds comme des perles. L'oiseau aux plumes rouges et or du directeur venait de s'envoler jusqu'à elle. D'un regard, il sembla lui demander la permission de se poser avant d'atterrir sur ses genoux. Il laissa échapper une note douce de son bec, comme un trémolo qui semblait frémir dans l'air et envelopper Alia dans une étreinte réconfortante.

Réprimant une nouvelle crise de larmes, elle lui offrit un sourire timide, et l'oiseau pencha sa tête vers elle, frottant ses plumes contre sa joue.

Sa présence fut comme un bain de sérénité pour Alia. Ses émotions se calmèrent et elle remarqua aussi la présence de Dumbledore à ses côtés. Le vieil homme posa une main rassurante sur son épaule tout en lui souriant.

- Vous vous sentez mieux ?

- Oui...

Alia présenta doucement sa main à Fumseck, comme pour lui demander la permission de le caresser. Le phénix le lui permit pendant quelques secondes avant de retourner sur son perchoir dans une envolée gracieuse. Le directeur, lui, resta près d'elle quelques secondes pour s'assurer qu'elle se remettait avant de retourner au bureau.

S'ensuivit de longues minutes d'explications de la part d'Alia. Elle raconta exactement sa matinée et son arrivée sur le quai, le métro qui était passé devant elle sans s'arrêter comme dans Narnia (ref que n'eut évidemment par Dumbledore) puis son apparition devant le portail de Poudlard.

- Je dois avouer ne jamais avoir entendu parler de voyageur de monde parallèle, » poursuivit Dumbledore. « Mais plusieurs scientifiques et théoriciens se sont déjà penchés sur cette question.

- Ouais... À mon époque, on parle pas mal de multivers... Ça commence même à rentrer dans la pop culture. Mais ça reste... de la fiction.

- Pour revenir à notre réalité, vous avez évoqué ces livres sur Monsieur Potter. Notamment le fait qu'ils relataient de faits jusqu'à sa septième année.

- Même plus loin encore dans un sens. J'ai des informations sur ses futurs enfants...

- Dans ce cas, je pense que vous vous doutez de ce que je m'apprête à vous dire.

Alia se tendit légèrement sur sa chaise. Son regard se porta une nouvelle fois sur la baguette du directeur, posée à côté de lui. Allait-il lui arracher ses souvenirs des livres pour connaître son futur ? Après tout, s'ils se trouvaient bien dans une réalité proche du canon, alors ça faisait d'elle la meilleure voyante du monde, avec des informations clé capable de miracles.

Dumbledore lança un regard aux murs de son bureau. Regard qu'Alia suivit sans trop comprendre. Tout autour d'eux, se trouvaient les centaines de tableaux des anciens directeurs de Poudlard, dormant d'un sommeil de plomb. Après tout, il devait être proche des une ou deux heures du matin...

Une pensée frappa alors Alia. Est-ce que le directeur vérifiait qu'il n'y ait pas de témoin de leur conversation ? Est-ce qu'il allait la tuer ? Non, non, c'était Dumbledore, pas Voldy. Mais et s'il lui volait en effet tous ses souvenirs avant de l'oublietter et de la renvoyer se perdre côté moldu totalement amnésique ? Après tout, rien ne l'empêchait de le faire, et ce ne serait pas la première fois que ce genre de chose arrive dans un roman ! Ni que Dumbledore ne décide être le mieux placé pour sauver le monde, comme le lui dictait son complexe de supériorité. Aussi, quand le directeur reporta son attention sur elle, Alia se tendit de tout son être.

- Accepteriez-vous de m'aider à provoquer la chute de Voldemort ?

- Oui, mais pitié ne m'oubliettez pas !

Le directeur sembla surpris, mais se permit un petit sourire derrière sa barbe.

- Vous savez ce qu'on dit ! » continua Alia dans sa précipitation. « C'est jamais bon de trop en savoir sur son propre avenir ! C'est le Docteur Brown qui l'a dit ! Une question d'implication émotionnelle ou je sais plus quoi. Donc il vaut mieux que je vous donne les infos qui pourraient aider sans déclencher de catastrophe ! On n'est jamais trop prudent avec l'effet papillon n'est-ce pas ? "Lorsque vous changez un petit quelque chose, c'est l'univers entier qui peut être bouleversé", ou quelque chose du genre ! »

Arg, pourquoi les seuls arguments qui me viennent sont des répliques de films !

- Calmez-vous, » rigola le directeur. « Je suis d'accord avec vous sur ce fait. Bien sûr, je préférerais avoir toutes les réponses à mes questions... mais vous avez raison. »

Il prit soudainement un air plus sombre et sérieux.

- Trop en savoir sur son propre futur peut-être plus dangereux encore que ne rien savoir. Aussi, je vais me fier à votre jugement. C'est vous qui connaissez le futur. Comment vous voyez-vous m'aider ? Si tant est que vous souhaitez m'aider.

- Oh... Eh bien... Je peux déjà vous dire que dans l'histoire originale, ce sont les "gentils" qui gagnent à la fin... Mais... Il est vrai... qu'il y aura aussi beaucoup de morts...

Dont vous en fait.

Elle croisa les bras et commença à réfléchir. Pour ne prendre que le cas de Dumbledore, sa mort était essentielle pour le bon déroulement de l'histoire. Son pseudo-meurtre par Rogue permettait à Voldemort de récupérer la baguette de sureau et de se croire tout-puissant, sans se rendre compte qu'en fait elle ne lui appartenait pas totalement. La fin des livres était forte en rebondissements, tous plus invraisemblables les uns que les autres : "en fait Drago l'a désarmé en premier, donc la baguette lui appartient, mais comme Harry a ensuite désarmé Drago, maintenant c'est Harry le vrai propriétaire de la baguette, et aussi celui de la pierre et de la cape, donc Harry est le Maître des reliques de la mort et va pouvoir survivre au sortilège de mort de Voldy à la toute fin !"

Sans la mort d'Harry, Voldemort gardait un dernier Horcruxe. Et sans le bordel des reliques de la mort, Harry restait... ben mort.

- Comme dirait un grand homme : "Il existe des points fixes dans le temps que rien ne pourra modifier". La victoire du bien sur le mal ne tient qu'à une toute petite suite d'événements presque impossible à mettre en place volontairement, même en les connaissant d'avance.

- Mais vous avez parlé de plusieurs morts, sont-elles toutes inévitables ?

- Pas... forcément ?

Elle réfléchissait, encore et encore, retournant ses connaissances de l'univers dans tous les sens. S'ils étaient juste avant les événements du livre 4, alors elle pouvait compter deux gros événements avec des victimes. La coupe du monde de Quidditch pendant l'été, mais qui était probablement déjà passée. Et la finale du tournoi des trois sorciers avec Cédric... Oh, et aussi la mort de Barty Croupton Senior.

La mort de Cédric devrait pouvoir être évitée... Mais sans elle, Harry ne pourrait pas voir les Sombrales. Après, est-ce que c'était si important que ça pour la suite de l'histoire ? Par contre Mr Croupton devrait pouvoir être sauvé... Pour ça, il faudrait juste que ce soit fait sans que son meurtrier de fils ne le sache. Comme en simulant sa mort, par exemple...

- Juste pour savoir... La Coupe du Monde de Quidditch a déjà eu lieu ?

Le regard de Dumbledore se fit plus sérieux.

- Oui. Il y a eu une émeute et…

- Et des mangemorts ont fait apparaître la marque des ténèbres dans le ciel. Bon... Il n'y a rien que je puisse faire pour ça du coup. Pour le reste, cette année, il y aura deux morts. Le premier peut être évité en la jouant fine et le deuxième... J'ai encore besoin d'y réfléchir.

- Ce sera pour bientôt ?

- Après la deuxième épreuve du tournoi des trois sorciers.

- Je vois. Mademoiselle Alia... Je me rends compte que vous ne m'avez toujours pas donné votre nom de famille.

- Euh... Vous n'avez qu'à m'appeler Aka.

- Alia Aka ?

Arg, ça sonnait moins bizarre dans ma tête.

- Comme je viens en quelque sorte du futur, ce serait bête que des gens essayent de s'en prendre à la moi enfant s'ils l'apprennent... Non ?

- Mais si vous venez bien d'un monde parallèle, s'en prendre à votre version plus jeune ne vous impactera pas.

- Mais j'ai pas envie qu'on s'en prenne à ma famille. Même si ce n'est techniquement pas la mienne... enfin bref, vous comprenez quoi !

- Je comprends, je comprends... » Dumbledore réprima un petit rire. « Vous avez un don prononcé pour le changement de sujet.

- C'est marqué sur mon CV. "Une grande tendance à la digression", » plaisanta-t-elle à son tour.

- Donc... pour reprendre où nous en étions... Mademoiselle Alia Aka, accepteriez-vous de m'aider à combattre Voldemort à l'aide de vos connaissances.

- Plutôt deux fois qu'une !

- Bien. Je vous propose donc de vous engager pour travailler au château cette année. Et en échange, je m'engage à trouver un moyen de vous renvoyer dans votre univers, à votre époque.

- Ah oui, c'est vrai que seule, je ne sais pas comment je pourrais rentrer... Mais ça ne risque pas de faire bizarre qu'une moldue travaille au château ? Je ne pense pas que mon voyage multi-universel ait fait de moi une sorcière.

- Si tel n'est pas le cas, il suffira de vous faire passer pour une Cracmole. Je m'occuperai de vous trouver des papiers d'identité. Mais puisque nous y sommes, autant vérifier tout de suite si vous êtes ou non une sorcière.

Il se leva et marcha jusqu'à l'armoire où reposait le Choixpeau magique. En le voyant l'attraper, les yeux d'Alia s'illuminèrent de mille feux. Elle se leva et alla à sa suite en sautillant comme une enfant. D'un air entendu, le directeur posa la relique sur ses cheveux. Alia souriait maintenant de toutes ses dents lorsqu'elle entendit la fameuse voix spectrale dans sa tête.

- Quoi... Quelle heure est-il ? Ce n'est pas le jour de la répartition ! Et... Qu'est-ce que c'est que ça ?

- Bonjour ! » pensa très fort Alia en espérant réussir à communiquer.

- Bonjour... Bonsoir plutôt. Une minute.

Le silence se fit et Alia se demanda ce qu'elle devait maintenant faire... Devait-elle se refaire la discussion qu'elle venait d'avoir avec le directeur pour que le Choixpeau comprenne la situation ? Devait-elle essayer de parler à nouveau dans sa tête ? Devait-elle ne rien faire du tout ? Est-ce que le Choixpeau entendait toutes ses questions actuellement ? Est-ce que...

- Silence ! » cria le Choixpeau avant de commencer à bougonner. « Bon. Déjà la réponse à votre question : non, vous n'êtes pas sorcière. Je ne ressens aucune once de magie en vous. Maintenant, reposez-moi sur mon étagère. »

Dumbledore vit le sourire de la brune flétrir et une mine déçue prendre sa place. De toute évidence, cette jeune femme n'était pas sorcière. Il commença à réfléchir à qui contacter pour lui faire de faux papiers Cracmols. Étant d'origine française, il serait plus facile de la faire sortir de nulle part en la présentant comme une Cracmole étrangère. Et ce ne serait pas la première personne sortant de l'ordinaire qu'il engageait dans son école. Elle avait dit être née il y a deux ans et venir de 2016... Donc elle devait avoir 24 ans. Il lui demanderait sa date d'anniversaire exacte plus tard et n'aurait qu'à retranscrire ça à 1970. Rien de plus facile avec ses moyens. Mais tout ça serait pour demain. Là, ils approchaient des trois heures du matin et avaient grand besoin d'aller dormir... Et de trouver aussi une chambre pour sa nouvelle alliée.

À sa grande surprise, lorsque la brune retira le Choixpeau pour le lui rendre, elle avait retrouvé son immense sourire.

- Alors ?

- Moldue.

- Je vois. Et que nous vaut ce grand sourire ?

- Le Choixpeau a bien voulu me dire dans quelle maison j'aurais pu être répartie si j'avais été sorcière et élève à Poudlard !

Au vu de son air de satisfaction, c'était une maison qui semblait bien lui plaire. Dumbledore lui rendit son sourire. Au vu de son esprit somme toute assez étrange, il l'aurait bien vue à Serdaigle.

- Et quelle est-elle ?

Le sourire d'Alia s'élargit encore plus et elle en bomba presque le torse de fierté.

- Serpentard, bien sûr !


À suivre...

ENFIN Alia est nommée. Quel calvaire je m'étais infligé dans ma V1 d'avoir voulu garder la surprise de son nom pendant 3 chapitres.

J'espère que toute cette discussion avec Dumby vous aura plu et que la suite des aventures d'Alia Aka vous plairont toujours autant ~

On se retrouve Mercredi prochain pour le chapitre 4 ! D'ici là, n'hésitez pas à laisser une petite review, surtout si vous découvrez cette version-là de la fic pour la première fois, j'aimerais beaucoup savoir ce que vous en pensez ~