Merci à celles qui suivent cette fanfiction et prennent le temps de me laisser un petit commentaire, c'est très gentil à vous =)

RAR Sarah MAES : Je n'ai pas possibilité de te répondre en MP, merci pour tes reviews, c'est adorable. j'espère que la suite te plaira :)


CHAP 4 : Musacées gourmandes

Rémus Lupin avait longtemps été malchanceux, dans sa vie. Mordu par Fenrir Greyback dès son plus jeune âge, sa lycanthropie lui avait, des années durant, valu une vie de solitude et de fuite en avant, obligeant sa famille à déménager plus que de raison pour préserver le secret de leur fils. Si ses études à Poudlard avaient constitué une parenthèse dorée dans sa vie, elle n'avait toutefois pas perduré bien longtemps après l'obtention de ses ASPICS, puisqu'il avait perdu peu de temps après ses trois meilleurs amis, ainsi que Lily, qui avait toujours été un soutien précieux.

La traversée du désert avait commencé, entre difficultés à trouver un travail, puis à le garder, transformations toujours plus compliquées, errance sans réel but dans la vie. Il avait néanmoins rencontré Harry grâce à l'offre d'emploi de Dumbledore, et retrouvé Sirius, que la vie lui avait repris deux ans plus tard avec le retour de la guerre et des mangemorts. Alors qu'il était de plus en plus difficile pour lui de se relever à chaque nouvelle épreuve, la vie lui avait permis de rencontrer son épouse, et même si la fin de la guerre avait été accompagnée de lourdes pertes, sa famille avait survécu.

Depuis, le loup-garou avait pansé tant bien que mal ses plaies, soutenu par ses amis et sa famille, qu'il retrouvait chaque week-end avec empressement. Repris son poste à Poudlard, dans lequel il s'épanouissait tout à fait, récupérant de prime la direction de son ancienne maison. Avait trouvé de nouvelles amitiés parmi ses collègues, auprès desquels il était resté plus qu'une année, cette fois. Pour ne rien gâcher, Hermione avait rejoint l'équipe pédagogique quelques mois plus tôt, et c'était un réel plaisir de travailler à ses côtés et de l'accompagner dans ses premiers mois d'enseignement.

Et surtout, de la voir jouer au chat et à la souris avec Severus.

Jamais il n'aurait cru cela possible, et pourtant !

Personne d'autre que lui ne l'avait remarqué au château, bien-sûr, car il était le seul à pouvoir se targuer de connaître si bien à la fois le maître des potions et la jeune surdouée en métamorphose. Si l'alchimiste avait ignoré la petite lionne durant tout un trimestre, il avait fallu une bête histoire de bocal à cornichons, dont on ignorait toujours qui en était l'auteur, pour lancer un pavé dans la marre.

Il ignorait au juste quand Hermione avait développé une attirance certaine pour Severus, et n'avait pas prévu de lui poser la question, trop pudique qu'il était pour se montrer curieux. Mais toujours était-il que si la Gryffondor avait d'abord embêté le Serpentard par pur plaisir de le faire sortir de ses gonds, il en était tout autre chose, à présent. De la même manière, il était évident que le Serpentard n'était plus en mesure d'ignorer la demoiselle. Alors que la fin de l'automne avait été rythmée par leurs prises de tête régulières et les provocations de la lionne, l'hiver semblait s'amorcer différemment.

Il soupçonnait Hermione de n'avoir pris conscience de l'évolution de ses sentiments pour leur collègue de potions que récemment, car elle avait passé le mois de janvier à l'éviter, ou du moins à cesser de lui chercher des noises à tout bout de champ. Lorsque Rémus lui avait confié que le Serpentard avait vraiment mal pris la plaisanterie du début des vacances, il ne s'était pas attendu à ce que cela la travaille autant. L'aurait-elle charrié davantage en soulignant sa susceptibilité qu'il aurait été moins surpris. Au lieu de quoi, elle était désormais incapable de croiser le regard onyx de Severus sans rougir, et perdait tous ses moyens quand il était à proximité.

Quant à l'ancien camarade de classe de Rémus, eh bien, c'était simple, il ne semblait toujours pas avoir conscience de la nature de ce qu'il y avait entre lui et la jeune femme. Le lycanthrope aurait d'ailleurs mis sa main à couper que si on lui avait suggéré qu'il y avait quelque chose entre eux, le Serpentard aurait lancé un maléfice au pauvre malheureux à l'origine de cette remarque.

Le Gryffondor, à présent épanoui tant dans sa vie privée que professionnelle, observait donc tout ce petit jeu avec un enthousiasme certain bien que discret, car jamais il ne serait permis d'intervenir. C'était bien plus plaisant à regarder de loin. Même si, parfois, il regrettait de ne se transformer qu'en loup une fois par mois, et non en petite souris. Ce qui lui aurait au moins permis de savoir ce qui avait bien pu se passer pour que subitement, à la fin janvier, Severus se mette à son tour à fuir Hermione comme la peste. Ce qui avait pu venir à bout du masque d'impassibilité du professeur le plus acrimonieux du château.

Là encore, personne n'avait remarqué la différence, mais Rémus avait fréquenté le Serpentard à une époque où il n'avait pas encore parfait sa carapace, et savait ce qu'il en était. Cela n'avait rien à voir avec les premiers mois de l'année où il l'avait purement et simplement ignorée, comme si elle n'existait pas. C'était plus subtil que cela. Plus drôle aussi, de constater les efforts que les deux sorciers déployaient pour ne pas se regarder, alors que chacun dévorait l'autre des yeux dès qu'il avait le dos tourné. Cela avait un côté attendrissant qui comblait le côté fleur bleue de Rémus, qui avait toujours été un romantique.

Il espérait simplement que les deux sorciers ne se tourneraient pas éternellement autour, au risque de se résigner pour l'une, ou de s'agacer pour l'autre, ce qui ne manquerait pas de tuer dans l'œuf cette histoire singulière et d'obliger Rémus à trouver un autre passe-temps pour occuper ses semaines au château.


Elle avait recommencé.

A lui chercher des noises et à le provoquer. Alors même que cela faisait quinze jours qu'il s'évertuait à être, sinon gentil, du moins le moins corrosif possible avec elle. Etait-cela son plan depuis le début ? L'amadouer avec un... cadeau, et attendre qu'il baisse sa garde pour mieux planter sa lame ? Elle ne manquait pas de toupet, si c'était le cas, et avait vraisemblablement oublié qui était le directeur de Serpentard, dans ce château !

- Les moyennes sont tout à fait correctes depuis le début du trimestre dernier, et je suis satisfaite des résultats des BUSES et ASPICS blancs, avait énoncé Minerva lors de la traditionnelle réunion de milieu d'année. Avez-vous des remarques particulières à ce sujet ?

- Oui, s'il vous plaît Minerva.

Severus avait levé les yeux au ciel en entendant cette voix qu'il aurait reconnue entre mille, s'élever de l'autre côté de l'immense table ovale autour de laquelle se déroulaient les réunions en salle des professeurs. Évidemment, qui d'autre aurait pu avoir des questions et souhaité faire son intéressante ? Même titularisée, il fallait qu'elle continue de ramener sa fraise constamment !

- J'ai trouvé que ces partiels blancs avaient grandement aidé les élèves à dédramatiser les examens. J'aurais aimé, dans ma matière du moins, pouvoir organiser une deuxième cession de devoir en conditions d'examens vers la fin mai, afin de... Avez-vous quelque chose à y redire, professeur Rogue ? S'était-elle interrompue en surprenant le rictus dédaigneux du Serpentard.

Tous les regards avaient convergé vers lui, celui sévère de Minerva en tête, qui non seulement n'appréciait guère qu'il ait interrompu son ancienne élève prodige, mais qui devait en plus trouver la proposition de cette dernière très intéressante.

Ignorant tous ces yeux interrogateurs tournés vers lui, Severus avait dardé son regard d'encre sur la seule petite personne de la Gryffondor, la toisant avec un mélange d'agacement et de condescendance certain.

- Vous et vos pseudo-méthodes de pédagogie bienveillantes êtes ridicules ! Avait-il craché avec un mépris palpable.

- Severus ! L'avait vivement interpellé Minerva, scandalisée.

Le Serpentard l'avait ignorée, tout à son échange de regards venimeux avec la Gryffondor, qui s'était empourprée sous la remarque, outrée. Sa mâchoire s'était serrée, tandis qu'un véritable brasier s'allumait soudain dans les pupille couleur miel. Severus avait retenu un sourire en coin. De toute évidence, il avait toute son attention.

Néanmoins, la réciproque était vraie, car il avait été tellement focalisée sur la demoiselle qu'il en avait occulté le sourire de loup que Lupin avait dissimulé en posant son visage dans sa main.

- Et c'est reparti ! Avait soupiré Pomona à voix basse près du lycanthrope. Nous n'aurons pas eu la paix longtemps !

- Qu'ils sont exaspérants, à toujours se disputer ! Les réunions sont interminables à cause d'eux ! Avait renchéri Rolanda sur le même ton.

- « Dédramatiser les examens » ? Nous mais vous vous entendez un peu ? Avait continué Severus, inconscient de l'agacement de ses collègues. Vous trouvez peut-être qu'ils ne sont pas assez dispersés et indisciplinés pour vouloir en plus les soulager de la seule échéance susceptible de les aiguillonner un peu ?

- Oh parce que vous pensez qu'en enchaînant les punitions et les retenues vous développez leurs capacités d'apprentissage, peut-être ? Avait rétorqué la Gryffondor, ironique.

- Au moins je ne les incite pas à se reposer sur leurs lauriers, et à prendre à la légère des examens dont la réputation de cette école dépend du taux de réussite, au cas où vous l'auriez oublié, Miss Granger !

- C'est justement pour en accroître la réussite que je souhaite faire en sorte qu'ils puissent être abordés avec confiance et sérénité !

- S'il vous plaît, ne nous énervons pas, avait tenté de temporiser Minerva.

Un pli soucieux avait marqué le visage de l'animagus alors que la tension s'attisait des deux côtés de la table de réunion, et ses lèvres fines avaient presque disparu dans le pincement sévère qu'elle n'avait pu réprimer en notant la véhémence du Serpentard, et l'exhalation de la jeune femme qui lui faisait face sans faillir malgré l'aura orageuse de ce dernier. Même si la vieille sorcière était depuis cinq ans déjà devenue la directrice de l'ensemble des élèves, toutes maisons confondues, elle n'avait pu réprimer un sentiment de fierté devant le courage de son ancienne élève, qui tenait tête au plus caustique de ses collaborateurs.

A l'autre extrémité de la table, Rémus, pour sa part, avait masqué un éclat de rire en prenant une gorgée d'eau dans le verre posé devant lui, et Septima avait considéré avec ennui les corbeilles de fruits disposées à intervalles réguliers sur la table.

- Minerva aurait mieux fait de demander du pop-corn au lieu de tous ces fruits ! Avait-elle regretté en attrapant un grain de raisin pour agrémenter le spectacle qui se tenait devant eux.

- Elle a dit qu'il fallait que l'on arrête de manger des cochonneries en réunion, avait expliqué Rolanda d'une voix qui laissait clairement deviner son avis sur la question.

- Tu parles, c'est toujours elle qui vide les boîtes de chocolat d'habitude !

Heureusement pour les pies bavardes du fond de la salle, l'attention des autres participants de la réunion était tournée vers la joute verbale en cours entre les professeurs de potions et de métamorphose. Surtout vers cette dernière, d'ailleurs, car si la plupart des habitants du château connaissait le caractère acariâtre de Severus et ses tendances à l'emportement, jamais encore ils n'avaient vu la demoiselle lui tenir tête avec autant de verve et d'insolence.

- C'est leur paresse que vous allez accroître avec vos mièvreries insupportables ! Avait reniflé le Serpentard, méprisant. Et croyez-moi, ils n'ont pas besoin d'aide pour cela !

- J'imagine que vous ne pouvez pas comprendre, vous qui avez toujours basé votre enseignement sur la terreur et l'angoisse que vous inspirez à vos élèves ! Avait répliqué la jeune femme avec humeur.

- Oh, ce pourrait-il que je vous ai traumatisée lors de vos propres années d'étude, Miss Granger ? Avait susurré le Serpentard d'une voix soyeuse.

L'éclat incandescent qui avait embrasé derechef les yeux noisette déjà étincelants lui avait procuré un vif sentiment de satisfaction. A la réflexion, ce n'était pas une mauvaise chose que Granger soit devenue professeur. Si rabaisser son caquet de Je-Sais-Tout avait toujours été plaisant du temps où elle était son élève, il était tout à fait jouissif de le faire à présent qu'elle ne l'était plus.

Toutefois loin de se laisser impressionner ou déborder par sa colère évidente, la Gryffondor s'était fendue d'un sourire en coin tout à fait arrogant, qui avait attisé plus encore l'humeur belliqueuse du directeur des vert et argent.

- Vous aimeriez-bien, n'est-ce pas ? Avait-elle soufflé d'une voix si basse qu'il l'avait presque lu sur ses lèvres avant de l'entendre.

Le sous-entendu insolent qui imprégnait ces mots l'avait fait frémir tout entier, de rage ou d'autre chose, il n'aurait su le dire avec certitude, et n'était pas certain de vouloir le savoir lui-même, en réalité.

- Espèce de petite effron...

- Bon Severus, ça suffit ! Avait explosé Minerva en se levant vivement, à bout de nerfs.

Elle avait abattu ses deux mains sur la table, exaspérée au delà des mots. Filius avait sursauté en portant une main à son cœur, trop vieux pour ce genre d'agitation, Rolanda lâché un grain de raisin de stupeur, et Rémus plongé dans son verre d'eau pour se retenir de rire franchement. Cette fois-ci, Severus n'avait eu d'autre choix que de lâcher la jeune femme du regard pour se tourner vers sa directrice, lui-même excédé de se faire ainsi rappeler à l'ordre.

L'animagus ne lui avait toutefois pas laissé le temps d'ouvrir la bouche pour protester, et à en voir son expression fulminante, il avait dû de ne pas se faire transformer en veracrasse que parce qu'elle maîtrisait suffisamment sa colère.

- Ne pouvez-vous donc pas laisser vos griefs de côté ne serait-ce qu'une heure le temps que nous finissions cette réunion !? Mettez-y un peu du votre, bon sang ! D'autant que l'idée d'Hermione est tout à fait intéressante !

Elle avait marqué une courte pause, le souffle court, et avait soutenu le regard d'encre de son professeur de potions, le défiant de trouver à redire. Hiérarchie oblige, et parce que Severus pouvait difficilement rétorquer sans perdre le peu de contenance qu'il lui restait, il s'était rembruni et s'était détourné, acceptant le sermon, non sans jeter un dernier regard venimeux aux deux professeurs de métamorphose, l'ancienne et la nouvelle.

- Merci ! Avait ironisé Minerva d'un ton passablement agacé, avant de se tourner vers sa plus jeune recrue, soudain plus affable. Continuez Hermione, je vous prie.

Autant dire que Severus n'avait rien suivi du reste de la réunion. L'expression fermée et orageuse, il n'avait eu de cesse d'assassiner la Gryffondor du regard, sans succès cependant, puisqu'elle était toujours bien vivante à la fin de la réunion. L'air victorieux qui n'avait pas quitté son petit minois depuis l'intervention de Minerva en sa faveur avait fini de mettre les nerfs du Serpentard en pelote, et elle ne s'était pas privée de répondre aux œillades noires dont il l'avait largement gratifiée, de cette expression suffisante et narquoise qu'il lui aurait bien faite ravaler.

Puis, alors que Minerva faisait un bref point sur les prochaines sorties à Pré-Au-Lard et l'organisation des entraînements pour les prochains matchs de Quiddich, la Gryffondor s'était emparée d'une banane dans la corbeille de fruit à proximité, peu intéressée par la discussion en cours. Severus avait senti son sang s'échauffer avant même qu'elle ne commence à peler le fruit, inconsciente du trouble de son voisin d'en face.

Elle n'allait toute même pas recommencer ça aussi, quand même ?

Cette façon presque inconvenante de manger ainsi fruits et légumes...

Le souffle soudain plus court, il avait observé les mains fines éplucher distraitement la protection souple et épaisse du fruit tandis qu'elle échangeait quelques phrases avec Hagrid, assis à côté d'elle. Toute à sa conversation, elle n'avait pas fait attention lorsque ses doigts avaient rencontré la chair douce et farineuse, et avait un instant reporté son attention sur le fruit avant de porter machinalement ses doigts à sa bouche pour lécher les particules fruitées qui s'y étaient accrochées. Une sensation aussi étrange que dérangeante avait étreint Severus dans son bas-ventre à la vue de la langue rose qui avait rincé les phalanges pâles. Ce qui avait été d'autant plus inutile que, plutôt que de croquer directement dans la baie allongée, elle avait finalement cassé le fruit en deux du bout des doigts de son autre main pour en tendre un morceau au garde-chasse, qui l'avait accepté de bonne grâce.

Sentant une chaleur soudaine envahir ses joues, Severus avait discrètement porté une main à son visage, pour réaliser avec stupéfaction qu'il ne rêvait pas. Il était réellement entrain de rougir. Par tous les Saints ! Rougir de regarder Hermione Granger manger une simple banane ! Relevant les yeux par réflexe sur la responsable de cette réaction physique dérangeante, il avait plongé directement dans le regard noisette qui l'observait à quelques pas de là, visiblement interloqué par son embarras soudain alors qu'il faisait clairement la gueule depuis plus d'une heure.

Incapable de soutenir ces yeux-là dans l'état dans lequel il était, le Serpentard avait vivement détourné les siens, pour mieux intercepter le regard ambré clairement amusé qui était rivé sur lui.

Par Salazar, pitié...!

Autant dire que l'effet du regard acerbe dont il avait gratifié le loup-garou à deux doigts du fou rire avait été largement entamé par la rougeur qui colorait encore ses joues pâles.


Honnêtement, j'ai hésite pour le fruit de ce chapitre ! x) Mais la banane étant très pratique à manger en réunion, je me suis dit qu'après tout, elle allait très bien dans le côté léger et un peu décalé de cette fiction aussi, alors voilà !
A bientôt pour la suite ;)