Cœur de lion.

Titre du 31/12/2021 : Cœur de lion

Sagittaire : Yara Greyjoy (GOT)

Y : Yara Greyjoy

Yara Greyjoy

Yara Greyjoy & Myrcella Baratheon (Game of Thrones)

Prénom 67 : Marina

Défi 8 de Sarah & son cerveau : écrire un Self insert

UA Challenge 115 : UA!Contes/OUAT

Quatre aspects de… SnK 3 : Isayama : Écrire sur quelqu'un qui rit du malheur d'autrui ou écrire sur une œuvre de GRRM

137) 100 façons d'écrire du drama

257) 50 nuances de personnages LGBT

11 défis fusionnés (titre du jour, sagittaire, alphabets, de secondaire à principal, duos improbables, elles ont dit, Sarah & son cerveau, UA Challenge, quatre aspects, 100 façons, 50 nuances)

Convaincre Lancel n'avait pas vraiment été très compliqué.

Même s'il ne se rappelait de rien d'avant la malédiction, et qu'il ne se souvenait plus de qui était Myrcella alors ou du moins de comment elle était, il lui faisait confiance et avait la conviction qu'elle voulait seulement aider, qu'elle était sincère.

Elle n'était pas Joffrey, elle n'avait pas cette lueur de cruauté dans les yeux, ce sadisme que possédait le blond, elle était gentille, elle était quelqu'un de bien.

Elle ne les trahirait pas, il en était persuadé.

Et s'ils pouvaient ouvrir les yeux à quelqu'un d'autre comme lui-même l'avait fait, ou juste instiller le doute dans son esprit, ce serait déjà un bon début.

§§§§

Myrcella ne comprenait pas ce que toutes ces personnes faisaient là au juste.

Esgred et Marina, elle voyait vaguement pourquoi, elles vivaient là, mais malgré ça elle se demanda pourquoi Stannis tenait tant à ce qu'elle les rencontre, pourquoi ça semblait si important pour lui qu'elle aille leur parler.

Elle voulait juste qu'on lui dise ce qui clochait en ville, et l'oncle de Shireen avait demandé à deux femmes qui n'y habitaient que depuis peu de venir pour qu'elles le lui expliquent alors qu'elles ne devaient pas savoir grand-chose à ce sujet en théorie.

Ça n'avait aucun sens.

Et Lancel aussi était là et cela non plus elle ne le comprenait pas.

Parce qu'aux dernières nouvelles, son cousin était heureux, pas vrai ?

Du peu qu'elle avait pu voir d'Esgred Miller et de Marina Leszczynska, elles avaient une lueur triste dans le regard, tout comme Stannis et elle-même mais ce n'était pas le cas de Lancel, du moins elle n'en avait pas l'impression.

Alors dans ce cas-là pourquoi ?

Sa perplexité n'échappa à personne et Marina essaya de lui envoyer un sourire rassurant.

Ça ne fonctionna pas.

Parce que désormais, il n'y avait pas que Stannis d'impliqué, parce que d'après lui c'était grave, et qu'il y avait devant elle deux personnes dont sa mère se méfiait sans jamais lui avoir expliqué pourquoi.

Et d'une certaine manière, elle avait peur.

Peur de découvrir autre chose, qui allait au-delà de cette tristesse qu'elle ne s'expliquait pas, quelque chose qui la dépassait totalement.

« J'aimerais comprendre ce qu'il se passe ici, commença-t-elle.

- Tu devrais d'abord t'asseoir Myrcella, lui expliqua Lancel, qui lui semblait plus grave qu'à son habitude et…

Elle ne comprenait toujours pas.

Et elle détestait plus que tout ne pas comprendre quelque chose.

Elle s'exécuta et jeta un regard perdu à Stannis.

- Pourquoi est-ce que vous êtes tous là ?

Il prit une grande inspiration.

- Myrcella, avant de commencer je dois te dire une chose… quelque chose de vraiment très important, de capital, j'oserais même dire de vital.

Elle frémit.

- Vous me faites peur, avoua-t-elle, commençant à regretter sa décision de venir les voir.

- Je suis désolé, ce n'était pas mon intention. Mais tu dois comprendre que les enjeux sont terriblement importants.

- Qu'est-ce que je dois savoir au juste ?

- Tu… Ce que nous allons te dire, cette conversation… Tu ne devras jamais la répéter à ta mère. Ou à Littlefinger ou à Roose Bolton ou à son fils. Il vaudrait même mieux que tu n'en parles à personne du tout. À part à des personnes à qui tu fais réellement confiance et qui ne le répéteront pas.

Les yeux de la blonde s'agrandirent de surprise.

- Quoi ? Mais, pourquoi ?

- Parce que ce que nous nous apprêtons à te dire est un secret qui concerne l'intégralité de la ville de Kintzheim, lui indiqua Esgred avec tout le sérieux du monde.

- Qu'est-ce que tu sais de cette ville au juste ? L'interrogea-t-elle, curieuse.

Esgred lui sourit avec un air mystérieux et mélancolique.

- Oh tu peux me faire confiance Myrcella, j'en sais plus que tu ne le crois. Il se pourrait même que j'en sache plus que toi ou que 99 % des habitants de la ville de Kintzheim.

En entendant cela, la blonde se sentit plongée dans une parfaite confusion.

Qu'est-ce qu'elle voulait dire par là ?

- Comment ça, tu… mais tu viens à peine d'arriver.

Alors que la lionne, elle, vivait à Kintzheim depuis sa naissance, depuis près de vingt-deux ans, et elle était censée croire que cette femme en savait plus sur sa propre ville qu'elle ?

- C'est vrai, reconnut aussitôt Esgred, mais il y a des choses que tu ignores à mon sujet. Des choses que je n'ai pas dites, que j'ai cachées. Entre autres choses, j'ai menti.

- Alors ma mère avait raison à propos de toi… Murmura Myrcella, pensive.

Yara tressaillit.

- Qu'est-ce que tu entends par là ? Qu'est-ce qu'elle t'a dit au juste ?

Est-ce que c'était le moment ?

L'instant crucial où les masques allaient tomber, où elle allait sortir les griffes et révéler son vrai visage, leur avouer que tout cela n'était rien de plus qu'une vaste mascarade, qu'elle savait déjà tout ?

Allait-elle leur rire au nez en se moquant d'eux pour avoir été aussi naïfs, pour avoir cru qu'ils pouvaient lui faire confiance, allait-elle broyer les derniers restes d'espoir qu'il leur restait ?

Pourtant, rien de tout cela ne se produisit, Myrcella se contenta de la regarda avec un air curieux.

Comme si elle était une énigme complexe qu'elle ne parvenait pour l'instant pas à décortiquer.

- Elle… J'ai l'impression qu'elle a peur de toi. Ce qui est très étrange parce que je ne me souviens pas l'avoir jamais vue avoir peur de qui que ce soit avant que toi et ton amie vous n'arriviez en ville et… elle n'a jamais voulu m'expliquer pourquoi les rares fois où je lui ai posé la question.

- J'espère bien qu'elle a peur de moi, ne put s'empêcher de lui répondre Yara d'un ton brusque et avec une certaine fierté qu'elle fut incapable de dissimuler. Et elle a tout à fait raison d'avoir peur.

Une légère lueur d'épouvante apparut dans les yeux de Myrcella, et elle cligna des yeux à plusieurs reprises, complètement perdue.

Si c'était censée la rassurer, c'était un échec complet.

- Je… je ne comprends pas, balbutia-t-elle, abasourdie.

Yara soupira, lasse.

- Pardon, c'est seulement que… je suis fatiguée de tout ça. Et ça fait tellement de temps que je suis en colère que je… Je suis à deux doigts d'exploser, en permanence, absolument tout le temps, comme un volcan sur le point d'entrer en éruption, et c'est… (Elle serra les poings, les yeux emplis de rage et Myrcella la vit cette colère, qui se cachait sous la surface et elle comprit ce qu'elle voulait dire). Si jamais j'ouvre les vannes, alors je ne suis pas sûre que je serai capable de me retenir.

- Qu'est-ce qu'elle t'a fait ? L'interrogea-t-elle. Ma mère je veux dire. Pour que tu la haïsses comme ça.

La haine qui brûlait dans ses yeux depuis que Cersei avait été évoquée était bien trop vive pour que Myrcella ne soupçonne pas que quelque chose était dissimulé derrière.

Et ce fut là qu'une angoisse sous-jacente qu'elle avait tenté de faire disparaître depuis qu'elle avait commencé à réaliser que quelque chose n'allait pas dans sa ville refit surface.

Qu'est-ce que sa mère leur cachait au juste ?

Qu'avait-elle fait de si affreux, de si abominable ?

Elle eut soudainement le sentiment qu'elle ne sortirait pas indemne de cette conversation et elle se força à rester assise à sa place, malgré son envie de fuir, de se cacher, de rester éternellement dans le déni, parce que c'était facile.

Elle devait savoir, à tout prix, peu importe ce que c'était, peu importe que ça puisse détruire ses dernières certitudes.

Peu importe que ça puisse détruire l'image qu'elle avait de sa mère.

Elle pouvait encaisser.

Du moins elle l'espérait.

- Elle m'a volé tout ce que j'avais, tout ce que j'aimais, elle m'a séparée de ma famille et de mes proches, elle… elle m'a volé ma vie. Et elle a fait subir exactement la même chose à tous les habitants de Kintzheim, à l'exception de quelques uns dont elle-même.

- Quoi ?

Myrcella sentait peu à peu tout s'effondrer autour d'elle et le pire dans tout ça c'était qu'elle n'y comprenait toujours rien.

Son interlocutrice eut un sourire indulgent face à sa confusion.

- Bien… Je pense qu'il est temps de commencer à vraiment évoquer les choses sérieuses. Je t'ai dit que j'avais menti. Hé bien pour commencer, je ne m'appelle pas Esgred Miller. Ça n'a jamais été mon nom, cette personne n'existe pas. Je me nomme Yara Greyjoy.

Ce n'était pas le genre de révélation à laquelle la blonde s'attendait si elle devait être honnête.

- Yara… Greyjoy ? Comme la sœur de Theon Greyjoy ?

- Elle-même. C'est moi.

Myrcella bugua aussitôt.

- Mais elle… elle est morte !

Celle qui ne s'appelait pas Esgred Miller éclata alors de rire.

- Ravie de savoir que je suis un fantôme, je ne m'en suis même pas rendue compte, blagua-t-elle, amusée.

Myrcella se souvenait de cela, comme probablement tout le monde en ville.

Elle se souvenait que Yara Greyjoy était morte, dans de mystérieuses circonstances.

Alors si elle était morte, comment pouvait-elle se trouvait devant elle, bien en vie ?

Ça n'avait pas le moindre sens.

Plus rien n'en avait à vrai dire depuis que cette conversation avait commencé.

- Où étais-tu dans ce cas-là si tu n'es pas morte ? Demanda Myrcella, ne sachant plus quoi ou qui croire.

Si Stannis et Lancel y croyaient eux aussi, comme ils semblaient le faire (aucun d'eux n'avait bronché quand la prétendue Yara Greyjoy avait révélé sa véritable identité), alors ils devaient avoir de bonnes raisons pour ça.

Le regard de Yara se voila alors, comme si de sombres souvenirs remontaient à la surface sans qu'elle ne puisse les arrêter.

- Il faudrait que je te raconte le début pour commencer, alors allons-y… Il était une fois…

Il était une fois.

La formule par laquelle commençaient les contes de fée.

Mais leur histoire n'avait rien d'un quelconque conte de fée.

Pas vrai ?

La fer-née prit une profonde inspiration.

- Il était une fois, poursuivit-elle, un continent nommé Westeros. Dans ce monde, de nombreux habitants vivaient dans un endroit nommé les Sept Couronnes, et plusieurs familles se disputaient pour obtenir le pouvoir, se battant pour monter sur le trône de Fer et gouverner l'entièreté de Westeros. Mais tout changea le jour où il fut révélé que les marcheurs blancs étaient revenus, et une alliance fut formée. Une alliance pour détruire ces monstres qui menaçaient de tout détruire et qui tentaient d'installer la longue nuit sur le royaume des humains. Tout espoir semblait perdu, jusqu'au jour où une malédiction fut lancée.

- Je ne comprends pas du tout ce que ça a à voir avec quoi que ce soit qui nous concerne, intervint Myrcella, fronçant les sourcils, perplexe.

- Une malédiction fut lancée, reprit Yara, comme si elle n'avait jamais été interrompue, qui devait emmener tout le monde dans un autre univers, où les habitants seraient en sécurité, loin des marcheurs blancs et du danger qui les menaçaient. Mais certaines personnes intervinrent pour que les choses tournent à leur avantage, elles… (Sa voix commença à trembler) Elles firent en sorte que les gens perdent la mémoire, oublient d'où ils venaient, et refaçonnèrent le monde à leur façon, faisant en sorte d'être les seuls à se souvenir. Et la malédiction… le Sort noir… la malédiction créa alors la ville de Kintzheim.

La lionne se figea, sonnée, se sentant comme si elle venait tout juste de se faire gifler.

Quoi ?

Qu'est-ce qu'elle venait de dire ?

- Tu… comment est-ce que tu… Quoi ?

Dans d'autres circonstances, Yara aurait peut-être ri en voyant sa tête, mais elle en fut incapable.

Parce qu'elle voyait bien dans ses yeux qu'elle n'était pas encore prête pour la vérité.

Qu'elle ne la croirait pas.

Et elle n'arrivait même pas à lui en vouloir, elle n'était pas sûre qu'elle aurait réussi à y croire si elle avait été à sa place.

- Je sais Myrcella, je sais…

- Est-ce que tu es en train d'affirmer que… je ne sais pas, que la magie existe ?

- Ce n'était pas le cas dans notre monde, du moins pas beaucoup, et ce n'est pas non plus le cas dans celui-ci. (Yara grimaça en se souvenant du cœur de Jaime Lannister qu'elle avait littéralement tenu dans ses mains peu de temps auparavant.) Enfin presque pas, rectifia-t-elle.

Après tout, d'une certaine manière ils auraient probablement bien besoin de magie s'ils voulaient briser la malédiction.

Même s'ils ignoraient encore comment faire pour y arriver.

- C'est… c'est de la folie, lâcha Myrcella, incrédule.

Elle se tourna vers Lancel et Stannis, cherchant leur soutien ainsi que leur approbation.

- Et vous deux, vous… ne me dites pas que vous y croyez vous aussi !

Elle ne connaissait pas Marina, quant à Esgred ou Yara, elle la connaissait également peu.

Mais Stannis faisait partie de sa famille, de même que Lancel, et elle n'arrivait pas à croire qu'ils puissent s'être laissés convaincre par une chose aussi… absurde.

- Je me souviens, lui lança alors Stannis, commençant à parler sans s'arrêter, comme si on lui avait coupé la parole pendant bien trop longtemps. Je me souviens et tout ce qu'elle a dit est vrai, Westeros, les marcheurs blancs, la malédiction, les mémoires effacées. J'ignore pourquoi je me souviens de tout mais je me rappelle. Et sais-tu ce que cette malédiction m'a enlevé ? Shireen. Shireen est ma fille.

- Shireen est la fille adoptive de Renly et Loras, bredouilla Myrcella, de plus en plus perdue.

Il secoua la tête.

- Non. Elle est ma fille biologique et elle est la nièce de Renly. Fais donc faire un test ADN pour vérifier si tu ne me crois pas ! Elle est mon enfant, la seule que j'ai jamais eue, et elle ne se souvient même pas que je suis son père ! As-tu la moindre idée de ce que ça fait d'être à la fois si proche et si loin d'elle ?

Ne trouvant rien à lui répondre, Myrcella préféra se tourner vers son cousin.

- Et toi Lancel ? Est-ce que toi aussi tu… tu te… souviens ? Accepta-t-elle finalement de dire avec réticence.

- Non, admit-il, mais j'ai quelques doutes, et le sentiment que quelque chose ne va pas et… Myrcella, tu dois admettre que les choses ont changé depuis qu'elles sont là, que ça va mieux et qu'elles n'y sont pas pour rien. »

Myrcella aurait préféré qu'il se taise, qu'il ne dise plus rien, pour que cesse la tempête dans son crâne qui s'était levé depuis que Yara avait commencé à parler de cette malédiction.

En vérité, elle aurait préféré ne jamais être venue les voir…

A suivre…