Chapitre 4 : Le relooking.

Tomura s'était excusé. Il avait dit à Izuku qu'il l'aimait tellement tellement tellement qu'il s'était montré pressé avec lui et qu'il n'aurait pas dû. Pour plaisanter, il avait ajouté :

— C'est ta faute aussi, tu es si mignon qu'on envie de te croquer. Sans oublier que tu m'as donné des signaux qui m'ont fait croire que tu voulais le faire.

Izuku lui avait demandé pardon pour ça, il n'avait pas fait attention.

— Quand je serai prêt, je te le dirai, jura-t-il.

Tomura lui avait souri gentiment et Izuku avait été soulagé. Il se promit alors intérieurement de se dépêcher de se sentir prêt, que le prochain essai serait le bon et qu'il ferait l'amour avec Tomura et que ce serait génial.

Parce que Tomura était doux. Et gentil. Et amoureux de lui.

Après la discussion d'Izuku avec Kacchan devant la salle de cours, Tomura demanda :

— Qu'est-ce qu'il te voulait ?

Izuku haussa les épaules

— Me protéger, dit-il.

— Te protéger ? rit Tomura. De lui-même ?

Izuku ne répondit rien.

— Méfie-toi Izuku, lui dit son petit ami, je les sens pas moi ce type. Je sais que vous êtes amis, mais je ne veux pas qu'il te fasse du mal, ou qu'il essaye de nous séparer.

Izuku aurait aimé lui dire qu'il n'avait pas de raison de se méfier de Kacchan, parce que c'était Kacchan. Colérique, mais droit dans ses baskets. Seulement il se sentait de plus en plus perdu et les paroles de Tomura faisaient leur bonhomme de chemin dans son cerveau.

— Il t'as fait du mal une fois, qui te dit qu'il ne va pas recommencer.

Et si Tomura avait raison ?

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Izuku avait refusé une sortie avec son groupe d'amis pour passer son samedi après-midi avec Tomura. Pour l'occasion, il avait mis son pull préféré, un hoodie noir avec une croix verte au milieu. Il le mettait souvent parce qu'il l'adorait. Il était hyper confortable en plus. Tomura, lui s'était contenté d'un sweat gris. Izuku ne pensait pas que son petit ami était un modèle de beauté, mais il s'en fichait, parce que ce qui comptait c'était les sentiments qu'il partageait, et qu'à l'intérieur, Tomura était beau.

Quand ils se retrouvèrent face à face, ils s'embrassèrent et lièrent leurs doigts. Ils avaient prévu de se balader faire les boutiques, trainer en ville. Ils n'avaient pas vraiment de plan, sauf celui de passer du temps ensemble. Izuku se sentait bien, simplement d'être avec Tomura.

Ce dernier pointa alors du doigt un magasin de vêtements.

— Viens, on peut aller là.

— Tu veux t'acheter de nouveaux vêtements ? interrogea Izuku.

— Moi non, mais je me disais que tu pourrais acheter un truc pour remplacer ce pull miteux.

Izuku regarda son hoodie.

— Bien sûr, tout te va, mon cœur, mais tu pourrais être encore plus beau. Laisse-moi te guider, ajouta Tomura susurrant.

Izuku se vit dans le miroir et peut-être que Tomura avait raison. Il avait tellement porté ce pull, qu'à force peut-être qu'il était un peu miteux. Il suivit Tomura dans la boutique et avant qu'il ait le temps de dire ouf, son petit ami lui tendait des vêtements à aller essayer. Ce n'était pas trop son style. Chemise, veston, jean. Mais sous le regard émerveillé de Tomura, il ne put que se sentir beau et aimé, et avoir envie de changer de style pour une fois.

— Tout te va si bien, lui dit son petit ami en l'embrassant.

— Tu trouves ?

— Tu es parfait, et avec ces vêtements, tu l'es encore plus. Va falloir que je fasse attention à ce que personne ne me vole mon précieux petit ami.

Izuku fondait quand il disait ce genre de choses. Il aurait pu acheter le fond du magasin, si cela avait plu à Tomura.

Ce fut pour cette même raison qu'il passa au coiffeur. Il avait toujours eu des cheveux courts, un peu fluffy sur sa tête, pas facile à peigner, mais qui lui avait toujours plu. Néanmoins il laissa Tomura guider le coiffeur. On lui rasa ses cheveux sur les côtés et on les coupa au-dessus. Il n'avait jamais eu de coupe aussi courte, c'était étrange, autant à voir qu'à toucher. Tomura embrassa son crâne :

— Tu es superbe, tu me plais tellement.

Alors Izuku se dit que cette coupe lui allait bien.

Le soir, ils s'arrêtèrent dans un restaurant et la serveuse fit de l'œil à Izuku, qui ne le remarqua que quand Tomura le lui dit.

— Tu lui plais, fit-il, je regrette presque de t'avoir encore plus embelli.

Izuku rougit.

— Mais tu es à moi, ajouta Tomura, juste à moi.

Izuku acquiesça.

— Et je ne te permets pas de regarder quelqu'un d'autre que moi.

— Je ne regarde que toi, jura Izuku.

— Je vais demander à ce qu'on change de serveur, fit Tomura, je n'aime pas l'idée qu'elle essaye de flirter avec toi.

— Ce n'est peut-être pas la peine, tenta timidement Izuku, je ne vais rien faire, tu sais bien qu'il n'y a que toi.

Tomura fronça les sourcils.

— Dans ce cas c'est mieux de changer, insista-t-il, à moins que tu sois content de l'attention qu'elle te porte.

— Pas du tout, certifia Izuku.

— Alors on change de serveur.

Izuku cessa le combat, si cela rassurait Tomura, c'était mieux ainsi.

Après le repas, Tomura tenta de convaincre Izuku de venir chez lui. Mais l'étudiant aux cheveux verts – désormais assez courts – refusa.

— Je ne veux pas te donner de faux signaux, dit-il, je ne suis pas encore prêt et j'ai peur de te blesser si tu crois le contraire.

— Mais non, j'ai compris, promis on fera que se rouler des pelles devant un film nul. S'il te plaît mon chéri, s'il te plaît.

Izuku hésita, passa d'un pied sur l'autre, sans savoir quoi faire.

— Je ne te toucherai pas plus que nécessaire mon amour.

La balance pencha et Izuku accepta d'aller chez Tomura.

Ils regardèrent un film de super héros et Izuku s'enflamma malgré lui, parce qu'il adorait ça. Il y en avait certains qu'il avait tellement regardés, qu'il les connaissait par cœur. Malgré ça, il fut moins réceptif à Tomura qu'à ce qu'il se passait à la télévision. Ne pouvant s'empêcher de chuchoter pour lui-même ses commentaires sur le film. Son petit ami finit par perdre patience, il attrapa la nuque d'Izuku et posa ses lèvres sur les siennes.

— C'est pour te faire taire Izuku, tu fais trop de bruit.

Il le dit sur le thème de la plaisanterie, mais son regard parut froid à Izuku.

— Et puis tu sais pourquoi tu es là, ajouta Tomura, en recommençant à l'embrasser.

Ah oui. Il était venu pour échanger quelques baisers avec son petit ami devant un film. C'était vrai. Izuku avait été trop pris par la télévision et avait négligé Tomura. Il comprenait son énervement et se rattrapa en entremêlant leurs langues. Tomura ne pouvait s'empêcher de le toucher, il caressa son dos, passa sa main sous ses vêtements pour glisser ses doigts sur son torse.

C'était agréable.

Doux.

Chaud.

Tomura tenta d'aller plus loin en jouant avec le bouton de jean d'Izuku, mais celui-ci l'arrêta immédiatement.

— Pas encore, murmura-t-il.

— Allez, tu es venu.

— Parce que tu m'as dit qu'on ne ferait que s'embrasser.

— Comme si :; dire !

— Non, je t'assure, je pensais que tu étais sincère.

— Tu me chauffes et après tu veux que j'arrête, Izuku te fous pas de ma gueule !

Izuku sentit les larmes lui monter aux yeux :

— Je te jure que je ne voulais pas, je pensais qu'on allait que s'embrasser devant le film. Comme tu l'avais dit.

— Et maintenant tu vas dire que c'est de ma faute ?

— Non, ce n'est pas ce que je dis.

— J'ai envie de toi Izuku, se reprit Tomura, je t'aime tellement, c'est normal non ?

— Oui…

— Mais toi tu me repousses sans arrêt, tu me frustres exprès. Je n'aime pas ça. C'est de ta faute si je me sens mal ensuite.

Izuku ne savait plus quoi faire, plus quoi dire. Il posa sa main gentiment sur le bras de Tomura qui le repoussa brusquement :

— Ne me touche pas, ou alors ne te plains pas que je te touche aussi !

Une larme coula sur la joue d'Izuku. Cela calma Tomura.

— Oh non mon cœur, ne pleure pas. Ce n'est rien, je suis désolé, je ne voulais pas te parler brutalement. C'est juste que tu me rends fou, tu comprends ?

Izuku acquiesça alors que son petit ami le prenait dans ses bras et caressait tendrement son dos.

— Je suis vraiment désolé, insista Tomura, mais il faut que tu arrêtes de me chauffer pour me repousser ensuite.

— D'accord, murmura Izuku contre son épaule. C'est moi qui suis désolé, je ne fais que des bêtises.

— Maintenant tu vas partir, sinon je ne suis pas sûr de pouvoir me retenir, j'ai trop envie de te dévorer tout cru.

Izuku eut un petit rire, Tomura le relâcha, et caressa tendrement sa joue :

— J'ai hâte Izuku, j'espère que tu ne me feras pas trop attendre.

Le dénommé acquiesça. Il ferait de son mieux, c'était sûr il serait bientôt prêt. Il embrassa la bouche de son petit ami, se releva du canapé et après un dernier coucou, il s'en alla.

En chemin, il reçut un message de Tomura.

« Tu me manques déjà »

Et Izuku faillit faire demi-tour. Tant pi s'il n'était pas prêt, il pourrait se laisser faire et ce serait agréable. Après tout le sexe était bon, non ?

Cependant, il resta sérieux et rentra au dortoir.

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Le lendemain, alors qu'ils s'étaient tous rassemblés dans un parc, squattant banc et par terre, les amis d'Izuku le félicitèrent sur sa nouvelle coiffure et son look. Tout le monde était d'accord pour dire que ça lui allait super bien.

— Ça te rend plus mature, gloussa Ashido.

Izuku souriait jusqu'aux oreilles, heureux des compliments de ses amis. Par réflexe, son regard chercha Kacchan. Son ami d'enfance se tenait seul, debout dans son coin et le regardait les bras croisés. Il était le seul à n'avoir rien dit. Ni compliment. Ni autre chose. Et Izuku avait du mal à déchiffrer ce qu'il se passait sur son visage. Est-ce qu'il le trouvait beau ou pas ? Izuku ne pouvait s'empêcher de se le demander. L'avis de Kacchan avait toujours été important pour lui et là, il hésitait à s'approcher et lui demander « et toi, tu en penses quoi ? ». Mais Tomura attrapa sa main et le tira contre lui.

— Ça suffit les compliments, fit Tomura en souriant, Izuku est à moi.

Kirishima et Kaminari rirent :

— Ouuuuh possessif !

Iida avec sa grosse voix intervint :

— Personne ne songe à te prendre Midoriya de toute façon.

Les regards des autres se tournèrent vers Kacchan un instant, mais Izuku n'y fit pas attention.

— C'est grâce à moi s'il est si beau, fit Tomura en levant le nez.

Jiro lança :

— Tu devrais penser à relooker Denki alors, il en a bien besoin !

Tomura sourit et le dénommé Denki fit semblant d'être vexé par les paroles de sa petite amie. L'ambiance était bonne. Kacchan était toujours aussi silencieux et Izuku avait l'impression qu'il se coupait de plus en plus du groupe au fur et à mesure que les gens parlaient.

Il sentit la main de Tomura caresser ses cheveux courts et se laissa faire.

— Je ne relooke que mon gentil Izuku, dommage pour toi Kaminari.

Tout le monde se mit à rire, sauf Kacchan. Tomura continuait de tapoter sa tête, il ajouta :

— Oui c'est mon mien à moi, le gentil Izuku.

Puis la scène se passa si vite qu'Izuku n'eut même pas le temps de voir Kacchan bouger. Celui-ci venait d'attraper le bras de Tomura et le tordait. Il le regardait comme si ses yeux allaient lancer des missiles.

— C'est pas ton chien okay ? cracha Kacchan avec rage.

Kacchan était furieux, ça se lisait dans sa posture, son regard, sa moue. Il tremblait. Izuku ne comprit pas son geste et s'inquiétant pour Tomura, il intervint :

— Kacchan, relâche-le, dit-il d'une voix assez froide.

Kacchan ne se tourna pas vers lui, il continuait à fixer de ses orbes rouges Tomura. Comme s'il allait le frapper ou en tout cas avait très envie de le faire.

— Relâche-le ! insista Izuku.

Kacchan obéit enfin. Il regarda finalement Izuku. Le regard de Kacchan passa de la colère à la tristesse. Autour d'eux un silence de mort s'était fait. Kacchan enfonça ses mains dans ses poches, regarda une dernière fois en direction de Tomura et Izuku, puis se barra.

— On sera mieux sans lui, susurra Tomura à l'oreille d'Izuku qui eut envie de le croire.

À suivre.

L'autatrice : si vous saviez comme je n'aime pas Shigaraki aha, parfois écrire ces chapitres était difficile à cause de ce qu'il se passe, en plus j'essaye de rendre ça réaliste. Surtout si vous ne vous sentez pas bien en lisant, n'hésitez pas à arrêter de lire. Bref, sinon n'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez. Vos retours me vont droit au cœur à chaque fois, merci pour ça.